Nos territoires sont-ils prêts face aux changements climatiques ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
régionale aujourd'hui avec une opération spéciale qu'on va évoquer avec nos partenaires du journal West France. On va aller à Saint-Malo, en Bretagne, retrouver Ludovic Renou, journaliste à West France et en charge de ce supplément spéciale enquête de demain qu'on retrouve dans la presse régionale et notamment dans Ouest-France. Bonjour Ludovic.
Bonjour. C'est un supplément de 16 pages sur cette adaptation à véritable défi des territoires face aux changements climatiques. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur cette opération ?
Ah ben voilà, on voit la une du supplément. C'est une initiative qui a été montée il y a cinq ans. Le numéro qui sort ce matin, c'est le dixième, donc ça sort deux fois par an, une fois à peu près en mai-juin et l'autre en novembre-décembre.
Et en fait, c'est la réunion d'une cinquantaine de titres de presse quotidienne, qui sont donc réunies il y a cinq ans en disant que face au dérèglement climatique, les gens dans les régions se bougent, essayent de trouver des solutions. Et souvent avec des petits moyens, donc on s'en faisait l'écho chacun dans notre coin, dans nos colonnes, dans nos pages et il nous paraissait intéressant de mettre en commun ces idées, ces propositions, un peu comme une sorte d'ouvrir un peu le laboratoire pour que tout le monde dans les différents territoires se dise ah bah tiens en Bretagne ils font ça, ah tiens que les bretons se rendent compte que dans le sud de la France face à telle problématique on prouvait telle autre solution ou telle autre proposition donc c'est ça le point de départ de l'enquête de demain. Ludovic vous restez avec nous on va voir concrètement ce qu'il y a dans cette couverture de ce sujet très important, l'adaptation au réchauffement climatique.
Steve ça irrigue un peu toute la presse quotidienne régionale, ce sujet notamment le républicain Laurent. Oui le républicain Laurent qui se penche sur nos écoles, comment les repenser face aux dérèglements climatiques, se demande le journal. Salle de classe climatisée au cours à l'ombre sous les arbres.
En tout cas les établissements vont clairement devoir s'adapter aux grosses chaleurs qui arrivent de plus en plus tôt. Des changements qui sont aussi très très coûteux pour les collectivités, Alex. Et puis ce réchauffement climatique, il a une conséquence sur la viticulture.
Oui, le sud de la Manche devient terre de vin autour d'Avranches. Des vignerons se sont lancés dans le vin bio et biodynamique. Les premières bouteilles sortent cet été.
Alex, les infos sont à retrouver dans la Gazette de la Manche. On va voir ce qui se passe sur ce sujet dans les territoires ultramarins qui subissent de plein fouet les conséquences de ce réchauffement climatique. On en parle avec Ludovic Renou de Ouest-France, les territoires ultramarins qui sont les premiers menacés par ce réchauffement.
Oui et c'est d'ailleurs un des articles qu'on On propose ce matin, dans Enquête de demain, le supplément. Et on a une de nos journalistes, Valérie Parlant, qui nous évoque le cas des territoires ultramarins, mais en mettant aussi le focus sur ce qui va se passer à Miquelon. Donc, Miquelon, c'est une des deux îles de l'archipel, Saint-Pierre et Miquelon.
C'est l'île la plus grande. Et en fait, depuis 2022, il y a eu une réflexion qui a été engagée et là, qui est déjà mise en en œuvre, en fait, pour déplacer le village de Miquelon. Alors, Miquelon, c'est complètement au nord de l'archipel et c'est une commune qui, en moyenne, est à 3 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer.
Et ils se sont raperçus en 2022 qu'ils avaient des remontées de tempêtes tropicales jusque sous leur latitude, c'est juste sous Terre-Neuve pourtant, et que, potentiellement, le village était déjà menacé. Donc il y a une réflexion qui a été engagée pour déplacer l'intégralité du village. On se souvient de ce qui se passe dans le sud ouest sur le front des Landes, où des bâtiments ont dû être déplacés.
Nous, dans les colonnes d'enquête de demain, on évoque les problèmes actuels qu'ont par exemple des campings qui vont être déplacés dans la Manche en Normandie, ou d'agriculteurs qui commencent à avoir des terres de pâture qui sont submergées très ponctuellement par la mer. Eh bien là, c'est carrément tout un village qui va déménager. Le processus a été engagé en 2022-2023, il y a eu une réflexion au niveau de la commune et de toute la population, et comment le village va être déplacé d'un kilomètre et demi pour aller sur un site qui est distant d'un kilomètre, donc un kilomètre et demi un petit peu plus au sud, et là qui va se retrouver à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la mer.
