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interviewC à vous· 22 janvier 2025 59 min

Michèle Bernier & Francis Perrin : coups de théâtre ! - C à vous : l’intégral - 22/01/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Nous sommes en direct jusqu'à 21h.

Nous sommes avec une star de Hollywood accompagnée de son impresario. Elle baragouine en anglais. P.Trâm nous prépare un risotto crémeux d'orzo à la bisque, de tourteau et de têtes de crevettes.

Vous ne cuisinez jamais? - M.Bernier: Je ne sais même pas où est la cuisine! - A.-E.Lemoine: C'est parce que vous êtes une star odieuse.

Vous maltraitez votre impresario. Vous serez tous les deux sur la scène du Théâtre de Paris à partir de samedi. Lily est plus liquide que solide.

Nous vous avons préparé un cocktail. - P.Lemaitre: Merci infiniment. - P.Trâm: Est-ce que vous travaillez? - M.Bernier: Je suis une star.

Je ne fais rien. Est-ce du caviar? - P.Trâm: C'est comme du caviar.

C'est du tourteau. - M.Bernier: J'adore le tourteau. - P.Trâm: Moi aussi.

On va râper du fromage. - M.Bernier: Mon Dieu, quelle horreur! - A.-E.Lemoine: Il faut râper du pecorino. - M.Bernier: Si c'est italien, ça va. - F.Perrin: Voilà le pecorino.

C'est ça. - M.Bernier: Ca, c'est une râpe? - A.-E.Lemoine: Oui.

Un avant-goût de ce que vous allez pouvoir voir au Théâtre de Paris. M.Bernier en Lily, star odieuse, qui a heureusement une soeur jumelle pour la remettre dans le droit chemin.

On en reparlera longuement. Vous râpez formidablement bien, chère Michèle. Merci à tous les deux.

A tout à l'heure pour le dîner. Venez avec moi. Redevenez Michèle.

Ensemble, on accueille notre invité de 20h. Je ne les connais pas personnellement, je ne les ai jamais rencontrés. D'ailleurs, ils n'existent pas.

Mais j'étais inquiète sans avoir de nouvelles de la famille Pelletier, héros de la saga de P.Lemaitre. Leurs aventures ont commencé au sortir de la Seconde Guerre mondiale. 3 des 4 enfants Pelletier se sont installés en France.

On les avait laissés journalistes débutants ou entrepreneurs balbutiants. Depuis, silence radio. Voici le 3e tome de cette tétralogie qui raconte la grande histoire dans la petite histoire.

Cette fois-ci, la famille Pelletier est confrontée à la guerre froide. L'un des fils va devoir conduire une mission dangereuse à Prague, derrière le rideau de fer, dont il n'est pas certain de sortir indemne ni même vivant. P.Lemaitre est notre invité.

Bonsoir, cher Pierre. Je vous présente nos invités. Il était temps de nous donner enfin des nouvelles des Pelletier.

On n'a patienté qu'un an entre les 2 tomes de cette saga. Là, il a fallu attendre 2 ans. Est-ce que d'autres lecteurs vous engueulent? - P.Lemaitre: Oui.

C'est agréable. On se fait engueuler pour un bon motif. Se sentir désiré, c'est notre désir à tous.

Je me suis fait désirer 2 ans. Je bois du petit-lait. - A.-E.Lemoine: On est heureux de retrouver ces personnages, même ceux qu'on méprise.

Il y a l'aîné de la famille, Bouboule, qui est lâche et effrayant. Il y a ceux qu'on déteste, l'ignoble Geneviève, une invraisemblable mégère. Il y a aussi des personnages plus sympathiques qui prennent de l'ampleur dans ce volume, notamment François, le journaliste.

C'est son personnage qui vous permet de rendre hommage au roman d'action? - P.Lemaitre: Le roman d'espionnage est souvent un roman très complexe avec des intrigues à tiroirs.

C'est difficile à comprendre. Je suis fan de J.le Carré, mais dans ses romans, je me perdais.

Je continuais parce que je savais que j'aurais le fin mot de l'histoire tôt ou tard, mais c'était compliqué. Là, j'ai ramené l'intrigue aux éléments fondamentaux. Le but, c'est surtout de raconter l'histoire de quelqu'un qui va être derrière le rideau de fer, à Prague, dans les années 60.

Ca ne rigolait pas. - A.-E.Lemoine: Ce personnage vous permet d'aborder des questions existentielles comme: "Jusqu'où peut-on mentir à ses proches?" Et tout cela, au nom du patriotisme? - P.Lemaitre: Et pour quelle raison fait-on des choses?

On demande à un journaliste de faire une mission pour le contre-espionnage français. Il se demande pourquoi. Comme c'est un journaliste, c'est un menteur. - P.Cohen: Quoi? - P.Lemaitre: J'espérais que vous m'écoutiez.

C'est un homme un peu partagé. Il se rend bien compte qu'il le fait pour des raisons vertueuses, mais c'est un journaliste. Il ne peut pas s'empêcher de penser que derrière, il va pouvoir faire une série d'articles.

Il fait son métier jusqu'au bout. - P.Cohen: Une archive pour se remettre dans l'ambiance de l'époque.

François travaille pour "Edition spéciale", une émission de reportages qui ressemble à "Cinq colonnes à la une". On voit les 3 créateurs de l'émission: P.Lazareff, P.Desgraupes et P.Dumayet.

Pierre - Est-ce qu'il ne vous arrive pas de vous censurer, de vous interdire d'évoquer certains sujets parce qu'ils sont délicats, qu'ils pourraient troubler les consciences? - C'est arrivé. - N'importe quoi n'est pas filmable.

N'importe quoi qui est filmable n'est pas montrable. Il nous arrive de penser, de sentir que certains documents qui sont en notre possession ne sont pas montrables parce qu'ils peuvent choquer inutilement. C'est de la pudeur. - P.Cohen: On a coupé un morceau.

L'exemple qu'il donne sur la pudeur, c'est une exécution capitale à Cuba. Ils ont choisi de ne pas montrer l'image. - A.-E.Lemoine: Là, c'est carrément justifiable. - P.Lemaitre: Mon personnage a vu cette archive.

