Chômage : merci Macron ? #cdanslair 14.08.2019
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- 0:30OuverteRéponse directe
Comment expliquer ces bons chiffres ?
- 0:32OuverteRéponse partielle
Faut-il y voir l'effet des réformes menées ou simplement le fait que la croissance et ses vents porteurs améliorent la situation ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Est-ce que les chiffres dont on parle aujourd'hui, c'est une tendance lourde ou est-ce que c'est une embellie qui vous semble passagère ?
- 3:41RelanceRéponse partielle
Ça veut dire qu'on est clairement sortis de la crise qui s'était ouverte en 2008 ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Mais on peut rêver d'une baisse jusqu'où ?
- 6:37RelanceRéponse directe
Vous me dites que c'est à commencer sur François Hollande. Vous me dites que les réformes structurelles menées et par François Hollande et par Emmanuel Macron ont un impact.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53Invité politiqueFait
« clairement une tendance lourde puisque ça a commencé en 2015, cette baisse du chômage, grâce à mon avis à ce qu'avait décidé François Hollande en 2014, c'est-à-dire le CICE et le pacte de compétitivité. »
- 3:27Invité politiqueFait
« les bénéfices, les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain. »
- 12:22Invité politiqueFait
« Une plus grande place accordée aux accords d'entreprise, l'instauration de la rupture conventionnelle collective, ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. »
- 13:38Invité politiqueFait
« le gouvernement mise aujourd'hui sur la réforme de l'assurance chômage, dont les décrets d'application ont été publiés le mois dernier. Pour percevoir cette allocation, il faudra désormais avoir travaillé pendant 6 mois, durant les 24 derniers mois. »
- 13:48Invité politiqueChiffre
« Les cadres verront également leurs indemnités baisser. S'ils perçoivent plus de 4 500 euros par mois, leurs allocations seront diminuées de 30% à partir du 7e mois. »
- 16:16Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, alors que pendant des années, on a dit que la France ne créait des emplois que si on avait 1,5% de croissance, aujourd'hui on crée des emplois avec 1, 1,1, 1,2% de croissance. »
- 16:47Invité politiqueFait
« Parce qu'en fait, c'est parce que les charges ont baissé ou c'est parce qu'on sait qu'on pourra licencier plus facilement qu'on prend des gens qui sont peut-être moins bien formés ou qui ne sont peut-être pas depuis longtemps sur le marché du travail. »
- 23:24Invité politiqueFait
« Cela dit, Emmanuel Macron faisait partie du gouvernement de François Hollande. Il a été ministre de l'Économie et au début, il était dans son cabinet. Donc, je pense qu'il avait poussé lui-même pour cette politique de l'offre, ce basculement vers une politique de l'offre. »
- 23:41Invité politiqueFait
« il y avait un effet psychologique énorme sur la question des prud'hommes. Quand vous rencontriez des petits chefs d'entreprise, ils vous disaient « Non, non, je ne vais pas embaucher parce qu'après, je connais quelqu'un qui s'est retrouvé à payer 4 ans aux prud'hommes à un salarié qui vraiment voulait rien faire. » »
- 31:34Invité politiqueFait
« Il y a nos collègues, nos voisines qui sont parties. On était 200, on est la moitié d'effectifs. »
- 34:56Invité politiqueFait
« Si, on fera des t-shirts mais qui mesurent le rythme cardiaque, par exemple. »
- 35:05Invité politiqueFait
« Vous mettez ça par exemple dans les crèches et ça filtre les ondes Wi-Fi par rapport aux petits-enfants. »
