François Fillon : "La clé de la primaire à droite, ce sera la majorité silencieuse"
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Chapitres
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Questions et réponses
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Qu'est-ce qui s'est passé pour que le gaulliste social se soit doté d'un des programmes les plus libéraux dans cette primaire de droite ?
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Qu'est-ce qui s'est passé pour que le gaulliste social se soit doté d'un des programmes les plus libéraux dans cette primaire de droite et pour que celui qui disait que la France était en faillite envisage un déficit de 4,7% du PIB en 2017 ?
- 0:50RelanceRéponse directe
Supprimer la durée légale du travail dans l'entreprise, c'est une mesure assez libérale.
- 3:17RelanceRéponse directe
Pragmatique, mais avec des mesures qui servent surtout les ménages les plus riches ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à Laurence Parizeau qui expliquait qu'il n'y a aucune idée nouvelle à droite sur l'approche économique et sociale ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Vous êtes crédité de 10 à 11% d'intention de vote. Qu'est-ce qui pourrait empêcher ce duel annoncé entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueChiffre
« Nous sommes dans un pays qui consacre 57% de sa richesse nationale à la dépense publique. »
- 0:38Invité politiqueChiffre
« Si on appliquait intégralement le projet que je propose, disons qu'on descendrait à 50%. »
- 2:02Invité politiquePromesse
« L'objectif que je fixe, c'est zéro déficit en 2022. »
- 2:39Invité politiqueChiffre
« On est à entre 15 et 20 milliards pour 2017, déjà aujourd'hui, de décisions prises. »
- 3:33Invité politiqueFait
« Je baisse la TVA. Je pioche dans vos mesures. J'augmente la TVA pour baisser les charges salariales. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Il y a de plus en plus de travailleurs pauvres. »
- 7:59Invité politiqueFait
« Heureusement que Poutine est intervenu en Syrie. »
Temps de parole
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Bonjour François Fillon. Bonjour. Je voudrais d'abord vous interroger sur votre programme économique et sur votre évolution, voire votre métamorphose. Qu'est-ce qui s'est passé pour que le gaulliste social, c'est ainsi qu'on vous présentait en 2007, se soit doté d'un des programmes les plus libéraux dans cette primaire de droite et pour que celui qui disait que la France était en faillite, qui voulait inscrire dans la constitution la règle d'or du retour à l'équilibre des finances publiques, envisage un déficit de 4,7% du PIB en 2017. J'imagine que c'est de l'humour cette question.
Non. Nous sommes dans un pays qui consacre 57% de sa richesse nationale à la dépense publique. Oui. Si on appliquait intégralement le projet que je propose, disons qu'on descendrait à 50%. Si vous appelez ça un programme ultra-libéral, je vous en fournirais d'autres.
Je parlais des mesures, François Fillon. Oui, mais... Supprimer la durée légale du travail dans l'entreprise, c'est une mesure assez libérale. Une flat taxe sur le capital, sur les revenus du capital de 30%, c'est libéral.
Je sais qu'on est à France Inter et qu'il y a un prisme. Mais reprenons... Non, il n'y a pas de prisme.
C'est objectivement libéral et considéré comme libéral par Mathieu Hollen et d'autres penseurs libéraux.
Regardez, par exemple, la suppression de la durée légale du travail, c'est pour la remplacer par une négociation dans l'entreprise avec un accord majoritaire. Un accord majoritaire, c'est-à-dire un accord qui obligera la direction de l'entreprise à obtenir l'accord de la majorité des syndicats ou des salariés. Donc on n'est pas du tout dans des postures idéologiquement libérales. Ce que je crois simplement, et je suis un pragmatique, c'est que notre pays est allé beaucoup trop loin dans la dépense publique et dans ce que j'appelle la bureaucratie, c'est-à-dire la mise en place de contrôle, de réglementation et de taxes, et qu'il faut que le balancier revienne un peu au centre.
Et pour refaire venir le balancier au centre, compte tenu du fait que ça fait 20 ans que cette évolution est constante, il faut un choc. Alors appelez-le un choc libéral si vous voulez, mais pour moi, ce n'est pas une conversion, c'est la constatation que c'est la seule solution pour redresser notre pays. Et la réduction des déficits ? Les économistes commencent à le dire. Et sur la réduction des déficits, pardon, mais l'objectif que je fixe, c'est zéro déficit en 2022. C'est-à-dire l'utilisation d'une politique économique et financière cohérente pour arriver à zéro déficit en 2022. Pourquoi est-ce que je dis qu'il y aura un déficit en 2017 ?
