Laurent Jacobelli : "Il n'y a pas de solution en dehors de nouvelles élections !" (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
Vous ne voterez pas la confiance lundi, qu'est-ce qui a changé ?
- 0:47RelanceRéponse partielle
Vous n'êtes pas d'accord avec le diagnostic du mur de la dette ?
- 1:32OuverteRéponse directe
La lettre de Marine Le Pen en juillet a-t-elle été un déclic ?
- 1:47RelanceRéponse directe
Ce n'est pas la stratégie de la cravate ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous redoutez d'affoler vos électeurs avec une dissolution ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy a appelé à la dissolution, est-ce que ça vous a étonné ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Locuteur 1Fait
« le budget qui nous est annoncé est catastrophique pour les Français et inefficace. »
- 0:58Locuteur 1Fait
« François Bayrou, c'est 40 ans de politique, 40 ans de désastre, 40 ans de participation directement ou indirectement avec tous ces gouvernements qui ont fait exploser l'insécurité et l'immigration, qui ont fait exploser la dette »
- 1:09Locuteur 1Fait
« il arrive en disant je suis euro, j'ai mis le feu partout mais je vais vous sauver, ce n'est pas crédible. »
- 1:22Locuteur 1Promesse
« demander la fin de l'aide médicale d'État, demander à ce qu'on coupe dans le coût de l'immigration ou du budget européen »
- 2:46Locuteur 1Promesse
« Nous, on vous garantit que nous baisserons les impôts, notamment les impôts de production, et que vous aurez de la visibilité. »
- 3:37Locuteur 1Chiffre
« on a une dette, on a un budget aujourd'hui, qui au moment où on se parle, a déjà dépassé le déficit prévu pour un an. »
- 6:52Locuteur 1Chiffre
« Pour la première fois de notre histoire, nous avons plus de 100 députés, 123, 143 avec nos alliés de l'UDR. Nous sommes le premier parti de France. »
- 7:41Locuteur 1Chiffre
« L'immigration nous coûte un bras. On peut gagner 18 milliards par an. »
- 7:44Locuteur 1Fait
« L'État est devenu obèse. »
- 4:58Locuteur 1Fait
« Il n'y a pas de solution en dehors de nouvelles élections. »
Temps de parole
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– Bonjour. – Alors votre histoire avec François Bayrou avait quand même commencé un peu comme une lune de miel, on sent que c'est désormais fini, vous ne voterez pas la confiance lundi, il y a quelques mois encore à peine, vous vous refusez pourtant de voter l'émotion de censure, qu'est-ce qui a changé ?
– François Bayrou, François Bayrou a été un homme qui s'est prétendu homme de dialogue depuis le début, il a dit qu'il allait parler à toutes les oppositions, à tous les mouvements politiques, et puis on s'est retrouvé à la fin de l'été avec un François Bayrou qui a voulu sortir le parachute et a demandé la confiance aux parlementaires probablement pour gérer sa sortie qu'il savait inéluctable, c'est-à-dire que l'homme qui se disait homme de dialogue est devenu complètement autocentré et a géré sa fin de carrière. Pour nous, le sort de la France mérite mieux, le budget qui nous est annoncé est catastrophique pour les Français et inefficace.
– Mais justement, vous n'êtes pas d'accord avec son diagnostic, le mur de la dette, le bateau France qui coule ?
– Mais tout le monde peut être d'accord avec ce diagnostic, il est évident, mais est-ce que vous croyez que c'est une raison pour garder ceux qui ont coulé la France au pouvoir ? François Bayrou, c'est 40 ans de politique, 40 ans de désastre, 40 ans de participation directement ou indirectement avec tous ces gouvernements qui ont fait exploser l'insécurité et l'immigration, qui ont fait exploser la dette et aujourd'hui il arrive en disant je suis euro, j'ai mis le feu partout mais je vais vous sauver, ce n'est pas crédible.
