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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 23 juin 2020 42 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprisesJustice

Bourdin Direct du 23 juin - 8h/9h

Au micro : Jean-Jacques BourdinSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:03OuverteRéponse directe

    C'est la situation sanitaire dans les pays de l'hémisphère sud qui fait craindre aux scientifiques une deuxième vague en France ?

  • 1:11OuverteRéponse directe

    Si l'épidémie ne s'arrête pas, ça veut dire qu'il y aura une transmission continue dans ces hémisphères et qu'on a un risque d'une saisonnalité ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Le conseil scientifique propose aussi de conserver les données de santé déjà récoltées lors de la première vague ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Garance Munoz, d'abord, les distances de sécurité. Les 4 mètres carrés obligatoires pour chaque personne sont remplacées par un mètre de distance seulement entre les salariés.

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Cela fait 30 ans que Philippe est ingénieur chez Alcatel, groupe qui appartient aujourd'hui à Nokia. Dégoûté par ce PSE, ce plan de sauvegarde de l'emploi.

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Alors le gouvernement est entré dans la discussion, mais les élus syndicaux n'y croient pas beaucoup.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12InvitéFait
    « Le Covid-19 va-t-il revenir en force en automne prochain en France ? Une hypothèse jugée extrêmement probable par le Conseil scientifique. »
  • 0:19InvitéFait
    « Il faut à tout prix conserver les données de santé déjà récoltées. »
  • 0:25InvitéFait
    « Fini le télétravail et la règle des 4 mètres carrés par salarié. »
  • 0:35InvitéChiffre
    « Le groupe sabre dans ses effectifs. Un tiers des postes supprimés. »
  • 2:15InvitéFait
    « En Guyane, la situation est jugée très préoccupante par les autorités sanitaires. »
  • 2:19InvitéChiffre
    « 701 malades en réanimation, soit une légère baisse. »
  • 2:39InvitéFait
    « Les 4 mètres carrés obligatoires pour chaque personne sont remplacées par un mètre de distance seulement entre les salariés. »
  • 3:22InvitéChiffre
    « Nokia, un tiers des salariés, devraient perdre leur emploi. »
  • 3:27InvitéChiffre
    « En France, un plan d'une ampleur inédite, ça concerne au total 1233 personnes. »
  • 5:13InvitéFait
    « On l'entend prononcer « j'étouffe » à 7 reprises. »
  • 5:47InvitéChiffre
    « 11 personnes morales et 12 personnes physiques sont jugées, notamment pour tromperie aggravée et homicide des blessures involontaires. »
  • 7:17InvitéFait
    « Les députés ont voté cette nuit pour le port d'un bracelet électronique pour les détenus condamnés pour terrorisme et qui vont bientôt sortir. »
  • 22:24InvitéPromesse
    « Nous avons proposé que le port du masque soit porté le plus possible et qu'il soit gratuit pour tout le monde. »
  • 22:40InvitéChiffre
    « Un masque chirurgical, c'est 95 centimes. C'est le prix d'une baguette par jour. »
  • 25:11InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, il y a 460 milliards d'euros d'argent public injecté en partie dans l'économie pour normalement éviter qu'il y ait ces plans sociaux. »
  • 25:34InvitéFait
    « Je vais vous donner un exemple avec Renault. »
  • 26:02InvitéFait
    « Ils vont délocaliser. Ils vont fermer l'usine de Choisy. »
  • 26:07InvitéFait
    « Mais ils vont relocaliser toutes les fabrications des futurs véhicules électriques. »
  • 26:58InvitéFait
    « Et ils vont en plus se transformer. L'argent public doit justement accompagner cette transformation du trafic aérien. »
  • 29:11InvitéFait
    « Mais bien sûr, enfin, alors là, on vit une crise terrible qui remet, d'ailleurs, qui montre l'absurdité de cette réforme par points. »
  • 29:33InvitéFait
    « Comment serait-elle financée avec une telle crise ? »
  • 29:51InvitéPromesse
    « Nous voulons une réforme des retraites qui garantisse un bon niveau de retraite pour tous. »
  • 30:17InvitéFait
    « Il faut partager le travail. »
  • 33:42InvitéChiffre
    « Entre 2009 et 2018, les 40 plus grandes entreprises boursières françaises ont distribué 473 milliards d'euros de dividendes aux actionnaires. »
  • 34:55InvitéFait
    « Déboulonner une statue ? »
  • 37:55InvitéFait
    « Personne, aujourd'hui, ne contestera le fait que ces deux hommes, comme Cédric Chouvia, sont morts sous les mains de policiers. »
  • 38:49InvitéFait
    « Les violences policières existent dans notre pays. »
  • 38:59InvitéFait
    « Oui, il en existe. Une minorité. »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Invité12 %
  • Invité 29 %
  • Invité 33 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Mardi 23 juin, l'info sur RMC. Et 8h03, Céline Kalman est là pour les dernières informations. Céline, bonjour.

0:11
Invité

Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Le Covid-19 va-t-il revenir en force en automne prochain en France ? Une hypothèse jugée extrêmement probable par le Conseil scientifique. Il faut à tout prix conserver les données de santé déjà récoltées. Bientôt le retour à la normale dans les entreprises. Fini le télétravail et la règle des 4 mètres carrés par salarié. Le protocole sanitaire devrait être considérablement allongé. Et puis les salariés français du Finlandais Nokia sous le choc. Le groupe sabre dans ses effectifs. Un tiers des postes supprimés. Bienvenue à tous sur RMC. Les membres du Conseil scientifique n'avaient jamais aussi exprimé aussi clairement.

C'est désormais chose faite dans une note transmise au gouvernement. Ils mettent en garde sur les risques d'une seconde vague épidémique en France. Ou à minima d'un sévère rebond. Alors pas pour tout de suite, mais pour l'automne. Pour appuyer leurs propos, les experts s'appuient notamment sur la dynamique épidémique dans les autres régions du monde romain-voiseau.

1:03
Présentateur

C'est la situation sanitaire dans les pays de l'hémisphère sud qui fait craindre aux scientifiques une deuxième vague en France. Benjamin Davido est infectiologue à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches. Si l'épidémie ne s'arrête pas, ça veut dire qu'il y aura une transmission continue dans ces hémisphères et qu'on a un risque d'une saisonnalité.

1:19
Invité

Et donc d'autant plus que le Covid-19 revienne à l'automne, à l'hiver, dans les pays de la zone tempérée. Alors pour limiter ce retour, Benjamin Davido en appelle à la responsabilité de chacun. La distanciation, le port du masque, le lavage des mains et surtout dépister pour isoler les malades jusqu'à un vaccin qui très clairement sera la solution qui nous sortira de cette épidémie.

