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interviewBFMTV· 5 février 2025

Face à BFM: l'interview de Boris Vallaud après l'adoption du budget à l'Assemblée nationale

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir Boris Vallaud. Merci d'être avec nous pour le Parti Socialiste, président du groupe PS à l'Assemblée Nationale. La première question pour vous, vous pouvez peut-être d'ailleurs, avant de donner la parole à Guillaume, répondre à ce que vous disiez à l'instant, Mayel Bompard.

Revenez à la raison et revenez à la maison. Mais d'abord, que les choses soient claires. Nous n'avons changé ni d'alliance, ni rejoint une nouvelle coalition.

Nous sommes à gauche et nous sommes dans l'opposition. Et la seule question que nous nous sommes posées dans l'Assemblée Nationale, telle qu'elle a été élue par les Françaises et les Français dans leur diversité, dans laquelle il n'y a aucune majorité absolue, c'est comment on essaie de leur être utile tout de suite, et pas seulement à l'occasion d'une hypothétique démission du président de la République, ou dans 30 mois. Parce qu'il y a des vies difficiles qui ne peuvent pas se permettre d'attendre 30 mois.

Alors, la question que vous pourriez me poser, c'est est-ce que c'est un bon budget ? Non, je vous le dis tout de suite, c'est un très mauvais budget. C'est un très mauvais budget et ce n'est pas un autre budget.

Bon, ben donc je vous laisse à vos questions. Oui, parce qu'on va détailler cette question-là. J'imagine, Guillaume, première question.

Alors, effectivement, vous dites à l'instant que c'est un très mauvais budget. Vous n'avez pas de mots suffisamment durs contre certains ministres, Gérald Darmanin ou encore Bruno Rotaillot. Et pourtant, même si vous affirmez que vous êtes toujours dans l'opposition, factuellement parlant, aujourd'hui, vous êtes avec le Rassemblement National, ceux qui ont assuré la survie de François Bayrou et de son gouvernement.

Nous sommes ceux qui, après avoir accepté le principe des négociations, parce qu'il n'y a pas de majorité, pour épargner des souffrances aux Français, et on aura l'occasion de revenir sur ce que nous avons obtenu. C'est sans aucun doute insuffisant, mais nous sommes les seuls d'être allés le chercher. M.

Bompard et la France Insoumise ont préféré finalement reporter, s'inédier, les améliorations de la vie quotidienne des Français. Nous, ça n'a pas été notre cas. Nous avons donné un budget à la France, pas à M.

Bayrou, pas à M. Bayrou. Mais un budget que vous jugez mauvais ?

Oui, un budget que je juge mauvais, qui n'aurait pas été le nôtre, qui n'est pas celui que nous avons défendu avec l'ensemble de la gauche dans l'hémicycle, et parfois même un peu au-delà. Mais, puisqu'il était évoqué tout à l'heure, par exemple, la question des services publics, est-ce que vous pensez que si nous n'étions pas allés négocier, nous aurions eu un meilleur budget pour l'éducation nationale ? Je vous rappelle qu'il y a un milliard de crédits qui avaient été supprimés au Sénat.

Et nous nous sommes battus pour qu'ils soient à 50 millions d'euros près, rétablis dans la commission d'éducation nationale. M. Bompard dit que vous n'avez rien obtenu sur l'éducation nationale.

Mais écoutez, on a de toute façon obtenu, plutôt que ceux qui disent pour nous c'est tout ou rien, et qui préfèrent finalement aujourd'hui qu'il n'y ait rien. Non mais je voudrais quand même qu'on rentre dans le détail. Oui, mais moi j'ai envie de dire, et on va rentrer dans le détail encore une fois, de ce qu'il y a dans le budget, ce qui est passé ou ce qui n'est pas passé.

Mais ce que disait aussi Manuel Bompard, et qui est d'ailleurs une question qu'on a pu se poser en écoutant les socialistes, et notamment Olivier Faure ces dernières semaines, vous avez d'abord réclamé l'abrogation de la réforme des retraites, que vous n'avez pas obtenue. Vous avez ensuite dit, s'il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites, nous censurons le gouvernement. Vous n'avez même pas obtenu cette suspension, puisque vous avez obtenu ce que certains appellent un conclave, une réunion, dont d'aucuns disent qu'il pourrait y avoir certains aménagements, mais sans aucune certitude qu'il n'y ait suspension de la réforme des retraites.

