MEETING DE RP : COMMENT GAGNER FACE À MACRON ? Avec Anasse Kazib, Frédéric Lordon, Adrien Cornet...
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Chapitres
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« C'est plus de 2,8 millions de personnes et je pense que c'est un chiffre qu'on n'avait pas connu depuis des décennies. »
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« contre le gouvernement de Dina Bolluarté issue d'un coup d'état institutionnel »
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« qui a déjà fait 60 morts et de nombreux blessés. »
- 3:24PrésentateurFait
« qui est la grève la plus importante des travailleurs et des travailleuses du pays depuis des décennies. »
- 9:13InvitéChiffre
« On parle de 2,8 millions de personnes qui étaient dans la rue hier. »
- 9:28InvitéFait
« Si on suit l'intersyndical, on est mort ! »
- 15:52InvitéPromesse
« La retraite à 60 ans, à taux plein pour tous ! »
- 16:10InvitéPromesse
« 55 ans pour les métiers les plus pénibles ! »
- 16:14InvitéPromesse
« Avec un minimum de 2 000 euros ! »
- 24:50InvitéFait
« Il faut cotiser jusqu'à 43 ans. »
- 36:54InvitéChiffre
« 18% des jeunes sont au chômage »
- 37:19InvitéChiffre
« Bernard Arnault, il a doublé sa fortune depuis le Covid. »
- 50:30InvitéFait
« Pour la jeunesse, ceux qui rentrent sur le marché du travail, en moyenne, entre 25 ans et 26 ans. Donc, forcément, ils vont aller au-delà de 64 ans. »
- 53:38InvitéFait
« Le 30 décembre 2022 au sein de l'entreprise on a fêté l'anniversaire d'un collègue qui s'appelle Ali Acharkik qu'il avait 70 ans. »
- 54:20InvitéChiffre
« À 62 ans il touchait aux alentours de 400-450 euros. »
- 1:15:45InvitéFait
« si Macron renonce à sa réforme, il est fichu, il a tellement répété que c'était un marqueur de son quinquennat. »
- 1:30:07InvitéFait
« Moussa qui va avoir 68 ans qui est encore debout en train de travailler à pousser des palettes »
- 1:30:31InvitéChiffre
« les camarades 50% des 25 meilleures années de salaire faites 50% de 1800 euros »
- 1:38:43InvitéPromesse
« il va falloir élargir le socle de revendications »
- 1:42:54InvitéFait
« Emmanuel Macron l'a dit encore je ne reculerai pas face à la réforme »
- 1:42:57InvitéFait
« Elisabeth Borne elle a dit les 64 ans sont non négociables »
- 1:47:25InvitéFait
« si demain on perd après avoir mis 2,8 millions de personnes dans les rues »
- 1:48:22InvitéFait
« juste après la réforme des retraites il y a la loi immigration »
- 1:55:31InvitéFait
« jamais personne n'aurait pensé qu'il fallait faire une attestation pour aller chercher une baguette à la boulangerie »
- 1:55:37InvitéFait
« jamais personne n'aurait pensé que quand son père ou sa mère allait rentrer dans un lit d'hôpital il allait ressortir dans un cercueil parce qu'il avait chopé le covid »
- 1:55:47InvitéFait
« jamais aucun étudiant pensé qu'il allait rester enfermé 3 mois, 4 mois dans sa chambre de bonne à pas pouvoir sortir »
- 1:56:00InvitéFait
« jamais aucun sans-papiers, il s'est dit qu'il allait rester dans son foyer Sonacotra pendant 3 semaines, un mois enfermé »
- 1:56:18InvitéFait
« il y a parfois des travailleurs qui pensent qu'ils vont arriver à 67 ans et malheureusement ils arrivent même pas à 60 ans »
- 1:56:23InvitéChiffre
« combien de travailleurs sont morts avant même d'espérer même toucher une retraite »
- 1:56:54InvitéFait
« parce qu'à 64 ans t'as des médicaments et il veut pas »
- 1:57:00InvitéFait
« parce que tu lui coûtes plus cher »
- 1:57:05InvitéFait
« parce que tu l'emmerdes parce que t'as 30 ans d'expérience et tu sais comment c'était il y a 30 ans »
- 1:59:11InvitéChiffre
« on était environ 400 militants »
Temps de parole
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- Invité 49 %
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Bonjour à tous et à toutes, on va commencer. Désolée du retard. Je ne sais pas si tout le monde est assis ou si des gens veulent s'asseoir dans les couloirs ou s'il reste des gens dehors, leur dire de rentrer parce qu'on va commencer. Et quelques mots d'introduction. Je ne sais pas, on me parlait du fond de la salle, on me faisait des signes que je ne comprenais pas. Mais quelques mots rapides. Bon déjà tout simplement vous dire qu'on est très très très heureux de vous accueillir ce soir au lendemain d'une immense journée de grève et de manifestation dans tout le pays. C'est plus de 2,8 millions de personnes et je pense que c'est un chiffre qu'on n'avait pas connu depuis des décennies.
C'est des grévistes du public bien sûr, c'est des grévistes du privé, c'est aussi une mobilisation dans la jeunesse et on est très fiers de pouvoir réunir dans la salle des acteurs et des actrices de ce mouvement de grève débutant mais aussi d'organiser autour de la tribune les interventions de différents porte-parole et militants de ces secteurs en grève. Donc déjà merci à tous et à toutes d'être venus et merci à ceux qui sont là d'intervenir ce soir avec nous.
Une chose qui est claire c'est que la massivité qu'on a vue hier dans les rues, non seulement évidemment dans les rues de Paris, de Marseille, de Toulouse mais aussi de tout un tas de beaucoup plus petites villes, c'est l'expression d'une colère bien plus profonde et bien plus large que la simple opposition à la réforme des retraites et des indicateurs qui sont extrêmement importants.
C'est de voir que non seulement la contestation elle continue de s'élargir, elle continue de s'approfondir, elle continue de se densifier mais il y a aussi des sondages extrêmement clairs qui affirment que le soutien actif à la grève lui aussi augmente et surtout que ce n'est pas un éclair dans un ciel serein ce qu'on est en train de traverser aujourd'hui et de ce mouvement qui s'est ouvert depuis le 19 janvier et qui s'est poursuivi hier le 31.
Depuis 2016 en France les combats s'enchaînent avec le dernier en date qui est la grande grande grève des raffineurs à l'automne qui a démontré ce que c'était que le pouvoir de la classe ouvrière lorsqu'elle cessait le travail et sa capacité de blocage du pays et de l'économie. Et maintenant la question qui se pose après des démonstrations de rue comme celle qu'on a connue hier c'est qu'est-ce qu'on fait, comment on s'organise, quel plan de bataille, quelle stratégie non seulement pour se défendre mais aussi pour gagner. Et on organise donc différentes interventions.
Je vais passer la parole aux différents militants qui sont autour de moi mais avant ça je voulais faire une salutation particulière et prendre ce temps-là pour effectivement faire une référence à l'immense mobilisation et au grand processus de grève générale des travailleurs et des paysans péruviens soutenus par les étudiants des universités qui se battent déjà depuis des semaines contre le gouvernement de Dina Bolluarté issue d'un coup d'état institutionnel et on envoie toute notre solidarité internationaliste aux victimes de la répression ultra brutale du régime qui a déjà fait 60 morts et de nombreux blessés.
On n'est pas les seuls à se battre en France, c'est pour ça que c'est très important effectivement de signifier et de saluer notre solidarité à l'égard de tous ces combattants et combattantes de l'autre côté de l'Atlantique mais c'est aussi l'occasion avant de passer la parole de également signaler l'immense grève qui s'est déroulée aujourd'hui en Angleterre qui est la grève la plus importante des travailleurs et des travailleuses du pays depuis des décennies.
Il faut bien avoir conscience qu'une chose, d'une chose c'est que dans un pays 40 ans après l'écrasante victoire de Thatcher contre les mineurs et contre le mouvement ouvrier anglais voir la classe ouvrière de ce pays relever la tête et se battre avec ses déterminations c'est un avertissement extrêmement fort à l'ensemble de la bourgeoisie internationale et on doit avoir conscience que c'est dans ce contexte là que nous aussi on se bat en France.
Notre grand meeting de la grève et de la bataille contre la réforme des retraites je vais donner la parole à Adrien Cornet qui est militant de la CGT Grand Puy qui est un camarade avec ses camarades de la CGT et le reste des grévistes s'est battu pendant 45 jours contre la fermeture de son usine en janvier 2020 et qui par ailleurs se bat évidemment et aux premières loges de l'affrontement contre la réforme des retraites.
Salut à tous ! Ça va, ça ne sature pas le son ? On m'a demandé de ne pas crier, je vous préviens, je ne vais pas y arriver. C'était énorme hier, énorme ! J'ai attendu 3 heures place d'Italie, c'était énorme ! On était 500 000, ça veut dire qu'on était plus de 100 000 que le 19. Et la démonstration de force qu'on a fait hier, je suis là ce soir pour vous dire qu'on peut la reproduire et faire encore plus fort la semaine prochaine. 500 000 à Paris, 150 000 à Marseille, dans les villes moyennes, c'était la folie ! 16 000 à Dunkerque, 10 000 à La Réunion, c'est du jamais vu, du jamais vu en France ! Et pourtant, la lutte des classes dans ce pays, on sait ce que c'est.
On sait à quel point la classe ouvrière en France, elle est loin d'être défaite. Et on l'a encore rappelé cet automne, nous les raffineurs, à quel point quand on était déterminé, décidé à se battre, on pouvait les mettre à genoux. On pouvait leur expliquer que sans nous, la société, elle ne tourne pas ! Prenez conscience de cette force ! Jamais ne baissez la tête ! Prenez conscience qu'encore mardi, il n'y avait pas une seule goutte qui sortait de l'ensemble des raffineries en France, qu'on n'avait pas de métro, qu'on n'avait pas de train, qu'on n'avait pas de jeunes dans la rue, à l'image de cette salle, et qu'on a besoin de la jeunesse, de leur radicalité. Mais pas que !
Les secteurs du privé étaient là aussi ! Énormément de boîtes ! On a vu dans des centres urbains, des centres plutôt périphériques, qui sont plutôt acquis au vote Le Pen, et pourtant, ils étaient là ! Ils étaient là ! La sociologie de ce mouvement est incroyable ! En 2010, j'avais 22 ans. J'étais déjà en grève contre la contre-réforme Sarkozy. J'ai vu des mouvements de base, mais comme celui qu'on a vécu hier, ça, je vous dis, je suis frappé, frappé de ce que ça veut dire aujourd'hui. Ça veut dire que cette question des retraites, aujourd'hui, elle est dépassée. Partout dans les manifs, ça discute des conditions de travail, ça discute, bien entendu, de la retraite, mais pas que !
On parle des salaires, on parle de quelle société on veut laisser à nos enfants, on parle des écoles, on parle des hôpitaux, on parle de nos parents qui crèvent dans les hôpitaux, dans les couloirs des hôpitaux publics. C'est ça, la société de Macron ! On parle des pénuries ! Parce que nous, les raffineurs, ils nous accusent de pénuries, mais la pénurie, pour beaucoup de travailleurs, c'est le 5 du mois, parce que le frigo, il est vide. C'est le 10, parce qu'ils n'ont plus les moyens de payer les factures d'électricité et de gaz. Les pénuries, c'est partout dans les transports publics où ils n'arrivent plus à trouver personne, parce qu'ils ont effondré les conditions de travail.
C'est les sous-traitants qui mangent dans leur voiture, sur le parking des raffineries, tellement il fait froid, ils font tourner leur bagnole et le chauffage. C'est les sous-traitants du nettoyage, qui n'ont même pas une salle de pause, qui font 2 heures de transport allé, 2 heures de transport retour, qui se lèvent à 3h30 du mat, pour vider les poubelles de nos gares. Et on nous dit, l'intersyndical nous dit, il faudrait limiter en fait la question des retraites. Je cite l'un des plus grands artisans de toutes nos défaites, Laurent Berger. Pour l'intersyndical, le mouvement doit se maintenir sur le terrain des retraites avec des journées d'action sans débordement, dit Laurent Berger.
Voilà. Voilà ce qui nous amène dans le mur. Dans le mur depuis trop longtemps. Alors qu'encore une fois, ce mouvement est inédit. Ça fait plus de 40 ans qu'on n'a pas vu ça. Une telle détermination. On parle de 2,8 millions de personnes qui étaient dans la rue hier. C'est énorme. Et ça, il faut en prendre conscience. Parce que sinon, sinon on va dans le mur. Sinon, on va dans le mur. Si on passe de grève isolée, de journée isolée en journée isolée, on va dans le mur. Si on ne comprend pas à quel point on a la capacité de renverser le gouvernement de Macron, de plier son monde.
