Éric Coquerel présente la motion de censure déposée par le NFP contre le gouvernement - 4/12/2024
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« Vous n'avez jamais su déjouer la malédiction que vous a transmis le vrai responsable de cette situation, Emmanuel Macron. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Ce même programme que vous aurez vainement tenté de perpétuer, puisque telle était la mission pour laquelle vous aviez été choisi, vous minoritaire, par un Président lui aussi minoritaire. »
- 2:34Invité politiqueFait
« Un budget transformé, contre lequel votre seule parade fut ici non la montre, mais l'appui du Rassemblement national. »
- 3:25Invité politiqueChiffre
« Ni dans le budget de l'État, où pourtant nous apportions 56 milliards d'euros en revenant sur les cadeaux fiscaux faits éhontément aux ultra-riches et aux très grandes entreprises depuis 2017. »
- 3:47Invité politiqueFait
« Et ces recettes permettaient aussi de réduire le déficit en dessous de 3%, ce qui libérait directement des marges de manœuvre pour investir dans l'écologie, l'éducation, la santé. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Ce Rassemblement national que vous avez privilégié en violation du barrage républicain qui s'est exprimé majoritairement en juillet dernier. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Vous chuterez de surcroît dans le déshonneur, puisque vous étiez même prêt à remettre en question l'aide médicale d'État. »
- 5:24Invité politiqueFait
« l'écrasante majorité qui veut l'abrogation de la réforme des retraites. »
- 5:42Invité politiqueFait
« vous avez aujourd'hui considéré que le peuple avait tort, puisque vous estimez avoir toujours naturellement raison. »
- 7:20Invité politiqueChiffre
« Car les salariés estiment par exemple que deux ans de vie va largement 0,15% de cotisation en plus pendant sept ans. »
- 7:30Invité politiqueFait
« vous n'avez rien d'autre à opposer que les éléments de langage du MEDEF et des fonds de pension désireux de mettre la main sur ce pactole. »
- 8:01Invité politiqueFait
« les plans de licenciement massifs, le chômage qui remonte, l'incapacité à faire face aux besoins en matière d'investissement écologique. »
- 9:00Invité politiqueFait
« Sans compter que rien n'empêchera un gouvernement de déposer un nouveau budget de la sécurité sociale. »
- 9:20Invité politiqueFait
« Et contrairement à votre propagande, cela ne fera pas payer d'impôts de plus aux Français puisque cette loi n'aura pas vocation à durer plus de quelques semaines. »
Temps de parole
- Éric Coquerel100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les Dames et les Ministres, chers collègues. Monsieur le Premier ministre, nous faisons aujourd'hui l'histoire. Vous, parce que vous allez être le seul Premier ministre à être censuré depuis Georges Pompidou en 1962. Moi, parce que j'ai l'honneur de porter cette notion de censure. Ne voyez dans cette introduction ni de quoi adoucir votre déception, ni de quoi me glorifier. Simplement, je veux dire toute l'importance et la solennité de ce moment. J'apprécie tout le sérieux et l'ampleur de ce jour.
Et je sens une responsabilité d'autant plus grande qu'à l'inverse de Georges Pompidou, la majorité de nos concitoyens n'est ni derrière votre gouvernement, ni encore moins derrière le Président qui vous a nommé à cette place. La majorité du peuple est bien derrière la motion que je porte. Au fond, cette motion va emporter votre gouvernement parce que vous n'avez jamais su déjouer la malédiction que vous a transmis le vrai responsable de cette situation, Emmanuel Macron. Cette malédiction, c'est l'illégitimité. Votre illégitimité absolue devant le suffrage universel. Vous qui êtes issu de la force politique parlementaire qui a eu le plus mauvais résultat aux élections législatives.
L'illégitimité de la coalition qui était censée vous porter, et plus encore, l'illégitimité du programme économique et social puissamment rejeté par les Françaises et Français en juillet 2024. Ce même programme que vous aurez vainement tenté de perpétuer, puisque telle était la mission pour laquelle vous aviez été choisi, vous minoritaire, par un Président lui aussi minoritaire. Votre échec était annoncé et il fut finalement cuisant. En témoigne le budget de la Sécurité sociale, transformé par les amendements du nouveau Front populaire, qui ont été adoptés contre votre gré. Mais vous avez esquivé son adoption en jouant la montre, car elle est la dernière arme des gouvernements faibles.