On estime que comment ce déplacement, alors là c'est à peu près pour 600 personnes, il va prendre quand même plusieurs dizaines d'années. Merci Ludovic, merci beaucoup pour toutes ces explications. Ludovic Renaud, journaliste à Ouest France, à Saint-Malo.
On va justement regarder la une aujourd'hui du journal Ouest France consacré à cette inquiétude qui grandit autour du cadmium, ce métal lourd et cancérigène qui est notamment présent dans les céréales. On continue à parler de cette lutte contre le dérèglement climatique et notamment l'adaptation aux inondations qui frappent de plus en plus de territoires et notamment la ville de Trèbes dans le département de L'Aude, ville qui a été frappé en 2018 par des inondations mortelles qui ont fait six disparus sur la commune et aujourd'hui, des travaux sont en cours pour limiter les dégâts et s'adapter à la prochaine crue. Regardez ce reportage de Clément Guillauneau. 6 morts et des bâtiments en bordure de fleuves totalement détruits, dont une école et une cinquantaine de maisons.
En octobre 2018, la ville de Trèbes était frappée de plein fouet par les L'eau était passée de 35 cm de hauteur à plus de 7 ,5 mètres en une nuit. L'eau est montée à cette hauteur. Elle était à cette hauteur-là.
On voyait à peu près. Paul Mailleux venait d'emménager à Trèbes. S'il a pu garder sa maison après six mois de travaux, cet épisode n'en reste pas moins traumatisant.
Quand il ressort ses photos, les souvenirs remontent. C'était une grosse épreuve, une grosse grosse épreuve. Il y a des gens qu'on connaissait, qu'on croisait, qui ont perdu la vie et quand même, ça il ne faut plus que ça arrive.
Alors pour éviter qu'une telle catastrophe se produise à nouveau, d'importants travaux d'élargissement du fleuve ont eu lieu cet hiver, dirigée par le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières du département. On a redonné un espace à la rivière. Donc on voit bien que le fleuve est là Et donc il faut imaginer en cru tout cet espace qui est désormais libéré et qui pourra faciliter les écoulements dans la traversée urbaine de notre aide.
L'idée directrice de ce projet c'est de vivre avec la rivière et le changement climatique a accentué à aggraver les événements pluvieux et à révéler une trop grande proximité des constructions. Une fois le terrassement des berges de l'eau de Terminé, ces espaces seront aménagés en zone de détente et de loisirs pour les habitants sans plus aucun bâtiment. Pour Eric Menassi, maire de la commune, cette nouvelle doctrine centrée sur la nature est loin d'être une simple volonté politique, ses travaux étaient qu'une nécessité.
Cette prise de conscience elle a été très forte par rapport à ce climat qui change et à la nécessité que nous avions à aménager notre territoire. C'est une hérésie d'opposer l'aménagement du territoire avec l'écologie, avec le développement économique. Je crois que le développement du territoire ne ne pourra pas se faire sans un développement économique.
Les aménagements d'un coût total de 2 millions d'euros, financés entre autres par l'Etat, la région et le département, doivent se terminer avant l'été. Mais ils semblent déjà porter leurs fruits. Mi-janvier, Trèbes a été frappé par un important épisode méditerranéen.
Mais les réalisations en cours sur la rive droite du fleuve ont permis de contenir ses effets et limiter les dégâts. L'adaptation des territoires au dérèglement climatique. C'est le thème de notre débat.
La France est-elle prête pour faire face à ce dérèglement climatique ? Canicule, sécheresse, partage de l'eau, les défis sont multiples. Pour en parler, j'accueille sur ce plateau Emma Aziza, bonjour.
Vous êtes hydrologue, j'accueille également Sébastien Linsigny, bonjour. Bonjour. Vous êtes le président socialiste du département de Haute-Garonne.
Et puis bonjour à vous Jean-Michel Arnaud. Bonjour. Vous êtes sénateur centriste du département des Hautes-Alpes.
Alors on va commencer par le constat sur ce dérèglement, ce réchauffement climatique. Avec cette question, à quoi va ressembler la France en 2050 ? Les réponses d'un spécialiste du climat.
Paris en 2050, comme dans de nombreuses régions en France, on s'attend à avoir des températures beaucoup plus chaudes qu'auparavant. La barre des 40 degrés sera régulièrement dépassée, 45 degrés seront là aussi dépassés dans certaines régions de France et on s'attend à une multiplication des nuits tropicales où la température ne descendra pas sous les 20 degrés, elle descendra peut-être parfois pas sous les 25 degrés au cœur de la nuit. On préfère utiliser le terme de changement climatique puisqu'il n'y a pas que l'aspect température dans le changement climatique, il y a une modification aussi de la sécheresse, une modification du cycle des précipitations qui fait que c'est un ensemble de variables météorologiques qui est impactée par un climat qui change.