Écoutez ce que disait Le Monde d'ailleurs, le journal, qui est pourtant favorable à la réforme, qui est contraint aujourd'hui d'assumer. La deuxième journée de manifestation a mis en évidence les souffrances d'une France active, mal payée, qui ne se voit pas prolongée de 2 ans sa vie au travail parce qu'il n'y trouve ni la gratification ni la considération espérée. C'est à ça que le gouvernement doit faire face. Et ils sont mal. Et ils sont mal. Je vous le dis. Même si, comme disait un autre Premier ministre à l'époque, ils sont face aux médias droits dans leurs bottes. Vous vous souvenez de cette phrase de Juppé en 1995 ? Eh bien, il s'est fait plier, le mec qui était droit dans ses bottes.
Et aujourd'hui, on peut renouveler ça. Et on peut même aller plus loin. Et pour les battre, pour les vaincre, il va falloir un autre plan de bataille. Nous, les raffineurs, dès le début, on a posé la nécessité d'avoir un plan de bataille qui va au-delà des journées isolées. On a posé la nécessité de construire la grève reconductible avec l'ensemble des secteurs du monde du travail. Un plan crescendo qui faisait 24, puis 48 heures, puis 72, puis la grève reconductible. Et à notre secteur, c'est ajouter les énergéticiens, électriciens et gaziers.
Et vous avez vu leur démonstration à quel point, quand ils reprennent le contrôle de leur outil de travail, ils passent la gratuité sur les hôpitaux, sur les écoles, ils remettent l'électricité à des gens à qui on leur a coupé. Voilà ce que ça veut dire que le contrôle ouvrier qui se met au service du bien collectif, au service des nôtres, au service de la classe ouvrière, ça, c'est encore une fois une démonstration de force de ce que ça veut dire que la force de la classe ouvrière est de reprendre le contrôle sur nos vies. Et pas que. On a vu cette nécessité du plan de bataille.
Et la semaine prochaine, on parle de 48 heures, c'est porté par les ports et docks, les énergéticiens, pardon, les cheminots, les raffineurs et d'autres secteurs encore du monde du travail. Mais il va falloir aller les chercher. Ça ne suffit pas de le dégretter. Il va falloir élargir ce mouvement que pendant ces journées-là, on aille chercher l'ensemble du monde du travail, les secteurs les plus précaires, les sous-traitants de nos raffineries, les sous-traitants des centrales nucléaires, les sous-traitants de toutes les usines, et qu'on leur dise à quel point on est prêt. Mais pour ça, on a besoin d'eux. Comme on le dit depuis le départ, il n'y aura pas de grève par procuration.
Parce que cette réforme et l'ensemble du monde qui nous propose, elle n'épargnera personne. Et pour ça, il va falloir qu'on se batte tous ensemble, y compris avec la jeunesse, les secteurs du monde du travail, ceux qui ont été des gilets jaunes. On va avoir besoin de cette force, de cette masse et de cette radicalité. Il faut les déborder ! Parce qu'ils ne lâcheront rien ! Aujourd'hui, on envoie un message clair à l'ensemble de ces secteurs, ces bastions du mouvement ouvrier qui se sont toujours battus. Il va falloir qu'on aille chercher l'ensemble du monde du travail.
C'est à nous de montrer cette voie et de dire à quel point on va être tous solidaires, on va tous faire des caisses de grève. Mais il va falloir qu'on décide. Parce que si on suit l'intersyndical, on est mort ! Alors qu'on a la force, aujourd'hui, de les plier. Si on suit Berger, Martinez et tous ces gens d'en haut, on est mort ! On est mort ! Il va falloir qu'on s'empare de cette grève, que l'ensemble des grévistes viennent aux assemblées générales et votent ! Et votent ! Parce qu'on perd du salaire, on décide de notre grève ! Et ensuite, on construit des assemblées générales interprofessionnelles ! Et on invite la jeunesse à nous rejoindre ! Les lycéens, les jeunes dans les facs !
Et on va tous ensemble les chercher et leur montrer que, oui, on est prêt à se battre ! Mais que sans eux, on ne pourra rien ! Tous ensemble, on est tous ! Ils ne sont rien ! Une fois qu'on a compris ça, on est prêt, déterminés, à tout leur reprendre ! Tout ce qu'ils nous ont pris ! Nos services publics, hôpitaux, écoles, nos conditions de travail, éradiquer le chômage, en partageant le temps de travail, aller chercher la retraite ! Pas 62 ans ! La retraite à 60 ans, à taux plein pour tous ! À taux plein pour tous ! À taux plein pour tous ! 55 ans pour les métiers les plus pénibles ! Avec un minimum de 2 000 euros ! Parce que sans ça, on ne peut pas vivre !
Et celui qui se raconte ça, il se raconte des histoires ! Voilà ! C'est avec ce plan de bataille ! En tout cas, nous, c'est ce qu'on propose ! Parce qu'on sait, on a tiré les expériences de nos luttes d'avant ! On a tous vécu nous, raffineurs, 2010, 2016, et on a tiré des leçons ! Et maintenant, on veut en finir avec la défaite ! On veut gagner ! Et tous les plier !
Il y a les camarades de Géodice
qui viennent d'arriver !
Je vais maintenant passer la parole à Fernande Bagou, qui est agent de nettoyage chez Honnête, qui est venu avec sa camarade Oumou, qui est là aussi ! C'est deux anciennes grévistes de la lutte victorieuse d'Honette qui ont fait grève pendant 45 jours de grèves reconductibles pour finalement arracher l'ensemble de leurs revendications contre un grand patronat du nettoyage et contre la SNCF. C'est évidemment un des secteurs qui est en première ligne et qui va subir de plein fouet les conséquences de la réforme des retraites, un secteur féminisé avec beaucoup de travailleurs étrangers, mais c'est aussi des camarades qui sont aujourd'hui en grève.
Il me semble qu'ils étaient à 100% en grève le 31 janvier parce qu'une fois de plus, ils subissent les conséquences de la sous-traitance, c'est-à-dire que la SNCF a décidé de mettre fin à leur contrat avec Honnête de manière prématurée et de disloquer en trois lots le périmètre sur lequel ils travaillaient, c'est-à-dire détruire leur collectif de travail, détruire leur collectif de grévistes et de militants, fin des CSE, fin des mandats et c'est aussi le combat qu'il et elle mène aujourd'hui. Il y a une caisse de grève qui va circuler dans les rangées. Il faut savoir que c'est des travailleurs pour beaucoup avec des contrats précaires, des bas salaires.
C'est extrêmement important de participer à la caisse de grève pour soutenir leur mouvement. Philomène va faire circuler une caisse de grève. Je vous invite à être très, très, très, très généreux et généreuse avec elle ce soir.
Alors, bonsoir à tous. C'était un plaisir pour moi d'être là ce soir. Vraiment, je suis contente d'être au milieu de vous et je voudrais vraiment remercier tous ceux qui sont venus ce soir pour écouter tout ce qu'on a dit. En fait, nous étions à la grève hier parce qu'il y a vraiment une inquiétude qui s'est installée au sein de nos collègues. En fait, actuellement, c'est une inquiétude pour nous parce que vendredi, nous sommes allés à l'AG et on a voté 100% parce qu'il faut que nos conditions de travail s'améliorent. Elza venait de le dire tout à l'heure que nos lignes seront divisées en trois lots. La ligne baisse surtout.
Aujourd'hui, elle est divisée en trois lots et aujourd'hui, il y a un appel d'offres de trois sociétés qui n'est pas la même société qui était honnête. D'ici mai, la société honnête arrête avec la SNCF et la ligne baisse sera divisée en trois lots. Ça veut dire qu'on n'est plus la même société. Donc, les salariés seront divisés et isolés. Donc, nous, ça nous inquiète beaucoup. Ce vendredi, nous étions à l'AG, on a voté et hier matin, on s'est retrouvés à la gare du Nord pour l'Assemblée générale. 100% des grévistes, les ex-grévistes d'honnêtes, on était tous rassemblés, on est partis à la manif.
Et on se bat aujourd'hui pour nos conditions de travail parce que déjà, avec tous les salariés que nous sommes sur les chantiers, nous sommes plus de 112 salariés avec les CDD. Mais aujourd'hui, si nos lignes sont partagées en trois groupes, sur chaque ligne, si on fait des lots de trois groupes et que ce n'est pas les mêmes entreprises, vous voyez, nous serons isolés. On sera isolés aujourd'hui et on n'aura plus de CSE. Qui va nous défendre ? Il faut que les CSE centraux fassent leur réunion et des fois, on n'est pas au courant, on n'essaie pas. Donc aujourd'hui, nous luttons vraiment pour ce problème.
Et c'est pourquoi, hier, nous sommes tous sortis, nous n'avons pas regardé au salaire que nous avons parce que nous sommes vraiment des salariés précaires. Vous voyez, il y a des gens qui sont à temps partiel, même ceux qui sont à temps complet, ils n'ont même pas 1 500 euros, ils n'ont pas 1 200 euros. Donc, ça veut dire que, OK, ça veut dire que nous ne gagnons pas assez, mais nous étions sortis hier pour aller marcher, aussi pour manifester notre mécontentement, pour dire à la SNCF que c'est une maternance parce que nous isoler, c'est pour ne plus être ensemble, unis et avoir la force. Donc, pour ça, hier, nous sommes sortis nombreux pour aller manifester.
Donc, aujourd'hui, je suis là vraiment pour vous encourager. Vous qui êtes les jeunes, les travailleurs, vous avez encore la force, vous pouvez faire autant. Si vous êtes unis, si vous êtes déterminés, si vous savez ce que vous cherchez, vous, si vous voulez améliorer le monde du travail demain, c'est à vous de vous lever, c'est à vous de marcher, c'est à vous de se battre, c'est à vous de mener cette lutte. Vous voyez, nous, nous sommes dans notre secteur, notre métier, il y a beaucoup de travailleurs qui sont ici d'immigration.
Et aujourd'hui, si on voit les nettoyages, si on voit la construction, si on voit les ébouilleurs, si on voit ceux qui font la plonge dans les hôtels, ce sont des gens issus d'immigration. Et aujourd'hui, par rapport aux conditions de travail, c'est difficile, surtout nous qui travaillons dans les gares. On souffre. Parce que quand il y a le froid, on est dans le froid. Quand il y a la chaleur, on est dans la chaleur. Et ce n'est pas ça seulement parce qu'il faut se lever tôt le matin, il faut aller très tôt pour pouvoir nettoyer les gares pour les usagers. Il faut nettoyer les bureaux pour les agents de la SNCF. Ce n'est pas facile. Et toute la journée, il faut marcher.
Vous marchez, vous piétinez, vous allez, vous allez, vous revenez, vous montez les escaliers, vous revenez, vous avez les sacs de poubelles qui sont lourds. Vous les portez à la main. Parce que la SNCF, nous défend aujourd'hui de ne pas avoir les chariés sur les quais. Et ça, c'est une souffrance, c'est une maltraitance. Et aujourd'hui, on subit tout ça. Et nous, ça nous inquiète. Si nous sommes séparés, si nous sommes divisés en plusieurs lots sur nos chantiers, qui va venir nous défendre ? Il n'y a personne. Parce qu'on n'aura plus de CSE. Il faut le CSE central. Et ça, ça nous inquiète beaucoup.
C'est pourquoi, hier, nous sommes beaucoup sortis pour venir marcher aussi, pour dénoncer la SNCF. Et ce travail, il est vraiment difficile parce qu'au fur et à mesure des temps, ça te prend ta santé, ça te bouffe tout. Les épaules, les poignets, les chevilles, les genoux, l'atroce. Vous avez toutes sortes de maladies. Et aujourd'hui, on nous parle de la retraite. La retraite jusqu'à... Il faut cotiser jusqu'à 43 ans. Mais voyez, nous qui sommes venus de l'Afrique, issus d'immigration, on ne vient pas ici jeunes. Quand on vient ici, on a un âge avancé. D'autres ont 35 ans, les plus jeunes, mais d'autres ont 50 ans, d'autres ont 40 ans. Comment on peut cotiser jusqu'à 43 ans ?
Par exemple, moi qui ai commencé à travailler à l'âge de 42 ans, 43 ans, comment je peux cotiser jusqu'à 43 ans ? 43 ans, une cotisation de 43 ans, comment je peux cotiser jusqu'à cet âge-là ? Je ne peux pas. Non seulement le travail, seulement, je ne peux pas aller jusqu'à la fin de ma carrière. Mais je ne pourrais pas cotiser. Ça veut dire que si moi, je prends la retraite, si mes collègues prennent leur retraite, ils n'auront rien du tout. On vit comment ? Donc, c'est pourquoi aujourd'hui, on appelle vraiment au travail de sortir, de venir, parce que c'est l'union qui fait la force. Si nous sommes unis, on peut aller plus loin.
