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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 26 juin 2023 15 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheSolidarités & famille

François Eygun : "A Massajobs, on aide les personnes à agir"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Pour en parler ce matin, nous recevons François Aiguain. Bonjour.

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Vous êtes directeur de Massageob, une association qui accompagne les habitants de Marseille vers le réemploi.

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Faire le tour du Vieux-Port pour trouver du travail, est-ce que c'est aussi simple que cela ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Il faut accompagner les personnes. Dites-vous, quels sont les freins ? Qu'est-ce qui bloque aujourd'hui ?

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui fait que le fils de cette dame, auquel a parlé Emmanuel Macron, ne va pas naturellement voir les restaurateurs de Marseille pour déposer un CV ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Comment on précise ça ? Il faut trouver les talents de la personne ? Il faut trouver comment l'accompagner ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36PrésentateurFait
    « Moi je vous promets, je fais le tour du Vieux-Port ce soir avec vous. Je suis sûr qu'il y a 10 offres d'emploi, mais ça n'est pas forcément aussi simple. »
  • 1:09InvitéFait
    « Quand j'ai entendu parler le président avec cette idée-là, il y a à la fois du bon et du moins bon. »
  • 1:15InvitéFait
    « Donc d'aller faire ce tour du Vieux-Port, d'aller à la rencontre d'effectivement de restaurateurs, d'hôteliers, d'entrepreneurs qui ont des difficultés à recruter. »
  • 1:30InvitéFait
    « Parce que ce qu'on veut offrir aux personnes, c'est du temps, de l'espace pour qu'elles puissent prendre conscience de ce qu'elles veulent, de comment elles pourraient le faire. »
  • 1:57InvitéFait
    « Je ne le connais pas personnellement, mais en tout cas, la dame, quand le président de la République lui demande qu'est-ce que veut faire votre fils, elle répond tout. »
  • 2:07InvitéFait
    « Et nous, ça, on sait que c'est extrêmement dur à accompagner, parce que tout, c'est quelque chose de très large. »
  • 2:16InvitéFait
    « Et donc, ce dont cette personne a besoin, mais en tout cas, ce dont les personnes qu'on accompagne ont besoin en général, c'est caractériser ce tout. »
  • 2:49InvitéFait
    « Eh bien, on a sûrement peut-être inspiré le président de la République, mais on a un séminaire qui s'appelle La Vie en Grand, où justement, à MassaJobs, on passe du temps, deux jours, »
  • 3:15PrésentateurChiffre
    « Marseille où il y a 26% de chômage dans le 13e arrondissement, 4 fois plus que la moyenne nationale. »
  • 3:31InvitéFait
    « Ce que je vois, c'est qu'il y a déjà peut-être moins d'emplois qu'ailleurs à Marseille. »
  • 3:35InvitéFait
    « Il y a des créations d'emplois, mais qui ne sont pas obligatoirement en adéquation avec les compétences présentes sur le territoire. »
  • 3:42InvitéFait
    « Il y a eu un gros effort fait sur la formation, mais il faut aussi que ces métiers plaisent aux personnes. »
  • 3:47InvitéFait
    « Est-ce qu'on veut, pour atteindre le plein emploi, occuper les gens avec des métiers quels qu'ils soient, avec des conditions de sécurité quelles qu'elles soient ? »
  • 3:54InvitéFait
    « Ou est-ce qu'on veut vraiment permettre aux personnes de devenir actrices de leur vie par un travail qui les épanouit ? »
  • 4:33InvitéFait
    « Il y a quand même beaucoup plus d'emplois disponibles. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. 8h10, c'est l'heure de notre grand invité. Bienvenue. Emmanuel Macron en déplacement à Marseille pour présenter l'acte 2 de son plan Marseille en grand. Marseille qui subit l'insécurité mais aussi un taux de chômage plus important que la moyenne nationale. Pour autant, à une dame qui évoquait son fils en difficulté pour retrouver un emploi, Emmanuel Macron a répondu hier, je cite, Moi je vous promets, je fais le tour du Vieux-Port ce soir avec vous. Je suis sûr qu'il y a 10 offres d'emploi, mais ça n'est pas forcément aussi simple.

Pour en parler ce matin, nous recevons François Aiguain. Bonjour.

0:48
Invité

Bonjour Pierre-Hugues.

0:49
Présentateur

Vous êtes directeur de Massageob, une association qui accompagne les habitants de Marseille vers le réemploi. Faire le tour du Vieux-Port pour trouver du travail, est-ce que c'est aussi simple que cela ?