S'il avait suivi une démarche logique de Premier ministre responsable, qu'il nous avait proposé un budget, qu'on avait négocié, qu'on aurait pu faire retirer un certain nombre de choses, demander la fin de l'aide médicale d'État, demander à ce qu'on coupe dans le coût de l'immigration ou du budget européen, ça aurait eu un fil normal. Là il nous dit, donnez-moi les clés, les clés on ne va pas lui donner.
– Et c'est cette lettre envoyée par Marine Le Pen au 25 juillet, laquelle il ne répond pas, lettre dans laquelle elle fait ses propositions justement concernant la dette, c'est ça qui est un déclic où la décision était prise avant ? Jusqu'à présent, je le rappelle, vous étiez constructif, c'était la stratégie de la cravate.
– Vous savez, ce n'est pas la stratégie de la cravate, je peux l'enlever si vous voulez, mais ça ne changera pas mon discours. Nous, nous sommes pragmatiques, quel est l'intérêt de la France ? Est-ce que l'intérêt de la France, c'est de négocier un bon budget pour les Français ? Oui bien sûr, mais quand on nous dit, on ne négociera pas, je vous demande simplement de me suivre, nous ne suivrons pas M. Béroud. Mais d'ailleurs, il faut s'en sortir maintenant de cette situation. Il est l'instabilité, nous on veut la stabilité. La stabilité, ça veut dire une majorité forte, avec un gouvernement qui suit la majorité, et ça veut dire un retour aux élections présidentielles.
Ce serait formidable si Emmanuel Macron prenait la conscience de l'enjeu, ou à défaut, législative.
– Donc législative, ça passerait par une dissolution, mais en adoptant aussi cette attitude, est-ce que vous ne redoutez pas d'affoler certains de vos électeurs que vous voulez séduire, je pense notamment aux seniors, je pense aux patrons qui, eux, veulent de la stabilité ?
– Mais la stabilité, c'est ce que nous leur proposons. Aujourd'hui, nous sommes en pleine crise d'instabilité. Moi, je dis aux chefs d'entreprise, je comprends que vous en ayez marre, que tous les six mois, on vous change les normes, tous les six mois, on vous change les règles fiscales, parce qu'il n'y a pas de majorité. Nous, on vous garantit que nous baisserons les impôts, notamment les impôts de production, et que vous aurez de la visibilité. Et je dis aux retraités, nous, nous ne vous présomons pas comme cible, vous allez travailler toute votre vie, il faut arrêter de vous culpabiliser, de dire que la dette, c'est vous.
Non, au contraire, l'essor de la France économique pendant les années jusqu'à il y a dix ans, c'était vous. Donc nous sommes la stabilité, ils sont le chaos. C'est cette stabilité que nous voulons remettre en place.
Hier, dans le Figaro, Nicolas Sarkozy a appelé lui aussi à la dissolution, et il semble même laisser entendre que le RN à Matignon ne serait pas d'une certaine manière totalement illégitime. Est-ce que ça vous a étonné de la part de l'ancien chef de l'État ?
Mais il a été chef de l'État, il sait quels sont les rouages de nos institutions. Il voit bien que la situation est inextricable. Emmanuel Macron est détesté des Français, pas à cause de sa personnalité, peut-être un peu d'ailleurs, mais à cause de sa politique, sa politique elle est désastreuse, on a une dette, on a un budget aujourd'hui, qui au moment où on se parle, a déjà dépassé le déficit prévu pour un an. C'est-à-dire que la France n'est pas gérée. La France dépense plus qu'elle ne gagne, et l'argent, on va le chercher, c'est ceux qui travaillent, qui se lèvent tôt.
Mais vous dites quand même ce matin, merci Nicolas Sarkozy ?
Je dis que Nicolas Sarkozy fait un constat que tout le monde fait, d'ailleurs à droite il n'est pas le seul à le faire, à gauche non plus, quand même dans la majorité, certains, en dehors des caméras, disent qu'Emmanuel Macron devrait partir et François Béroud doit urgemment partir aussi. Ça ne va plus. La France est le Titanic et il n'y a plus de capitaine à bord. Il faut que la France retrouve son cap et qu'on rende aux Français leur pays et leur argent.