1:40
Présentateur

Le conseil scientifique propose aussi de conserver les données de santé déjà récoltées lors de la première vague. Qui a eu le Covid ? Quel est son entourage ? Mesure liberticide pour l'ordre des médecins, mesure essentielle pour le docteur Robert Sebag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Pour recenser, pour voir le suivi, s'il y a des rechutes, peut-être dans six mois, dans un an, de dire ben voilà vous avez encore des anticorps neutralisants, vous êtes immunisé. C'est important aussi pour la connaissance du vaccin. Le conseil scientifique qui tient à rassurer, tout sera fait pour protéger l'identité des malades.

2:07
Invité

Et l'OMS de son côté prévient que la pandémie continue de s'accélérer dans le monde. En Guyane, la situation est jugée très préoccupante par les autorités sanitaires. En métropole, 23 décès supplémentaires liés au Covid-19 ces dernières 24 heures. 701 malades en réanimation, soit une légère baisse. Moins de tensions dans les hôpitaux, des règles sanitaires allégées dans les écoles. On l'a vu hier et c'est bientôt au tour des entreprises de reprendre la vie d'avant. Moins de règles drastiques. L'info est tombée hier soir et sera présentée officiellement dans la semaine. Garance Munoz. D'abord, les distances de sécurité.

Les 4 mètres carrés obligatoires pour chaque personne sont remplacées par un mètre de distance seulement entre les salariés. Si ce n'est pas possible, le port du masque est conseillé en tout dernier ressort, comme dans les écoles. Plus besoin donc de limiter le nombre de personnes présentes. Ensuite, le télétravail ne constitue plus une norme à privilégier. Les salariés sont invités à revenir sur leur lieu d'activité accepté. Bien sûr, les travailleurs les plus à risque pour le reste. Peu de changements. L'employeur doit toujours désinfecter et nettoyer les lieux régulièrement. Il se doit de tenir informé les travailleurs détachés, saisonniers ou intérimaires.

Et l'importance du dialogue social est soulignée. Le dialogue social nécessaire également concernant les plans sociaux qui sont annoncés chaque jour. Mais cela sera-t-il suffisant ? Dernière en date, Nokia, un tiers des salariés, devraient perdre leur emploi. En France, un plan d'une ampleur inédite, ça concerne au total 1233 personnes. Le site de Lagnon, dans les Côtes d'Armor, est visé. Tout comme celui de Nausée, dans l'Essonne. 831 personnes vont se retrouver sur le carreau. Les salariés se sentent trahis. Le reportage sur place de Thomas Chupin.

3:45
Présentateur

Cela fait 30 ans que Philippe est ingénieur chez Alcatel, groupe qui appartient aujourd'hui à Nokia. Dégoûté par ce PSE, ce plan de sauvegarde de l'emploi, d'autant plus que lui et ses équipes ont beaucoup donné durant la période d'épidémie.

3:55
Invité

Les gens ont fait des efforts, ils n'ont pas baissé d'activité, au contraire. Dans mon équipe, c'est le cas, on a fait plus de choses. La récompense, c'est un PSE, c'est d'un cynisme sans nom.

4:05
Présentateur

Sur ce site de Nausée, 831 emplois sont donc menacés. Que des ingénieurs qui aujourd'hui ne sont donc plus à l'abri, explique Laurent, élu CGT.

4:11
Invité

Par le passé, on pouvait se sentir à l'abri. Mais maintenant, dans le monde actuel, on se sent plus proche, je dirais, du monde ouvrier. Notamment, j'ai tous les jeunes qui ont été embauchés très récemment, qui sont des gens très pointus, qu'on a sélectionnés justement pour leurs compétences techniques. Ces gens-là, ils sont écoeurés.

4:25
Présentateur

Alors le gouvernement est entré dans la discussion, mais les élus syndicaux n'y croient pas beaucoup. D'autant plus dommage, explique Claude Josserand, délégué CGT du groupe, que la technologie 5G est en plein développement. Pour nous, l'entreprise se tire une balle dans le pied, puisqu'en effet, la 5G démarre. Il y a des contrats qui sont signés en ce moment. On a besoin de gens pour poursuivre la recherche et le développement. Et tous ces postes-là sont visés aujourd'hui. Des syndicats qui veulent mobiliser, mais ce ne sera pas simple, avoue-t-il. Alors que beaucoup de salariés ne sont pas sur site. Héritage de la crise sanitaire, 95% d'entre eux sont en télétravail.

4:53
Invité

Et à 14h30, les syndicats seront reçus à Bercy. Ce sont des enregistrements précieux qui permettent de retracer l'interpellation de Cédric Chouvia le 3 janvier 2020. Ce livreur, père de 5 enfants, est arrêté par la police pour un contrôle routier qu'est Branly à Paris. La scène a pu être reconstituée grâce à l'analyse de 13 vidéos. On l'entend prononcer « j'étouffe » à 7 reprises. Les policiers impliqués dans son arrestation ont été placés en garde à vue la semaine dernière. Ils affirment qu'ils n'ont à aucun moment entendu ces appels à l'aide. Dans les Ardennes, des fouilles vont se poursuivre au château de Sautouf, ancienne propriété de Michel Fourniray hier.

Les recherches menées dans une autre maison pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin n'ont rien donné. Le tueur en série a avoué il y a quelques mois le meurtre de la fillette de 9 ans disparue en 2003. Réquisition attendue aujourd'hui au procès du scandale sanitaire du Mediator. 11 personnes morales et 12 personnes physiques sont jugées, notamment pour tromperie aggravée et homicide des blessures involontaires. Il va faire 31 degrés aujourd'hui à Marseille, la deuxième ville de France, qui pourrait basculer à gauche dimanche lors du second tour des municipales.

Le 15 mars, c'est la liste de l'écologiste Michel Rubirola qui est arrivé en tête devant Martine Vassal pour les Républicains. Les résultats du deuxième tour risquent d'être serrés après une fin de campagne électorale très tendue. Mélodie Salé.

6:14
Présentateur

À Marseille, la campagne prend des allures de feuilleton télévisé, principale cible, la candidate LR. Ce n'est plus Martine Vassal, c'est Martine Scandale. Stéphane Ravier, tête de liste du Rassemblement National à Marseille. Aujourd'hui, elle est allée trop loin dans cette volonté de garder le pouvoir. En pratiquant et en établissant ces fausses procurations, on touche le fond avec le clan Vassal. Il faut curer les égouts de la politique marseillaise. Je demande à Martine Vassal déjà si elle arrive encore à se regarder dans la glace le matin. À sa place, je présenterai ma démission. En tout cas, je me retirerai de cette campagne électorale.