De la même manière que François Bayreau a utilisé le terme de submersion migratoire, Tollet, il faut qu'il retire, il faut qu'il s'excuse. Moi j'ai entendu Johanna Roland, la numéro 2 du Parti Socialiste. Attendez, numéro 2 du Parti Socialiste qui dit...

Vous m'avez entendu moi-même à l'Assemblée Nationale interpeller le Premier ministre. À la fin, pas de suspension, pas d'excuses sur le mot de submersion migratoire, et vous arrivez...

Est-ce que vous pensez aux Françaises et aux Français, dont les conséquences...

Non, je ne me suis pas fait avoir. Quand il y a un milliard de plus pour l'hôpital public, c'est-à-dire qu'il va y avoir une campagne positive, c'est-à-dire à peu près 12 000 postes qui ne seront pas supprimés ou qui seront créés. Ça veut dire des fermetures de lits d'hôpital en moins.

Il y en aura peut-être, il y en a depuis 2017, en pagaille. Je dis tant mieux, c'est un peu moins...

Et donc quand vous fixiez ces conditions sur les retraites, c'était des fausses conditions ? Je vais vous répondre. Quand nous obtenons la multiplication par trois du fonds d'urgence pour les EHPAD, vous savez quelle est la situation des EHPAD ? 70 à 80% sont en déficit aujourd'hui.

Et il faut les aider. Il faut les aider parce que sinon c'est le reste à charge qui va augmenter. Et c'est des familles qui récupèrent leurs parents parce qu'ils ne peuvent plus payer ce reste à charge.

Est-ce que vous croyez qu'on reste les bras ballants en attendant une hypothétique élection présidentielle où on se dit ça peut attendre 30 mois ? Nous on se dit si on peut améliorer les choses maintenant, on le fait maintenant. Et nous serions reprochables de ne pas le faire.

Quand nous avons fait le choix de renverser le gouvernement de Michel Barnier, nous savions qu'il aurait comme conséquence, et c'est toute la gauche qui l'a fait, que ça permettait de réindexer les pensions. C'est 3,6 milliards d'économies sur le dos des retraités qui n'a pas été fait. C'était 369 euros qui étaient pris pour une pension moyenne.

Est-ce que vous pensez qu'on aurait dû se dispenser de ça ? Sur la réforme des retraites, oui, notre combat, et je ne renoncée à rien, c'est le retour de la retraite à 62 ans. Et il y aura des échéances électorales si nous ne l'obtenons pas avant pour l'obtenir.

Vous pourriez censurer le gouvernement s'il n'y a pas de retour à 62 ans ? C'est tout à fait possible que nous déposions une motion de censure. C'est au terme du dialogue social, il ne devait déboucher que sur le retour à la réforme bande que nous avons...

Donc cet été. Ce que je voudrais dire très nettement, c'est que, pardon, mais pour la première fois, les partenaires sociaux ont le droit de se saisir sans tabou de tous les sujets d'une réforme des retraites qu'ils ont, pour l'ensemble des organisations de salariés, combattues. J'espère que ça va prospérer.

Sur la subvention qu'évoquait Benjamin ? Et je veux que le dernier mot revienne à l'Assemblée nationale, comme le Premier ministre s'y est engagé. Oui, ce sont des combats incertains, mais vous savez, on ne perd que les combats que l'on ne mène pas.

Eh bien, moi, je veux les mener, et je veux les mener avec une seule préoccupation, la vie quotidienne des Françaises et des Français. Parce que vous me parlez de combinaisons, etc., etc.

Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est quand je rentre dans les Landes, que j'entends les artisans des bâtiments et des travaux publics qui me disent leur inquiétude parce qu'il n'y a pas de budget. Quand je vais à R sur Adour, à la clinique, et que je vois les urgences qui sont fermées la nuit et le week-end, eh bien, ils ne sont pas mécontents qu'on ait obtenu un petit peu plus, même si, bien sûr, notre projet, notre programme auquel nous ne renonçons pas, c'est non seulement plus de moyens pour l'hôpital public, mais c'est aussi une réforme structurelle de son mode de financement. Mais sur la submersion, vous l'avez toujours pas...

Et sur la submersion, je vais répondre. Vous avez perdu là-dessus. Non, la preuve, c'est que nous allons déposer sur ce sujet comme sur d'autres une motion de censure...