1:00
Invité

Quand j'ai entendu parler le président avec cette idée-là, il y a à la fois du bon et du moins bon. De fait, en tout cas à Massageob depuis 8 ans, ce qu'on essaye de faire, c'est permettre aux personnes d'agir par elles-mêmes. Donc d'aller faire ce tour du Vieux-Port, d'aller à la rencontre d'effectivement de restaurateurs, d'hôteliers, d'entrepreneurs qui ont des difficultés à recruter. Après, ce qu'on essaye de ne pas faire à Massageob, c'est l'injonction. Parce que ce qu'on veut offrir aux personnes, c'est du temps, de l'espace pour qu'elles puissent prendre conscience de ce qu'elles veulent, de comment elles pourraient le faire.

Et c'est là où je me détache un peu de cette proposition un peu rapide.

1:43
Présentateur

Il faut accompagner les personnes. Dites-vous, quels sont les freins ? Qu'est-ce qui bloque aujourd'hui ? Qu'est-ce qui fait que le fils de cette dame, auquel a parlé Emmanuel Macron, ne va pas naturellement voir les restaurateurs de Marseille pour déposer un CV ?

1:57
Invité

Je ne le connais pas personnellement, mais en tout cas, la dame, quand le président de la République lui demande qu'est-ce que veut faire votre fils, elle répond tout. Qu'est-ce qu'il est prêt à faire, tout. Et nous, ça, on sait que c'est extrêmement dur à accompagner, parce que tout, c'est quelque chose de très large. Et puis, en fait, finalement, pas si large quand on creuse un peu. Et donc, ce dont cette personne a besoin, mais en tout cas, ce dont les personnes qu'on accompagne ont besoin en général, c'est caractériser ce tout.

En fait, ce tout, il devient personnel à un moment quand on y met des horaires, quand on y met des talents, quand on y met une envie de développer tel ou tel aspect de ses compétences, de ses appétences, etc.

2:36
Présentateur

Parce que pour accompagner les personnes, il faut préciser ce tout, quand on dit qu'est-ce que tu veux faire tout et n'importe quoi, souvent ajoute-t-on. Comment on précise ça ? Il faut trouver les talents de la personne ? Il faut trouver comment l'accompagner ?

2:49
Invité

Eh bien, on a sûrement peut-être inspiré le président de la République, mais on a un séminaire qui s'appelle La Vie en Grand, où justement, à MassaJobs, on passe du temps, deux jours, et puis c'est derrière un accompagnement individuel pour savoir qu'est-ce que j'ai envie de faire de ma vie, qu'est-ce qui m'attire, qu'est-ce que je suis capable de faire, qu'est-ce que j'ai envie de faire, quel est le rêve que je porte, etc. Donc oui, il faut passer par là.

3:08
Présentateur

Parce que vous êtes donc implanté à Marseille, Marseille où il y a 26% de chômage dans le 13e arrondissement, 4 fois plus que la moyenne nationale. Parfois, on a quand même du mal à comprendre le problème. Quelles sont les causes profondes, selon vous ?

3:22
Invité

Je ne suis pas expert de cette question. Je pense que là, le président de la République serait plus doué que moi.

3:27
Présentateur

Mais vous voyez que vous rencontrez beaucoup de personnes avec MassaJobs.

3:31
Invité

Ce que je vois, c'est qu'il y a déjà peut-être moins d'emplois qu'ailleurs à Marseille. Il y a des créations d'emplois, mais qui ne sont pas obligatoirement en adéquation avec les compétences présentes sur le territoire. Il y a eu un gros effort fait sur la formation, mais il faut aussi que ces métiers plaisent aux personnes. Est-ce qu'on veut, pour atteindre le plein emploi, occuper les gens avec des métiers quels qu'ils soient, avec des conditions de sécurité quelles qu'elles soient ? Ou est-ce qu'on veut vraiment permettre aux personnes de devenir actrices de leur vie par un travail qui les épanouit ?

C'est ça, à mon avis, l'enjeu où on est un peu différent de la vision peut-être du président de la République. C'est que ce n'est pas simplement pour occuper et créer un revenu. C'est pour permettre aux personnes de se développer, de grandir. Et à Marseille, il y a peut-être une adéquation qui est assez forte. Et puis, il y a peut-être aussi une habitude peut-être plus ancrée de difficultés, d'enclavement à trouver du boulot, etc. Et qui est plus longue à déraciner. Alors après, moi, je vois que depuis 8 ans, les choses ont évolué. Il y a quand même beaucoup plus d'emplois disponibles.