Sûrement pas, répond Stéphane Soto, le porte-parole de la candidate des Républicains. Il vante l'intégrité de Martine Vassal.

6:54
Invité

Nous connaissons ces valeurs d'engagement, d'honnêteté, qui ont été bafouées ces dernières semaines. Sans finalement jamais nous donner le choix de pouvoir répondre, avec des enquêtes menées uniquement à charge. Soyez sûrs que nous avons été très touchés par tout ce qui s'est passé ces dernières semaines.

7:10
Présentateur

C'est la candidate d'Union de la Gauche, Michel Rubirola, qui pourrait en profiter. Elle était en tête au premier tour avec plus de 23% des voix.

7:17
Invité

Les députés ont voté cette nuit pour le port d'un bracelet électronique pour les détenus condamnés pour terrorisme et qui vont bientôt sortir. Le texte prévoit aussi des restrictions sévères aux libertés pour une durée de 5 à 10 ans, comme le pointage ou l'interdiction de rentrer en contact avec certaines personnes. Ça devait être le 11 mai. Ce sera finalement ce soir à 21h sur France de cérémonie des Molières qui récompense les acteurs de théâtre, cérémonie enregistrée, sans public. Les théâtres peuvent accueillir du public depuis hier. Et pour rassurer les spectateurs, ce sont les acteurs eux-mêmes qui vont au contact. Exemple au Théâtre de la Ville à Paris, Nicolas Trenot.

Comme chez le docteur, Emmanuelle, une spectatrice, livre ses inquiétudes liées au déconfinement.

7:56
Présentateur

Tout reprend en vitesse, il faut aller acheter plein de trucs tout à coup, vite, vite, vite.

7:59
Invité

Mais le médecin est en fait une ballerine de l'opéra, en blouse blanche. Elle s'imprègne des confidences d'Eleonore pour lui livrer un remède sur la pointe des pieds, une danse sur mesure, inspirée de leur conversation.

8:10
Présentateur

Je suis touchée, je suis nourrie. Peut-être que ça va rester, ça va m'aider à trouver ma place.

8:20
Invité

Pour clore la consultation, la fausse médecin Eugénie Drillon prescrit un album et un chorégraphe à découvrir. On reste en contact. C'est un retour au public, à danser pour quelqu'un aussi et pas à danser pour soi parce que je n'ai pas vu de public depuis fin février. Danseurs, comédiens, scientifiques, musiciens, 90 artistes donnent des consultations à tour de rôle dans le jardin du théâtre sur proposition du metteur en scène Emmanuelle de Marcimota. Dans ce moment-là, le théâtre et la culture ont un rôle primordial. Les médecins ont été en première ligne.

Aujourd'hui, les artistes doivent être capables d'être en première ligne et de donner de l'espoir à travers des œuvres de fiction et de réflexion. Les consultations artistiques sont ouvertes jusqu'à ce soir au théâtre. Il y aura peut-être du théâtre finalement au Festival d'Avignon qui a été annulé dans la rue, qui sait ?

9:03
Présentateur

Dans la rue. Oui, avec les distances de... Oui, enfin bon, c'est fini la distance. Malheureusement, c'est fini. Enfin, c'est fini. Pas partout, mais... Il ne faudrait pas, il faudrait maintenir les distances. C'est ce que disent les médecins. Professeur Xavier Lescure est avec nous, infectiologue à l'hôpital Bichat. Pareil. Bonjour, professeur Lescure. Merci.

9:21
Invité

Bonjour.

9:22
Présentateur

Merci. Vous l'avez constaté comme moi, ces distanciations sociales, physiques, comme on voudra, sont de moins en moins bien respectées. Est-ce que ça vous inquiète, franchement ?

9:35
Invité

Franchement, oui. Et je parlerai plus de distanciation physique que de distanciation sociale, parce que je pense que ça mine un peu le moral des troupes de parler de distanciation sociale. On peut maintenir des relations sociales avec une bonne distance. Il ne faut pas que ça se termine. Le confinement est terminé. Mais il faut vraiment, vraiment continuer à respecter les mesures barrières, entre guillemets.

10:00
Présentateur

Quand vous regardez l'évolution de l'épidémie, bon, vous êtes inquiet quand on voit le comportement de certains, mais vous êtes inquiet aussi en regardant l'évolution de l'épidémie. Quand j'écoute l'OMS qui nous dit que la pandémie continue de s'accélérer dans le monde, quand j'écoute le conseil scientifique qui nous dit qu'il est extrêmement probable que l'épidémie de virus reviendra dans l'hémisphère nord à l'automne, on ne peut pas être rassuré, professeur.

10:32
Invité

On ne peut pas être rassuré. En fait, on ne sait pas prédire l'avenir, mais comme vous dites très bien, l'épidémie n'est pas terminée. C'est très, très difficile d'éradiquer une pandémie quand on a une circulation mondiale avec une globalisation. Donc ça circule, on le sait. Dans la boule de cristal de Mme Irma, il y a différentes dimensions, mais il y a l'effet de la saison, l'effet de la température sur le virus, l'effet de la température sur les comportements humains. C'est vrai qu'on transmet beaucoup moins l'infection, le virus, quand on est à l'extérieur.

Il y a aussi des choses qu'on maîtrise beaucoup moins, qui sont l'adhérence de la population vis-à-vis de ces mesures barrières, et puis il y a des choses qu'on explore, qui sont plutôt rassurantes, mais l'immunité croisée vis-à-vis des coronavirus saisonniers, par exemple, pourrait jouer un rôle assez favorable. Donc tout ça est difficile, mais quand vous voyez que, par exemple, en Israël, au Maroc, on a l'extrémisse d'une deuxième vague, c'est vrai qu'on n'est pas très rassuré sur l'avenir, en France en tout cas.

11:41
Présentateur

Oui, sur l'avenir, après l'été, professeur Lescure, évidemment, après l'été, on n'est pas très rassuré. Et d'ailleurs, tout à l'heure, j'étais avec un sénateur de Guyane qui s'inquiétait vraiment de la situation là-bas. Il nous disait, dans deux à trois semaines, il y aura un pic d'épidémie, et nous allons probablement reconfiner. Professeur, la situation dans l'hémisphère sud est très inquiétante.

12:07
Invité

Oui, oui, on a vraiment au Brésil, par exemple, une épidémie qui est extrêmement inquiétante. La Guyane est en train de prendre la vague du Brésil, et ce n'est pas un élément très rassurant sur, par exemple, l'effet de la température extérieure sur le virus. Ça circule, même dans les pays chauds. Donc, l'été, je ne serai même pas aussi rassurant que vous sur l'été. Je ne sais pas ce qui va se passer en été.

