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interviewC dans l'air· 24 décembre 2024 65 min

Bayrou : des poids lourds… et des points faibles ? - C dans l’air - 24.12.2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. François Bayrou a donc choisi l'expérience. Dans son casting, il fait entrer deux anciens premiers ministres, Elisabeth Borne et Emmanuel Valls, qui héritent respectivement de l'éducation nationale et de l'outre-mer, et des poids lourds à des postes clés, comme Gérald Darmanin qui récupère donc la justice. Un attelage avec Bruno Retailleau à l'intérieur qui fait bondir la gauche. Le PS dénonçant un signal très à droite. Les commentaires des oppositions, d'une manière générale, sont assez sévères.

Le RN évoque une coalition de l'échec, le retour d'anciennes gloires, tout comme, encore une fois, le Parti Socialiste, qui dénonce une équipe déséquilibrée, le retour du vieux monde. Et une fois encore, une équipe qui serait, un gouvernement qui serait, sous l'emprise du Rassemblement National. En effet, François Bayrou a finalement renoncé à nommer Xavier Bertrand à la justice pour éviter la censure immédiate du parti de Marine Le Pen. Nous allons y revenir ce soir. Le chef du gouvernement, lui en tout cas, croit à sa bonne étoile et affirme qu'il évitera la censure. Bayrou, des poids lourds et des points faibles, c'est une question. C'est le titre de cette émission.

Avec nous, pour en parler ce soir, Marc Lazard, vous êtes historien, sociologue, professeur à Sciences Po et à l'Université Louis de Rome. Cécile Cornudet est avec nous ce soir. Vous êtes éditorialiste politique au journal Les Echos. Votre dernière édito était intitulée « Gouvernement Bayrou, le rendez-vous raté avec la gauche ». On va y revenir ce soir. Anne Rosanchère, vous êtes directrice déléguée de la rédaction de l'Express, chroniqueuse également sur France Inter. Enfin, Sylvie-Pierre Brossolette, vous êtes éditorialiste politique au journal Le Point. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C dans l'air en direct.

Et très joyeux Noël à vous tous et à vous qui nous regardez ce soir. On l'a attendu, c'était donc le gouvernement sous le sapin. Un gouvernement d'expérience, Cécile Cornudet. Est-ce que c'est comme ça qu'il faut définir ces choix de François Bayrou ? Oui, je dirais que c'est un second choix. En réalité, il fallait faire différemment de Michel Barnier, puisque Michel Barnier a échoué. L'idée, c'était de se sortir des griffes du Rassemblement national en faisant une place à la gauche, en élargissant l'assise politique du gouvernement. Ça, il n'y est pas arrivé. François Bayrou, j'imagine qu'on y reviendra.

Et du coup, pour compenser ce manque, il laisse son gouvernement de poids lourd, d'expérience, on sait que la période est très compliquée. Il y a plein de domaines où, quand on voit à l'éducation, qui ont eu six ministres en deux ans, il y a plein de domaines où il y a besoin de gens... D'expérience, oui. D'expérience, de gens qui savent porter dans les médias un discours rassurant, un discours... Il faut éteindre plein de potentiels incendies qui peuvent éclater partout. Donc, c'est le pari. C'est la première fois qu'il y a deux anciens premiers ministres à des postes intéressants. Numéro 2, Elisabeth Borne à l'éducation nationale.

Donc, ça veut dire que ce sujet est vraiment mis en exergue. De même que l'outre-mer avec Manuel Valls. Donc, c'est l'homme qui a géré les crises, les pires. C'est le terroriste. Donc, il connaît bien la Nouvelle-Calédonie et tout ça. Donc, c'est un pari. Est-ce que ça évitera le scénario à la Barnier, en réalité ? Puisqu'on n'a pas réussi à s'élargir. On est dans les mains d'un RN complètement imprévisible avec, en plus, cette histoire de procès qui fait qu'à un moment, le gouvernement tombe. Les critiques, d'ailleurs, se sont portées, on va beaucoup les entendre ce soir, sur le fait que c'est le retour des anciennes gloires, de ceux qui ont tout raté. Je le disais, c'est ce que dit le RN.

Quel regard, Marc Lazare, vous portez sur ce qu'il y a d'assez saillant ? On va revenir sur les équilibres politiques, mais de voir revenir Manuel Valls, Elisabeth Borne, notamment, ou Gérald Darmanin, qui n'était pas parti il y a longtemps, mais qui revient.

3:55
François Bayrou

C'est un message, je pense, qui est difficilement compréhensible par les Français, me semble-t-il. Alors, j'entends bien que François Bayrou a fait un protocole tout à fait intéressant, parce qu'il a mis, effectivement, Mme Borne en deuxième position, après lui.

4:10
Présentateur

C'est l'ordre protocolaire.

4:11
François Bayrou

Oui, mais c'est très important, ministre d'État, parce qu'en la mettant en tête, ça veut dire qu'a priori, les questions d'enseignement, d'enseignement supérieur et de recherche, c'est un énorme ministère, selon lui, constitue une priorité. La seconde priorité serait l'outre-mer, la troisième, la justice, et la quatrième, l'immigration. Et donc, c'est, semble-t-il, un geste qui s'adresserait aux gens de gauche.

Mais les personnes choisies, on le voit bien, le déchaînement sur les réseaux sociaux depuis hier, c'est-à-dire Elisabeth Borne, Mme 49-3, Emmanuel Valls, on lui rappelle malicieusement, ou parfois beaucoup plus durment, le fait qu'il avait annoncé son départ pour l'Espagne, pour Barcelone, et qu'il est revenu en disant que pourtant, il ne reviendrait jamais en politique. Mais je voudrais faire deux réflexions. Je pense que ce gouvernement commence mal pour deux raisons. D'une part, François Bayrou, je pense que c'est un premier échec, parce que vous l'avez rappelé, il voulait élargir. Mais je pense que je vais être sévère.

5:04
Présentateur

Allez-y, on est préparé.

5:06
François Bayrou

Non, mais c'est un échec par rapport à quelqu'un qui, depuis 40 ans qu'il est en politique, voulait justement saisir l'opportunité d'avoir un poste important pour réaliser ce qu'il espérait, c'est-à-dire la réconciliation des Français, la gauche et la droite. Donc ça commence mal par rapport à son ambition, qui est l'ambition d'une vie. Et la deuxième chose qui me frappe, c'est que nous sommes le 24 décembre. Vous vous souvenez du 10 décembre ? Vous vous souvenez de la rencontre à l'Elysée autour du président de la République et qui avait dit qu'on ne devra plus dépendre du Rassemblement national ? En tout cas, c'est ce qu'avait rapporté Marine Tondelier, la responsable des écologistes.

Elle n'a pas été démentie par la présidence de la République. Et voilà qu'on apprend que Xavier Bartrand n'a pas pu obtenir le poste qu'il souhaitait parce que le Rassemblement national a mis son veto. C'est donc un échec, là encore, pour le président de la République.

5:52
Présentateur

Donc un gouvernement et une équipe sous contrainte, parce qu'il avait prévu un autre scénario, c'était de faire rentrer Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve. Et il n'a pas pu le faire.

6:01
François Bayrou

Apparemment. Vous savez, juste termine sur une chose. Allez-y. Vous savez que j'aime bien l'Italie.

6:06
Présentateur

Bah oui. Vous avez pris le temps.

6:06
François Bayrou

Vous savez que l'Italie a une expérience de tous ces gouvernements, en tout cas dans le passé, qui passaient et qui repassaient. Alors vous avez une très belle formule, c'était le gouvernement de Balnéaire, celui qui allait durer, oui, juste à la veille de l'été.

6:16
Présentateur

Parce que nous, vous nous aviez parlé la dernière fois du gouvernement de refroidissement.

6:19
François Bayrou

Oui, le gouvernement de refroidissement, c'est quand l'exploitation est très tendue, qu'on arrive à former un gouvernement qui calme les choses. Là, manifestement, ce n'est pas un gouvernement de refroidissement. Alors il y a le gouvernement Balnéaire, c'est celui dont on sait qu'il ne va pas durer longtemps, le temps d'un été. Là, ce sera peut-être le temps d'un hiver.

6:33
Présentateur

Mais ce qui est sûr, c'est qu'on sort d'un moment de flottement, de confusion, comme on y est presque habitué maintenant, depuis quelques mois. On en a connu un au moment de la dissolution. Le gouvernement Barnier, qui avait mis du temps à se faire, la motion de censure, c'était le 4 décembre, c'était il y a loin. Après, il y a eu le flottement du choix du Premier ministre, du choix du gouvernement.

Il y a quelque chose qui tient plus, je pense, de l'angoisse que du suspense, désormais, chez les Français, qui sont un peu lassés, je crois, du spectacle de la vie publique et politique, qui semblent tout entière, comme ça, livrées à des calculs, aux partis, mais aussi à la communication, à l'affichage. Et on perd de vue presque l'essence de la vie politique, de la politique, qui est quand même, normalement, de rencontrer le diagnostic d'une majorité pour mener une action transformatrice. Et ça semble se dérober comme ça sous nos pieds.

