Climat, salaires, féminisme : stop à l'hypocrisie des puissants !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 67 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:15OuverteRéponse directe
Où en sommes-nous concrètement dans la lutte contre le réchauffement climatique ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Quelles sont ces propositions politiques et quelles sont leurs limites ?
- 8:53OuverteRéponse directe
Comment peut-on s'en sortir à court terme ?
- 16:28OuverteRéponse directe
Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes se creusent. Comment expliquer cet écart ?
- 18:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas une certaine hypocrisie entre ces grands discours et la mise en place de réformes concrètes ?
- 23:06OuverteRéponse directe
Les immigrés volent-ils les emplois des Français comme l'affirme l'extrême droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20PrésentateurChiffre
« Une augmentation du réchauffement climatique de 2,7 degrés à la fin du siècle, jusqu'à 4 degrés si des mesures concrètes ne sont pas mises en place. »
- 0:27PrésentateurFait
« Le réchauffement climatique est la conséquence directe des activités humaines. »
- 2:18InvitéChiffre
« Nous savons qu'aujourd'hui, nous ne les sommes pas, puisque le rapport de septembre des Nations unies nous dit que nos trajectoires actuelles nous amènent à 2,7 degrés. »
- 3:24InvitéChiffre
« Si on ne fait rien, on est sur une trajectoire de 4 degrés. »
- 3:44InvitéChiffre
« Sur ce budget, on avait consommé déjà en 2011 plus de 50% de ce budget. »
- 3:50InvitéChiffre
« La trajectoire des consommations du modèle de croissance nous amenait sur un dépassement de ce budget en 2035. »
- 4:28InvitéFait
« L'accord de Paris, qui a été vu comme un succès. L'accord de Paris, c'est un accord qui fait une quarantaine de pages. »
- 4:58InvitéChiffre
« Les contributions qu'ont fournit les pays nous amènent à une trajectoire à trois degrés. »
- 6:56InvitéChiffre
« On parle de 100 milliards. »
- 9:25InvitéFait
« le digital, c'est une catastrophe climatique, et que même le digital, dans son ensemble, consomme plus que le transport aérien. »
- 10:44InvitéChiffre
« Les pays de l'OCDE, qui sont les pays riches, qui représentent 15% de la population, représentent deux tiers des émissions de CO2 au XXe siècle. »
- 11:02InvitéChiffre
« un Malien qui émet 0,05 tonne de CO2 de faire des contributions, alors qu'un Américain va émettre 17 tonnes de CO2 par tête. »
- 11:15InvitéChiffre
« un Chinois émet trois fois moins qu'un Américain d'émissions de CO2 par tête. »
- 16:42PrésentateurChiffre
« un écart de salaire de l'ordre de 16,5% entre les hommes et les femmes. »
- 17:27PrésentateurChiffre
« l'égalité salariale devrait arriver en 2234 si aucune politique publique concrète ne sont mises en place. »
- 23:18InvitéChiffre
« il y a un emploi sur cinq qui est interdit aux étrangers en France. »
- 26:40InvitéChiffre
« 43% des allocations familiales sont touchées par des individus nés à l'étranger. »
- 27:33InvitéFait
« il met en numérateur le nombre de personnes qui touchent et en dénominateur le nombre de personnes qui touchent »
- 27:44InvitéFait
« les étrangers profitent de notre ménage social »
- 27:53InvitéChiffre
« on arrive à un chiffre qui est quatre fois moins »
- 28:22InvitéFait
« les 70 000 lits qui ont été supprimés, c'est à cause des vagues migratoires »
- 28:25InvitéFait
« Les 1 milliard d'économies qui ont été faits sous Macron en 2018 et 4 000 lits, c'est les vagues migratoires qui ont fait ça ? »
- 29:20InvitéChiffre
« qu'il y a du chômage à cause de l'immigration, entre 2008 et 2017, il y a eu 1,5 million de chômeurs en plus »
- 29:30InvitéChiffre
« il y a eu 3,3 millions de chômeurs en plus en Espagne après 2008 »
- 30:29InvitéFait
« Le triptyque mondialisation, austérité, financiarisation »
- 30:37InvitéFait
« en Europe ou dans le monde entier, vous avez d'autres gens, des travailleurs qui n'ont pas de droits sociaux »
- 31:00InvitéFait
« nous avons des traités européens qui encadrent les déficits structurels très fortement et qui nous poussent à faire de l'austérité »
Temps de parole
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Bonjour à toutes et à tous, et merci de nous retrouver dans ce nouveau numéro de l'Instant Porcher. Au programme aujourd'hui, la question de la lutte contre le réchauffement climatique lors de la COP26, les inégalités salariales et les fantasmes de l'extrême droite sur l'immigration. Les derniers rapports du GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, sont alarmants. Une augmentation du réchauffement climatique de 2,7 degrés à la fin du siècle, jusqu'à 4 degrés si des mesures concrètes ne sont pas mises en place. Le réchauffement climatique est la conséquence directe des activités humaines.
Alors que la COP26 se déroule jusqu'au 12 novembre à Glasgow, les pays participants se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Alors, est-ce que cela sera suffisant pour lutter contre le réchauffement climatique ? Comment peut-on s'en sortir ? On verra ça avec Thomas Porcher. La parité hommes-femmes n'est toujours pas atteinte. Depuis le 3 novembre à 9h22, les femmes travaillent gratuitement et le feront jusqu'à la fin de l'année. Alors, quelles mesures permettraient de réduire les inégalités salariales ? Thomas Porcher nous lirera son analyse.