12:37
Présentateur

Oui. Vous ne savez pas ce qui risque de se passer en été. D'ailleurs, on ne sait pas grand-chose. Toujours pas grand-chose sur la...

12:44
Invité

Eh oui, eh oui. Personne ne sait, mais c'est vrai que par rapport aux facteurs dont on parlait tout à l'heure, on a l'impression, il y a des études qui montrent que le virus est sensible à la haute température, mais il est capable de se multiplier à 37 degrés. Ah, il est malheureusement... Oui. Pardon. Allez-y, allez-y. Personne ne sait pas aussi. Par exemple, si le virus est peu sensible à la haute température, c'est l'effet sur le système de soins de la conjonction d'une reprise de Covid avec une phase caniculaire, par exemple, sur les systèmes hospitaliers.

13:24
Présentateur

Voilà. Avec une phase caniculaire, il arrivait notamment de nombreuses personnes âgées dans les hôpitaux.

13:32
Invité

Exactement. Donc, il faut se dépêcher d'avoir, pour le Ségur de la santé, des mots, des actes pour que le système sanitaire... Je parle de l'hôpital parce que je suis hospitalier, mais c'est pareil, la médecine de ville doit être renforcée, les agences de santé publique aussi doivent être dotées de capacités pour détecter, pour tracer, pour isoler les patients avant qu'on se reprenne une deuxième vague qui pourrait être assez difficile, puisque les soignants sont un peu fatigués. On essaie de se reposer en ce moment pendant cette période de flottement, ce n'est pas évident. Et puis, les gens, la population, en a un petit peu marre.

Et donc, je ne sais pas exactement quels seraient les effets d'une deuxième vague, mais probablement, même si on sera mieux armé sur le plan théorique, sur le plan psychologique, sociétal, économique, ça risque d'être vraiment difficile. Donc, il faut faire très attention et respecter les mesures barrières et la distanciation.

14:31
Présentateur

Oui, il faut absolument respecter ces mesures barrières, et notamment les réunions, réunions entre amis, réunions de famille, qui sont de potentiels clusters.

14:43
Invité

Tout à fait. Aujourd'hui, les clusters, ce qui circule en France, c'est soit des clusters familiaux, des membres d'une même famille qui ont un lien épidémiologique, qui se sont rencontrés, qui ont une réunion, effectivement, en famille. Dans un foyer familial, c'est très difficile de maintenir une distance. Donc, c'est vrai que dans un foyer, dans une famille, les parents et les enfants, par exemple, on ne peut pas respecter des barrières. C'est compliqué de respecter des mesures barrières. Par contre, sur un rassemblement familial au sens plus large, il faut vraiment faire attention. Et puis, les deuxièmes clusters, c'est les clusters dans des milieux professionnels.

Par exemple, les abattoirs sont vraiment un endroit particulier pour transmettre la maladie, le virus, pardon. Et on pense que, par exemple, là, l'effet de la température a probablement un rôle dans un circuit fermé, dans un milieu fermé.

15:38
Présentateur

Dans un milieu fermé. Merci beaucoup, professeur Lescure. On écoutera, et on écoutera toutes les remarques faites par les grands médecins, qui, depuis le début, finalement, quand on fait le bilan, depuis le début, nous ont toujours informés comme il le fallait. Il est 8h19. Merci, ils savent mieux que nous. Merci, professeur Lescure. Vous êtes sur RMC, RMC Découverte. Il est 8h19. Nous serons dans un instant avec Frédéric Simotel, qui va nous parler de quoi ? Du protocole sanitaire, qui va être assoupli dans les entreprises, alors que les grands médecins s'inquiètent. On sera tout avec Frédéric Simotel. RMC, 6h-9h. Bon, indirect.

Nous parlions de distanciation, nous parlions de règles et de protocoles sanitaires avec le professeur Lescure. Eh bien, le gouvernement, Frédéric Simotel, bonjour. Bonjour. Le gouvernement finalise une nouvelle version du protocole sanitaire des entreprises. Le télétravail n'est plus la norme. La règle des 4 mètres carrés d'espace entre deux salariés passe à 1 mètre carré, comme dans les écoles. Quelles sont les autres mesures ? Alors, on a beaucoup de mesures. Oui, on vient d'avoir la confirmation sur BFMIS avec François Asselin, le président de la direction générale des CPME.

Alors, voilà, donc les deux principales, c'est quand même le télétravail et cette jauge des 4 mètres qui passe à... Le télétravail, est-ce que vous êtes favorable ou pas au télétravail ? Je pose la question régulièrement à nos auditeurs, c'est très partagé. Oui, ça reste très partagé. Alors sinon, dans ce nouveau protocole de déconfinement, on va avoir un référent Covid dans l'entreprise. Pour les entreprises de plus de 10 salariés. Dans toutes les entreprises de plus de 10 salariés, il faudra un référent Covid. Voilà. Monsieur Covid. Monsieur Covid. Ou Madame Covid, d'ailleurs. Qui sera chargé de regarder, enfin de veiller à ce que toutes les mesures sanitaires soient quand même respectées.

Parce que derrière, on garde quand même l'importance du dialogue social et de l'information à l'interne. Attention particulière pour tous les travailleurs détachés, saisonniers, intérinaires, pour qu'ils aient la connaissance des règles. Le port du masque ne doit être envisagé qu'en dernier ressort. Celui de gants reste hautement conseillé. Alors l'employeur est tenu de procéder à un lavage, une désinfection régulière des postes de travail. Alors c'est une fois par jour, au moins minimum. Avec quand il y a une rotation des salariés notamment. De l'aération. Le nettoyage des colis aussi. Quand vous recevez un colis, quand vous recevez du courrier.

Et puis un plan de circulation qui doit rester, veiller au respect des flux circulatoires dans l'entreprise. Et puis bien entendu, le lavage des mains qui reste quand même essentiel. Oui. Alors l'objectif quand même, c'est de faire revenir les salariés dans leur entreprise. Et c'est le gros souci. Parce que le télétravail, c'est bien. Mais c'est bien qu'il y ait du soleil. On verra en octobre si tout le monde veut revenir. Mais c'est vrai, moi j'ai contacté beaucoup d'entreprises. Et aujourd'hui, on voit qu'en moyenne, hier, c'était 10 à 15% des salariés dans les grandes entreprises qui reviennent au travail. Parce que pour différentes raisons.

