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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 15 août 2019 65 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesNumériqueSolidarités & famille

Chômage : merci Macron ? #cdanslair 14.08.2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 47 %Attaque 30 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Comment expliquer ces bons chiffres ?

  • 0:32OuverteRéponse partielle

    Faut-il y voir l'effet des réformes menées ou simplement le fait que la croissance et ses vents porteurs améliorent la situation ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que les chiffres dont on parle aujourd'hui, c'est une tendance lourde ou est-ce que c'est une embellie qui vous semble passagère ?

  • 3:41RelanceRéponse partielle

    Ça veut dire qu'on est clairement sortis de la crise qui s'était ouverte en 2008 ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Mais on peut rêver d'une baisse jusqu'où ?

  • 6:37RelanceRéponse directe

    Vous me dites que c'est à commencer sur François Hollande. Vous me dites que les réformes structurelles menées et par François Hollande et par Emmanuel Macron ont un impact.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:53Invité politiqueFait
    « clairement une tendance lourde puisque ça a commencé en 2015, cette baisse du chômage, grâce à mon avis à ce qu'avait décidé François Hollande en 2014, c'est-à-dire le CICE et le pacte de compétitivité. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « les bénéfices, les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain. »
  • 12:22Invité politiqueFait
    « Une plus grande place accordée aux accords d'entreprise, l'instauration de la rupture conventionnelle collective, ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. »
  • 13:38Invité politiqueFait
    « le gouvernement mise aujourd'hui sur la réforme de l'assurance chômage, dont les décrets d'application ont été publiés le mois dernier. Pour percevoir cette allocation, il faudra désormais avoir travaillé pendant 6 mois, durant les 24 derniers mois. »
  • 13:48Invité politiqueChiffre
    « Les cadres verront également leurs indemnités baisser. S'ils perçoivent plus de 4 500 euros par mois, leurs allocations seront diminuées de 30% à partir du 7e mois. »
  • 16:16Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, alors que pendant des années, on a dit que la France ne créait des emplois que si on avait 1,5% de croissance, aujourd'hui on crée des emplois avec 1, 1,1, 1,2% de croissance. »
  • 16:47Invité politiqueFait
    « Parce qu'en fait, c'est parce que les charges ont baissé ou c'est parce qu'on sait qu'on pourra licencier plus facilement qu'on prend des gens qui sont peut-être moins bien formés ou qui ne sont peut-être pas depuis longtemps sur le marché du travail. »
  • 23:24Invité politiqueFait
    « Cela dit, Emmanuel Macron faisait partie du gouvernement de François Hollande. Il a été ministre de l'Économie et au début, il était dans son cabinet. Donc, je pense qu'il avait poussé lui-même pour cette politique de l'offre, ce basculement vers une politique de l'offre. »
  • 23:41Invité politiqueFait
    « il y avait un effet psychologique énorme sur la question des prud'hommes. Quand vous rencontriez des petits chefs d'entreprise, ils vous disaient « Non, non, je ne vais pas embaucher parce qu'après, je connais quelqu'un qui s'est retrouvé à payer 4 ans aux prud'hommes à un salarié qui vraiment voulait rien faire. » »
  • 31:34Invité politiqueFait
    « Il y a nos collègues, nos voisines qui sont parties. On était 200, on est la moitié d'effectifs. »
  • 34:56Invité politiqueFait
    « Si, on fera des t-shirts mais qui mesurent le rythme cardiaque, par exemple. »
  • 35:05Invité politiqueFait
    « Vous mettez ça par exemple dans les crèches et ça filtre les ondes Wi-Fi par rapport aux petits-enfants. »
  • 35:38Invité politiqueFait
    « Et ça, ce n'est pas en Chine que vous le trouverez, ce n'est pas même en Italie où ils sont très bons pour les textiles, c'est vraiment en France. »
  • 40:32Invité politiqueChiffre
    « Il y a 300 ateliers en région parisienne d'ateliers qui fabriquent pour ces grandes marques. »
  • 41:31Invité politiqueChiffre
    « Ça a fait 1100 morts. »
  • 44:52PrésentateurChiffre
    « En France, 200 000 personnes travaillent ainsi. »
  • 49:35PrésentateurFait
    « C'est l'expression d'un effet des ordonnances Macron qui sécurisent un petit peu les employeurs. »
  • 50:00PrésentateurChiffre
    « Ça fait à peu près 10 000 jobs sur ces métiers de livreurs. »
  • 52:30Invité politiqueFait
    « Je crois que ça allait un peu loin parce que ça ne représente pas tant de monde que ça, y compris aux États-Unis. »
  • 55:52PrésentateurFait
    « Des emplois à des gens qui étaient très éloignés de l'emploi, souvent qui venaient du 9.3 ou du 9.5 comme on dit. »
  • 58:13Invité politiqueFait
    « C'est quand même les pays les plus robotisés comme l'Allemagne, comme les États-Unis, qui ont le moins de chômage. »
  • 1:00:13Invité politiqueFait
    « On peut dire ça. Ça a été la grande polémique politique en Allemagne. »
  • 1:00:16Invité politiqueChiffre
    « L'Allemagne a créé un SMIC il y a deux ans, je crois, ou il y a trois ans. »
  • 1:01:50PrésentateurChiffre
    « Le taux de chômage était à 10,5% en 2015. »
  • 1:02:29PrésentateurChiffre
    « Ça ferait 600, 700 000 chômeurs de moins. »
  • 1:04:13Invité politiqueChiffre
    « Les 200 000 emplois aidés en un an Macron a supprimé. »
  • 1:04:15Invité politiqueFait
    « Macron a supprimé les emplois aidés qui étaient un traitement social du chômage. »
  • 1:04:23Fait
    « La baisse chômage des vraies baisses. »
  • 1:04:25PrésentateurFait
    « C'est une augmentation de l'emploi qui permet la baisse du chômage. »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • François Hollande14 %
  • ?6 %
  • Locuteur 83 %
  • Locuteur 62 %
  • Locuteur 72 %

≈ 33 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Locuteur

Bonsoir

0:07
Présentateur

à toutes et à tous, c'est une des bonnes nouvelles de l'été, il y en a, l'INSEE annonce ce matin une nouvelle baisse de 0,2 points au deuxième trimestre du chômage qui continue donc sa décrue. Nous sommes revenus à des chiffres qu'on avait plus connus depuis 10 ans et depuis la crise de 2008, ça n'est pas évidemment le plein emploi, on en est loin, mais certains au gouvernement commencent à en rêver. Comment expliquer ces bons chiffres

0:32
Locuteur

?

0:32
Présentateur

Faut-il y voir l'effet des réformes menées ou simplement le fait que la croissance et ses vents porteurs améliorent la situation ? Cette embellie profite-t-elle à tous ? Peut-elle durer ? Et puis quel en est le prix finalement à payer ? On parle parfois de mini-job à la française. Est-ce que c'est vrai ? Chômage ? Merci Macron. Il

0:52
Locuteur

y a

0:52
Présentateur

évidemment un point d'interrogation, vous l'aurez noté, c'est le titre de l'émission de ce soir et on attend vos questions, vos réactions par SMS, mais également sur Internet et sur les réseaux sociaux pour alimenter nos discussions. On va en parler avec Christine Cardellan. Vous êtes directrice de la rédaction de l'Usine Nouvelle qui fait sa une sur l'industrie du luxe qui va bien. Votre dernier livre, Le Suicide du Capitalisme, est publié chez Robert Laffont. Gilles Berset, vous êtes professeur d'économie à l'Université d'Aix-Marseille, spécialiste de ces questions d'emploi notamment. Je signale votre livre, Travailler au XXIe siècle, l'ubérisation de l'économie, publié chez Odile Jacob.

Et écrit avec Jacques Barthélémy. Yves Tréhard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. On retrouve également votre blog Controverse sur lefigaro.fr où vous êtes éditorialiste. Et puis le politologue Jérôme Fourquet, directeur de l'Institut de sondage IFOP, auteur de l'archipel français au seuil. D'abord, est-ce que les chiffres dont on parle aujourd'hui, c'est une tendance lourde ou est-ce que c'est une embellie qui vous semble passagère

1:50
Locuteur

? C

1:52
Présentateur

'est

1:53
François Hollande

clairement une tendance lourde puisque ça a commencé en 2015, cette baisse du chômage, grâce à mon avis à ce qu'avait décidé François Hollande en 2014, c'est-à-dire le CICE et le pacte de compétitivité. Avec le CICE, il a entamé une baisse des charges des entreprises,

2:07
Locuteur

ce

2:08
François Hollande

qui a permis, accéléré avec tout ce qui s'est passé depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, et la baisse des charges définitives, accéléré pour arriver en fait à une reconstitution des marges des entreprises. Ce qui allait mal en France, c'est que les entreprises avaient des marges de l'ordre de 29%,

2:24
Locuteur

alors

2:25
François Hollande

qu'en Allemagne on était à 39 ou 40%. Et donc,

2:28
Locuteur

n

2:28
François Hollande

'ayant pas des bénéfices suffisants, elles n'investissaient pas,

2:32
Locuteur

n

2:32
François Hollande

'investissant pas, elles ne créaient pas d'emplois. Depuis 2015, enfin depuis 2016 ou 2017, on est revenu à 33% de marge, et les entreprises se sont remises à investir. Dans les PME et les ETI, vous savez ces entreprises moyennes qui sont très très importantes pour les emplois en France, la baisse de l'ISF a aussi joué un rôle, parce que, enfin la suppression de l

2:53
Locuteur

'ISF.

2:54
Présentateur

La

2:54
Locuteur

suppression

2:54
Présentateur

de la pousse à la fortune.

2:55
François Hollande

Voilà, parce qu'elles étaient obligées d'utiliser une partie de leurs marges,

2:59
Locuteur

de

2:59
François Hollande

leurs bénéfices, pour distribuer des dividendes aux actionnaires familiaux,

3:02
Locuteur

qui

3:03
François Hollande

devaient payer, parce qu

3:05
Locuteur

'ils

3:05
François Hollande

payaient l'ISF, sur ces actions qui ne leur servaient à rien, mais qui contribuaient une partie de leur patrimoine, constituaient une partie de leur patrimoine. Et donc, avec la suppression de l'ISF, elles ont pu garder leurs bénéfices, leurs dividendes, enfin pas des

3:19
Locuteur

dividendes, elles ne les ont pas distribuées,

3:19
Présentateur

et

3:21
François Hollande

investir à la place. Et donc, ces investissements, on le disait toujours, mais à l'époque, ça ne fonctionnait pas, les bénéfices, les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain. Moi, je crois qu'on est véritablement, depuis 2015, dans ce paradigme-là.

3:37
Présentateur

Ça veut dire qu'on est clairement sortis de la crise qui s'était ouverte en 2008 ? D'abord, je ne mettrais pas en relation le fort taux de chômage en France avec la crise. Quand on regarde autour de nous, le monde développé est au plein emploi.

3:50
Locuteur

La

3:51
Présentateur

France fait partie des exceptions. Parmi les 36 pays de l'OCDE, il n

3:55
Locuteur

'y a

3:55
Présentateur

que 4 pays qui ont un taux de chômage supérieur à la France. On est, hélas, en 31e position

4:00
Locuteur

des

4:02
Présentateur

pays qui sont autour de nous. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Allemagne, sont au plein emploi. La majorité, la très grande majorité du monde développé est au plein emploi. Et ce monde développé a connu la crise également. Donc, le fort taux de chômage que nous avons en France ne peut pas être attribué à la crise qui a été générale. Ce fort taux de chômage étant très spécifique à certains pays. Donc, il y

4:23
Locuteur

a

4:23
Présentateur

des caractéristiques françaises, italiennes, espagnoles, qui expliquent le fort taux de chômage dans ces pays-là. Et parmi ces caractéristiques, bien évidemment, il y a ce qu'on appelle les institutions, c'est-à

4:33
Locuteur

-dire

4:33
Présentateur

le mode de fonctionnement du marché du travail, du marché des biens, le mode d'intervention de l'État, qui sont des facteurs qui ne sont pas favorables à la croissance et aux créations d'emplois. D'où la pertinence de l'engagement de réformes structurelles pour justement modifier ces institutions et faire que l'économie française soit plus forte en termes de croissance et plus créatrice d'emplois. Mais on peut rêver d'une baisse jusqu'où

4:56
Locuteur

? Ah,

4:57
Présentateur

on peut rêver d'une baisse jusqu

4:58
Locuteur

'où ? Les Allemands sont à

4:59
Présentateur

3% aujourd'hui de chômage. Est-ce qu'on peut imaginer qu'on soit finalement à 3% un jour ? Le produit intérieur brut allemand qui a été publié pour le deuxième trimestre récemment et donne à penser que l'Allemagne n'est pas sur une trajectoire très porteuse en ce moment. Vous voyez, la situation relative des pays peut se modifier de jour en avant.