Vous allez vraiment le faire ? Oui, nous allons le faire. Et je vais vous expliquer pourquoi.

Mais vous espérez faire quoi ? Vous espérez faire chuter le gouvernement à l'occasion de cette motion ? Eh bien, ça peut arriver, c'est le principe d'une motion de censure.

Non, mais ça peut arriver. Est-ce que vous souhaitez que François Bayrou chute à l'occasion de cette motion de censure spontanée ? Je souhaite que M.

Bayrou, dans le climat dans lequel nous sommes, rappelle à chaque fois que cela est nécessaire à l'ordre de ses ministres, quand ils mettent en cause l'État de droit, quand ils mettent en cause l'ordre constitutionnel...

Donc c'est une motion de censure pour se faire plaisir, en fait, Boris Vallo ? Non, je ne fais pas plaisir. On ne se fait jamais plaisir.

Mais vous savez très bien que le Rassemblement national ne la votera pas. Eh bien, vous n'en savez strictement rien. Vous n'en savez strictement rien.

Vous aimeriez qu'il la vote ? Vous avez des informations ? Vous aimeriez qu'il la vote ?

Écoutez, moi, je ne veux pas dépendre du Rassemblement national. Je l'ai toujours dit, je ne voterai jamais une motion de censure du Rassemblement national. Ils ne se sont jamais privés de faire l'inverse.

Nous sommes dans un moment qui est extrêmement grave. Vous avez suivi, comme moi, l'actualité internationale, ce qui se passe aux États-Unis, la trumpisation du débat public, sa brutalisation. Moi, je suis dans un moment où je pense que les Français ont besoin d'apaisement.

Ils ont besoin qu'on se donne des raisons de vivre ensemble. Boris Vallo, je vais vous poser...

Ils ont besoin qu'on défende leurs services publics, l'école, l'hôpital, la justice. Je vous écoute, Boris Vallo. Sinon, je vais vous dire, ça finit par être la guerre civile.

Je vous écoute depuis quelques minutes et j'ai l'impression qu'en fait, vous faites un distinguo où vous mettez en parallèle comme deux objets qui ne peuvent pas aller de pair, vos alliances et les Français. Vous dites, je n'ai pas changé d'alliance, mais j'ai pensé aux Français. C'est-à-dire qu'en gros, penser aux Français, c'est mettre de côté le NFP ?

Je crois qu'on peut avoir des désaccords stratégiques sans que les choses soient irrémédiables. Et je le dis, les socialistes n'ont renoncé à aucune de leurs ambitions de transformation sociale de ce pays, de justice. Nous continuerons de mener des combats sur la défense d'un certain nombre de principes républicains et pas plus tard que demain.

Chacun pourra mesurer si nous sommes dans la majorité ou dans l'opposition. Vous dites en creux que vos alliés du NFP, que les écologistes, les communistes, les insoumis pensent moins au quotidien des Français que vous. C'est ce que vous dites.

Je dis que nous n'y avons...

Vous savez, j'ai écouté sans outrance, avec beaucoup d'intérêt, ce que mes collègues écologistes et communistes ont pu dire. Et l'interview notamment de Léa Ballage dans Libération ce matin, qui dit, ça n'est pas facile de voter la censure. Je veux vous dire, ça n'est pas facile de ne pas la voter aussi quand on a un budget qui est mauvais.

Eux la votent. Oui, bien sûr. Est-ce que ça veut dire que nous sommes irrémédiablement séparés ?

Je lis Boris Vallaud le communiqué de la France Insoumise qui dit que le nouveau Front Populaire est interrompu. Emmanuel Bompard, il y a un instant, il dit même si vous ne votez pas les motions de censure de la semaine prochaine, interruption définitive. Emmanuel Bompard et la France Insoumise ne sont pas propriétaires du nouveau Front Populaire.

Je ne suis pas moi du nouveau Front Populaire que la France Insoumise, les écologistes, les communistes, le Génération et d'autres. C'est qui alors le chef du nouveau Front Populaire ? Pardon ?

C'est qui le chef du nouveau ? Il n'y a pas de chef. Le principe d'une coalition, c'est la richesse dans cette diversité.