Certains ont encore leurs enfants à la maison parce que toutes les écoles ne peuvent pas accueillir les enfants. Certains préfèrent travailler en télétravail. Il faut voir aussi qu'en agglomération parisienne, on a beaucoup de salariés d'entreprises américaines qui, elles, restent pratiquement toutes fermées. Donc les gens restent au travail. Donc voilà, il faut ramener les gens dans l'entreprise. Parce qu'à plusieurs, on est toujours plus intelligent que tout seul chez soi. Bien, merci Frédéric Simotel. Qu'est-ce que vous vouliez dire ? Non mais j'ai un chiffre là-dessus.

18:51
Invité

94% des cadres ont mal au dos à cause du télétravail justement. C'est ce que nous dit un spécialiste.

18:58
Présentateur

Mais parce que chez eux, ils n'ont pas les bonnes chaises, les bons fauteuils, ils sont travaillés. Le code du travail exige que quand on a instauré un protocole de télétravail, le code du travail exige que le salarié soit accompagné dans l'ergonomie de son poste chez lui. Et notamment avec des fauteuils, les mêmes que l'on a au bureau, qui peuvent se réclamer en avant. Quand on part avec son fauteuil, on peut. Et pourquoi pas, pourquoi pas. Bien, 8h27, merci Anaïs Castagna, merci Quentin Vinet, merci à toutes les équipes qui sont là le matin, toute la technique évidemment qui assure cette matinale parfaitement. RMC, RMC Découverte Sahel, c'est la radio et la télé.

Nous serons là demain matin et dans un instant, Fabien Roussel sera là, député du Nord et le patron du Parti communiste français. A tout de suite. RMC, Romagnette. Rémi Inck est là pour les dernières informations. Rémi, bonjour. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Cette fois, il l'aura répété au policier, j'étouffe Cédric Chouvia, livreur de 42 ans, plaqué au sol par trois policiers lors d'un contrôle routier le 3 janvier dernier à Paris. Il avait perdu connaissance avant de décéder 48 heures plus tard à l'hôpital. Plusieurs vidéos de l'arrestation ont été analysées en l'entendant dire ces mots.

Mercredi dernier, les quatre policiers impliqués dans cette interpellation ont été placés en garde à vue pour être entendus par la police des polices. Ils sont convoqués début juillet par le juge d'instruction en charge de la ferme. Nokia, le géant finlandais des télécoms, va supprimer 1233 emplois de sa filiale française Alcatel-Lucent. Un tiers de ses effectifs donc, des départs volontaires, des solutions de reclassement, avec deux sites concernés, celui de l'Agnon en Bretagne, 402 emplois en moins, et celui de Nauset dans l'Essonne avec 831 emplois menacés.

Le coronavirus qui circule activement en Guyane, situation jugée très préoccupante par le ministère de la Santé, Matignon envisage un reconfinement. Pic épidémique attendu pour la deuxième ou troisième semaine de juillet selon l'Agence régionale de santé. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, arrive aujourd'hui à Cayenne. Restez avec nous dans un instant, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité ce matin, Fabien Roussel, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, Fabien Roussel. Je rappelle que vous êtes député du Nord.

Je rappelle que vous êtes le patron du Parti communiste français. Si nous parlions du déconfinement, ce déconfinement, vous avez vu l'inquiétude des médecins, des médecins qui s'inquiètent de l'évolution de l'épidémie en France. Est-ce qu'on ne va pas un peu trop vite, non ? Oui, j'ai vu l'inquiétude des médecins. J'ai vu l'inquiétude aussi des personnes que je rencontre chez moi, dans ma circonscription, dans ma vie à la Saint-Amand-les-Eaux. Des personnes qui disent qu'il ne faut pas aller trop vite, attention, il faut se protéger. Il y a en même temps un appétit à revivre, à se retrouver en famille, en famille. On a chanté, on a dansé à Saint-Amand-les-Eaux pour la fête de la musique.

On a organisé à Saint-Amand-les-Eaux une fête de la musique déambulatoire, avec des groupes qui viennent jouer au pied des immeubles ou dans les quartiers et qui se déplacent. Mais en même temps, il y a un appétit à se retrouver sur les terrasses des cafés, à se retrouver ensemble. Et parfois, on oublie un peu les gestes barrières. Mais il faut être très vigilant. Et nous, nous avons fait une proposition. C'est que le port du masque, c'est le geste barrière le plus reconnu, le plus efficace. Et nous avons proposé que le port du masque soit porté le plus possible et qu'il soit gratuit pour tout le monde. Parce qu'aujourd'hui, il représente un coût élevé pour un foyer.

Un masque chirurgical, c'est 95 centimes. C'est le prix d'une baguette par jour. Il faut en porter deux à trois par jour quand on va travailler ou quand on est collégien. Et quand c'est un masque en tissu, c'est entre 3 et 5 euros. Ça coûte quand même. 3 à 5 euros, c'est le prix d'un ticket de cantine. Un masque lavable en tissu. Oui, mais il faut en changer. Il en faut cinq par semaine et il faut les changer toutes les semaines. Eh bien, nous avons proposé que ce masque soit gratuit pour tous, pris en charge par la sécurité sociale, le temps de la crise sanitaire. Et si tout le monde avait le masque obligatoire, y compris dans l'espace public, eh bien, peut-être qu'il y aurait aussi...

C'est-à-dire que vous demandez toujours le masque obligatoire dans l'espace public. Je pense qu'aujourd'hui, face à cette envie de revivre, de sortir, de se retrouver, il faut faire attention. Il faut avoir les gestes barrières. Il faut porter... Je sais que c'est compliqué. Je sais que c'est compliqué. J'ai moi-même... Est-ce qu'il faut interdire tout ? Oui. J'oublie de le mettre. Oui. Mais est-ce qu'il faut interdire tous les rassemblements ? Les manifestations, les rassemblements ? Est-ce qu'il faut les interdire ? Non. Aujourd'hui, c'est gradué. Aujourd'hui, ça va... Mais personne ne porte de masque. Vous ne pratiquez presque personne. C'est bien pour ça que je vous dis que...

Dans ces rassemblements. Quand il y a des rassemblements, le mieux serait que tout le monde porte un masque parce que c'est le geste barrière le plus efficace. La rentrée scolaire s'est bien passée, la rentrée d'hier. On va voir, ça commence. Mais dans la joie. Dans la joie. C'était nécessaire, non ? Je pense que les enfants sont contents de se retrouver. C'est important, bien sûr. C'est nécessaire. C'est nécessaire aussi que les enfants soient bien encadrés et qu'ils aient tous accès à l'enseignement.

