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InterviewRadio France (sur Site radio)· 2 septembre 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueSantéSolidarités & famille

Désert médical en Bretagne : comment la commune de Guiclan a mobilisé ses habitants pour attirer 17 soignants en 10 ans

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Bonjour Robert Bodiguel. Maire de Guiclan, 2500 habitants entre Landivisio et Morlaix. Merci d'être avec nous ce matin sur ICI Braizizel.

  • 0:30OuverteRéponse directe

    On vous a invité pour parler des déserts médicaux parce que vous, vous avez trouvé la solution.

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Comment vous avez fait ? Vous étiez adjoint à l'époque.

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Et comment ça se passe concrètement ?

  • 2:39OuverteRéponse directe

    C'est-à-dire que chacun, qu'on comprenne bien, chacun dans la commune a pu donner des sous pour créer cette société et ouvrir cette maison médicale.

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Comment vous avez fait ensuite pour recruter les médecins ? Parce que ce n'est pas tout de créer cette société et d'avoir la maison médicale. Comment on recrute ? Comment on attire des médecins ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38PrésentateurFait
    « Vous n'en aviez pas de médecin il y a 10 ans, en 2016. »
  • 0:42PrésentateurChiffre
    « Vous avez aujourd'hui 17 professionnels de santé à Guiclan et vous attendez, je crois, 4 dentistes dans votre maison médicale. »
  • 0:55Invité politiqueFait
    « Au départ en retraite de notre médecin, le docteur Abalin, en juin 2016, la commune a repris d'abord la location du cabinet dans l'espoir de recruter un médecin. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Et après plusieurs hypothèses, on a imaginé une SCI, la classique, avec la participation de la population et de la commune. »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « Alors, à force de recherches sur Internet, j'ai découvert par hasard la SIC, c'est-à-dire Société Coopérative d'Intérêt Collectif. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « C'est une forme de société qui doit être constituée d'au moins trois collèges d'associés, les producteurs de services, les consommateurs et pour nous un collège collectivité. »
  • 2:21Invité politiqueFait
    « Le Conseil municipal s'est engagé à apporter autant d'argent que le montant apporté par la population. »
  • 2:28Invité politiqueChiffre
    « Et les 240 premiers associés ont apporté 80 000 euros. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « L'épargne allait de 50 euros avec un maximum de 1 000 euros. On a plafonné à 1 000 euros. »
  • 3:05Invité politiqueFait
    « Mais je suis habitué, et depuis, à voir que les Guittanais s'appellent mobiliser lorsqu'il y a une difficulté, quelle qu'elle soit. »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « On a le bouche-à-oreille, bien sûr. Mais la rencontre principale, c'est ce qu'on a fait avec le professeur Berthoud, qui était doyen de la faculté de médecine de Brest à ce moment-là. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « Ils organisaient à la fac de Brest ce qu'on appelle un généraliste d'équine, qui a pour but de mettre en relation des étudiants en fin d'études avec les collectivités en recherche de médecins généralistes. »
  • 4:02Invité politiqueFait
    « Pour participer, les porteurs de projets doivent projeter un film d'une minute pour convaincre les futurs médecins. »
  • 5:07Invité politiqueFait
    « On a été porté par la presse écrite, la radio et la télévision. Même M6 nous a accompagnés pendant la journée du generalist dating. »
  • 5:12Invité politiqueFait
    « toute cette communication et cette approche qu'on a eue certainement auprès de ces professionnels a encouragé les gens à venir s'installer à Guiclan. »

Temps de parole

  • Robert Bodiguel69 %
  • Présentateur26 %
  • Présentateur 25 %

≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On a parlé il y a quelques instants dans l'info d'ici, un reportage que vous pouvez retrouver sur l'appli ici, du manque de médecins à Plonais, Sébastien Rapaour. Direction maintenant une commune qui ne manque pas. C'est la vôtre. Bonjour Robert Bodiguel. Bonjour. Maire de Guiclan, 2500 habitants entre Landivisio et Morlaix. Merci d'être avec nous ce matin sur ICI Braizizel. On vous a invité pour parler des déserts médicaux parce que vous, vous avez trouvé la solution. Vous n'en aviez pas de médecin il y a 10 ans, en 2016. Vous avez aujourd'hui 17 professionnels de santé à Guiclan et vous attendez, je crois, 4 dentistes dans votre maison médicale. Comment vous avez fait ?

Vous étiez adjoint à l'époque.

0:49
Robert Bodiguel

Oui, tout à fait. Au départ en retraite de notre médecin, le docteur Abalin, en juin 2016, la commune a repris d'abord la location du cabinet dans l'espoir de recruter un médecin. Alors l'équipe municipale a cherché une solution pour créer une maison médicale. Plusieurs réunions se sont enchaînées avec les services de l'ARS et des communes du pays de Morlaix parce qu'on était plusieurs dans le même camp sous préfecture. Mais malheureusement, les échanges n'ont pas abouti. Et après plusieurs hypothèses, on a imaginé une SCI, la classique, avec la participation de la population et de la commune.

Le problème, c'est qu'une commune, pour être associée dans une SCI, doit obtenir l'accord du Conseil d'État. Alors, à force de recherches sur Internet, j'ai découvert par hasard la SIC, c'est-à-dire Société Coopérative d'Intérêt Collectif. C'est une forme de société qui doit être constituée d'au moins trois collèges d'associés, les producteurs de services, les consommateurs et pour nous un collège collectivité. Donc, j'ai proposé de réunir ceux que j'appelle les forces vives de la commune, responsables d'associations et toutes les personnes engagées dans le fonctionnement de la commune.

À l'issue de cette réunion, qui s'est tenue en juin 2016, donc aussitôt après le départ du médecin, à l'unanimité, les participants ont soutenu l'idée de créer cette SIC.