Donc, je pense que les Français abordent, comme nous, cette période un peu désabusée ou en tout cas échaudée en se demandant est-ce que les promesses vont se transformer en action. Bien sûr, il y a, par exemple, ce signe de mettre le Premier ministre d'État à l'éducation, qui est un signe, à mon avis, très bon. Mais est-ce que ça va se transformer en action ? C'est une question qu'on se pose. Combien de temps ça va durer ? C'est une autre question qu'on se pose. Donc, je l'ai déjà dit, mais je le redis ici, je pense qu'en fait, on ne vit pas un moment politique, là.

On vit un moment de dépolitisation extrême, où on semble, en effet, livrer, ce que vous disiez, au calcul des partis, que le pouvoir public aurait comme perdu le levier d'action, de gouverner, et donc répondrait par de la communication aux urgences dictées par l'opinion. Il faut qu'on en sorte parce qu'une des conséquences, il y en a plein, il y a les urgences qu'on ne traite pas, mais c'est que, je ne sais pas si vous trouvez, mais la virulence du moment qu'on vit parce qu'on est enfermé dans une bulle verbale qui n'est plus un affrontement de projet, qui n'est plus un affrontement de programme, mais la guerre de tous contre tous, des moments suspendus comme ça, qui ne peut plus durer.

C'est-à-dire que, non seulement pour les urgences du pays sur lesquelles on va revenir, mais aussi pour l'éthos démocratique du pays, pour moi, je trouve qu'il faut qu'on en passe à autre chose. Alors, je ne sais pas si ça colle à ce que vous racontez, à ce que vous nous dites ce soir sur l'état du pays face à ce spectacle-là, mais je vous livre, franchement, là, j'avais vu ça, la réaction du syndicat national des lycées, collèges et écoles de supérieure, qui s'appelle le SNALC. Regardez ce communiqué. Donc, ça tient en une phrase, là, le SNALC, l'avoue, il ne sait plus quoi dire. Donc, c'est-à-dire que dans ce moment...

9:11
François Bayrou

C'est un syndicat autonome, c'est-à-dire un syndicat plutôt classé à droite.

9:14
Présentateur

Et du coup, ce changement, énième changement de ministre de l'Éducation nationale, donc, vous disiez, saluant pourtant le rang protocolaire d'Elisabeth Borne qui arrive assez haut, donc, qui montre une volonté d'action sur ce sujet-là, visiblement, n'a pas trouvé de quoi rassurer le SNALC. Plus généralement, sur ce casting, on a attendu 10 jours, est-ce qu'il y avait une surprise ?

9:38
Invité

Écoutez, finalement, on est quand même soulagé qu'il existe ce gouvernement. On voyait le moment où il n'y aurait pas de gouvernement. Personne ne voulait monter à bord d'un bateau qui coulait à moitié, dont on se demandait même si le capitaine savait où il allait. Enfin, c'était surréaliste. Alors, qu'un gouvernement sorte enfin, on se dit, ouf, la France a quand même un gouvernement. Après, il y a la surprise valse. Bon, c'est vrai que c'est très urtiquant pour la gauche et que ça paraissait une idée saugrenue pour quelqu'un qui voulait tendre la main à la gauche. Mais enfin, il a des capacités, cet homme.

Ces poids lourds qui reviennent dans le gouvernement, peut-être qu'on les trouve ringards, asbines, recyclés, enfin, tout ce qu'on leur reproche. Au moins,

10:16
Présentateur

ce sont des professionnels de la politique. Ceux de Barnier, je ne veux pas leur faire reproche, mais c'était un peu des petits jeunes ou des nouveaux. D'ailleurs, ils ont fait des gaffes immédiatement. Ceux-là, peut-être,

10:26
Invité

sont plus aguerris. Je ne dis pas que ça les garantit contre l'insuccès, mais ce sont des poids lourds aguerris.

10:33
Présentateur

Malgré ça, ils ont quand même, tout en étant poids lourds, ils ont les pieds en argile. Parce que la situation n'a pas changé. Le socle ne s'est pas élargi. Même si le spectre interne du gouvernement donne l'impression de s'être un peu diversifié. C'est un peu les 50 nuances de Macroni. Ce n'est pas à gauche de la Macronie, mais c'est les macronistes de gauche qui sont représentés. Et la droite est bien représentée aussi. On va y revenir parce qu'il y a eu des réactions, c'est sévère.

11:04
Invité

Mais, effectivement, ça prête à sourire et les colibés sont faciles.

11:09
Présentateur

Ça prête à sourire, je vous fais une transition, c'est un cadeau. Geneviève Dariussec, ancienne ministre de la Santé, remplacée par Catherine Votrin, lors de la passation de pouvoir, elle a quand même gagné la passation de pouvoir la plus sincère. Regardez. Il y a trois mois, presque jour pour jour, je vous avais dit, lors de mon discours d'investiture, c'est joli, investiture, que je ne ferai pas de miracle. Eh bien, vous voyez, j'ai tenu parole. Bon, elle a mis un peu d'humour, c'est vrai que pour certains c'était très, très rapide. Elle en rit, Didier Migaud, qui était garde des Sceaux, un poste très prestigieux de la République, est parti à regret. Ça se sentait.

Et elle, Geneviève Dariussec, c'est d'autant plus cruelle qu'elle est modem. Elle est du parti de François Bayrou, qui ne l'a pas défendue, parce qu'il, sans doute, il considérait qu'elle n'était pas assez poids lourde, poids lourde justement. Visiblement, elle ne lui en tient pas rigueur, en tout cas, elle n'a pas perdu son sens de l'humour. En tout cas, après dix jours de tractation, François Bayrou a donc dévoilé hier soir son gouvernement, mais l'accueil, on l'a dit, est sévère avec un tir de barrage des oppositions. Le RN dénonce le recyclage d'élus qui ont tout raté. Le PS estime que les conditions de la non-censure ne sont tout simplement pas réunies.

Barbara Astèque, Claire Blondiaud et David Lemarchand. Un gouvernement, enfin à la une des journaux. Après dix jours de coups de téléphone, de consultation, de tractation. Hier soir, à peine son équipe dévoilée, François Bayrou a choisi un mot pour la qualifier.

12:53
Invité

C'est le futur.

12:55
Présentateur

Le futur, mais avec des anciens macronistes de la première heure. Parmi eux, Gérald Darmanin, Aurore Berger et l'ancienne première ministre Elisabeth Borne, nommée à l'éducation nationale.

13:08
Invité

J'ai souvent dit ces derniers mois combien je crois à l'importance du bloc central et à ce qu'il incarne. Combien je crois à la nécessité de faire émerger des alliances entre les forces politiques républicaines car notre démocratie est fragile et doit être défendue. Des ministres déjà sous le feu des critiques.

13:32
Présentateur

Elisabeth Borne, quand même, c'est celle qui est responsable de la réforme des retraites à 64 ans. Vous imaginez le signal envoyé à la plupart des Français qui veulent le rejet de cette réforme des retraites.

13:47
Invité

Le moins qu'on puisse dire c'est que le casting qu'a choisi M. Béroud ne prend pas acte vraiment du vote des Français. Beaucoup de recyclage, de gens qui ont échoué, de gens qu'on ne voulait plus voir, de gens que les Français ne voulaient plus voir, qui s'étaient engagés à ne plus être vus. Et le revenant le plus inattendu,

14:04
Présentateur

c'est sans doute Manuel Valls. L'ancien Premier ministre socialiste de François Hollande, soutien d'Emmanuel Macron dès 2017, puis candidat à la mairie de Barcelone, fait son grand retour.

14:18
Invité

Moi, j'aime les défis, j'aime prendre des risques. Vous savez, la vie, ce sont des réussites et surtout des échecs. C'est ça, la beauté de la vie.

14:28
Présentateur

Un gouvernement, donc, avec des personnalités issues de la gauche, comme Manuel Valls, ou encore l'ancien maire de Dijon, François Rebsamen, mais pas de socialiste. Ce matin, Olivier Faure se dit prêt à censurer.

14:42
Invité

Le pacte de non-censure, aucune des conditions n'a été respectée par François Beyrou. Je rappelle, donc, pas de dépendance de l'extrême droite, plus de passage en force avec le 49-3, et enfin, un changement de cap. Je n'ai rien entendu de la sorte. Je n'ai pas vu quoi que ce soit. Et donc, je me dis, mais en fait, à quoi ont servi ces heures passées ensemble ?

15:06
Présentateur

Du côté de la droite, Bruno Retailleau garde l'intérieur et Catherine Vautrin obtient un large ministère Travail et Santé. Pas assez pour Laurent Wauquiez, avec qui François Beyrou va devoir négocier.

15:21
Invité

Nos votes se décideront texte par texte. Si le cap de redressement du pays n'est pas clair, nous ne nous interdisons pas de retirer notre soutien.

15:30
Présentateur

Des textes, à commencer par celui du budget confié à Éric Lombard. L'ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations a la mission d'aller très vite. Et le nouveau locataire de Bercy, inconnu du grand public, veut croire en sa méthode pour réussir.