Et je regrette que le ministre de l'Éducation nationale n'ait pas accédé à la demande des enseignants de former les 8000 enseignants qui ont été reçus à la première partie de l'examen et seuls 4000 pourront passer la suite de l'examen. Nous avons besoin de former beaucoup plus aujourd'hui d'enseignants pour mieux encadrer nos enfants à l'école et surtout dans une période de crise sanitaire. Bien. La crise économique. Conséquence de la crise sanitaire. Téril. Renault, Air France, Alinéa, Célio, Lal, André, Nokia et tant d'autres entreprises en grande difficulté vont supprimer des emplois. Est-il possible d'éviter ces suppressions d'emplois ? Franchement.

Quand il y a une hémorragie de plans sociaux, on met un garrot. Et comment met-on un garrot ? Comment fait-on avec Renault par exemple ? Aujourd'hui, il y a 460 milliards d'euros d'argent public injecté en partie dans l'économie pour normalement éviter qu'il y ait ces plans sociaux. Or, beaucoup de cet argent va accompagner ces plans sociaux et c'est là le drame, l'injustice qui suscite autant de colère. Je vais vous donner un exemple avec Renault. Mais cet argent peut sauver aussi ces entreprises.

Mais pourquoi quand l'État donne aujourd'hui ces 7 milliards d'euros à Renault, pourquoi l'État ne conditionne pas cette injection d'argent public à la relocalisation d'activités, à relocaliser en France la production de véhicules ? Ils font l'inverse. Ils vont supprimer la Zoé qui est produite à Flin. Ils vont délocaliser. Ils vont fermer l'usine de Choisy. Ils revendent l'usine de Codan en Bretagne. Mais ils vont relocaliser toutes les fabrications des futurs véhicules électriques. Des véhicules électriques. Enfin, n'importe quoi, M. Bourdin. Vous avez vu ça où ? C'est écrit où ? Où ils relocalisent ? Quoi ? Rien du tout.

La Twingo, la Clio vont continuer d'être fabriquées dans l'Union Européenne, en Slovanie, en Turquie, en Espagne, alors que ces voitures devraient être au moins celles que nous vendons en France. Produisons-les en France. C'est bon pour l'emploi. C'est bon pour le climat. C'est même bon pour les impôts, puisque ça fait du salaire et ça fait des entreprises qui payent des impôts en France. Relocaliser en France ce que nous consommons en France. Produire en France. C'est quand même le minimum. Et quand on donne de l'argent public, ça doit servir à ça et pas à payer des plans sociaux.

Et quand on donne de l'argent public pour des entreprises comme Air France, où il y a une difficulté, parce que là, les avions ne volent plus, ils volent moins. Et ils vont en plus se transformer. L'argent public doit justement accompagner cette transformation du trafic aérien. D'abord parce qu'on veut avoir des avions beaucoup moins polluants. Il y a des investissements. Est-ce qu'on peut éviter des suppressions d'emplois à Air France ? Je vous pose franchement la question. Oui ou non ? Laissez-moi franchement voir. Alors allez-y. Nous avons notre idée là-dessus.

Parce que quand il y a des entreprises qui doivent se transformer, et il y a beaucoup d'investissements à faire dans la recherche, et justement dans la formation des salariés pour travailler dans la transformation de cette entreprise, au lieu de donner de l'argent public, qui va servir à faire des licenciements. Non, qui va sauver l'entreprise, l'argent public. Nous préférons donner de l'argent public pour former des salariés, ou se former pour poursuivre leur travail dans l'entreprise, ou peut-être, quand là il y a un choc inévitable, et bien que ces salariés puissent changer d'activité. Je préfère que l'on donne de l'argent public pour se former plutôt que chômer.

Et aujourd'hui, l'argent public accompagne le chômage, alors qu'il devrait accompagner ou l'emploi ou la formation. Mais on va supprimer des lignes intérieures, vous le savez bien, ça va supprimer des emplois. Bien sûr. Et si à côté on crée des lignes de train, si on développe le fret, si on développe le transport des voyageurs par le train ou les transports publics, il y a donc des gisements d'emplois à créer. C'est pour cela que je vous dis que les salariés, par exemple, de l'aérien, on devrait leur proposer ou de se former pour rester dans l'entreprise, ou de se former pour changer d'activité, là où il y a des gisements d'emplois.

On devrait pouvoir garantir à chacun ou un travail ou une formation avec un salaire, parce que c'est aussi en préservant le salaire que l'on va développer, comment dire, on va maintenir la consommation et pouvoir soutenir notre économie. Fabien Roussel, deux grandes réformes. La réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage. Réforme de l'assurance chômage, la première partie a été votée. La réforme de l'assurance chômage, faut-il suspendre cette réforme, maintenant ? Et la réforme des retraites, faut-il l'abandonner ? Est-ce que vous demandez l'abandon de la réforme des retraites, d'abord ?

Mais bien sûr, enfin, alors là, on vit une crise terrible qui remet, d'ailleurs, qui montre l'absurdité de cette réforme par points. Comment serait-elle financée avec une telle crise ? Aujourd'hui, on voit bien aujourd'hui que l'on a besoin d'avoir un système de retraite qui garantit la pension des travailleurs, quoi qu'il arrive. Si la réforme de retraite par points était passée et que nous avions des gestionnaires de pension comme les BlackRock et compagnie dont la pension des retraites dépendrait, mais aujourd'hui, on aurait des pensionnés, des retraités qui verraient leur pension fondre, comme aux États-Unis.

Nous voulons une réforme des retraites qui garantisse un bon niveau de retraite pour tous. Et quand il y a une crise économique comme celle-là, je préfère des salariés qui quittent plutôt leur travail dès 60 ans, 62 ans et qui laissent la place à des jeunes plutôt que de leur demander de travailler jusqu'à 65, 67 ans et priver les jeunes de travail. Il faut partager le travail. Il vaut mieux que l'on travaille moins mais que nous soyons plus nombreux à travailler. Oui, ce n'est pas ce qu'a dit la Convention climat, hein ? Vous avez vu ? Qui a rejeté l'une des mesures. Ah bah si, c'était le passage à 28 heures. Oui, bah oui. À quoi vous regrettez ?

Non, non, non, non, nous nous proposons 32 heures. Non, non, mais le débat ouvert sur la réduction du temps de travail est vachement intéressant quand même. D'ailleurs, ils n'ont pas dit qu'il ne fallait pas le faire. Ils ont dit que c'est peut-être un peu trop tôt et ils l'envisagent comme un objectif d'ici 2030. C'est-à-dire que dans les discussions qu'ils ont eues, ces citoyens, très intéressantes, ils disent que le sens du progrès, le sens de l'évolution de la société, c'est de travailler moins et de partager le travail. Et donc, c'est ça le sens du progrès que nous devrions tous défendre. Et je me retrouve dans ces propositions. Je vais y venir, cette convention climat.

