Crise politique : comment en sortir ? - C à Vous
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00FerméeÉludée
Pas d'indications sur le nom de ce Premier ministre?
- 2:00OuverteRéponse directe
Les Français sont perdus, en réalité.
- 4:00OuverteRéponse directe
Pour sortir de l'impasse, le PS est la clé?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quel message doit-il envoyer? Il ne nommera pas de Premier ministre ce soir.
- 8:00OuverteRéponse directe
On a créé de la rancoeur, là. Ca veut dire qu'on aura des Premiers ministres encore plus courts?
- 10:00OuverteRéponse directe
M.Le Pen a assuré que les députés lepénistes laisseront travailler le nouveau Premier ministre. X.Bertrand doute de cette parole. Vous partagez son avis?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00J.-P.RaffarinFait
« Quand on voit la mauvaise foi qui dominait hier à l'Assemblée, c'est insupportable, dans ce moment de gravité. La chambre est devenue un lieu de désordre. »
- 4:00J.-P.RaffarinPromesse
« Il faut se mettre d'accord sur 4, 5 ou 6 projets et essayer de trouver une majorité républicaine. »
- 8:00J.-P.RaffarinChiffre
« Le désordre a un coût fiscal. Nos prêteurs vont nous faire payer le désordre. Ça va vraiment pénaliser les Français. »
- 10:00X.BertrandFait
« C'est une menteuse. La seule chose qui compte pour elle, ce n'est pas l'intérêt du pays, de ses 11 millions d'électeurs qui vont certainement payer plus d'impôts à cause d'elle. »
- 12:00J.-P.RaffarinFait
« Matignon, c'est très difficile. C'est une fonction... Il faut au moins 3 ou 4 mois pour se faire à la pression, pour dormir la nuit, avoir une forme de sérénité. »
- 14:00L.WauquiezFait
« On ne sera pas dans le blocage, dans la stratégie du pire. Mieux que mes paroles, les actes qu'on a eus les derniers mois l'ont montré. »
- 16:00J.-P.RaffarinFait
« Tout le monde hier a habillé des attitudes politiciennes avec le visage de la vertu, mais on est à 2 ans d'une présidentielle. Les écuries se préparent. »
- 18:00E.Tran NguyenFait
« Il y a ceux qui voudraient le départ d'E.Macron. M.Le Pen ne l'a pas vraiment réclamé, mais elle pense qu'avec la pression qui va augmenter, il n'aura pas le choix. »
- 20:00J.-P.RaffarinFait
« Ce qui se passe, c'est la perte de crédibilité de l'Assemblée nationale. Les Français vont finir par penser que ce n'est pas de nouvelles élections législatives qui vont régler le problème. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
du nouveau Premier ministre. Un Premier ministre taillé pour obtenir la bienveillance de M.Le Pen, c'était le profil de M.Barnier.
Les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets. Ou un chef capable de parler à la gauche... - A.-E.Lemoine: Pas d'indications sur le nom de ce Premier ministre? - P.Cohen: Non, mais on a demandé aux Français qui serait le meilleur à ce poste.
On vit vraiment une époque formidable! - A.-E.Lemoine: Les Français sont perdus, en réalité. - J.-P.Raffarin: Il y a de quoi.
Quand on voit la mauvaise foi qui dominait hier à l'Assemblée, c'est insupportable, dans ce moment de gravité. La chambre est devenue un lieu de désordre. Hier, un front du désordre a réuni les ingénieurs du chaos.
C'est très difficile de sortir de cette impasse. Franchement, il peut y avoir une alliance éventuelle programmatique avec la gauche républicaine, mais pour ça, il faut que le front de gauche éclate. Autrement, je ne vois pas de solution.
Il y a 2 grandes logiques aujourd'hui. Il y a la logique Ve République, logique présidentielle, le fait majoritaire. C'est ce qui est né avec l'élection présidentielle, qui donne une majorité.
