Futur Premier ministre, avenir du NFP... L'interview de Marine Tondelier
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On accueille Marine Tondelier qui nous rejoint à l'instant, vu que les choses sont en train de bouger à gauche. Ben voilà, merci Marine Tondelier d'être avec nous, secrétaire nationale des écologistes. Vous avez entendu ce dont on parle depuis tout à l'heure, depuis 9h, ces déclarations d'Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, qui explique plusieurs choses. D'abord qu'il est prêt visiblement à discuter, y compris avec les macronistes, y compris avec les républicains, il a discuté de concessions réciproques, et parmi ces concessions réciproques, il évoque la retraite à 64 ans. Qu'est-ce que vous en dites, vous ce matin ?
Est-ce que vous êtes aussi sur la ligne forte chez les écologistes ?
Alors, les écologistes sont en général sur la ligne des écologistes. On ne définit pas notre ligne, ni en fonction de la France insoumise, ni en fonction du Parti Socialiste. Notre ligne est écologiste. Donc notre ligne, je pense qu'elle est claire. J'ai été la première à écrire à tous les chefs de parti qui avaient participé au Front Républicain. Les Républicains, je n'ai pas bien compris, c'est dans le Front Républicain, donc dans le doute, je ne l'aurais pas écrit. S'ils veulent venir, ils m'appellent. Mais on a écrit à tout le monde, dès le mercredi, avant même le vote de la censure.
J'ai écrit hier une lettre ouverte au président de la République pour lui demander une chose, en urgence, qu'il ne nomme pas de Premier ministre en précipitation à 20h, comme il avait l'intention de le faire. Et de ce point de vue-là, nous avons réussi à nous interposer entre lui et les Français, parce qu'il avait ce petit réflexe d'aller très vite et d'emporter le match. Donc ça, c'est une première victoire. Ensuite, je pense vraiment qu'aujourd'hui, l'urgence est de ne pas se précipiter, et de se poser et de réfléchir. Parce que que fait Emmanuel Macron ?
La première chose, c'est qu'il dessine son propre arc républicain, dans lequel, déjà manifestement, on peut se dire entre nous qu'il n'a plus beaucoup de flèches. Puisqu'il le réduit de partout, et donc à la fin, c'est très réduit. Et puis on voit bien que ce n'est pas fini.
C'est parce que vous n'êtes pas invité ce matin que vous dites ça ?
Je constate que tout le monde cherche des solutions, sauf lui. Oui, parce que vous voyez, nous, les écologistes, on est responsables. On a montré cet été que quand il fait l'être là pour la France et pour respecter sa devise, on était fidèles à notre poste. Mais ferme sur nos valeurs et solide sur nos engagements, c'est sûrement ce qui dérange le président de la République, qui choisit ses interlocuteurs. Ensuite, il n'assume pas. Non mais ensuite, il n'assume pas, parce que moi, depuis hier, des journalistes me disent « Pourquoi n'êtes-vous pas reçus ? » Et je vous dis tout de suite, je n'en fais pas une affaire personnelle. Je ne vais pas me rouler par terre pour être reçue à l'Élysée.
Vous n'êtes pas vexé ce matin. J'ai un train dans deux heures. J'ai l'anniversaire de mon fils demain. J'emmène toute sa classe à la piscine à boules à Hélan-Beaumont. Et je vais passer une très bonne journée. Mais voyez-vous, ça dit tellement du mépris qu'il a pour l'écologie. Du mépris qu'il a pour la justice sociale. alors que nous, nous sommes occupés à vouloir, vis-à-vis des Français, améliorer leur quotidien et protéger leur lendemain. Mais c'est fait. Mais on voit bien que par ce petit jeu, il cherche aussi à diviser à gauche.
Mais justement, ce qui est en train de se passer, effectivement, avec les déclarations ce matin d'Olivier Faure, change quand même un tout petit peu la donne à gauche. Est-ce qu'il n'est pas en train de réussir ce qu'il veut depuis le début ? C'est-à-dire détacher une partie de la gauche des insoumis.