Est-ce que vous croyez à une fin de quinquennat, une fin bien différente ? Emmanuel Macron conduisant une nouvelle politique beaucoup plus verte, sociale et solidaire. Vous y croyez ou pas ? Non, non, vous n'y croyez pas. Celui qui croit encore à Emmanuel Macron aujourd'hui, bonjour. Non, mais enfin, lui, il veut repeindre en verre sa politique, mais sans changer sa politique. Ce n'est pas possible. Ce n'est que des discours. Ces discours, on n'y croit plus. Je reviens sur les plans sociaux. La convention climat, vous trouvez que c'est une bonne idée ou pas ? La convention climat est une très bonne idée. Le travail réalisé par ces 150 citoyens est vachement bien.

C'est un travail très respectable. Ils ont tenu à leur indépendance. Ils ont tenu à aller jusqu'au bout de leurs travaux sans que personne ne s'immisce dans leur choix. Et c'est très bien. Ces 150 propositions, 149, nous allons, nous, au Parti communiste français, les étudier avec nos groupes parlementaires, à l'Assemblée, au Sénat, voire, d'ailleurs, pour certaines d'entre elles, elles ont déjà été défendues par des propositions de loi et d'autres, nous allons nous en saisir. En nous disant, mais ça, c'est une bonne idée. On va le traduire en texte de loi. Référendum sur deux sujets, écocide et l'inscription de la défense de la biodiversité de notre environnement dans la Constitution.

Vous êtes favorable ou pas ? On peut faire un référendum sur ces deux sujets, mais franchement, ce n'est pas ça qui va réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre dans les années qui viennent. Vous êtes favorable ou pas à un référendum sur ces deux sujets ? Je viens de vous dire oui, M. Bourdin. Bon, d'accord. Oui, mais je vous dis en même temps qu'on n'aura pas réglé le problème avec ça. Il va bien falloir, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, faire la rénovation énergétique de nos bâtiments. C'est prévu dans les mesures. Oui, oui, c'est prévu, mais ce n'est pas financé. Non. Ce n'est pas financé. Non, il n'y a aucun financement dans les mesures, effectivement.

Et il va falloir investir dans les transports collectifs pour favoriser le rail, le fluvial, le maritime plutôt que la route. Ça nécessite des moyens financiers et c'est là où le politique et le Parti communiste arrive avec ses propositions pour financer une véritable transition écologique. Et on ne pourra le faire qu'en s'attaquant à la finance et au capitalisme. On ne peut pas le faire dans ce modèle économique qui privilégie la rentabilité à court terme. Et c'est ça qui nous tue aujourd'hui et nous étouffe. Profit et défense de l'environnement, c'est incompatible, selon vous ? Ah, c'est incompatible. Le profit individuel qui privilégie l'intérêt des actionnaires...

L'entreprise qui dégage des bénéfices ne peut pas être une entreprise qui protège l'environnement. Vous avez vu le rapport... Selon vous ? Non. Vous avez vu le rapport publié hier, entre 2009 et 2018, au lendemain de la crise de 2008, entre 2009 et 2018, les 40 plus grandes entreprises boursières françaises ont distribué 473 milliards d'euros de dividendes aux actionnaires. 473 milliards d'euros de dividendes. Il n'y aurait pas eu une partie de ces dividendes qui aurait pu servir justement à l'intérêt général, à la nation, à l'écologie, au développement humain, au salaire, à la formation. C'est ce que propose la Convention citoyenne. Mais c'est une très bonne proposition.

Nous allons voir si Emmanuel Macron se saisit ou pas de cette proposition. 110 km heure sur autoroute, vous êtes favorable ou pas ? Écoutez, on peut en parler pendant des heures. J'ai fait l'expérience, parce que quand il y a eu la Convention pour le Climat, je me suis rendu compte que c'était cette proposition qui faisait débat. Et on en a parlé pendant des heures, pour ou contre. Personnellement, moi je suis plutôt pour. Je me suis retrouvé avec des personnes en face de moi qui étaient plutôt contre. Et on s'est rendu compte au bout d'une heure que l'on n'avait parlé que de ça. Je pense que c'est bien. Ce n'est pas forcément essentiel.

Et s'il y avait un référendum à faire, je préférerais que l'on fasse un référendum sur la taxation des dividendes ou sur la réforme des retraites, plutôt que sur, pour ou contre, les 110 km heure sur la route. Bien, Fabien Roussel, les statuts déboulonnais, vous avez vu ça ? Oui. Aux Etats-Unis, en Europe aussi, est-ce que ce n'est pas du révisionnisme ? Déboulonner une statue ? Ah, je ne suis pas pour déboulonner les statuts. Mais je suis pour que l'on ait une lecture d'aujourd'hui, de notre histoire. Et du code noir, de Colbert. Vous n'êtes pas pour déboulonner les statuts ? Je ne suis pas pour déboulonner les statuts.

Je suis pour expliquer ce qui s'est passé à une époque de notre histoire, plus ou moins récente. Vous savez, moi, j'ai adhéré au Parti communiste français en militant contre l'Apartheid et pour la libération de Nelson Mandela. Ce n'est pas vieux, ça. C'était dans les années 90, 87, 88. À l'époque, Mandela était un terroriste. Et la police nous pourchassait, nous, les militants anti-Apartheid. Et ce n'est pas vieux. Il n'y a pas de statut de Nelson Mandela. Nous pourrions en faire. Il y a des parcs de Nelson Mandela. Le statut de Lénine, encore... Oui, d'accord. Il y en a même une qui est érigée en Allemagne. Oui, oui, je sais. Oui, oui, mais on peut mettre... Vous approuvez ou pas ?

Mais on pourrait aujourd'hui revisiter et discuter des théories économiques marxistes de Lénine, de Karl Marx. Et elles sont toujours modernes. Mais ce n'est pas le sujet. On ne parlait pas de ça. Oui, non, mais d'accord. On parlait du révisionnisme. Et on parlait de la lecture de l'histoire. C'est un symbole d'avenir, quand même, ériger une statue de Lénine. C'est un symbole d'avenir ? Mais ça fait partie de l'histoire, de leur histoire. En Allemagne. Oui, en Allemagne, qui a été coupée en deux. C'était dans l'Ouest, là. Oui, oui. Justement, ils ont fait ça dans l'Ouest.