Il n'y a que 2 candidats, donc le premier a 50 %. On fait une présidentielle et il y a des législatives derrière. Soit le président a la majorité, c'est la pratique traditionnelle, soit c'est la cohabitation.
Cette logique ne peut exister aujourd'hui que sur des consensus ponctuels. C'est une majorité de projet et pas une majorité globale. C'est tentable.
De l'autre côté, c'est la logique du Parlement, la proportionnelle. C'est la culture de la coalition. Aujourd'hui, il n'y en a pas.
Quand je vois ce spectacle, je me dis que le pays n'est pas prêt à la coalition. On connaît cette logique, en sciences politiques. Quelqu'un comme Bayrou...
Il pourrait très bien proposer la proportionnelle en échange de quoi "pas de censure" pendant quelques mois. Je ne suis pas favorable à la logique proportionnelle. Je suis favorable à ce qu'on sorte de l'impasse.
Le désordre a un coût fiscal. Nos prêteurs vont nous faire payer le désordre. Ca va vraiment pénaliser les Français. - A.-E.Lemoine: Pour sortir de l'impasse, le PS est la clé? - J.-P.Raffarin: L'une des clés.
C'est l'une des clés pour une majorité de projet. Il faut se mettre d'accord sur 4, 5 ou 6 projets et essayer de trouver une majorité républicaine. Le front de gauche éclate et on essaie de trouver la capacité de gouverner sans le FN et sans le Front populaire, sans les ingénieurs du chaos. - A.-E.Lemoine: Sans LFI et sans le RN.
E.Macron doit s'adresser aux Français dans moins d'une heure. Ils sont perdus.
Quel message doit-il envoyer? Il ne nommera pas de Premier ministre ce soir. - J.-P.Raffarin: Il faut qu'il indiqu la voix qui est la sienne.
Soit c'est une voix de majorité de projet, donc essayer de commencer à travailler sur les 4 ou 5 projets sur lesquels on pourrait avoir un consensus...
Sur un certain nombre de sujets qui touchent les collectivités locales, les bas salaires, on peut trouver 5 priorités qui vont à tout le monde. Ouvrir une négociation, une discussion sur les 5 priorités qu'on pourrait développer ensemble. Ca pourrait correspondre à une majorité de projet.
L'autre sujet, c'est de dire: "Puisque c'est comme ça, on vous propose un deal: la proportionnelle contre une non-censure." Ce sont les 2 voies possibles dans le pays. Personnellement, je pense que la proportionnelle, le Parlement ne s'en montre pas capable.
Le sera-t-il demain? - P.Cohen: La question du mode de scrutin est beaucoup débattue.
Il y a des partisans très convaincants de la proportionnelle pour forcer la classe politique à adopter cette culture du compromis qui lui fait défaut aujourd'hui. L'application de la proportionnelle aux résultats du mois de juin et juillet, ça donnerait une Assemblée assez proche de ce qu'elle est aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Ca ne résoudrait pas le problème. - P.Cohen: Je voyais la une de "The Economist" et je pensais au scrutin anglais.
Il y a eu un raz-de-marée travailliste en juillet aux dernières élections. Les travaillistes ont eu 32 % des voix. Ils ont raflé les deux tiers de la Chambre des communes avec seulement 32 % des voix.
Ce scrutin britannique aurait donné plus de 300 députés RN en France. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'il est urgent d'attendre, comme le souffle M.Tondelier, ou est-ce qu'E.Macron doit nommer au plus vite un nouveau chef de gouvernement? - J.-P.Raffarin: Il faut aller très vite.
Le désordre a un coût qui pèse sur les épaules des Français. La crédibilité de la France à l'extérieur va en souffrir. C'est non seulement un impact financier mais aussi politique.
La situation internationale est très compliquée. Monsieur Trump arrive et va dégager son plan sur l'Ukraine. Nous allons avoir des réactions à faire.
