Budget 2026 : «il aurait fallu donner un sens à la suppression des jours fériés» estime Geoffroy Didier
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Merci beaucoup d'être en direct ce matin sur Europe 1. Tout d'abord, comment se porte le parti LR Geoffroy Didier en avril dernier, ici même sur Europe 1 ? Vous aviez évoqué cette forte augmentation du nombre d'adhérents, passant de 42 000 à 115 000. Alors, le parti se porte bien avant les prochaines échéances électorales ?
Oui. Alors, nous regardons la situation avec beaucoup d'humilité parce qu'il reste beaucoup à faire, bien évidemment. C'est qu'une partie des LR sont au gouvernement, mais que, évidemment, beaucoup de problèmes sont à régler, beaucoup de défis sont à relever. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il y a une attente de droite dans notre pays. Et vous observerez que, alors qu'il y a eu deux compétitions internes, l'une au Parti Socialiste et l'une aux Républicains, le Parti Socialiste a stagné à 40 000 adhérents. Et nous, le temps de cette compétition interne, nous avons triplé notre nombre d'adhérents, passant de 40 000 à 120 000.
C'est bien la preuve qu'il y a une attente de solutions de droite dans notre pays, des solutions offensives, sans être extrémistes, et qu'il y a une attente d'autorité, de réduction de la dépense publique, d'esprit de responsabilité. Et c'est ce que nous voulons porter autour de Bruno Retailleau et de toutes les figures des Républicains.
Alors, justement, Bruno Retailleau qui a sauvé la droite de l'effacement. C'est en tout cas ce qu'il affirme dans les colonnes du Figaro, évoquant une droite désormais audible. Vous êtes d'accord avec lui ?
Oui, bien sûr. Et surtout, une droite crédible. Et c'est l'intérêt des quelques ministres, les Républicains, comme Philippe Tabarro au transport, comme Annie Gennevard à l'agriculture, ou comme, évidemment, Bruno Retailleau en première ligne, Place Beauvau.
Nous savons que nous ne disposons pas aujourd'hui d'une majorité pour agir comme nous le voudrions, mais nous agissons surtout pour éviter que ce soit la gauche et l'extrême gauche qui agissent à notre place, parce que lorsqu'il a fallu se poser la question de savoir si nous devions entrer au gouvernement, c'était un dilemme, parce que nous ne sommes pas macronistes et que nous ne l'avons jamais été, mais c'était soit nous, soit la gauche alliée à l'extrême gauche. Et face à cette option-là, nous avons estimé que nous n'avions pas d'autre choix que de prendre nos responsabilités et que de tenter de commencer à régler les problèmes, mais nous ne l'aurons pas.
C'est seulement avec le débat présidentiel et avec 2027 que nous pourrons disposer d'une majorité absolue, et enfin pouvoir régler structurellement les problèmes qui demeurent aujourd'hui.
Alors justement, Geoffroy Didier, la France insoumise, Bruno Retailleau, toujours dans le Figaro, a des mots assez durs. Il qualifie le parti LFI de première et pire menace politique pour la France. Vous le rejoignez là aussi ?
Bien entendu. Première menace à bien des égards. Et observez même aujourd'hui ce qui se passe sur le budget. Si demain, c'est LFI qui dirige la France, après-demain, ce sera le FMI. Parce qu'à force de ne pas vouloir réduire la dépense publique, à force de vouloir augmenter l'assistanat, à force de vouloir imposer la retraite à 60 ans et augmenter la dépense publique, alors que nous avons un taux de dépense publique qui est déjà de 10 points supérieur au-dessus de la zone euro. Eh bien, il ne faudra pas s'étonner que le pays soit sous contrainte et que nous soyons réellement en faillite.
Et face à LFI, face à cette extrême gauche irresponsable, nous avons mis la lucidité sur la gravité de la situation. Et nous savons gré d'ailleurs, à François Bayrou, avec lequel je ne suis pas toujours été d'accord, lui aussi, d'exposer un projet de budget qu'elle mérite de cette lucidité. Vous savez, il y a deux options. Soit on continue de dépenser plus, et encore une fois, demain, c'est l'UFMI qui nous dirige, comme ce fut le cas, par exemple, pour la Grèce, qui d'ailleurs s'en est remis depuis. Soit nous réduisons la dépense publique et nous apportons des réformes structurelles, et ça, c'est ce que nous proposons.
Ce sont deux chemins radicalement différents pour la France, on en convient.
