Déclaration conjointe à l'occasion du lancement du projet H2Med.
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« Nous voulons produire 10 millions de tonnes d'hydrogène renouvelable dans l'Union européenne à l'horizon 2030, et nous voulons importer aussi 10 millions de tonnes de plus. »
- 0:30Ursula von der LeyenFait
« Ce corridor de l'hydrogène peut aussi se connecter pour l'approvisionnement dans tout le bassin méditerranéen, et nous y travaillons aussi. »
- 3:00António CostaFait
« La péninsule ibérique, pour des raisons tout à fait naturelles, constitue un emplacement idéal en Europe pour les énergies renouvelables, hydraulique, solaire et éolienne, et c'est pourquoi nos prix sont inférieurs à ceux d'autres pays dans la production d'énergie. »
- 3:30António CostaFait
« Ce projet satisfait les intérêts du Portugal et de l'Espagne, mais répond également aux besoins de toute l'Union européenne. »
- 5:30Emmanuel MacronFait
« Ce projet s'inscrit dans notre stratégie hydrogène, la présidente l'a rappelé, 10 millions de tonnes produites sur le sol européen, 10 à importer, et cette volonté d'avoir de l'hydrogène bas carbone. »
- 7:30Pedro SánchezChiffre
« L'H2Med, qui sera opérationnel à la fin de la décennie, pourra transporter, comme le disait la présidente, 10 % de la consommation d'hydrogène à hauteur de 2030, 2 millions de tonnes par année. »
- 8:00Pedro SánchezChiffre
« Le coût pourrait se situer autour de 2,500 milliards. »
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Thank you very much, dear. Cher Pedro, cher Emmanuel et cher António. Laissez-moi tout d'abord vous remercier, Pedro, de nous accueillir ici aujourd'hui pour parler de ce projet extrêmement important.
L'hydrogène est vraiment quelque chose qui va changer la donne pour l'Europe, et c'est pourquoi, déjà en juin 2020, nous avons commencé avec cette stratégie de l'hydrogène. Nous voulons que l'hydrogène devienne un point central de notre système d'énergie dans la transition vers la neutralité carbone, et nous voulons maintenir notre position européenne dans un marché global. Notre stratégie inclut des objectifs ambitieux de production, mais pas seulement.
Nous avons donc mis en place une vision pour un déploiement à grande échelle de l'hydrogène vert, et nous transformons cette vision en réalité en créant une alliance autour de l'hydrogène vert, un véritable écosystème pour l'hydrogène dans toute la chaîne de valeur. Au cœur de nos efforts se tiennent la transmission et la distribution. En 2020, nous avons identifié la nécessité d'avoir un corridor principal pour que l'hydrogène puisse aller là où il est nécessaire et ensuite, avec la guerre qui a commencé et qui a impacté nos systèmes et nos marchés énergétiques, ceci a fait que la transition énergétique soit pressante mais vitale maintenant.
C'est non seulement bon pour le climat, mais c'est aussi important pour notre indépendance et pour la sécurité des approvisionnements. Nous devons donc accélérer le déploiement de l'hydrogène vert et nous avons introduit la stratégie RePower Union européenne. Il s'agit donc d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables et l'hydrogène tiendra un rôle essentiel dans cette stratégie.
Nous voulons produire 10 millions de tonnes d'hydrogène renouvelable dans l'Union européenne à l'horizon 2030, et nous voulons importer aussi 10 millions de tonnes de plus. Cet hydrogène devra arriver à notre industrie, et c'est pourquoi nous avons également identifié une série de corridors stratégiques pour le transport. Cela inclut un qui va traverser l'Europe de l'Ouest à l'Est, via la péninsule ibérique.
C'est pourquoi, aujourd'hui, j'accueille chaleureusement cet accord qui a été tissé entre l'Espagne, la France et le Portugal parce que votre projet H2Med va vraiment dans la bonne direction. Ce projet a le potentiel de nous permettre de construire une vraie base, une base solide. Je suis sûre que ça va être un projet d'intérêt commun et il pourra donc être éligible au Fonds européen.
Donc cher Pedro, cher António et cher Emmanuel, la péninsule ibérique est prête à devenir l'un des hubs les plus importants en matière d'énergie en Europe. Justement, l'Union européenne fera partie de ce succès. Nous vous avons toujours accompagnés.
Nous avons soutenu les interconnexions entre l'Espagne et le Portugal et, aujourd'hui, la péninsule ibérique devient un acteur énergétique très important dans le monde. Ce corridor de l'hydrogène peut aussi se connecter pour l'approvisionnement dans tout le bassin méditerranéen, et nous y travaillons aussi. Nous sommes en train d'établir des partenariats avec les pays méditerranéens, nous l'avons déjà avec l'Égypte.