La France sera très affaiblie si elle a un gouvernement extrêmement fragile et que tout le monde pronostique sa chute prochaine. - A.-E.Lemoine: Quel est le portrait-robot de celui qui pourrait succéder à M.Barnier?
On parle de F.Bayrou, S.Lecornu, F.Baroin... - J.-P.Raffarin: Je suis pessimiste.
Je pense qu'à chaque fois, on va perdre des marges de manoeuvre. C'est M.Barnier qui en avait le plus.
Petit à petit, parce qu'il va y avoir des tensions et des règlements de compte...
Vous croyez que les 40 ministres qui sont au gouvernement et qui vont être au Parlement, qui vont se faire virer par une équipe, vont être bienveillants? Il va y avoir des tensions. - A.-E.Lemoine: On a créé de la rancoeur, là.
Ca veut dire qu'on aura des Premiers ministres qui auront des longévités encore plus courtes que M.Barnier? - J.-P.Raffarin: Pas forcément, mais ce sera l'inaction.
On est partis dans une période de désordre. On ne s'en tirera que par la logique présidentielle si on peut tenir 2 ans et demi avec des majorités de projet. Sinon, il y aura de nouvelles législatives. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen a assuré que les députés lepénistes laisseront travailler le nouveau Premier ministre afin de coconstruire un budget acceptable pour tous.
Ce matin, X.Bertrand doutait de cette parole. - X.Bertrand: C'est une menteuse.
La seule chose qui compte pour elle, ce n'est pas l'intérêt du pays, de ses 11 millions d'électeurs qui vont certainement payer plus d'impôts à cause d'elle. Ce n'est pas les intérêts des agriculteurs. Elle les plonge dans des difficultés plus importantes encore.
La seule chose qui compte pour elle, c'est de sauver sa peau. - A.-E.Lemoine: Vous partagez son avis?
C'est une menteuse cynique? - J.-P.Raffarin: Bien sûr.
Elle dit qu'elle parle de construire, mais elle a abandonné son profil présidentiable, notable, responsable, en alliant son vote avec celui de LFI. Elle a perdu une forte crédibilité dans sa capacité à gouverner. Tout était fait avec le RN pour essayer d'être acceptables par les Français, donc d'être responsables, d'avoir de la distance, ce qu'on appelle "femme ou homme d'Etat".
Elle a cassé ça d'un seul coup. C'est très habituel, avec la mauvaise foi politique, que ceux qui ont cassé se proposent de construire et de reconstruire. Au fond, c'est une destruction qui a été faite hier. - A.-E.Lemoine: M.Barnier a fait preuve de naïveté en négociant avec elle jusqu'au dernier moment? - J.-P.Raffarin: Je ne crois pas.
Matignon, c'est très difficile. C'est une fonction...
Il faut au moins 3 ou 4 mois pour se faire à la pression, pour dormir la nuit, avoir une forme de sérénité. Quand on prend un nouveau job...
C'est un des jobs les plus difficiles. Il avait 2 ou 3 mois devant lui. Il avait un budget à faire alors qu'il n'y avait rien de fait.
Il était bousculé partout. Il a été un héros. Il a fait ça de manière calme et désintéressée.
Il a fait son travail remarquablement. Mais il était dans des conditions impossibles. Il faut qu'il fasse un sprint avec des complexités extraordinaires.
Il n'avait pas le temps d'engager une négociation, de lancer un plan, de faire un projet qu'on puisse discuter en 9 semaines. - A.-E.Lemoine: Chez LR, L.Wauquiez a annoncé être prêt à des compromis. - L.Wauquiez: On ne sera pas dans le blocage, dans la stratégie du pire.
Mieux que mes paroles, les actes qu'on a eus les derniers mois l'ont montré. On a accepté de dialoguer, de faire des efforts pour essayer de donner un minimum de stabilité au pays. Pour autant, est-ce que notre participation à un nouveau gouvernement sera automatique?