D'ailleurs, c'est cocasse, je suis le seul à chiffrer le programme. Et comme je suis le seul à chiffrer le programme, je suis le seul à faire apparaître un déficit en 2017, bien sûr. Mais pourquoi ? Parce qu'en ce moment, et depuis des mois, le gouvernement dépense de l'argent qui sera facturé en 2017 et 2018. On est à entre 15 et 20 milliards pour 2017, déjà aujourd'hui, de décisions prises.
Donc, sauf à faire subir, alors là, un choc d'une extrême rigueur à la France en 2017, en payant les factures de la gauche, et en plus en mettant en œuvre une politique de redressement avec des baisses d'impôts notamment et de taxes pour les entreprises, il n'y a pas d'autre solution que d'accepter momentanément en 2017 un déficit. Et d'ailleurs, on mettra en œuvre, si j'ai la responsabilité de la présidence de la République, un audit très sérieux qui permettra de démontrer ce que je viens de dire. Bon, libéral, non, pas tellement, dites-vous. Non, pragmatique, paysan sartois.
Non, pragmatique, mais avec des mesures qui servent quand même surtout les ménages les plus riches, les plus aisés. Pas du tout. Comment justifier dans le même mouvement la suppression de l'impôt sur la fortune et l'augmentation de deux points de la TVA ?
Pardon, mais deuxième prisme, M. Cohen. Mais quel prisme ? Je baisse la TVA. Je pioche dans vos mesures. J'augmente la TVA pour baisser les charges salariales. Oui. Voilà. Les charges salariales, à ma connaissance, elles pèsent d'abord sur les ménages les plus modestes, sur les gens qui travaillent, qui ont justement aujourd'hui, pour beaucoup d'entre eux, un problème de pouvoir d'achat. Il y a de plus en plus de travailleurs pauvres. La seule solution pour redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes, c'est de baisser les charges sociales. Je ne crois pas à la baisse de l'impôt sur le revenu que proposent d'autres candidats.
D'abord parce que je pense que ce n'est pas réalisable aujourd'hui. Et puis surtout, l'impôt sur le revenu est déjà tellement concentré sur une petite partie des Français que ça ne me paraît pas être la bonne mesure. Donc oui, la hausse de la TVA, elle est compensée par la baisse des charges sociales.
Que répondez-vous à Laurence Parizeau qui expliquait il y a peu de temps qu'il n'y a, selon elle, aucune idée nouvelle à droite sur l'approche économique et sociale ?
Parce qu'elle ne lit pas les programmes. C'est très à la mode de dire ça. On dit qu'il n'y a pas d'idées nouvelles. Il n'y a pas de vision aussi. Ils n'ont absolument pas vu qu'il y avait une nouvelle économie qui était en train de se mettre en place. Ça se fait des mois que je propose, par exemple, de mettre en place un statut de prestataire indépendant qui permettra à des centaines de milliers de Français de se mettre à leur compte ce qu'on appelle le phénomène Uber.
Mais en l'organisant et en l'insérant dans le système social qui permettra donc à des millions de Français de se mettre à leur compte d'offrir leurs services aux entreprises et aux particuliers et de s'insérer dans cette nouvelle économie. De la même façon, quand je propose de supprimer la durée légale du travail, c'est pour aboutir à une négociation dans l'entreprise. C'est une révolution. C'est-à-dire qu'au lieu que ce soit l'État qui fixe tout, c'est un dialogue entre les salariés et la direction de l'entreprise qui va permettre de l'adapter. Donc voilà, la nouvelle économie, elle est portée à travers ces mesures.
Et Mme Parizeau, j'aimerais bien beaucoup qu'elle propose des solutions plutôt que de faire ce que font beaucoup de commentateurs, c'est de se promener sur les écrans de télévision et devant les micros de radio pour faire des critiques qui ne sont suivies d'aucune proposition.
Vous êtes crédité aujourd'hui de 10 à 11% d'intention de vote, François Fillon. Vous allez me dire que vous ne croyez pas à ces sondages pour la primaire. Mais qu'est-ce qui pourrait empêcher, selon vous, ce duel annoncé entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?
D'abord le fait qu'il est annoncé, déjà c'est une raison suffisante pour que les Français aient envie de faire autre chose. Mais surtout, pourquoi je ne crois pas à ces sondages ? C'est parce que je pense profondément qu'il y a une majorité silencieuse qui va aller voter à la primaire. Et qui n'est pas aujourd'hui, qui ne se sent pas aujourd'hui totalement concernée par le débat. Et ce qui me fait dire ça, c'est toutes mes journées. Depuis le début de cette campagne, je suis celui qui rassemble le plus de monde. Il y a plus de monde à mes réunions qu'aux autres. J'ai plus de parrainage que tous les autres candidats, sauf Nicolas Sarkozy. Mes sondages de popularité sont excellents.