5:16
Locuteur

Mais nous, vous

5:17
Présentateur

utilisez

5:18
Locuteur

ces cours dans la durée. De

5:19
Présentateur

plein emploi. Moi, je dirais plutôt la chose suivante. Ce qui est étonnant

5:23
Locuteur

dans

5:24
Présentateur

les évolutions du marché du travail en France,

5:26
Locuteur

c

5:26
Présentateur

'est que les créations d'emplois sont fortes.

5:28
Locuteur

La

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Présentateur

baisse du chômage est quand même sensible. Et ce qui est bien, c'est qu'elle touche toutes les populations. Hommes, femmes, jeunes, seniors et adultes entre les deux.

5:39
Locuteur

Alors

5:39
Présentateur

même que la croissance

5:41
Locuteur

n

5:42
Présentateur

'est pas caracolante. Voyons, on a connu au deuxième trimestre, d'après l'INSEE, une croissance de 0,2%. Enregistrer une baisse du taux de chômage

5:50
Locuteur

de

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Présentateur

0,2 point, alors que la croissance n

5:52
Locuteur

'a

5:52
Présentateur

été que de 0,2%, c'est remarquable. Mais derrière, ça veut dire que les gains de productivité

5:57
Locuteur

sont

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Présentateur

très faibles. Et si les gains de productivité sont très faibles, on peut voir le verre du côté à moitié plein ou à moitié vide.

6:05
Locuteur

À

6:05
Présentateur

moitié vide, peu de gains de productivité, ça veut dire qu'il

6:08
Locuteur

y

6:08
Présentateur

a peu d'éléments qui peuvent nourrir des hausses de salaire dans les entreprises, puisque fondamentalement, c'est les gains de productivité qui peuvent nourrir, alimenter l'augmentation des salaires. Mais par contre,

6:21
Locuteur

ça

6:21
Présentateur

favorise la création d'emplois, ses faibles gains de productivité. Et pour un pays qui a un fort taux de chômage, je dirais que la priorité,

6:29
Locuteur

dans

6:30
Présentateur

les gains de pouvoir d'achat

6:31
Locuteur

du

6:32
Présentateur

ménage

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Locuteur

moyen,

6:33
Présentateur

c'est plutôt

6:34
Locuteur

par

6:34
Présentateur

la création d'emplois. On n'est pas dans la situation des pays qui sont remplis d'emplois.

6:37
Locuteur

Vous

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Présentateur

me dites que c'est à commencer sur François Hollande. Vous me dites que les réformes structurelles menées et par François Hollande et par Emmanuel Macron

6:44
Locuteur

ont

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Présentateur

un impact. On va y revenir évidemment dans le détail. C'est la fête à Brégançon ce soir

6:50
Locuteur

? Je

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Présentateur

ne

6:51
Locuteur

sais

6:51
Présentateur

pas si c'est la fête à Brégançon, parce que vous savez, c

6:54
Locuteur

'est

6:54
Présentateur

un mouvement de longue haleine. Et je pense que ça fait en fait 10 ans qu'il y a eu des réformes structurelles en France qui ont encouragé une relative reprise de l'emploi en France. La France est un pays très singulier. La France,

7:09
Locuteur

c

7:09
Présentateur

'est un pays, contrairement aux autres pays, les autres pays européens qui connaissent le plein emploi, vous êtes très vite au chômage, mais vous retrouvez assez rapidement de l'emploi. Ce n

7:18
Locuteur

'est

7:18
Présentateur

pas le cas en France. En France, on a un problème structurel qui est dû à notre environnement fiscal, à notre environnement normatif et à notre environnement politique. Il faut trois critères et trois leviers qui fonctionnent pour qu'il y

7:32
Locuteur

ait

7:32
Présentateur

de l'emploi. Un, la croissance. On l'a dit, elle n'est pas fameuse. Elle n

7:36
Locuteur

'est

7:36
Présentateur

pas tellement plus fameuse d'ailleurs dans les autres pays européens.

7:38
Locuteur

Deux, le

7:40
Présentateur

côté normatif précisément. Ce côté normatif est beaucoup plus contraignant en France que dans les autres pays européens. Et ce côté normatif contraignant fait que, pour retrouver de l'emploi, c'est plus compliqué parce qu'on débauche et on embauche beaucoup moins facilement. Et puis vous avez un troisième critère qui est très important, c'est le critère de la confiance. C'est tout à fait psychologique. Aujourd'hui, j'en fréquente comme vous tous, ça n'a aucune valeur scientifique, mais j'en fréquente des chefs d'entreprise, notamment de PME, de petites entreprises, qui sont davantage enclins à embaucher aujourd'hui parce qu'ils ont un peu plus confiance dans le contexte politique.

Même si, c'est ça qui est paradoxal, ceux qui se sentent hors du coup, hors de la mondialisation, on les a vus cet hiver manifester de façon très bruyante et violente. Donc, ce côté psychologique, depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé, est assez patent

8:41
Locuteur

dans

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Présentateur

le milieu de l'entreprise. Et c'est ça qu'il a ajouté en plus, si vous voulez, aux réformes qui ont été menées... Qui

8:49
Locuteur

avaient été lancées par Sarkozy et

8:52
Présentateur

par François Hollande, qui a changé de braquet en 2014, souvenez-vous, au vœu. Et Macron a apporté, je dirais, une confiance qui est due aussi à la réforme du droit du travail, qui avait été entamée,

9:07
Locuteur

mais

9:07
Présentateur

vidée de pas mal de sa substance sous François Hollande. C'était la fameuse loi El Khomri. Et Macron, ça a été sa première loi, avec les ordonnances sur la réforme du code du travail. Il y a

9:19
Locuteur

une

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Présentateur

mesure, notamment, paraît-il, qui a eu un effet important. C'est la barémisation des indemnités dues à ceux qui partent, si vous voulez,

9:34
Locuteur

en

9:34
Présentateur

désaccord avec leur employeur. Des accords qui, avant, allaient dans les tribunaux, ça traînait, il y avait... Au

9:43
Locuteur

prud'homme, on ne peut pas avoir aujourd'hui plus qu'un certain montant. Au prud

9:45
Présentateur

'homme, d'ailleurs, se sont

9:45
Locuteur

considérablement vidés

9:47
Présentateur

de dossiers qui encombraient la justice. Et aujourd'hui, ça a eu un effet. Donc, il y a trois éléments qui sont réunis, qu'il faut réunir. Il y en a un qui est un peu faible aujourd'hui, c'est quand même la croissance. Mais comme l

10:02
Locuteur

'a

10:02
Présentateur

dit Gilbert Sette, l'Allemagne n

10:04
Locuteur

'a

10:04
Présentateur

pas une croissance extraordinaire depuis quelques mois. La Grande-Bretagne, pour la première fois, marque un temps d'arrêt important, moins 0,2% au deuxième trimestre. Donc, ça veut dire qu'on est dans un contexte assez étonnant, on va peut-être en reparler, où on peut aussi faire de l'embauche,

10:26
Locuteur

à

10:27
Présentateur

un rythme pas très soutenu, avec une croissance assez faible. C'est une

10:31
Locuteur

nouvelle donne, ça.

10:32
Présentateur

On va voir les chiffres, si vous le voulez bien. 0,2% de baisse du chômage au deuxième trimestre. Tout ça vous semble peut-être très loin, très statistique. Mais ça veut dire donc un taux de chômage qui revient à son plus bas niveau depuis 2009. C'est un chiffre que la ministre du Travail, évidemment, ne s

10:48
Locuteur

'est

10:48
Présentateur

pas privée de commenter ce matin. Elle affirme que 300 000 emplois ont été créés depuis le début du quinquennat. Elle y voit la preuve que les réformes Macron portent leurs fruits. Explication avec Mélanie Nounès, Juliette Perrault et Dominique Lemarchand.

11:04
Locuteur

C

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Locuteur 6

'était une promesse phare de campagne. Réduire le taux de chômage à 7

11:10
Locuteur 8

% d'ici la fin du quinquennat en 2022.

11:13
Locuteur

Et

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Locuteur 8

les derniers chiffres publiés par l'INSEE sont encourageants. Moins 0,2 points au deuxième trimestre.

11:20
Locuteur

600

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Locuteur 8

000 chômeurs en moins. Le taux de chômage est aujourd'hui à 8,5%. Son plus bas niveau depuis 2009.

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Locuteur 4

Alors ce matin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s'en félicite.

11:33
Locuteur

Les

11:33
Locuteur 8

réformes du gouvernement portent leurs premiers fruits pour nos concitoyens. La bataille pour l'emploi continue.

11:42
Locuteur

Car

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Locuteur 4

depuis le début du quinquennat, c'est elle qui est en première ligne. Chargée de mener au plus vite les réformes promises par le président. En juin 2017,

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Locuteur 8

elle lance le chantier délicat de la refonte du Code du Travail.

11:54
Locuteur 4

Notre première conviction,

11:56
Locuteur

c

11:57
Locuteur 4

'est que le Code du Travail

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Locuteur

doit

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Locuteur 4

répondre

11:59
Locuteur

aux

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Locuteur 4

principes fondamentaux dans un contexte où il faut à la fois, et ça paraît antinomique, ça ne l'est pas, plus de liberté et plus de sécurité. Liberté, ce n

12:10
Locuteur

'est

12:10
Locuteur 4

pas que pour les entreprises. Liberté, c'est pour les entreprises et les salariés. Plus de liberté et plus de flexibilité. L'objectif, encourager l'emploi

12:20
François Hollande

grâce à quelques mesures emblématiques. Une plus grande place accordée aux accords d'entreprise, l'instauration de la rupture conventionnelle collective, ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. Une

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Présentateur

réforme que beaucoup assimilent à une casse du Code du Travail. Des milliers de manifestants se mobilisent dans toute la France, à l'appel des syndicats.

12:41
Locuteur

La

12:42
Locuteur 5

majorité des Français soutient les mobilisations. La majorité des Français

12:45
Locuteur

sont

12:46
Locuteur 5

contre ces ordonnances. Donc comme quoi, quand on dit, on a voté pour moi, et donc maintenant je fais ce que je veux, et on a adopté tout mon programme, c'est un peu plus compliqué que ça.

12:55
Locuteur 6

Parallèlement, le gouvernement annonce la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Une filière ouverte désormais jusqu'à 30 ans, un salaire revalorisé pour attirer plus de

13:06
Locuteur 4

candidats, comme cet apprenti plombier de 23 ans.

13:11
Locuteur

Ça

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Locuteur 2

nous permet d'avoir une expérience qui est plus élevée que ceux qui empruntent un cursus classique, en fait.

13:18
François Hollande

Des apprentis qui pourront également bénéficier d'une aide financière de 500 euros pour passer leur permis.

13:24
Locuteur 2

Si le patron nous envoie quelque part faire un boulot et qu

13:27
Locuteur

'on

13:27
Locuteur 2

n'a pas le permis,

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Locuteur

on

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Locuteur 2

ne

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Locuteur

va

13:28
Locuteur 2

pas y aller à pied avec les outils, etc. Donc c'est un peu essentiel.

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François Hollande

Mais pour favoriser le retour à l'emploi, le gouvernement mise aujourd'hui sur la réforme de l'assurance chômage,

13:38
Locuteur 6

dont les décrets d'application ont été publiés le mois dernier. Pour percevoir cette allocation, il faudra désormais avoir travaillé pendant 6 mois, durant les 24 derniers mois. Les cadres verront

13:49
Locuteur 4

également leurs indemnités baisser. S'ils perçoivent plus de 4 500 euros par mois, leurs

13:53
Locuteur 8

allocations seront diminuées de 30% à partir du 7e mois.

13:58
Locuteur

Le

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Locuteur 8

but pour le gouvernement, valoriser le travail.

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Locuteur

Il

14:03
Locuteur 3

faut que le travail paye toujours mieux que le non-travail.

14:07
Locuteur 4

Autre option pour faciliter les embauches, la baisse des charges pour les entreprises. Alors

14:12
François Hollande

la méthode gouvernementale est-elle payante ? Pour cet économiste, ces bons chiffres ne sont pas uniquement le résultat de la politique d'Emmanuel Macron.