Bon, vu la situation de ce qui se passe là-bas, dans l'Ouest, vous avez vu ce qui se passe dans les abattoirs, en Allemagne aussi, où ils sont en train de voir un cluster se développer. Je ne vois pas le rapport entre la statue de Lénine et les abattoirs. Mais si, moi, je vais vous le dire, le rapport. Parce que dans les abattoirs, dans l'abattoir, en Allemagne, le plus grand détenu par le plus grand industriel allemand, il y a 6300 employés. C'est un cluster, aujourd'hui, qui se développe. Et il y a dans ces abattoirs des employés étrangers, qui viennent notamment de Roumanie et de Slovénie, parce qu'ils sont sous-payés, logés dans des logements collectifs vétus.

Et c'est ça qui provoque le développement du virus. Eh bien, ça, c'est de la responsabilité d'industriel et d'un système financier qui ne respecte pas des règles sanitaires et qui ne respecte pas les droits sociaux, les droits humains. Eh bien, il y a des hommes et des femmes en Allemagne qui s'opposent à cette logique financière. C'est les mêmes qui ont fait cette statue de Lénine. Bon, ben voilà, il peut y avoir ce débat, quand même. Oui. Fabien Roussel, fresque Astin, le maire est communiste, Astin. Elle représente cette fresque, les visages de George Floyd et Adama Traoré, et au-dessus, cette phrase, contre le racisme et les violences policières.

Les policiers sont accusés, alors qu'aucun jugement n'a été rendu dans l'affaire Adama Traoré. Est-ce acceptable ? Est-ce qu'il ne faut pas supprimer cette phrase ? Je ne parle pas de la fresque, je parle de la phrase. Fabien Roussel. Il y a ces deux visages d'Adama Traoré et de George Floyd. Oui. Avec cette inscription. Personne, aujourd'hui, ne contestera le fait que ces deux hommes, comme Cédric Chouvia, sont morts sous les mains de policiers. D'accord ? Personne ne contestera ça. Et donc, personne ne contestera ça. Ils sont morts sous les mains de policiers. Non, non, pas sous les mains, en ce qui concerne Adama Traoré. Ils sont morts lors de l'interpellation par des gendarmes.

Lors de l'interpellation, oui. Voilà, ce qui n'est pas tout à fait pareil. Oui, d'accord. Mais enfin, ils ne sont pas morts. Ils ne sont pas morts sous les mains de policiers. Ils ne sont pas morts. Ils n'ont pas eu un accident de route. Fabien Roussel. Non. Mais ils sont morts lors d'une interpellation. Et le jugement n'est pas rare. Ils ont été étranglés. Ils ont été plaquage ventral. Mais qui a été étranglés ? Adama Traoré a été étranglés. Ça fait 4 ans, aujourd'hui, que la justice cherche à faire son chemin. D'accord ? Avec expertise contre expertise. Revenons sur le fond. Y a-t-il des violences policières ? Oui ou non. Les violences policières existent dans notre pays.

Le nier, c'est refuser de s'y attaquer. Elles existent. Est-ce qu'il y a des policiers violents dans notre pays ? Ou des policiers racistes ? Oui, il en existe. Une minorité. Mais à cause de cela, eh bien, voilà les problèmes. Mais est-ce que ce genre de phrase n'attise pas la haine de la police ? Fabien Roussel. Mais ce qui attise la haine, c'est de ne pas s'attaquer au fond du problème. De ne pas s'attaquer à ce racisme qui existe, à ces violences policières qui existent. Aujourd'hui, on ne doit pas avoir peur de la police. Elle doit être respectée. Je connais tant de policiers.

J'ai même rencontré la CGT Police qui existe, qui veulent exercer leur métier correctement, qui veulent retrouver le respect de la part de la population, qui demandent des moyens humains pour pouvoir exercer correctement leur mission. Cédric Chouvia, il y avait deux policiers, deux stagiaires. Mais enfin, quelle image ça donne aux stagiaires de procéder à une interpellation de cette manière ? La question de la formation des policiers, la responsabilité de la hiérarchie au final. Parce que c'est eux qui ne s'attaquent pas quand même aux causes de ces violences et de ce racisme qui existe et qui est le fait d'une minorité.

Tant qu'ils n'accepteront pas que ça existe et qu'il faut le combattre, eh bien le débat restera. Voilà. Présidentiel 2022, vous avez vu ce sondage ? Vous l'avez vu ? Marine Le Pen, Emmanuel Macron au coude à coude, au premier tour, 26-28. François Baran 1 ou Xavier Bertrand à 12%. Jean-Luc Mélenchon, 11 à 12%. Et ensuite derrière, Yannick Jadot, 8%. Nicolas Dupont-Aignan à 4,5%. Et puis, Olivier Faure à 3%. Pas de communiste. Et la gauche, où est la gauche ? Où est la gauche, d'ailleurs ? Elle est devant vous. Oui. Je suis là. Mais elle n'est pas très unie. Je ne sais pas où est-ce que vous en êtes d'éventuels rapprochements. Au municipal, il y a des rapprochements.

Est-ce que c'est le prémice ? On est là au mois de juin 2020. On part d'une présidentielle en 2022. Et je pense d'abord aujourd'hui au combat que nous devrions mener tous ensemble. Et là, je m'adresse aux forces de gauche, mais aussi aux mouvements sociaux, aux associations, au combat que nous devrions mener tous ensemble pour stopper cette hémorragie de plans sociaux, pour parler aux salariés de Nokia, de Renault, de Peugeot, de Chinson, de Camailleux, de leur envoyer un message d'espoir en disant qu'on va être à vos côtés et ces licenciements, ils n'ont pas lieu d'être.

Parce que nous contestons ces choix qui sont faits au nom de logique d'actionnaire, de rentabilité, de court terme, et pas au nom de l'intérêt général, de l'intérêt de la nation, de la souveraineté, de l'industrie. Eh bien, je voudrais qu'il y ait justement cette gauche unie, rassemblée et qui porte un message d'espoir. Pas seulement la colère. La colère, elle est là. Elle existe, la colère. Mais si on ne répond pas à cette colère, eh bien, je ne sais pas vers où elle va aller.

En tout cas, nous, notre responsabilité, et c'est celle qu'en tant que communiste, je veux porter au nom du Parti communiste français, c'est se donner ce message d'espoir qu'il est possible de changer de modèle de société pour mettre l'argent au service du développement humain et de la planète. Pour nous, c'est possible. Tellement l'argent existe, mais il doit être au service de ce noble objectif. Merci Fabien Roussel d'être venu nous voir ce matin à 8h54, RMC et BFM TV.