Si on doit consacrer l'essentiel de notre énergie à nous taper dessus plutôt qu'à nous occuper des Français, plutôt qu'à combattre l'extrême droite, plutôt qu'à combattre ce gouvernement qui est la résultante de 7 ans et demi de macronisme qui a mis le pays dans le reste. Qu'est-ce que vous avez encore en commun avec la France Insoumise ? Pardonnez-moi, mais là je pense à ceux qui nous regardent ce soir qui ont entendu Manuel Bompard pendant 20 minutes qui vous entendent là.

Ils se disent précisément, vous parliez il y a un instant et il ne faut pas qu'on soit dans les petites combines d'appareils. Qu'est-ce qu'il y a encore de commun entre nous ? Nous nous sommes battus ensemble dans ce budget pour qu'il y ait plus de moyens pour l'hôpital.

Nous savons depuis longtemps que nous voulons rompre avec le modèle de l'hôpital entreprise, que nous voulons changer les règles de tarification à l'hôpital. Voilà un combat qui nous est commun. Nous voulons nous battre et nous sommes battus.

Combat commun, Manuel Bompard à l'incendie, vous n'avez rien obtenu du tout sur l'hôpital ? C'est faux, nous avons obtenu 1 milliard et nous avons une campagne. Donc ce n'est pas un combat commun ?

Pourquoi ? Vous croyez que Manuel Bompard me reproche qu'on a obtenu 1 milliard de plus ? Je ne crois pas qu'il ait dit ça par ailleurs.

Mais effectivement, c'est nous qui sommes allés les chercher avec les dents. Parfois, je dois bien l'admettre. Il y a la question au taux d'effort fiscal de celui qui rentre dans la première tranche de l'impôt sur le revenu.

Non. Est-ce que vous pensez qu'on va s'accommoder des écarts de rémunération tels que les voies dans les entreprises et les multinationales ? Pour obtenir ça, il ne faut pas que le gouvernement chute, Boris Vallot.

Vous évoquez par exemple la question de la taxation. A priori, la loi fiscale, elle arriverait après le budget. De ce que je comprends de votre calendrier, vous déposeriez une motion de censure avant.

Vous ne voulez pas que le gouvernement baille ou chute ? Est-ce que vous pensez que comme parlementaire...

Moi, je dis depuis 2022, le pouvoir est à l'Assemblée nationale. Le pouvoir est à l'Assemblée nationale. Nous sommes à gauche pour l'essentiel parlementaristes.

Parlementaristes. Ça veut dire que nous voulons, nous voulons croire que le débat parlementaire a de la valeur et qu'il peut prospérer et qu'il est capable comme il était capable dans l'histoire de ces grands compromis républicains, de ces grandes lois immortelles de la République où je peux vous dire que les points de départ étaient plus opposés entre ceux qui finalement avaient réussi à s'entendre. Eh bien, c'est ce que nous avons essayé de faire avec les socialistes et avec d'autres.

Pour bien comprendre, est-ce que vous souhaitez que dès la fin de l'examen budgétaire, le gouvernement de François Bayrou chute ? C'est votre motion de censure ? Nous déposerons une motion de censure qui peut faire chuter le gouvernement et nous en assumerons les responsabilités.

Ce que nous voulons dire, c'est qu'autant nous pouvons chercher les compromis sur le budget, nous pouvons chercher les compromis sur la fiscalité, nous pouvons chercher des compromis sur tel ou tel budget d'une politique publique. On ne peut pas transgéser sur les principes de la République parce que c'est ce qui nous permet de vivre en France. Oui, mais ce que je ne comprends pas, c'est qu'a priori, si vous discutez...

Vous ne pouvez pas trouver ça accessoire. Non, je ne trouve pas ça accessoire. Je ne trouve pas ça accessoire, Boris Vallaud.

En tant que tel. Mais le texte capital, c'est le budget. Oui, pour les Français, bien sûr.

Je me dis, si vous arrivez à trouver des points communs sur le budget, a priori, vous pourriez en trouver sur la loi d'orientation agricole, a priori, vous pourriez en trouver sur une loi fiscale. Et vous pensez que le Parlement s'arrête ? Pourquoi obtenir la chute de François Bayrou ?

Vous pensez que le Parlement s'arrête ? Vous évoquiez tout à l'heure le souhait de M. Bayrou de diviser en deux la loi sur la fin.

Mais je vais vous dire, ce n'est pas M. Bayrou qui va décider. Le Parlement peut tout seul, dans une semaine de l'Assemblée, inscrire le texte tel qu'il avait été discuté pendant de longues semaines déjà par les parlementaires dans la précédente session et se dispenser de l'avis du gouvernement.