Et vous êtes jeunes encore, il y a des jeunes parmi vous, qui ont encore de la vigueur, qui peuvent encore aller, qui peuvent encore lutter. Nous, quand on faisait notre grève en 2017, nous étions, on n'était pas très jeunes. C'était des personnes qui avaient, dans les cinquantaines, les plus jeunes devaient avoir 40 ans, 45 ans. Mais à cause de notre respect et notre dignité, on est allé jusqu'au bout. Donc, aujourd'hui, merci. Donc, aujourd'hui, je suis là vraiment pour appeler tous les travailleurs. Vous devez sortir. Vous devez venir aux AG. Et on dit à l'AG, vraiment, moi, je t'ai découragé vraiment de voir l'AG. Les grévistes d'Honnette étaient présents. On était là 100%.
Mais on n'a même pas vu les cheminots. On a vu les cheminots qui étaient là étaient en minorité. Ce n'est pas normal. Vous devez sortir pour nous donner la force. Parce que quand nous, on vous voit sortir, nous aussi, on a la force de sortir. Parce que nous, on a les salaires précaires. Si nous, on sort, pourquoi pas vous ? Les cheminots doivent sortir. Les travailleurs qui sont bien, ils doivent sortir. Donc, c'est pourquoi ce soir, je suis là vraiment pour vous motiver. Je suis là pour vous parler, vraiment, pour que tous ensemble, on puisse se lever pour pouvoir mener la bataille. Parce que si on ne mène pas la bataille, personne ne viendra le faire pour nous.
C'est nous-mêmes, par rapport à notre détermination et notre courage, nous pouvons faire quelque chose pour changer le cours de la vie. C'est pourquoi ce soir encore, vraiment, j'invite tout le monde à se lever au prochain rassemblement de la grève. Il faut que tout le monde soit là. Il faut qu'il y ait encore plus de personnes pour pouvoir contrecarrer tout ce que le gouvernement est en train de préparer aujourd'hui. Parce qu'aujourd'hui, si ce projet de loi passe, nous, les émigrés, on est cuit. En fait, pour nous, en France, ce serait plus meilleur pour nous. Parce qu'avec 500 euros, tu ne peux pas vivre avec 500 euros. Comment tu vas faire pour payer ta maison ?
Comment tu vas faire pour te nourrir ? Comment tu vas nourrir tes enfants ? Aujourd'hui, à cause de cette situation, nous, nos enfants, ne peuvent pas faire de grandes études. À un moment donné, ils sont obligés d'arrêter, d'aller travailler dans les supermarchés, d'aller faire des petits pour travailler précaires comme leurs parents. Et ça, ça écoeure. Ça nous fait mal que nous qui sommes issus d'immigration. Donc, ce soir, franchement, on invite tout le monde à se lever. C'est que si vous vous levez, si vous vous battez, nous aussi, ça nous donne la force. Et ce soir, nous voulons vraiment, ce soir, au nom des grévistes, je veux vraiment dénoncer la SNCF qui nous m'attraite.
Parce que longtemps, nous sommes dans leur garde. On travaille. Il y a des gens qui ont fait 25 ans. Il y a des gens qui ont fait 30 ans. Il y a des gens qui ont fait 20 ans. Moi, j'ai 19 ans dans les gares. Mais comment, aujourd'hui, tout ce qu'on a fait, on ne peut pas le reconnaître ? Alors, ce soir, je suis venue vraiment dénoncer leur attitude, leur comportement vis-à-vis de nous. Donc, ce soir, vraiment, il faut que vous voyez, vous réfléchissez et que vous vous levez pour pouvoir mener le combat. parce que sans le combat, on ne peut pas aller de l'avant. Sans le combat, les conditions de travail ne peuvent pas s'améliorer.
Et c'est vous qui allez vous lever pour pouvoir combattre pour que ces conditions s'améliorent. Vis-à-vis, nous sommes déjà, moi, je suis déjà à la retraite, je suis déjà vieille, parce que je ne peux pas aller travailler jusqu'à 85 ans. Je ne peux pas. Comment je vais travailler jusqu'à 85 ans ? Je ne peux pas. Déjà, mais le travail ne use la santé. Beaucoup de nos collègues sont partis avant leur carrière. Ils ont arrêté de travailler parce qu'ils ne pouvaient pas continuer avec la situation de travail qui est vraiment pénible. Avec leur santé, ils ne pouvaient pas. Ils ont arrêté. Donc, ce soir, vraiment, on encourage tout le monde à se lever. Venez nombreux aux assemblées générales.
Venez nombreux à la marche. Venez vraiment, pour contrecarrer cette réforme que le gouvernement met en place. Parce que si vous vous lévez, moi, je pense que si on est nombreux, si on se lève, je pense qu'il va reculer. On va les faire plier comme nous, on a fait plier la SNCF et Honnête. Moi, je pense qu'on peut le faire. Donc, je vous en prie.
Merci.
En tout cas, je vous remercie beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Vous nous fortifiez. Et quand on vous voit, on a la force. quand on vous voit, les salariés, les ex-grévistes d'Hornette, on a la force de continuer le combat. Et on continue le combat. Je pense que la manif prochaine, on sera avec vous. Donc, on est à vos côtés. On va continuer le combat avec vous et gagner ce combat. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Fernande. Je vais maintenant passer la parole à l'Aurélia qui est étudiante à Paris 1 et à l'EHESS et qui est militante au Point Levé.
Du coup, je voulais commencer par dire que je suis très heureuse de voir autant de monde à ce meeting et surtout autant de jeunes qui sont venus pour discuter d'une stratégie pour gagner contre Macron. Je voulais aussi dire, comme ça a été dit par Elsa, ma solidarité avec les luttes des travailleurs et des travailleuses dans le monde entier en commençant par la grève qui a lieu en ce moment en Angleterre dans la fonction publique sur la question des salaires. Mais je pense aussi au soulèvement de la population péruvienne contre le coup d'État de Dina Boulouarté et qui revendique la mise en place d'une assemblée constituante pour en finir avec un État libéral, répressif et policier.
Et j'ai une pensée particulière pour les 60 personnes qui sont mortes de la répression policière et pour les 200 jeunes et étudiants qui se sont fait arrêter après avoir voulu occuper une université. Ce que je veux saluer, c'est le courage et l'exemplarité de cette jeunesse qui se soulève face à un gouvernement qui ne veut rien entendre et surtout qui fait face à la répression sans avoir peur. C'est de ce courage qu'on doit s'inspirer, nous, en France, pour batailler contre cette réforme des retraites. Moi, depuis que je milite, je n'avais jamais connu des luttes et des mobilisations aussi importantes et massives.
Ce qu'on voit, c'est des journées qui sont historiques, qui sont des taux de grève comme 95 et j'aimerais remercier aussi tous les travailleurs et travailleuses qui sont présents ici, du privé, du public, qui se mettent en grève et qui se mobilisent contre cette réforme. Ce que ces travailleurs montrent, c'est la force de frappe de la classe ouvrière quand elle s'unit et qu'elle se met en ordre de bataille pour affronter les gouvernements. Hier, la mobilisation s'est amplifiée partout, avec des cortés jeunes de plus en plus importants, avec des lycées bloqués dans Paris et dans d'autres villes. Et nous étions très nombreux à rejoindre les travailleurs en grève.
Cette dernière semaine, il y a eu des assemblées générales organisées dans différentes universités, à Paris, à Bordeaux, à Toulouse. Et lundi dernier, on était 450 en assemblée générale à Paris 8 pour décider d'un plan de bataille commun et commencer à se coordonner dans la jeunesse. Il y avait des étudiants de Paris 1, de Paris 3, de Paris 4, de Paris 6, de l'université de Paris, de Paris 8, de Nanterre ou encore de Sergie et même d'Assas. Et ça, c'est encourageant parce que c'est... Et ça, c'est très encourageant parce que c'est ce qui fait peur au gouvernement.
Ce qui fait peur au gouvernement, c'est que la jeunesse se joigne, qu'elle crée ce cocktail explosif et qu'elle se joigne aux travailleurs en grève. Et ça, on le voit à la manière dont il s'applique sur les infantilisés, à nous expliquer qu'on n'aurait aucun intérêt à se mobiliser, que c'est absurde de penser à sa retraite à 20 ans, qu'on est des démoralisés, qu'on est des réacs, limite, ou encore qu'on ne connaît rien parce qu'on n'a jamais travaillé. Dans le même temps, ils s'acharnent aussi à réprimer toutes les initiatives étudiantes et lycéennes pour rejoindre la mobilisation. À Strasbourg, ce sont les CRS dans les AG.
À l'EHESS, où j'étudie, il y a 29 étudiants qui ont été emmenés en garde à vue pour avoir voulu occuper une salle. Et les lycées, c'est coup de matraque et lacrymo dès 8h du matin. Ils ont peur et ils ont raison d'avoir peur car on a tout intérêt de se mobiliser. On a tout intérêt parce que cette réforme, c'est une attaque brutale contre un acquis social qui a été arraché par des luttes des générations précédentes.
Alors que le marché du travail se referme du fait de la crise économique, alors que déjà 18% des jeunes sont au chômage, Macron voudrait qu'on travaille jusqu'à 64 ans et même pour gagner une pension de misère, en vérité, nous les jeunes avec les carrières achées, avec les jobs précaires, on va aller jusqu'à 66, 67, voire plus. En gros, l'avenir qu'on nous promet, c'est de travailler jusqu'à la mort pour des salaires qui ne nous permettent même pas de vivre correctement. Alors que le patronat, il engrange des profits records. Bernard Arnault, il a doublé sa fortune depuis le Covid. Mais ce serait à nous de payer la crise.
Ce qui se joue, c'est véritablement une bataille entre deux modèles de société. Est-ce qu'on veut passer nos vies à travailler et user notre santé pour les gains d'une minorité ? Moi non plus. Cet été, pendant que nous, on était préoccupés par les effets désastreux de la crise climatique, pendant qu'on avait le regard tourné vers le Pakistan et les inondations, eux, ils ont continué à voler en jet, à prendre des yachts et ils ont surtout continué à polluer, à piller les richesses des pays, des anciennes colonies, notamment en Afrique, des entreprises comme Total. Elles ont continué, en fait, à faire du profit sur l'écocide.
Aujourd'hui, ce que je suis venue dire, c'est que le mouvement qui commence, c'est l'occasion de faire payer l'addition à Macron et à la bourgeoisie. Depuis la crise Covid, la précarité, on la connaît tous, les fils devant les banques alimentaires, elles ont été démultipliées. On a des étudiants qui n'ont même pas de quoi se chauffer, en fait, cet hiver. Et puis, beaucoup d'entre nous, on est obligés, en fait, à travailler pour pouvoir financer nos études correctement. Mais surtout, au-delà de ces questions-là, ce qu'on a à reprendre de Macron, ce qu'on a à se venger, c'est les mutilés des gilets jaunes, les jeunes de Mante-la-Jolie, agenouillés.
C'est l'instrumentalisation de nos luttes féministes pour des velléités islamophobes et racistes. C'est les facs fermées à cause, en fait, de la destruction de l'hôpital public. Notre génération, elle s'est déjà beaucoup mobilisée pour défendre un autre avenir. En 2020, on était des milliers dans la rue, aux côtés du comité Adama, contre les lois racistes et les violences policières après la mort de George Floyd. Mais nous avons aussi grossi les rangs de toutes les manifestations antipatriarcales contre les violences sexistes et sexuelles. Nous avons construit des actions et milité contre la destruction de la planète.
Ce qu'on a prouvé, c'est que la jeunesse, elle a un rôle politique et radical. Et maintenant, ce qu'il faut, c'est mettre cette force au service de faire plier Macron sur sa réforme, mais surtout, de gagner beaucoup plus. Et pour ça, les mobilisations massives, elles ne suffiront pas. Ce dont le gouvernement il a peur, le cocktail explosif qui lui fait vraiment peur, c'est la force de frappe d'une grève reconductible mêlée à l'enthousiasme d'une jeunesse qui veut tout changer. Lorsque les jeunes s'auto-organisent pour se lier aux travailleurs, ils peuvent jouer un rôle majeur pour faire gagner les mouvements, pour radicaliser la contestation sociale.
Mais pour ça, mais pour ça, dans la rue une fois par semaine ou le samedi, il faut construire un mouvement étudiant d'ampleur qui bouleverse l'agenda de mobilisation et qui serve d'étincelle de la colère. Les journées de mobilisation une fois par semaine, décidées par en haut par l'intersyndical, elles ne permettront pas de mettre en place le rapport de force dont on a besoin. On ne peut pas attendre de faire pression sur les parlementaires ou de croire que c'est LR qui va nous sauver de cette réforme. Le gouvernement, il a déjà prévu de faire passer la réforme par 47-1. Il a déjà prévu de réduire au maximum les débats parlementaires.