15:47
Invité

Ce ministère sera ouvert au dialogue. Je recevrai dès la rentrée les parlementaires, les syndicats, les représentants des entreprises, évidemment, afin de construire ces solutions partagées. et au-delà de ces premiers rendez-vous, ma porte sera toujours ouverte à tous.

16:04
Présentateur

Dialoguer tous ensemble, est-ce vraiment possible ? Dans ses voeux ce matin, Marine Le Pen ne mentionne pas une seule fois le nouveau gouvernement comme un non-événement.

16:15
Invité

Ceux qui ont mis le pays dans cet état ne sont pas à plaindre, mais à blâmer. Pas à soutenir, mais à congédier. Pas à regretter, mais réellement à oublier.

16:24
Présentateur

Les 35 ministres du gouvernement Bayrou se retrouveront à l'Elysée le 3 janvier pour le premier conseil des ministres. Et cette question de Catherine en Côte d'Or n'est-il pas quand même judicieux que certains anciens ministres et premiers ministres aillent au charbon ?

16:40
François Bayrou

Dans certains cas, oui, c'est ce que disait Manuel Valls. Je sais qu'effectivement il est la cible de la gauche, mais oui, il y a des hommes et des femmes expérimentés qui à certaines périodes peuvent revenir. Le problème, c'est que ceux qui sont désignés appartiennent justement à ce qu'on appelle la Macronie, enfin une certaine Macronie. Par exemple, je ne suis pas sûr que Gabriel Attal soit très content des choix qui ont été faits. On y reviendra peut-être. Et d'une certaine façon, c'est vrai que ce parti, enfin l'ensemble des Macroniens, a perdu. A perdu les élections européennes, a perdu les élections législatives.

Donc en ce sens-là, c'est vrai que c'est difficile, me semble-t-il, à faire passer dans l'opinion.

17:21
Présentateur

Je voudrais rebondir sur ce que disait Olivier Faure. Il disait à quoi ont servi toutes ces discussions où on a posé nos conditions pour un accord de non-censure ? Il dit aucune des conditions que nous avions posées n'ont été retenues.

17:35
Invité

Je trouve qu'il exagère un petit peu. Franchement, la faute du non-accord est partagée. Le Parti Socialiste, depuis le début, ne voulait pas vraiment d'un accord. Ils ont fait un pas en avant

17:47
Présentateur

pour se détacher de LFI parce qu'il y a un congrès, pardon pour cette cuisine, il y a un congrès du Parti Socialiste où Olivier Faure était sur la sellette. Ses opposants étaient favorables à la rupture

17:59
Invité

avec LFI et s'il dit si je continue à coller à Mélenchon, je vais sauter. Donc, il a fait un pas. Et tout le monde s'est dit ça y est, on va pouvoir faire

18:08
Présentateur

la nouvelle coalition, etc. Et en fait, là, il accumule des conditions. Il y a un petit opuscule avec 40 mesures que réclame

18:18
Invité

le Parti Socialiste pour faire un accord. Ce n'est pas du tout les trois mesures qu'il dit comme ça gentiment qui ont l'air de rien. C'est simplement impossible. Écoutez, d'ailleurs Bayrou l'a dit dans son interview, mais est-ce qu'ils savent dans quel monde

18:30
Présentateur

ils vivent ? Nous sommes avec 60 milliards normalement à trouver quelque part, avec des marchés tout juste calme. Ils attendent notre faille. Vraiment, ça n'est pas raisonnable de demander autant de mesures coûteuses et qui pourraient mettre en danger la France. Donc, effectivement, François Bayrou s'est retrouvé coincé. Il espérait que le PS ait fait un vrai bouger. C'était un faux bouger. C'est-à-dire qu'en est-il ? Là où Sylvie a raison, c'est que François Bayrou a demandé à des responsables socialistes de rentrer au gouvernement et qu'ils ont tous dit non.

Parce qu'effectivement, dans ces rendez-vous qu'ils ont eus avec lui en tête-à-tête quasiment, ils ont trouvé que sur le fond, ils ne changeaient rien et notamment l'évolution qu'ils demandaient le plus, c'était sur la réforme des retraites. Ils voulaient une suspension de la réforme des retraites. Ils l'ont trouvé très fermé sur tout ce qui est budgétaire parce que là, ça va être le gros sujet. Voilà, maintenant. Ils l'ont trouvé en deçà de Michel Barnier, presque de gauche, Michel Barnier, parce que lui, il avait fait des hausses d'impôts, etc. Et manifestement, François Bayrou veut aller en deçà.

Donc, moi, je dirais que les tors sont partagés et sans doute que François Bayrou n'a pas pu aller suffisamment loin sur le fond. Je pense quand même que le Parti Socialiste avait envie de se détacher pas seulement pour des raisons de tactique de congrès, mais aussi parce que censurés dans cette période de chaos qu'on vient de décrire, au bout d'un moment, les électeurs ne vont plus comprendre. Donc, je pense que le PS n'a pas envie de continuer à censurer et de faire tomber comme ça les gouvernements. Et en plus, il n'a pas envie d'une présidentielle anticipée parce qu'il n'est absolument pas prêt.

Donc, toutes ces raisons font qu'il cherchait en fait un cadeau à mettre dans la corbeille de la mariée pour expliquer aux électeurs de gauche pourquoi ils se détachaient de LFI et ils estiment que François Bayrou ne leur a pas donné. Alors, la messe n'est pas complètement dite, je pense, parce que là, les discussions vont s'ouvrir sur le budget et des discussions manifestement continuent aussi avant le discours de politique générale qui sera le 14 janvier sur la réforme des retraites. D'accord. Donc, voyons... Pour aller au-delà de reprendre... Voilà, de juste reprendre... Voyons ce que dit Emmanuel Macron lors de ses voeux.

il y a manifestement encore des discussions parce qu'effectivement, si le PS ne vient pas du tout, si le PS censure dès le 16 janvier, comme a dit Jean-Luc Mélenchon, bon, ben, il ne tiendra même pas à moi. C'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, ce gouvernement ne passera pas l'hiver. C'était avant la nomination de cette nouvelle équipe. Juste pour être sûr de bien comprendre, on a l'impression quand on lit les réactions des uns et des autres que personne n'est satisfait évidemment de ce gouvernement. quand on entend Laurent Wauquiez qui dit « c'est pas sûr, nous ne nous interdisons pas de retirer notre soutien, nos votes se décideront texte par texte. » Il considère que LR n'a pas été servi.

En fait, c'est toute la difficulté du moment. C'est-à-dire que si vous voulez vous plier à toutes les lignes rouges qui ont été fixées par tout le monde, en fait, vous ne pouvez pas. Mais en vérité, on hérite d'une situation politique difficile depuis les législatives de 2022. C'est-à-dire que déjà, après avoir été réélu, Emmanuel Macron n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. En vérité, on aurait dû à ce moment-là rentrer déjà dans une logique de coalition. C'était ce qui était la logique. LR dit qu'en fait, il n'a jamais vraiment voulu tendre la main parce qu'il considérait qu'il avait été réélu et qu'il devait rester le seul maître à bord et le haut centre de tout.

Et à partir de ce moment-là, on a connu les deux ans qu'on a connus et puis la clarification de la dissolution. Ça a tout sauf clarifié les choses. Si, ça a clarifié une chose, c'est que le parti présidentiel avait encore perdu des voix par rapport à 2022. D'où, si vous voulez, cet agacement des Français de revoir des gens qui sont représentatifs du Macron. On a beaucoup de questions ce soir, Claude, en Savoie. On a énormément de questions de cette tonalité-là. Je vous en livre une. Darmanin, Borne, on prend les mêmes et on recommence de qui se moque-t-on ? C'est vraiment la tonalité des questions qui nous sont posées et des réactions des spectateurs.

S'il y a une clarification qui a eu lieu lors de la dissolution, c'était plutôt justement l'idée qu'Emmanuel Macron devait rentrer dans une sorte de cohabitation. Et quelque part, Michel Barnier est la plus mise en scène que ce gouvernement-là. n'est-ce pas ? Donc après, une fois qu'on a dit ça, cela dit, et je pense que les Français sont énervés de ce manque d'esprit de conséquences qui, normalement, est dans nos institutions. Néanmoins, et là où Cécile avait raison, il y a quand même aussi un esprit de responsabilité.

Et je pense que, dans la période, l'idée d'une censure immédiate qui nous referait plonger dans la confusion, etc., n'est pas forcément ce qui aurait les faveurs des citoyens, de la majorité des citoyens. C'est pour ça que François Bayrou ne cesse de répéter qu'il pense qu'il ne sera pas censuré. Et il le dit.

23:27
François Bayrou

Il croit. Il optimise. Il est optimiste. Il a rappelé qu'il était croyant. Donc, la situation sera difficile. Elle est très compliquée parce qu'à la limite, on peut penser que le Parti Socialiste votera la motion de censure le 16 janvier parce qu'il sait que le RN ne la votera pas. Et ça, c'est tout à fait possible. Y compris parce qu'il interprète le Parti Socialiste interprète ce que vous avez dit. C'est-à-dire, on a fait un petit pas. Il n'y a pas eu un autre pas de l'autre côté.