Et vous le souhaitez. Et je le souhaite. Et je crois que nous devons avoir cette espèce de maturité politique.

Ça n'est pas se renier. Moi, franchement, je défends mes convictions. Elles sont intactes.

Et j'ai de la colère aussi quand je vois la brutalité de ce gouvernement, la brutalité des politiques qui ont été menées. Vous savez, on a cherché, il y a eu un dérapage de 60 milliards. 60 milliards entre le début et la fin de l'année 2024.

Et M. Bruno Le Maire, qui est parti, vous savez, comme ceux qui font de la grivellerie, il a laissé l'addition et puis il est parti en expliquant qu'il avait sauvé le pays. C'est plus compliqué que ça.

Vous savez, l'explication, elle est simple. Quand vous faites 50 milliards de baisse de recettes fiscales par an sans les compenser, il vous manque 50 milliards par an. Boris Vallot.

Et qui les paye ? Franchement, les gens qui sont là. Quand on vous écoute.

C'est des impôts sur la vie. Si vous avez vraiment obtenu tout ce que vous évoquez, finalement, je vais vous prendre un peu à contre-pied. Vous aimez le foot.

Pourquoi ne pas aller plus loin encore ? C'est-à-dire, est-ce qu'au gouvernement, vous n'en obtiendriez pas encore davantage ? Est-ce que vous mesurez l'abîme qui nous sépare de cette politique libérale ?

Mais vous avez obtenu des choses, là, vous le dites. Mais je dis que c'est très insuffisant et je dis aussi que ce budget, nous avons voté contre à l'Assemblée, au Sénat et nous avons voté contre en commission...

Et vous êtes sûr qu'en étant au gouvernement, vous n'en obtiendriez pas davantage ? Mais je pense que nous serions pris dans des contradictions impossibles parce que je ne pourrais pas siéger avec Bruno Retailleau dont tout me distingue. Nous avons des visions du monde avec la droite qui nous distingue.

C'est pour ça que nous sommes dans la gauche, que nous sommes de la gauche, dans sa diversité, avec parfois, en effet, des confrontations et des frictions qui sont rudes. Mais je dis aussi que la gauche n'a pas le luxe de la division dans un monde qui est au bord d'un immense ébranlement. – Boris Vallaud, vous parlez de ce que vous avez obtenu.

Vous parliez tout à l'heure des artisans des Landes, par exemple. – Des collectivités locales, des associations. – Qu'est-ce que vous dites ce soir à celles et ceux qui nous regardent, à celles et ceux qui sont dans cette pièce et qui voient aussi tout ce que vous n'avez pas obtenu et tout ce que vous avez laissé passer d'une certaine manière ? – Attendez, le relèvement des seuils pour la TVA, c'est un tout petit peu technique mais il y a 250 000 entrepreneurs, petits entrepreneurs qui se disent ce soir « Mon entreprise est peut-être en danger ».

Toutes les taxes en tout genre dont on a parlé, alors c'est le budget de l'État ou de la Sécu, les taxes soda, les taxes lapins, les taxes sur les billets d'avion, etc. que les Français vont payer. Là, ils se disent « Mais là, qu'est-ce que vous avez obtenu dans ces cas-là ? » – On a obtenu beaucoup, on a obtenu beaucoup et je l'ai dit aussi, il y a beaucoup de choses que nous n'avons pas obtenues et tout ce que vous évoquez, tout ce qui manque de budget à la culture, tout ce qui manque de budget à l'enseignement supérieur, tout ce qui manque de budget à l'écologie, à l'écologie, on ne peut pas en rester là.

Eh bien, nous allons continuer le combat parce que nous, on ne va pas rester les bras ballants. Vous savez, il y a ceux qui baissent les bras, il y a ceux qui se retouchent les manches. Et nous, on appartient plutôt à la deuxième catégorie, ceux qui se retouchent les manches.

Et nous ferons des propositions. Et s'il y a besoin d'un budget rectificatif, ce que je crois, eh bien, nous l'exigerons, nous le demanderons au gouvernement. Parce que les Français ne peuvent pas, ceux qu'on a applaudi à 20h, ne peuvent pas être celles et ceux qui vont payer le quoi qu'il en coûte.

Juste avant, parce que j'ai une question sur l'immigration, donc je demanderai l'autorisation à Maxime Soutetek de la poser s'il nous reste un petit peu temps. C'est très cadré. On a du temps, vous inquiétez pas.