Emma Aziza, le constat est très simple, il y aura un dérèglement, un changement climatique alors on peut le freiner mais l'enjeu c'est de s'adapter, d'essayer, d'anticiper plutôt peut-être que de réagir à certaines crises. Alors oui mais le constat n'est pas si simple que ça parce que par exemple on se rend compte que sur la France on a vraiment une signature des pluies qui change. Ça, c'est quelque chose d'assez nouveau.
Plus de 50 % des personnes qui ont été inondées ces cinq dernières années l'ont été par des phénomènes de ruissellement. C'est un risque que l'on cartographiait pas il y a encore quelques temps. On était convaincus qu'il y avait la zone inondable et les autres.
On se rend compte aujourd'hui que les autres peuvent être touchés par 30-50 cm d'eau. Donc on voit très bien que côté inondation, on a vraiment des modifications très tangibles sur le territoire. Un autre phénomène aussi assez marquant, parfois il n'y a pas les bonnes confrontations de masses d'air froides et chaudes et on se retrouve avec des années sans épisodes méditerranéens qui était un phénomène historiquement connu depuis la nuit des temps et qui parfois disparaît ou réapparaît très violemment car comme ça a été dit, plus l'atmosphère est chaude, plus vous allez contenir de la vapeur d'eau et donc plus l'intensité des pluies va être importante et côté sécheresse eh bien on voit très bien à quel point une canicule comme celle que l'on vient de vivre c'est un coup de sèche cheveux sur le territoire et on a on apprend année après année et certaines années nous ont beaucoup marqué notamment l'année 2017 2018 pourquoi parce que en 2018 on a commencé le printemps et l'hiver en ayant trop d'eau un peu comme aujourd'hui parce parce qu'on a eu des inondations en janvier, février.
Donc on voit très bien qu'on a un peu ce mythe de la cigale et la fourmi où on pense qu'on va tenir tout l'été si on emmagasine l'hiver. Et on se rend compte qu'avec avec les très fortes chaleurs répétées, eh bien, en fait, on bascule en trois semaines. Et ça, c'est ce qu'on appelle maintenant des sécheresses éclaires.
On les enregistre en France, mais partout dans le monde. Et ces signatures aussi, de sécheresse, elles n'existaient pas dans un autre contexte. Donc ce qui change, c'est pas les sécheresses et les inondations qui existent depuis la nuit des temps, mais c'est leur forme.
Et c'est pour ça qu'il faut s'adapter à cette forme-là, pas tant au risque qu'on connaît déjà depuis la nuit de temps, auxquels on essaye de s'adapter jamais assez vite. Mais en tous les cas, on a certaines solutions. Là, il faut maintenant aller sur d'autres territoires qui jusque-là se pensaient complètement protégés.
Donc malheureusement, on n'est pas au bout de nos surprises sur ces manifestations de ceux le dérèglement climatique. Jean-Michel Arnaud, dans votre territoire des Hautes-Alpes, territoire montagnère notamment, concrètement quelles sont les conséquences de ces deux règlements ? Vous savez, Madame a tout dit.
On est confronté à de l'inédit. Face à cet inédit, il faut s'organiser et cet inédit a des conséquences dorénavant sur nos territoires. Dans le seul département des Hautes-Alpes, en décembre 2023, sur l'année donc 2023, 56 communes sur 162 avaient été exposées à un risque naturel, climatique sérieux, inondations, lissement de terrain, Un autre est classé comme une exposée à une catastrophe naturelle.
On voit que les choses sont massives. La deuxième conséquence, c'est qu'il faut évidemment sensibiliser les populations dont nous avons à nous adaptés. Pour nous adapter, il faut connaître la situation.
Donc on a un vrai travail scientifique à faire, non seulement sur les aspects climatiques, mais aussi sur la connaissance sur le terrain du régime fluvial, du régime torrentiel de tel ou tel cours d'eau, des conséquences que cela peut avoir sur le régime actuel des digues et entraves existantes. Participer avec des plans de sauvegarde auprès de la population à une sensibilisation parce que comme cela a été dit, comme cela a été Les phénomènes sont éclairs et extrêmement durs. Donc la population ne s'y attend pas parce que la mémoire longue n'est pas adaptée à cette évolution telle qu'elle a été décrite par la scientifique.