14:20
Locuteur

La

14:21
Locuteur 6

philosophie des réformes actuelles, effectivement, elle s'inscrit dans une série de réflexions et de réformes qui ont commencé à être mises en œuvre dès les années 2000, en fait, avec par exemple, même dès les années 90 en France, avec la baisse des charges patronales au niveau du SMIC pour essayer d'abaisser le coût du travail au niveau du SMIC et faire croître les emplois de services, par exemple. Ensuite, on a mis en œuvre en 2008 le RSA avec un complément de revenu qui est devenu la prime d'activité.

14:54
François Hollande

Malgré ces nombreuses réformes, la France reste l

14:57
Locuteur 6

'un des pays où le taux de chômage est le plus élevé en Europe. L'Allemagne et le Royaume-Uni affichent par exemple un taux à seulement 3%.

15:05
Présentateur

Question de Damien qui nous regarde depuis l'Essonne. Le chômage baisse-t-il dans tous les départements français ? Quid des dom-toms ? Quels sont les départements les mieux lotis

15:13
Locuteur

? Alors,

15:14
Présentateur

il y

15:14
Locuteur

a

15:14
Présentateur

une baisse, on l'a dit, qui est tendancielle depuis plusieurs années et donc qui va s'observer dans tous les territoires français, de métropole comme d'outre-mer. Néanmoins, cette baisse n'efface pas les écarts qui sont encore très importants en termes de niveau. Vous avez des départements, si on prend uniquement la métropole, des départements où on est déjà quasiment au plein emploi. Certains départements de l'Ouest, je pense notamment à un département comme la Vendée, où on a une base industrielle qui est encore très forte. Le plein emploi, c'est ? C'est en dessous de 5%, au niveau allemand à 3%. Donc on n'est pas encore à 3% en Vendée, on n'est pas très loin.

Et on a d'autres départements, dans Languedoc-Roussillon par exemple, ou dans l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais, où on est sur encore des taux qui sont supérieurs à 10%. Donc on a aussi des choses à regarder en termes de mode de développement local, en termes de tissu économique, puisqu'il

16:05
Locuteur

y

16:05
Présentateur

a des endroits où ça fonctionne manifestement mieux qu'ailleurs.

16:09
Locuteur

Oui,

16:10
François Hollande

je voudrais ajouter quelque chose à ce qu'on disait juste avant le reportage à propos de la croissance et ses conséquences sur l'emploi. Aujourd'hui, alors que pendant des années, on a dit que la France ne créait des emplois que si on avait 1,5% de croissance, aujourd'hui on crée des emplois avec 1, 1,1, 1,2% de croissance. Parce que la souplesse qu'on a introduite effectivement sur le marché du travail et les bases des charges fait qu'on recrute des gens

16:34
Locuteur

qu

16:34
François Hollande

'on n'aurait pas recrutés autrefois. Ça fait baisser la productivité, c'est

16:38
Locuteur

ce

16:38
François Hollande

que vous expliquez, parce qu'on prend des gens un petit peu moins productifs, mais ça permet en fait de faire entrer plus de gens sur

16:45
Locuteur

le marché du travail.

16:47
François Hollande

Parce qu'en fait, c'est parce que les charges ont baissé ou c'est parce qu'on sait qu'on pourra licencier plus facilement qu'on prend des gens qui sont peut-être moins bien formés ou qui ne

16:56
Locuteur

sont

16:56
François Hollande

peut-être pas depuis longtemps sur le marché du travail parce que s'il y a un chômage qui ne baisse pas, c'est le chômage de longue durée justement. Mais on prend des gens dont on est moins sûrs, si vous voulez. Et donc, aujourd'hui, avec 1,2% de croissance, effectivement, la France crée des emplois.

17:12
Locuteur

Ce qui est une vraie bonne nouvelle. Ce qui est une vraie bonne nouvelle. D'accord.

17:14
Présentateur

Je voudrais ajouter ce que vous disiez tout à l'heure sur la Vendée, parce que la Vendée,

17:20
Locuteur

c

17:20
Présentateur

'est vraiment un cas intéressant.

17:21
Locuteur

C

17:21
Présentateur

'est un cas où il y a certes

17:23
Locuteur

un

17:24
Présentateur

peu d'industrie,

17:25
Locuteur

pas

17:25
Présentateur

mal d'industrie, mais pas une industrie très lourde.

17:29
Locuteur

C'est

17:29
Présentateur

une industrie de PME. Et c'est un département où il n'y a pas de métropole. Vous connaissez la préfecture de Vendée, c'est la Roche-sur-Yon. La Roche-sur-Yon. La Roche-sur-Yon, pardon. La Roche-sur-Yon, c'est vraiment, si vous y allez, ce n

17:42
Locuteur

'est

17:42
Présentateur

pas vraiment Lille, Roubaix-Tourcoing, Paris, Marseille et

17:47
Locuteur

Lyon. Pas une

17:47
Présentateur

métropole.

17:47
Locuteur

Pas

17:48
Présentateur

une métropole. Et ce qui est intéressant, c'est l'action des acteurs locaux, justement. C'est pour ça que la politique a une importance sur l'emploi. C'est qu'il soit de droite, de gauche, dans un département, si vous avez des acteurs locaux qui s'y collent vraiment, et qui font tout pour favoriser, je dirais, l'activité industrielle, l'activité de service et l'emploi, eh bien, ça marche. Et c'est le cas de la Vendée, où vous avez en plus beaucoup de jeunes chefs d'entreprise qui se sont installés, avec des nouvelles méthodes de management, qui rompent avec le droit du travail, qui ne sont pas en contravention, mais sur les horaires, sur l'obligation de pointer, sur la flexibilité.

Je ne vais pas les citer parce que je ne

18:37
Locuteur

veux

18:37
Présentateur

pas faire de publicité, mais il y a quand même des cas en Vendée qui sont tout à fait étonnants et qui expliquent ce dynamisme, je dirais, sur le front de l'emploi.

18:47
Locuteur

A

18:48
Présentateur

l'inverse, vous avez des pays, des départements, on peut citer le cas quand même des territoires et des départements d'outre-mer, où même si ça baisse, il y a quand même encore très fort taux de chômage, c'est dû aussi au fait que ce sont des départements sous assistance respiratoire de l'État. Il ne faut pas quand même l'oublier, ce sont des départements où le RSA est menée courante, où vous avez des populations et des régions à l'intérieur de ces départements, des secteurs qui sont complètement sinistrés sur le plan de l'emploi. Et pourtant, ça baisse là-bas aussi.

19:23
Locuteur

Ça baisse en Outre-mer. Ça baisse

19:26
Présentateur

de la même manière, d'ailleurs,

19:28
Locuteur

De la même manière, je ne suis pas allé voir ce de vrai détail. La courbe descend de la même manière ? En tout cas, les

19:32
Présentateur

deux courbes descendent, ce qui veut dire que ça baisse également là-bas. Je voulais rebondir un peu sur ce que disait madame sur deux points. Vous voyez, en France, je dirais, beaucoup de chefs d'entreprise, en particulier les petites et moyennes entreprises, pouvaient être effrayés d'embaucher parce qu'ils se disaient, bon, si jamais la conjoncture se retourne, il y a

19:52
Locuteur

des

19:52
Présentateur

coûts procéduraux tellement lourds pour ajuster ensuite ces effectifs à la baisse, s'il le faut, quoi, si le carnet de commandes se contracte énormément. C'est tellement coûteux, tellement long, que je prends des risques inouïs pour mon entreprise en embauchant beaucoup. Et c'est quelque chose qui était un peu particulier à certains pays, dont le nôtre. Vous parlez au passé ? Oui, parce que je parle au passé, une partie des ordonnances Macron a consisté à vouloir à la fois flexibiliser en sécurisant les choses. Je vais donner un exemple.

La rupture conventionnelle collective, c'est quelque chose qui permet, je dirais, de sécuriser pour le chef d'entreprise la séparation avec un groupe, un ensemble de salariés, vous voyez, pour une entreprise d'au moins 50 salariés et le départ d'au moins 10 personnes.

20:39
Locuteur

Mais

20:39
Présentateur

ça permet cette séparation de façon sécurisée

20:43
Locuteur

pour

20:44
Présentateur

les salariés puisqu'il faut un accord collectif. Il faut que des partenaires sociaux, des syndicats qui ont eu au moins 50% des voix aux dernières élections, signent cet accord. Donc vous voyez, quelque chose de juridiquement sécurisé qui peut être rapide, sécurisé pour l'entreprise, mais aussi sécurisé pour les salariés. Faire ce genre de choses...

21:02
Locuteur

Pas pour

21:02
Présentateur

ceux qui se retrouvent dehors. Attendez, il faut ensuite un choix individuel.

21:06
Locuteur

C

21:06
Présentateur

'est la rupture conventionnelle collective, l'organisation de la rupture conventionnelle se fait par accord et puis ensuite, ne partent que les gens qui sont d'accord pour s'inscrire dans ce processus.

21:15
Locuteur

C'est pour vous la réforme la plus efficace ou c'est un exemple parmi d'autres ? Non, c'est un

21:18
Présentateur

exemple parmi d'autres pour vous dire que les ordonnances Macron ont vraiment voulu sécuriser

21:24
Locuteur

à

21:24
Présentateur

la fois du côté de l'entreprise et du côté des salariés, n'entrent dans ce dispositif que je donne comme exemple.

21:29
Locuteur

Oui, j'entends.

21:30
Présentateur

Que les entreprises qui le veulent avec les partenaires sociaux représentant des salariaux qui le veulent et ensuite que les salariés qui au niveau individuel le veulent.

21:40
Locuteur

Vous

21:40
Présentateur

vous rendez compte ? C'est une évolution absolument considérable. C'est un big bang dans l'organisation.

21:47
Locuteur

C

21:47
Présentateur

'est quelque chose de complètement sécurisant pour les entreprises. Alors on parlait de la barémisation. Bon, on est dans un contexte où la barémisation, là pour l'instant, introduite par les entreprises.

21:56
Locuteur

Rodi,

21:57
Présentateur

barémisation, c'est mettre un barème sur les indemnités auxquelles

22:01
Locuteur

un salarié est

22:02
Présentateur

éligible, oui, un montant maximal auxquelles un salarié est éligible quand il quitte l'entreprise

22:07
Locuteur

en désaccord.

22:09
Présentateur

Si

22:09
Locuteur

les

22:09
Présentateur

licenciés, sans cause réelle et sérieuse, si les licenciés, sans cause réelle et sérieuse, il y a un maximum. Alors, ça existe dans énormément de pays. Néanmoins, ce n

22:21
Locuteur

'est

22:21
Présentateur

pas conforme pour beaucoup d'observateurs. à la Convention 158 de l'OIT que la France a ratifiée. L'Organisation internationale du travail. Oui, et à la Charte européenne des droits sociaux qui n

22:32
Locuteur

'est

22:32
Présentateur

pas normative, en quelque sorte.

22:34
Locuteur

Donc vous voulez dire

22:34
Présentateur

que ça n'ira pas forcément au bout sur ce côté-là.

22:36
Locuteur

Vous avez un doute. Voilà, on a un doute, mais je

22:39
Présentateur

voudrais juste souligner le fait que la Convention 158 de l'OIT sur 36 pays de l'OCDE, il n

22:45
Locuteur

'y en

22:45
Présentateur

a que 11 qui l'ont signé.

22:47
Locuteur

Il

22:47
Présentateur

n

22:47
Locuteur

'y

22:47
Présentateur

en a que 11 qui l'ont ratifié. Et des pays, on considère comme des benchmarks, des exemples dans les bonnes relations sociales, je prends la Norvège, le Danemark, ne

22:56
Locuteur

l

22:56
Présentateur

'ont pas ratifié. La France a marqué un empressement, un zèle inimaginable à ratifier toutes les conventions possibles de l'OIT. Je crois qu'il

23:06
Locuteur

y a

23:06
Présentateur

un pays qui fait plus, c'est l'Espagne. Parmi tous les pays de l'OCDE. Une question politique à vous poser, si vous permettez. François Hollande disait « Président, ça travaille toujours pour son successeur ». Il doit se dire…

23:17
Locuteur

Ça

23:17
François Hollande

travaille toujours pour son successeur

23:19
Locuteur

? Oui.

23:19
François Hollande

Parce que vous avez dit que ça trahit toujours.

23:21
Locuteur

Ça

23:21
Présentateur

travaille toujours pour son successeur.