Il travaille dans ce journal. Il dit à son patron: "Nous faisons du journalisme de compromission car nous sommes en permanence reliés au pouvoir. L'autocensure fait que le pouvoir n'a rien à nous demander parce qu'on se censure avant que le pouvoir ne nous le demande." Votre archive est très juste.

C'est exactement le discours que tient François quand il veut quitter le journal. Mais il va devoir y revenir pour le bien de sa mission. - M.Bouhafsi: Pendant que François se lance dans une mission à Prague, sa soeur, Hélène, journaliste aussi, crée une émission de radio de nuit durant laquelle les auditeurs se confient.

Toute ressemblance avec "Allô Macha" n'est pas fortuite. - M.Bouhafsi: Dans votre livre, l'émission d'Hélène s'appelle "Que faites-vous cette nuit?" Elle a dû se battre pour imposer son idée géniale face à des hommes dubitatifs et méprisants. - P.Lemaitre: Quelle est votre question? - M.Bouhafsi: Elle a dû s'affranchir du pouvoir des hommes. - P.Lemaitre: D'abord, c'est difficile d'imposer une idée neuve dans ce média qui, après la guerre, avait tout à réinventer.

Et c'est une femme. Elle est d'autant moins bien reçue que c'est une parole de femme dans cette période-là. Quand je regarde cette archive, on sent que le média va basculer du côté de l'individualisme.

Ces années de la fin des Trente Glorieuses, c'est le début de l'individualisme contemporain qu'on connaîtra dans les années 70 et 80. On a envie de parler de soi. Le focus n'est pas mis sur les collectivités, sur le village dont on va parler, mais sur ce que ça fait à quelqu'un du village d'avoir été exproprié.

Le focus va s'adresser aux individus. On est dans une nouvelle ère du journalisme. On va moins considérer les syndicats que les individus qui le composent. - A.-E.Lemoine: Beaucoup de choses s'incluent dans ce mouvement fondamental, qu'on avait aussi dans le 1er roman.

L'indépendance des médias, les risques nucléaires, le réchauffement climatique, la pédocriminalité... - P.Lemaitre: Il y a tout ça, dans le livre?

Ca doit être drôlement bien! - A.-E.Lemoine: C'est autant de thèmes qui résonnent avec l'actualité.

Pourtant, ça se déroule en 1959. Tout est en place pour les problèmes que l'on traverse aujourd'hui. - P.Lemaitre: Ces Trente Glorieuses sont les années heureuses naïves.

Un historien me disait: "Les Trente Glorieuses, c'est la fin du XIXe siècle." Ca m'a semblé bizarre, mais en fait, ce sont les dernières années où on a confiance dans le progrès, l'industrie, le capitalisme. On a confiance.

C'est la fin du XIXe siècle. Mais vous avez raison, ces années-là sont celles où on a fabriqué le béton, le plastique, la pollution. On est dans une période contradictoire, paradoxale.

On est heureux, parce que la France va plutôt bien. On est sûrs que les enfants auront un meilleur avenir que le nôtre. Tout va bien, mais en même temps, on est en train de fabriquer ce qui va empêcher à l'avenir de pouvoir exister.

C'est une période paradoxale. - A.-E.Lemoine: "On se gorgeait de profits.

Tout se vendait, tout s'achetait, mais rien ne resterait impuni." - P.Lemaitre: C'est le teaser pour la suite. - A.-E.Lemoine: Un des personnages qui grandit dans cet épisode pourrait avoir une place importante.

C'est la petite Colette. - P.Lemaitre: Oui.

C'est la fille de la famille, la plus jeune. Il va lui arriver un problème de violence sexuelle. Elle a 10 ou 11 ans.

C'est vraiment une toute petite fille. Ce qui m'intéressait, c'est qu'à l'époque où, par bonheur, on met au premier plan la question des violences sexuelles et des violences sur les enfants, c'était de montrer qu'au fond, cette histoire est une histoire ancienne. On a l'habitude de le faire remonter au XVIIIe ou au XIXe siècle, ce qui est vrai.

Mais il faut se rendre compte que dans un passé relativement proche...

Les années 60, c'était il y a 50 ans. On met au premier plan ces choses-là. C'était le règne du non-dit, d'une violence qu'au fond, on connaissait.

C'est la grande différence par rapport au siècle précédent. Dans cette période, on le sait, mais on ne le dit pas. Aujourd'hui, on le sait et on le dit.

On est dans un moment de bascule. C'est intéressant pour un lecteur ou une lectrice de voir le chemin parcouru et de se rendre compte que cette histoire est ancienne et qu'elle a fait immensément de dégâts chez les femmes et chez les enfants principalement. - A.-E.Lemoine: D'une façon générale, les personnages féminins qui ont du tempérament dans vos romans nous prouvent que les femmes reviennent de loin, que c'était il n'y a pas si longtemps. - P.Lemaitre: Le plus souvent, et ce n'est pas vraiment une volonté de le faire comme ça...

C'est assez naturel chez moi de travailler sur la résilience des femmes. Tous mes personnages, depuis une quinzaine de romans, réussissent à survivre au trauma, à la difficulté d'être une femme. Nous sommes dans des sociétés où il n'est pas bien vu d'être une femme.

Elles doivent survivre à ces difficultés. - A.-E.Lemoine: "Un avenir radieux", c'est celui que l'on est en train de vivre et qui s'annonce dès la fin des années 50.

Je vous l'offre, Michèle. Vous allez adorer! On peut commencer par "Un avenir radieux" et revenir en arrière avec "Le Silence et la Colère" ou "Le Grand Monde".

On peut se féliciter de les avoir lus dans l'ordre. On est très fiers. Restez avec nous.

Votre livre est disponible depuis hier. Je l'ai déjà fini. - P.Lescure: De K.Barry, la vie de J.Birkin, talentueuse photographe disparue en 2013, on connaît surtout les photos de mode.

Elle avait imposé sa griffe, sa manière, et puis les portraits d'artistes où elle est si discrète. Elle savait mettre en lumière la sensibilité de ses sujets. La Mairie du 20e arrondissement propose jusqu'au 8 mars une série de photos peu ou pas connues de K.Barry, des photos de paysages, de lieux.