Et puis, naturellement, il faut donner aux collectivités locale, la possibilité de réagir avec des moyens financiers, que ce soit la GEMAPI avec des formes de solidarité et de préparation à des travaux sur les cours d'eau. Et puis évidemment, je le redis, à des financements auprès des collectivités locales pour les plans de sensibilisation, mais aussi faire en sorte que ces collectivités locales puissent faire face dans le cadre d'une solidarité qu'il faut questionner, ce ne sera pas forcément national, ça peut être par bassin de vie. Dans tous les cas, il faut qu'on travaille activement parce que Ce sont des coûts aussi pour la société.
On évoquera dans ce débat toutes les solutions qu'on peut mettre en œuvre dans les territoires pour s'adapter à ce dérèglement. Sébastien Vincigny, dans votre département La Haute-Garonne, il y a peut-être différents enjeux d'adaptation à ce Le réchauffement avec une grande métropole, Toulouse, mais également des territoires ruraux, agricoles qui doivent faire face à ces phénomènes de plus en plus intenses. L'heure allait accélérer finalement le changement pour faire Parce que les conséquences sont déjà là.
Surinondations, des phénomènes torrentiels comme ça a été très bien décrit. Torrentiel c'est-à-dire tout d'un coup un fossé qui devient une véritable Des précipitations hyper-violentes, des périodes de sécheresse très intenses avec un vrai stress hydrique. C'est-à-dire nous avons dans le sud-ouest deux années de référence 2022-2023, des vraies périodes où on manque d'eau. 400 communes en 2022 avaient été en rupture d'alimentation, en eau potable, en eau potable.
Je parle pas d'irrigation, je parle en eau potable le robinet. Donc c'est une réalité. Aujourd'hui, où on est confronté, on doit déjà s'adapter.
Le phénomène de sècheresse impacte nos habitats. On sait que d'ici une vingtaine d'années, une maison sur deux, un habitat sur deux sera concerné par le phénomène retrait gonflement des argiles avec les possibilités de fissures. On va passer d'ici une quinzaine d'années à 30, 40, 50 et on nous prédit à échéance 2050 d'avoir 90 nuits caniculaires et tropicales, ça veut dire quoi ?
L'été dernier c'était insupportable mais c'était que 12 jours de nuit caniculaire. C'est déjà une réalité qui s'impose à des métropoles comme Toulouse, comme Bordeaux, mais aussi dans les Pyrénées. La vallée du Luchonnet, pour ceux qui connaissent la reine des Pyrénées, c'était ombragé, humide, des vrais précipitations plutôt tempérées, un climat plutôt océanique.
Aujourd'hui, on assiste à une véritable méditerranisation, c'est-à-dire il y a déjà 30 % de moins de précipitations, avec des températures incroyables au pied des Pyrénées, au cœur de l'aphorie. Donc ça veut dire qu'on doit déjà s'adapter et interpréter maintenant les données, les rapports des scientifiques. On doit les adapter à nos territoires.
Nous, au département, pour pouvoir en œuvrer, mettre en œuvre un plan différencié à l'échelle de tout le département et avoir des approches différentes, c'est-à-dire entrer dans le concret de ce qu'il y a à faire. On a initié une étude à partir des grands rapports GIEC-Météo France portée par le CEREMA où on a étudié les vulnérabilités de notre département, mais à l'échelle locale, à l'échelle de sous-bassins, parce que la météo du quotidien, elle n'est pas la même en fonction de là où on vit, nord du département, sud, ce n'est pas les même phénomène météorologique. – Alors concrètement, face au stress hydrique qui frappe notamment votre région du sud-ouest, Sébastien Vincigny, et Maziza, concrètement, on va devoir faire preuve de plus de sobriété dans l'utilisation de la ressource – Je crois que ça va bien au-delà d'une question d'être sobre ou pas, c'est la question de quelle économie on va privilégier.
Et donc ces questions, on doit se les poser aujourd'hui parce que comme ça a été dit en 2022, plus de 1300 communes en France ont été en rupture d'alimentation en eau potable. Et si on prend un autre exemple un peu plus loin, on a le lac de Serponçon, c'est moins 17 mètres de hauteur sur ce lac. Ce lac, ce n'est qu'un barrage hydroélectrique EDF qui fournit de l qui fournit aussi 70 % de l'eau des Marseillais à Laval, qui fournit aussi de l'eau auprès des agriculteurs et donc qui alimente en fait un certain nombre d'économies.
Et quand cette eau se réduit comme une peau de chagrin, on se retrouve confronté à des choix stratégiques. J'ai envie de repartir sur votre territoire, que j'ai particulièrement analysé ces dernières années. On voit les migrations touristiques qui arrivent dans des périodes où on a le moins d'eau possible, que ce soit en zone alpine, sur le pourtour méditerranéen ou sur le bassin de la Garonne.