Vous parlez de dissolution, mais pour l'instant c'est vraiment une hypothèse que rejette complètement le chef de l'État, et il se trouve qu'il est quand même le seul à pouvoir encore la décider. Est-ce que ça veut dire que vous, l'ERN, vous êtes déterminé à faire tomber tous les gouvernements jusqu'à obtenir ce fameux retour aux urnes ?
Non, peut-être vous surprendre, je ne suis pas de la France insoumise. Et moi le chaos n'est pas mon objectif. Oui mais si vous voulez la dissolution à un moment, on n'est pas là pour faire tomber les gens, on n'est pas là pour casser l'Assemblée nationale et on n'est pas là pour prendre le pouvoir par la rue. Il faut à ce pays une stabilité, il faut un cap et il faut protéger les Français. Nous jugerons les prochains premiers ministres sur pièce, mais il y a peu à en attendre. Le président de la République n'a pas compris qu'il avait perdu les élections.
Le président de la République va vouloir un Premier ministre à sa botte pour surtout ne pas détricoter toutes les mauvaises mesures qu'il a prises. Honnêtement, il n'y a pas de solution en dehors de nouvelles élections.
Oui, j'entends ce que vous dites, mais je vais reposer ma question. Comment vous pouvez pousser Emmanuel Macron à faire, à dissoudre l'Assemblée nationale ? Donc je repose ma question. Est-ce que vous allez, à chaque nouveau nom pour Matignon, dire non, une censure à préalable, voter avec la gauche et passer au suivant jusqu'à ce qu'Emmanuel Macron cède ?
Je vais vous faire la même réponse. Soit nous avons des premiers ministres qui nous demandent la confiance et a priori nous ne faisons pas confiance aux macronistes. Vous savez, nous sommes des Français comme les autres. À part Emmanuel Macron, je ne sais pas bien qui peut lui faire confiance. Et en revanche, si on a un budget, on essaiera de l'amender. Si ce budget est passable, on sait bien qu'on n'a pas la majorité aujourd'hui, eh bien nous laisserons passer. Si les mauvais, nous censurerons. Nous sommes pragmatiques.
Oui, mais Marine Le Pen, elle dit que c'est ultra rapide. Il faut une dissolution de...
Oui, le 8 au soir, le 8 au soir. Oui, mais ça, vous l'obtenez comment ? Eh bien, et si le président de la République avait un éclair de lucidité ou alors on part tous du principe que c'est foutu, qu'on a un président de la République qui n'en a plus rien à faire de la France et qui est juste concentré à garder son pouvoir et ses privilèges. On n'est pas à l'abri, d'ailleurs, que ce soit une hypothèse crédible. Mais nous, nous tentons toujours de sauver et d'avoir le meilleur qu'il y a pour la France. Le meilleur qu'il y aurait pour la France, c'est d'avoir une majorité. Rassemblement national et Jordan Bardella, Premier ministre.
Donc pour ça, il faut des élections, pour ça, il faut les gagner. Et pour ça, il faut avoir un plan Matignon qui tienne la route. Laurent Matignon a été un vrai fiasco, avec des candidats incompétents, racistes, complotistes. En fait, je cite presque Jordan Bardella qui parlait de brebis galeuses. Mais est-ce qu'à l'époque, vous disiez que vous étiez prêt ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous l'êtes ?
Alors, je vais me permettre de vous reprendre, parce que moi, j'ai connu des fiascos plus nets. Le fiasco de la sécurité avec M. Retailleau, le fiasco de l'économie avec M. Macron.
Vous vous attendez en première position, vous êtes arrivé en troisième.