Après, moi, j'ai l'impression que depuis 8 ans, la qualité des emplois, c'est aussi dégradé, surtout sur les emplois les moins qualifiés.

4:38
Présentateur

Qu'est-ce que vous entendez derrière qualité des emplois ?

4:41
Invité

Ça va être beaucoup de freelance, d'autres entreprises qui s'est développé. Ça va être des contrats plus courts parce que les charges sociales sont moins élevées, etc. Donc, c'est une baisse de la qualité de l'emploi. On n'est plus sur un CDI à temps plein qui permet aux personnes de déménager, de sortir du logement social ou peut-être même d'emprunter. Mais vraiment, on est là pour une activité, pour subsister et il y a une perte, moi, je trouve, en tout cas, de la qualité de l'emploi dans ce que j'observe de ma petite fenêtre.

5:13
Présentateur

Est-ce que le fait qu'il y ait du travail au noir, parfois développé, qu'il y ait aussi des trafics de droits qui engraînent certains quartiers de la ville, ça a un impact aussi sur la qualité du travail, sur le fait qu'il est parfois plus intéressant de rester dans un circuit parallèle ?

5:26
Invité

Ça dégrade la qualité de la vie. C'est sûr que quand il y a cette tentation-là de rentrer dans le trafic ou cette unique voie-là, parce que parfois, ce n'est pas une tentation, c'est juste qu'il n'y a que ça, ça dégrade la qualité de la vie. Après, moi, les jeunes que j'ai pu accompagner, qui étaient tentés par le trafic, c'est quelques années. Après, ils ont envie d'une vraie vie, d'une vie en grand, normale, sans risque, sans prendre le risque de mourir, ou d'être arrêtés, ou d'aller en prison.

5:59
Présentateur

Et ils arrivent à s'en sortir, j'allais dire, ou en tout cas à vouloir se dire, je vais peut-être diviser mon salaire par deux ou trois, mais je serai dans l'économie blanche par opposition à l'économie noire ?

6:12
Invité

Oui, il y a vraiment des jeunes qui... Parce qu'à un moment, il y a une prise de conscience sur ce que leur permet cette vie dans une économie parallèle et ce à quoi ils aspirent vraiment. Il y a des jeunes qui s'en sortent. Après, ce qui est compliqué, c'est que ça demande du temps. Et c'est là où des associations comme la nôtre ou d'autres, comme Impact Jeune ou l'ADAP13, sont nécessaires pour faire cet accompagnement dans le temps long. Parce que les histoires, elles, elles restent. Donc un jeune qui aurait fait quelques bêtises plus jeune, il peut trouver un CDI dans une entreprise, être inséré et derrière être rattrapé parce qu'il y a une affaire qui ressort ou qui n'était pas jugée.

Et c'est là où il faut pouvoir reprendre le chemin de l'accompagnement, de la confiance en soi et de l'insertion. François Aiguain, que vous disent-ils ces jeunes ? Eh bien, ils nous disent qu'en tout cas, ils ont des rêves, qu'ils ont envie de s'en sortir. Je pense qu'ils nous disent aussi, enfin moi, ils ont pu me dire qu'ils étaient désireux d'avoir une vie simple où ils sont acteurs et plus à dépendre. Ils disent aussi de la colère parfois de se retrouver dans ces situations-là qu'ils ont, pour la plupart, pas choisi. Ils disent qu'ils ont envie qu'on leur donne leur chance, qu'ils ont envie de la prendre aussi.

7:28
Présentateur

Ils ont envie de trouver un travail. Est-ce qu'ils ont envie que vous les aidiez ?

7:32
Invité

On est positionnés sur accompagner ceux qui ont envie de trouver un travail et faire naître cette envie chez tout le monde. Aujourd'hui, oui, on a des gens qu'on croise qui n'ont pas envie ou ce n'est pas le moment pour eux, qui ne sont pas capables. Mais la plupart chez qui on va, pour susciter une nouvelle espérance, les gens se lèvent, les gens ont envie. Après, ça prend du temps.

7:54
Présentateur

D'ailleurs, vous défendez souvent l'idée que personne n'est inemployable, qu'on peut trouver un travail pour chacun. Est-ce qu'on a un problème dans notre rapport au travail ? Est-ce que c'est notre rapport au travail que ça vient interroger ?