On se rend compte à quel point il y a un véritable enjeu du fait que vous avez un stock d'eau pour les populations locales, vous avez un stock d'eau qui va servir les usages notamment agricoles, mais Et en plus, vous allez surimposer des usages supplémentaires dans des périodes où la ressource est moindre. Et donc on commence à voir à quel point d'ici 5 ans, des zones ne pourront plus accueillir de nouveaux touristes. Et c'est ça qui est nouveau.
Concrètement, quelles mesures pour s'adapter à cette raréfaction de la ressource en eau ? Déjà, la première des choses, effectivement, c'est de viser sur tous les postes au maximum, en tous les cas les postes humains, le fait de diminuer la consommation d'eau. Ce n'est pas quelque chose auquel on est habitué parce qu'on a eu une politique en France qui avait tendance à Prônez le fait d'être éco-citoyens et de consommer moins d'eau, mais dans les faits, l'eau paye l'eau en France.
Donc, si vous voulez avoir des tuyaux de qualité et un service magique qui arrive dans votre robinet, il faut des factures d'eau. Et ces factures d'eau, elles étaient codifiées directement à la consommation que vous aviez. Donc si vous demandez à des...
Eh bien moi j'ai rencontré des élus qui étaient à 3 semètres de ne plus avoir d'eau, j'aurais dit mais distribuer à toute la population des mousseurs, des réducteurs de débit de douche, moins 80 % de débit de douche dans les toilettes. Il existe énormément de solutions déjà à l échelle de l'eau domestique. Il m'a dit mais je peux pas parce qu'en fait, ces financements sont en train de financer, mais le fait de retravailler tout le système de tuyaux qui permet l'adduction en eau potable.
Donc en réalité, ils ont des appels d'offres, ils ont des marchés, ils doivent payer et donc d'un côté ça paye ce qui arrive de l'autre côté. Donc ce système est en train de vaciller un peu aujourd'hui et il est en train de se transformer. Mais pendant très longtemps, on a prôné le fait d'économiser.
Mais en réalité, on n'y allait pas directement. Aujourd'hui, on peut réduire jusqu'à 80 % l'eau domestique. Ensuite, il faut qu'on travaille bien sûr sur l'eau agricole, sur l'eau industrielle avec des systèmes fermés.
Ce qui est intéressant, c'est qu'à chaque niveau, on a tout de même des solutions. Donc au moins les mettre en œuvre, ça permettra déjà d'enclencher le système. Et si je peux me indéterminer, il y a une autre eau qu'il faut intégrer et qui est le meilleur moyen de respecter le cycle de l'eau, c'est l'eau pluviale.
Et donc cette eau, il faut la récupérer tant qu'on peut pour l'utiliser pour les éléments secondaires, que ce soit pour nos toilettes ou que ce soit pour la stocker de manière enterrée et la redistribuer ensuite pour justement garantir ces îlots de fraîcheur. Alors dans ce débat, il y a la question de l'utilisation de l'eau pour nos agriculteurs qui sont aussi victimes de ces phénomènes de sécheresse. Et actuellement au Parlement, il y a un débat assez vif sur la question du stockage de l'eau dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole.
Le gouvernement veut faciliter le stockage de l'eau pour les agriculteurs, notamment la constitution de ces bassines ou méga-bassines qui font débat dans la société. On va écouter le député écologiste Benoît Biteau qui est très défavorable à ces mesures du gouvernement sur les bassines. On est sur un texte qui s'adresse à une frange extrêmement faible du monde agricole, les 6 % d'irrigants parce que c que 6 % des agriculteurs qui ont accès à l'eau d'irrigation pour qui on va engager beaucoup d'argent public pour faire des méga bassines et continuer la fuite en avant sans jamais répondre à une vraie problématique de gestion de l'eau cohérente.
Et donc là, on est encore sur une frange du monde agricole extrêmement restreint. Réaction de Jean-Michel Arnaud à cette opposition des écologistes aux mesures du projet de loi d'urgence agricole. Est-ce que le gouvernement est en train de se tromper finalement en servant une agriculture d d'irrigation qui est un petit peu dépassée par rapport aux enjeux ?
D'abord je crois qu'il y a un effet miroir, deux positions extrémistes. Une qui est de dire les mégabassines et on fait peur à la population, on essaie de cliver la population. Et de l'autre côté, peut-être une vision industrielle de l'eau, y compris dans le monde agricole, qui est d'avoir des lacs consacrés à la culture du maïs, etc.