Nous, au point levé, on refuse de faire confiance aux institutions. Il n'y a quelconque parlementaire pour gagner. On sait qu'on peut compter que sur nous-mêmes et on refuse de s'arrêter à la seule revendication du retrait de la réforme. Ce qu'on veut et ce qu'on souhaite, c'est la retraite à 60 ans, évidemment, et 55 ans pour les travaux pénibles, mais on veut aussi discuter de la fin de la précarité et des jobs précaires dans la jeunesse. On veut un revenu étudiant à la hauteur du SMIC financé par les grandes fortunes. On veut en finir avec la sélection dans les universités qui virent les étudiants des classes populaires des bornes de la fac.
On veut un autre modèle d'université et un autre modèle de société. Mais pour ça, il faut un mouvement d'ampleur qui blotte l'économie et qui touche là où ça leur fait mal. Il faut une mobilisation qui montre de quoi la jeunesse est capable et qui soit dirigée que par nous-mêmes. Quand c'est nous qui sortons, il n'y a ni Berger ni Martinez qui nous dira de rentrer. Pour que Macron cède, il va falloir plier et s'inspirer du meilleur du mouvement étudiant. Le seul moyen de gagner, c'est quand la jeunesse organise des assemblées générales massives et décide de reprendre le contrôle de ses universités et de ses lycées.
C'était le cas en 2006 quand des milliers de jeunes ont occupé la Sorbonne contre le contrat première embauche et qu'ils ont fait reculer le gouvernement Villepin. Pour obtenir cette victoire, les jeunes mobilisés ont bloqué des routes et des gares, organisé des journées de mobilisation massives et ils n'ont jamais reculé face à l'affrontement avec la police. Mais le mouvement étudiant, c'est aussi 86 lorsque des milliers de jeunes se sont coordonnés dans toutes les universités contre la loi de Vaquet ou encore 68 quand aux côtés des travailleurs, étudiants et lycéens ont voulu repenser l'ensemble de la société.
Nous, c'est de cette tradition qu'on veut s'inspirer, cette jeunesse aux côtés de la classe ouvrière. Nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre pour défendre partout la construction d'une mobilisation étudiante d'ampleur, un outil essentiel pour espérer gagner contre ce gouvernement. Au point levé, nous défendons cette perspective depuis notre création en 2018. Et moi, j'ai commencé à militer parce que j'ai vu des gilets jaunes venir en Assemblée Générale, venir nous chercher pour rejoindre leurs revendications.
En 2019, avec nos camarades, on a été sur les piquets de grève de la RATP et dans les gares pour construire l'alliance avec les travailleurs contre la première réforme des retraites de Macron. Et en 2021, on était aux côtés des raffineurs de Grand-Puis contre un plan social qui devait financer la fausse transition écologique de Total. Aujourd'hui, il est essentiel de ramener partout dans nos facs et nos lycées l'ambiance de la grève et d'aller renforcer les travailleurs qui décident d'avoir un plan de bataille plus radical que ce que promet l'intersyndicale, comme les travailleurs de l'énergie, comme les raffineurs.
Mais surtout, ce que je suis venue dire ici, c'est que hier, les mobilisations, elles étaient massives et je pense qu'on est tous encouragés par le fait qu'il y ait des dizaines et des dizaines de jeunes, des dizaines de milliers de jeunes qui se sont rassemblés en fait aux côtés des travailleurs. Mais ça, nous, il faut qu'on le prenne conscience, ça ne suffira pas, il faut qu'on devienne tous des militants du mouvement, des militants conscients qui discutent de la stratégie, qui discutent de la manière dont on peut faire plier ce gouvernement et qui discutent d'un moyen de gagner.
On doit avoir comme objectif, toutes et tous ici, de faire en sorte que la mobilisation, elle aille le plus loin possible. Au point levé, on a défendu l'organisation de la coordination entre les facs mobilisées et on propose la journée du 8 février pour appeler tout l'enseignement supérieur et la jeunesse à se mobiliser, pour ne pas s'arrêter à des dates de mobilisation isolées. Mais moi, je suis d'une génération à qui on a toujours expliqué qu'on ne gagnerait plus rien et qu'il fallait se résigner.
Mais je le dis ici, on ne sera pas la génération des défaites, on ne sera pas la génération qui perdra nos acquis sociaux et je promets et je pense que nous, on peut construire un mouvement qui reprend nos runes aux universités pour demander un autre avenir et revendiquer un autre avenir. Alors que la guerre fait son retour en Europe et que l'urgence climatique fait des ravages partout, il faut leur mettre un coup d'arrêt maintenant. Face à leur crise, au point levé, nous nous battons pour construire une jeunesse militante qui se bat pour détruire ce système capitaliste et défendre un autre modèle de société.
Merci beaucoup. Je vais passer la parole à Mouloud Sarawi qui est venu accompagné de ses camarades de Géodis que je propose de... C'est une filiale de la SNCF et vous n'êtes pas sans savoir qu'ils ont tous mené une lutte très très très importante pour leur salaire mais aussi, comme le disait Fernande, pour le respect et la dignité, une lutte qu'ils ont gagnée et ils sont aujourd'hui à nouveau... Et je leur laisse la parole.
Nous, on n'a rien préparé. Alors, on va... On va tricoter. J'essaie juste... Alors, Moussa, 67 ans. Hassan... Bon, il est jeune, en vrai. Je ne sais même pas il a quel âge, mais bon. Non, on ne va pas être vache. Hassan, il a 18 ans. Laurent Sambé, le viking de Gennevilliers. 49 ans. Idriss Taleb, 19 ans, je crois. Bon, on ne va pas revenir de tout ce qui se passe en ce moment. Je crois que la guerre idéologique allait gagner pour la population et en particulier pour nous. Au début, qu'est-ce qu'il voulait faire, ce gouvernement ? Une réforme plus juste.
Donc là, je crois que tous les économistes et l'ensemble des salariés ont décortiqué et la conclusion, elle est claire, nette et précise et sans détour. Tout le monde perd après cette réforme. On est tous perdants, mais en particulier ceux qui ont des carrières hachées, ceux et celles qui travaillent dans des métiers les plus pénibles. On est pareil. On va expliquer un petit peu ce qu'on fait. et les femmes. Les femmes. On a un gouvernement soi-disant, il est pour l'égalité femmes-hommes. Il nous pond une merde cette réforme où les femmes, elles sont complètement discriminées. Et c'est elle, en particulier, qu'elle va payer à l'addition. Je donne juste un seul exemple.
Et après, je ne vais pas détailler sur l'ensemble de la misère de cette réforme où l'ensemble, l'ensemble des salariés sont perdants. Une femme avec deux enfants, normalement, avec la loi actuelle, c'est 39 ans d'annuité. là, elle est obligée d'aller jusqu'à 64 ans et pour toucher son taux, sa retraite à taux plein, 67 ans. Après, on ne va pas rentrer dans le détail. elle a des enfants, elle n'a pas des enfants, elle va faire des années en plus. Ça, c'est clair. Pour la jeunesse, ceux qui rentrent sur le marché du travail, en moyenne, entre 25 ans et 26 ans. Donc, forcément, ils vont aller au-delà de 64 ans. Donc, cette réforme, elle est contre tout le monde.
Et quand on voit la mobilisation d'hier et du 19, c'est encourageant. Mais on ne compte pas sur la mobilisation et surtout sur les manifs. Maintenant, le plus important, c'est la grève générale. Comment on fait et comment on s'organise pour... Maintenant, l'opinion, elle est de notre côté. L'ensemble de la population, ils ont compris qu'on va se faire niquer. Désolé d'être vulgaire. Maintenant, c'est bloquer ce pays et bloquer l'économie. C'est notre seule solution. Et la seule arme entre les mains des travailleuses et des travailleurs, c'est la grève. Une grève massive et suivie, reconductible. C'est la seule solution.
Nous, on sort d'une grève très, très dure, très, très, très, très, très compliquée de cinq semaines. Pareil, c'était une bataille. On était obligé de la mener. On n'avait pas le choix. On ne va pas revenir sur l'inflation, le coût de la vie. ou ces capitalistes ou ces entreprises essayent par tous les moyens possibles de nous essorer, de nous massacrer. Et là, ce n'est pas le... Je ne suis pas en train d'utiliser ce terme pour enjuliver ou faire beau. non, ils nous massacrent. Ils nous massacrent. Qu'est-ce qu'on fait à Géodice ? C'est une filiale de la SACF. Chargé et déchargé. Filmer et défilmer. Marcher des kilomètres et des kilomètres pour aller plus vite. Faire de la manutention.
Manipuler des MD. Soulever et chercher et cavaler derrière des animaux. C'est ça notre lot. En termes de pénibilité, je crois que on est au summum. Quand la collègue elle a dit tout à l'heure on est obligé d'y aller travailler au-delà de 64 ans ou 65 ans. Le 30 décembre 2022 au sein de l'entreprise on a fêté l'anniversaire d'un collègue qui s'appelle Ali Acharkik qu'il avait 70 ans. Parce qu'en France on peut aller travailler jusqu'à 70 ans. Au-delà on ne peut pas. Pourquoi ? il travaillait jusqu'à 70 ans. C'est aussi simple comme tu l'as très bien expliqué. C'est un Marocain il est venu je crois à 35 ans. Donc il a commencé à travailler.
Et on sait très bien il lui faut beaucoup d'années de cotisation. Il a fait une simulation. À 62 ans il touchait aux alentours de 400-450 euros. Donc il fallait aller jusqu'à 70 ans pour qu'il puisse payer son loyer et se nourrir. notre lot c'est quoi ? La misère et la mort. Travailler comme un chien et avoir peut-être une retraite peut-être ou peut-être pas mais une retraite de misère. Quel est le modèle qu'on veut ? Quel est le modèle de société qu'on veut ? De progrès ou de régression ? Telle est la question. Il n'y a pas d'autre choix. Donc si on dit non à cette réforme de retraite parce qu'on veut vivre dignement et on veut profiter de nos enfants et de nos petits-enfants.
La grève de 5 semaines c'est une grève de dignité. Je me mets en grève pour avoir un salaire digne. se mettre en grève pour demander des conditions de travail dignes. Se mettre en grève pour que mon employeur déclare mon athée. Mon accident de travail. On s'est mis en grève pour le respect. Quand on vous parle dans notre secteur les plus précarisés des athées sont même pas déclarés. Un salarié ou un intérimaire s'il subit un athée parce que de toute manière c'est ni lire ni écrire on va le remplacer. Donc on est de la chair à canon. On n'est rien. On n'est même pas des êtres humains. Telle est notre réalité. Et là je ne suis pas en train de faire la théorie.
Avec mon humble envie j'essaie juste de vous expliquer la vie et la réalité des choses. Moussa 67 ans plusieurs opérations plusieurs opérations l'épaule main droite sans parler les articulations. S'il ne prend pas les médicaments il ne peut pas travailler. S'il ne prend pas les antidouleurs il ne peut pas travailler. Hassan on dit un lutteur et c'est un lutteur deux fois opéré du dos l'an il a mal au cul tout le temps je suis désolé d'être vulgaire. Hassan c'est pareil Idriss c'est la même chose pareil le dos et surtout les articulations et je peux vous assurer s'ils ne prennent pas leurs médicaments ils ne peuvent pas travailler.
S'ils ne prennent pas des antidouleurs ils ne peuvent pas dormir. Il y a combien de salariés comme ça ? Il y en a des milliers et des milliers. Nous on parle de notre secteur on est précaïsé bon ils nous ont caché on travaille comme des cons pour des salaires de merde et en plus ils nous demandent de faire l'effort de cotiser deux ans supplémentaires ils n'ont rien compris je crois. Mais ils ne se rendent même pas compte de leurs bêtises. Notre seule solution la révolution et la révolution une révolution idéologique une révolution culturelle une idéologie pas armée mais peut-être qu'on va brûler pas mal de palettes et des pneus je crois.