Et donc, y compris pour le Congrès du Parti Socialiste, Olivier Faure a besoin de dire à la fois à son aile entre guillemets réformiste, regardez, je fais un pas, mais c'était impossible et je reviens à une position plus radicale. Et donc, c'est possible. Moi, je crois que ça ne devrait pas tomber en 16 janvier. Après, sur la question du budget, là, c'est beaucoup plus compliqué.

Mais en même temps, tout le dilemme du Parti Socialiste pour parler de ce parti, c'est qu'effectivement, il ne faut surtout pas qu'il y ait un changement de gouvernement, enfin, une chute du gouvernement en Bérouc, parce que là, Emmanuel Macron sera soumis à une pression terrible pour la démission et il n'est pas prêt pour l'élection présidentielle. Et donc, il y a peut-être une arme dans les mains de François Bérouc, en dehors de quelques concessions sur le budget. Difficile à faire. C'est la question du mode de scrutin, c'est-à-dire de proposer la proportionnelle pour essayer d'amadouer un tout petit peu le Parti Socialiste.

Ça peut être une possibilité, je crois que c'est envisagé pour ne pas dire envisageable.

24:59
Présentateur

Je vous lis quelques réactions du Rassemblement National. Vous disiez tout à l'heure qu'il y a une violence verbale en ce moment. Effectivement, coalition de l'échec, ça c'est Jordan de Bardella, Louis Alliot, le retour des momies, la tournée H tendre et tête de voix, donc une réaction de Franck Alizio. Est-ce que ce gouvernement est, comme l'a dit Xavier Bertrand, de nouveau entre les mains du Rassemblement National ? À partir du moment où il n'y a pas le PS, vous avez effectivement la menace. Si vous avez une association du RN, comme ça s'est passé contre Michel, Bernal du RN et de la gauche, le gouvernement tombe.

Donc, effectivement, on sent que, comme il n'a pas réussi à décrocher le PS, il est un peu plus indulgent que ce qu'il voulait avec le Rassemblement National. Et là, manifestement, Marine Le Pen elle-même a mis un veto absolu à la nomination de Xavier Bertrand au ministère de la Justice. Je rappelle qu'elle attend le résultat de son procès. Et Xavier Bertrand, mauvais perdant ou en tout cas mettant le doigt là où ça faisait mal disant, moi, je ne rentre pas dans un gouvernement parce qu'on lui proposait l'agriculture, je ne rentre pas dans un gouvernement qui est dans les mains du Rassemblement National.

Et c'est vrai qu'aujourd'hui, ils font un peu la pluie et le beau temps en disant, une fois c'est bien, une fois on est en très dur et du coup on ne sait pas du tout. Ça, ça n'a pas changé vis-à-vis des gouvernements Barnier. C'est la même configuration. Exactement, la même configuration. Ils disent qu'on ne va pas censurer d'emblée comme ils avaient fait pour Michel Barnier. Mais on verra avec le budget. Et le budget sera à peu près en février, un mois avant le résultat de son procès. Donc si elle est toujours dans le même état d'esprit de mettre le chaos, elle censurera à nouveau.

26:42
Invité

Je suis tout à fait d'accord. Depuis le 13 novembre, Marine Le Pen a changé de stratégie. Avant c'était la stratégie de la cravate, vous vous rappelez ? Maintenant c'est la stratégie de la cravache. Elle sait qu'avant

26:54
Présentateur

le 31 mars, il faut qu'il se soit passé quelque chose, qu'il y ait une démission de Macron pour se sauver.

27:00
Invité

Parce que même s'il n'avait pas l'exécution provisoire dans son jugement, elle serait quand même condamnée à l'inéligibilité. C'est quand même pas très chic. Et donc je pense que les quelques sourires qu'elle fait, les quelques exigences qu'elle fait mine d'avoir sur Bertrand, sur un autre, elle amuse la galerie. Mais les prétextes, elle les trouvera toujours pour faire tomber le gouvernement. C'est vrai qu'elle ne le fera pas d'entrée de jeu parce qu'elle a un petit peu énervé la partie

27:23
Présentateur

la plus modérée de son électorat en votant la censure. Donc là, ça passera le 16 janvier. C'est là-dessus d'ailleurs que compte Bayrou.

27:31
Invité

C'est pour ça qu'il ne cède pas tout de suite à la gauche. Il sait qu'il n'est pas encore mort-vivant le 16 janvier ou le 14 janvier.

27:36
Présentateur

Je ne sais pas quand ça quand sera là. Le 14 ou le 16. Le 14, c'est le discours de politique général. Voilà. D'ailleurs, ce discours de politique général, je pense, restera plutôt qu'un discours général de politique. Là encore, il ne va pas trop se démasquer. Pas trop s'avancer. Parce que l'heure de vérité sera le budget. Et il va essayer de discuter jusque-là, si je peux me permettre cette transition. Bien sûr, il va discuter jusque-là, mais je voudrais qu'on parle d'Éric Lombard. Inconnu des Français, c'est ce qu'on disait dans le reportage. Lui, il a la tâche de récupérer Bercy à un moment donné où il faut faire un budget en urgence avec des conditions économiques que l'on sait.

Que peut-on dire de lui ? C'est le patron de la Caisse des dépôts. Il va faire un duo avec Amélie de Montchalin qui sera, elle, au budget. Une revenante aussi. Une revenante aussi, elle avait perdu effectivement en 2022. Ils sont tous les deux très proches d'Emmanuel Macron. Donc, ce n'est pas anodin dans la période. On sait que Emmanuel Macron n'a pas aimé le budget de Michel Barnier. Et Éric Lombard est un ami personnel d'Olivier Faure. Il vient de la gauche. Il a été au cabinet de Michel Sapin quand Michel Sapin était ministre de l'économie. Donc, voilà, c'est un social-démocrate. Est-ce qu'il serait susceptible de construire un budget qui plaise plus ou moins aux partis socialistes ?

Ça va être tout l'enjeu. Vous parlez d'Emmanuel Macron en considérant que c'est potentiellement un profil qui lui plaît davantage. Ça veut dire que c'est encore lui qui était aux manettes ? Quand vous regardez ce gouvernement, vous dites il y a la touche Macron ?

29:10
Locuteur

Oui.

29:11
Présentateur

Il ne veut pas qu'on dise ça. Bon, on va peut-être le dire si c'est le cas. Je ne dis pas que ce n'est pas le cas. Donc, c'est très difficile d'avoir... Il ne l'admet pas. D'accord. C'est un gouvernement Bairou, etc. Quand vous regardez de près, il y a quand même pas mal de proches à lui. On sait qu'il est en difficulté avec Gabriel Attal et tous les proches de Gabriel Attal ne sont plus là. Ils ont été sortis. Ils ont été sortis. Adjante, Armand qui était à l'économie, etc. et eux, effectivement, arrivent tous les deux à Bercy. Gérald Darmanin aussi. En même temps, Gérald Darmanin, il voulait le Quai d'Orsay et Emmanuel Macron ne s'est pas battu pour l'avoir au Quai d'Orsay.

Il le laisse aller à la justice. Donc, oui, je pense quand même qu'il y a la patte d'Emmanuel Macron dans ce gouvernement. Marc Lazard ?

30:06
François Bayrou

Oui, je le pense aussi étant donné le choix des ministres. D'ailleurs, c'est intéressant comme élément de réflexion parce que d'un côté, on a un président de la République extraordinairement affaibli, extraordinairement isolé, qui n'a perdu aussi son aura au niveau européen. Ce n'est pas un élément important pour lui parce qu'il y a quand même quelques continuités chez lui et notamment la question européenne qui bat des records d'impopularité auprès de l'opinion publique.

30:31
Présentateur

qui a réussi Notre-Dame et qui a fait venir Trump.

30:34
François Bayrou

Oui, c'est vrai. Enfin, c'est apparemment... J'ai vu que dans un sondage, il a remonté un point et demi ou deux points. Moi, j'ai toujours dit que c'est le... Enfin, j'ai toujours dit depuis que Macron est président de la République et surtout après l'affaire des Gilets jaunes que c'est sans doute le président le plus détesté de l'histoire de la Ve République de manière transpartisane et y compris justement dans les catégories les plus populaires. Ça n'a pas toujours été le cas des différents précédents présidents de la République mais il a encore les instruments institutionnels et son interprétation de la Constitution et c'est justement ça que lui reprochent les Français.

C'est-à-dire qu'il met des gens dans lesquels il a confiance et qui justement actuellement manifestement ça ne passe pas dans l'opinion.