Non. - A.-E.Lemoine: On peut lui faire confiance? - J.-P.Raffarin: On peut lui faire un reproche, quand même.
Cette logique de construction dont il parle tant, s'il l'avait pratiquée avant la dissolution, peut-être qu'il n'y aurait pas eu de dissolution. On aurait eu ce gouvernement Barnier un an plus tôt...
Le refus de gouverner de L.Wauquiez précédemment...
Il y a des responsabilités du côté de la majorité, mais aussi de l'autre côté. Il y a beaucoup de malice dans tout ça. Il y a une responsabilité.
On savait qu'il n'y avait pas de majorité absolue avant la dissolution. Si on avait eu une coopération, une coalition construite, le pays aurait été viable. - P.Cohen: Dans l'Assemblée d'avant, il y avait une majorité absolue avec les députés LR. - J.-P.Raffarin: On échappait à ce désordre.
Aujourd'hui, on ne peut pas dire que les LR n'ont pas une forme de responsabilité. - A.-E.Lemoine: Donc ces discours qui semblent découvrir les vertus du compromis, vous n'y croyez pas trop?
C'est trop tardif? - J.-P.Raffarin: Tout le monde hier a habillé des attitudes politiciennes avec le visage de la vertu, mais on est à 2 ans d'une présidentielle.
Les écuries se préparent. Il y a ceux qui veulent le désordre, ceux qui souhaitent le départ de Macron, ceux qui jouent leur propre carte. Il faut agir pour le pays.
Aujourd'hui, il y a un front du désordre, le front des contraires, et un front de l'action, qui est bien faible et fragile. On ne sent pas, ni chez Renaissance ni chez LR, cette volonté. B.Retailleau a fait preuve d'une détermination qu'il faut saluer.
Tout ce qu'il lance aujourd'hui sur le narcotrafic, c'est la 1re fois qu'on a cette puissance mise en oeuvre. Globalement, on ne sent pas une volonté d'action. On sent un appétit de désordre dans cette chambre.
C'est profondément désolant. - E.Tran Nguyen: Il y a ceux qui voudraient le départ d'E.Macron.
M.Le Pen ne l'a pas vraiment réclamé, mais elle pense qu'avec la pression qui va augmenter, il n'aura pas le choix. LFI demande le départ du chef de l'Etat.
Elle n'est pas la seule. Il y a aussi D.Lisnard et J.-F.Copé. - J.-F.Copé: On ne va pas pouvoir tenir comme ça jusqu'en 2027.
Quel est le fondement de la Ve République? Il y a un chef. Il doit absolument se poser cette question en arrêtant de dire: "Je m'en fiche de tout le monde.
Je reste." C'est le problème d'intérêt supérieur du pays. Si nous n'avons pas un exécutif fort avec des institutions remises dans le bon ordre, alors, on va au chaos. - E.Tran Nguyen: Ces demandes de départ vont se multiplier les prochains jours?
Il pourrait y avoir beaucoup de pressions sur E.Macron? - J.-P.Raffarin: Je pense qu'il y a un risque.
Ce qui se passe, c'est la perte de crédibilité de l'Assemblée nationale. Les Français vont finir par penser que ce n'est pas de nouvelles élections législatives qui vont régler le problème. Cette idée peut progresser.
Elles représentent un grand danger. C'est vrai que ce sera difficile de tenir 2 ans et demi dans le désordre d'aujourd'hui. Le danger, c'est de donner une fragilité à la durée des mandats.
Tout deviendra incertain et fragile. - P.Cohen: Pas seulement le président... - J.-P.Raffarin: Là, on est dans une situation très aventurière.
Il faut être prudents. Cette idée qu'on sortira plus facilement par une logique majoritaire...
Avec la présidentielle, ça se termine toujours par une majorité. Le pays qui voit l'absence de majorité se dit que la majorité passe par des présidentielles. Il faut respecter la République.
Jean-Pierre Raffarin