On respecte la discipline. Sur la question de vos rapports avec la France insoumise. J'ai bien compris votre obsession.

Non, c'est pas...

Mais non, écoutez, Boris Vallaud, c'est pas une obsession. Je pense que simplement ça intéresse ceux qui nous regardent. Et par ailleurs, c'est de la politique, non ?

J'ai moi-même d'autres obsessions, mais bon, je...

Bon, écoutez, vous me donnerez les vôtres, alors. François Hollande, ce soir, dit le pays a besoin d'action et de progrès, pas d'élection. Et quand on écoute François Hollande, il dit, lui, il faut assumer d'autonomiser le Parti Socialiste par rapport à la France insoumise.

Je crois me souvenir par ailleurs que vous avez été l'un des collaborateurs de François Hollande à l'Élysée et qu'à l'époque, vous étiez tout à fait à l'aise avec la politique qui était menée notamment vers la fin du quinquennat. Est-ce qu'il faut dire, par exemple, si demain, il y avait une dissolution et que demain, il y avait donc cette question de savoir s'il fallait de nouveau repartir sous des couleurs collectives à gauche, est-ce que vous pourriez de nouveau soutenir des candidats de la France insoumise ? Est-ce que, par exemple, je pose une question précise.

Est-ce que, par exemple, s'il y a Villeneuve-Saint-Georges, Louis Boyard décidait d'être candidat à sa réélection, est-ce que le Parti Socialiste pourrait soutenir Louis Boyard, candidat du nouveau Front populaire ? Mais écoutez, je crois que dans les élections partielles toutes ces dernières semaines, qu'elles soient municipales ou législatives, nous avions des candidats qui étaient des candidats communs. Et quand nous n'avons pas réussi, comme vous l'évoquiez dans les dernières municipales, à fusionner, nous avons quand même appelé de gauche.

Vous savez, il y a un péril qui nous menace dans une période...

Donc l'union reste plus forte que tout. Ah, quand on est menacé par l'extrême droite, je crois qu'elle est nécessaire. Est-ce que ça veut dire l'alignement ?

Non. Ben non. Oui, on a le droit d'être le Parti Socialiste, autonome, libre, mais libre aussi de dialoguer, de coopérer et de s'entendre sur des bases claires avec les uns et les autres.

Et si nous ne sommes pas capables de nous entendre sur des bases claires, je crois que, eh bien, c'est que nous aurons fait tous nos meilleurs efforts. Mais vous savez, moi, je ne suis pas dans la qualification, disqualification des uns et des autres. Je me dis comment nous sommes le plus utile immédiatement aux Françaises et aux Français.

Voilà. C'est la seule chose qui m'intéresse. À quoi vous vous attendez pour les mois qui viennent ?

Est-ce que vous vous attendez par exemple à une forme de harcèlement de la part des insoumis à chaque fois que le gouvernement prononcera des mots comme la submersion migratoire, etc. Et que les insoumis vont se tourner vers vous et vont dire « Voyez, Boris Vallot, s'ils peuvent faire ça encore au pouvoir, c'est grâce à vous. » Écoutez, vous savez, on combattra sans réserve comme nous l'avons fait depuis sept ans et demi tout ce qui ressemblera de près ou de loin à une régression et à la négation d'un certain nombre de principes.

Je ne crois pas que les socialistes aient manqué au combat sur les retraites. Je ne crois pas que les socialistes aient manqué au combat contre la loi immigration. Je ne crois pas que les socialistes aient manqué à toutes les luttes sociales ces derniers temps.

Et ils ne manqueront pas aux rendez-vous aux rendez-vous à venir. Mais vous savez, nous, on ne marche pas à la baguette. Vous savez, je vais vous dire même, on est probablement assez insoumis.

Voilà. Plus que les insoumis. On est libre, en tout cas.

Et la liberté a parfois quelques coûts. Mais vous savez, je le redis, nous sommes dans l'opposition. Nous sommes dans l'opposition.

Et bien des sujets dans les semaines et dans les mois à venir vont nous opposer à la droite, vont nous opposer à l'extrême droite. L'immigration, par exemple, est-ce que le rétablissement du délit de séjour irrégulier, ce que souhaite Bruno Retailleau, est-ce que ça, c'est un motif de censure du Parti Socialiste ? Mais nous le combattrons à l'Assemblée Nationale et j'espère que nous y ferons échec parce que c'est une régression.