31:15
Présentateur

Que pourrait-il faire d'autre ? Est-ce qu'il pourra dire « Bon, ok, très bien, j'ai perdu François Bayrouf, est-ce que tu veux ? »

31:23
François Bayrou

C'est une interprétation possible de la Constitution. C'est une interprétation possible de la Constitution de dire au Premier ministre « C'est à vous, cher François Bayrouf, puisque je crois qu'il se vouvoie, il ne se tutoie pas alors qu'il tutoie assez facilement. Donc à vous d'organiser, c'est votre projet et moi justement j'essaye de relancer une stature internationale, d'essayer de retrouver de la crédibilité pour la France par rapport aux enjeux européens et mondiaux qu'il y a. La guerre en Ukraine, la question du réchauffement climatique, la guerre au Moyen-Orient, l'administration Trump. Manifestement, non. Il a cette volonté d'intervenir. C'est même,

31:58
Présentateur

je suis d'accord avec vous, c'est même, je pense, l'interprétation de la Constitution. C'est-à-dire que, alors tout le monde n'est pas de Gaulle et puis on n'est plus dans la même période, donc on n'est pas obligé de démissionner face à un camouflet quand on a fait un retour au peuple. C'était le terme même, les termes mêmes de l'équipe d'Emmanuel Macron pour justifier cette dissolution. néanmoins, dans ses leçons, elle impliquait quand même plutôt une mise en retrait d'Emmanuel Macron. Alors après, la situation est compliquée. On ne peut pas dire qu'il y a une majorité alternative qui faciliterait les choses.

S'il y avait une majorité alternative, au moins, il y aurait une cohabitation et ce serait simple. néanmoins, je pense que oui, le fait de rester au centre du jeu, il pense, lui, il pense toujours que c'est lui la solution du problème. Mais moi, je pense qu'en vérité, on continue d'accentuer le problème et pour répondre presque par l'absurde à la question qui est posée, est-ce qu'aujourd'hui, tel que le couple exécutif fonctionne avec le couvertement qui nous a été annoncé, on peut s'imaginer qu'on va inverser la tendance par rapport à cette espèce de retour du refoulé politique qui a lieu en Italie, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni avec le Brexit et qui nous pend au nez.

Écoutez, moi, je ne pense pas mais je ne veux pas non plus être complètement pessimiste et on verra bien. Pas ce soir. Pas ce soir. Juste, vous avez prononcé son nom rapidement tout à l'heure, Gabriel Attal, en expliquant que ses supporters, ses proches avaient été écartés du gouvernement. Concernant Édouard Philippe, qui a été très discret depuis l'arrivée de François Bayrou aux Manettes, est-ce que lui a réussi à placer des proches dans son gouvernement, Édouard Philippe ? Il y a Marc Angélie qui sera à la fonction publique en remplacement de Guillaume Casbarian qui lui était attaliste.

Ce que pouvait faire Emmanuel Macron aussi s'il voulait vraiment sortir des griffes du RN et avoir un accord avec le PS, c'était de nommer une personnalité issue de la gauche mais acceptable par la droite et le centre type Bernard Cazeneuve qui se préparait une fois de plus, etc. et ça il n'a pas voulu parce que derrière c'est la mise en cause de la réforme des retraites et c'est une autre politique économique. Vous voulez dire quelque chose ?

34:16
Invité

Oui, pardon, il y a deux perdants

34:17
Présentateur

qui sont les deux grands chapeaux à plume de la majorité ou de la petite majorité, c'est Gabriel Attal et Laurent Wauquiez. Je les mélange parce qu'effectivement Attal a été déplumé si je puis dire au gouvernement et Wauquiez a une portion congrue dont il s'est plaint publiquement devant ses troupes et il n'a une fois de plus pas accepté d'entrer au gouvernement, il y a mis des conditions qui étaient trop fortes mais du coup ils se retrouvent tous les deux

34:46
Invité

sans visibilité, assez aigris et je pense que dans les faiblesses du gouvernement certes c'est parce que ils n'ont pas élargi

34:54
Présentateur

leur socle mais il y a aussi le fait que les deux présidentiables en dehors d'Edouard Philippe qui a une côte qui est déjà installée qui peut se permettre de rester silencieux ces deux-là vont saper tout aussi consciencieusement les bases de ce pauvre Bayrou dont il n'était pas content du tout qu'il arrive parce qu'en plus il est présidentiable lui-même donc ils vont lui saper les bases comme ils ont fait à Barnier c'est vraiment et alors surtout que

35:21
Invité

Bayrou aurait pu devenir un premier ministre un peu plus de plein exercice mais il a fait des quoi qu'en arrivant il est retombé comme étant un peu le collaborateur

35:31
François Bayrou

il y a un homme qu'on oublie c'est Xavier Bertrand

35:33
Présentateur

on en a dit un mot tout à l'heure mais lui il peut profiter

35:36
François Bayrou

de se baver dans la main

35:39
Présentateur

sur l'ORN

35:39
François Bayrou

je ne sais pas s'il a eu un raisonnement machiavélique c'est-à-dire je veux rentrer en gouvernement en sachant très bien que l'ORN s'y opposerait mais en faisant le communiqué qu'il a fait je pense qu'il tente quelque chose c'est-à-dire de dire

35:50
Présentateur

moi je suis responsable

35:53
François Bayrou

j'étais prêt à aller au charbon vous employez cette expression deux j'avais posé une condition c'est justement le ministère de la justice et je pense avoir la capacité trois regarder le RN l'a empêché et d'où la diatribe qu'il a porté contre François Béraud et donc prendre à partie les français en disant moi je suis un homme de la droite sociale et donc je suis un candidat potentiel pour 2027 et une partie cette fois-ci d'électorat de gauche dans le cadre d'un second tour alors tiens on est vraiment à la politique fiction oui mais une partie de l'électorat de gauche pourrait voter Xavier Bertrand et je crois qu'attention sa grande faiblesse c'est qu'il n'a pas de partie mais je crois

36:29
Présentateur

en tout cas c'est un acte fondateur à vos yeux

36:31
François Bayrou

je pense que oui on va voir comment il va se comporter dans les jours à venir ou dans les semaines ou les mois à venir

36:36
Présentateur

en même temps Laurent Wauquiez et Gabriel Attal qui ont beaucoup sapé l'autorité de Michel Barnier ils l'ont payé cher en termes de sondage donc est-ce que lui ne peut pas aussi perdre de ce point de vue là alors l'arrivée de Gérald Darmanin justement à la justice a été applaudie par les syndicats de policiers c'est assez inhabituel l'ancien ministre de l'intérieur promet de travailler main dans la main avec Bruno Retailleau qui est donc installé et qui reste place Beauvau un attelage déjà dénoncé par le parti socialiste qui voit un signe inquiétant les osseux Claire Blondiot et Pierre Dorn place Vendôme ce matin passage de témoins un bras intendu entre Didier Migaud issu de la gauche sur le départ et Gérald Darmanin excellère tout juste nommé

37:25
François Bayrou

être garde des osseux c'est aussi ne pas pouvoir s'exprimer publiquement et donc garder pour soi ses opinions ses réactions ses émotions car la neutralité l'impartialité et l'indépendance de la justice doivent primer par-dessus tout

37:41
Présentateur

petite phrase en forme d'avertissement à son fougueux successeur

37:46
Invité

Monsieur le ministre comme vous je crois qu'une France sans justice ne peut fonctionner

37:51
Présentateur

Gérald Darmanin fait donc son grand retour au gouvernement en tant que garde des osseaux

37:56
Invité

avec Bruno Retailleau il forme le nouveau couple justice-police question de cohérence politique tous les français pensent qu'il y a un problème entre justice et police et si pour une fois on peut essayer de voir si on peut mobiliser l'effort de la nation pour assurer un peu de paix civile Il y a une cohérence pour vous Bruno Retailleau Gérald Darmanin ? Non, il y a pire que ça il y a une exigence Une exigence posée également par Bruno Retailleau lui-même sa condition pour rester au gouvernement il l'assurait la semaine dernière

38:28
François Bayrou

Je ne pourrais rester au gouvernement que si je suis en mesure de mener la politique que veulent la majorité des français c'est-à-dire de restaurer l'autorité la fermeté l'ordre public aussi bien dans la rue qu'à nos frontières

38:43
Présentateur

Gérald Darmanin s'inscrit dans la droite ligne

38:46
Invité

de son collègue de l'intérieur vocabulaire objectif lutter contre les violences faites aux personnes contre le séparatisme islamiste contre le narco-banditisme et le trafic de drogue je veux répondre à l'incompréhension grandissante de nos concitoyens qui voient des actes de violence du quotidien pourrir leur vie Un tandem très médiatique et un risque celui de la bataille d'Ego habitué des projecteurs l'un comme l'autre commente tout lors des réquisitions contre Marine Le Pen Gérald Darmanin n'hésite pas à prendre position Il serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible et ainsi ne puisse pas se présenter devant le suffrage des français Une déclaration qui fait aujourd'hui grincer des dents dans la magistrature En trois mois Bruno Retailleau a lui su s'imposer à coup de formules efficaces dès l'annonce de ses priorités

39:40
François Bayrou

La première rétablir l'ordre La deuxième rétablir l'ordre La troisième rétablir l'ordre

39:48
Présentateur

Un ministre de l'Intérieur omniprésent

39:51
Invité

qui même après la censure continue à occuper le terrain y compris politique comme lorsqu'à son retour de Mayotte il déclare qu'il faudra reprendre le contrôle de l'immigration sur l'île Est-ce que c'était le moment ? Bien sûr que c'est le moment

40:03
François Bayrou

Il faut modifier notre législation Pourquoi est-ce que je veux moi qu'on légifère sur l'immigration ? Parce qu'on a besoin de régler des problèmes pratiques On a laissé les Mahorais seuls devant leur malheur

40:15
Invité

Alors quel avenir pour ce duo de choc du gouvernement Bayrou ? Les avis sont partagés Sur le papier j'ai envie de dire qu'on a un duo d'attaque type Benzema Kylian Mbappé qui moi en tout cas me satisfait bien C'est un signal très à droite et c'est un signal aussi pour nos libertés publiques Mais qu'importe les ambitions de ses ministres François Bayrou a d'ores et déjà prévenu Pas de grande loi immigration destinée dit-il à faire de la communication

40:41
Présentateur

Cette question d'Eric en Haute-Garonne Bruno Retailleau à l'intérieur et Gérald Darmanin à la justice c'est un peu fromage et dessert non ?