Votre confrère J.Rolin, ami très proche de Kate qui l'a souvent accompagnée dans ses voyages, dit: "Elle savait interpréter les silences des lieux plus ou moins urbanisés." - J.Rolin: Elle s'intéressait surtout à ce que l'on pourrait appeler des délaissés, pas forcément au sens où les urbanistes emploient ce mot, encore que, mais des choses auxquelles on ne prête généralement pas attention dans le paysage.

Il en est une que Kate aimait particulièrement. C'étaient les plantes interstitielles, les plantes qui poussent sans qu'on leur ait rien demandé, dans des endroits extrêmement inhospitaliers. - P.Lescure: K.Barry a travaillé en ville avec J.Rolin.

Ca a donné en 2012 un petit livre que je vous conseille. Il fait 64 pages. Ce sont des images de Dinard, en Bretagne.

Il faut aller se promener dans les images de Kate. C'est l'illustration de ce travail extrêmement sensible que cette grande photographe a appliqué aux visages, aux silhouettes et aux paysages. - J.Rolin: il y a des années, M.Darrieussecq avait écrit un très beau texte dans lequel elle disait: "Elle voyait les éclopés dans les paysages.

Elle les aimait, dans ces lieux ingrats, presque comiques. La photographie est une faille qui était aussi une liberté." - P.Lescure: Un an avant, elle était à "C à vous", venue présenter Dinard avec son amie F.Gall.

Sa réserve était touchante. - K.Barry: Ce n'est pas parce que mes parents étaient dans ce métier.

Ce n'est pas un milieu que je connais particulièrement. Leurs amis n'étaient pas forcément de ce milieu. Je n'allais pas sur les tournages.

J'étais plutôt assez timide. - P.Lescure: On a aussi retrouvé cette archive pour finir.

En 2016, J.Birkin parcourait une exposition de portraits de sa fille Kate. - J.Birkin: Elle a une tendresse, une poésie.

Elle choisit ses cadrages. Avec la même tendresse, elle traite les actrices. Tout est mis en valeur.

Je suis très admirative. Elle a dit: "Pas volé, pas violé." L'exposition est au Carré de Baudouin.

Pendant que l'on vous lit, je vous passe le dernier ouvrage de J.Rolin. Ce sont ceux qui tentaient de traverser les Pyrénées pendant la guerre, 10 ans avant vos Trente Glorieuses. - P.Lemaitre: Formidable écrivain. - A.-E.Lemoine: On se retrouve dans un instant avec Michèle, Francis et Pierre.

Jibé et Lucien ont pour mission de garder mon neveu. - Le régime parlementaire a connu les transformations...

Je n'arrive pas à me concentrer. Fais-le taire! - Je ne peux pas, il pleure.

Je ne vais pas le mettre dans le couloir. C'est le neveu de Babeth. - Elle revient dans combien de temps? - Dans 2 heures. - C'est pas possible! - Tu veux un bon choco? - Ca sert à rien!

Fais pas des grimaces comme ça! - C'est Gollum. Je le tiens super bien.

C'est la seule grimace que je sais faire. ... - Attends!

Quand tu lis, ça l'endort. Recommence. - "Néanmoins, l'histoire des institutions postcoloniales indique un changement de paradigme chez les sociétés occidentales, dont l'évolution politique, sans vote parlementaire sous certaines conditions..." - Tu es tellement chiant que tu arrives à endormir les gens. - C'est une coïncidence. "Néanmoins, l'histoire des constitutions à l'ère postcoloniale indique un changement de paradigme chez les sociétés occidentales, dont l'évolution politique devrait investir un changement bicaméral." - A.-E.Lemoine: C'est un gros bébé!

Michèle, Francis, la pièce que vous interprétez au Théâtre de Paris est un classique du boulevard. Il a été créé par J.Maillan, qui met en scène 2 soeurs à Hollywood.

Lily est une star au grand talent, mais au goût immodéré pour l'alcool, le luxe et les hommes, à tel point que Deborah, sa jumelle, un peu gourde, quitte ses poules et ses patates douces, suivie de son mari, pasteur très effacé, avec la ferme ambition de remettre sa soeur sur le droit chemin, quitte à échanger les rôles si besoin. - Vous voulez que j'ondule? - Un tantinet, un soupçon, pour faire plus vrai. - Ondulons, alors. ... - C'est pas sorcier.

Si c'est en faisant ça qu'elle gagne 10 millions... - C'est plus dur que de décrotter le poulailler. - A.-E.Lemoine: Michèle, j'imagine le plaisir dingue que vous allez avoir tous les soirs en marchant dans les pas de J.Maillan, qui est dans la peau de Deborah et qui essaie de se mettre dans la peau de Lily. - M.Bernier: C'est ça.

La rencontre avec l'impresario, qui n'en peut plus de cette Lily, qui est tout le temps ivre morte et sur laquelle on ne peut jamais compter. - F.Perrin: Elle retarde les fils de 15 jours. - M.Bernier: Il découvre cette jumelle et se dit: "Elle arrive du Minnesota.

C'est une petite fermière. Elle va pouvoir la remplacer." Au début, il se dit: "Elle va la remplacer un petit peu." Au fur et à mesure, tout le monde y prend goût. - A.-E.Lemoine: Vous êtes trois en ce moment: Lily, Deborah et Michèle au milieu. - M.Bernier: Il y a du monde, là-haut...

C'est un beau challenge. On parlait tout à l'heure de la place des femmes. Pour moi, c'est très moderne.

L'écriture de Barillet et Grédy donne aux femmes des places importantes, des rôles principaux. Le théâtre de boulevard a été méprisé très longtemps, mais toutes ces femmes, que ce soit Pacôme, Mercadier...

C'étaient des phénomènes parce qu'elles osaient être drôles, ce qui n'était pas aussi simple pour les femmes. - F.Perrin: Ce sont des pièces bien construites, merveilleuses.