Alors que la course présidentielle est lancée, les sujets de fond sont une nouvelle fois relayés au second plan, puisque la question de l'immigration est au cœur des débats. Notamment à l'extrême droite, avec une affirmation que l'on entend à foison dans le camp de Marine Le Pen, les immigrés voleraient les emplois des Français. Ces affirmations de l'extrême droite sont-elles tangibles ? On voit ça tout de suite dans l'instant porché. Alors qu'en 2015, les pays signataires de l'accord de Paris s'engageaient à maintenir l'augmentation des températures en dessous de 2 degrés, c'est désormais un objectif inatteignable si l'on en croit les derniers rapports du GIEC.
Il prévoit une augmentation des températures de 2,7 degrés à la fin du siècle. Alors que la COP26 bat son plein, les pays participants se sont notamment engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Emmanuel Macron a également réaffirmé l'ambition de maintenir les températures en dessous de 1,5 degré.
Maintenant, le défi qui est le nôtre pour savoir si cette COP est une réussite ou pas, c'est le rendez-vous des résultats intermédiaires. Nous savons que notre objectif, c'est le 1,5 degré pour la fin du siècle. Cela a été réaffirmé encore en G20 à Rome hier. Nous savons qu'aujourd'hui, nous ne les sommes pas, puisque le rapport de septembre des Nations unies nous dit que nos trajectoires actuelles nous amènent à 2,7 degrés. Les efforts qui ont été annoncés en prévision de la COP ces dernières semaines commencent à réduire cet écart.
La clé de notre action collective est que, dans les jours qui viennent, avant la clôture de cette COP, il puisse y avoir suffisamment d'engagement pour revenir au 1,5 degré, ou plutôt à des stratégies nationales qui crédibilisent cet objectif, en particulier en accélérant nos stratégies d'ici 2030.
Rappelons aujourd'hui que 20 pays sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Alors, bonjour Thomas.
Bonjour Tania.
Alors, il semble y avoir un énorme fossé, justement, entre les rapports du GIEC qui sont alarmants et le peu, voire le manque d'action politique. Alors, aujourd'hui, où en sommes-nous concrètement dans la lutte contre le réchauffement climatique ?
Tu l'as bien dit, les rapports du GIEC sont de plus en plus alarmants. Si on ne fait rien, on est sur une trajectoire de 4 degrés. Chaque fois qu'il y a une COP, on nous rappelle que le GIEC a dit que c'était alarmant et qu'il fallait faire des efforts. Et en contrepartie, les politiques ne font pas d'efforts. Je veux dire, si on avait un budget carbone, imaginons qu'on ait un budget d'émission de CO2 qu'on pouvait émettre entre 1850 et 2100. Et bien, sur ce budget, on avait consommé déjà en 2011 plus de 50% de ce budget. Et la trajectoire des consommations du modèle de croissance nous amenait sur un dépassement de ce budget en 2035.
Donc, non, non, il y a vraiment le GIEC qui sonne, qui tire la sonnette d'alarme à chaque rapport. Et là, normalement, nos émissions auraient dû culminer à partir de 2020. Elles continuent à augmenter. Et là, maintenant, on reporte encore la date et ainsi de suite. Donc, on est toujours vraiment en politique dans des petites mesurettes qui ne visent pas à changer le cœur du problème, alors même que les rapports sont de plus en plus alarmants. Il faut vraiment rappeler de quoi on parle. L'accord de Paris, qui a été vu comme un succès. L'accord de Paris, c'est un accord qui fait une quarantaine de pages. Dans l'accord, vous n'avez pas le terme énergie fossile. Il a été enlevé.
Vous ne prenez pas en compte le transport maritime, le transport aérien. Donc, il y a un tas de choses comme ça qui posent problème et qui sont responsables d'un certain nombre d'émissions qui ont été retirées. Parce que derrière, il y a de l'argent, il y a des lobbies. Il ne faut pas froisser quelqu'un. Et puis, cet accord n'est pas contraignant. Vous voyez, ce n'est pas contraignant, en fait. C'est les pays qui doivent fournir des contributions et rehausser ces contributions tous les cinq ans. C'est ça. Les contributions qu'ont fournit les pays nous amènent à une trajectoire à trois degrés.
Donc, trois degrés, on ne sait pas quel impact ça aura sur l'espèce humaine, mais on est largement au-dessus des deux degrés. Ça, c'est les contributions qu'ont fait les États. Et en plus, ces contributions, il y a ce qu'on appelle des compensations. Des compensations, c'est-à-dire que certains pays vont dire « Moi, j'ai des forêts, donc il y a une compensation, donc j'ai le droit de produire des énergies fossiles. » Donc, vous voyez, on est vraiment dans une ingénierie comptable pour prouver qu'on fait des efforts en y ajoutant des forêts et un peu tout ce qu'on veut, et pour après se vanter d'avoir fait des efforts.