40:50
François Bayrou

Oui Je suis surpris par la formule mais je vois que l'approche du réveillon Oui bien sûr en même temps deux observations La première c'est qu'effectivement c'est un tandem normalement on pédale ensemble je crois c'est un tandem je pense qu'au bout d'un moment ça a été rappelé dans votre reportage ils risquent effectivement d'avoir

41:12
Présentateur

Oui en tout cas sur la ligne politique ils essaient d'aller dans le même sens

41:15
François Bayrou

Certainement mais je pense que leurs ambitions iront aussi dans le même sens c'est que là ça risque d'être problématique parce que je pense que l'un et l'autre encore une fois c'est toute l'obsession et tout le problème de notre système politique c'est 2027 c'est la première observation La seconde c'est le contenu de cette politique et le choix de François Béroux qui est compliqué d'ailleurs parce qu'il a quand même dit je n'ai pas nommé Xavier Bertrand parce qu'il avait une conception guerrière de la justice et il nomme Darmanin c'est quand même assez paradoxal Par ailleurs il dit tout le bien qu'il pense de Retailleau mais en même temps il dit il ne faut pas une loi immigration il adopte hier dans l'interview qu'il a sur une chaîne concurrente il disait qu'il fallait en même temps faire attention qu'il fallait intégrer par le travail donc ce n'est pas exactement le même discours que Retailleau et là on retrouve le François Béroux centriste on retrouve ce qu'il a toujours été de cette vieille conception mais au bon sens du terme à mes yeux la vieille conception démocrate chrétienne de la politique et notamment de l'immigration donc je pense que ça va être compliqué c'est clair qu'en faisant ça il y a l'objectif de prendre des voix au rassemblement et ça a deux conséquences la première c'est de savoir si ça va être efficace le temps est court puisqu'on dit que ce gouvernement peut-être sera qu'un gouvernement non pas balnéaire mais hivernal donc il y a très peu de temps pour faire leur preuve et la deuxième chose c'est que Marine Le Pen peut considérer comme elle l'avait fait sur la loi immigration je gagne c'est à dire c'est ma politique qui est appliquée et donc il vaut mieux l'original à la copie avec en plus peut-être si jamais ça fonctionne ce tandem ce duo et bien c'est de se dire vite il faut que je fasse tomber le gouvernement parce que là et d'ailleurs j'ai été très étonné hier soir que tous les commentaires des représentants du RN ce n'était plus sur l'immigration c'était sur les questions sociales alors on va dire on va attendre Bayrou sur les questions sociales et non plus sur les questions sociales ils déplacent le curseur

43:02
Présentateur

Cécile Cornudet sur ce choix je le disais les syndicats de policiers ont applaudi l'arrivée de Gérald Darmanin à ce ministère de la justice parce que les policiers disent toujours qu'ils ont beau très bien travailler si c'est pour retrouver les gens qu'ils arrêtent un mois après dans la rue ça ne sert à rien donc et on a traditionnellement un duo antagoniste on voit bien Didier Migaud et Bruno Retailleau ça ne fonctionnait pas très bien finalement il n'y a que sous Nicolas Sarkozy où il y avait eu Michel Elio-Marie à l'intérieur et Rachida Dati à la justice où il y avait eu comme ça deux profils un peu complémentaires c'est possible que ça fonctionne en tout cas effectivement Gérald Darmanin lui dès sa passation de pouvoir dire cette semaine j'envoie des notifications au procureur pour agir plus fermement et il liste les domaines peut-être qu'ils ne seront pas si concurrents que ça ils se sont connus au moment de la loi immigration Gérald Darmanin a été ministre de l'intérieur et s'était beaucoup reposé sur le travail de Bruno Retailleau au Sénat sur l'immigration donc ils se connaissent un petit peu ils ne sont pas de la même génération mais ils viennent tous les deux de LR et ils se connaissent un petit peu et bon on va voir si ça peut marcher en tout cas pour le RN le Rassemblement National le fait qu'il n'y ait que Bruno Retailleau qui émerge dans le gouvernement Barnier c'était devenu un problème et on dit beaucoup que la conversion de Jordan Bardella à la censure était liée à cette inquiétude autour de cette personne qui pouvait un peu trop plaire au bout d'un moment à leurs électeurs donc là s'il y a une sorte de duo est-ce qu'il est noyé dans les poids lourds ?

Il était le seul poids lourd de l'ancienne équipe est-ce qu'il est noyé dans les poids lourds ?

Forcément comme il était le seul il était invité tout le temps parce que j'imagine les télés savaient que ça ne faisait pas d'audience avec les autres donc là il va avoir de la concurrence Oui il est en même temps le seul qui n'est vraiment franchement pas issu de la Macronie dans les poids lourds enfin oui à peu près c'est un fusil à un coup c'est-à-dire que d'un côté on sent que François Bayrou a sur cette question du régalien pris acte que la majorité des Français d'ailleurs de gauche comme de droite avaient envie d'une politique plus ferme donc clairement dans l'affichage là c'est très ferme mais justement si c'est de l'affichage c'est tout bénéfice pour le Rassemblement National derrière et si ça marche Marc Lazare a raison il pourrait être tenté d'essayer de censurer en plus vite pour surtout pas convaincre leurs électeurs que finalement les partis de gouvernement ont finalement pris en compte le diagnostic populaire sur cette question donc voilà c'est un peu l'équation mais bon il y a tellement de paramètres dans ces équations qu'on verra bien ce qui ressortira ça fait partie des surprises cet attelage ou pas de cette nouvelle affiche oui ce choix en fait

45:47
Invité

ce n'était pas prévu comme ça Darmanin ne voulait que le ministère des affaires étrangères c'était son combat et d'ailleurs Emmanuel Macron était plutôt pour mais il fallait sacrifier Jean-Noël Barraud c'est compliqué ça fait partie des choses qui ont pris du temps d'ailleurs et puis l'équation Bertrand mais je dirais que sur Darmanin Retailleau et Bayrou il y a pour une fois un alignement des planètes sur l'objectif qui est de répondre à la demande de sécurité et pas seulement des électeurs du Front National je pense que dans l'opinion en général y compris des électeurs de gauche il y a une demande d'autorité de fermeté d'ordre qui là pour le coup est justifiée comme réponse alors après sur Darmanin on peut toujours avoir des surprises parce que moi

46:32
Présentateur

je me rappelle la passation de pouvoir avec Retailleau et Darmanin où Darmanin elle a débordé sur sa gauche en disant mais moi je m'appelle Moussa vous savez

46:41
Invité

les immigrés ça du bon et les entrechats de monsieur Moussa n'ont pas fini de nous amuser parce que je vous assure qu'à la justice il ne sera pas juste

46:50
Présentateur

tout facho il sera populaire c'est son style il ne veut pas s'enfermer dans un look autoritaire en tout cas si on revient au ministère de l'intérieur pas de grande loi destinée à faire de la communication dit François Bayrou ça a été une ligne rouge puis finalement il a accepté de revoir un peu sa position c'était un chiffon rouge des socialistes qui ne disaient pas d'accord de non-censure s'il y a une loi sur l'immigration et Retailleau s'en est sorti en disant pas de grande loi sur l'immigration mais des mesures législatives donc des propositions de loi etc.

en réalité les deux Gérald Darmanin et Bruno Retailleau j'ai l'impression veulent davantage mettre en avant cette fois-ci la lutte contre le narcotrafic ça va être le grand sujet parce que c'est beaucoup plus consensuel que l'immigration donc c'est peut-être là-dessus qui pourrait quand même avoir un...

le narco-banditisme et le trafic de drogue ce sont ma priorité absolue Gérald Darmanin la drogue pourrit tout parmi les discussions qui sont à venir il y a et vous l'avez dit la question budgétaire alors depuis qu'il est arrivé aux responsabilités c'est vrai qu'on n'entend pas de pistes d'économie ou de recettes mais hier François Bayrou s'est exprimé sur le sujet il a donné des pistes d'économie et là aussi il y a un peu un air de déjà vu regardez

48:06
Invité

priorité à la baisse de la dépense publique improductive nous avons construit je disais un système labyrinthique nous avons construit une administration qui est devenue illisible on a multiplié je crois qu'il y en a 1200 des agences dont personne ne sait très bien comment elles fonctionnent qui ne rendent pas de compte