- 35:38Invité politiqueFait
« Et ça, ce n'est pas en Chine que vous le trouverez, ce n'est pas même en Italie où ils sont très bons pour les textiles, c'est vraiment en France. »
- 40:32Invité politiqueChiffre
« Il y a 300 ateliers en région parisienne d'ateliers qui fabriquent pour ces grandes marques. »
- 41:31Invité politiqueChiffre
« Ça a fait 1100 morts. »
- 44:52PrésentateurChiffre
« En France, 200 000 personnes travaillent ainsi. »
- 49:35PrésentateurFait
« C'est l'expression d'un effet des ordonnances Macron qui sécurisent un petit peu les employeurs. »
- 50:00PrésentateurChiffre
« Ça fait à peu près 10 000 jobs sur ces métiers de livreurs. »
- 52:30Invité politiqueFait
« Je crois que ça allait un peu loin parce que ça ne représente pas tant de monde que ça, y compris aux États-Unis. »
- 55:52PrésentateurFait
« Des emplois à des gens qui étaient très éloignés de l'emploi, souvent qui venaient du 9.3 ou du 9.5 comme on dit. »
- 58:13Invité politiqueFait
« C'est quand même les pays les plus robotisés comme l'Allemagne, comme les États-Unis, qui ont le moins de chômage. »
- 1:00:13Invité politiqueFait
« On peut dire ça. Ça a été la grande polémique politique en Allemagne. »
- 1:00:16Invité politiqueChiffre
« L'Allemagne a créé un SMIC il y a deux ans, je crois, ou il y a trois ans. »
- 1:01:50PrésentateurChiffre
« Le taux de chômage était à 10,5% en 2015. »
- 1:02:29PrésentateurChiffre
« Ça ferait 600, 700 000 chômeurs de moins. »
- 1:04:13Invité politiqueChiffre
« Les 200 000 emplois aidés en un an Macron a supprimé. »
- 1:04:15Invité politiqueFait
« Macron a supprimé les emplois aidés qui étaient un traitement social du chômage. »
- 1:04:23Fait
« La baisse chômage des vraies baisses. »
- 1:04:25PrésentateurFait
« C'est une augmentation de l'emploi qui permet la baisse du chômage. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- François Hollande14 %
- ?6 %
- Locuteur 83 %
- Locuteur 62 %
- Locuteur 72 %
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Bonsoir
à toutes et à tous, c'est une des bonnes nouvelles de l'été, il y en a, l'INSEE annonce ce matin une nouvelle baisse de 0,2 points au deuxième trimestre du chômage qui continue donc sa décrue. Nous sommes revenus à des chiffres qu'on avait plus connus depuis 10 ans et depuis la crise de 2008, ça n'est pas évidemment le plein emploi, on en est loin, mais certains au gouvernement commencent à en rêver. Comment expliquer ces bons chiffres
?
Faut-il y voir l'effet des réformes menées ou simplement le fait que la croissance et ses vents porteurs améliorent la situation ? Cette embellie profite-t-elle à tous ? Peut-elle durer ? Et puis quel en est le prix finalement à payer ? On parle parfois de mini-job à la française. Est-ce que c'est vrai ? Chômage ? Merci Macron. Il
y a
évidemment un point d'interrogation, vous l'aurez noté, c'est le titre de l'émission de ce soir et on attend vos questions, vos réactions par SMS, mais également sur Internet et sur les réseaux sociaux pour alimenter nos discussions. On va en parler avec Christine Cardellan. Vous êtes directrice de la rédaction de l'Usine Nouvelle qui fait sa une sur l'industrie du luxe qui va bien. Votre dernier livre, Le Suicide du Capitalisme, est publié chez Robert Laffont. Gilles Berset, vous êtes professeur d'économie à l'Université d'Aix-Marseille, spécialiste de ces questions d'emploi notamment. Je signale votre livre, Travailler au XXIe siècle, l'ubérisation de l'économie, publié chez Odile Jacob.