Nous sommes en train de discuter un autre pacte avec le Maroc et nous travaillons à un partenariat plus large avec tous les pays du sud de la Méditerranée. Donc ce n'est qu'un début, mais c'est un début très prometteur. Merci.
Monsieur le Premier ministre Costa. Bonjour. En tout premier lieu, je souhaite dire qu'avec la participation de la présidente Ursula von der Leyen, nous faisons un pas de plus pour concrétiser cet accord politique que nous avons déjà signé en octobre avec le président de la France et le président de l'Espagne.
Avec ce pas en avant, nous sommes en train d'ajouter une source supplémentaire d'énergie, ici dans la péninsule ibérique, destinée à l'ensemble de l'Europe. Outre les quatre connexions électriques déjà accordées, deux en route et deux en projet, et outre les interconnexions de gaz naturel déjà existantes entre le Portugal et l'Espagne, nous ajoutons maintenant un nouveau corridor qui est consacré uniquement à l'hydrogène vert. Ainsi, nous changeons complètement la tendance parce que nous n'allons plus être de simples importateurs et exportateurs d'énergie.
Maintenant, nous allons renforcer notre position en tant que producteurs et exportateurs d'énergie vers le reste de l'Europe. La péninsule ibérique, pour des raisons tout à fait naturelles, constitue un emplacement idéal en Europe pour les énergies renouvelables, hydraulique, solaire et éolienne, et c'est pourquoi nos prix sont inférieurs à ceux d'autres pays dans la production d'énergie. C'est très important également pour l'hydrogène vert qui est produit dans la péninsule ibérique.
Outre le fait qu'il puisse satisfaire les besoins énergétiques de la péninsule ibérique, nous pouvons être exportateurs vers le reste de l'Europe, et ceci va dans l'intérêt de l'Union européenne. Ce projet satisfait les intérêts du Portugal et de l'Espagne, mais répond également aux besoins de toute l'Union européenne. Ce projet surgit à un moment très important.
La guerre de la Russie contre l'Ukraine a mis en évidence la nécessité de renforcer la sécurité énergétique en Europe, une sécurité qui, bien entendu, passe par l'augmentation de production de notre propre énergie sans dépendre de tiers. En deuxième lieu, et même si nous devons importer de l'énergie, c'est très important de pouvoir diversifier les acheminements et les sources énergétiques. Plus grande sera la diversité, moindre sera la dépendance.
S'il y a quelque chose d'essentiel, c'est bien entendu de réduire notre dépendance par rapport à l'avenir. Je voulais remercier de tout cœur le président du Gouvernement de l'Espagne de nous accueillir aujourd'hui, ici à ce sommet, pour pouvoir mettre en œuvre cette contribution de la péninsule ibérique pour toute l'Europe. Je veux remercier aussi le Président de la France d'avoir eu un esprit constructif et un esprit de dialogue pour pouvoir transiter et éviter les écueils et donc arriver à bon port avec ce projet.
Bien entendu, nous en bénéficions de manière indirecte aussi. C'est très important de pouvoir arriver vers le reste de l'Europe, et nous devons bien entendu compter sur l'Espagne et la France. C'est donc un très bon exemple, Madame la Présidente, d'une bonne coopération entre trois États pour pouvoir bénéficier à toute l'Union européenne.
Je pense que c'est quelque chose qui doit nous rendre fiers. Nous sommes tous un et nous sommes donc tous ensemble. Merci tout d'abord, cher Pedro, Monsieur le président du Conseil espagnol, de l'accueil pour ce sommet MED9 et cette réunion que nous pouvons tenir juste avant, et merci à Madame la présidente de la Commission européenne, chère Ursula, d'être avec nous et, évidemment, merci António à la fois pour les mots que tu viens d'avoir sur ce projet et aussi le rôle actif dans celui-ci.
Les présentations ont été faites. Je veux simplement dire ici que ce projet H2Med est pour nous très cohérent avec la stratégie collective que nous portons, où nous recherchons à atteindre trois objectifs. Un objectif pour le climat, baisser nos émissions et donc sortir progressivement du fossile, et en particulier du fossile le plus émetteur, et aller vers l'électrification du continent européen et substituer l'hydrogène au gaz fossile.
Le deuxième objectif est un objectif d'industrialisation et d'innovation de notre continent. Cela suppose d'être compétitif sur la production et le transit de cette énergie. Le troisième objectif est un objectif de souveraineté et d'autonomie stratégique qui suppose de produire au maximum sur notre sol et, dans le même temps, comme l'a dit à l'instant le Premier ministre du Portugal, de diversifier.