Donc je suis convaincu que la clé de cette élection, c'est que ce que j'appelle la majorité silencieuse, c'est-à-dire des Français qui ne sont pas engagés, qui ne sortent de chez eux pour aller voter à la primaire.
Un sursaut de mobilisation, sauf que les sondeurs prédisent déjà 3 millions à 3 millions et demi de votants.
Ils prédisent 3 millions de votants, mais ensuite leur sondage porte sur des gens qui sont déterminés à aller voter aujourd'hui. Je ne dis pas que cette mobilisation est gagnée d'avance. C'est un pari que je fais. Je pense que c'est un pari pour la France aussi, parce que si la primaire de la droite et du centre est ratée, ça augure mal de l'élection présidentielle.
Dans Nice Matin, ce week-end, on vous a demandé de qualifier d'un mot chacun de vos adversaires. Alors c'est assez convenu, Juppé, Sage, Sarkozy, ancien, ancien président NKM décalé, etc. Pour Bruno Le Maire, le mot espoir, pourquoi espoir pour Bruno Le Maire ? C'est un espoir de la vie politique française, c'est ça que j'ai voulu dire. Un espoir donc pour les échéances futures et pas pour la prochaine. C'est ça, François Fillon ? Je ne sais pas, je vous laisse juge de votre appréciation. La Syrie, François Fillon, des femmes et des enfants meurent chaque jour, Alep est sous les bombes, des bombes russes. Êtes-vous toujours aussi élogieux de l'action de Moscou au Proche-Orient ?
Je n'ai jamais été élogieux de l'action de Moscou au Proche-Orient. J'ai toujours dit qu'on ne pouvait pas... J'ai un paquet de citations sous les yeux. J'ai toujours dit qu'on ne pouvait pas régler le problème sans eux. Et ça me met en colère cette question aujourd'hui. Parce que si on avait, il y a quatre ans, fait ce que je dis, ce que je proposais à l'époque, c'est-à-dire si on avait essayé de mettre tout le monde autour de la table, on n'en était pas là et on pouvait trouver une solution au conflit syrien. Enfin, il y a encore quelques mois, vous disiez, heureusement que Poutine est intervenu en Syrie. Je sais qu'ici à France Inter, ce n'est pas possible de dire ça.
Je l'ai dit à chaque fois. Mais si c'est possible, je vous interroge là-dessus. Je vous le redis une nouvelle fois, c'est ma conviction profonde. Et je dis que plus on a attendu, on a une part de responsabilité dans la situation d'aujourd'hui. Parce qu'on a continuellement estimé que la solution passait par la chute du régime de Bachar el-Assad. Je n'ai aucune sympathie pour ce régime. Je sais tous les crimes qu'il commet. Je dis simplement qu'il est soutenu par une partie de la population syrienne. Et que tant qu'on n'aura pas compris ça, on ne trouvera pas de solution.
Je vous entendais tout à l'heure, ou j'entendais Bernard Guetta dire qu'il faut que certains voulaient saisir le tribunal pénal international. Ça fait deux ans que je propose au gouvernement français qu'on saisisse le tribunal pénal international de tous les crimes qui sont commis en Syrie.
Enfin là, il y a la question de la Russie, en l'occurrence. Les avions russes qui lâchent leur bombe sur Aleph.
Je n'ai pas de différence. J'ai proposé qu'on le saisisse pour poursuivre l'État islamique, mais surtout pour poursuivre les pays qui sont complices de l'État islamique. S'il faut le saisir aujourd'hui pour la Russie, saisissez-nous pour la Russie. Mais agissons. On est là en train de faire des commentaires, de condamner des situations sans aucune initiative. J'entendais tout à l'heure Bernard Guetta dire que les États-Unis venaient enfin de se rendre compte que la France avait raison de leur dire qu'il ne fallait pas négocier avec les Russes. Mais enfin, dès demain matin, ils vont recommencer à négocier avec les Russes.
Parce qu'eux savent bien finalement que sur le terrain, il y a une situation militaire et qu'il faut tenir compte de cette situation militaire.
François Fillon, on y reviendra peut-être dans la deuxième partie. Les auditeurs d'Inter, en tout cas, appellent au 01-45-24-7000. Et dans 40 secondes, la revue de presse. Merci.