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interviewCNEWS· 10 juillet 2026 3 min

Jérôme Guedj se dit «nostalgique du clivage entre la droite républicaine et la gauche républicaine»

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jérôme Guedj

Je suis nostalgique du clivage entre la droite républicaine et la gauche républicaine. Ce clivage a été grand remplacé, pardonnez-moi le jeu de mots, par un clivage entre l'extrême droite et la gauche radicale. Et ce remplacement a pu s'opérer parce que et la droite républicaine et la gauche républicaine, à un moment donné, on ne comprenait plus ce qu'elles disaient. Elles n'étaient pas audibles, elles n'étaient pas tranchées dans les positions et surtout, elles ne parvenaient pas, c'est le problème pour la droite, c'est le problème pour M. Retailleau, comme c'est le problème pour la gauche que j'incarne, pour certains, d'être soumis au candirac plus audible.

Non mais je vous le dis, en effet, à la petite musique que d'un côté le RN imprimé et de l'autre côté la gauche radicale. Il faut être soi-même dans cette période. Et être soi-même, c'est aussi être capable de dire que dans la période, personne ne pourra avoir raison tout seul. Voyez-vous, moi je suis convaincu que le prochain président élu, il n'aura probablement pas de majorité à l'Assemblée nationale. Parce que la tripartition, voire la quadripartition de la vie politique française, elle ne va pas disparaître sur un claquement de doigts du fait de l'élection présidentielle.

Notamment dans l'hypothèse que je souhaite que Marine Le Pen ne gagne pas l'élection présidentielle et que le candidat qui aura été élu face à elle, je souhaite que ce soit un candidat de la gauche républicaine, l'aura été immanquablement dans le cadre de ce qui s'apparentera à un front républicain. Et ce candidat-là, en tous les cas, moi je prends cet engagement, si je suis élu, c'est de ne pas reproduire l'erreur d'Emmanuel Macron qui, après avoir été élu en 2022, a dit « j'ai compris le message que vous m'adressez, votre vote m'oblige », mais qui dès le lendemain a appliqué son programme comme si de rien n'était, et comme il n'avait pas de majorité à l'Assemblée, l'a fait à coup de 49-3.

Moi je suis, je défends une forme de nuance en politique qui ne nie pas le réel, qui part des convictions mais qui essaye de construire des compromis. Et dans ce pays, on va parler dans un instant de la laïcité, il y a plusieurs sujets sur lesquels nous devons pouvoir être capables de nous mettre d'accord. Alors on va me dire immédiatement « mais Gage, il veut faire un compromis par-dessus tout ». Après c'est le principe de réveiller, vous savez moi à l'Assemblée nationale, l'année dernière j'ai bataillé pour en effet pouvoir voter un budget et ne pas provoquer une crise institutionnelle, financière, budgétaire dans le pays.

Donc moi je prends mes responsabilités d'être capable de discuter avec les gens avec lesquels je ne suis pas d'accord. Voilà, nos concitoyens ne supportent plus cette espèce de vision où chacun dans son couloir pense avoir raison tout seul, et à la fin c'est le discours de l'impuissance, c'est l'inertie, on n'apporte pas des réponses et ça alimente la machine à frustration.