8:06
Invité

Derrière inemployable, il y a un peu l'idée aussi de personne n'est inutile. Évidemment, si c'est pour être performant et parfait et efficace, il y a des gens qui arriveront moins bien que d'autres. Ça, c'est sûr qu'on pourra faire une échelle. Mais derrière cette idée de personne n'est inemployable, c'est que personne n'a rien à apporter. Personne n'est inutile à cette société. Et l'enjeu, c'est de faire bouger les personnes, évidemment, et le président de la République s'y emploie. Mais c'est aussi de faire bouger l'emploi, de faire bouger les entreprises dans leur capacité à inclure, à créer des opportunités pour des personnes qui sont un peu plus cabossées, etc.

Et ça, il y a des choses qui se passent. Il y a des entreprises, il y a des formations qui existent, qui sont de plus en plus... qui insistent de plus en plus sur cette dimension inclusive. Je pense au campus de l'inclusion à Marseille et d'ailleurs partout en France, qui œuvrent pour que les entreprises bougent. De quoi s'agit-il ? C'est en bougeant tous ensemble que ça va marcher.

9:01
Présentateur

Le campus de l'inclusion, comment est-ce que les entreprises, on les aide justement à faire confiance à ces jeunes, à ces personnes ?

9:08
Invité

Dans le campus de l'inclusion, par exemple, on les questionne sur qu'est-ce qu'elles pourraient faire différemment dans leur métier habituel, sur les achats, sur la manière dont elles innovent, la manière dont elles recrutent, comment elles pourraient faire pour donner des chances. Et ça passe très simplement. Par exemple, à Marseille, il y a une initiative qui s'est lancée qui s'appelle Dégain sans stage, qui permet à des jeunes de troisième d'intégrer des entreprises auxquelles ils n'auraient jamais pu prétendre pour un stage de troisième. Et on sait que le stage de troisième, ce n'est pas crucial. Et en même temps, ça ouvre.

Ça ouvre un horizon, ça permet à quelqu'un de découvrir le monde de l'entreprise plutôt que la pharmacie ou le kebab du coin. Et ça, c'est une super initiative que des entreprises ont mise en œuvre. Après, maintenant, il faut qu'aussi le gouvernement accompagne en sécurisant le marché du travail, en le fluidifiant peut-être, mais en donnant bien des garanties à chacun pour qu'il y ait une relation, une rencontre et un vrai travail, et une vraie transformation du monde collectif qui soit possible.

10:00
Présentateur

Emmanuel Macron a axé cette journée qu'il va passer aujourd'hui à Marseille sur le thème de l'éducation. Il y a un enjeu de formation aussi ?

10:08
Invité

Oui, il y a un enjeu de formation. Alors après, nous, on est assez peu spécialisés sur ces sujets-là. Mais nous, on pousserait pas mal. Alors c'est à la jonction entre l'éducation et la formation. C'est de travailler dans les écoles sur les questions de connaissance de soi, de confiance en soi, qui permettent derrière d'être armés pour affronter un marché du travail qui évolue énormément, qui est bouleversé par des changements comme l'intelligence artificielle ou le télétravail, etc. Et donc, il y a un enjeu à permettre aux personnes d'être en mesure de se connaître, d'aimer qui elles sont, et puis de voir les talents qu'elles ont à mettre au service du monde.

Et donc ça, ça peut se faire à l'école.

10:48
Présentateur

Et justement, aujourd'hui, l'école, elle est capable de révéler les talents ?

10:52
Invité

Il y a des écoles qui y sont, et je crois que le président de la République va travailler justement aujourd'hui ça dans sa visite. Il y a des écoles qui axent sur faire briller son trésor, révéler ses talents. Je pense aux Anam à Saint-Just, qui travaillent énormément ça.

11:08
Présentateur

Aujourd'hui, on résume assez facilement Marseille à l'insécurité, au quartier nord et au chômage qu'il peut y avoir. Parmi les initiatives que vous voyez, parmi les jeunes que vous accompagnez, les personnes que vous accompagnez, qui sont-elles ? Quel est leur profil ?

11:26
Invité

Les personnes qu'on accompagne, elles sont pour la plupart des... Enfin, elles sont pour 55% des jeunes de moins de 30 ans. Donc, c'est beaucoup de jeunes.