Bon là on voit très bien clairement c'est la lutte des classes la guerre de deux classes de deux mondes quand on voit le gouvernement c'est ni plus ni moins le VRP du capital il nous explique pour qu'il soit juste il faut qu'on travaille plus pour qu'il soit juste et responsable il est responsable ce gouvernement et bien il va envoyer l'ensemble des travailleurs précaires à la mort c'est ça notre lot c'est ça ce qui nous attend est-ce qu'on l'accepte on ne l'accepte pas mais je crois qu'on ne va pas l'accepter cette fois-ci je crois que la trajectoire elle est claire la gagne la gagne et la gagne pour la retraite et pour nos salaires c'est ça c'est ça on n'a pas le choix mais là je suis chez moi je suis bon on est entre nous on ne va pas se convaincre il n'y a pas besoin d'avoir des discours des théories parce qu'on sait que cette réforme elle n'est pas bonne pour nous et on est tous convaincus d'une seule chose il va falloir changer cette société ça on est tous convaincus maintenant quels sont les moyens pour aller convaincre les autres quels sont les moyens à nos dispositions pour qu'on tape tous en même temps frapper tous en même temps que ce soit les étudiants que ce soit les chameurs que ce soit les retraités que ce soit les travailleurs dans différents secteurs comment on fait pour qu'on tape tous en même temps mais ceux qui sont au dessus oui ils flippent mais ils ont intérêt à flipper ils ont intérêt à flipper parce que là la colère elle commence à monter elle commence à monter comment ça va se finir je n'en sais rien mais je crois que ça va mal finir pour leur gueule et ça va très très bien finir pour nous il ne faut jamais oublier 36 il ne faut jamais oublier 36 et 45 68 et d'autres dates marquantes 36 ben c'est les congés quand on voit ces capitalistes de merde ben ils sont en CP toute l'année ils ont dit la même chose qu'on est des fous qu'on est des inconscients la réponse des prolétaires grève générale ils ont gagné grève générale tous ensemble tous ensemble 45 on ne va pas revenir dessus la sécu la solidarité nationale pareil ça a été arraché avec le sang donc on va s'unir et on va croire en nous bien sûr qu'on va gagner leur classe c'est que de la merde ils nous disent qu'en quoi on est des fainéants c'est eux les fainéants quand ils disent qu'on est devenu paresseux j'ai envie de leur dire mais venez ne serait-ce qu'une semaine une semaine à Gennevilliers même pas non allez ils vont tenir tu sais ils ont une fierté ils vont dire ouais je vais tenir le premier jour au bout d'une semaine il va comprendre c'est quoi le monde du travail parce qu'ils sont complètement déconnectés s'il vient travailler à ta place là il va comprendre et avec un salaire de 1250 ou 1300 euros net et là il va comprendre quand il aura un loyer de 600 ou 700 ou 800 ou 900 et sur la région parisienne je crois qu'on on tourne autour de 1200 voire 1300 euros j'ai des collègues qui leur salaire ils passent que pour le loyer ils n'ont rien à bouffer sans parler des étudiants aussi j'ai entendu tout à l'heure oui j'ai ma nièce elle est obligée de travailler pour financer ces études or que leurs années d'études ne sont pas comptabilisées ça c'est injuste de faire payer les erreurs de ces capitalistes en le faisant travailler plus ça c'est injuste et ça mérite qu'on rectifie la trajectoire donc ils vont reculer nous on n'est pas sur les 62 ans bon je crois que la revendication phare 60 ans à temps plein mais pour les travailleurs qui occupent des travaux pénibles nous on est sur 50 ans ils nous prennent pour des idiots ils nous prennent pour des clowns qu'on a évoqué 50 ans parce qu'ils sont complètement déconnectés imaginez-vous un salarié après 64 ans à trimmer comme un chien or à 60 ans il y a un actif sur deux qu'il est out soit au chômage soit en invalidité soit au RSA quelle est leur logique donc il faut juste leur dire il va falloir qu'ils qu'ils redescendent parmi nous et qu'ils reculent mais vraiment qu'ils reculent là on sera sur une bataille à mon avis de plusieurs mois donc il faut tenir et les secteurs qui rentrent en grève il faut les soutenir par tous les moyens possibles c'est tout ce que j'ai à dire on ne peut pas travailler jusqu'à 64 ans 65 ans 66 ans 67 ans 68 ans 69 ans 70 ans ce n'est pas possible ce n'est pas possible la régression sociale ne se négocie pas elle se combat par tous les moyens possibles et on a les moyens on a la jeunesse on a les travailleurs conscients on a l'opinion eux ils ont quoi ?
must et je crois à la famille qui sont d'accord avec Macron leur seul soutien donc croyons en nous et on peut les plier mais on va les plier merci pour votre écoute
juste un mot pour indiquer qu'à la sortie il y a une table de presse avec la presse qu'on publie les bouquins qu'on publie il y a une table de librairie mais il y a aussi une feuille de contact pour toutes celles et ceux qui voudraient laisser leur contact être organisé avec nous militer avec nous voir comment échanger et discuter notre politique dans le mouvement et ailleurs je vais maintenant passer la parole à Frédéric Lordon qui est philosophe mais qui est aussi un compagnon de toutes les luttes à commencer par celle contre la loi travail en 2016 qui a été le soutien de nombreuses grèves et de nombreux mouvements et qu'on est très très très heureux de pouvoir compter parmi nous ce soir
je voudrais d'abord vous dire que je suis très fier d'intervenir auprès des personnes qui ont pris la parole ce soir premier temps je pense que vous devez être assez nombreux à connaître ces citations mais je les rappelle quand même il a d'abord dit est-ce qu'il faut faire reculer l'âge légal qui est aujourd'hui à 62 ans je ne crois pas tant qu'on n'a pas réglé le problème du chômage dans notre pays franchement ça serait hypocrite puis il a dit la réforme des retraites est indispensable elle est vitale il a d'abord dit nombre de nos compatriotes ont voté pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage de l'extrême droite j'ai conscience que ce vote m'oblige à l'avenir puis il a dit on ne peut pas faire comme s'il n'y avait pas eu d'élection il y a quelques mois c'est une réforme qui a été démocratiquement validée et enfin sans hésiter c'est ma marque de fabrique j'ai toujours dit la vérité aux gens bon vous avez compris qu'il ne s'agit pas tant de constituer une archive il s'agit plutôt de dresser un portrait car il est important de savoir à qui on a affaire nous avons affaire à un individu pour qui les mots n'ont aucune signification et aucune valeur sinon une valeur de plaisir quand il les fait sortir de sa bouche nous avons affaire à un individu qui a détruit le sens des mots donc la condition de possibilité de toute discussion et avec lequel par conséquent l'idée même de faire entendre quoi que ce soit l'idée même du débat est une pure et simple absurdité nous avons affaire à un forcené le forcené est retranché dans les institutions de la cinquième depuis lesquelles il peut faire ce qu'il veut et n'hésitera pas à aller au bout de sa folie inutile d'imaginer que des manifestations république-nation pourraient lui tirer le moindre battement de cils serions-nous 5 millions dans les rues il continuerait droit devant lui le regard halluciné nous avons affaire à un forcené et un forcené ça se déloge au minimum ça se débranche
alors moi j'avais gardé le souvenir
d'une version qui était Emmanuel Macron aux têtes de cons mais ça marche aussi deuxième temps Bruno Le Maire dit ce n'est pas la CGT qui décide en France un tweeto sa visée complète tout le monde sait que c'est le patronat des vérités premières mais toujours bonnes à rappeler dans l'état du capital c'est le capital en dernier ressort qui abarre sur l'état troisième temps synthèse des deux précédents nous savons désormais par déduction logique pourquoi il n'y a pas d'autre voie stratégique que le blocage il faut bloquer il faut bloquer tout il faut bloquer partout il faut mettre l'économie à genoux que l'économie soit à genoux d'une certaine manière le forcené s'en fout premier temps mais quand l'économie entière est à genoux c'est le capital qui est à genoux si le forcené s'en fout le capital lui ne s'en fout pas or deuxième temps c'est lui qui abarre sur l'état paradoxalement il n'est pas mal placé pour débrancher le forcené en 2019 pendant les gilets jaunes honneur aux gilets jaunes ce sont les patrons terrorisés qui appellent l'Elysée pour que ça s'arrête il n'en ira pas différemment aujourd'hui en débit de ses déclarations de soutien obligées le MEDEF n'était pas spécialement demandeur de cette réforme dont les justifications successives chaotiques et tout également foireuses traduisent qu'elle n'a pas d'autre intérêt que de permettre aux forcenés d'affirmer son autorité et ceci quel qu'en soit le coût ce coût le MEDEF lui sera bien placé pour le mesurer quand tout sera à l'arrêt il faut donc lui rendre ce coût intolérable alors comme toujours dans les grandes occasions il écrochera son téléphone et commandera qu'on arrête les conneries plus encore de peur que l'incendie ne se propage hors de contrôle et qu'avec les retraites on se met à discuter de toutes les autres choses quatrième temps et comme ça se trouve des autres choses à discuter c'est pas ça qui manque il y en a même un paquet c'est pourquoi il est hors de question de s'en tenir aux seules retraites en réalité c'est tout le paquet qu'il est l'heure de faire descendre dans la rue ce pays est recrut d'inégalités d'injustice de souffrance de toutes les violences qu'il a subies depuis 30 ans mais singulièrement depuis le 2017 de tous les saccages qui lui ont été infligés saccage du travail saccage des services publics saccage des libertés politiques il est recrut de l'arrogance du mépris de la médiocrité et de la bêtise crasse de ses dirigeants bref il est mûr je dirais même il y a point car il est une chose à coup sûr dont il n'est pas recrut cette fatigue on n'est pas fatigué il est une chose à coup sûr qui ne lui fait pas défaut c'est la colère et puis la combativité la combativité pour aller où ?
réglons-nous sur Bruno Le Maire la boussole qui indique le sud donc prenons la direction opposée ce n'est pas la CGT qui décide dit Bruno à propos des électriciens Robin Desbois certes ce n'est pas la CGT mais ce sont les travailleurs les laquais de la presse dînatoire ne cessent de répéter que nous n'avons rien à proposer que nous ne savons pas ce que nous voulons mais nous savons très bien nous voulons que les travailleurs décident dans des conditions d'adversité inouïes ce sont les soignants pendant le premier confinement qui ont réorganisé eux-mêmes les soins tous les managers parasites étaient terrés chez eux imaginez maintenant les profs organisant eux-mêmes l'enseignement sans les managers parasites du ministère les ouvriers organisant la production sans les managers parasites des actionnaires les cheminots organisant les transports sans les managers parasites de la SNCF etc.