Est-ce que c'est un motif de censure ? Ça peut être tout à fait un motif de censure. On verra.

Il n'y a pas que la censure, vous savez, dans un Parlement pour dire son opposition. On peut voter contre. On peut faire des résolutions.

On peut faire des commissions d'enquête. On peut faire effectivement aussi des motions de censure. En tout cas, quand on vous entend, Jean-Luc Mélenchon ne sera pas votre candidat pour la prochaine élection présidentielle.

Mais vous savez...

Oui, je ne suis pas le salope télé. Oui, vous êtes en bande. Ah, il m'a contaminé.

Oui, c'est ça. Bon, écoutez, l'important, c'est de trouver son sparring parfois pour entretenir ses obsessions, ses passions, je ne sais pas. Très franchement.

Très sincèrement, je veux dire, vous avez dit de quoi sera fait...

Franchement, même les plus imaginatifs des scénaristes de séries de science-fiction et de dystopie sont aujourd'hui dépassés par les événements. Moi, je suis dans une forme de grande inquiétude, je le dis. Parce qu'il y a un péril climatique qui n'a donné à voir qu'une part de lui-même et dont on mesure la violence dès à présent.

Et on l'a vu à Mayotte. Je crains la déstabilisation géopolitique avec un président Trump qui, au fond, n'est plus maître de lui-même et menace l'ordre international, menace les cadres du droit. Je m'inquiète de l'extrême droite qui, une fois qu'elle est au pouvoir, elle a beau avoir mis une cravate, eh bien, ne finit jamais de réduire les droits sociaux, politiques, les libertés que nous avons chèrement conquises.

Tout paraît aujourd'hui si éphémère, si fragile qu'il faut se battre pour ça. Et moi, je sens les Français dans un moment sur un fil. Quand je dis sur un fil, c'est que le sentiment d'un pays rongé par l'injustice est extrêmement fort.

Quand on ne peut pas vivre de son boulot, il y a de quoi être en colère. Il y a de quoi être en colère. Il y a aussi un sentiment que chacun défend sa colère.

Je voulais en venir aux questions sociales. Précisément, vous faites partie de ceux qui, très tôt, à gauche, ont dit qu'on accepte de discuter avec François Bayrou, avec le ministre de l'Économie, avec la ministre du Travail pour essayer d'obtenir notamment des conquêtes sociales. Est-ce que du côté de François Bayrou ou de l'un de ses ministres, vous avez tenu un peu de visibilité sur la conférence que le Premier ministre souhaite convoquer sur les salaires, par exemple ?

Je sais que c'est une question qui était au cœur du programme du nouveau Front Populaire, la question des salaires, la question du SMIC. Il y a des annonces qui ont été faites. Pour l'instant, pas de calendrier.

Est-ce que vous, vous en savez plus ? Il faut que les partenaires sociaux exigent ce calendrier. Il faut qu'on exige du patronat qu'il s'engage loyalement dans cette discussion.

C'est-à-dire que pour l'instant, François Bayrou s'est engagé auprès de vous et des syndicats sur un certain nombre de points. Des syndicats, d'abord. Sur les salaires, on a compris concertation au sens large.

Les modalités n'ont pas été précisées. Vous savez, ça ne peut pas être un rendez-vous de salons. Mais vous n'avez pas plus de calendrier ?

Non, je ne l'ai pas. Je ne l'ai pas. Et je veux dire, tout doit être mis sur la table.

Le partage de la valeur, c'est-à-dire la distribution de la masse salariale dans les entreprises. Vous savez que les très hauts revenus...

Et plutôt rapidement ? Vous souhaitez que ce soit fait ? Moi, je souhaite que ce soit rapide parce que les gens ne peuvent pas attendre.

Vous savez, le SMIC, il est 200 euros au seuil de pauvreté. Vous pensez que les gens peuvent attendre ? Non.

Et donc, oui, on croit que c'est absolument nécessaire que d'augmenter le SMIC, que de s'intéresser aux écarts de rémunération, à l'hierarchie des salaires, que l'on puisse vivre de son travail. Vivre de son travail. Deuxième sujet, le 20 février, vos collègues écologistes déposent une proposition de loi pour interdire les licenciements boursiers.

