Yaël Braun-Pivet appelle à taxer davantage les héritages !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et dans l'actualité ce matin, mon regard taxait l'héritage et pourquoi pas taxer la mort non plus parce qu'il manquait plus que ça en réalité la vieille rangaine dans le débat public français. Alors que s'ouvre les discussions budgétaires entre nouvelles taxes, fausses économies et compromis de couloir, voilà qu'on reparle de l'héritage. Mercredi sur France 2, Yelle Bron Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a appelé à taxer davantage les héritages.
Des héritages qui comme ça passent de génération en génération. Vous savez le truc qui vous tombe du ciel, il y a un moment où ça suffit, ça peut pas comme ça se poursuivre sur des générations et des générations. Donc oui, moi je pense que il faut en tout cas taxer davantage les héritages, mettre ce sujet en débat sur la table.
Alors, ça sera pas fait au détour d'un amendement, mais en tout cas, il doit y avoir un travail collectif qui est mené sur la taxation des héritages. La fiscalité, on voit bien aujourd'hui que la circulation des richesses de génération en génération ne se fait pas bien dans notre pays. Et ça n'est pas sain.
Ça n'est pas sain. Et pourtant, la France n'a rien à envier à personne. Selon le conseil des prélèvements obligatoires, nous sommes déjà le pays le plus lourdement taxé du monde sur la transmission.
Cela représente 0,74 % du PIB. C'est plus du double de l'Allemagne ou du Royaume-Uni. C'est même un taux maximal qui peut atteindre jusqu'à 40 % en France en ligne directe.
Ce qui représente le triple de ce qu'on peut trouver par exemple en moyenne dans l'OCDE avec une limite en plus si on regarde dans le détail d'exonération ridicule. Quand on garde autour de nous, bon ça peut être 100000 € par enfant contre 456000 € en Allemagne, 6400 au Royaume-Uni et plus d'un million en Italie. Mais c'est tout aussi curieux d'avoir ces débats d'un autre temps quand on s'intègre un tout petit peu et quand on s'intéresse un tout petit peu à ce qui se passe autour de nous, à nos frontières, nos voisins, par exemple supprime purement et simplement les droits de succession.
La Suède, la Norvège, le Canada, nous on se réjouit que ces recettes sur ces taxes doublent 7 milliards d'euros en 2011, 16,6 milliards en 2023. Une performance fiscale made in France, s'il vous plaît. Parce que en réalité, de quoi parle-t-on ? d'un impôt qui ne touche pas toujours les milliardaires, mais souvent les familles, celles qui ont passé leur vie à épargner, à rembourser un prê, à construire un pavillon, pas à planquer des yautes.
Taxer l'héritage, c'est taxer la fidélité d'une génération à la suivante. C'est faire payer une dernière fois ceux qui ont déjà tout donné. C'est la logique d'un état qui ne se compte même plus de taxer la vie mais qui s'invite jusqu'à la tombe.
Et pour ceux qui trouveraient l'idée séduisante, rappelons quand même cette évidence écrite noir sur blanc dans un rapport de la Cour des comptes. La fiscalité sur la détention et la transmission du patrimoine représente 4,1 % du PIB, soit le plus taux le taux, pardonnez-moi, le plus élevé de toute l'Union européenne. Autrement dit, la France taxe déjà plus que tout le monde.
Et si le débat revient aujourd'hui, c'est peut-être parce qu'on a oublié une chose simple. Le travail, lui, est h fois plus taxé que l'héritage. 46 % contre 6 %.
Alors, à force de chercher de nouvelles taxes, il ne restera bientôt plus rien à transmettre, ni patrimoine, ni confiance, ni avenir et encore moins de l'argent. Il est 7h38 sur Sud Radio.
Yaël Braun-Pivet