Non, non, on est arrivé premier si on prend les partis politiques. Alors, évidemment, si vous mélangez à peu près tout, nous sommes... Nous sommes... Non, mais je vais vous répondre. Pour la première fois de notre histoire, nous avons plus de 100 députés, 123, 143 avec nos alliés de l'UDR. Nous sommes le premier parti de France. Il y a encore six ans, nous avions cinq députés. Vous pouvez parler de fiasco, moi, je parle de victoire et de succès. Mais nous avons tiré les leçons. Nous avons tiré les leçons. Nous avons rendu nos processus encore plus sélectifs.
Mais je vais vous dire, moi, je suis très fier d'appartenir à un mouvement qui, lorsqu'il constate que quelqu'un ne respecte pas ses valeurs, a des propos qui sont condamnables, nous l'expulsons ailleurs à la France insoumise. Vous pouvez être triple fiché S, dealer de drogue, consommateur de drogue, ou tabasser votre épouse, et bien vous serez investi. C'est quand même une différence très notable.
Si le Rassemblement national, s'il y avait des élections, si le Rassemblement national arrivait en tête, est-ce que vous demanderiez Matignon, quoi qu'il arrive, même si vous n'avez pas la majorité absolue ?
Prenons des leçons de ce qui nous arrive. Quand un Premier ministre n'a pas de majorité, il ne peut pas faire de politique. Or, la France a besoin de politique, de réformes profondes. L'immigration nous coûte un bras. On peut gagner 18 milliards par an. L'État est devenu obèse. Il y a, c'est vrai, un recours à l'assistanat. Il y a un problème avec les entreprises qu'on n'accompagne pas assez.
Donc, c'est majorité absolue, Matignon ? Ou si vous avez juste une majorité relative, vous êtes la première force, mais majorité relative, vous n'allez pas à Matignon ?
Il faut une alliance majoritaire qui puisse gouverner. Nous savons très bien que nous ne gouvernerons pas seuls. Nous avons un esprit d'ouverture. Et d'ailleurs, j'appelle tous ceux qui aiment notre pays à nous rejoindre. Mais s'il y a des Républicains qui veulent travailler avec nous, qui partagent nos constats et nos solutions, ils seront les bienvenus. Moi, vous savez, je me mets parfois à la place des électeurs républicains, j'en rencontre, et qui voient que Bruno Retailleau soutient le Premier ministre et le Président de la République, qui voient qu'il n'a pas agi sur l'immigration, sur la sécurité. Ils sont profondément tristes.
Et ils ont envie de travailler pour le retour d'une France dont ils pourraient être fiers. Eh bien, qu'ils viennent avec nous.
Donc, si je résume les choses, vous me dites, si j'ai bon, majorité absolue pour le Rassemblement national, c'est le Rassemblement national, sans doute. Jordan Bardella, pas Marine Le Pen à Matignon ?
Jordan Bardella, Marine Le Pen à vocation à être notre prochaine présidente de la République.
Jordan Bardella à Matignon. En revanche, si c'est une majorité relative, là, vous souhaitez nouer des alliances, clairement, avec les Républicains, pour se mettre d'accord sur...
Et je vais même être encore plus large que vous. Avec tous ceux qui veulent travailler au renouveau de la France, qui veulent résorber cette dette, assurer la sécurité aux Français, préserver leur identité. Tous ceux qui seront de bonne volonté, on pourra travailler avec eux. Si, tous ensemble, on a une majorité, nous pourrons gouverner. Je vais vous dire, lundi prochain, c'est le premier jour de l'après-Macron. Et le départ de François Béroud, et la possibilité d'un espoir de redresser le pays. Moi, je ne le prends pas comme un signe d'instabilité, mais un signe d'espoir.
Dernière chose, on sort quand même rarement bien de Matignon, encore moins dans le contexte politique. Il n'y a pas un risque à occuper Matignon à 20 mois d'une présidentielle ?
Je vais vous dire, on ne se pose même pas la question. La France a besoin de nous, on répondra à l'appel.
Laurent Jacobelli