Moi, vous savez, en politique, Emmanuel Macron pourrait dire « Les Verts, je ne vous reçois pas parce que je ne vous aime pas. Je ne vous reçois pas parce que je méprise votre programme. » Ce serait cash, mais c'est un argument politique. Là, il ne l'assume pas. Et donc hier, quand les journalistes me demandaient « Pourquoi n'êtes-vous pas reçus ? » Je disais « Je ne sais pas, je ne travaille pas pour complément d'enquête. Donc faites votre travail et puis vous aurez peut-être une idée me donnée. » Il me rappelle ensuite en disant « Alors, chez le Président de la République, ils nous disent qu'il ne vous reçoit pas parce que vous ne lui avez pas demandé l'endez-vous.
» Il se trouve que déjà, j'estime qu'un Président de la République, quand il consulte, il n'a pas besoin de demander un rendez-vous, il consulte tout le monde. Et deuxièmement, je précise quand même que j'ai fait hier le JT de 13h de TF1 pour justement lui dire de ne pas nommer et de recevoir le chef de parti politique si ça, ce n'est pas demandé un rendez-vous. Et que j'ai envoyé personnellement par texto le courrier de demande de rendez-vous sur son téléphone personnel à 13h.
Et pas de réponse pour l'instant, on a bien compris.
Attendez, il a le droit de ne pas me répondre et il a le droit de me recevoir. Mais pas d'utiliser de faux arguments.
Qu'est-ce que vous dites ? Qu'est-ce que vous dites ? J'ai bien compris que vous ne nous positionnez pas par rapport aux autres, etc. Mais qu'est-ce que vous dites, Olivier Faure ? Est-ce que le chemin qu'il est en train d'emprunter est le bon chemin pour vous ce matin à dire, ok, on discute, on négocie, deux concessions réciproques, il va falloir que tout le monde fasse des efforts. Est-ce que vous dites que c'est la bonne méthode, c'est la bonne solution ?
Moi, je dis à Olivier Faure, attention. Je dis à Olivier Faure, vigilance. Parce que ce qu'il est en train de faire le président de la République, c'est d'enfermer le Parti Socialiste dans un cercle de négociations qui exclut mécaniquement tous les partis qui revendiquent de mettre en première ligne de leurs préoccupations les classes populaires. C'est ça que fait Emmanuel Macron. Il enferme le Parti Socialiste dans le camp de ceux qui méprisent les classes populaires. Et le Parti Socialiste ne peut pas laisser faire ça.
Parce que le Parti Socialiste, seul dans des négociations avec le parti d'Emmanuel Macron, le Modem, Horizon, les Républicains, comment pensez-vous que va jouer le rapport de force ?
Ce que je ne comprends pas, c'est qu'hier, vous disiez qu'il faut qu'on se réalise tout autour de la table.
Oui, je disais qu'il faut que la solution soit trouvée dans le cadre du Front Républicain. Et entre le Front Républicain, c'est-à-dire les partis qui représentent les électeurs qui ont fait le barrage au Rassemblement National et grâce à qui, je les en remercie chaque jour de ma vie, Jordan Bardella n'est pas à Matignon aujourd'hui. Et ce que propose Emmanuel Macron le cadre de négociations aujourd'hui, il y a un petit hiatus.
Je reprends la question de Tugdual-Denis, qu'il l'a dit Meso Voce. Est-ce que ce matin...
Je crois que vous allez le dire de manière plus gentille.
Oui, non, mais ce matin... Est-ce que le nouveau Front Populaire est mort ? Voilà.
C'est sûrement ce que souhaite Emmanuel Macron et le Parti Socialiste ne peut pas tomber dans ce piège. Parce que moi, je peux me montrer responsable, écrire à tous les chefs de parti, d'ailleurs tous, j'ai pu les avoir au téléphone, sauf un, Gabriel Attal. Et donc je vous dis, entre la provocation d'Emmanuel Macron, la non-réponse de Gabriel Attal, un point plus un point, ça fait une ligne. OK ? Mais donc, ce que je dis au Parti Socialiste, c'est que nous devons être fidèles aux électeurs de juin et juillet dernier. Moi, je suis fidèle à la promesse du nouveau Front Populaire.