Par ailleurs, le débat sur le budget de l'État, déserté par vos troupes, a eu lieu en présence de seulement 20 à 30 députés de votre socle présumé commun, qui s'est révélé un dernier bataillon en déroute. Ce socle fissuré fut incapable d'éviter l'adoption des amendements de justice fiscale et sociale portés par le NFP. Un budget transformé, contre lequel votre seule parade fut ici non la montre, mais l'appui du Rassemblement national. Cette illégitimité provoque votre chute aussi, car vous n'avez pas tenu vos engagements. Vous disiez que vous respecteriez le Parlement après le record de 49-3 déclenché par les gouvernements précédents pour expédier une politique déjà minoritaire.
Nous ne vous avions pas cru, d'où notre motion de censure en octobre. La suite a montré que nous avions eu raison. Vous avez montré que les seuls compromis que vous étiez prêts à admettre étaient ceux négociés avec vous-même. Vous n'avez même pas esquissé le moindre mouvement en faveur des amendements adoptés dans cette Chambre, ni dans le budget de la Sécurité sociale, où pourtant nous réglions une grande partie des déficits des comptes sociaux en faisant, par exemple, cotiser les dividendes. Ni dans le budget de l'État, où pourtant nous apportions 56 milliards d'euros en revenant sur les cadeaux fiscaux faits éhontément aux ultra-riches et aux très grandes entreprises depuis 2017.
Or, ces recettes supplémentaires permettaient d'éviter d'augmenter les taxes sur l'électricité ou de pénaliser le pouvoir d'achat des actifs et des retraités. Et ces recettes permettaient aussi de réduire le déficit en dessous de 3%, ce qui libérait directement des marges de manœuvre pour investir dans l'écologie, l'éducation, la santé. Voilà le résultat que vous avez évacué d'un revers de main. Ce résultat adopté grâce au NFP s'avérait pourtant largement préférable à la sueur et aux larmes que vous promettez aux Français, au détriment de l'activité économique et de la bifurcation écologique. Pire, vous avez finalement tenté des compromis, mais avec l'extrême droite.
Ce Rassemblement national que vous avez privilégié en violation du barrage républicain qui s'est exprimé majoritairement en juillet dernier. Ce barrage dont vous auriez aminimable, M. le Premier ministre, dû être le garant. Mais cette compromission n'empêchera pas votre chute. Vous chuterez de surcroît dans le déshonneur, puisque vous étiez même prêt à remettre en question l'aide médicale d'État. Jusqu'au bout, vous-même, où vos ministres, comme M. Rotaillot hier en question du gouvernement, auraient invoqué des valeurs communes avec l'extrême droite, afin d'éviter que ces députés ne votent la censure.
Cette aspiration à un front réactionnaire est une insulte vis-à-vis de tous les électeurs qui ont permis à vos maigres soutiens de siéger encore dans cette chambre pour faire barrage. Vous vous inscrivez ainsi, dans cette tendance qui voit dans beaucoup d'autres pays les partisans du néolibéralisme et du marché s'accorder avec l'extrême droite, s'approprier ses idées et mettre en œuvre son programme. Illégitime, vous l'êtes aussi parce que vous avez refusé d'entendre, après le puissant message du mouvement social de 2023, l'écrasante majorité qui veut l'abrogation de la réforme des retraites.
Cette volonté qui s'est exprimée de nouveau en juin dans les urnes, comme les vôtres ont contourné le refus des Français du traité considéré européen en 2005, vous avez aujourd'hui considéré que le peuple avait tort, puisque vous estimez avoir toujours naturellement raison. Cette illégitimité remonte à ce passage en force contre la population exigée par le président de la République. Hier, par le 49-3 du gouvernement Borne. Aujourd'hui, par l'obstruction parlementaire organisée par votre gouvernement pour éviter l'abrogation. Ce mépris explique le crépuscule qui tombe sur l'avenir politique du président et dans l'immédiat, sur le vôtre.