48:33
Présentateur

c'est ça qui est frappant on était en train de commenter cette déclaration on se dit ça aussi c'est un sujet de Bayrou depuis 30 ans la question de la dette les économies pour l'instant à part supprimer quelques agences et donc ce que disait Michel Barnier il n'y a pas de pistes nouvelles je vais être un peu méchante cette histoire de Bayrou et de la dette c'est vrai que c'était son grand thème dans la campagne de 2007 parce qu'il avait à côté de lui le banquier Perlevade qui était vraiment sincèrement préoccupé par le sujet lui depuis on ne peut pas dire même au plan il était commissaire au plan qu'il ait nourri la réflexion sur ce sujet là donc en réalité je pense qu'il avance en marchant il n'est pas encore complètement au clair sur comment il va arriver à dénouer ce budget sa chance c'est que là il y a des vacances donc espérons qu'il se mette à travailler je ne sais pas mais espérons parce que c'est vrai que c'est le grand enjeu il dit qu'il faut que ce soit prêt en février a priori il a envie de partir de la copie de Michel Barnier c'est pour ça qu'on a une impression déjà vue et après de négocier avec les uns et les autres les voies de passage plus sérieusement ça ne tombe pas si mal cette période là où il va peut-être travailler les équilibres pour le prochain budget c'est ça qui va se passer alors il pouvait le mettre un peu en scène dire je convoque une session parlementaire on travaille dès maintenant on réunit les partis non ça va se faire plutôt dans la coulisse donc espérons que ça va se faire en tout cas François Bayrou assure qu'il aimerait tenir l'objectif de 5% de déficit en 2025 donc pour ça il va falloir attendre le discours de politique générale on en parlait en tout cas il y en a une qui affiche une méthode assez radicale pour faire des économies c'est la présidente de la région pays de la Loire Christelle Morancet élue Horizon a annoncé 100 millions d'économies c'est plus du double de ce qu'avait demandé Michel Barnier forcément cela ne passe pas inaperçu mais elle assume Théomane Val Stéphane Lopez

50:27
Invité

un budget régional aura autant fait parler en annonçant il y a quelques semaines 100 millions d'euros d'économies là où le gouvernement lui en demandait 40 Christelle Morancet patronne de la région pays de la Loire s'est attiré les foudres du monde associatif et culturel

50:46
Présentateur

ce budget est donc adopté

50:50
Invité

découpe drastique sans état d'âme

50:55
Présentateur

oui je l'assume totalement c'est pas un effet de zèle ou d'être première de la classe comme certains peuvent le dire c'est une responsabilité collective quand vous êtes dans un pays avec 3300 milliards de dettes je dis pas que ce sont les collectivités qui ont contribué à cette dette puisque nous on doit faire des budgets à l'équilibre en revanche on doit aussi y contribuer c'est notre responsabilité

51:17
Invité

au rayon des coupes qui lui ont valu les unes de la presse les subventions aux associations sportives environnementales celles versées au planning familial et une baisse de 73% des sommes allouées à la culture

51:31
Présentateur

alors je n'arrête pas la culture c'est toutes les subventions qui ont été regardées ligne à ligne et quand j'ai pris ligne à ligne mon choix ça a été est-ce qu'aujourd'hui ça fait partie de nos compétences est-ce que ça fait partie des priorités et est-ce que c'est un enjeu pour l'avenir demain et je pense que le drame aussi de ce pays c'est une subvention c'est pas acquis à vie j'ai même dit qu'on était shooté à la dépense publique aujourd'hui je pense que l'ensemble des acteurs ont pris pour habitude que la subvention c'était acquis à vie et la subvention c'est pas non plus pour payer des loyers ou des emplois c'est à un moment donné quel effet de levier ça peut faire pour un territoire

52:09
Invité

critiqué aussi l'arrêt des subventions aux missions locales pour l'emploi symbole d'un millefeuille français pour Christelle Morencet

52:18
Présentateur

moi je suis très à l'aise aujourd'hui on a trop de strates c'est aujourd'hui les missions locales dédiées aux jeunes mais il y a une instance une instance qui s'appelle France Travail qui gère tous les demandeurs d'emploi et donc arrêtons d'avoir des doublons un petit peu partout parce que demain vous avez aujourd'hui les missions locales donc pour les jeunes demain il faudrait une instance pour les personnes qui sont seniors pour les personnes en situation de handicap etc non ce budget c'est pas de l'austérité

52:43
Invité

100 millions de coupes c'est pas de l'austérité

52:45
Présentateur

non c'est pas de l'austérité vous savez l'investissement sur ce budget va être plus important que le budget 2024 je maintiens un investissement à 516 millions d'euros c'est justement d'investir dans les transports c'est d'investir dans nos lycées donc c'est pas de l'austérité

53:01
Invité

encartée à horizon Christelle Morancet affiche volontiers sa proximité avec Edouard Philippe une accession à l'Elysée en 2027 serait-elle alors aussi synonyme de coupe sombre dans le budget de la France

53:14
Présentateur

je peux pas vous laisser dire dire ses propos on est en train de bâtir un projet pour Edouard Philippe et encore une fois n'essayons pas de faire croire telle ou telle chose que c'est le programme d'Edouard Philippe pour 2027 en tout cas c'est le programme que je souhaite pour ma région moi mon seul objectif c'est l'intérêt général c'est pas d'être aimé mais c'est plutôt d'être utile votre réaction à ce reportage c'est vrai que Edouard Philippe il avait promis un projet un programme massif sur les réductions

53:46
Invité

oui on a un peu l'impression que c'est un laboratoire du philippisme et que donc le projet massif que Edouard Philippe ne veut pas nous révéler parce que je pense qu'il sera encore assez impopulaire je crois savoir qu'il veut même toucher au niveau

54:00
Présentateur

des pensions donc il va faire quelque chose effectivement de très massif ça passera ou ça cassera

54:05
Invité

mais enfin c'est sur son intention et alors là effectivement on a en miniature ce que pourrait être un budget rationalisé comme on dit et alors ça touche des secteurs qui nous rappellent un peu l'ancien temps quand ça touche la culture ça rappelle un peu Maurice Druon qui disait oh tous ces cultureux qui ont la sébie dans une main et le cocktail Molotov dans l'autre bon je suis sûr qu'il y a des arrière-plans politiques dans les coupes qui sont visées le planning familial qui vire un peu trop à gauche la culture aussi il doit y avoir un sous-texte mais c'est vrai que sous prétexte de mettre de la rationalisation et de faire des économies sur le fonctionnement pour privilégier l'investissement il y a au passage beaucoup de casse

54:45
Présentateur

Baudouin qui nous pose cette question en Belgique en ces temps de crise est-ce bien à l'état de financer club de sport ou festival Mme Moroncet n'a-t-elle pas eu raison Marc Lazard

54:53
François Bayrou

je crois que si on essaye d'avoir un regard distancié sur cette situation locale que je ne connais pas régionale que je ne connais pas précisément c'est vrai qu'il y a un dilemme terrible c'est-à-dire qu'il faut faire des réductions de dépenses alors François Bayrou a parlé de dépenses publiques introductives donc effectivement c'est difficile à trouver est-ce que c'est improductif la création culturelle est-ce que c'est improductif le planning familial j'entends bien qu'il peut y avoir des dérives là aussi d'après ce que j'ai compris réduit les investissements en matière écologique est-ce que c'est des dépenses improductives j'en sais rien ce que je crois c'est que quand on fait ce genre de politique à la limite on peut faire comme ce qu'avait fait Tony Blair au Royaume-Uni c'est-à-dire on fait des réductions de dépenses après évaluation après évaluation c'est-à-dire la politique de l'évaluation on évalue ce qui a été donné par exemple pour un certain nombre d'organismes culturels c'est vrai je comprends c'est ce qu'elle dit

55:47
Présentateur

les subventions c'est pas à vie

55:48
François Bayrou

c'est tout à fait vrai c'est tout à fait vrai et je risque de me fâcher avec tout le monde culturel évidemment mais je pense que c'est vrai mais c'est très dur à évaluer la création culturelle mais il y a des critères l'audience la qualité la reconnaissance par les pères enfin il y a beaucoup de périmètes nous à l'université moi je suis universitaire on est évalué maintenant et moi j'ai toujours accepter l'évaluation c'est tout à fait normal

56:12
Présentateur

je pense que vous avez des bonnes notes

56:13
François Bayrou

mais non mais c'est pas simplement les notes des étudiants c'est les évaluations de nos recherches les évaluations de nos recherches c'est normal qu'on demande par exemple à des chercheurs de savoir combien ils ont produit quelle était l'évaluation de leur père c'est tout à fait normal donc c'est ça qui me gêne moi dans ce type de discours c'est d'arriver à la fronçonneuse en disant voyez comme je suis brave et je réduis à la ravière Méleil là je vois qu'elle a été comparée à lui mais je pense que ce qui est important c'est d'accord on fait des dépenses mais après des évaluations de ce qui a été déjà fait