Vous savez, quand vous voyez Google neutralité carbone, il faut arrêter les compensations. C'est de l'ingénierie comptable, comme on en fait dans l'évasion fiscale et comme on en fait dans plein d'autres choses. Il faut arrêter avec ça. Donc, vous voyez, en réalité, on est très, très loin du compte. Et le principe de base de l'accord de Paris, c'était le principe du « name and shame game », c'est-à-dire que le pays qui fera le moins d'efforts, il aura la honte parce que la société civile et les autres feront des efforts.
Mais là, les efforts sont tellement nivelés vers le bas, de tous les pays, tellement nivelés vers le bas, qu'en fait, justement, ce jeu de regarder ce que fait l'autre pour faire moi-même mes efforts, fait qu'en fait, on est dans une spirale assez négative où chacun fait un tout petit peu plus d'efforts, mais pas suffisamment par rapport à son voisin. Et donc, c'est plutôt pour moi un système qui favorise le passager clandestin, c'est-à-dire faire très légèrement des efforts et ne pas prendre le réchauffement climatique comme quelque chose d'important.
Et donc, on arrive à un écart, mais dramatique, entre les rapports, entre le consensus scientifique qu'il y a sur le réchauffement climatique, entre les interrogations de plus en plus importantes sur le fait que est-ce que l'espèce humaine pourra survivre ou pas, et les propositions politiques qui ne sont pas du tout au niveau.
Et justement, quelles sont ces propositions politiques et quelles sont leurs limites ?
Les propositions politiques, elles sont essentiellement sur le fonds vert. Alors, c'est un fonds qu'on doit financer pour aider les pays pauvres à s'adapter ou les pays en développement à s'adapter au réchauffement climatique. On parle de 100 milliards. Enfin, je veux dire, là, quand on voit les milliards qu'on a injectés dans les plans de relance, dans le monde entier, qui étaient légitimes, mais là, on parle de 100 milliards. 100 milliards pour l'adaptation au réchauffement climatique, qui doit être financé normalement, principalement par ceux qui ont pu se développer sans la contrainte climatique, c'est-à-dire les États-Unis et l'Europe.
Et on voit que tous les pays, on en parle depuis Copenhague, donc ça fait plus de 10 ans qu'on en parle, tous les pays traînent pour financer ce fonds, alors que c'est de 100 milliards. Donc ça, c'est quelque chose qui est mis souvent en avant, le fonds vert. Et puis ensuite, c'est la création d'un prix du carbone, via un marché du carbone. Alors, c'est marrant, on a un marché qui crée du réchauffement climatique, donc qui n'est pas idéal, et on va créer un autre marché pour corriger les erreurs du premier marché. On n'est pas sûr que le deuxième marché puisse être aussi efficace qu'on nous le dit.
Et là, on donnerait un prix au carbone avec cette idée qu'il faudrait un prix unique, c'est ça le consensus, parce que toute émission de CO2 porte atteinte au climat. Donc, il faut donner un prix à ce carbone-là pour empêcher les gens qui pensent que c'est open bar dans la consommation de carbone. Sauf que là, pareil, oui, toute émission de carbone porte atteinte au climat, mais je ne sais pas moi, émettre du carbone parce qu'on produit des infrastructures pour que des Maliens aient de l'eau potable, la valeur du carbone, là, en termes climatiques, c'est le même, mais en termes sociaux, ce n'est pas le même.
Alors que par contre, quand vous prenez un avion pour faire un Paris-Marrakech le week-end, là, vous avez des émissions de CO2 qui sont de l'ordre de la futilité. Donc, on ne peut pas mettre un prix du carbone unique à l'ensemble de la planète, parce que la production de biens n'est pas la même pour quelqu'un qui a trop de biens que pour quelqu'un qui n'en a pas du tout. Et là, on parle pendant des heures de ça, de ce marché du carbone, etc. Alors qu'il faudrait plutôt parler de politiques un peu différenciées entre les États. Donc, tout repose en fait dans des mécanismes de marché qui visent à corriger le modèle actuel et pas à le changer radicalement.
Or, le GIEC nous dit qu'il faut un changement radical. Donc, il y a encore une fois dans la mise en place de politique cette séparation très nette entre ce que l'on sait, parce qu'on le sait maintenant, et ce que l'on fait.
Et là, actuellement, pendant la COP26, on voit aussi un défilé de milliardaires, et notamment Jeff Bezos, le patron d'Amazon. On sait qu'aujourd'hui, Amazon, c'est une entreprise extrêmement polluante, notamment sur la question du gaz à effet de serre, des plastiques, etc. Est-ce que finalement, ce n'est pas plutôt un coup de com' de la part de ces entreprises d'être présents à la COP26 ?
Bien sûr, c'est un coup de com'. On nous a fait croire que le digital, c'était la solution. On nous a fait croire ça, parce que le digital, c'était la solution. au réchauffement climatique, on se rend compte qu'aujourd'hui, le digital, c'est une catastrophe climatique, et que même le digital, dans son ensemble, consomme plus que le transport aérien. Donc, c'est très, très grave. Maintenant, on nous fait croire que la solution au réchauffement climatique, c'est dans l'entreprise et dans le privé qu'on le trouvera, et donc que les multinationales sont la solution, alors qu'elles ont tout fait pour brouiller les pistes.
