Mobilisation du 24 octobre : "La méthode la plus simple, c'est la méthode de la grève" pour la CGT de Loire-Atlantique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Vous irez manifester demain ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Comment vous vous positionnez par rapport aux violences en marge du cortège ?
- 1:42RelanceRéponse directe
Vous ne craignez pas que les violences floutent le message ?
- 2:44OuverteRéponse directe
Pourquoi cette dissonance entre syndicats sur la mobilisation ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Ça va vous mener où si le gouvernement reste sourd ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45PrésentateurChiffre
« la France est encore championne d'Europe de reversement de dividendes »
- 1:57PrésentateurFait
« pendant une heure, on a été gazé, le camion de la CGT a été ciblé »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité politique24 %
- ?2 %
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À
8h
moins le
quart, à la veille d'une nouvelle mobilisation à Nantes et partout en France, à la veille de ce que certains appellent l'acte 2, Florian Cazola, vous recevez le secrétaire général de la CGT en Loire-Atlantique.
Bonjour Ronan Larbier. Bonjour. Vous irez manifester
demain ? Oui. Pourquoi
?
Écoutez, ça fait bientôt plus d'un mois qu'il
y
a des revendications à un mouvement social fort, notamment des lycéens, rejoints par des étudiants. Et puis, depuis samedi dernier, c'est une foule bien plus grande, très massive, qui revendique contre la vie chère. C'est ça, aujourd'hui, le mot d'ordre. Aujourd'hui, les gens, ils regardent leur salaire, ils regardent le prix de l'essence, ils voient que les actionnaires reversent des dividendes et que la France est encore championne d'Europe de reversement de dividendes. Et puis, ils n'arrivent pas à boucler leur fin de mois. Donc, évidemment qu'il
y a
une colère qui est grande, qui a aussi été nourrie par la répression très forte du mouvement lycéen. Et donc, évidemment, la colère, elle s'inscrit dans la durée.
Il y a ce cortège qui s'est globalement bien déroulé la semaine dernière, qui a mobilisé une forte mobilisation, on le disait. Mais
on
ne peut pas passer outre non plus ce qu'il s'est passé en marge de ce cortège-là, ces violences, ces scènes de pillage. Comment vous vous positionnez, vous, Ronan Lherbi, à la CGT, par rapport à ça
?
Oui, un cortège très revendicatif, vous avez raison de le dire, un trait massif. Évidemment, ces scènes, nous, elles ne servent pas le mouvement social. Puisque, évidemment, vous me posez la question, et c'est légitime, vous me posez la question encore ce matin, puis on voit les images en boucle. Et donc, évidemment, pour nous, la CGT, c'est la manifestation massive, la grève. C'est comme ça qu'on peut obtenir des revendications. Mais redescendre
demain dans la rue, alors que samedi dernier, justement, il y
a
eu ces scènes de violence, vous ne craignez pas que ça vienne flouer le message ? Que ça vous desserve ?
Le message, il est floué, mais on a des revendications apportées. Et puis, il y a aussi la question du maintien de l'ordre, qui a été, on attend toujours des réponses sur ce qui s'est passé samedi dernier, où pendant une heure, on a été gazé, le camion de la CGT a été ciblé. Voilà, donc ça crée du désordre. Évidemment, nous, ce n
'est
pas ce qu'on souhaite. On souhaite qu'en France,
effectivement,
le droit fondamental à manifester, il puisse exister. Et puis, à un moment, il faut quand même les annonces, à la fois de Le Cornu, mercredi, qui a reçu les organisations syndicales, qui ne donnent aucune réponse aux revendications. Le message d'Emmanuel Macron hier, qui, encore une fois, ne donne aucune réponse aux revendications. C'est jeter de l'huile sur le feu, c'est continuer à attiser cette colère.
Et
cette colère, elle s'entend par ces messages, cette revendication qui était là samedi dernier, mais elle ne peut pas s'exprimer différemment. Le 5 novembre, pour la CFDT, il y aura une mobilisation. La CFDT qui appelle à ne pas se mobiliser demain. Vous, vous appelez. Pourquoi cette dissonance, finalement, entre
syndicats
?
Chaque syndicat est libre. Nous, on est vraiment aussi dans la partie du 5 novembre. On construit la grève partout. On est en train de recenser tous les appels à la grève. Et ils seront très massifs. Parce qu'effectivement,
à
un moment, il y a aussi un patronat. La question des salaires, elle est aussi dans les mains du patronat. Et donc, effectivement, c'est en faisant la grève qu'on bloque l'économie. Et qu'on dit, maintenant, il est temps, non pas de reverser des dividendes et de faire que les richesses soient toujours entre les mains de quelques-uns, mais bien que les travailleurs et travailleuses qui créent les richesses, ils aient leur part. Et puis, ils puissent ne plus faire le choix entre remplir le frigo et puis faire le plein d'essence. Pour se faire entendre, bloquer l'économie,
la méthode forte, quelque part au nom l'herbier,
c
'est un
peu ça ? La méthode la plus simple,
c
'est la méthode de la grève. Quand on est tous en grève, on bloque l'économie. Et donc, oui, en tout cas, il faut un mouvement d'ampleur. Il faut une grève massive. Le 5, et puis nous, on le dit, après le 5 aussi, parce que c'est des questions qu'on est en train de se poser aussi. Parce qu'effectivement, en face, on a un gouvernement qui est complètement sourd aux revendications. Et donc, oui, il
y a
le rapport de force qui doit se mettre en place.
Ça va vous mener où, du coup, si on a d'un côté des manifestants qui veulent continuer à se mobiliser, à manifester, à exprimer leurs revendications ? Et de l'autre, un gouvernement, vous dites, qui est sourd ? On va où dans le mur ? Ça continuera jusqu'à quand
?
Ça continuera jusqu'à l'obtention des revendications. Et à un moment, vous voyez, y compris les lycéens, aujourd'hui, qui n
'ont
aucune revendication, qui parlent effectivement des conditions d'études,
le manque de profs, le manque de moyens dans les établissements.
Mais quelque part, c'est aussi la contestation d'un modèle de société plus large. On a les canicules qu'on subit, Emmanuel Macron qui nous envoie droit dans le mur vers la guerre, les conflits qui se multiplient dans le monde. Donc, c'est un modèle de société qu'il faut changer de fond en comble, effectivement. Donc, commençons par augmenter les salaires. Ça, c'est sûr, parce que c'est ce qui fait vraiment la colère, l'inégalité des richesses qui est complètement, aujourd'hui, inacceptable. On a un système capitaliste qui, aujourd'hui, continue toujours plus loin, qui épuise les travailleurs, qui épuise la nature. Mais vous ne
craignez pas par
la multiplication des revendications, des manifestations et par ces épisodes, en marge également de casse et de pillage, que l'opinion publique se retourne
?
Encore une fois, c'est très clair. Nous, on appelle à la grève et aux manifestations, rien d'autre. Il y a une réalité, c'est que moi, je ne connais pas de système magique, je ne connais pas comment arrêter une mobilisation si on ne répond pas aux revendications. Donc là, la main est quand même dans... C'est au gouvernement de donner des réponses à cette colère.
Cette colère que vous exprimez ce matin, Ronan Lherbier. Merci beaucoup d'être venu dans le studio d'ICI l'Eurosan, secrétaire général de la CGT en Loire-Atlantique. C'est bien ça. Bonne journée à vous. Merci.