Est-ce que vous attendez aussi le Premier ministre là-dessus ? Est-ce que vous allez voter déjà cette loi ? Écoutez, pour être tout à fait franc, je n'ai pas encore regardé.

Je sais ce qu'est la niche parlementaire des écologistes. Ce n'est pas expliqué pour nos téléspectateurs, c'est une journée où en fait chaque groupe décide de l'agenda des textes qui sont disputés. Et ce que je peux vous dire, c'est que d'ordinaire, nous avons toujours soutenu les propositions de nos collègues de gauche dans leur niche parlementaire.

Je vous pose la question parce que Manuel Bompard disait notamment, pardon d'en revenir vers lui, mais c'était la vidéo qui était là juste avant. Mais il disait ceux qui n'ont pas censuré le budget seront aussi tenus pour responsables des plans sociaux que l'on va voir arriver cette année. Oui, c'est sûr.

On sera responsable de tout. Et vous savez, ma question, vous avez compris, était sur les licenciements. Être dans l'opposition, ça n'exonère pas de temps en temps de prendre ses responsabilités.

Voilà. Et nous avons pris les nôtres. Sur la situation de l'industrie, vous savez, j'ai été directeur de camion du ministre de l'Industrie d'Arnaud Montebourg.

Je sais ce que sont ceux qui étaient à l'époque les plans cachés de Nicolas Sarkozy. Voilà les plans cachés d'Emmanuel Macron parce que sa politique de l'offre, elle a trouvé ses limites. Parce que la mondialisation déloyale, elle a trouvé ses limites et qu'elle est destructrice.

Et quand je vois ce qui se passe à Bruxelles, dans la remise en cause d'un certain nombre d'avancées sur le devoir de vigilance, sur, pas rentrer dans le détail, mais en tout cas, sur ce qui nous permet de défendre notre modèle social et notre modèle écologique, je dis là aussi que ce sera un combat âpre et que la gauche aura sa place à y prendre. Boris, je ne vais pas vous parler comme mes camarades de l'invité précédent, mais de l'invité suivante. Et les téléspectateurs ont envie que Sophie Prima, la porte-parole du gouvernement, allait nous rejoindre dans un instant.

Qu'est-ce que vous lui dites ce soir ? Je reviens à la question de cette soirée. Bayrou peut-il réformer ?

Qu'est-ce que vous attendez du gouvernement ? Qu'est-ce que vous réclamez à Sophie Prima ce soir ? Moi, j'ai envie de dire, franchement, la réforme pour la réforme, arrêtez.

Arrêtez. Franchement, les dégâts qui ont été faits ont déjà été suffisamment importants pour les Françaises et les Français. Réparer.

Réparer. Apaiser. Mais la politique ne se fait pas au panier, disait le général de Gaulle.

À la corbeille. À la corbeille. Oui, pardon, à la corbeille.

C'est mon côté basket. C'est la chalos. C'est plus petit.

Et donc, je veux dire, ce qui doit nous guider, c'est l'intérêt général, c'est l'intérêt des Français. Et avec un peu plus de justice, j'ai la conviction que tout le monde vit un peu mieux. Vous savez, moi, ça fait 7 ans et demi que je suis élu.

J'ai rencontré des milliers de personnes. Je vais vous dire, je n'ai rencontré que des gens courageux qui affrontaient des vies difficiles avec infiniment de courage. J'ai rencontré des gens disponibles pour la fraternité, généreux d'eux-mêmes, même quand ils n'avaient pas grand-chose.

Purée. Mais enfin, quel pays, quel beau pays. On a tout entre nos mains.

Donc, madame, ne gâchez pas tout. Mais concrètement, apaiser, réparer, qu'est-ce que ça veut dire ? Pour vous, quelle doit être la priorité au niveau des réformes ?

C'est-à-dire plus de redistribution. Ça veut dire faire de l'écologie, l'écologie des vulnérables, celle qui dessert la ceinture, de ceux qui passent son temps à devoir choisir entre se chauffer et se loger. Voilà ce qu'on doit faire.

C'est vraiment dommage que vous n'ayez pas passé quasiment un mois à négocier avec le gouvernement, si on vous entend. Ben, peut-être, oui. Peut-être.

On va rester sur cette percivite. C'est-à-dire que la question était tellement que j'étais un peu secoué. Merci en tout cas.

Merci Boris Vallaud d'avoir été l'invité de cette émission de ce passateur.