C'est impeccable. Ca, c'est l'écriture de Barillet et Grédy. - A.-E.Lemoine: Avec des portes qui claquent, et les hommes maltraités. - M.Bernier: On les embrasse un peu à la fin. - A.-E.Lemoine: Mais enfin, Francis!

Elle vous vire toutes les 2 secondes. Vous encaissez avec une patience. - F.Perrin: Oui.

Tout à coup, l'arrivée de Deborah... - A.-E.Lemoine: Vous réjouit? - F.Perrin: Oui.

Je dis: "Je respire quand elle est là." - M.Bernier: Par rapport à l'autre folle. - A.-E.Lemoine: Vous êtes l'impresario de Lily dans la pièce.

Vous êtes l'impresario de Michèle dans la vie. Vous avez fait 3 films. A chaque fois, vous lui avez confié un rôle.

C'est Francis qui vous a offert un de vos 1ers rôles au cinéma. Qu'est-ce que vous aimez tant chez Michèle? - F.Perrin: Quand on s'est rencontrés, ça a matché. "Le jour où je fais mon 1er film, je vous promets de vous donner un rôle." - A.-E.Lemoine: Méfiez-vous, Michèle.

Francis succombe à des fous rires irrépressibles, notamment dans "Le Dindon", une comédie que vous aviez mise en scène, dans laquelle vous jouiez, et vous avez eu un fou rire. - Un Espagnol à Livarot! Je savais bien que j'avais connu un nom de fromage.

Rires. - Oui, mais ce n'est pas le même. Qu'est-ce qu'il voulait, le dit Livarot...

Elle m'embrouille dans ces fromages. - Il m'a dit de te dire qu'il avait une nouvelle acquisition à te montrer...

Rires. - A.-E.Lemoine: Ca a duré combien de temps, ce fou rire? - F.Perrin: C'était drôle parce qu'elle avait changé le nom du fromage. - A.-E.Lemoine: Et vous partez sur un nom de fromage changé. - F.Perrin: Oui.

Paul Le Person... - M.Bernier: Un grand comédien! - A.-E.Lemoine: Vous vouliez être comédien, jeune? - P.Lemaitre: Oui.

Je rêvais de jouer dans une pièce comme ça. Je suis de l'époque où on regardait "Au théâtre ce soir". Dans ma culture, ce n'était pas la Comédie-Française.

C'était "Au théâtre ce soir". Je rêvais d'avoir des rôles comme les vôtres. Vous m'avez un peu pris mon métier. - M.Bernier: On ne prendra pas le vôtre.

Ne vous inquiétez pas. - F.Perrin: J'aurais aimé être écrivain. - M.Bernier: Je ne suis pas rieuse. - Il va vous faire un four à pain! - Thierry Vernon, le 2e papa. - P.Lescure: C'est incroyable, la popularité qu'est la vôtre.

On le voit à la mesure des audiences des séries. Vous avez été l'une et l'autre des têtes d'affiche. "La Stagiaire", 10 ans pour vous cette année. "Mongeville", 8 ans, plusieurs millions de téléspectateurs à chaque épisode, ce qui vous a permis d'aborder ce registre plus dramatique par rapport à d'autres rôles qui vous avaient été confiés jusque-là.

C'est important, cette reconnaissance populaire de qualité, comme on a commencé à dire au gouvernement. - M.Bernier: Tellement! - F.Perrin: C'est un peu pour ça que j'ai fait ce métier.

Je suis toujours étonné d'être encore là au bout de 58 ans de carrière, mais c'est un beau cadeau que me fait le public. Avec Michèle, je pense que ça va matcher parce que les gens vont se dire: "Tiens..." - M.Bernier: On fait partie des acteurs dans le poste depuis longtemps.

Avec le théâtre de boulevard, ça va faire quelques années maintenant. On est dans le salon des gens en permanence. Quelque chose s'est créé, un lien pendant toutes ces années.

Francis adore le théâtre, moi aussi. Ce sont des passions communes, de respect...

On aime les gens, le public. Je me dis toujours que la personne qui a pris son billet, une baby-sitter, qui s'est cassé la tête pour prendre le train, le métro, pour ci, pour ça...

Je lui dois ma vie. - F.Perrin: Nous sommes entièrement d'accord.

Et puis, il y a la complicité que nous avons. C'est irremplaçable. C'est ça qui fait que ça passe la rampe. - P.Lescure: Les succès populaires, les gros tirages, de temps en temps, c'est mal vu.

Certains critiques font une bouche en cul-de-poule. Une certaine presse de gauche vous regarde en faisant une bouche en cul-de-poule. - P.Lemaitre: Je n'ai pas envie de dire du mal des journalistes de gauche car je suis un homme de gauche.

Vous me mettez dans une situation...

Je pense qu'il y a un malentendu Sur le fait que le grand tirage est tout de suite suspect d'être démagogique. L'idée que quelqu'un vend beaucoup de livres aurait fait les choses pour vendre beaucoup de livres. On renverse les causes et les conséquences.

Ce que je crois démontrer avec ma carrière, c'est qu'on ne fait pas les livres pour faire plaisir aux gens, mais si on a la chance de rencontrer le plaisir des gens, ça ne porte pas une ombre sur la manière dont vous avez travaillé ni sur votre motivation. Mais il y a une presse qui regarde le succès avec méfiance. Il est assez fondé aussi de penser que des livres assez mauvais font d'énormes succès.

Ce n'est pas totalement faux de penser que le succès n'est pas synonyme de qualité. Mais il ne faut pas tomber dans l'excès inverse. Il y a des livres qui basculent dans le côté suspect alors qu'ils ne devraient pas l'être. - P.Cohen: 50 ans de carrière.

J'ai une archive ancienne de 52 ans. Vous êtes sorti du conservatoire. Vous avez été lauréat aux côtés d'A.Dussollier.

Il y a eu la Comédie-Française. Vous jouez à la Comédie-Française le jour. Et le soir, ou la nuit, vous jouez en banlieue, en 73. - Jouer à minuit dans un théâtre de banlieue et refuser du monde, c'est l'exploit que réalise 3 fois par semaine F.Perrin, jeune pensionnaire de la Comédie-Française, et ses camarades. - C'est une obsession burlesque.