C'est à cet égard que le projet H2Med répond à mes yeux aux trois objectifs, car il va nous permettre, et c'est le fruit d'ailleurs de l'accord politique que nous avions trouvé en octobre dernier, ensemble à Bruxelles, de bâtir une interconnexion, ce qui était le but initial, mais de prendre acte des grandes difficultés qu'il y avait à traverser les Pyrénées et donc prendre un chemin par la Méditerranée, et de parier sur cette technologie d'avenir qu'est l'hydrogène et de pouvoir ainsi souscrire aux projets européens et à leur financement. Donc nous aurons deux interconnexions importantes, Celorico à Zamora et Barcelone à Marseille, qui vont permettre l'interconnexion de nos trois pays. Cela permettra aussi ensuite, sans doute, d'autres interconnexions européennes vers d'autres pays qui voudront avoir cet hydrogène.
Donc nous candidatons ensemble pour que ces interconnexions et ce projet H2Med puissent faire partie des projets d'intérêt commun, bénéficier des financements européens et puissent être parachevés d'ici à 2030. Ce projet s'inscrit dans notre stratégie hydrogène, la présidente l'a rappelé, 10 millions de tonnes produites sur le sol européen, 10 à importer, et cette volonté d'avoir de l'hydrogène bas carbone, hydrogène propre, qui peut être fait soit avec le renouvelable, soit avec le nucléaire, et qui peut être produit sur notre sol ou importé de pays qui sont clés pour nous. Cette nouvelle interconnexion, enfin, va compléter notre dispositif d'ensemble et, comme l'a fait le Premier ministre, je veux insister sur notre ambition en matière d'électricité.
Nous avons aussi un accord sur un autre projet de coopération en matière d'énergie qui est la nouvelle interconnexion électrique dans le Golfe de Gascogne, qui est la huitième interconnexion qui entrera en fonction en 2027, qui accroît notre capacité d'échange transfrontalier et qui fait que nous avons multiplié, ces dernières années ensemble, les interconnexions électriques entre la France et l'Espagne, la France et le Portugal, et évidemment le Portugal et l'Espagne, ce qui est aussi une manière d'avoir un réseau électrique intégré européen et ce qui est pour nous une très bonne chose également pour utiliser le mieux possible nos capacités de production électrique, en particulier évidemment bas carbone, ce qui est de l'intérêt de nos trois pays et de l'Union européenne. Voilà les quelques mots que je souhaitais ajouter. Merci beaucoup et merci, Madame la Présidente, d'être venue aujourd'hui à nos côtés pour parachever le travail que nous avons commencé.
Je voudrais vraiment remercier tous nos ministères et nos équipes, du travail d'arrache-pied des dernières semaines. Président Sánchez. Merci beaucoup.
Tout d'abord, merci aux médias d'être ici. Je remercie également les gens d'Alicante pour leur hospitalité, cette ville de lumière qui accueille un sommet très important pour les pays méditerranéens. Nous allons parler, bien entendu, de cette interconnexion, de la réponse énergétique, et des autres domaines sur lesquels nous voulons nous pencher pendant ce sommet.
Je voudrais aussi remercier pour leur hospitalité tous les fonctionnaires de la Commission européenne, cette agence très importante qui a son siège ici, l'EUIPO, et son hôte, bien entendu, la présidente de la Commission européenne qui nous a prêté cet endroit pour pouvoir tenir notre réunion. Comme l'a très bien dit le Premier ministre Costa, c'est un exemple de coopération, de comment trois pays, la France, l'Espagne et le Portugal, avec le gouvernement européen commun, pouvons donner une réponse solidaire et engagée, comme l'a dit aussi le président de la République française, de comment nous répondons à la crise énergétique. Cette interconnexion a été appelée H2Med, mais je crois qu'il faut rendre visibles aussi les deux interconnexions qui la sous-tendent.
Tout d'abord, celle qui existe entre le Portugal et l'Espagne, CelZa et la deuxième, entre l'Espagne et la France, par BarMar, de Barcelone à Marseille. Vous savez que, le 20 octobre passé, le président de la République française, le Premier ministre de la République du Portugal et moi-même, nous nous sommes réunis à l'ambassade du gouvernement français à Bruxelles, avant le conseil d'automne, pour nous mettre à l'œuvre et mettre en place un corridor énergétique vert qui puisse unir la péninsule ibérique à Marseille, pour pouvoir la connecter au reste de l'Europe. Qu'est-ce que nous étions en train de faire ?
De faire un pas en avant pour débloquer un projet d'interconnexion énergétique entre la France et la péninsule ibérique, qui s'avère d'autant plus nécessaire depuis la guerre en Ukraine. Nous parlons d'hydrogène mais, comme l'a dit le président de la République portugaise, aussi des interconnexions électriques. Nous avons décidé le 20 octobre de nous retrouver un peu avant ce Sommet EU Med d'Alicante, pour examiner les avancées et concrétiser les délais, les financements et les détails de l'exécution.