2:12
Présentateur

Et comment ça se passe concrètement ?

2:14
Robert Bodiguel

Alors, concrètement, on a constitué donc la société. Il a fallu, bien sûr, apporter un capital par les associés. Le Conseil municipal s'est engagé à apporter autant d'argent que le montant apporté par la population. Et à notre grande surprise, nous basions sur 25 à 30 000 euros. Et les 240 premiers associés ont apporté 80 000 euros.

2:38
Présentateur

Ah oui. C'est-à-dire que chacun, qu'on comprenne bien, chacun dans la commune a pu donner des sous pour créer cette société et ouvrir cette maison médicale.

2:47
Robert Bodiguel

Voilà. Alors, l'épargne allait de 50 euros avec un maximum de 1 000 euros. On a plafonné à 1 000 euros. Et donc, avec cette méthode, on est arrivé à collecter, je vous dis, 80 000 euros. Bon, ça nous a un peu surpris que la population se mobilise autant. Mais je suis habitué, et depuis, à voir que les Guittanais s'appellent mobiliser lorsqu'il y a une difficulté, quelle qu'elle soit.

3:12
Présentateur

Il y a même eu des souscriptions, je crois, en dehors de la commune, par exemple, avec des enfants dont les parents vivaient à Guiclan, alors que eux, les enfants, étaient à Paris. Ça, c'est arrivé aussi.

3:23
Robert Bodiguel

Tout à fait. Oui, oui. C'est exact.

3:26
Présentateur

Comment vous avez fait ensuite pour recruter les médecins ? Parce que ce n'est pas tout de créer cette société et d'avoir la maison médicale. Comment on recrute ? Comment on attire des médecins ?

3:34
Robert Bodiguel

Alors, on a fait, bien sûr, plusieurs recherches. On a le bouche-à-oreille, bien sûr. Mais la rencontre principale, c'est ce qu'on a fait avec le professeur Berthoud, qui était doyen de la faculté de médecine de Brest à ce moment-là. Ils organisaient à la fac de Brest ce qu'on appelle un généraliste d'équine, qui a pour but de mettre en relation des étudiants en fin d'études avec les collectivités en recherche de médecins généralistes. Donc, pour participer, les porteurs de projets doivent projeter un film d'une minute pour convaincre les futurs médecins.

4:11
Présentateur

Donc, vous avez fait un petit film de promotion pour attirer les médecins. Et vous avez été retenu. C'est votre projet qui a le plus-plus, manifestement. Et aujourd'hui, vous avez 17 professionnels de santé. Donc, il y a des infirmiers, des sages-femmes, ostéopathes, orthophonistes, psychomotriciens, podologues. Je crois que vous attendez des dentistes aussi. Qu'est-ce qu'elle a de plus, votre commune, pour attirer autant de professionnels de santé ?

4:38
Robert Bodiguel

Écoutez, je crois que c'est la dynamique enclenchée lors de cette recherche de médecins qui a été largement médiatisée. Ça, il faut le reconnaître. On a été porté par la presse écrite, la radio et la télévision. Même M6 nous a accompagnés pendant la journée du generalist dating. Donc, toute cette communication et cette approche qu'on a eue certainement auprès de ces professionnels a encouragé les gens à venir s'installer à Guiclan.

En voyant une telle participation de la population, c'était quand même 10% à peu près de la population qui s'engageait financièrement dans la création de cette société, ça donnait certainement envie à certains professionnels, je crois que c'est eux qu'il faut interroger là-dessus, de venir à Guiclan.

5:26
Présentateur

Bon, il faut dire que vous n'êtes aussi pas très loin des plages. Vous êtes à 15 kilomètres de la mer, donc ça, c'est un plus aussi.

5:32
Robert Bodiguel

Oui, mais ce n'était pas l'argument principal. Quand on a discuté avec les médecins, ils souhaitaient, par l'expérience qu'ils avaient eue lorsqu'ils devaient faire des remplacements, rester dans un périmètre relativement restreint de la fac de Brest. Et ils nous donnaient comme limite environ une demi-heure de la fac de Brest. Évidemment, ça c'est aussi un... On est en bord de quatre voies. C'est parfait. Ça facilite les déplacements.

5:58
Présentateur

D'un mois encore, est-ce que ça peut donner des idées aux élus qui nous écoutent ? Est-ce qu'on peut reproduire votre modèle partout, d'après vous ?

6:06
Robert Bodiguel

Partout, je ne sais pas. Il y a quand même une étude de marché, je dirais, à faire au préalable, voir ce qu'il y a dans l'environnement. Et puis, effectivement, après, il faut peut-être oser aller vers la population, parce que ce n'est pas le conseil municipal tout seul qui peut se lancer dans une telle aventure. Si on a l'approche de la population, c'est ça qui se sensibilise. Et on peut dire que cet investissement fait par la population et la collectivité ont permis à la commune de se soustraire d'un investissement spécifique, alors qu'on avait, bien sûr, d'autres investissements à faire sur la commune.

Donc, le projet est porté vraiment par une société, qui est une société commerciale, une société coopérative d'intérêt collectif. Et ça n'impacte pas du tout les finances de la commune.

7:01
Présentateur

Et résultat, aujourd'hui, vous avez une équipe de professionnels de santé dont la moyenne d'âge est de 35 ans. Et ça fonctionne très bien. Merci beaucoup d'avoir été en ligne avec nous ce matin pour nous expliquer comment vous avez fait Robert Bodiguel, maire de Guyclan, entre Landivisio et Morlaix, qui compte aujourd'hui 17 professionnels de santé. Il est 7h52. Excellent réveil à tous. Merci.