Ca résume tout. - Il y a des obsessions? - Oui.

Le cinéma, la radio, la télévision, l'opéra, les vampires. - P.Cohen: Souvenir...

On vous demande pourquoi. Vous dites: "Comme je suis à la Comédie-Française, je n'avais pas le droit de jouer à Paris. Il fallait que je sorte." - F.Perrin: Je prenais ma voiture et je fonçais.

La salle était pleine. - A.-E.Lemoine: A minuit? - F.Perrin: Oui. 500 personnes m'attendaient.

L.de Funès, G.Oury...

Ils sont tous venus. Je me souviens du soir de la première. J.-J.Gautier, le grand critique, était dans la salle.

A la fin du spectacle, il s'est levé, il a applaudi. Il a fait un article après en disant: "Avec toute la salle, j'ai ri 60 minutes sur une heure." - M.Bernier: Magnifique!

Mon Francis! - A.-E.Lemoine: Vous vous en souvenez par coeur, de cette première critique. - F.Perrin: Un beau cadeau. - A.-E.Lemoine: Je n'ai pas vu la pièce, mais je peux dire qu'on rit tout le temps. 60 minutes sur une heure. - M.Bernier: Des paillettes, des plumes, des costumes, des partenaires de rêve.

On est huit. Il faut saluer les producteurs de théâtre qui s'engagent avec des pièces qui ont beaucoup de monde. C'est franchement agréable. - A.-E.Lemoine: C'est à partir du 29 janvier.

C'est au Théâtre de Paris. Pardon d'avoir élevé la voix! - M.Bouhafsi: C'est le sujet qui a fait le buzz aujourd'hui sur les réseaux: "péage".

On est nombreux à avoir notre carte bleue enregistrée dans notre smartphone. Peut-on être verbalisé pour avoir payé au péage avec son portable? La question enflamme TikTok. - Je sors mon téléphone et je paye le péage.

Un policier vient par-derrière. Il me parle de l'usage du téléphone. - Téléphone au volant?

On est arrêté! Il y a une barrière. On ne peut pas passer. - Même si ton moteur est éteint, tu te prends une amende parce que tu as le téléphone au volant au péage. - C'est vraiment bête. - M.Bouhafsi: C'est vraiment arrivé.

Une personne s'est pris une amende de 135 euros au péage, et 3 points. Un influenceur racontait sa mésaventure dans une vidéo, qui cumule 5 millions de vues. Pourtant, au départ, pour lui, c'était un message de prévention pour les automobilistes. - Le péage m'a annoncé le prix de 25,90 euros.

Je ne réfléchis pas. Je prends mon téléphone. Je veux payer en sans contact sur la borne.

Un policier m'a vu. Il m'a demandé de me mettre sur les petites bornes. Il m'a annoncé la sentence: 90 euros d'amende et 3 points sur le permis à régler maintenant ou plus tard.

Si c'était plus tard, c'était 135 euros. Le simple fait d'avoir sorti le téléphone pour payer m'a valu cette amende. - M.Bouhafsi: Ca vous choque? - F.Perrin: Oui. - M.Bouhafsi: On a demandé à un avocat spécialisé en droit routier si l'amende était contestable.

Pour lui, c'est difficilement contestable car le véhicule est en circulation. Pour ceux qui s'interrogent, payer avec une montre connectée est autorisé. - A.-E.Lemoine: Tout le monde est sidéré. - M.Bouhafsi: C'est arrivé à plusieurs personnes, qui l'ont révélé ces derniers jours. - A.-E.Lemoine: 1re sortie militante de M.Barnier depuis son départ de Matignon. - M.Bouhafsi: Où était passé l'ancien Premier ministre, bientôt 2 mois après avoir quitté Matignon?

On est allés à la galette des Rois des Républicains, où M.Barnier a été accueilli comme une véritable rockstar. K.Mbappé n'aurait pas fait mieux.

Il fallait lui demander ce qu'il devenait. - Je suis très impressionné. Vous allez bien? - Vous avez plus de temps libre depuis que vous n'êtes plus en fonction. - Pas tellement. - A quoi ressemble une journée type de M.Barnier? - Allez...

Acclamations. - Vous êtes magnifique. Il est magnifique! - Je ne vais pas répondre à des questions, mais je vais aller manger la galette. - M.Bouhafsi: Il veut goûter la galette.

Il veut aussi taquiner les nombreux journalistes présents. - Je ne savais pas que je vous manquais autant! Je n'avais pas pensé une seconde que cette galette républicaine allait susciter autant d'intérêt des journalistes.

Je suis un peu ému de vous retrouver, les uns et les autres. - M.Bouhafsi: Il était taquin, hier soir. 3 mois au gouvernement.

C'est peu mais assez pour M.Barnier, qui s'autocongratule de son bilan. - La situation est simplement meilleure que celle que j'ai trouvée.

J'ai créé du progrès collectif. Ca va un peu mieux. C'était ça, l'objectif que j'avais en acceptant d'être Premier ministre, qu'à la fin de mon mandat, on se dise: "Il n'est pas très marrant, le Premier ministre, mais il a fait des progrès." - M.Bouhafsi: J'imagine que vous vous demandez tous s'il a eu la fève.

Non, malheureusement. - Vous êtes l'heureux élu. Vous avez la couronne sur la tête. - Il y a une couronne, un roi sans reine. - Peut-être que M.Barnier aurait voulu la couronne. - Oui, et la garder. - M.Bouhafsi: Est-ce qu'il serait un bon candidat pour 2027? - Pourquoi vous êtes fan de M.Barnier? - Je suis fan de M.Barnier parce qu'on le connaît depuis longtemps.

C'est un montagnard. - Je suis tout à fait fan. Je trouve que la personnalité est très intéressante. - Il nous a manqué.

On est contents de le retrouver. - C'est le candidat idéal pour 2027? - Je ne sais pas. - Non.

Je ne pense pas. - Je ne pense pas non plus. - A partir d'un certain âge, il faut savoir passer le relais.