23:24
François Hollande

Clairement. Cela dit, Emmanuel Macron faisait partie du gouvernement de François Hollande. Il a été ministre de l'Économie et au début, il était dans son cabinet. Donc, je pense qu'il avait poussé lui-même pour cette politique de l'offre, ce basculement vers une politique de l'offre. Je pense qu'Emmanuel Macron n'était pas complètement étranger à cela. Pour juste compléter ce que disait Gilbert Sepp, il y avait un effet psychologique énorme sur la question des prud'hommes. Quand vous rencontriez des petits chefs d'entreprise, ils vous disaient « Non, non, je ne

23:48
Locuteur

vais

23:48
François Hollande

pas embaucher parce qu'après, je connais quelqu'un qui s'est retrouvé à payer 4 ans aux prud'hommes à un salarié qui

23:54
Locuteur

vraiment voulait rien faire. » Jusque sur l'apprentissage,

23:55
Présentateur

par exemple

23:56
Locuteur

?

23:56
Présentateur

Jusque sur l'embauche d'un apprenti ?

23:58
Locuteur

Non, parce qu'il y a eu aussi des

24:00
François Hollande

mesures. Sur les

24:01
Locuteur

apprentis, il y a eu des

24:02
François Hollande

mesures.

24:03
Locuteur

Et

24:03
François Hollande

là aussi, ça a fait redémarrer

24:04
Locuteur

psychologiquement. Comment

24:05
Présentateur

protéger les chefs d'entreprise ou les artisans d'ailleurs par rapport à la façon dont ils étaient entreprise

24:11
Locuteur

et salariés ? Tout à fait. Et on

24:12
François Hollande

a déclenché vraiment un effet psychologique qui allait au-delà même des mesures prises.

24:17
Présentateur

Parce

24:17
Locuteur

que les Français…

24:19
Présentateur

Si vous me permettez, vous parliez des… Comment dirais-je ? Des… Pas des apprentis.

24:25
Locuteur

Des

24:25
Présentateur

apprentis,

24:26
Locuteur

oui. Si, des apprentis. Vous parliez des

24:27
Présentateur

apprentis.

24:28
Locuteur

Ce

24:28
Présentateur

qui a été fait,

24:29
Locuteur

c

24:29
Présentateur

'est à la fois une sécurisation pour l'entreprise

24:31
Locuteur

et

24:32
Présentateur

une valorisation pour le salarié. On a valorisé

24:34
Locuteur

la

24:35
Présentateur

rémunération des apprentis et simultanément, on a permis aux chefs d'entreprise insatisfaits par un apprenti et souvent, vous voyez, c'est commerçant et autres, de pouvoir arrêter le contrat plus facilement. Des deux côtés, il y a eu un plus. Plus d'attractivité pour les personnes, plus d'attractivité pour les entreprises.

24:53
Locuteur

Je

24:53
Présentateur

reviens à la politique. Est-ce que les Français sont conscients d'abord de l'effet que vous êtes en train de décrire des différentes mesures prises sur le marché du travail ou pas du tout ? Et que faudra-t-il pour qu'il l'accepte en quelque sorte ? Parce que les oppositions sont extrêmement nombreuses.

25:08
Locuteur

Oui, alors,

25:08
Présentateur

plusieurs éléments de réponse. Le premier,

25:10
Locuteur

c

25:10
Présentateur

'est que, historiquement, dans les précédentes baisses assez durables du chômage sous les gouvernements Raffarin et de Villepin, on avait observé, par exemple, à l'IFOB qu'il fallait six à huit mois, voire davantage, peu presque un an, pour que les Français commencent, si vous nous permettez l'expression, à acheter l'idée qu'il y avait une baisse réelle. Quand on les sondait avant cela, ils disaient, non, non, mais il y a les radiations automatiques, le pôle emploi, les chiffres, on leur fait dire ce qu

25:39
Locuteur

'on

25:39
Présentateur

veut, etc. Donc, il faut plusieurs... Alors, vous rappelez qu'à l'époque, c'était en plus des baisses qui étaient annoncées mensuellement. Il a fallu plus d'un an pour que les gens commencent à adhérer à l'idée que c'était une baisse réelle et objective. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, ça veut dire qu'on ne va pas forcément créditer Emmanuel Macron tout de suite parce que les Français vont attendre de voir s'il y a une baisse de leur point de vue qui est tangible. Autre point, néanmoins, on constate, nous,

26:05
Locuteur

dans

26:05
Présentateur

nos maromètres sur les préoccupations que, manifestement, la société a intégré le fait que le chômage était peut-être moins violent qu'il y a quelques années dans la mesure où ce n'est plus la préoccupation forcément numéro un de nos concitoyens et la crise sociale majeure que nous avons traversée, la crise des Gilets jaunes, ne portaient pas de revendications sur le chômage. On était bien sur le pouvoir d'achat. Alors, c'était d'abord un mouvement d'actifs.

26:32
Locuteur

Ça

26:32
Présentateur

peut être lié, malheureusement. Oui. Et donc, on voit bien qu'il y a aussi une certaine forme d'ingratitude pour un exécutif, c'est-à-dire qu'à partir du moment où le problème numéro un pendant de longues années de chômage n'est pas réglé, il commence à s'améliorer, aussitôt, les doléances ou les revendications vont se reporter sur d'autres thématiques qui sont parfois liées en disant

26:50
Locuteur

on

26:50
Présentateur

a des emplois qui sont créés mais qui sont des emplois où il n

26:53
Locuteur

'y

26:53
Présentateur

a pas forcément beaucoup de gains de productivité donc il n

26:55
Locuteur

'y a

26:55
Présentateur

pas forcément des salaires très importants. On a aussi tout le développement des micro-entreprises, le nouveau nom des auto-entrepreneurs qui bien souvent, ce n

27:04
Locuteur

'est

27:04
Présentateur

pas la start-up nation, ce sont des gens qui en désespoir de cause se créent leur propre job. On en parlera plus tard dans l'émission,

27:11
Locuteur

oui.

27:11
Présentateur

Et donc tout cela crée aussi des tensions sur la question du pouvoir d'achat. Ça explique pourquoi on n'a pas débouché le champagne au fort de Brégançon.

27:19
Locuteur

C'est ma question tout à l'heure sur Emmanuel Macron. Pour

27:22
Présentateur

beaucoup de raisons, pour plusieurs raisons. D'abord,

27:24
Locuteur

il

27:24
Présentateur

faut préciser qu'on est encore à 8,5 pour les catégories A

27:30
Locuteur

et

27:31
Présentateur

B, c'est-à-dire ceux qui n'avaient pas d'emploi. Quand nos voisins principaux au nord de l'Europe au moins sont à entre 3 et 5%. Donc on est très loin du compte. Très très loin du compte. Et les baisses sont relatives. Première chose. Deuxième chose, il faut

27:48
Locuteur

regarder

27:49
Présentateur

les clientèles,

27:51
Locuteur

les

27:51
Présentateur

gens.

27:52
Locuteur

Le

27:52
Présentateur

mouvement des Gilets jaunes, certes, mais le mouvement des Gilets jaunes ne comptait pas de jeunes. Or, le chômage, même s'il baisse davantage proportionnellement chez les jeunes,

28:02
Locuteur

il

28:02
Présentateur

touche énormément les jeunes. Et

28:04
Locuteur

que

28:04
Présentateur

votent les jeunes

28:05
Locuteur

en

28:06
Présentateur

majorité

28:06
Locuteur

?

28:07
Présentateur

Madame Le Pen.

28:09
Locuteur

Vous dites en

28:10
Présentateur

majorité, c'est 35%,

28:11
Locuteur

33%.

28:12
Présentateur

ils votent beaucoup pour le

28:15
Locuteur

Rassemblement national. votent majoritairement.

28:16
Présentateur

Et pourquoi ils votent aussi ? Parce qu'ils ne voient pas de débouchés. Ils n'ont pas d'emploi, ils n'ont pas d'avenir. Ils se sentent sans avenir. Pourquoi Emmanuel Macron a réussi à capter une partie de

28:29
Locuteur

l

28:29
Présentateur

'électorat de droite

28:29
Locuteur

? Il

28:30
Présentateur

a réussi à capter l'électorat de droite, justement, des chefs d'entreprise, des entrepreneurs qui ne roulent pas tous sur l'or. Un patron de PME, en moyenne,

28:41
Locuteur

je

28:41
Présentateur

crois que c'est 4 000 ou 3 000 euros par mois. Mais ces gens-là ont retrouvé la confiance.

28:47
Locuteur

Ce qui est

28:47
Présentateur

bien, mais ce qui est moins que son directeur commercial, c

28:49
Locuteur

'est le bal. Voilà. C'est moins que

28:50
François Hollande

ce qu'on imagine.

28:50
Locuteur

Voilà, c'est beaucoup

28:51
Présentateur

moins que ce qu'on imagine. Ils ont retrouvé la confiance. Ils voient un avenir davantage serein avec Emmanuel Macron qu'avec son prédécesseur. Et ceux-là, eh bien, ils se sont détournés de la droite et ils épousent la cause d'Emmanuel Macron. Donc, il faut regarder secteur, enfin, âge par âge, clientèle électorale par clientèle électorale.

29:14
Locuteur

En

29:14
Présentateur

tout cas, on est dans le domaine de l'infusion et non pas dans

29:17
Locuteur

le

29:17
Présentateur

solide de

29:18
Locuteur

la

29:18
Présentateur

perfusion. Bien sûr. Il n

29:19
Locuteur

'y a

29:19
Présentateur

pas de fruit immédiat. Exactement. Et tout ça, évidemment, a des effets qui sont, quand vous avez des résultats qui commencent à venir, ça a des effets sur l'opinion qui sont assez

29:29
Locuteur

longs.

29:32
Présentateur

Emmanuel Macron a pris soin

29:34
Locuteur

pendant

29:34
Présentateur

sa campagne électorale de ne pas en faire un leitmotiv de son discours, contrairement à ce qu'avait fait François Hollande avant, de dire l'emploi, c'est ma

29:44
Locuteur

priorité. C'est la ministre du travail qui a promis un chômage à 7% à la

29:48
Présentateur

fin du quinquennat. Exactement.

29:49
Locuteur

L

29:50
Présentateur

'une des bonnes surprises, retournons voir les chefs d'entreprise et les salariés, si vous le voulez bien, de l'année, c'est le retour en grâce de l'industrie française qui a recommencé à embaucher après presque trois décennies de crise. C'est vrai notamment pour le textile qui a longtemps été considéré à juste titre comme sinistré. La recette de ces entreprises est simple, misée sur le haut de gamme et également sur l'innovation. Reportage dans le Nord signé Paul-Rémy Barjavel, Clément Voyer et Maël Carguenot.

30:21
Locuteur

Dans

30:22
Locuteur 8

le Nord de la France, cette usine fabrique des sous-vêtements pas tout à fait comme les autres. Lingerie hydratante, amélioratrice de sommeil, accélératrice de bronzage ou encore absorbante.

30:35
Locuteur

C

30:35
Locuteur 2

'est une culotte monstruelle. C'est une culotte qui va venir absorber les règles avec un

30:42
Présentateur

composant très absorbant en matière écologique. Ça permet d'avoir une culotte qui va durer de nombreuses années, qui va être plus économique que d'acheter des tampons et des serviettes pour mesdames.

30:54
Locuteur 8

Ici, pas de Made in China. Ces vêtements intelligents sont entièrement conçus sur place. L'entreprise tricote même le fil.

31:04
Locuteur

Le

31:05
Présentateur

fait d'être tout intégré, ça permet d'être moins dépendant des autres et de maîtriser le savoir-faire. Un savoir-faire qui est là depuis maintenant trois générations, depuis 1947.

31:15
Locuteur

Et

31:15
Présentateur

bien ça, c'est difficile à copier.

31:17
Locuteur

Et

31:18
Locuteur 8

cela fonctionne. Chiffre d'affaires de cette entreprise, 6 millions d'euros. Un succès encore inimaginable il y a 10 ans, quand la moitié des effectifs a dû être licencié. Lucette Miquan, 40 ans de métier, se souvient bien de ces années noires.

31:34
François Hollande

Il y a nos

31:35
Locuteur 8

collègues, nos voisines

31:37
Locuteur

qui

31:38
Locuteur 8

sont parties.

31:39
Locuteur

On

31:39
Locuteur 8

était 200, on est la moitié d'effectifs.

31:43
Locuteur

Et

31:43
Locuteur 8

ici, maintenant, on recrute parce qu'il y a des demandes. Le textile remarche, repart.