Mais est-ce que ça veut dire, par exemple, que sur la réforme des retraites, c'est inadmissible de considérer qu'on pourrait éventuellement laisser passer finalement la réforme à 64 ans ?
Si vous commencez votre négociation en lâchant le point sur lequel les Français sont les plus remontés, sur lesquels, y compris, il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour tenir, alors vous commencez mal votre négociation. Et surtout, je vous dis une chose.
On renonce à la nouvelle réforme qui ramène à 62 ans, ou 60, non, 62, mais on gèle celle de 64.
Mais je vous dis une chose, le nouveau Front Populaire, il est né parce qu'il y avait une urgence dans ce pays et qu'il a gagné parce que les électeurs avaient besoin de cet espoir, de ce souffle, de ce sursaut, ils y ont contribué. Et on ne peut pas les trahir. Et le Parti Socialiste ne peut pas commencer par larguer les amarres, par larguer les amarres, en disant, ciao, nouveau Front Populaire, nous allons maintenant discuter avec les Républicains. Personne ne le comprendrait, y compris au sein de leur propre famille politique. Et donc, je pense que si c'est la voie qu'ils ont l'intention d'employer, alors ils se fourvoient.
Je le dis très clairement et j'adresse cet avertissement à Olivier Faure parce que, vous savez, ce genre de renoncement, on en a connu de la part du Parti Socialiste, ça se paie cher, très cher et très longtemps. Donc, ils le savent.
Il y a un monde où vous pouvez gouverner avec les Républicains ou pas ?
Moi, j'ai toujours dit qu'il fallait discuter avec tout le monde et d'un plan d'urgence, et y compris si c'est un gouvernement transitoire et un truc vraiment hors d'homme exceptionnel. Parce que je pense qu'à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Mais discuter avec tout le monde ne veut pas dire gouverner tous ensemble. Et puis, surtout, moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas qui, c'est pour quoi faire. C'est pour ça que, sur ces retraites, je commence par mettre une alerte ferme. Si on commence par calancher sur ce sujet-là, alors après, on fait quoi ? On largue l'écologie ? Après, on largue la justice fiscale ?
Et on arrive où ? Un point de méthode. Est-ce que vous vous êtes parlé hier entre leaders du nouveau Front populaire après l'allocution d'Emmanuel Macron pour décider... On se parle tout le temps. Mais, par exemple, Olivier Faure, il vous a dit...
Je l'ai eu au téléphone encore en me couchant et je peux vous dire qu'il était tard.
Mais il vous a dit qu'il allait prendre le... qu'ils allaient accepter le rendez-vous. Vous vous êtes expliqué sur ce point-là.
Oui, il m'a dit qu'il accepterait le rendez-vous. Ce que je peux comprendre, on ne boycote pas des rendez-vous chez le président dans des périodes aussi dures pour les Français. Ceux à quoi je ne m'attendais pas, c'est ce qu'il dit ce matin sur France Info. Après, je vais vous dire... Ça, ce n'était pas dans votre discussion. Non, on est dans les chefs de partis différents au sein d'une même coalition. Donc, c'est normal qu'on ne soit pas toujours d'accord. Moi, je n'ai aucun problème avec ça. C'est normal que les insoumis continuent à demander la démission de Macron. C'est très insoumis. Et c'est normal que les socialistes disent « Nous, on veut plutôt discuter ». Par contre...
Vous n'avez pas dit qu'il irait aussi loin ce matin ? Je trouve que ça vire de bord très vite et qu'on ne peut pas... Dans des moments comme ça dure, il faut prendre de la hauteur et rester très, très calme, voire très, très frais. Si ça commence par des virages à 350 sur l'autoroute, alors c'est compliqué.