Rires. - F.Perrin: Comment on doit le prendre, nous? - A.-E.Lemoine: On vous a beaucoup félicités? - M.Bernier: Enormément.

Après, c'était très drôle parce que j'avais fait une petite vidéo pour vous au moment où il a été désigné Premier ministre. Il y avait des gens qui disaient: "Dommage que ce ne soit pas vous." A quel moment?

C'était trop mignon. Après, je me suis dit qu'à lui, on la lui faisait peut-être aussi. - A.-E.Lemoine: Vous pensez qu'il y a des gens qui pensent qu'il va reprendre un rôle de J.Maillan la semaine prochaine au théâtre? - F.Perrin: Non.

Je vais jouer avec Michèle. - M.Bernier: A la mort de R.Reagan, j'ai entendu dans mon demi-sommeil: "M.Barnier assistera..." J'ai entendu mon nom.

Je me suis demandé ce que j'allais aller foutre à l'enterrement et surtout, je me suis demandé ce que j'allais mettre. - A.-E.Lemoine: Je vous propose le cocktail idéal: de l'esprit, de la répartie, de l'humour.

En gros, c'est le meilleur de M.Bernier aux "Grosses Têtes". - M.Bernier: On m'a demandé quel homme je voudrais avoir à mes côtés si j'étais président de la République.

J'ai dit S.Thoen. - Vous êtes intéressée physiquement aussi par l'homme?

Elle chante Mary Poppins. - C'est la 1re fois que J.Roberts vient à Cannes. - M.Bernier: Oui, je lui ai dit: "Viens à ma place." - Elle est belle. - M.Bernier: "Elle est belle, elle"? - Ce n'est pas contre vous. - A.-E.Lemoine: Bienvenue à notre table autour de ce risotto crémeux d'orzo préparé...

Le pecorino a été râpé par Lily. Vous êtes sociétaire des "Grosses Têtes". P.Bouvard vous a soutenu dès vos débuts, F.Perrin? - F.Perrin: Oui.

Ce sont de très bons souvenirs. C'est comme quand on faisait des sketchs à la télévision avec Sim. - A.-E.Lemoine: C'était avant "Le Théâtre de Bouvard"? - F.Perrin: Non, en même temps. - A.-E.Lemoine: Vous avez été collègues? - M.Bernier: Oui. - M.Bouhafsi: P.Bouvard a eu un grand rôle dans votre carrière avec son petit théâtre.

Vous avez également rencontré M.Mathy et I.de Botton. - C'est maintenant ou jamais! - Je ne pars plus. - La tortue ninja, on y va. - M.Bouhafsi: "Consacrer une partie de sa vie professionnelle au rire, peu de gens peuvent le faire." - M.Bernier: C'est vrai.

Le rire, c'est une chance. C'est tellement merveilleux. Ce retour-là est exceptionnel, inégalable.

J'ai pourtant joué aussi des choses plus dramatiques, mais quand même, cette réaction, cette espèce de salve qui vous amène comme des bouquets de fleurs, c'est inégalable. - F.Perrin: S.Guitry disait que c'était presque aussi bon que l'amour.

J'en suis sûr. - A.-E.Lemoine: Vous garderiez le "presque"? - M.Bouhafsi: Ils sont au bord de le retirer. - A.-E.Lemoine: Une pépite, chère Michèle. - P.Cohen: Il s'agit de votre père, figure éternelle de "Hara-kiri".

C'est un choc des cultures assez réjouissant. Le professeur Choron, sur le plateau du journal télévisé, ce qui n'est pas arrivé souvent, un 1er avril 1980, au milieu de gens très sérieux, dont L.Zitrone, arrivait avec un cadeau surprise pour repeupler la France. - Chacun sait que toute société humaine digne de ce nom a pour base inébranlable la bêtise et la méchanceté.

Nous avons donc trouvé un mâle étalon, débordant de bêtise et de méchanceté: Coluche. Dans chaque numéro de "Hara-kiri" de ce mois-ci, il y a un sachet contenant de l'authentique sperme de Coluche. Cette charmante demoiselle qui est là a été inséminée artificiellement par moi-même il y a une semaine.

Elle est donc enceinte de Coluche de 8 jours. On pourra faire l'accouchement télévisé. On verra le petit monstre. - P.Cohen: Voilà l'esprit "Hara-kiri" parachuté au milieu du journal, regardé par des millions de personnes.

Dans les lettres de téléspectateurs: "Comment le sperme de Coluche peut être dans des sachets?" - M.Bernier: Ca a dû être un truc de fou.

A l'époque, ça écrivait beaucoup de courriers. Ca prenait moins de temps que d'avoir vécu ce que l'on a vécu avec les attentats de "Charlie Hebdo". Il y avait T.Le Luron... - P.Cohen: Il était son invité. - M.Bernier: C'était des potes.

On parlait de cette époque-là. C'était une époque de déconnade. Je pense qu'il y avait vraiment une envie de déconner.

Tout était possible. Même ce qui n'était pas permis, on le faisait quand même. - A.-E.Lemoine: On se l'autorisait. - M.Bernier: Il y a quelque chose d'assez dingue.

Je pense qu'à l'époque, les journalistes faisaient ce JT en disant: "Il va venir avec une poupée gonflable et parler du sperme de Coluche." Ils ont dû se dire: "Ce n'est pas grave." Aujourd'hui, ce serait plus compliqué... - A.-E.Lemoine: Vous irez jusqu'à ces années-là, Pierre? - P.Lemaitre: Oui.

Une fois que la tétralogie sur les Trente Glorieuses sera achevée, on sera aux alentours de 1963. Je vais attaquer une nouvelle trilogie qui va traiter la 3e partie du siècle, qui va aller de 1975 à 1989. On dit que le XXe siècle s'achève à la chute du mur de Berlin, en 89.

Ca devrait s'achever là. L'ensemble devrait être constitué d'une dizaine de volumes. Celui-ci est le 6e.

Le 7e paraîtra dans un an. Pour le moment, ça sent un peu l'écurie. Ca sent bon. - A.-E.Lemoine: Ca sent la fin. - P.Lemaitre: J'ai quand même passé la moitié.