31:50
Locuteur

L

31:51
Présentateur

'une des clés de cette réussite,

31:52
Locuteur

le

31:53
Présentateur

partenariat avec d'autres marques. À l'époque, beaucoup de sociétés ne souhaitaient pas justement travailler avec une production française parce que c'était ringard, c'était cher, il y avait peu

32:03
Locuteur 2

de marketing et il fallait toujours couper les coups. Donc on allait dans les pays à bas coût. Et aujourd'hui, maintenant, on cherche l'inverse. On cherche d'une manière générale un produit qui soit plus durable. On voudrait avoir une transparence sur le social, sur l'environnement, sur l'origine et donc connaître l'histoire. Et le Made in France redevient désirable.

32:23
Locuteur

Moi,

32:24
François Hollande

j'aime bien le boxeur. J'aime bien le boxeur. Plus facile à manipuler.

32:28
Locuteur

Bon,

32:28
François Hollande

on va faire du goût, les goûts et les couleurs.

32:33
Locuteur 8

Résultat, l'entreprise se porte si bien qu'elle embauche.

32:37
Locuteur

En

32:37
Locuteur 8

France, ce n'est pas un cas isolé. Après 40 ans de décroissance, le nombre de salariés de la filière a progressé pour la première fois de 3,6% en 2017.

32:50
Locuteur

Et

32:51
Locuteur 8

pour gagner des marchés, certaines entreprises misent tout sur la recherche. Ici, la combinaison est de rigueur.

32:58
Locuteur

C

32:59
Locuteur 8

'est là qu'on invente le textile du futur, le textile ultra-technique.

33:03
Locuteur

Pas

33:03
Locuteur 8

de vêtements sous cette machine à coudre, mais ce bout de tissu que les chirurgiens utilisent pour soigner les scolioses.

33:10
Locuteur

Sur

33:10
Présentateur

cette tresse, sous ce ligament, en fait, on voit qu

33:13
Locuteur 2

'on a fait ici une épissure avec une couture faite à la machine,

33:16
Présentateur

pour accrocher cette petite

33:18
Locuteur

boucle

33:19
Locuteur 2

en titane. Et ensuite, de l'autre côté, il y

33:21
Locuteur

a

33:21
Locuteur 2

un petit passe-fil

33:22
Présentateur

qui aide le chirurgien à passer

33:24
Locuteur 2

le ligament dans la boucle. Ce ligament, il sert à, un peu comme un tuteur,

33:30
Locuteur

il

33:30
Locuteur 2

sert à faire la connexion entre une tige en titane et la vertèbre du patient.

33:38
Présentateur

Nathalie D'Asylva a vécu cette évolution vers les nouvelles technologies.

33:41
Locuteur

De

33:42
Présentateur

l'entreprise de l'asset où elle travaillait avant et qui a mis la clé sous la porte, elle est passée au ligament à implanter dans le corps. Toujours du textile, mais dans de bien meilleures conditions de travail.

33:54
Locuteur

Oui,

33:55
François Hollande

ça n'a rien à voir avec ce que je faisais avant. Avant, c'était, c'était sale, c'était,

34:00
Présentateur

ici, c'est minutieux, c'est, on travaille dans du propre.

34:05
Locuteur

Le

34:05
Présentateur

textile technique représente aujourd'hui presque la moitié de l'activité de la filière.

34:10
Locuteur

Dans

34:10
Présentateur

le

34:10
Locuteur 8

nord, il a permis de redynamiser l'ancien bassin industriel.

34:14
Locuteur

Moi,

34:15
Présentateur

je pense qu'il

34:15
Locuteur

y a

34:15
Présentateur

un savoir-faire qui est resté dans ce bassin. On retrouve des gens qui ont connu un peu de cette expérience textile, de couture. Alors nous, on sait la couture main, mais aussi le savoir-faire de très sage

34:25
Locuteur 2

aussi qui est très présent localement.

34:28
Locuteur 6

Avec un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros, cette entreprise espère désormais une croissance de 5% chaque année.

34:37
Présentateur

Question d'une téléspectatrice ou d'un téléspectateur. Quel est le secteur industriel qui embauche le plus en ce moment

34:42
Locuteur

? Dans

34:43
François Hollande

l'industrie.

34:44
Locuteur

Je

34:44
François Hollande

dirais plus dans la mécanique de précision, etc. Mais sûrement dans le textile aussi, même s'il part de beaucoup plus bas aujourd'hui. Il

34:51
Locuteur

ne reste plus

34:51
François Hollande

beaucoup de textile en France, donc il part de plus bas.

34:53
Présentateur

On ne fera plus jamais de t-shirts en France ?

34:56
François Hollande

Si, on fera des t-shirts mais qui mesurent le rythme cardiaque, par exemple. On invente des tissus qui sont capables de faire des choses extraordinaires. Il y a une entreprise qui

35:03
Locuteur

s

35:03
François Hollande

'appelle Chargeur qui permet de filtrer les ondes. Vous mettez ça par exemple dans les crèches et ça filtre les ondes Wi-Fi par rapport aux petits-enfants. Il y a une autre entreprise qui a inventé un textile qui permet de guérir la jaunisse du nourrisson. Parce qu'il y a des ondes, j'aurais du mal à vous expliquer, je ne suis pas ingénieur malheureusement, mais il

35:23
Locuteur

y

35:23
François Hollande

a des ondes sur ce textile qui répondent à ce que... Je ne

35:28
Locuteur

vais

35:28
François Hollande

pas trop m'avancer. Mais on trouve énormément de PME

35:32
Locuteur

en

35:33
François Hollande

France qui sont très imaginatives et qui font ce qu'on appelle effectivement des textiles techniques. Et ça, ce n'est pas en Chine que vous le trouverez, ce n'est pas même en Italie où ils sont très bons pour les textiles, c'est vraiment en France.

35:45
Locuteur

Est

35:45
Présentateur

-ce que ces entreprises peuvent faire rentrer à nouveau les gens qui sont sortis pendant des décennies de

35:51
Locuteur

ces

35:52
Présentateur

secteurs sinistrés

35:53
Locuteur

?

35:53
Présentateur

Des décennies, c'est compliqué. Il y a plusieurs choses. D'abord, on voit bien que c'est des secteurs de niche

35:58
Locuteur

et

35:58
Présentateur

de pointe parce qu'on a un coût du travail qui demeure bien évidemment beaucoup plus élevé que les pays du tiers-monde. Et donc, il faut pouvoir avoir des produits qui supportent ces coûts du travail. Ensuite, c'est de la niche. Donc, ça peut créer localement des emplois, mais ce n

36:15
Locuteur

'est

36:15
Présentateur

pas les gros bataillons qui étaient employés jadis. Là, on est dans le Nord-Pas-de-Calais où la filière textile dans les Vosges, par exemple, c'est plusieurs dizaines de milliers d'emplois qui sont passés à la trappe depuis le début des années 80. Donc là, il y a quelques centaines, peut-être demain, des quelques milliers d'emplois qui vont être recréés. Donc, c'est toujours une bonne nouvelle, mais ce n

36:34
Locuteur

'est

36:34
Présentateur

pas les volumes qui ne sont pas dans une région comme le Nord-Pas-de-Calais. Amazon emploie beaucoup plus et crée beaucoup plus d'emplois que ça. Ils sont peut-être moins durables, mais ils emploient beaucoup. Et ensuite, il se pose la question de la formation

36:47
Locuteur

et

36:48
Présentateur

du savoir-faire. Parce qu'il y a à la fois ces femmes souvent qui sont sur ces postes, mais il y avait aussi, par exemple, tous les gens qui faisaient marcher ces machines, qui étaient des réparateurs. Il y a des savoir-faire,

37:00
Locuteur

il

37:00
Présentateur

y

37:00
Locuteur

a

37:00
Présentateur

même des filières en amont qui ont été détruites ou qui ont disparu. Et donc, c'est tout un écosystème qui a recréé. Donc, c'est une bonne nouvelle quand il se remet à embaucher. Mais il y

37:10
Locuteur

a

37:10
Présentateur

un travail qui est colossal. Et Yves Tréard parlait tout à l'heure de la synergie des acteurs. Il y

37:15
Locuteur

a

37:15
Présentateur

les acteurs économiques, mais aussi les institutionnels, c'est-à-dire les régions pour la formation. Est-ce qu'on recrée un CFA dans cette région ?

37:23
Locuteur

Un

37:23
Présentateur

centre de formation sur les métiers du textile technique ? Est-ce que les collectivités locales trouvent des terrains ? Etc.

37:30
Locuteur

Comment on

37:31
Présentateur

accompagne autrement

37:31
Locuteur

? Comment on accompagne ? Il y a

37:32
Présentateur

une action politique

37:33
Locuteur

toujours, mais qui n'est pas forcément celle du

37:36
Présentateur

sommet, celle

37:37
Locuteur

de Paris. C'est les

37:37
Présentateur

entrepreneurs à la base qui ont les idées, qui ont le savoir-faire, mais il faut que tout l'écosystème suive, parce qu'effectivement,

37:43
Locuteur

il

37:43
Présentateur

y a eu énormément de casse qui a été opérée dans ce tissu-là. Je crois qu'il

37:46
Locuteur

y

37:46
Présentateur

a un changement un petit peu de mentalité aussi dans notre pays. On a longtemps souffert d'une sous-estimation de l'apprentissage, d'une marginalisation quand même de la formation professionnelle. Et alors là, bon, ça va dans le sens du gouvernement, puisque justement,

38:02
Locuteur

il

38:02
Présentateur

y a deux réformes, même trois, si on prend celle de l'assurance chômage, sur la formation professionnelle et sur l'apprentissage, qui ont été lancées. Et notamment, celle, je sais, sur l'apprentissage, commence à porter ses fruits, même si elle est assez récente, commence à porter ses fruits. L'apprentissage reprend justement, je dirais, des couleurs dans notre pays.

38:22
Locuteur

Il

38:22
Présentateur

est moins considéré comme allant vers des métiers de seconde zone, parce qu'on a tellement souffert du chômage. Il y

38:31
Locuteur

a

38:31
Présentateur

des régions qui ont tellement souffert du chômage que, eh bien, son image s'est rehaussée. Mais il ne faut pas quand même aussi crier victoire trop vite. La France s'est désindustrialisée, Gilles Berset peut le dire mieux que moi, d'une façon

38:46
Locuteur

à

38:47
Présentateur

tout, toute vitesse par rapport à ses voisins. On a perdu près de, je crois, 2 millions d'emplois en 20 ans dans le secteur de l'industrie. Donc, ce n

38:55
Locuteur

'est

38:55
Présentateur

pas en claquant des doigts et du jour au lendemain qu'on va réindustrialiser, surtout que, de ce point de vue-là, alors là, le pouvoir politique est considérablement responsable, parce qu'il n

39:06
Locuteur

'y

39:06
Présentateur

a pas de ministre de l'Industrie depuis 20 ans dans notre pays. dans un pays qui est quand même très jacobin, très étatiste, ça a pu poser quelques problèmes. On a laissé filer des choses. Et quand l'État intervient dans l'industrie, c'est pour jouer les pompiers, et il joue les pompiers tellement tard que c'est généralement trop tard. Donc, il faut être prudent, mais ce qui est sûr, c'est que l'industrie a des arguments et des éléments qui sont plus positifs que par le passé pour reprendre quelques couleurs. En plus,

39:39
Locuteur

contrairement à... Et

39:39
Présentateur

du tricolore, parce qu'on

39:40
Locuteur

voyait que c'était du Made in France. Du tricolore,

39:43
Présentateur

avec quand même une matière grise dans notre pays qui, il faut dire, de très très haut niveau, avec des écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce qui sont, même si dans les classements internationaux, on n

39:54
Locuteur

'est

39:54
Présentateur

pas toujours très bien classés, il faut quand même dire que les étudiants qui sortent de là sont de bons niveaux.

40:00
François Hollande

Pour rester sur cette note d'espoir, et même en parlant du textile, il n'y a pas que les textiles techniques, il y a tous les textiles de luxe. Et là, la France est très forte.

40:08
Locuteur

C

40:08
François Hollande

'est-à

40:08
Locuteur

-dire,

40:08
François Hollande

avec ce qu'on appelle les Kohl, K-H-O-L, qui sont un peu nos GAFA à nous, qui sont Kering, L'Oréal, LVMH et Hermès, ça fait Kohl, c'est un peu nos GAFA, ils pèsent 25% du CAC 40 à eux seuls.