Après un mois de travail d'arrache-pied des équipes techniques et des ministres impliqués, que je souhaite remercier une fois de plus de leurs énormes efforts déployés pendant ces 30 jours, aujourd'hui nous sommes en mesure de vous présenter les grandes lignes et les objectifs de ce projet. Le projet H2Med a deux parties ou deux tracés fondamentaux. D'une part, comme je le disais, depuis le Portugal à l'Espagne, concrètement depuis Celorico da Beira jusqu'à Zamora et, ensuite, le tracé de l'Espagne vers la France, à partir de Barcelone jusqu'à Marseille.
Avec ce corridor, nous répondons à un double engagement que j'aimerais souligner ici, aujourd'hui à Alicante. Tout d'abord, nous renforçons la sécurité énergétique et l'autonomie stratégique de l'Union européenne, à un moment où c'est indispensable que les Européens soient solidaires pour réduire la dépendance énergétique de pays qui utilisent maintenant l'énergie comme un chantage à l'ensemble de l'Union européenne. Deuxièmement, nous réaffirmons quelque chose qu'a déjà dit le président Macron et qui me paraît essentiel, c'est la détermination de l'Union européenne par rapport à la neutralité climatique, qui considère que l'hydrogène est sa pierre d'achoppement essentielle.
Donc nous, en Espagne, nous sommes tout à fait engagés. Nous avons déjà prévu une feuille de route pour l'hydrogène bas carbone. C'est un exemple de notre engagement par rapport à la transition écologique.
Avec l'Espagne et le Portugal, nous voulons être le chef de file de cette transition. Nous voulons et nous aspirons à être un référent, non seulement européen mais également mondial, dans le domaine de l'hydrogène. Permettez-moi de souligner plusieurs données essentielles de ce projet.
Ça va être le premier grand corridor d'hydrogène de l'Union européenne. C'est ce que nous présentons aujourd'hui, ici à Alicante. L'H2Med, qui sera opérationnel à la fin de la décennie, pourra transporter, comme le disait la présidente, 10 % de la consommation d'hydrogène à hauteur de 2030, 2 millions de tonnes par année.
Si les estimations sont encore provisoires, et je voudrais être prudent à cet égard, le coût pourrait se situer autour de 2,500 milliards. Nous allons continuer à travailler d'arrache-pied. Tout d'abord, le premier jalon est la présentation comme projet d'intérêt commun avant le 15 décembre.
Nous allons le faire ensemble avec les trois gouvernements et nous allons donc pouvoir avoir accès aux instruments de financement, le mécanisme connecté Europe qui permet une subvention à hauteur de 50 % du projet. L'objectif commun et partagé est de déjà commencer à fixer un calendrier qui nous permette de concevoir une infrastructure vitale pour l'Europe, pas seulement pour les trois pays ici présents, totalement achevée et opérationnelle en 2030. Je voudrais donc dire, une fois de plus, tous mes remerciements à Madame Ursula von der Leyen pour nous accueillir dans cette agence importante.
C'est bien la preuve de l'engagement de l'Union européenne par rapport à ce projet si nécessaire pour la diversification et l'approvisionnement énergétiques de toute l'Europe. C'est tout à fait significatif que nous nous retrouvions aujourd'hui à l'EUIPO, qui symbolise bien l'esprit européen. Je voudrais aussi remercier pour leur participation, leur empathie, leur engagement, leur solidarité et leur volonté d'accord, le Président de la République française, Emmanuel Macron et le Premier ministre de la République portugaise António Costa.
Chers Emmanuel et António, merci beaucoup d'avoir contribué à l'essor définitif de ce projet si nécessaire pour l'Europe. En guise de conclusion, comme vous pouvez le constater, ça a été une réunion productive avec des résultats concrets qui vont permettre à nos équipes techniques de travailler encore d'arrache-pied. Je crois que le pari pour ce corridor est une excellente nouvelle pour la France, pour le Portugal et pour l'Espagne.
Que nos pays puissent rallier et regrouper leurs forces et leurs capacités d'innovation autour de ce projet, en tout cas pour moi, président du gouvernement de l'Espagne, ça suppose une fierté et une énorme responsabilité aussi. De plus, je crois que c'est surtout une nouvelle extraordinaire pour l'Europe, dans son ensemble, parce que ce grand corridor énergétique donnera plus de sécurité et d'autonomie à l'ensemble de l'Union européenne. Merci beaucoup à vous trois.
Merci aux médias et surtout merci à l'EUIPO et à Alicante de nous accueillir pour ce sommet si important. Merci.
Emmanuel Macron