Je crois qu'entre ces deux, il y a un modèle équilibré. Ce modèle équilibré, c'est d'abord écouter les les besoins alimentaires de nos populations. Parce que derrière l'agriculture, il y a une production alimentaire.
Il y a de la santé publique. Il y a également une présence territoriale, une activité économique. Dans certains territoires, seule l'agriculture et la transformation agricole permet de l'activité économique donc je crois que c'est cet équilibre qu'il faut trouver et le terme méga-bassine-bassine est déjà une façon de biaiser non je n'aime pas c'est comme neige artificielle neige de culture on a un encodage symbolique des mots je crois que ce qui est important c'est un que l'on puisse lorsqu'il y a de l'eau de ruissellement pouvoir la stocker au moment où elle tombe pour pouvoir la restituer à des faits agricoles raisonnés dans le cadre de procédures qui sont des procédures de droit où chacun peut s'exprimer, où le petit et le grand sigle de l'eau peut être vérifié pour éviter de faire des bêtises et faire en sorte également, je redis là-dessus, parce que moi je suis pro scientifique, faire des analyses précises, réinvestir sur la recherche pour avoir également à l'image des consommations individuelles d'eau, des consommations agricoles qui soient les plus sobres possibles avec des travaux génétiques sur les plantes, des possibilités aussi d'adaptation au stress hydrique d'un certain nombre de productions et avoir un raisonnement qui soit un raisonnement systémique.
Chacun doit faire des efforts. Je me permets de rebondir sur ce que vous avez dit madame sur les économies d'eau à la sortie de robinet. Je crois que la principale économie d'eau sur le réseau d'eau potable, c'est les taux de fuite.
Et donc nous avons un investissement majeur. Moi j'en appelle un plan eau pas au sens des bassines mais au sens des réseaux pour faire en sorte que les collectivités et indirectement les gestionnaires de ces réseaux qui sont en régie ou délégués puissent avoir des moyens pour pouvoir faire en sorte que l'eau qui est captée dans le milieu naturel vers la distribution du robinet puissent ne plus être perdus à hauteur d'un tiers, voire 40 ou 50 % dans certains endroits. Et je crois que c'est un point important. – Sébastien Vincini sur cette question du partage de l'eau pour toute la société, est-ce que le gouvernement a raison de faciliter le stockage, le captage de l'eau pour l'agriculture ?
La difficulté que l'on a aujourd'hui, c'est qu'il faut avoir de la constance en ce qu'on a à faire. Il nous reste une décennie pour agir. C'est un mix de solutions.
Les stop and Des gouvernements successifs depuis 5 ans sont dangereux. Il y a 3 ans a été annoncé un plan nationalo qui correspondait parfaitement aux objectifs partagés par tous les territoires pour trouver des mixtes de solutions, parce qu'il n'y a pas une solution unique. Oui, il faut conserver une potentialité d'agriculture et en transformant peut-être certaines pratiques, en allant vers de l'agroécologie, la nécessité de transformer nos modes de consommation, réfléchir à ce qu'on veut dans notre assiette pour revenir au champ.
C'est un peu comme ça qu'il faut aujourd'hui travailler. Abandonner certaines cultures, par exemple le maïs, ça consomme beaucoup d'eau. Il y a des endroits où il faut encore de la production, maïs, arrosé, des irrigations, et d'autres, il faut réorienter parce que ça dysfonctionne.
La ressource ne sera pas disponible. Mais pour autant, dans le sud-ouest, on peut avoir des techniques. Aujourd'hui, on expérimente des gouttes à gouttes à des échelles de parcelles sur plusieurs hectares qui fonctionnent, qui sont moins consommateurs, qui fonctionnent.
Mais si vous mettez sur des graves des maïs ou sans eau, sans une irrigation intensive sous 40 degrés de soleil, rien ne pousse. C'est une aberration en fait. Donc on doit réorienter des choses.
Nous, en Haute-Garonne, le maïs irrigué l'a diminué de 40 % en 5 ans. D'accord ? Donc, on enclenche des conversions.
Mais les stop and go, des messages comme il est fait là à l'heure actuelle, je ne dis pas qu'on doit s'opposer à tout. Mais enfin, expliquer que tout d'un coup, on va pouvoir refaciliter et refaire des méga-bassines, c'est une erreur politique fondamentale dans le temps que nous sommes. Il y a des alternatives pour aller, je vais dire, offrir des solutions complémentaires à des ouvrages, à des retenues collinaires, de plus modestes, à l'échelle de parcelles, là où c'est nécessaire.