nous voulons que les travailleurs décident pour cette simple et bonne raison que eux font le travail et qu'ils savent faire le travail et que tous ceux qui ne savent pas le faire mais viennent quand même leur imposer comment le faire sont des managers c'est-à-dire des parasites des emmerdeurs alors je le dis parce que quand il s'en est pris aux non-vaccinés Macron a sans doute livré la vérité de son projet de société gaver les riches ça on le savait et emmerder les autres là c'est devenu clair il ne faut pas s'y tromper du moment où notre ligne sera perçue comme telle du moment où l'affrontement commencera avec les moyens que l'affrontement requérera toute la presse bourgeoise se déchaînera à nouveau pour l'heure elle tolère à peu près que nous marchions à 2 millions dans les rues pourvu que ce soit bien gentiment et qu'il n'en soit tenu aucun compte mais il n'est pas de lutte sociale qui ne soit une lutte contre la bourgeoisie et à peu de choses près la presse n'est pas autre chose que l'organe parfois inconscient de la bourgeoisie par conséquent une lutte sociale prend nécessairement le caractère secondaire d'une lutte contre la presse bourgeoise dès qu'une lutte de cette sorte produit le moindre inconfort pour la bourgeoisie la presse bourgeoise se jette de toutes ses forces dans le conflit nous savons d'avance ce qu'elle dira elle est d'une stéréotype inavrante nous y sommes tout à fait prêts et cette fois-ci c'est nous qui n'en tiendrons pas compte car ça fait trop longtemps que ça dure les ardoises de l'injustice et de la violence sociale arrivent à échéance c'est l'heure des comptes maintenant il va falloir payer et il va falloir payer pour tout les retraites ne sont qu'une occasion de présenter l'addition et l'addition est longue comme le bras dans une indiscrétion à la presse un sbire de la république en marche balance si Macron renonce à sa réforme il est fichu il a tellement répété que c'était un marqueur de son quinquennat autant se retirer au touquet enfin une parole de vérité enfin une parole de bon sens tu nous as trop fait chier Macron puisque c'est comme ça que tu parles c'est comme ça que tu nous parles c'est comme ça que Darmanin nous parle alors on va te parler tu nous as trop fait chier le service outrageant des riches a fait de toi un bouffon haïssable tu t'es assis deux fois sur les circonstances exceptionnelles de ton élection tu n'as aucun consentement majoritaire sinon contre toi tu n'as aucune légitimité tu envisages l'âme claire de dissoudre et de livrer le pouvoir au rassemblement national tu es un danger public nous connaissons notre objectif te ramener au touquet
pour terminer les prises de parole de cette tribune et avant de se retrouver parce que je vous rappelle qu'il y a une buvette et que ce sera l'occasion de consommer et d'échanger et de poursuivre les discussions mais avant ça je passe la parole à Anas à Anas Cazib qui est cheminot à Paris Nord qui est syndicaliste et qui était évidemment en grève hier pour nos retraites
bonsoir à toutes et à tous c'est difficile de parler de la situation nationale après cinq interventions aussi qualitatives et que je partage entièrement déjà vous remercier toutes et tous pour votre présence au nom de l'ensemble des camarades de Révolution Permanente la dernière fois où on était dans cette salle c'était pendant la campagne présidentielle c'était un moment fort et important pour nous mais j'ai envie de dire que ce soir votre présence les discussions les interventions qu'on a ce soir sont on ne peut plus importantes et bien plus importantes que peut l'être un processus d'une campagne présidentielle parce que ce qui est en train de se jouer aujourd'hui les camarades et ce qui se joue aussi dans ce meeting c'est l'histoire de la lutte de classe et c'est pour ça qu'on est réunis ce soir vous le savez on est en train de vivre quelque chose d'assez important avec les deux mobilisations dont les camarades ont parlé celle du 19 janvier et du 31 janvier non pas uniquement par le caractère massif qu'elles ont pu avoir et ça a été démontré à plusieurs reprises que dès la deuxième journée c'est à dire hier on a connu le record de manifestation du nombre de manifestants depuis au moins 30 ans c'est à dire qu'on était hier beaucoup plus nombreux qu'au pic de 1995 et au pic de 2010 ça montre en quelques journées la férocité la force la volonté en fait d'en découdre aujourd'hui contre cette réforme du gouvernement d'Emmanuel Macron mais bien plus que la question de la réforme des retraites je pense et on pense que toutes celles et ceux qui sont dans la rue qui étaient dans la rue hier qui étaient dans la rue le 19 janvier cristallisent en réalité ces cinq années de lutte de classe qu'on a connues notamment depuis la loi El Khomri de toute cette nouvelle génération qui s'est levée aux côtés des gilets jaunes qui s'est levée aux côtés des cheminots lors de la réforme du ferroviaire qui était là dans la rue contre la réforme de Levoy qui a lutté dans les entreprises durant la crise sanitaire pour exiger des masques du gel hydroalcoolique pour exiger des mesures sanitaires de cette nouvelle génération qui s'est levée juste après le Covid à l'image des camarades de Géodice qui ont lutté pendant plus de 30 jours à 100% de grévistes pour obtenir des conditions de travail des améliorations de salaire à l'image des camarades de Leroy Merlin de Decathlon de Sephora et même de LVMH même des travailleurs qui fabriquent des sacs à main de plus de 2500 euros de chez Bernard Arnault ont commencé à dire même nous on n'arrive même pas à se payer les propres sacs qu'on arrive à fabriquer et il va falloir que Bernard Arnault il crache l'argent et ce qu'on a vu dans les rues hier ce qu'on a vu dans les rues le 19 janvier c'est la cristallisation de tous ces secteurs du monde ouvrier de ces secteurs de la jeunesse de ces retraités de toutes ces personnes qui ont décidé de relever la tête et de sortir de cette période d'atomie qu'on a connue pendant la crise sanitaire et qu'on est en train de retrouver aujourd'hui une phase de lutte de classe que le gouvernement est en train d'analyser et qui inquiète le gouvernement et qu'il le sache l'ensemble du mouvement ouvrier aujourd'hui est en train de commencer à réfléchir à amplifier la mobilisation et hier c'était une réussite et il faut se féliciter les camarades de la journée qu'on a vécue que toutes celles et ceux qui étaient dans les rues se disent on a marché dans la ruière à Paris dans les villes dans les petites villes les centres-villes les grandes villes comme Marseille Lyon, Lille et ailleurs et que c'était une journée historique et qui est marquée d'une pierre blanche aujourd'hui face à la lutte face à la classe bourgeoise face à cette bourgeoisie qui nous méprise qui pensait qu'on allait fermer nos gueules qui espérait que l'inflation allait nous laisser chez nous que la crise économique que la difficulté à pouvoir vivre à pouvoir se loger à pouvoir se nourrir aller nous faire fermer nos gueules et bien manque de peau hier on était plus de 2 millions 800 000 personnes dans les rues de France et c'est une fierté les camarades c'est une fierté pour l'ensemble du mouvement ouvrier et comme l'ont dit certains camarades c'est pas uniquement en France où ça se joue ça se joue aussi en Angleterre ça se joue en Allemagne en Espagne aux Pays-Bas et dans bien d'autres pays on a énormément de puissance mondiale aujourd'hui qui regarde ce qui se passe notamment en France parce qu'ils savent et on le dit que la France c'est un des épicentres de la lutte de classe lorsqu'il y a des grèves en France lorsqu'il y a des luttes en France ça se sait à l'échelle internationale et on les surveille comme le lait sur le feu parce qu'ils savent que lorsqu'il y avait le mouvement des gilets jaunes et bien derrière on a vu des gilets jaunes débarquer au Soudan en Irak en Algérie en Équateur au Chili on a vu des banderoles de personnes qui disaient de bouter flicat à Macron même combat et ils savent que si demain ici en France face à ce président qu'énormément de magazines internationaux disaient qu'il pouvait être le président de tous les pays du monde que c'était le président que toute la bourgeoisie de tous les médias nous enviait si ce président là demain on le renvoie au touquet comme disait Frédéric Lordon ça va donner du moral non pas uniquement aux camarades de honnête comme le disait tout à l'heure mais ça va donner du moral à l'ensemble de la classe ouvrière à l'échelle internationale qui vont se dire que si les travailleuses et les travailleurs en France ils ont pu faire reculer le gouvernement face à une contre-réforme de ce niveau là et bien nous aussi aux Etats-Unis face à Biden en Équateur au Chili en Algérie et ailleurs on est capable aussi de faire comme le prolétariat français comme la jeunesse française de se mobiliser de se réveiller et peut-être les camarades qu'on aura et bien ce mouvement subversif ce mouvement révolutionnaire internationaliste qu'on espère toutes et tous je le disais pour revenir sur la mobilisation qu'on a connue hier sur le caractère historique en termes de chiffres mais aussi par sa base sociologique telle qu'on a pu l'observer toutes et tous hier dans la journée entre ces cortèges immenses qu'on a pu voir dans des villes moi j'ai vu qu'à Tulle la ville de François Hollande il y avait plus de 10 000 manifestantes et manifestants qui étaient dans les rues c'est la combinaison aujourd'hui de ce qu'on pourrait qualifier du prolétariat des grands centres-villes des grandes agglomérations et du prolétariat des villes périphériques de cette France périurbaine aujourd'hui et on a la chance d'avoir encore une fois parce qu'Emmanuel Macron nous sert sur un plateau systématiquement des mouvements ultra subversifs aujourd'hui pour la première fois depuis des décennies nous avons des secteurs de la classe ouvrière qui ne luttaient pas ensemble qui n'étaient pas ensemble dans la rue au même moment et qui hier encore ont fait la démonstration qu'ils étaient prêts à lutter à se battre côte à côte contre cette réforme d'Emmanuel Macron mais en plus de ces secteurs du privé du public des petites villes des grands centres-villes il y a eu également la jeunesse qui a commencé à se réveiller cette semaine qui a commencé à organiser des assemblées générales des blocages de lycées et autres on a eu également énormément de retraités qui étaient dans les rues hier non pas pour dire qu'eux étaient concernés par l'allongement de la retraite mais pour montrer leur solidarité avec les travailleuses et les travailleurs avec toute la génération future parce que et j'ai croisé un retraité qui me disait moi je suis dans la rue parce que j'en avais marre en fait d'entendre à chaque fois dans les médias nous expliquer que les seuls qui soutenaient la réforme c'était les retraités et il expliquait que les retraités eux aussi sont contre cette réforme là parce qu'ils ont des enfants des petits-enfants et ils ne veulent pas que les générations futures crèvent au boulot crèvent avec des pensions de retraite de misère et c'était une fierté hier de voir à quel point il y avait énormément de retraités dans les villes de France mais en plus de cela et c'est quelque chose qui est assez notable et extraordinaire c'est qu'Emmanuel Macron a ramené même une partie de sa base électorale il y a des gens qui ont voté Emmanuel Macron parfois à deux reprises qui étaient dans les rues hier il faut savoir qu'il y a des taux de grévis chez les cadres les amis qui est spectaculaire il y a des taux de grévis chez les cadres qui est supérieur au secteur ouvrier dans les entreprises pour vous dire même hier il y avait même une directrice des ressources humaines à la SNCF d'un établissement de plus de 1500 salariés qui était dans le cortège de Sudrail je ne dirai pas dans quel établissement elle est pour qu'elle garde son emploi et sans aucun doute que demain elle nous mettra sur la gueule dès qu'elle pourra dès qu'il y aura des réorganisations et autres mais c'est vous dire à quel point cette question de la réforme des retraites de l'allongement à 64 ans dépasse énormément de choses mais vous le savez les gens ne se mobilisent pas uniquement sur cette question de la réforme des retraites c'est l'ensemble du quinquennat d'Emmanuel Macron qui est remis en cause c'est l'ensemble de leur politique néolibérale depuis des décennies que nous sommes en train de subir et tout à l'heure quand je parlais de nos camarades anglais c'est une fierté de voir comment le prolétariat anglais aujourd'hui a sorti la tête de l'eau de décennies où on expliquait que le prolétariat anglais était écrasé était défait par Thatcher ou plus jamais on verrait de grèves de manifestations immenses au Royaume-Uni et c'est une fierté de se dire qu'aujourd'hui pendant que nous sommes en train de lutter il y a des manifestations records en France mais il y a aussi des manifestations records en Angleterre et je pense que comme nos camarades anglais aujourd'hui comme les camarades en Espagne en Allemagne et ailleurs on se bat pas uniquement que contre des réformes pour des histoires de trimestre en plus mais contre tout ce monde là qu'ils essayent de nous imposer contre la casse de nos conditions de travail et de salaire et il y a quelque chose qui est spectaculaire et je pense qu'on l'a tous vécu dans nos chaires c'est la question de la crise sanitaire et on a toutes et tous appris qu'on soit jeunes travailleurs ou retraités la période de la crise sanitaire nous a marqué au fer rouge et aujourd'hui il y a plein d'éditorialistes des sociologues du monde du travail qui expliquent qu'il y a une crise du travail ils disent pas que les gens sont fainéants parce qu'ils disent qu'il y a même beaucoup plus de production et beaucoup plus de travailleurs qu'il y a quelques décennies en arrière et que c'est pas une question de fainéantise mais que les travailleuses et les travailleurs sont en train de repenser que veut dire le travail pour quelle raison ils travaillent à quel but pour quel avenir aussi et aujourd'hui si les gens sont dehors c'est parce qu'on est en train de repenser justement ce monde là ces cadences cette exploitation qui nous impose ça me déchire le coeur moi quand je vois un camarade comme Moussa qui va avoir 68 ans qui est encore debout en train de travailler à pousser des palettes qui se casse le dos pour combien 1850 balles 1850 euros à 68 ans et même quand il partira à la retraite il va partir avec quoi les camarades 50% des 25 meilleures années de salaire faites 50% de 1800 euros avec vos calculettes et sortez c'est quoi sa pension pleine à 100% qui vit avec ça qui peut vivre demain avec 1000 balles entre des loyers qui sont à 700 800 euros même plus de 1000 euros aujourd'hui la réalité les camarades c'est qu'ils ne veulent pas que la classe ouvrière puisse avoir une retraite puisse vivre dignement ils ne veulent pas qu'on profite ils veulent simplement essayer de voir comment ils peuvent nous exploiter encore plus parce qu'ils ne veulent pas payer ils ne veulent pas passer à la caisse pour les salaires ils ne veulent pas passer à la caisse pour les retraites mais par contre on nous expliquera toujours à quel point Bernard Arnault est fantastique qui crée des emplois qui crée de la richesse que les patrons de Renault de PSA et autres sont des patrons que le monde nous envie mais il n'y a personne qui vient les chercher bizarrement ils sont toujours là en France mais demandez au patron de PSA moi comme je dis souvent s'il est si fantastique qu'il rentre dans les usines et qu'il sort tous les travailleurs de ces usines et qu'il nous montre combien de voitures il est capable de créer lui qui crée de la richesse qu'il nous montre avec ses mains combien de richesses il arrive à créer lui dans son usine que les patrons de Geo10 qui sont les mêmes patrons que les miens de la SNCF nous montrent combien de palettes ils sont capables eux de pousser à 35 ans pas à 68 ans qu'ils viennent les cadres dirigeants à 35 balais nous montrer combien de palettes ils peuvent pousser c'est tellement des fainéants que quand il y a grève ils ramènent des intérimaires où ils payent plus les travailleurs plutôt que d'essayer de faire et montrer qu'eux ils seraient capables de faire le boulot parce que ça leur est insupportable c'est ça le monde du travail c'est ça ce qu'ils veulent essayer de nous imposer un monde dans lequel on est obligé de fermer nos gueules et ce qui est important aujourd'hui c'est que ces mobilisations ils sont en train de pointer du doigt toutes ces problématiques et les camarades je le dis nous pouvons gagner on peut gagner mais il va falloir se dire quelques vérités on veut pas avec les camarades de révolution permanente on veut pas faire des meetings juste pour raconter nos vies et c'est tout on veut essayer que ce meeting il soit utile aussi il essaye de modestement de nous donner une boussole de compréhension de ce qui est en train de se passer de comment nous on peut essayer aussi de changer les choses comment on peut essayer de mettre notre pierre à l'édifice dans cette lutte d'essayer de lui donner le caractère le plus offensif le plus politique le plus radical et pour cela il faut d'abord tirer les bilans de ce qui est en train de se passer aujourd'hui il y a des millions de personnes dans les rues il y a des millions de grévistes il y a des retraités des cadres des jeunes mais bizarrement personne d'entre nous dans cette salle décide de la moindre chose les assemblées générales partout sont vides sinon de quelques poignées de dirigeants syndicaux de militants syndicaux locaux qui sont présents personne ne vient en assemblée générale même pour vous dire avant 20h aucun dirigeant syndical d'une fédération n'était capable de savoir quelles étaient les dates c'est quand même incroyable on se satisfait du nombre de la puissance de la force de notre camp social à pouvoir lutter et avancer à revendiquer mais bizarrement personne ne s'inquiète sur qui décide qui est le dirigeant qui dirige ces mobilisations et bien c'est pas nous les camarades c'est des rumeurs à ce qui paraît à ce qui paraît Berger il a dit à Martinez et Martinez il lui a dit et le gars de Solidaire il fait 8% donc du coup tu comprends il ferme sa gueule il a rien à raconter et le mec de la CFE-CGC il regarde le plafond et Martinez il a dit à Berger et Berger il lui a dit on va faire 50-50 moi j'appelle le samedi et toi tu appelles le 7 comme ça toi tu gardes la face parce que je sais qu'il y a ton congrès et je sais que dans ton congrès j'ai cru comprendre qu'il y avait quelques fédérations qui t'aiment pas trop donc faut que tu gardes la face toi aussi et vu que moi j'ai pas trop l'habitude d'appeler à des grèves et que c'est déjà la deuxième journée on va les appeler le samedi mais c'est pas pour moi c'est pour les précaires c'est pour Fernande Bagou mais Fernande Bagou elle t'a dit moi j'étais le 31 en grève à 100% et je serai là le 7 elle a pas dit je serai là samedi elle a dit moi j'étais là en grève avec tous mes collègues on a perdu du salaire les précaires ils sont pas là le samedi ils sont où les précaires le samedi ?