Il faut savoir qu'aujourd'hui, dans le commerce international, 40% des échanges de biens, c'est des multinationales avec leurs filiales, entre elles. Vous savez, quand on accuse, par exemple, les Chinois d'émettre beaucoup de CO2, mais qui est-ce qui produit en Chine ? Une grosse partie sont des multinationales européennes, américaines. Qu'est-ce qui consomme les biens produits en Chine ? Ce sont, en grosse partie, l'Europe et les États-Unis. Quand on accuse, par exemple, l'Arabie saoudite de ne pas vouloir qu'elle termine énergie fossile, c'est vrai, l'Arabie saoudite a des efforts à faire, elle ne doit plus subventionner ses carburants, etc.
Mais sur les 10 millions de barils produits par jour, l'Arabie saoudite en consomme 2 millions à peu près, l'équivalent de la France. Qui consomme le reste ? C'est les États-Unis, c'est les pays riches, etc. Donc, vous voyez, les multinationales, en fait, elles ont brouillé les pistes. Aujourd'hui, on a toujours l'impression que c'est un affrontement entre pays. En réalité, c'est plus compliqué que ça. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Parce qu'il y a déjà, et c'est ça, il faut vraiment poser les bonnes bases, il y a un héritage historique. C'est-à-dire qu'il y a une partie de la population qui a pu se développer sans contraintes climatiques.
Les pays de l'OCDE, qui sont les pays riches, qui représentent 15% de la population, représentent deux tiers des émissions de CO2 au XXe siècle. C'est-à-dire 85% de la population, le reste n'a fait que un tiers. Et maintenant, c'est 85% de la population qui se développe. On leur dit, il faut que vous fassiez des efforts pour le climat. Donc, on va dire à un Malien qui émet 0,05 tonne de CO2 de faire des contributions, alors qu'un Américain va émettre 17 tonnes de CO2 par tête. Et là, on lui dit, bon, il faut aussi que tu fasses des contributions. Vous voyez, on dit par exemple, oui, la Chine est le premier émetteur. C'est vrai, mais la Chine a un milliard d'habitants.
Donc, quand on prend les émissions par tête, un Chinois émet trois fois moins qu'un Américain d'émissions de CO2 par tête. Et si on prend les émissions consommées, pas celles produites, parce qu'en Chine, c'est l'atelier du monde, il produit pour le monde entier. Si on prend les émissions consommées, on a un différentiel de quatre fois. Un Américain émet quatre fois plus qu'un Chinois.
Donc, la réalité, on voit bien que dans ce contexte-là, il faut absolument que des pays qui ont pu se développer et qui sont riches, qui ont un niveau d'indice de développement humain assez élevé soient les leaders et les pionniers dans la lutte contre le réchauffement climatique et pas de faire une sorte d'horizontalité comme on fait aujourd'hui, COP, où chacun dit ce qu'il a à dire, où on nous fait croire que le Mali, le Brésil et les États-Unis ont la même responsabilité. C'est complètement différent. Il faut aujourd'hui différencier les responsabilités et pointer du doigt ceux qui doivent faire les efforts en priorité, ce qui n'est pas le cas.
Et les multinationales ont également des choses à faire, sauf qu'aujourd'hui, voilà, elles ont contribué à brouiller les pistes et on ne sait plus en fait qui émet parce que c'est souvent des multinationales qui sont installées dans des pays étrangers et en fait, on ne les pointe jamais du doigt. On va pointer le pays sans pointer elles leur rôle qu'elles ont dans la production parce que les multinationales, ne l'oublions pas, elles sont très contentes de trouver des endroits où les normes environnementales sont faibles et même où les normes sociales sont très faibles parce que ça leur permet d'avoir une meilleure compétitivité.
Donc, elles ne sont pas la solution au climat en réalité, elles sont la cause du dérèglement climatique.
Et justement, à court terme, comment peut-on s'en sortir ?
C'est très difficile. Vous savez, il y a une étude qui est sortie il y a quelques années de ça dans une très grande revue qui s'appelle Nature Climate Change qui a dit qu'il y avait 5% de chance de rester sous les 2 degrés d'ici la fin, d'ici 2100. 5% de chance. Donc, il y a 95% de chance que ce soit foutu compte tenu des... Et une fois, moi, j'étais à une table ronde avec des grands énergéticiens, des économistes. Et à la fin, il y a eu une question, ils ont dit qui pense que l'objectif de la COP 21, de l'accord de Paris peut être atteint parce que c'est marqué en première ligne de l'accord qu'il faut rester sous les 2 degrés voire 1,5 comme le dit Macron sans rien faire.
Et la plupart des gens ont dit qu'ils n'y croyaient pas. Donc là, il y a un défi majeur. C'est pour ça que là, c'est un changement radical. Il faudrait remettre en cause le libre-échange, il faudrait produire localement, il faudrait arrêter de penser que la croissance est indéfinie comme ça, il faudrait pratiquer de l'économie circulaire, c'est-à-dire recycler une grosse partie de ce que l'on produit pour qu'elle soit circulaire. Il y a plein de choses à mettre en place comme ça et qui sont des choses qui sont mises en place de manière mineure. Arrêter l'investissement dans les énergies fossiles.