Le point de non-retour est franchi. - P.Lescure: Francis, on vous connaît aussi pour avoir inventé un personnage gaffeur, maladroit et bègue que ma génération a adoré.

On a une archive de 1979. J'avais... 15 ans?

Peut-être un peu plus... - Ah non!

Je ne peux pas parler plus fort. Je crie! Non, ce n'est pas une blague.

Là, tu...

Ah si! C'est toujours pareil. Moi, j'étais con.

C'est fini. Maintenant, je tends...

Non, mon chéri, je t'embrasse. - P.Lescure: Ce personnage, je crois que vous aviez commencé à l'imaginer enfant.

C'était une manière de vouloir détourner les moqueries qui touchaient votre maman. - F.Perrin: Oui.

Ma mère était infirme. Elle boitait. Quand elle venait me chercher à l'école, on se moquait d'elle.

Je trouvais que ce n'était pas bien. J'avais un défaut de prononciation, une sorte de bégaiement. J'ai dit: "Je vais forcer ça.

On va se moquer de moi, et plus de ma mère." Ca a marché. - A.-E.Lemoine: Je sais que vous êtes très ému à chaque fois que vous en parlez, alors que vous affichez toujours cette pudeur et cet humour extraordinaire comme un rempart.

C'est une arme que vous utilisez pour surmonter toutes les épreuves de la vie. On a suivi le combat que vous avez mené avec Louis, votre fils, atteint d'autisme, avec lequel vous êtes monté sur scène. On avait montré ces images absolument magnifiques.

Ce qui était au départ un fardeau est maintenant un cadeau. - F.Perrin: C'est ça.

C'est formidable. Je trouve qu'il m'a appris des choses extraordinaires. Il est maintenant dans son autonomie.

Avec mon épouse, Gersande, on a tout fait pour qu'il soit comme ça. Il est merveilleux. Il est conscient de son autisme, mais il est heureux.

Il est heureux, autonome. Pour lui, c'est formidable. On va rejouer ensemble bientôt.

Ca va être un beau cadeau. On va jouer en famille. - A.-E.Lemoine: Je sais que ça touche aussi particulièrement Pierre.

C'est impossible de ne pas parler avec vous de la dyslexie qui touche de nombreux enfants, à laquelle l'école et l'Education nationale ne sont pas toujours adaptées. Je sais que c'est un combat que vous menez aussi. - P.Lemaitre: Oui.

C'est un combat parfois embarrassant. Je suis un fervent défenseur du service public. Ca fait 60 ans que je défile pour le service public.

Je ne peux pas être suspect de ne pas aimer le service public. Malheureusement, les moyens donnés aux enseignants et la structure de l'Education nationale font que la différence ne peut pas être gérée correctement. On va demander...

Je parle à ta place. Mais ces enfants autistes, dyspraxiques, dyslexiques, tous ceux qui sont neuro-atypiques, on leur demande d'être comme les autres. On va leur donner de l'aide pour qu'ils fassent comme les autres, ce qu'ils sont incapables de faire.

On les blesse, on les stigmatise et on leur demande de faire quelque chose qu'ils ne peuvent pas faire, au lieu d'utiliser leurs richesses, leurs différences au profit de leur vie. On leur demande d'être comme les autres, alors que leur intérêt principal est justement de ne pas l'être. - F.Perrin: Absolument.

C'est très juste. - P.Lemaitre: Je ne suis pas en colère contre l'Education nationale, je ne voudrais pas qu'on le croie, mais il faut se mettre à la place des parents qui sont moins privilégiés et qui ont de vraies difficultés avec des enfants qui ne trouvent pas leur place dans un système, sauf à aller dans ces systèmes privés, mais ils n'ont pas les moyens.

Pensons d'abord que nous avons la chance d'être des privilégiés. Vous êtes acteurs, je suis écrivain. On a des ressorts intellectuelles et culturels qui nous permettent de surmonter ça.

Pensons à tous ceux qui sont moins privilégiés et à leurs enfants qui sont des enfants cabossés. - A.-E.Lemoine: Je suis très heureuse que vous ayez porté ce message ce soir. "Lily & Lily", c'est à partir de mercredi au Théâtre de Paris, avec M.Bernier, qui n'est pas Première ministre. "Un avenir radieux" est en librairie.

Précipitez-vous! - M.Bernier: M.Cabot...

Il y a aussi B.Monier. - A.-E.Lemoine: On conclut cette émission avec les actualités de Pierre-Antoine. - P.-A.Damecour: Bonsoir à tous.

Bonsoir, Babeth. On commence les informations par un cours magistral signé P.de Villiers sur CNews, qui nous a appris comment réussir en télé.

On prend des notes... - La semaine dernière, on a battu le record.

La pointe à 1,084 million. Vous savez ce que je me suis dit? J'ai fait un rêve.

Imaginons que le million dise à un autre million: "Pourquoi tu ne regardes pas P.de Villiers?" On serait à 2 millions! - P.-A.Damecour: On n'y avait pas pensé!

Nous aussi, on va faire ça. Prévenez vos amis. Il faut tous qu'ils regardent "C à vous".

Dans 2 semaines, on sera à 4 millions, et dans 2 mois, à 6 milliards de téléspectateurs. Ca amène son lot de petits jaloux. - S.Chenu: 1 milliard d'euros que l'on récupère, ça évite d'aller taxer les retraités.

Ce gouvernement ne veut pas s'attaquer à "C à vous". - P.-A.Damecour: On n'a rien fait!

On est en train de manger. Ils vont vous prendre à manger. - A.-E.Lemoine: C'est un lapsus. - P.-A.Damecour: Oui, ils ne vont pas nous prendre de l'argent.

Moi aussi, j'ai mes petites fiches, mais lui, c'est un homme politique. Vous allez voir qu'il a préparé ses antisèches. - C.Estrosi: Je pense aux avocats, aux professions libérales.

Selon un think tank anglo-saxon qui parle du sous-développement de la retraite par capitalisation en France...

A titre personnel, j'aurais préféré une réforme systémique en matière de pollution de l'air. 26 % du trafic en Méditerranée émet 17 % de CO2... - P.-A.Damecour: Ce n'est pas facile.