Marine Tondelier, pardon Mathieu, juste pour préciser encore les choses, est-ce que vous, vous soyez prête à entrer dans une forme de coalition qui écarterait les insoumis ?
Vous vous doutez bien que si je ne suis pas invitée à l'Élysée ce matin, c'est que je suis réputée être un peu solide sur mes appuis et être assez vertébrée politique.
Ce qui ne serait pas le cas d'Olivier Fort, si je vous suis.
Je constate qu'Emmanuel Macron choisit ses interlocuteurs et ça m'interpelle. Et donc, j'en appelle la responsabilité du Parti socialiste et je rappelle la promesse de début d'une autre populaire. Je ne comprends pas ce que vous voulez faire.
Je ne comprends pas ce que vous voulez faire.
Je vous dis qu'il y a eu deux faits politiques majeurs cet été. Le premier, c'est que l'immense majorité des députés qui sont à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire si j'enlève le RN et Ciotti, ont été élus par des gens en partie qui voulaient voter pour leur programme, mais aussi très majoritairement par des gens qui voulaient faire barrage au Rassemblement national. C'est ça qui unit le liant qu'on peut trouver dans une majorité absolue à l'Assemblée nationale, c'est celui-là.
Sauf que vous ne réunirez jamais dans une même pièce, les Insoumis et les LR.
Pour moi, ça, c'est le cadre de discussion. LR n'était pas dans le barrage républicain, très très clairement. Les électeurs de la France Insoumise, eux, étaient au rendez-vous et ils ne valent pas moins que les autres. Donc, ça, c'est le périmètre que je propose pour discuter. Viens qui veut. Des Insoumis aux Macronistes. Viens qui veut.
Quand vous dites viens qui veut, vous savez que les Insoumis ne viendront pas.
Eh bien, c'est leur choix. Je ne vais pas les séquestrer à une table de discussion, je ne suis pas une forceuse. Mais ce que je dis aussi, c'est que le deuxième fait politique majeur de cet été, c'est que le nouveau Front Populaire, oui, est arrivé en tête. Au deuxième tour. Et donc, si on commence par renoncer après les retraites à avoir un Premier ministre de gauche, alors, on commence une négociation dont on sait très bien le va-t-il. Attendez, Olivier Faure dit qu'il faut un Premier ministre de gauche. Le gouvernement du renoncement, ça glisserait très vite.
Oui, mais Olivier Faure dit qu'il faut un Premier ministre de gauche. C'est bien. Je ne l'ai pas eu au téléphone hier soir, mais j'ai été avec lui il y a deux jours sur ce plateau. C'est ce qu'on disait tout à l'heure. Il disait, d'abord, c'est Premier ministre de gauche parce que le nouveau Front Populaire est arrivé en tête aux élections.
C'est ça, mais j'ai le sentiment de devoir les retenir un peu par les bretelles. Et je le dis, ce n'est pas juste moi. Vraiment, c'est la promesse que nous avons faite aux électeurs du nouveau Front Populaire. Il se doute bien, ces électeurs, qu'on ne sera pas d'accord sur tout, tout le temps, qu'il y a des stratégies différentes, qui font d'ailleurs partie de la biodiversité, de l'écosystème du NFP et qui en font sa richesse. Qui en font sa richesse. Mais sur l'essentiel, a fait, par exemple, 11 propositions. Le socle de base, nous, on n'appelle pas ça des lignes rouges, on appelle ça des lignes vertes. Voyez-vous ?
Eh bien, sur ces lignes vertes, si on commence par les rayer une par une, alors après, ça va être quoi ? Les violences faites aux femmes, la justice fiscale, une loi pour le climat. Et on va arriver quoi ? Au programme d'Emmanuel Macron ?