Parce qu'aujourd'hui, quand on est honnête, il y a des pays qui ont pu se développer historiquement, sans contrainte climatique et qui sont les plus gros pollueurs encore aujourd'hui. Alors on nous explique que oui, les pays émergents prennent de plus en plus de place, c'est vrai, mais ce qui est produit dans les pays émergents et souvent consommé dans les pays riches, ne l'oublions pas. Ces pays-là financent encore, leurs banques financent encore des projets dans les énergies fossiles.
Leurs compagnies, vous regardez l'Arctique, l'Arctique, vous avez la glace qui fond à cause du réchauffement climatique, la glace fond, c'est un sanctuaire en dessous où on se dit tiens, il y aura peut-être du pétrole et les compagnies qui y vont, ce ne sont que des compagnies de pays riches. Compagnies américaines, compagnies françaises, compagnies anglaises, compagnies norvégiennes. Vous voyez, donc là, il y a un vrai problème sur le modèle économique. Donc les pays riches doivent prendre leurs responsabilités et je pense que plutôt que de faire des envolées lyriques sur le climat, il faut trouver des responsables à un moment et ces responsables-là, nous les connaissons.
Dans l'accord de Kyoto, le premier accord, il y avait deux catégories, catégorie riche, catégorie pauvre, ça n'a pas fonctionné parce que les Etats-Unis, première puissance mondiale, donc celle qui a la capacité à lutter, capacité financière et technique à lutter contre le réchauffement climatique sans trop porter atteinte à son indice de développement, a refusé de le faire. Ne l'oublions pas, a refusé de le faire. Vous voyez, et à partir de ce moment-là, d'autres pays l'ont suivi. Et les Etats-Unis ont dit si on accepte un accord, on ne veut pas qu'il soit contraignant et on ne veut pas qu'il y ait des catégorisations de pays. On veut que ce soit horizontal.
Donc le Mali, les émergents et nous, tout le monde doit faire des efforts. Vous voyez ? Sauf que là, on voit qu'il y a une impasse parce que les pays pauvres, ils disent, on veut bien faire des efforts mais nous, on a encore un développement à avoir qui va de fait polluer, il faut le dire. Au début, vous regardez la consommation d'énergie, elle est très reliée au développement humain et vous, vous êtes déjà développé, vous pourriez faire plus d'efforts et en plus, vous avez la capacité financière et vous ne voulez pas les faire. Donc là, il faut dénoncer, il faut dire les choses comme elles sont.
L'Europe, les États-Unis ont joué un rôle énorme dans l'augmentation de la température depuis l'air pré-industriel. Donc c'est eux qui doivent faire les efforts en premier et être des leaders. Après, il ne faut pas attendre d'un accord pour faire des efforts. Il faut que certains pays, même à leur petite échelle, la France pourrait le faire si elle avait un autre président, décident de prendre le leadership réel de cette transition écologique et donc énergétique et deviennent un exemple à suivre comme on a parlé du modèle suédois, comme on a parlé J'aimerais bien qu'un jour on parle du modèle français qui soit le leader dans la lutte contre le changement climatique.
On en est loin mais ce serait bien. Et peut-être que ça ferait un phénomène d'imitation sur d'autres pays européens et au niveau mondial et ça créerait cette dynamique. Mais la fenêtre de tir est faible, la probabilité est très faible que ça fonctionne et la politique est très éloignée d'un tournant radical pour prendre ce problème à bras-le-corps. Donc, on ne peut être que pessimiste.
Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes se creusent. Depuis le 3 novembre dernier, à 9h22 précisément, les femmes travailleront gratuitement jusqu'à la fin de l'année. C'est en tout cas le constat réalisé par le collectif féministe Les Glorieuses qui évoque également un écart de salaire de l'ordre de 16,5% entre les hommes et les femmes. C'est un écart qui augmente chaque année puisqu'il était de l'ordre de 15,5% l'an dernier avec une date fixée au 4 novembre à 16h16. Pourtant, la ministre du Travail Elisabeth Borne affirmait en octobre 2020 sur le plateau de France Inter que les choses évoluent dans le bon sens.
On voit qu'il y a des choses qui évoluent dans le bon sens et je pense que c'est très important cette démarche parce que c'est l'occasion... Cet objectif 0% d'inégalité à la fin du quinquennat ce n'est pas atteignable. Écoutez, je pense qu'il faut garder cet objectif et effectivement mobiliser les entreprises pour qu'elles rattrapent les rémunérations et les écarts de rémunération.
Plus encore, toujours selon le collectif Les Glorieuses, l'égalité salariale devrait arriver en 2234 si aucune politique publique concrète ne sont mises en place pour lutter contre ces écarts. Alors Thomas, comment expliquer cet écart salarial entre les hommes et les femmes ?
C'est très simple. En fait, vous regardez le travail précaire. Les femmes sont deux fois plus représentées que les hommes. Le travail précaire, c'est les salaires les plus faibles. Vous regardez le SMIC. Le SMIC, pareil. Deux tiers des gens qui touchent le SMIC sont des femmes. Donc là, vous l'avez, votre écart salarial. Vous l'avez vers le bas et puis après, vous l'avez même pour les femmes qui auraient des carrières ultra ascendantes, ultra diplômées, etc. Il y a un moment, elles tombent enceintes. Ça peut arriver. Enfin, ça arrive plus aux femmes qu'aux hommes. Elles tombent enceintes et là, on ne prend pas en compte dans leur carrière cet état de fait.