40:22
Locuteur

25

40:22
François Hollande

% du CAC 40 sur ces quatre grosses entreprises de luxe. Elles sont énormément dans la mode, et donc dans le textile. Et ça recrée aussi en France un certain nombre d'ateliers, je crois qu'il

40:32
Locuteur

y

40:32
François Hollande

a 300 ateliers en région parisienne, d'ateliers qui fabriquent pour ces grandes marques, pour ces marques de mode. Il y

40:39
Locuteur

a

40:39
François Hollande

de la dentellerie,

40:40
Locuteur

il y

40:40
François Hollande

a de la ganterie, il y

40:41
Locuteur

a

40:41
François Hollande

de la mousseline, il y

40:43
Locuteur

a

40:43
François Hollande

des entreprises qui font du fil nylon 100% pur et donc avec un BAC qui met une heure et demie à être fabriqué au lieu des 20 secondes qu'on peut avoir en Asie du Sud-Est. Et donc, toutes nos grandes marques de luxe ont tendance à relocaliser en ce moment. Depuis 2013,

41:00
Locuteur

vous vous rappelez... A relocaliser, donc à se réinstaller en France, réinvestir en France.

41:04
François Hollande

Exactement. Soit ouvrir des ateliers.

41:05
Présentateur

Par exemple

41:06
François Hollande

? Hermès. Hermès a ouvert un atelier récemment. Chanel prend des participations dans des ateliers de son secteur aussi, sans forcément les créer, mais elle les aide, évidemment, en prenant des participations. Et toutes ces marques se sont mises à relocaliser, à mon avis, depuis l'affaire du Rana Plaza. Vous vous rappelez, cet immeuble au Bangladesh qui s'était effondré, un immeuble où les gens fabriquaient du textile, y compris pour des grandes marques, qui s

41:31
Locuteur

'est

41:31
François Hollande

effondré. Ça a fait 1100 morts. Et depuis, je pense que les Hermès, Vuitton et autres entreprises type Longchamp, type Chanel,

41:41
Locuteur

etc.,

41:41
François Hollande

tiennent davantage à faire fabriquer leur production en France. Et ça aussi, ça permet de relancer le textile en France.

41:47
Présentateur

Alors, une des questions qu'on se pose souvent quand on voit la baisse du chômage, c'est qu'on crée des emplois très bien, mais quels emplois ? On a eu un début de réponse sur le textile. Parfois, c'est par la négative, c'est en disant non,

41:58
Locuteur

c

41:58
Présentateur

'est pas des vrais jobs, c'est des mini-jobs. Voilà ce qu'on entend de temps en temps avec précarisation des travailleurs, un phénomène qui a été illustré cet été, début août, par la grève des coursiers de Deliveroo. Ces livreurs dénoncent leur statut précaire et des remunérations au lance-pierre. Reportage Émilien David, Clément Voyer et Jean-Pascal Bublex. Ensemble,

42:24
Locuteur 7

ils espèrent faire plier Deliveroo.

42:27
Locuteur

Une

42:28
Locuteur 7

plateforme qui met en relation ces livreurs indépendants avec des restaurants et des clients. Depuis le début du mois d'août, ils cessent régulièrement leur activité quelques heures

42:40
Locuteur

et

42:41
Locuteur 7

se rendent dans des restaurants de la capitale

42:43
Locuteur

pour

42:44
Locuteur 7

empêcher toute livraison réalisée grâce à la plateforme.

42:50
Locuteur 8

Bonsoir. Par

42:55
Locuteur 7

peur de perdre leur emploi, ces livreurs souhaitent garder l'anonymat. Ils protestent contre la suppression d'un prix minimum par course

43:02
Présentateur

qui était jusqu'à présent fixé à 4,80 euros. Inacceptable selon eux.

43:08
Locuteur 8

Vous allez préparer les commandes ? Là, ils vont rester sur place.

43:12
Présentateur

Avec cette nouvelle tarification, ils s'attendent à une baisse de salaire de 30%.

43:17
Locuteur 6

Plus de précarité pour un travail déjà peu rémunéré.

43:21
Présentateur

Là, par exemple, on a le livreur qui est ici. On le voit explicitement qu

43:25
Locuteur

'il

43:25
Présentateur

est à Paris. C'est le point bleu. On voit qu'il a reçu une commande à Cormeil en Parisie qui est dans le 95. Là, c'est le point que vous avez ici avec la fourchette et le couteau. Juste en bas, vous avez le client qui est là. Vous avez son adresse ici à Houille dans le 78.

43:38
Locuteur

et

43:39
Présentateur

on voit qu'il est payé 6,72 euros pour faire cette distance. Donc là, grosso modo, on est largement à plus de 10 km. Donc on voit que c'est clairement sous-payé. L'essence, plus le temps qu'on va mettre pour récupérer la commande pour la livrer, c'est clairement pas rentable.

43:52
Locuteur 7

Pour s'en sortir financièrement, une seule solution, disent-ils, s'imposer une cadence effrénée.

43:58
Présentateur

Ça implique de devoir aller plus vite, de rouler beaucoup plus vite, toujours plus vite, de ne pas faire attention à soi, aux autres, de se mettre en danger.

44:07
Locuteur 7

Tous ici partagent un même sentiment, celui d'être exploités par une plateforme qui reste fou sur ses prix.

44:14
Présentateur

On ne sait même pas sur quoi est basée cette tarification. On ne sait même pas comment c'est fait. Ce

44:19
Locuteur

n

44:19
Présentateur

'est pas clair, en fait. Des fois, ça peut changer. Ça va être 3,50

44:23
Locuteur

euros.

44:24
Présentateur

Après, pour la même distance, on va toucher 3,20

44:26
Locuteur

euros.

44:26
Présentateur

Des fois, un peu plus. On ne sait pas sur quoi c'est fait. On n

44:29
Locuteur

'a

44:29
Présentateur

accès à rien.

44:30
Locuteur

Ils

44:31
Présentateur

ne nous disent rien.

44:32
Locuteur 7

Ces livreurs sont obligés de travailler à leur compte.

44:34
Locuteur

Ils

44:35
Locuteur 7

sont auto-entrepreneurs mais dépendent complètement de des livreurs.

44:39
Locuteur

Et

44:39
Locuteur 5

voilà,

44:39
Locuteur

c

44:39
Locuteur 5

'est parti. Merci. Bonne

44:40
Locuteur

journée. Un

44:42
Locuteur 7

mode de fonctionnement

44:43
Locuteur 6

de plus en plus répandu.

44:44
Locuteur

L

44:45
Locuteur 6

'entreprise Uber, par exemple, qui propose des véhicules avec chauffeur, applique le même modèle.

44:50
Locuteur

Aujourd

44:51
Locuteur 7

'hui, en France, 200 000 personnes travaillent ainsi.

44:54
Locuteur

Un

44:54
Locuteur 7

phénomène qui inquiète les syndicats

44:56
Locuteur

car

44:57
Locuteur 7

ces indépendants sont très peu protégés.

45:00
Locuteur

On

45:01
Locuteur 7

est dans une zone de non-droit. Vulgairement parlant, ça n'existe pas. Vous avez choisi d'aller livrer la pizza à M. Tartampion. Moi, je suis la plateforme. Je n'ai fait que vous mettre, je ne fais que mettre en relation l'offre et la demande et au milieu, je prélève ma dîme. Et le reste, d'une certaine manière, je m'en lave les mains. Concrètement, la législation sur les accidents du travail, comment vous l'appliquez ? La législation sur les accidents du travail, au jour d'aujourd'hui,

45:28
Locuteur

elle

45:28
Locuteur 7

ne s'applique qu'aux salariés,

45:30
Locuteur

elle

45:31
Locuteur 7

ne s'applique pas

45:31
Locuteur

à

45:32
Locuteur 7

ces travailleurs-là.

45:34
Locuteur

Ces

45:34
Locuteur 7

plateformes se multiplient.

45:36
Locuteur

On

45:37
Locuteur 7

les trouve aujourd'hui dans le transport, mais aussi dans le nettoyage ou la garde d'enfants.

45:42
Locuteur

Et

45:42
Locuteur 7

elles

45:42
Locuteur

devraient

45:43
Locuteur 6

continuer de se développer car selon cet économiste, leur modèle est adapté à l'économie actuelle.

45:49
Locuteur 5

Notre mode de vie aujourd'hui ne se contente plus de consommer des objets, nous voulons consommer des services. On invente tous les jours la mise en relation avec un transporteur, avec une banque sans banquier, avec un avocat sans avocat.

46:05
Locuteur

Tout

46:05
Locuteur 5

ce qui, en fait, concerne les services dont on a besoin vont être transformés par ces plateformes.

46:11
Locuteur

Le

46:12
Locuteur 7

gouvernement souhaite mieux encadrer ses entreprises. Le projet de loi d'orientation sur les mobilités prévoit de nouveaux droits pour ses travailleurs

46:19
Locuteur

et

46:19
Présentateur

invite les plateformes à rédiger des chartes précisant leurs responsabilités sociales.

46:25
Locuteur

La

46:25
Présentateur

question de Julien qui nous regarde dans l'héros, est-ce que ce n

46:27
Locuteur

'est

46:27
Présentateur

pas plutôt l'ubérisation du travail dont on vient de voir quelques exemples qui expliquent la baisse du chômage

46:32
Locuteur

? Non,

46:34
Présentateur

non. Quand on regarde les statistiques sur longue période, on voit que le travail indépendant

46:39
Locuteur

est,

46:40
Présentateur

dans tous les pays développés, de plus en plus marginal dans l'emploi total. La part de l'emploi indépendant diminue.

46:46
Locuteur

Elle

46:46
Présentateur

augmente légèrement dans 3 pays des 36 pays de l'OCDE. Ces 3 pays, c'est le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la France depuis la création du statut de l'auto-entrepreneur. Mais l'augmentation est très faible en France. Alors par contre,

47:00
Locuteur

ce

47:00
Présentateur

qui change,

47:01
Locuteur

c

47:01
Présentateur

'est la nature des emplois indépendants. A l'intérieur

47:03
Locuteur

des

47:05
Présentateur

emplois indépendants, il y

47:06
Locuteur

a

47:06
Présentateur

un changement de nature. Et ce qui émerge, c'est des emplois indépendants comme ceux qu'on vient de voir dans ce reportage,

47:12
Locuteur

qui

47:12
Présentateur

connaissent

47:13
Locuteur

des

47:14
Présentateur

conditions de subordination mais ahurissantes, supérieures à celles de très nombreux salariés. Pour prendre l'exemple des livraisons avec l'interface des plateformes ou du transport urbain d'ailleurs, comme avec l'interface des compagnies comme Uber, l'interface qui n

47:31
Locuteur

'est

47:31
Présentateur

pas l'employeur. Les plateformes met en contact le donneur d'ordre et le prestataire. C'est tout. Donc il n'est pas employeur. Mais il décide des conditions de travail,

47:43
Locuteur

il

47:43
Présentateur

décide

47:44
Locuteur

de

47:45
Présentateur

la rémunération, il décide éventuellement de contrôler

47:50
Locuteur

le

47:50
Présentateur

travailleur et il décide éventuellement de le sanctionner. Et d'ailleurs,

47:54
Locuteur

c

47:54
Présentateur

'est sur ces deux éléments contrôler et sanction qu'il arrive que le juge requalifie en salarié cet emploi. Mais vous voyez, on est dans une situation très particulière, une zone grise en quelque sorte,

48:06
Locuteur

dans

48:06
Présentateur

laquelle tous les pays essayent de réfléchir, d'intervenir, sachant que les juges ici et là, en France comme dans d'autres pays, requalifient parfois en salarié les travailleurs concernés. En France, il y

48:17
Locuteur

a

48:17
Présentateur

une petite déjà évolution qui a été ouverte par la loi El Khomri avec la liberté d'association en quelque sorte vis-à-vis de la plateforme de ces travailleurs qui a été ouverte. Et puis, la loi El Khomri qui n

48:29
Locuteur

'est

48:29
Présentateur

pas encore votée mais qui est encore en discussion au Parlement essaie d'aller plus loin, ça a été dit dans votre reportage, avec l'idée de susciter, d'inciter les plateformes à élaborer des

48:40
Locuteur

chartes

48:42
Présentateur

offrant, garantissant des droits sociaux. Comment un salarié par exemple déconnecté,

48:46
Locuteur

un

48:46
Présentateur

travailleur des plateformes déconnecté,

48:50
Locuteur

peut avoir la possibilité

48:52
Présentateur

de contester sa

48:55
Locuteur

collection. Pardonnez-moi, quelle est l'autorité des chartes par rapport à un code

48:59
Présentateur

du travail ? L'utilité de la charte, c'est que c'est un engagement de l'employeur. Néanmoins,

49:05
Locuteur

c

49:05
Présentateur

'est unilatéral. C'est un premier pas. C'est des mini

49:08
Locuteur

-jobs. Très timide. C'est la question

49:09
Présentateur

que je suis en train

49:10
Locuteur

de me poser.