56:43
Présentateur

je crois qu'elle se construit aussi un personnage il y a deux éléments qu'il faut savoir elle vient d'être nommée vice-présidente du parti horizon d'Edouard Philippe et Edouard Philippe rappelez-vous en octobre a dit qu'il se préparait à une éventuelle élection anticipée à la présidence de la république autour d'Edouard Philippe il n'y a pas de grande personnalité il n'y a pas de grand visage là on parle d'elle elle a fait la une de Libé elle est en train de construire un discours et une image pour accompagner Edouard Philippe dans sa conquête de l'Elysée Anne Rosancher oui mais en fait il y a des dépenses de l'état ou de subventions bien entendu à réduire mais il faut faire juste attention à une chose c'est que quand on regarde sur le temps long depuis même le début des années 80 ce qui explose ce n'est pas la dépense de l'état qui reste à peu près stable dans le PIB d'ailleurs si elle l'avait explosé sur le salaire des instituteurs des infirmières des médecins ça se saurait des policiers etc ce qui explose c'est les transferts sociaux aux ménages et les transferts aux entreprises et c'est ça qu'il faut regarder c'est à dire que vous ne pouvez pas juste sortir la tronçonneuse en disant l'état est obèse ou je ne sais pas quoi et ne pas regarder qu'en fait on a un modèle qui aujourd'hui ne fonctionne plus à cause de la désindustrialisation etc parce qu'on a financé par une espèce de quoi qu'il en coûte social dans les transferts aux entreprises et aux ménages quelque chose qui ne tient plus donc aujourd'hui si dans le même temps vous n'êtes pas en train de réindustrialiser vous n'êtes pas en train de regarder comment fonctionne notre protection sociale en fait tout ça ça ne rime à rien et nous revenons maintenant à vos questions pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour accoucher d'un tel gouvernement parce qu'il voulait un autre gouvernement et qu'il n'y a pas arrivé il a essayé d'avoir des personnalités de gauche Bernard Cazeneuve Pierre Moscovici Philippe Brun enfin on sait que Valérie Rabot beaucoup ont été approchés et n'ont pas voulu donc voilà il a fallu se retourner essayer de trouver d'autres personnalités Raymond dans les Alpes de Haute-Provence pas de miracle de Noël avec un gouvernement aux airs déjà vus comment espérer sortir le pays de cette crise politique qui veut je ne sais pas qui peut répondre à cette question allez Marc Lazare

59:04
François Bayrou

ça donne sur moi j'essayais d'y échapper comme les élèves qui sont pour du radiateur exactement j'y étais longtemps moi pour du radiateur en plus donc non je crois que vraiment il y a une question fondamentale qui est la reconstruction de la confiance politique dans ce pays et c'est vraiment une affaire très importante de longue durée malgré alors que justement la temporalité s'accélère de plus en plus et ça c'est vraiment fondamental et puis je crois moi ce qui me frappe beaucoup c'est l'irresponsabilité des uns et des autres des partis politiques tous les partis politiques depuis des années disent il faudrait qu'on ait un pouvoir parlementaire plus important qu'il faut rééquilibrer une certaine pratique institutionnelle qui n'a pas commencé avec Emmanuel Macron que Emmanuel Macron a accrue ils ont l'occasion de le faire justement et rappelez-vous aux alentours du 10 décembre il y a eu presque une semaine un peu d'euphorie d'enthousiasme y compris sur votre plateau où tout le monde disait peut-être enfin ça y est on va avoir la culture du compromis regardez ce qui se passe en Allemagne regardez ce qui se passe en Italie enfin ça et là ça s'effondre littéralement alors peut-être que François Bayrou va réussir à prendre son bâton de pèlerin

1:00:13
Présentateur

peut-être que sur le contenu que sur le budget vous le disiez sur la réforme des retraites

1:00:17
François Bayrou

mais je crois que la question il y a des situations historiques où les responsables politiques doivent être à la hauteur justement de la gravité de la situation et j'ai l'impression qu'ils ne le sont pas et que là vraiment les torts sont partagés

1:00:29
Présentateur

question de Kevin en Haute-Garonne de bons orateurs et débatteurs la sécurité à droite l'économie à gauche le reste au centre plutôt malin Essayons de voir les choses positivement on est le soir de Noël ça peut peut-être marcher parce que c'est vrai qu'on a beaucoup critiqué Michel Barnier pour avoir un gouvernement d'inconnu et là on dit c'est des chevaux de retour donc peut-être que ça peut marcher et cette question de Paul en haut de sa voix très en forme ce soir il ne manque que Ségolène Royal il y a eu la rumeur elle, elle a dit qu'elle était prête il y a eu la rumeur à un moment donné je ne sais pas où ça a coincé si ça a été vraiment envisagé Gérard dans le lot Retailleau et Darmanin en couple régalien Bertrand écarté l'ombre du RN plane sur ce gouvernement non ce qu'on a dit tout à l'heure c'est que tant qu'il n'y aura pas d'accord du côté de la gauche avec le PS il est sûr que le Rassemblement National est en position de peser puisque c'est lui qui a la clé d'un vote de censure Christine en Loire-Atlantique quitte du projet de loi sur la fin de vie puisque Bruno Retailleau est hostile c'est vrai que dans cette interview dans le JDD lui aussi a posé ses lignes rouges pour son retour enfin le fait qu'il reste au gouvernement en disant pas de projet de loi sur la fin de vie

1:01:47
Invité

c'est sûr que François Bayrou n'est pas très chaud c'est un catholique certes très laïque mais il a quand même des valeurs très catholiques et ce sujet trouble pas mal d'élus de droite et le compromis auquel était arrivé

1:02:02
Présentateur

l'Assemblée dans la dernière rédaction du texte qui allait un petit peu plus loin que le projet de départ a choqué certains et je crains parce que j'aurais souhaité moi que ce projet débouche qu'il ne soit enterré à l'occasion de toutes ces turbulences question de 6 en Moselle incompétents je suivirai eux ils reviennent ne faudra-t-il pas limiter leurs mandats leurs avantages leurs privilèges on a beaucoup eu ce commentaire dans la classe politique d'ailleurs disant en gros c'est le retour de ceux qui ont perdu c'est la démocratie normalement qui limite qui fait que par le jeu de la sanction des urnes à la fin normalement ceux qui échouent tout le temps ne reviennent pas donc il n'y a pas après de vous imaginer fixer des lois en disant si vous avez déjà perdu une fois vous ne pourrez plus jamais vous représenter après il y a d'autres

1:02:56
François Bayrou

les électeurs

1:02:57
Présentateur

voilà c'est ça

1:02:58
François Bayrou

exactement les spectateurs ils sont virés pardon excusez-moi oui oui c'est ça c'est les urnes c'est les urnes qui jouent

1:03:03
Présentateur

mais ils reviennent avec des nominations c'est ça aussi qui se tend cette question

1:03:06
François Bayrou

dans la période actuelle après Elisabeth Borne qui est élue du Calvados si je me souviens bien devra se représenter peut-être au mois de septembre prochain ou dans deux ans

1:03:14
Présentateur

oui mais vous parlez d'Amélie de Montchalin qui a été battu aux élections législatives

1:03:18
François Bayrou

et ça franchement je trouve que c'est pas un bon signe à titre personnel elle a été battue et bien battue par Jérôme Gage dans l'Essonne et c'est vrai que son retour alors que c'est une ministre très compétente incontestablement et qui d'ailleurs sa compétence est assez largement reconnue c'est pas un bon signal c'est vrai pardon excusez-moi surtout dans le contexte actuel de grande défiance

1:03:38
Présentateur

voilà c'est ça de défiance je dirais aussi et de dégagisme on sent qu'il y avait eu ce climat dégagiste en 2017 et là on y est encore et remettre au gouvernement en cible des gens qui ont déjà été dégagés c'est un peu risqué comment l'éducation nationale accueille-t-elle la nomination d'Elisabeth Borne ? avec prudence

1:04:00
Invité

c'est quand même une grande dame quelque part elle a été premier ministre c'est quand même un exemple de la méritocratie à la française

1:04:09
Présentateur

pupille de la nation

1:04:09
Invité

mais elle a passé des examens elle a quand même grâce à l'éducation nationale elle s'est élevée et donc c'est quand même un exemple mais évidemment c'est aussi un exemple d'autorité c'est pas sûr qu'elle trouvera les termes du dialogue nécessaire avec les syndicats d'enseignants en tout cas

1:04:27
Présentateur

numéro 2 dans l'ordre protocolaire de ce gouvernement et vous nous disiez au début d'émission que ça c'est un signal qu'a souhaité envoyer François Bayrou Macron est-il aussi fier de ce gouvernement que Bayrou ? il espère sans doute que ça dure cas un cas je suis pas sûr qu'il soit très optimiste la clarification n'est-elle pas limpide la France est actuellement ingouvernable ?

1:04:50
François Bayrou

ça oui ça je pense que c'est vraiment ingouvernable et encore une fois sont en cause les responsables politiques

1:04:57
Présentateur

dernière question de Dominique dans le Haut-Rhin les mêmes causes produisant les mêmes effets les jours de ce gouvernement sont-ils comptés ? on verra on va laisser passer le réveillon merci à tous d'être venus sur ce plateau je vous souhaite une très belle soirée au nom de toute l'équipe de C'est dans l'air une très belle soirée de Noël un très bon réveillon en famille avec des amis on vous retrouve demain nous à 17h30 pour un nouveau C'est dans l'air belle soirée