Donc, il y a une inégalité parfaite dans les carrières en ascension parce que vous avez un moment où vous tombez enceinte et là, vous décrochez, on va dire, de votre carrière. quand les hommes, eux, qui ont moins de congés, paternité, etc. et qui ne sont pas enceintes, ont une carrière ascendante. Et puis en bas, vous avez dans la précarité une surreprésentation des femmes dans les bas salaires et dans le type de travail précaire. Donc voilà, tout s'explique.
Et est-ce qu'il n'y a pas une certaine hypocrisie entre ces grands discours Elisabeth Borne qui dit que les choses évoluent dans le bon sens et finalement, dans les faits concrètement, la mise en place de réformes pour lutter contre eux ? Complètement.
Par exemple, la loi travail. La loi travail 1, votée par un gouvernement soi-disant de gauche, Hollande, avec des gens qui étaient au gouvernement ou qui sont maintenant se disent de gauche. Et la loi travail numéro 2, faite par Macron, vous avez un tas de féministes comme Madame Borne ou Marlène Schiappa ou même d'autres hommes qui se disent féministes et ouverts qui ont voté cette loi qui, de fait, n'a pas eu un impact neutre. Je veux dire, ça a eu un impact beaucoup plus fort sur les femmes. Vous savez, quand vous inversez la hiérarchie des normes, c'est-à-dire qu'un certain nombre de normes peuvent se décider dans l'entreprise.
Les congés enfants maladie, les horaires, les variations de salaire, vous impactez qui ? Quand vous avez deux tiers des femmes qui sont déjà en emploi précaire, si vous baissez leur salaire, si vous baissez le salaire de ces salariés en bas de chaîne, vous touchez qui en priorité ? Des femmes et qui sont déjà précaires. Vous voyez ? Quand vous changez les horaires, quand vous changez les horaires, aujourd'hui, dans le monde actuel, qui est-ce qui a tendance à plus se sacrifier pour les enfants ? C'est les femmes. Quand vous interrogez les femmes, si vous regardez les études, vous les interrogez, pourquoi elles quittent leur travail ?
La première raison invoquée, c'est le fait qu'elles n'arrivent pas à combiner le fait de s'occuper des enfants, d'aller chercher à 4h30 ou 5h30 à l'école et d'avoir un travail. Quand vous travaillez dans la grande distribution, parfois, vous ne pouvez pas être à 5h30 pour aller chercher votre enfant et vous n'avez pas les moyens de vous payer une nurse. Vous voyez ? Comme tous ces gens qui nous parlent à Elisabeth Borne, qui nous font la morale à tout le monde. Donc, qu'est-ce qui se passe ? Vous lâchez votre emploi. Voilà. Et c'est ce qui se passe là. Donc, cette loi-là, en fait, elle a plus impacté les femmes que les hommes de fait.
Elle a précarisé des femmes qui étaient déjà plus précaires. Elle a rendu plus flexibles des femmes qui ont moins de flexibilité du fait qu'elles s'occupent plus de leurs enfants et ainsi de suite. Donc, cette loi, la loi travail, n'était pas neutre. Donc, on ne peut pas dire « je suis féministe, j'aime les femmes, c'est super les femmes » en mettant une photo de Beyoncé. Parce que c'est un peu ça aussi toujours qu'on a la « girl power » et en même temps, faire passer des réformes et des lois qui vont toucher les femmes les plus précaires qui sont surreprésentées dans les emplois précaires et dans les bas salaires.
Donc, voilà, il faut à un moment être cohérent et être cohérent, c'est justement donner plus de sécurité, tenir compte du fait qu'une femme est enceinte, voilà, faire en sorte que les congés paternités soient réajustés sur les congés maternités parce que là, de fait, quand un homme se remet à travailler rapidement et que sa femme reste en congé maternité, le choix est déjà fait de celui qui va se sacrifier s'il doit se sacrifier pour aller travailler. S'il doit sacrifier son travail, le choix est déjà fait.
Donc là, il faut remettre un peu plus et tenir compte vraiment dans l'évolution de carrière du fait qu'il y a un moment où il y aura un rattrapage parce qu'une femme va être enceinte à un moment. Donc, il faut renforcer la sécurité, rehausser les bas salaires et tenir compte du fait qu'une femme peut être enceinte et c'est l'inverse de ce qui a été fait dans les lois de travail où il fallait justement rendre la masse salariale beaucoup plus flexible, faire en sorte que les gens soient plus flexibles dans un monde où les femmes, de fait, seront moins flexibles et sont déjà beaucoup plus précaires. Donc, on a impacté plus les femmes que les hommes.
Sauf que les gens qui ont appliqué cette loi n'ont pas voulu regarder ça réellement.
C'est bien connu, l'immigration est le cheval de bataille de l'extrême droite avec à chaque élection présidentielle les mêmes fantasmes. Les immigrés voleraient le travail des Français. Marine Le Pen en est même persuadée, l'immigration tire les salaires vers le bas.
Le travail clandestin, c'est un dumping sur les salaires qui s'effectue au quotidien sur les Français. Quand vous avez des gens qui acceptent de travailler au noir et que vous avez des employeurs qui se servent de cette main d'œuvre, eh bien, l'intégralité de l'échelle des salaires des Français, évidemment, est pressurée à la baisse. Pourtant,
selon une étude de l'OCDE, l'immigration a un impact équilibré, voire positif, sur le développement économique. L'organisation explique que, je cite, « dans tous les pays, la contribution des immigrés sous la forme d'impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation. » Alors, Thomas, les immigrés volent-ils les emplois des Français comme l'affirme l'extrême droite ?