Marine Tondelier, est-ce que vous avez vraiment besoin de l'aval du président de la République pour discuter ? Ah ben non, puisque je l'ai fait. Vous l'avez fait. Je l'ai fait depuis hier. Vous avez discuté avec François Bayrou. Oui. Pourquoi, au fond, là, il y a cette réunion aujourd'hui à l'Élysée, mais est-ce que vous êtes parlementariste ? Est-ce que les chefs de groupe, les chefs de parti, peuvent se mettre d'accord sur les contours d'une coalition, que ce soit une coalition de projet, à quoi je crois peu, ou une coalition de non-censure ou de modus vivendi pour accompagner cette situation inédite ? Vous n'avez pas besoin du président de la République pour le faire.
Vous avez tout à fait raison. C'est pour ça que je dis que je ne me roulerai pas par terre pour l'Élysée. Donc, vraiment, il fait ses choix, je fais les miens. Je considère qu'Emmanuel Macron est largement disqualifié. Ça fait des mois que ça dure et son allocution d'hier, où il pète un câble, il provoque tout le monde en duel en décidant que tout le monde est nul sauf lui, n'incite pas à en faire un interlocuteur pour trouver des solutions de responsabilité. Donc, quand je vous dis que tout le monde cherche des solutions sauf lui, je le crois sincèrement.
Donc, moi, en tant que chef de parti, je suis fidèle à mon poste et je continuerai à faire ce que j'ai à faire en discutant avec les chefs de parti. Et vous avez raison.
Et avec François Bayrou, vous...
Moi, je ne raconte pas les coups de téléphone.
Vous êtes capable d'identifier des thématiques communes. On est capable de...
On sait où on habite. C'est comme ça que je vais vous le dire. Et on n'habite pas au même endroit. Non, c'est clair. Mais je pense qu'on partage une inquiétude profonde pour le pays en ce moment. Mais... Mais ce que vous dites est très juste, c'est que les solutions devront se trouver à l'Assemblée nationale. Et vous savez, les écologistes ont mis des propositions sur la table, notre groupe écologiste à l'Assemblée, et revendiquent, parce que nous sommes un parti, oui, parlementariste, que les solutions doivent être travaillées à l'Assemblée. Et bien moi, ce que je dis aux parlementaires, c'est allez-y. Vous n'avez besoin de l'aval et de l'autorisation de personne pour le faire.
Et donc, j'invite, sans plus tarder, les parlementaires à se mettre au travail avec ou sans l'aval d'Emmanuel Macron et avec ou sans l'aval de leur chef de parti. Je trouve que moi, en tant que chef de parti, je trouve que c'est ça qu'il faut faire. Mais parlementaires, affranchissez-vous de tout ça et trouvez une solution. Vous avez mon entier soutien.
J'ai encore deux questions pour vous, mais d'abord, tu que du hais. Je vous avoue que...
Je pense que c'est les meilleures questions pour la fin.
Ah, vous verrez. Non, je vous avoue que, très sincèrement, je ne comprends pas en fait quel chemin vous proposez et notamment sur le plan mathématique. Votre majorité idéale, elle va de où à où et elle repose sur qui ?
Moi, je pense que pour essayer de faire obstruction au changement de politique ne marche pas. Donc, on doit préparer l'alternance. Emmanuel Macron a posé une question claire aux Français le 9 juin. Voulez-vous, oui ou non, une alternance ? Ils ont répondu oui et pas avec Bardella à Matignon. Donc maintenant, nous, notre travail, c'est de préparer cette alternance matériellement, quel projet, etc. Et lui, son seul rôle, à Emmanuel Macron, son seul devoir, c'est d'y consentir.
D'accord, mais vous, c'est qui, plus qui, plus qui, plus qui ?
Je vous ai dit, pour moi, la solution doit s'inscrire dans le cadre du Front Républicain à l'Assemblée Nationale. Et pour ce qui est du gouvernement, vous connaissez ma ligne. Premier ministre, issu des rangs du Nouveau Front Populaire, on peut discuter de qui, mais surtout, avant de pourquoi faire. Et donc, il faut, oui, un gouvernement du Nouveau Front Populaire avec beaucoup la société civile. Vous voyez que la société civile est en train de bouger beaucoup aussi parce qu'ils sont terriblement inquiets. Ils sont en première ligne sur les causes qu'ils défendent. Donc, travaillons un gouvernement avec des gens qui sont quand même compacts.