11:37
Présentateur

Des jeunes qui sont, j'allais dire, entre guillemets, un peu paumés, en tout cas, qui ne savent pas très bien quoi faire de leur vie ?

11:42
Invité

Oui, alors pas que. Il y a aussi des gens qui sont en études, mais à qui il va manquer le bon contact, le réseau pour la recherche de stage. Et on voit que ça fait la différence d'avoir le bon stage. Il y a aussi des papas qui sont un peu perdus face au nouveau code du travail. Il y a des mamans qui n'ont jamais travaillé. Enfin, qui ont énormément travaillé pour leur famille, mais qui n'ont jamais eu d'emploi. Et qu'on accompagne, du coup, sur transférer les compétences qu'elles ont développées à la maison, au travail.

12:09
Présentateur

Comment ça ? C'est-à-dire qu'elles étaient mères au foyer, comme on dit, et je mets des guillemets sans doute à ça. Et vous les accompagnez en disant, vous avez développé plein de compétences en faisant cela ?

12:18
Invité

Exactement. Et donc, ça, c'est les rendez-vous que moi, j'aime particulièrement. C'est une dame qui rentre dans le bureau et dit, j'ai eu trois enfants, quatre enfants. Et puis, je n'ai jamais travaillé, je ne sais rien faire. Ah bon ? C'est dingue. Mais du coup, vous avez fait quoi avec vos enfants ? J'imagine qu'ils ont grandi, ils ont été nourris. Et donc, on a tout un exercice qui permet à ces personnes, à ces mamans, de découvrir qu'en fait, elles sont capables, qu'elles sont bourrées de talents, de compétences. Et après, ça va être l'enjeu de faire le lien, petit à petit, entre ce qu'elles ont fait à la maison et ce qu'elles pourraient faire en entreprise.

Et là, on a des très beaux parcours. Et puis, c'est des profils qui, généralement, en plus rassurent les entreprises parce que derrière, il y a une vraie capacité de travail, de sérieux, de rigueur, de ponctualité, etc.

12:58
Présentateur

Et vous mentionnez aussi des papas qui sont parfois déboussolés face au changement du monde du travail ?

13:03
Invité

Oui, je pense à des papas que j'ai pu accompagner pour qui les procédures qui se sont numérisées ou pour comprendre un marché du travail qui est de moins en moins lisible avec des statuts qui sont de plus en plus différents, des chantiers qui sont morcelés, sous-traités, de sous-traités, de sous-traités. Il y a plein de choses qui font que le marché du travail est moins compréhensible. Et donc, nous, on a un gros enjeu de traduction, d'accompagnement, de création d'espace, de rencontre simple. On se retrouve juste simplement autour de qui on est et est-ce qu'on a envie de travailler ensemble. Et plus simplement un marché de l'emploi qui est quand même assez complexe et de plus en plus caché.

Comment ça ? De plus en plus basé sur les réseaux personnels de chacun. Ça, c'est le marché caché de l'emploi. Ça fait déjà quelques années qu'on est conscient de ça. Mais les offres sont de moins en moins visibles. Donc, pour des personnes qui ont appris à postuler à des offres, il faut changer complètement de logique. Et passer dans une logique de réseau, dans une logique de connaissances interpersonnelles, de candidatures spontanées. Et de rencontres, peut-être gratuites au début, qui donneront lieu à un boulot plus tard. Et de mobilisation de son réseau personnel.

Moi, j'ai plein de personnes qu'on a accompagnées où on avait un peu la frustration que ce ne soit pas « grâce à nous » parce qu'on aimerait bien s'attribuer quelques mérites parfois. Mais qui trouvaient du travail parce que leurs voisins leur proposaient un boulot. Ou qui trouvaient du travail parce qu'un ancien patron les rappelait. Et c'est ça, ce que nous aussi, on veut générer à MassaJob. C'est recréer des liens, pas simplement contractuels d'emploi, mais des liens de fraternité. Parce qu'on a aimé travailler ensemble. On va se recontacter. Il y a eu une pause. On reprend, etc.

14:30
Présentateur

Merci beaucoup, François Aiguain. Je rappelle que vous êtes directeur de MassaJob.

14:35
Invité

Oui, MassaJob à Marseille. N'hésitez pas à venir nous visiter. Et puis, n'hésitez pas à nous soutenir pour qu'on continue de faire ce travail-là.

14:42
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir, ce matin, été notre invité pour évoquer cette situation de l'emploi à Marseille. Merci à vous.