Je pense qu'il faut rester factuel sur cette question. Alors déjà, il faut rappeler qu'il y a un emploi sur cinq qui est interdit aux étrangers en France. Un emploi sur cinq. D'accord ? Dans la fonction publique, la fonction publique, aux extra communautaires, ce n'est pas possible d'être fonctionnaire. Sauf en cas de besoin. Parce que là, vous savez, quand il y a besoin dans les hôpitaux d'infirmières ou de médecins, parfois, ou de professeurs, là, on veut bien lever cette contrainte. Vous voyez ? Les professions libérales, il y a un certain nombre de professions libérales qui sont interdites aux étrangers.
Donc, nous avons déjà dans tout un tas de secteurs ce qu'on appellerait, ce que veut mettre en place Marine Le Pen ou Zemmour, une préférence nationale. Elle existe déjà. D'accord ? La réalité, c'est qu'à part quelques secteurs, par exemple, le transport routier, qui a été beaucoup concurrencé par l'étranger, mais de l'étranger européen, d'Europe de l'Est, et là, je n'ai pas entendu Marine Le Pen ou d'autres vouloir remettre en cause l'Europe, puisque maintenant, Marine Le Pen est pro-européenne, mais c'est une concurrence qui vient de l'Europe.
Mais sinon, on se rend compte que les différentes études ont montré ça, que les étrangers, en fait, ont tendance à avoir des emplois que les Français ne veulent plus. Voilà. Donc, il n'y a pas un vol ou un remplacement d'emplois qui seraient dessinés à des Français par des étrangers. C'est faux de dire ça. Il y a quelques secteurs qui ont été affectés, mais affectés majoritairement par des étrangers européens. Donc, la vraie question, c'est le dumping social qui est fait en Europe alors qu'on a voulu créer un marché unique. Ce n'est pas le fait que les étrangers volent des emplois ou font même baisser les salaires.
Parce que vous savez que chez nous, par exemple, on ne peut pas faire baisser les salaires éternellement parce qu'il y a un SMIC. Voilà. Ça, c'est la première des choses. Dans d'autres pays, il n'y a pas. Nous, il y a encore un SMIC. Et puis, on se rend compte que, je ne sais pas moi, dans les années 80, les salaires ont baissé dans la valeur ajoutée. Est-ce qu'ils ont baissé à cause d'une vague migratoire ? Non. Ils ont baissé tout simplement parce qu'on est passé d'un capitalisme managérial à un capitalisme actionnarial et que quand vous baissez les salaires, vous faites augmenter le profit. Vous donnez une plus grosse part de ce profit aux actionnaires.
Donc, vous voyez, il ne faut pas non plus tout confondre. Il faut regarder les choses et les faits et puis les dire.
L'extrême droite a également un autre fondesse sur la question du modèle social. Alors, est-ce que notre modèle social attire vraiment les immigrés ?
Alors ça, c'est très marrant. C'est de partir du... Alors, encore une fois, l'extrême droite vise des immigrés, surtout d'Afrique, quoi. Parce qu'il y a d'autres immigrés qui ne les dérangent pas. Ils visent des immigrés surtout d'Afrique. Les immigrés canadiens qui viendraient profiter de notre modèle social, là, ça ne les dérange pas. Mais à l'Africain, ça le dérange.
Alors, moi, j'ai du mal à comprendre, s'imaginer que quelqu'un, je ne sais pas moi, qui va être à Brazzaville, connaît le modèle social qu'une partie des Français ne comprennent pas puisqu'il y a une grosse partie des Français qui n'ont même pas touché leur RSA et traverserait des airs méditerranéens dans un canoë pour atteindre et toucher des prestations sociales. J'ai du mal à le croire. Mais surtout, tout ça est faux. Je veux dire, pour toucher le RSA, il faut être 5 ans en France. 5 ans. Sinon, vous ne touchez pas le RSA. Le minimum vieillesse, 10 ans.
Donc, vous voyez, pour quelqu'un qui n'a pas à manger ou qui a des contraintes sur l'emploi, qui n'arrive pas à vivre, immigré pour toucher 5 ans plus tard, il faut arrêter les délires là-dessus. Mais le problème, c'est que tout ça est alimenté par beaucoup de faux chiffres. Vous savez, il y a souvent l'extrême droite cite Charles Pratt, un magistrat qui nous dit que, grosso modo, je crois que c'est 43% des allocations familiales sont touchées par des individus nés à l'étranger. Il nous sort ça. Alors là, attention, le modèle social, il bénéficie quasiment à 50% des étrangers, c'est ce qu'on nous dit. Donc, le chiffre sort en boucle.
Sauf que, quand on regarde ce chiffre, Charles Pratt, il défie toutes les lois de la statistique pour le faire. Vous savez, il fait une proportion, une proportion quand on l'apprend à un élève de cinquième. On lui apprend par un exemple très simple que pour faire une proportion, dans le numérateur et le dénominateur, vous ne devez pas mettre des tomates et des bananes. C'est ce qu'on apprend à un élève de cinquième. Sauf que c'est ce qu'il fait, lui, le monsieur en question, ce Charles Pratt. Il met en numérateur le nombre de personnes touchant des allocations nées à l'étranger sur le nombre de ménages. Donc là, il met des tomates et des bananes pour faire sa proportion.