Les alternatives, nous on en a bâti, par exemple, on expérimente quelque chose qui était à dire d'espère il y a encore quelques années, est-ce qu'on peut réalimenter les nappes phréatiques et les nappes d'accompagnement des cours d'eau, en puisant au moment où il y a le niveau des rivières qui sont le plus haut, c'est-à-dire à la sortie de l'hiver, quand la neige commence à fondre, on repompe dans la rivière, on envoie de de manière naturelle dans les nappes et on fait rehausser le niveau des nappes. On va demander l'avis de l'hydrologue sur ce plateau ? On l'a expérimenté à notre Garonne, et aujourd'hui on sait qu'il y a des résultats très positifs, mais je vais laisser Emma qui a regardé nos travaux le commenter.
C'est la meilleure des idées. En fait, il faut comprendre que la nappe, c'est vraiment le socle qui va permettre la résilience à l'échelle territoriale. Pourquoi ?
Parce que la nappe, c'est celle qui alimente la rivière. La plupart du temps, quand vous voyez de l l'eau, 80 % du temps, c 'est pas l'eau qui vient des pluies, c 'est l'eau qui vient apportée par la nappe. Et donc plus vous allez avoir d'eau dans la nappe, plus vous allez pouvoir apporter finalement à ce soutien dans ces phases qu'on appelle d'étiage, c'est-à-dire de basses eaux.
Et donc ce sont des très bonnes solutions. Souvent on le fait, le fait de réalimenter les nappes, ne serait-ce que pour apporter de l'adduction en eau potable. On le fait sur le bassin de la Seine, on prend l'eau de la Seine, on va réalimenter un aquifère et ça permettra d'avoir de l'eau dans le robinet pour certaines populations.
Donc je crois qu'il y a des solutions qu'il faut bien au-delà d'expérimenter, c'est génial j'ai envie de dire derrière de voir enfin des politiques bouger là dessus parce que c'est la meilleure des solutions plutôt que puiser dedans. Exactement alors que par contre le principe de la bassine c'est qu'on va vider la nappe pour la conserver pourquoi ? Mais c'est ça qu'il faut comprendre, le pourquoi parce que quand on parle d'oscillation émotionnelle et du fait que systématiquement vous avez les uns qui se mettent contre les autres, c'est que la question est le fait qu'en 2010 on n'était pas au niveau d'aujourd'hui.
En 2010 Vous aviez 2-5 % du territoire qui était en niveau rouge d'alerte sécheresse, c 'est-à-dire de niveau crise. C'est-à-dire le niveau qui interdit l'irrigation. Aujourd'hui, chaque année, c'est quasiment 90 % du territoire.
Donc vous dites à tous les agriculteurs, en fin de compte, qu'on a prôné l'irrigation pendant des décennies et aujourd'hui c'est interdit. On cherche des solutions mais sans doute pas les bonnes alors que là il y en Si vous me permettez, je suis très intéressé par ce débat parce que ce que vous dites est probablement vrai en Haute-Garonne n'est pas vrai dans les Hautes-Alpes pour une raison simple c'est qu'il n'y a quasiment pas de neuf frétiques dans les Hautes-Alpes. Donc vous voyez bien que par Par exemple, je vous évoquais tout à l'heure, le lac de Serre-Ponçon, c'était pas ça, nos ancêtres.
Ils ont fait une retenue, certes pour l'hydroélectricité, qui est devenue une retenue surtout pour l'agriculture et aujourd'hui pour le tourisme. C'est un barrage. C'est une méga bassine si vous vous voulez parce que ça n'a rien à poids parce qu'un barrage c'est de l'eau de pluie une méga bassine c'est l'eau de la nappe que l'on pompe avant forcément ça peut être dans mon département ça peut être dans mon département une bassine comme vous l'appelez moi j'appelle ça un réservoir stratégique ou réservoir agricole qui est amené éventuellement par un ruisseau ou par effectivement de la surabondance de pluie à une période de l'année et par ruissellement vient dans le dispositif ce que je suis en train de dire simplement je ne veux pas entrer dans votre débat technique vous êtes une scientifique je ne le suis pas mais je suis un élu de terrain comme monsieur le président de la haute garonne ce que je veux dire simplement c'est qu'il faut faire confiance au territoire on a des clés des commissions locales de l'eau on a des schémas départemental de l'eau ou des schémas de bassins.
Chacun connaît sa ressource en fonction de la nature de la dite ressource. Chez vous, c'est l'expérimentation d'eau plus remise sur votre tape phréatique très bien chez nous c'est plutôt une question de réserve je pense qu'il faut adapter localement et plan national de l'eau c'était un peu ça avoir des stratégies locales correspondant au bassin de vie, bassin versant et aux usages qui sont faits de la dite ressource territorialement. C'est intéressant ces spécificités et ces solutions différentes en fonction des territoires.