Comme certains de mes collègues ici l'ont fait, je vais vous raconter, chers collègues, mon rapport personnel à l'âge de départ à la retraite. Marcel Mercier était mon grand-père maternel, ouvrier chez Michelin dans la banlieue parisienne. Il part à la retraite en 1969 à l'âge de 65 ans. Il rejoint son pays natal, le pays rouennais. Mais il meurt six mois après. En 1980, la gauche arrive au pouvoir et abaisse l'âge de la retraite à 60 ans. Or, je n'ai jamais pu m'ôter de l'esprit le fait que mon grand-père aurait eu le droit de vivre heureux au moins cinq années supplémentaires. Ces histoires-là, chers collègues, nous les partageons par millions en France.
Et nous sommes beaucoup à penser que la question n'est pas de travailler jusqu'à l'épuisement, mais bien le droit de profiter en bonne santé de ces années de vieillesse. Ce choix, il appartient aux travailleuses et aux travailleurs. Et ils disent qu'ils aspirent à un meilleur partage de la valeur plutôt que de travailler deux années de plus. Voilà ce que vous n'avez pas compris. Car les salariés estiment par exemple que deux ans de vie va largement 0,15% de cotisation en plus pendant sept ans. Ainsi, nous pourrions garantir l'équilibre du régime.
Or, à cette préférence, vous n'avez rien d'autre à opposer que les éléments de langage du MEDEF et des fonds de pension désireux de mettre la main sur ce pactole. Ce serait, monsieur le Premier ministre, une raison déjà suffisante pour vous censurer. Enfin, arrêtez ce mauvais coup porté au pays qui consiste à dire « après moi le déluge ». Le chaos est déjà là. Il est politique, économique et social. Ce n'est pas la politique économique que nous voulons qui explique les chiffres catastrophiques du déficit, les plans de licenciement massifs, le chômage qui remonte, l'incapacité à faire face aux besoins en matière d'investissement écologique.
C'est votre politique économique et fiscale qui a consisté à appauvrir le pays au bénéfice des ultra-riches et du capital. Et pour le plus grand malheur du reste du pays. C'est pourquoi la censure populaire se fait chaque jour plus vive. Celle des agriculteurs, des taxis, des salariés d'Auchan, des soignants et demain des enseignants. Votre navire prend l'eau, la colère monte. Cette politique échoue ici et partout en Europe. Il est donc vital de rompre avec elle. Le chaos est déjà là. Et il n'adviendra pas avec votre chute. Si le budget de la sécurité sociale n'est pas adapté, on appliquera celui en cours. Les cartes vitales fonctionneront toujours.
Et les retraites seront même indexées sur l'inflation. Ceux qui bénéficient aux retraités. Sans compter que rien n'empêchera un gouvernement de déposer un nouveau budget de la sécurité sociale. Et après votre chute, il y aura tôt ou tard un budget pour l'État. Arrêtez de faire croire que la lumière s'éteindra. La loi spéciale évitera tout shutdown. Elle permettra de passer la fin de l'année en décalant de quelques semaines l'examen du budget pour 2025. Et contrairement à votre propagande, cela ne fera pas payer d'impôts de plus aux Français puisque cette loi n'aura pas vocation à durer plus de quelques semaines. Il existe une meilleure solution qui respecterait le suffrage universel.
Nommer un gouvernement NFP qui pourrait avantageusement amender le budget qui reviendra le 18 décembre à l'Assemblée. Il pourrait reprendre tous les amendements qui avaient trouvé une majorité ici même. Il lui restera alors deux semaines pour essayer de faire passer la partie recette avant fin décembre comme la loi l'y oblige. Mais il semble que le chef de l'État ne veuille toujours pas de cette solution qui contredit les fondements de sa politique au service de la finance. Voilà pourquoi se posera à nouveau et rapidement la question de la sortie de cet impasse. Cette sortie de crise passera à part le suffrage populaire.
Elle ne pourra tant le juillet et doit concerner le responsable de tous ces chaos. J'ai nommé le président de la République. Mais plus que tout, nous sonons le glas d'un mandat, celui du président. Collègues, notre main n'a pas à trembler. Je vous incite à censurer ce gouvernement. En ce jour, ouvrons un avenir, la promesse d'une ombre après le crépuscule.
Merci beaucoup.
Éric Coquerel