Alors, s'il veut une vraie proportion, il met en numérateur le nombre de personnes qui touchent et en dénominateur le nombre de personnes qui touchent. Ou il met le nombre de ménages sur le nombre de ménages. Vous voyez ? Mais là, il mélange les deux pour servir un chiffre qui pourra alimenter le fait que les étrangers profitent de notre ménage social. Si on fait la fraction réellement, comme quelqu'un qui a eu un cours en cinquième de maths ou un cours de stade descriptive, on arrive à un chiffre qui est quatre fois moins.
Donc, il y a une volonté aussi d'instrumentaliser parfois des statistiques, des données, en sortant un beau chiffre comme ça, en faisant croire que c'est ça, alors qu'en fait, c'est complètement faux. Et là, il a vraiment défié toutes les lois statistiques et mathématiques en sortant ce chiffre-là. Et le problème, c'est que comme ça sert un propos politique, vous avez l'extrême droite qui ressort ça. Mais c'est faux. C'est comme la question des hôpitaux, de dire, oui, l'hôpital va mal en France à cause des étrangers. Bon, il faudra m'expliquer, les 70 000 lits qui ont été supprimés, c'est à cause des vagues migratoires.
Les 1 milliard d'économies qui ont été faits sous Macron en 2018 et 4 000 lits, c'est les vagues migratoires qui ont fait ça ? Voilà, il faut regarder les choses du bon côté. À un moment, si l'hôpital va mal, c'est qu'il y a une austérité qui a été appliquée, s'il y a une austérité qui a été appliquée, c'est parce qu'on a des engagements de réduction des déficits dans les traités européens et c'est de ce côté qu'il faut regarder. Mais de ce côté, personne ne regarde, tout le monde est en accord avec ça. Et on trouve un bouc émissaire où on peut taper dessus gratuitement qui est l'étranger.
Et finalement, pourquoi le thème de l'immigration prend autant de place dans le débat public ?
Il y a une instrumentalisation de l'extrême droite. Vous savez, l'extrême droite, elle ne va pas remettre en cause la mondialisation. Elle a changé d'avis sur l'Europe parce que maintenant elle est pro-européenne, parce qu'elle a vu la compétence de Marine Le Pen au deuxième tour face à Emmanuel Macron sur la sortie de l'euro, qu'elle s'est emmêlé les pieds dans le tapis et qu'il n'y avait pas de vision réelle. Donc, c'est trop compliqué ça. Donc, on tape sur l'immigration. Mais la réalité, c'est quoi ? Quand on nous dit qu'il y a du chômage à cause de l'immigration, entre 2008 et 2017, il y a eu 1,5 million de chômeurs en plus.
C'est à cause des vagues migratoires ou c'est à cause de la crise financière ? Il y a eu 3,3 millions de chômeurs en plus en Espagne après 2008. C'est à cause de la vague migratoire ou c'est à cause de la crise financière ? Vous voyez ? C'est là qu'est la vraie question. Et en fait, quand on voit les enquêtes d'opinion, la plupart des Français, ils ne sont pas contre l'immigration en réalité. Mais par contre, beaucoup pensent que la France n'a plus les moyens d'accueillir une grosse partie de l'immigration. Vous voyez ? Et ça, c'est une vraie question sur laquelle la gauche devrait travailler. C'est-à-dire, pensez qu'on n'a pas les moyens.
Effectivement, quand vous êtes quelqu'un de pauvre, que vous soyez étranger ou pas étranger, vous n'avez pas de place en crèche. Vous demandez un logement social, vous n'en avez pas. Vous demandez un rendez-vous chez le médecin dans certains territoires, vous attendez un an. Donc, dans ces conditions-là, c'est très facile de trouver un bouc émissaire. Mais la réalité, c'est de comprendre pourquoi, aujourd'hui, il y a des déserts médicaux. Pourquoi il n'y a plus de place en crèche ? Pourquoi il y a des problèmes de ça ? C'est très simple, vous l'avez. Le triptyque mondialisation, austérité, financiarisation.
Et vous savez, aujourd'hui, quand on délocalise une entreprise, ce n'est pas parce qu'il y a des étrangers. On délocalise une entreprise, pourquoi ? Parce qu'en Europe ou dans le monde entier, vous avez d'autres gens, des travailleurs qui n'ont pas de droits sociaux, il n'y a pas de normes environnementales qui sont moins chères. Donc, ce n'est pas le fait qu'il y ait des étrangers, c'est le fait que la mondialisation fait qu'il y a un jeu de compétition sociale. Vous voyez ? Le fait qu'on baisse les services publics, ce n'est pas qu'aux étrangers.
C'est parce que nous avons des traités européens qui encadrent les déficits structurels très fortement et qui nous poussent à faire de l'austérité. Donc, c'est ça, aujourd'hui, qui fait qu'un certain nombre de Français n'ont pas des bons salaires, perdent leur emploi, n'ont plus de services publics. Et ce n'est pas l'immigration.
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