Je suis rapporteur du mission d'information sur la loi montagne, la loi littorale. Matin, midi et soir depuis 6 mois, j'entends les élus locaux, à l'image que vous dites, monsieur le Président, qui veulent une adaptation locale. Sous le contrôle et la supervision de l'Etat, ça ne me pose aucun problème.
Dans le respect des procédures, ça ne me pose aucun problème. Mais je pense que l'eau est un sujet suffisamment sérieux pour qu'il ne vienne pas un objet idéologique. Après cette question du partage de l'eau, je voudrais qu'on évoque la question des sols et de l'artificialisation des sols, car c'est l'un des enjeux de cette adaptation au réchauffement climatique.
Une artificialisation des sols liés à l'étalement urbain et depuis la loi climat de 2021, Emmanuel Macron a fixé l'objectif de zéro artificialisation nette des sols d'ici à 2050. C'est un objectif qui a été assoupli récemment par le Parlement, notamment par la droite. Et cet assouplissement, il a été critiqué par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbu.
On l'écoute. Le premier rempart face aux événements climatiques, c'est une nature en bonne santé. Et que cette réalité doit être prise en compte dans nos décisions d'aménagement du territoire.
C C'est pourquoi, à titre personnel, je regrette la décision qui a été prise hier sur la loi simplification qui vise à encore bétoniser 25 000 hectares Encore une fois, c'est une erreur fondamentale. On est dans le stop and go, c'est nier la réalité. Les phénomènes aujourd'hui d'inondation, de sur-inondation, de mécanique sur le ruissellement, c'est justement parce qu'on a de plus en plus de couches complètement imperméables dans lesquelles l'eau ne peut pas s'infiltrer.
Ne pas laisser des zones tampons, des zones d'infiltration, aller bétonner encore des zones humides, etc., parce que c'est ça dont on qu'on parle, artificialiser encore des sols alors qu'on sait très bien qu'il y a la nécessité de réinterroger un certain nombre d'urbanisations, de reconstruire la ville sur la ville. Ce n'est pas des grands mots de dire ça.
Visitez n'importe quelle zone d'activité dans une préfecture, une sous-préfecture ou ce qu'on appelle des zones d'activités dans les bours centres. Regardez les hectares utilisés pour un seul hangar au milieu et du béton partout, ça peut être redécoupé, reinterrogé. Parce que oui, il faut encore bien sûr construire de l'activité.
Il y a besoin encore d'aménager. On a une crise du logement. Il y a la nécessité de construire, mais il faut réinterroger.
Aujourd'hui, on reprend des décisions qui nous font reculer alors qu'on sait exactement ce qu'il y a à faire. Vous le disiez, il y a aussi une grave crise du logement en France et en Europe et Maziza, ils font concilier cette lutte contre la bétonisation, l'artificialisation des sols, mais aussi à des réalités sociales. On a besoin de construire.
Oui, mais il faut construire en étant lucide. Quand on regarde la température qu'a atteint la France ces derniers jours, on comprend qu'à un moment donné, il y a quand même un sujet de santé urgent. Quand on parle de l'année 2022, par exemple, plus de 63 000 morts en Europe sur deux mois.
Sur deux mois entre l'Italie, l'Espagne et la France. C'est-à-dire qu'à chaque canicule, ça coûte extrêmement cher un nombre de victimes, ça coûte très cher au niveau du système de sécurité sociale, de santé en termes de coût d'hospitalisation. On a des études très claires qui montrent qu'on serait entre 25 et 37 milliards d'euros entre 2015 et 2020, sur cinq ans pour la France.
Donc en fait, je crois qu'il faut déjà une vision globale et systémique. On ne peut plus réfléchir autrement. Je crois qu'effectivement, chaque territoire a sa signature.
Et c'est important de le souligner, quand on valait en Bretagne, on n'a pas de socle profond, on n'a pas d'eau souterraine. Donc il faut réfléchir avec des stockages extrêmement rapides. Quand on est dans votre territoire c'est un territoire de bascule le plus violent aussi les Alpes et donc effectivement comment est-ce que on intègre cette fonte nivale qui fait que ça dérègle complètement les débits à Laval ?
Il faut adapter les solutions des règlements climatiques en fonction des territoires. Ce sera le mot de la fin. Le temps est passé très vite dans ce débat qui était très intéressant.
Merci beaucoup d'avoir participé, merci à tous d'avoir suivi cette émission et on se retrouve demain pour un nouveau numéro de Bonjour chez
Jean-michel Arnaud