49:10
Présentateur

C'est des mini-jobs mais la création des emplois à la baisse du chômage, ça n'est pas ça. Ça, c'est des choses qui émergent, évidemment, auxquelles il faut être attentif. Mais la masse

49:20
Locuteur

des

49:21
Présentateur

créations d'emplois, ça n'est pas ça.

49:22
Locuteur

Il

49:22
Présentateur

faut bien voir que la proportion de salariés en CDI augmente dans l'emploi en France.

49:28
Locuteur

Vous

49:29
Présentateur

voyez ? C'est quelque chose d'énorme et on peut penser que c'est l'expression d'un effet des ordonnances Macron qui sécurisent un petit peu les employeurs. la proportion de CDD diminue

49:40
Locuteur

et

49:41
Présentateur

la proportion dans l'emploi total de ces emplois-là a tendance également à diminuer. Vous voyez, c'est quelque chose de nouveau et d'important. Vas

49:48
Locuteur

-y, Jérôme. On va

49:48
Présentateur

donner un ordre de grandeur d'après les estimations qui circulent. Des livres où sur l'ensemble de la France, c'est 7 000

49:53
Locuteur

personnes

49:54
Présentateur

qui sont référencées sur la plateforme et il

49:57
Locuteur

y a

49:57
Présentateur

un concurrent, Fedora,

49:58
Locuteur

qui

49:58
Présentateur

est à l'entour de 2 000. Donc ça fait à peu près 10 000 jobs

50:02
Locuteur

sur

50:02
Présentateur

ces métiers de livreurs. Et 200 000 pour l'ensemble de ce qu'on considère

50:08
Locuteur

être les travailleurs de

50:09
Présentateur

plateforme. Ce sont beaucoup. C'est

50:11
Locuteur

un

50:11
Présentateur

chiffre qui est l'observatoire du travail indépendant qui donne ce

50:14
Locuteur

chiffre.

50:14
Présentateur

Pour aller ajouter à ce qui vient d'être dit, conditions supplémentaires ou liens supplémentaires de ces travailleurs indépendants avec leurs plateformes, ils ont souvent un seul, entre guillemets, employeur. C'est-à-dire qu'ils ne travaillent qu'avec une plateforme. Donc ça fait une cause supplémentaire. Et souvent, pour des salaires, des rémunérations qui sont très faibles parce que, comme ce qu'on a vu dans votre reportage, c'était le chiffre d'affaires. Les

50:38
Locuteur

6,72 euros. Les

50:39
Présentateur

6,72 euros, c'est parce qu'ils tombent dans la poche du coureur à vélo ou en scooter. Ensuite, il

50:45
Locuteur

y a

50:45
Présentateur

la commission de la plateforme. Il y a, comme un travailleur indépendant, un certain nombre de cotisations qui sont prélevées.

50:51
Locuteur

Et

50:51
Présentateur

donc, ça fait beaucoup moins. Et là, ce mouvement de grève qui s'est mis en branle dans ce secteur a fait suite à une baisse de la rémunération minimale qui était garantie jusqu'à présent. Et donc, maintenant, on peut avoir des courses

51:05
Locuteur

pour

51:05
Présentateur

même pas 2 ou 3 euros qui vont être demandées. Alors, ça pose quand même un certain nombre de questions, y compris sur le plan moral, parce qu'on revient un peu au 19e siècle. On parle d'emploi de service. Si on était plus dur, on pourrait peut-être même dire que c'est une certaine forme de domesticité. C'est-à-dire que vous traversez Paris pour 3 euros, vous

51:23
Locuteur

livrez...

51:24
Présentateur

J'ai le cas de... Vous louez vos bras ou vos

51:27
Locuteur

jambes ou vos mollets pour la journée. Il y a d'autres métiers

51:29
Présentateur

qui font ça.

51:29
Locuteur

Pour

51:29
Présentateur

la course. Et vous allez parfois sur des courses qui sont assez dérisoires. On va amener les croissants le matin à quelqu'un. Et donc, il faut s'interroger à la fois sur le plan social, mais aussi sur le plan éthique et moral en disant est

51:41
Locuteur

-ce

51:41
Présentateur

que c'est une société comme ça que nous voulons ? C'est un mouvement général, d'ailleurs, de tous ces salariés de plateforme, des salariés des entreprises de la nouvelle économie.

51:49
Locuteur

Dans

51:49
François Hollande

la plupart des pays, tous ces salariés de la nouvelle économie sont en train de protester, de réclamer des meilleures conditions de travail, de réclamer des contrats plus précis, qu'on leur enlève l'exclusivité parce que parfois on leur demande en plus une exclusivité. C'est ce qu'on appelle en fait la «

52:01
Locuteur

geek

52:01
François Hollande

economy ». Chez les anglo-saxons, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, on appelle ça la « geek economy ». « Geek », ça vient des gens qui donnent des concerts dans un bistro et puis trois jours après, ils auront donné des concerts dans un café-concert ailleurs, etc. Ce serait presque des intermittents chez nous. Et donc, cette « geek economy », c'est un phénomène, on en parle beaucoup aux Etats-Unis, même dès l'élection présidentielle de Trump, on disait que c'était la paupérisation et la précarisation des emplois, notamment liés

52:28
Locuteur

à «

52:28
François Hollande

geek economy » qui avait fait voter Trump. Je crois que ça allait un peu loin parce que ça ne représente pas tant de monde que ça, y compris aux Etats-Unis. Mais c'est vraiment un phénomène et effectivement, vous avez raison, ça demande qu'on écrive un nouveau contrat social. Aujourd'hui, c'est une zone de non-droit et je crois qu

52:43
Locuteur

'on

52:43
François Hollande

ne

52:43
Locuteur

peut

52:43
François Hollande

pas laisser des gens vivre dans ces conditions-là et en même temps, les plateformes se sont faufilées dans les trous du droit du travail.

52:50
Locuteur

On

52:50
Présentateur

passe à vos questions ou on revient en l'occurrence à vos questions.

52:56
Locuteur

Je

52:56
Présentateur

suis coursier à vélo, payé une misère, dois-je considérer que j'ai un vrai travail

53:00
Locuteur

?

53:02
Présentateur

Oui, à partir du moment où vous avez un travail. Après, est-ce qu'il est considéré ou pas considéré ? C'est une autre question.

53:10
Locuteur

Est

53:10
Présentateur

-ce qu'il m'amène à quelque chose ?

53:11
Locuteur

Est-ce que je peux grandir dans ce poste ? Justement, je voudrais

53:13
Présentateur

ajouter quelque chose.

53:13
Locuteur

C

53:13
Présentateur

'est que généralement, ces travaux qui relèvent effectivement des plateformes étaient beaucoup occupés par des étudiants, par le passé. et ils ont changé, la population a changé. C'est davantage maintenant des gens qui, justement, essayent de sortir du chômage, beaucoup de personnes issues de l'immigration, y compris de la nouvelle immigration, c'est-à

53:35
Locuteur

-dire

53:35
Présentateur

des migrations issues des printemps arabes et des révolutions au-delà de la Méditerranée. Donc, la population a changé. Mais moi, je voudrais ajouter autre chose par rapport à l'emploi, c'est qu'il y a aussi une donnée qui a complètement changé en France. C'est que les jeunes

53:50
Locuteur

ont

53:51
Présentateur

le goût de l'entrepreneuriat. Ils sont prêts à prendre des risques et tous les sondages montrent

53:55
Locuteur

qu

53:56
Présentateur

'aujourd'hui, un des ressorts, je dirais, de la jeunesse qui veut entrer sur le marché du travail, c'est justement de créer sa propre entreprise. Et c'est favorisé, tout cela, évidemment, par la numérisation de notre économie, par la numérisation des métiers pour lesquels ils s

54:16
Locuteur

'y

54:16
Présentateur

entendent un peu mieux que les plus anciens. Et ça, c'est très important. Ça veut dire que les mentalités bougent. Et donc, le salariat n'est plus considéré comme, je dirais, à temps indéterminé, comme ce qu'il faut, l'apanage de la

54:35
Locuteur

sécurité.

54:35
Présentateur

Ou

54:35
Locuteur

l

54:35
Présentateur

'unique possibilité

54:36
Locuteur

pour entrer sur le

54:37
Présentateur

marché du

54:37
Locuteur

travail.

54:37
Présentateur

Exactement.

54:38
Locuteur

Pour

54:38
Présentateur

être embauché, je vous soumets le témoignage de cette téléspectatrice parce qu'il est quand même très intéressant. Pour être embauché, j'ai dû me déclarer auto-entrepreneuse. Ainsi, mon employeur ne paye pas de charges. Est-ce normal ? C'est l'illégalité.

54:51
Locuteur

Non,

54:52
François Hollande

c'est l'illégalité totale. C'est courant. C'était ça. À partir du

54:55
Locuteur

moment,

54:55
François Hollande

il n

54:56
Locuteur

'y a

54:56
François Hollande

pas de statut de salarié pour ces plateformes ou vous êtes auto-entrepreneur ou vous ne pouvez pas travailler pour eux. Ce

55:00
Locuteur

n'est pas

55:00
François Hollande

uniquement les plateformes.

55:01
Locuteur

C

55:01
François Hollande

'est-à-dire qu

55:02
Présentateur

'aujourd'hui, vous voyez des entreprises traditionnelles qui, au lieu d'embaucher, peuvent dire qu

55:05
Locuteur

'on

55:05
Présentateur

va faire externaliser le travail auprès de gens qui sont auto-entrepreneurs, qu'on a pu un moment côtoyer en freelance,

55:12
Locuteur

etc. J'ai besoin

55:13
Présentateur

de tes compétences. Installe-toi comme auto

55:14
Locuteur

-entrepreneur

55:15
Présentateur

ou entrepreneuse.

55:16
Locuteur

Et on a une relation qui est beaucoup

55:18
Présentateur

plus simple puisque c'est une relation d'entreprise à entreprise et plus de dirigeant à salarié. Il y

55:23
Locuteur

a

55:23
Présentateur

un million d'entrepreneurs en France aujourd'hui. Et beaucoup d'entre eux sont dans une forme de relation salariale. Ou de salarié déguisé. Exactement. Uberisation est-elle égale à précarisation à vie ? Je voudrais quand même intervenir parce que la tonalité évidemment qu'on a tous dans cet échange est une tonalité un peu négative par rapport aux plateformes. Alors, il faut bien voir que l'émergence des plateformes, prenons l'exemple du transport urbain et par exemple Uber, l'agence des plateformes

55:49
Locuteur

a

55:50
Présentateur

quand même apporté beaucoup de choses. Des emplois à des gens qui étaient très éloignés de l'emploi, souvent qui venaient du 9.3 ou du 9.5 comme on dit. Et puis, le contournement du monopole des taxis, c'est-à-dire la fin d'un certain rationnement qui pénalisait beaucoup de gens, dont d'ailleurs le tourisme en France. Parce que comprendre un plan de métro, ce n

56:12
Locuteur

'est

56:12
Présentateur

pas facile pour un Japonais, c'est plus facile de

56:14
Locuteur

faire appel à Uber. Alors,

56:17
Présentateur

vous voyez, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain comme on dit. Maintenant, il y a des formes de travail et d'emploi qui ne sont pas acceptables parce qu'il y

56:25
Locuteur

a

56:25
Présentateur

une inéquité absolument considérable entre ces travailleurs qui vont être soumis à des conditions de subordination extrêmes par rapport aux salariés. Vous voyez, il n

56:35
Locuteur

'y a

56:35
Présentateur

pas les mêmes droits sociaux en termes de protection sociale, il n'y a pas de durée du travail maximale, il n

56:40
Locuteur

'y a

56:40
Présentateur

pas de rémunération minimale, il y

56:43
Locuteur

a

56:43
Présentateur

parfois un risque financier parce que le conducteur Uber il fournit son véhicule, souvent il le finance. Donc, vous voyez, il y a un déséquilibre énorme, il n'y

56:52
Locuteur

a

56:52
Présentateur

pas la possibilité de contester en cas de séparation, de déconnexion, en quelque sorte, alors qu'un salarié peut aller en prud'homme pour dire non, il n

57:00
Locuteur

'y a

57:00
Présentateur

pas de cause réelle et sérieuse à mon licenciement. Vous voyez, donc, il y a un déséquilibre qui fait qu'il faut intervenir. Mais le mode d'intervention ne doit pas amener à casser non plus la mécanique. Et c'est ça qu'il faut essayer de créer. Donc, ce n

57:12
Locuteur

'est

57:12
Présentateur

pas forcément précarisation à vie pour répondre à

57:15
Locuteur

la question qu'on j'ai fait. Il faut

57:16
Présentateur

avancer, vous voyez, la loi L'homme est un tout petit pas, le projet de loi L'homme, mais il faut avancer. Tous les pays essayent d'y réfléchir.