ils essayent de se reposer de leurs 5 journées de fatigue dans lesquelles ils ont pas pu profiter de leurs enfants de leur famille c'est le seul moment ils peuvent faire les courses pourquoi les gens ils disent ah fais chier on va pas faire les courses le samedi il y a tout le monde mais pourquoi il y a tout le monde ? parce que tout le monde veut se donner rendez-vous le samedi ?
non parce que les gens ils travaillent la semaine et qu'ils ont pas le temps d'aller faire des courses et que le seul moment c'est dans leur temps de repos et quand t'es une travailleuse du nettoyage quand t'es un maçon quand t'es un agent de sécurité et ben oui c'est pas le samedi que tu vas manifester et pourquoi ils devraient manifester le samedi ? on est pas milliardaire à la SNCF ou à la RATP ou dans les raffineries on gagne mieux notre vie qu'eux ? on a des meilleures conditions de travail et de salaire qu'eux ?
c'est indéniable on a des statuts etc mais ils ont pas dit nous on fait pas grève pour des questions de statut ou de retraite du régime général ou des régimes spéciaux mais parce qu'il faut les écouter réforme des retraites ou pas elle sait que de toute façon elle doit partir à 67 ans donc comment on fait pour faire en sorte que Fernand Bagou et ses camarades et tous les autres rendent dans la bataille ? comment on fait pour que les moussacs qui gagnent 1800 balles et qui a quelques mois encore à tirer pour la retraite comment on le convainc de venir sacrifier un mois de salaire ou deux mois de salaire ?
et ben les camarades c'est en mettant des revendications qui permettent à l'ensemble du mouvement ouvrier à la jeunesse de rentrer dans la bataille mais le problème c'est comme l'a dit Adrien tout à l'heure ils ne veulent pas parce qu'ils savent que simplement mettre la question des salaires ça serait commencer à politiser la mobilisation et qu'eux ils ne font pas de politique et qu'il n'y a vraiment qu'un bureaucrate imbécile pour considérer qu'on met 2,8 millions de personnes dans la rue et que c'est pas politique mais c'est comme ça qu'ils réfléchissent et nous les camarades on considère que on peut gagner mais il va falloir que les choses elles changent radicalement elles changent radicalement elles changent radicalement il va falloir élargir le socle de revendications on ne peut pas dire juste rejet de la réforme des retraites déjà le retrait on ne devrait même pas le demander et je vous invite à lire les communiqués de l'intersyndicale il n'est même pas écrit le mot retrait même le mot retrait ils n'ont pas envie de l'écrire mais le retrait c'est un minimum que pour les gens qui sortent dehors mais on a envie de parler des salaires du service public on a envie de parler de la question climatique on a envie de parler de la loi immigration on a envie de parler d'énormément de choses dans ces mobilisations les gens sortent pour plein de choses parce qu'ils savent que demain une défaite contre le gouvernement d'Emmanuel Macron sera terrible les amis et ça il faut qu'on l'ait en tête une grève c'est pas toujours victorieux c'est même souvent des défaites quand on l'a vu dans les 25 dernières années mais bizarrement les victoires elles sont toujours à l'image des grèves de Honnête ou de Géodice ce sont toujours des grèves dans lesquelles l'ensemble des travailleurs sont mobilisés, unis et qui décident de A à Z de l'ensemble des choses qu'ils font du matin au soir de l'ensemble des revendications de l'ensemble des propositions de l'entreprise il y a personne qui pèse plus que l'autre il n'y a pas de Martinez dans les grèves de Géodice Mouloud il parle ici et c'est lui le leader mais nous on l'a vu Mouloud il est obligé de la fermer devant ses collègues et de dire ce que a dit le patron et c'est ses collègues qui lèvent la main ou qui baissent la main et c'est grâce à ça c'est grâce à cette main levée ou baissée grâce à la présence des camarades en assemblée générale qu'ils arrivent à faire reculer le patron c'est de la même manière que les travailleurs de Honnête ont tenu 45 jours parce qu'ils mettaient un point d'honneur tous les jours à être en assemblée générale mais pourquoi on est 2,8 millions dans les rues et que personne ne vient en assemblée générale parce que les conditions tout le monde le voit la grève elle est bizarre elle est bizarre il y a tellement de monde dans les rues mais dans les assemblées générales il ne se passe rien il n'y a pas la moindre action citez moi une seule action citez moi une seule action combative que vous avez pu voir dans les deux journées rien et même pour vous dire tout à l'heure j'étais chez le coiffeur j'ai fait un tweet je tweet chez le coiffeur j'ai essayé de me faire beau pour le meeting de ce soir mais je pense que je disais que Martinez et Berger devraient aller chez mon coiffeur parce qu'il est beaucoup plus stratégique que eux il m'a dit c'était comment hier je lui dis ah franchement il y avait du monde il m'a dit ah j'ai vu franchement il y avait du monde et toi à la télé tout ça je ne fais pas de critique sur mon coiffeur c'est malheureusement comme beaucoup d'artisans, d'indépendants qui galèrent et avec qui je parle beaucoup les questions d'électricité etc.
mais il y a beaucoup de colère et beaucoup de soutien ce sont des gens qui font partie de notre classe qui essayent de se débrouiller qui n'ont pas des diplômes qui viennent parfois pour mon coiffeur qui vient d'Algérie qui essayent de se débrouiller de faire leur petit boulot et donc voilà et il me dit avec ces termes là il me dit ouais ça se voit qu'il y a eu du monde il me dit ah mais Macron il va pas reculer là dessus j'ai dit comment ça il me dit ah c'est trop gentil il me dit c'est trop gentil il me dit en 2019 ah quand il n'y avait plus de métro ah c'était la galère là c'était la galère là il me dit c'était la galère 2019 il me dit ou bien les gilets jaunes ah il avait peur des gilets jaunes il me dit ah de toute façon si votre grève ça commence pas à être une grève illimitée un peu façon gilets jaunes il n'y aura rien du tout et j'ai trouvé fantastique ce que m'a dit le coiffeur parce qu'il avait totalement raison il a totalement raison et tout le monde le sait tout le monde le voit Emmanuel Macron l'a dit encore je ne reculerai pas face à la réforme Elisabeth Borne elle a dit les 64 ans sont non négociables ce n'est pas la rue qui décide etc ils ont tous compris les seuls qui n'ont pas compris ce sont la dizaine de chefs ils sortent le jour de la manifestation à la fin à 20h pour donner la date à laquelle ils ont pensé parce qu'ils ne veulent pas de radicalité ils ne veulent pas que les gens y s'expriment ils ne veulent pas que les travailleuses les travailleurs la jeunesse décide du mouvement ils ne veulent pas d'action black rock ils ne veulent pas d'entrer des cheminots dans les sièges de la SNCF qui vont interpeller des cadres des dirigeants des patrons ils ne veulent pas voir des travailleurs envahir le siège de la république en marche ah on va y avoir tu fais mon texte et pourquoi ils ne veulent pas pour la simple et bonne raison que la bureaucratie syndicale les camarades n'a aucune volonté d'utiliser le terme qu'a utilisé Mouloud de révolution ils ne veulent à aucun moment être débordés ils veulent la passivité totale ils veulent la passivité totale de notre camp et il faut avoir quelque chose en tête même si on est tout le temps sympa et on oublie souvent les choses ce sont ces dirigeants là qui sont responsables des 25 dernières années de défaite leur unité c'est l'unité de la défaite l'unité des logos sur une feuille c'est l'unité de la défaite l'unité des logos qui te dit que tu es obligé de cantonner les revendications à la seule question des retraites c'est l'unité de la défaite parce qu'ils savent que la seule unité capable de renverser cette réforme de pousser jusqu'au bout autant que ses forces lui permettront c'est l'unité des travailleurs et des travailleurs dans la lutte c'est celle des ceux qui sacrifient du salaire et qui chaque matin viennent dans les assemblées générales décident de ce qu'ils font et c'est cette unité des travailleurs c'est une unité centrale il se joue des événements graves lorsqu'il y a des périodes de lutte de classe qui sont gagnantes ou perdantes parfois on ne le mesure pas et je vous incite vraiment à regarder ce qui se passe à l'échelle internationale qu'on ne parle pas uniquement de j'ai un trimestre en plus moi des fois ça me fait de la peine mais c'est pas très grave malheureusement on essaye de discuter avec nos collègues parfois ça me fait de la peine en tant que militant révolutionnaire en tant que syndicaliste de discuter avec des collègues qui me parlent que d'eux ah bah moi j'ai vu j'ai deux trimestres moi j'ai trois trimestres alors qu'à côté il y a des pays et des grandes puissances qui sont en train de s'armer qui ont augmenté les budgets militaires il y a Zelensky en Ukraine qui tous les matins demande des missiles et des chars et les travailleurs par en bas regarde ce qui est en train de se passer les travailleurs sont inquiets comment on peut être inquiet de travailler deux trimestres et en avoir rien à taper de savoir pourquoi l'autre il met 100 milliards de plus pour acheter des missiles et des chars pour en faire quoi ?
pour en faire la paix ? et de la même manière on doit être inquiet de ça les camarades je le dis fraternellement il faut qu'on soit inquiet du fait qu'on ait des puissances militaires qui sont en train d'augmenter les budgets et qui sont inquiets de savoir c'est quoi la merde qui est en train de se passer en France des bourgeois qui ne comprennent même pas la réforme qui disent ça va rien changer 10 milliards, 15 milliards qui vont rentrer dans les caisses qu'est-ce que c'est que ça ?