Moi, ces histoires de gouvernement technique ou dire on va mettre des gens qui ont aucun rapport, tout d'un coup, ils vont être d'accord, ça ne marchera pas. Ils font un gouvernement compact, un gouvernement de combat parce que c'est ça. On n'a jamais eu autant besoin de politique. Vous voyez à un moment,
les insoumis et Gabriel Attal dans le même gouvernement ?
Non, c'est ce que je suis en train de vous dire. Le gouvernement doit être compact et cohérent. Et ce gouvernement doit aller discuter d'une majorité parlementaire à l'Assemblée. Je pense que sur la réforme des retraites, voyez-vous, pour l'abroger, on a une majorité à l'Assemblée.
Mais vous avez une majorité de l'Assemblée nationale, Marine Tondelier, sur la réforme des retraites. Vous ne pouvez pas dire le message des Français du Front républicain et aller vous accommoder des voix du Rassemblement national. Mais vous savez, M. Croissandeau,
je suis élue depuis 10 ans dans l'opposition à ces gens à Éléans-Beaumont. Personne ne pourra me faire le reproche de ne pas être au rendez-vous de l'histoire sur ces sujets. Je pense que je l'ai montré tout l'été. Je ne ferai jamais de négociations de couloir et de négociations de tout court avec le Rassemblement national, à la grande différence de ce qu'a fait Michel Barnier qui a capitulé en faisant un communiqué de presse en citant Marine Le Pen. Mais il n'a pas capitulé en son nom. Ça, c'est son droit. Il a capitulé au nom des institutions sur du papier en tête de Matignon et ça, je ne lui pardonnerai jamais. Donc je ne prends de neussons de morale sur rien.
La démocratie parlementaire, elle doit exister. Des textes sont posés et les députés décident de les voter ou pas en leur âme et conscience. Mais on ne peut pas nous faire le reproche quand on dépose des idées qui sont favorables aux Français de bénéficier des voix d'un tel ou en tel. C'est la vie, j'ai envie de vous dire. Ça, c'est la démocratie parlementaire. Pas les renoncements, pas leur servir de paillassons et pas aller faire des négociations avec eux. Ça, nous ne le ferons pas.
Deux questions courtes, Marine Tonzevier.
Vous en rajoutez une à chaque fois. Non, non, j'ai dit deux.
Non, non, j'avais dit deux.
Ah oui, c'était un plus.
Il est 9h36, dans 2h24, Olivier Faure a rendez-vous à l'Élysée. Est-ce que vous allez l'appeler entre-temps ?
C'est vraisemblable, oui.
C'est vraisemblable. Donc en sortant de ce studio, vous l'appelez ? Pour l'engueuler.
Je pense que c'est mon coup de fil suivant.
Ah, c'est le coup de fil suivant. OK, pour l'engueuler.
Ah ben, attendez, ce n'est pas une émission de télé-réalité. Je ne vais pas... Non, mais j'essaie de voir ce qui va se passer. Je ne vais pas vous raconter tout en direct, ça nous regarde.
Et dernière question, si Emmanuel Macron vous appelle pour vous voir ce week-end, Élysée ou Piscina Boule pour l'anniversaire de l'année.
Oui, mais moi, je ne suis pas comme Emmanuel Macron. Voyez-vous, je n'ai pas de jet privé qui me ramène du Pas-de-Calais en 10 minutes quand je dois être quelque part. Non, mais il est un bon bon, ce n'est pas non plus le fin fond. Donc, j'irai à la vitesse du TGV. Mais je voulais indiquer, vous m'avez demandé de venir à votre émission, je vous en remercie. J'ai un rendez-vous à 10 heures et puis après, j'ai un train pour rentrer chez moi.
Bon, merci. Bon anniversaire et bonne Piscina Boule en tout cas. C'est ça, merci. Merci à vous, Marine Tandellet. Au revoir.
Marine Tondelier