Mais Geoffroy Didet, vous soutenez totalement ce projet de budget 2026, notamment la suppression des deux jours fériés ?
Non, pas totalement. Bon, nous en soutenons le courage sur le principe, le courage qui consiste à dire la vérité aux Français, et ça, c'est nécessaire, mais il y a certaines options qui ne conviennent pas. Par exemple, nous voudrions que l'effort soit demandé d'abord à ceux qui ne travaillent pas, et c'est-à-dire ceux qui ne cotisent pas, ceux qui ne contribuent pas à l'effort public. On nous parle d'une allocation sociale unique.
C'est très bien, parce que c'est un outil de simplification, mais ce qui n'est pas dit par François Bayrou et ce qu'il faudra amender dans le projet de budget à l'automne, c'est de plafonner cette allocation sociale unique à 70% du SMIC, pour que travailler rapporte toujours plus que de ne pas travailler. Par exemple, la suppression des jours fériés, OK, pourquoi pas sur le principe, si ça avait vraiment un sens, mais ça va désavantager ceux qui travaillent déjà, et qui vont devoir travailler gratuitement deux jours de plus dans l'année, alors que ceux qui ne travaillent pas et qui vivent de la dépense sociale, pour eux, c'est les jours fériés toute l'année.
Et puis, il aurait fallu, par exemple, donner un sens à cette suppression des jours fériés. Si François Bayrou avait dit, je supprime le 8 mai, mais ce que nous allons gagner grâce à cette suppression du 8 mai, nous allons l'affecter au réarmement de la France, eu égard aux menaces extérieures que nous subissons aujourd'hui, ça, ça aurait eu sens. Et tout le monde aurait compris l'intérêt de la réforme. Vous voyez, en fait, il faut aussi, c'est pas uniquement du sang, de la sueur et des larmes, c'est donner un sens, donner un chemin d'espoir, et puis au fond, surtout, là où il faut concentrer notre attention, c'est sur la production de croissance.
Parce qu'on nous parle de justice toute la journée, mais la vraie justice, c'est la croissance. Et si demain, il y a des taux de croissance bien plus élevés, il n'y aura plus de problèmes d'injustice. Et notre prévision de croissance est inférieure de moitié aujourd'hui à celle de la zone euro. Pourquoi cette exception française, où on dépense mieux et plus, pardon, plus, surtout plus, pas mieux, que dans la zone euro, et qu'on a une croissance inférieure à celle de la zone euro.
Moi, j'estime qu'il n'y a pas de fatalité, et que si nous concentrons notre attention sur la production de croissance, c'est-à-dire sur la quantité de travail, et sur la productivité de travail, là, nous nous en sortirons.
C'est ce que vous allez réclamer au Premier ministre ?
Oui, je pense que nous devons travailler plus. Plus dans la semaine, pardon, c'est briser un tabou que de le dire aujourd'hui. parce que nous subissons encore ce poison lent des 35 heures qui a consisté à faire croire aux Français que le travail était une souffrance, alors que le travail n'est qu'une libération et une émancipation, à partir du moment où, évidemment, il est maîtrisé. Mais nous devons travailler plus dans la semaine, nous devons travailler plus dans la vie. Comment se fait-il que les Français travaillent 300 heures de moins que nos voisins allemands ? Donc, il y a une question de quantité de travail et il y a une question de productivité de chaque heure de travail.
Et pour cela, il faut simplifier les règles pour que ceux qui veulent travailler puissent travailler. On nous parle de suppression du jour férié, mais c'est quand même incroyable. Il y a quelques semaines, il y a un boulanger qui a subi une amende de 80 000 euros et qui a été convoqué au commissariat parce qu'il voulait travailler un jour férié le 1er mai et parce qu'il voulait que ses salariés, qui étaient volontaires pour travailler, puissent le faire.
Donc, vous voyez, c'est cette culture du travail, de la quantité de travail, de la productivité de travail, de l'investissement dans des secteurs comme la décarbonation, comme l'intelligence artificielle, comme la défense, comme l'innovation qui vont nous permettre de donner davantage de travail et de donner davantage de croissance. Et une fois qu'il y aura de la croissance, je vous assure qu'il y aura de la justice pour tout le monde.
Geoffroy Didier, merci beaucoup d'avoir été en direct sur Europe 1. Geoffroy Didier, donc, vous êtes le vice-président du Parti des Républicains et le président délégué de la région Île-de-France. Merci d'avoir été sur Europe 1.
Geoffroy Didier