ils sont inquiets parce qu'ils savent que les choses elles peuvent déborder comme on dit il suffit d'une étincelle pour que notre camp social décide de renverser la table définitivement et qu'il n'y a plus aucun berger ni Martinez qui décide et c'est ça ce qui est en train de se jouer les camarades et ils le savent très bien il y a des événements de la lutte de classe qui peuvent faire basculer les choses et si demain on perd après avoir mis 2,8 millions de personnes dans les rues avoir fait des taux de grévistes de records ce serait quand même un sacré coup de massue sur la tête il faut aller ramasser les gens après derrière quand tu as mis 2,8 millions que tu as bombé le torse record 30 ans, 40 ans et que les gens ils disent au final on l'a perdu ça sert à rien en vrai les grèves ça sert à rien de toute façon moi je vais voter Le Pen comme ça j'explose tout je vais ramener les fascistes, l'extrême droite comme ça j'explose tout et celle qui ramasse le plus et qui ramassera en cas de défaite c'est l'extrême droite c'est Marine Le Pen et parce que Darmanin il va préparer le terrain aussi parce que juste après la réforme des retraites il y a la loi immigration pour aller faire encore plus la chasse aux noirs et aux arabes je vais les faire bosser jusqu'à 67 ans et je vais leur faire la guerre dehors et c'est tout ça qui se joue les camarades et ce serait terrible et je ne le souhaite pas je préfère dire les vérités pour qu'on ait conscience de ce qui est en train de se jouer et pour que ça j'espère que vous ressortez de cette salle non pas juste avec des paillettes dans les yeux ou quelques beaux discours mais avec la volonté de voir comment depuis votre position où vous êtes dans un lycée, une fac, une entreprise dans une usine ou autre partout où vous êtes comment vous allez pouvoir faire en sorte que ce destin qui peut basculer d'un camp d'un côté ou d'un autre et bien vous mettez votre pierre à l'édifice pour que ça soit du côté de la victoire parce que si on gagne les amis ça va nous faire du bien ça va nous faire du bien mais pour qu'on gagne les camarades il va falloir qu'on soit massivement dans les rues le 7 qu'on motive nos collègues à venir en assemblée générale à construire des cadres interprofessionnels tout le monde est chaud les raffineurs sont chauds à la RATP ils sont chauds les cheminots ils sont chauds partout tout le monde est chaud mais tout le monde attend tout le monde et parfois on se demande à quoi servent des confédérations c'est quand même bizarre tu vas au siège de la CGT à Montreuil ils sont tous dans le même couloir ben toquez à la porte alors discutez entre vous si vous êtes tout chaud et pourquoi ils font pas ça parce qu'ils ne veulent pas que ça se généralise ils ne veulent pas de généralisation de la grève ils disent souvent il n'y a pas de bouton pour la grève générale et je suis d'accord avec eux il n'y a pas de bouton pour la grève générale par contre ils ont toujours le bouton des grèves saute-mouton des grèves perlées des grèves carrées mais ils ont jamais le bouton de la grève générale et il va falloir qu'on les force à venir sur notre plan de bataille le 7 et le 11 c'est une demi-victoire parce que ça les oblige à monter d'un cran alors qu'ils ne voulaient pas monter d'un cran parce que je vous le dis les vraies rumeurs des rumeurs qui circulaient c'était uniquement un samedi et que la prochaine date c'était après les vacances vous imaginez vous mettez 2,8 millions de personnes dans la rue et que vous appelez un samedi et puis une autre date au mois de mars c'est incroyable quand même si vous avez les meilleurs joueurs de foot dans votre équipe et vous allez chercher les moins de 16 ans pour faire la finale de la coupe du monde c'est quand même c'est incroyable d'avoir cette réaction là mais parce que les camarades ils ne veulent pas que ça durcisse parce qu'ils ont peur des effets de gilet jaunisation de débordement et les éditorialistes ils ont la même peur que eux eux aussi ils sont là mais vous n'avez pas peur de vous faire déborder par la base et vous avez des dirigeants syndicaux qui répondent à ça plutôt que de souhaiter d'être débordés par la base ils disent non il y a l'unité il y a machin etc etc et donc oui il faut souhaiter ce débordement comme le disait tout à l'heure Adrien il faut les déborder mais pour les déborder il faut aller chercher l'ensemble des secteurs du mouvement ouvrier sur une stratégie dure sur des grèves reconductibles pas pour faire un fétiche de la grève reconductible mais parce que la grève reconductible c'est la grève qui appartient aux travailleuses et aux travailleurs parce que c'est eux comme je l'ai dit comme les travailleurs de Honnête ou Géodice qui mettent un point d'honneur chaque matin chaque jour à chaque assemblée générale de décider si la grève elle continue ou elle s'arrête et la grève reconductible c'est la seule possible de faire reculer le gouvernement parce que vous vous doutez bien que pour qu'Emmanuel Macron mette fin à son quinquennat il va falloir bien plus que des journées de 24 heures avec toute la massivité qu'elles peuvent avoir et bien plus que des journées bien encadrées on est bien encadrées on travaille ensemble, on grève ensemble mais dès qu'on arrive à place de la République il est où ton camion ?
ah moi c'est CGT là-bas ah vas-y allez salut on se revoit demain moi c'est Sudrail moi c'est la CFDT et on manifeste derrière des ballons il n'y a pas de banderole c'est interdit de faire une banderole de ton chantier c'est interdit d'aller avec tes collègues devant t'es un gauchiste si tu fais ça non les personnes qui font ça c'est les personnes les plus conscientes c'est le cortège de tête parce qu'ils sont en tête de la contestation ils sont en tête de la compréhension ils ont compris que c'est pas derrière des camions où on est tous divisés qu'on va gagner parce que c'est eux qui parlent d'unité c'est eux qui parlent d'unité des travailleurs mais qu'ils font des tirages au sort pour savoir quel syndicat sera devant l'autre elle est où votre unité ?
vous êtes même obligés de tirer au sort qui va rouler devant l'autre ? sacrée unité !
j'ai jamais vu un travailleur faire cette unité là où au final ils décident de qui sera devant l'autre les travailleurs quand ils luttent ils savent très bien qu'ils doivent se serrer les coudes parce que de leur lutte dépend leur unité dépend leur force et non pas de faire des interrogations sur qui va craquer faites attention, l'unité est fragile faut pas chauffer berger pour une fois qu'on les a de grâce les amis, ne sortez pas avec ces idées là de pas froisser un tel ou un tel si t'as pas envie de te battre pour faire reculer le gouvernement Macron dégage d'ici et laisse ceux qui veulent se battre et ça doit être ça nos mots d'or et désolé parce que j'ai fait beaucoup trop long j'ai fait beaucoup trop long et j'ai rien lu de ce que j'ai écrit j'avais pas écrit le touquet avant que tu le dises et je suis passé après toi donc euh...
non mais les camarades très sincèrement enfin on... comme je le dis depuis le début on voulait que ce meeting vous serve de boussole participe à aider aussi au changement de votre subjectivité parfois en disant des choses dures quand on parle de la guerre etc et c'est toujours plus facile de fermer les yeux et de se dire que les choses elles peuvent pas arriver mais on a vu et je pense que toutes les personnes ici présents dans cette salle ont vécu des événements difficiles dans les dernières...
dans les derniers mois, dans les dernières années jamais personne n'aurait pensé qu'il fallait faire une attestation pour aller chercher une baguette à la boulangerie jamais personne n'aurait pensé que quand son père ou sa mère allait rentrer dans un lit d'hôpital il allait ressortir dans un cercueil parce qu'il avait chopé le covid jamais aucun étudiant pensé qu'il allait rester enfermé 3 mois, 4 mois dans sa chambre de bonne à pas pouvoir sortir jamais aucun sans-papiers, il s'est dit qu'il allait rester dans son foyer Sonacotra pendant 3 semaines, un mois enfermé parce que déjà quand il y a des millions de personnes dans les rues quand il sort, c'est le premier qu'on attrape pour le contrôler alors quand les rues elles sont vides, ils préféraient rester dans leur foyer parfois à crever de faim et oui il y a des événements comme ça qui nous tombent dans la gueule il y a parfois des travailleurs qui pensent qu'ils vont arriver à 67 ans et malheureusement ils arrivent même pas à 60 ans combien de travailleurs sont morts avant même d'espérer même toucher une retraite et ça c'est le lot de l'ensemble des précaires de plus en plus nombreux aujourd'hui parmi les travailleuses et travailleurs de gens qui ont de l'hypertension artérielle, du diabète, qui ont des problèmes de dos, de vues et autres qu'on bazarde comme ça parce que c'est pas vrai que les patrons veulent qu'on travaille jusqu'à 64 ans aucun ne veut ça parce qu'à 64 ans t'as des médicaments et il veut pas parce que t'es plus lent et il veut pas parce que tu lui coûtes plus cher parce qu'il y a une prime d'ancienneté parce que ça fait tant d'années parce que tu l'emmerdes parce que t'as 30 ans d'expérience et tu sais comment c'était il y a 30 ans et que tu lui réexpliques tous les matins alors que le jeune que tu viens d'embaucher il connait rien de toutes les conditions de travail qui existaient il y a 20 ans alors il veut pas des personnes qui ont 64 ans aucun il dégage les gens et oui il faut qu'on puisse se dire ces vérités là parce que c'est face à ça qu'on est en train de se battre pas une histoire uniquement de trimestre ou de taux plein ou taux réduit ou de décote ou autre c'est contre tout ce monde et les camarades avec révolution permanente on a envie de vous inviter aussi à prendre votre part dans cette mobilisation je disais il y a un an on était dans cette salle au moment de la campagne présidentielle et sûrement plein de monde parmi vous ont participé ont aidé ont donné un petit peu d'argent ont peut-être participé à des tournées de parrainage ou autre mais aujourd'hui c'est beaucoup plus important et on a besoin d'avoir une organisation révolutionnaire qui avec ses petites forces ses petits bras essaye de changer les choses n'est pas en train de se cacher en se disant ah Martinez c'est trop gros ne critiquons rien ah les travailleurs précaires on va les ramener le samedi non les travailleurs précaires on les convainc on leur dit que ce qui leur arrive c'est dur et que s'ils ne se battent pas ils vont payer et qu'on veut qu'ils luttent dès maintenant plutôt que de leur dire venez le samedi on veut une organisation révolutionnaire qui essaye de jouer les premiers plans de la lutte de classe et je pense que vous voyez il y avait la dernière fois un journaliste qui me disait révolution permanente on vous voit partout et il a pas tort sur le même BFM TV ils ont réussi à mettre l'Aurélia et Adrien sur le même plateau c'est dire à quel point je lui ai dit si vous saviez qu'on était environ 400 militants il m'a dit vous êtes que 400 mais c'est incroyable ça vous avez des travailleurs partout etc je dis mais on aimerait bien on aimerait bien et je pense que vous le voyez les amis je le dis vraiment modestement on essaye on essaye de prendre notre part que ça soit à travers le journal les éditoriales qu'on fait les vidéos de visibiliser des camarades comme Fernande d'aider dans la grève des camarades de Géodice de collecter de l'argent dans les facs de se battre dans les gares dans les dépôts de bus dans les raffineries vous le savez ça on a pas besoin de vous dire vous le savez si vous êtes présent aujourd'hui c'est pas par hasard c'est parce que vous suivez et que je pense que vous êtes sympathisant aussi de révolution permanente et on vous en remercie notre force c'est vous si on arrive à faire tout ce qu'on fait c'est parce que vous êtes à nos côtés et on a besoin que vous preniez votre part aujourd'hui on a fait un congrès de fondation il y a un mois qui était une fierté après les mois qu'on a passé avant les difficultés et autres et aujourd'hui on est fier d'être plus que debout plus que fort plus que combatif et on vous invite toutes et tous les camarades à rejoindre le front de la lutte révolutionnaire et peut-être je l'espère qu'ici parmi vous demain il y ait les futures travailleuses travailleurs mais surtout les futures militantes et militants de révolution permanente qui luttent avec une seule volonté en finir avec le système capitaliste en finir avec l'ensemble des oppressions et l'ensemble de l'exploitation que vit le mouvement ouvrier merci
comme je le disais
et si vous avez compris la fin ou entendu la fin de l'intervention d'Anna je pense que vous voyez pourquoi celles et ceux qui éventuellement ne sont pas encore en contact avec nous on vous invite très vivement à vous inscrire vous serez recontactés on va organiser des réunions de travail de discussion voilà d'échanges politiques sur l'orientation dans le mouvement l'évolution de la situation nos propositions d'action etc.
il y a aussi une buvette on a la salle jusqu'à 23h si je ne me trompe pas je ne sais pas si on me corrige mais il me semble que c'est autour de 23h donc vous êtes invités à rester boire un verre l'oreillette que la machine à carte bleue ne marche pas mais qui est un distributeur à 5 minutes et surtout du coup n'hésitez pas à rester discuter boire une bière un jus quelque chose et merci encore à tous et à toutes et on se revoit traître les piquets de grève dans les lycées et dans les facs