57:22
Locuteur

C

57:22
Présentateur

'est pour ça qu'avec Jacques Barthélémy, on propose un cadre de réflexion consistant à dire qu

57:27
Locuteur

'il

57:27
Présentateur

faut créer un droit de l'activité professionnelle qui ne soit plus un droit du travail comme le droit actuel limité à la protection des seuls salariés. La révolution numérique peut-elle faire repartir le chômage à la hausse

57:39
Locuteur

?

57:40
Présentateur

Non, mais alors, c'est la question...

57:41
Locuteur

Est-ce que ça casse des emplois ou est-ce qu'en s'en serait

57:43
Présentateur

plus que ça n'en casse ? Écoutez, aujourd'hui, on n'est plus dans la société du numérique. Maintenant, on est dans la société de l'intelligence artificielle et de savoir si l'homme et les bras de l'homme et l'intelligence de l'homme peut être remplacée par des robots. Bon, si vous écoutez les experts, il est sûr qu'il y aura de la casse. Mais cette casse peut être compensée par de la création aussi. En fait, pour dire la vérité, personne n'en sait rien. Simplement, on vit une

58:09
Locuteur

révolution

58:09
Présentateur

industrielle qui va avoir des conséquences.

58:12
François Hollande

J'allais dire qu'à court terme, c'est quand même les pays les plus robotisés comme l'Allemagne, comme les États-Unis, qui ont le moins de chômage. Pourquoi ?

58:20
Locuteur

Parce

58:20
François Hollande

qu'en France, au moment où on investit et où on robotise, eh bien, on devient compétitif et quand on devient compétitif, eh bien, on va au contraire pouvoir embaucher des gens pour faire travailler ces machines en quelque sorte. Donc, à court terme, les pays robotisés ne sont pas forcément sur le lien du chômage.

58:33
Présentateur

À suivre. À suivre. Pourquoi Macron et Philippe ne fanfaronnent-ils pas d'où vient cet excès de modestie

58:40
Locuteur

? Je

58:40
Présentateur

pense qu'il y a le... Déjà, comme on disait, 8...

58:43
Locuteur

Il y a

58:44
Présentateur

8,5. Voilà, 8,5,

58:46
Locuteur

c'est même

58:46
Présentateur

encore élevé. Et il y a des territoires où c'est bien plus que cela. On a encore la crise des Gilets jaunes qui n'est pas éteinte. Le président de la République a dit récemment que les braises couvaient encore. Et ils savent aussi, ce qu'on a dit tout à l'heure, que si tant est qu'on ait une amélioration durable et supplémentaire sur le front du chômage, on aura d'autres revendications qui vont monter sur ces emplois-là, par exemple, sur le pouvoir d'achat, sur la répartition de la valeur. Donc, tout ça incite quand même à faire de la prudence

59:17
Locuteur

et de la modestie.

59:17
Présentateur

Il y a une autre donnée qui est une donnée internationale. Maintenant, on est complètement interdépendants, tous les pays. L'Allemagne est en train, effectivement, de marquer le pas. La Grande-Bretagne, elle marque le pas et avec un Brexit dont on ne sait pas trop ce qu

59:31
Locuteur

'il

59:31
Présentateur

va donner. Vous avez une crise commerciale, financière entre la Chine et les États-Unis qui a des conséquences énormes, notamment en Allemagne. si l'Allemagne ne marque le pas, c'est en grande partie à cause de ça parce que le marché allemand dépend de ses exportations et l'Allemagne en souffre énormément. Donc, vous avez un contexte international qui est un peu plus mouvant et qui fait que, et comme on dépend beaucoup quand même des autres, l'Europe, son avenir n'est pas écrit. Tout ça incite

1:00:04
Locuteur

à la modestie.

1:00:05
Présentateur

Tout

1:00:05
Locuteur

ça

1:00:05
Présentateur

incite à la modestie et

1:00:06
Locuteur

à

1:00:06
Présentateur

la prudence. Les 3% de l'Allemagne ne sont-ils pas dus aux petits jobs

1:00:11
Locuteur

? On

1:00:12
François Hollande

peut dire ça. Ça

1:00:13
Locuteur

a été la grande

1:00:13
Présentateur

polémique politique en Allemagne.

1:00:15
François Hollande

Oui, non, mais c'est vrai. En même temps, l'Allemagne a créé un SMIC il y a deux ans, je crois, ou il y a trois ans. L'Allemagne a progressé en ce sens, mais c'est vrai qu'il

1:00:23
Locuteur

y

1:00:23
François Hollande

a beaucoup de petits jobs qui sont des jobs à temps partiel. Ce n

1:00:25
Locuteur

'est

1:00:25
François Hollande

pas parce qu

1:00:25
Locuteur

'ils

1:00:25
François Hollande

sont moins payés, c

1:00:26
Locuteur

'est

1:00:26
François Hollande

simplement qu'ils sont des jobs à temps partiel et ce ne

1:00:27
Locuteur

sont

1:00:27
François Hollande

pas forcément des temps partiels choisis. Ça peut être des

1:00:29
Locuteur

temps partiels subis. Nous avons aussi

1:00:30
Présentateur

beaucoup de temps partiels subis, non ? Absolument. Une autre différence qui peut expliquer aussi les écarts, c'est que l'Allemagne a su conserver une base industrielle importante, ce qui n

1:00:39
Locuteur

'est

1:00:39
Présentateur

pas le cas chez nous, et les gains de productivité qui permettent les emplois de demain, c'est l'industrie qui les fournit. Donc c'est peut-être aussi de ce côté-là qu'il faut regarder. Tous les artisans se plaignent de ne pas trouver de jeunes qualifiés, nous dit Henri, qui nous regarde dans l'un. N'est-ce pas là le vrai frein à l'emploi ? C

1:00:53
Locuteur

'est un

1:00:53
Présentateur

des freins, la correspondance de l'offre et la demande, avec effectivement, notamment dans certains secteurs qui sont ceux de la restauration, où ils peinent beaucoup, beaucoup. Alors là, c'est aussi dû à des horaires de travail, ils peinent vraiment à embaucher. Il y a ces secteurs-là qui sont connus, mais il y a aussi, par exemple, tout ce qui est le codage informatique. Aujourd'hui, il y

1:01:17
Locuteur

a

1:01:17
Présentateur

une pénurie de gens qui sont formés en informatique, alors que toutes les entreprises en ont besoin. Et je pense que c'est ça aussi que le gouvernement est en

1:01:24
Locuteur

tête

1:01:24
Présentateur

sur ces fameuses réformes systémiques en disant qu'on a levé un certain nombre de freins sur le marché du travail pour faciliter l'embauche et faire baisser la peur pour l'entrepreneur. Mais il faut aussi maintenant que les gens qui sont éloignés de l'emploi puissent s'être formés plus facilement et plus rapidement sur les secteurs qui sont en tension. Est-il glorieux d'envisager 7% de chômeurs en fin de quinquennat alors que le taux de chômage dans l'UE est à peine à plus de 6%, demande Jacques de Loire-Atlantique

1:01:48
Locuteur

?

1:01:49
Présentateur

Déjà le taux de chômage était à 10,5% en 2015. Donc se rapprocher de 7% c'est déjà bien. Mais évidemment 7% il faut souhaiter que ce soit une étape et qu'on aille encore plus loin. Mais on est encore loin de cette

1:02:06
Locuteur

étape. On n'est pas au

1:02:06
Présentateur

7%. Voilà, on n'est pas au 7%. Il faut espérer qu'on continue à bénéficier de

1:02:10
Locuteur

baisses. Ça vous semble

1:02:11
Présentateur

crédible 7% en 2022

1:02:12
Locuteur

?

1:02:13
Présentateur

Écoutez, 2022 les élections présidentielles c'est dans 10 trimestres. même si on faisait 0,2 points de moins par trimestre ça nous ferait 2 points de moins on pourrait y être. C'est combien de personnes 2 points de

1:02:27
Locuteur

moins

1:02:27
Présentateur

? Mais vous voyez ça ferait 600, 700 000 chômeurs de moins. C'est énorme. Mais néanmoins

1:02:34
Locuteur

on

1:02:34
Présentateur

n'en est pas là c'est un trimestre exceptionnel le trimestre précédent avait pu baisser le taux de chômage de 0 à 1 point seulement. Donc il faut savourer le succès de la chose. Vous avez le droit d'être moins prudent qu'Emmanuel Macron et

1:02:47
Locuteur

le

1:02:48
Présentateur

Premier ministre. Quid des syndicats au sein de ces entreprises ubérisées demande Clément du Val-d'Oise peut-on se syndiquer avec des emplois aussi précaires ?

1:02:55
François Hollande

Il y a un syndicat qui a été créé qui s'appelle CLAP je crois chez Deliveroo notamment.

1:03:02
Locuteur

Ils ne sont

1:03:02
Présentateur

pas salariés ? Et

1:03:04
François Hollande

oui ils ne

1:03:04
Locuteur

sont pas salariés

1:03:04
François Hollande

donc vous avez raison ils ne

1:03:06
Locuteur

peuvent

1:03:06
François Hollande

pas aller dans les syndicats classiques. Mais ça y est ils commencent à se regrouper et ça c'est valable dans tous les pays.

1:03:10
Présentateur

C'est comme les syndicats agricoles qui sont dans le bras de fer avec l'électricité par exemple. Ce sont des indépendants qui ont un donneur d'ordre ou quelqu'un qui veut leur acheter mais ce ne

1:03:18
Locuteur

sont

1:03:18
Présentateur

pas des salariés donc ça crée beaucoup de différences et beaucoup de difficultés dans le rapport de force. Au fait où en sont les plans de General Electric de Ford Blancfort de Whirlpool etc. Je vais vous dire une chose c'est que c'est une façon de dire que les

1:03:34
Locuteur

plans

1:03:34
Présentateur

sociaux eux continuent. Les plans sociaux continuent évidemment mais ce qu'il faut dire aussi c'est que c'est beaucoup le tissu des PME des artisans qui font l'emploi en France. Il faut le dire ça. Et donc ces plans malheureusement quand on parle de plans qui commencent à devenir à la une de l'actualité et où l'Etat s'en mêle ça veut dire que la cause malheureusement malheureusement pour les salariés est perdue. Dernière question en forme de boutade sans doute de Jean-Pierre dans le Loir-et-Cher quand ils auront radié tout le monde il n'y aura plus de chômeurs. C'est ce qu'on disait tout à l'heure c'est qu'il

1:04:04
Locuteur

y a

1:04:04
Présentateur

un scepticisme qui est toujours très fort sur les causes réelles de cette baisse

1:04:10
François Hollande

et

1:04:10
Locuteur

pourtant

1:04:10
François Hollande

elle n'est pas artificielle c'est-à-dire les emplois aidés ont été supprimés par exemple. Les 200 000 emplois aidés en un an Macron a supprimé les emplois aidés qui étaient un traitement social du chômage qui était un peu un artifice. Aujourd'hui ce n

1:04:20
Locuteur

'est

1:04:20
François Hollande

pas vrai.

1:04:20
Locuteur

Ce

1:04:20
François Hollande

sont des vrais chiffres.

1:04:23
Locuteur

La baisse chômage des vraies baisses. Ce n'est pas une baisse de chômeurs

1:04:25
Présentateur

sans création d'emplois c'est une augmentation de l'emploi qui permet la baisse du chômage. Il faut quand même le répéter c'est des créations d'emplois qui permettent la baisse du chômage dont on bénéficie. Merci beaucoup à tous les quatre de cet éclairage. Ce C'est dans l'air sera rediffusé à 22h35 ce soir.

1:04:39
Locuteur

Vous

1:04:39
Présentateur

pouvez évidemment comme toujours le regarder en podcast. On se retrouve demain pour une nouvelle émission.

1:04:44
Locuteur

Belle

1:04:44
Présentateur

soirée sur France 5.