Pour la suite, visiblement, il n'avait plus toutes ses fiches. Il n'avait plus que cette fiche. C'était moins fluide.

Il hésite. ...

On dirait mon chat qui ronronne. C'est mignon. Un autre a été pris comme un lapin dans les phares: R.Glucksmann.

Il était invité chez nos confrères de Sud Radio. Après le Cours Simon, après le Cours Florent, découvrez le "Cours Raphaël". - Un candidat à la présidentielle de 2027. - De quoi me parlez-vous? - P.-A.Damecour: "Quoi, une présidentielle en 2027?

Je n'étais pas au courant!" Michèle, je ne connais pas votre morning routine, mais la mienne est de regarder des interviews politiques. J'ai regardé S.Lecornu, ministre des Armées, qui était invité de la matinale de France Inter et qui n'a pas pu en placer une. - S.Lecornu: Les Mexicains n'ont jamais payé un seul centime. - En Corée du Sud... - C'est ce que nous disait... - P.-A.Damecour: "Il me gonfle!

Je ne peux pas en placer une." Il a pu parler après, mais il n'avait pas pris son Bescherelle. - S.Lecornu: Souvent, dans les missions, mais dans le cadre de l'Otan... - P.-A.Damecour: Il avait préparé sa meilleure punchline. - S.Lecornu: On ne va pas échanger notre sécurité militaire contre des hamburgers. - P.-A.Damecour: A la fin, il s'est lâché comme jamais.

Eloignez les enfants du poste. - S.Lecornu: Pour les capitales européennes, si j'étais vulgaire, c'est un sérieux coup de pied au derrière. - P.-A.Damecour: "Sacré coup de pied au derrière"!

Ca y va. Vous le savez, les politiques veulent tous parler d'jeuns. Le problème, c'est que les politiques, ça fait un moment qu'ils n'ont pas croisé de d'jeuns. - Je me suis lancé dans cette aventure, comme disent les jeunes. - C'est tellement, comme disent les jeunes, matrixé! - Il l'a fait en direct live, comme disent les jeunes. - Avec F.Bayrou, c'est 2 salles, 2 ambiances, comme disent les jeunes. - P.-A.Damecour: Sur le plateau de France 3, A.de Montchalin a un petit jeu.

Elle ne répond pas aux questions, elle les juge. - Les crédits pourraient baisser de 700 millions. - C'est un très bon sujet. - P.-A.Damecour: Il va avoir un bon point. - Combien coûtent les concessions des socialistes? - Je pense que vous approchez le sujet de manière étrange. - P.-A.Damecour: Pour se rattraper, F.Letellier a tout donné pour montrer qu'il avait bien révisé. - Les sénateurs l'ont mis sur la table. - Les sénateurs de droite. - P.-A.Damecour: Ce que dit la ministre, C.Vautrin... - P.-A.Damecour: Il a bien bossé ses dossiers.

Bonne nouvelle pour ceux qui aiment prendre le train: l'Italie vient de lancer avec sa compagnie Trenitalia une nouvelle ligne entre Paris et Marseille, avec une première classe. C'est mieux que la première classe, c'est la classe first. - Salle de réunion, restauration ou sièges avec des spécialités italiennes à la carte et une vraie machine à café pour de bons espressos.

Le wi-fi, des écrans personnalisés...

C'est ce qui contraint la SNCF à monter en gamme. - P.-A.Damecour: Elle va proposer sa gamme InOui First.

On a réussi à avoir une interview d'un responsable de la SNCF. - On essaie de faire marcher le wi-fi. Ca bosse.

Et non, ils n'y arrivent pas. Ca fait 15 ans qu'on est dessus. - P.-A.Damecour: Le wi-fi est annoncé avec 20 ans de retard à la SNCF.

L'heure est grave, Babeth. La France est sur le point d'être touchée par une pénurie de ministres. - Je tiens à excuser l'absence de ministres de l'Europe et des Affaires étrangères. - Je veux excuser ma collègue la ministre C.Chappaz.

Je vous prie d'excuser les ministres E.Lombard et M.Ferracci, retenus par des déplacements internationaux. - P.-A.Damecour: Il n'y avait personne.

Heureusement, il restait T.Mohamed-Soilihi. Il n'avait qu'une seule fiche pour répondre à toutes les questions. - Je tiens à le redire, les Etats-Unis sont nos plus anciens alliés.

Ils sont nos plus anciens alliés. Nous partageons des valeurs, des intérêts et une histoire commune. ... - P.-A.Damecour: Il l'avait déjà dit.

Vous trépignez d'impatience de me poser cette question: quels étaient les sujets abordés à l'Assemblée par nos députés? - D.Trump a été investi président des Etats-Unis. - 47e président des Etats-Unis. - Président Trump... - Maison-Blanche... - D.Trump... - P.-A.Damecour: Le reste des sujets m'a fait saigner du nez.

Jargon. Je saigne du nez! Je n'ai rien compris.

Pour terminer, c'est le dilemme du moment: faut-il quitter le réseau social X? Beaucoup ont déjà fait leur choix et le font savoir à tout le monde. J'ai une grande annonce à vous faire, ça n'a pas été facile de l'annoncer, mais ma décision est prise.

Alors là, c'est décidé: je quitte X. Je quitte X. Je quitte X.

Je vous l'ai dit? Je quitte X. C'est terminé.

Je quitte X! Je quitte X. - Ta gueule!

On bosse. Fait chier! Bips. - P.-A.Damecour: En fait, là, c'est comme Twitter. - A.-E.Lemoine: Bravo!

On se retrouve demain. On retrouve aussi Pierre-Antoine tous les jours à 13h45. Tout de suite, "La Grande Librairie" d'A.Trapenard.

Si vous voulez bien vous tourner vers Philippe pour saluer nos téléspectateurs...

Merci de votre fidélité. On se retrouve demain, à 19h, en direct. Excellente soirée.

Michèle Bernier & Francis Perrin : coups de théâtre ! - C à vous : l’intégral - 22/01/2025 — Raphaël Glucksmann · Pourquijevote