Et écrit avec Jacques Barthélémy. Yves Tréhard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. On retrouve également votre blog Controverse sur lefigaro.fr où vous êtes éditorialiste. Et puis le politologue Jérôme Fourquet, directeur de l'Institut de sondage IFOP, auteur de l'archipel français au seuil. D'abord, est-ce que les chiffres dont on parle aujourd'hui, c'est une tendance lourde ou est-ce que c'est une embellie qui vous semble passagère
? C
'est
clairement une tendance lourde puisque ça a commencé en 2015, cette baisse du chômage, grâce à mon avis à ce qu'avait décidé François Hollande en 2014, c'est-à-dire le CICE et le pacte de compétitivité. Avec le CICE, il a entamé une baisse des charges des entreprises,
ce
qui a permis, accéléré avec tout ce qui s'est passé depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, et la baisse des charges définitives, accéléré pour arriver en fait à une reconstitution des marges des entreprises. Ce qui allait mal en France, c'est que les entreprises avaient des marges de l'ordre de 29%,
alors
qu'en Allemagne on était à 39 ou 40%. Et donc,
n
'ayant pas des bénéfices suffisants, elles n'investissaient pas,
n
'investissant pas, elles ne créaient pas d'emplois. Depuis 2015, enfin depuis 2016 ou 2017, on est revenu à 33% de marge, et les entreprises se sont remises à investir. Dans les PME et les ETI, vous savez ces entreprises moyennes qui sont très très importantes pour les emplois en France, la baisse de l'ISF a aussi joué un rôle, parce que, enfin la suppression de l
'ISF.
La
suppression
de la pousse à la fortune.
Voilà, parce qu'elles étaient obligées d'utiliser une partie de leurs marges,
de
leurs bénéfices, pour distribuer des dividendes aux actionnaires familiaux,
qui
devaient payer, parce qu
'ils
payaient l'ISF, sur ces actions qui ne leur servaient à rien, mais qui contribuaient une partie de leur patrimoine, constituaient une partie de leur patrimoine. Et donc, avec la suppression de l'ISF, elles ont pu garder leurs bénéfices, leurs dividendes, enfin pas des
dividendes, elles ne les ont pas distribuées,
et
investir à la place. Et donc, ces investissements, on le disait toujours, mais à l'époque, ça ne fonctionnait pas, les bénéfices, les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain. Moi, je crois qu'on est véritablement, depuis 2015, dans ce paradigme-là.
Ça veut dire qu'on est clairement sortis de la crise qui s'était ouverte en 2008 ? D'abord, je ne mettrais pas en relation le fort taux de chômage en France avec la crise. Quand on regarde autour de nous, le monde développé est au plein emploi.
La
France fait partie des exceptions. Parmi les 36 pays de l'OCDE, il n
'y a
que 4 pays qui ont un taux de chômage supérieur à la France. On est, hélas, en 31e position
des
pays qui sont autour de nous. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Allemagne, sont au plein emploi. La majorité, la très grande majorité du monde développé est au plein emploi. Et ce monde développé a connu la crise également. Donc, le fort taux de chômage que nous avons en France ne peut pas être attribué à la crise qui a été générale. Ce fort taux de chômage étant très spécifique à certains pays. Donc, il y
a
des caractéristiques françaises, italiennes, espagnoles, qui expliquent le fort taux de chômage dans ces pays-là. Et parmi ces caractéristiques, bien évidemment, il y a ce qu'on appelle les institutions, c'est-à
-dire
le mode de fonctionnement du marché du travail, du marché des biens, le mode d'intervention de l'État, qui sont des facteurs qui ne sont pas favorables à la croissance et aux créations d'emplois. D'où la pertinence de l'engagement de réformes structurelles pour justement modifier ces institutions et faire que l'économie française soit plus forte en termes de croissance et plus créatrice d'emplois. Mais on peut rêver d'une baisse jusqu'où
? Ah,
on peut rêver d'une baisse jusqu
'où ? Les Allemands sont à
3% aujourd'hui de chômage. Est-ce qu'on peut imaginer qu'on soit finalement à 3% un jour ? Le produit intérieur brut allemand qui a été publié pour le deuxième trimestre récemment et donne à penser que l'Allemagne n'est pas sur une trajectoire très porteuse en ce moment. Vous voyez, la situation relative des pays peut se modifier de jour en avant.
Mais nous, vous
utilisez
ces cours dans la durée. De
plein emploi. Moi, je dirais plutôt la chose suivante. Ce qui est étonnant
dans
les évolutions du marché du travail en France,
c
'est que les créations d'emplois sont fortes.
La
baisse du chômage est quand même sensible. Et ce qui est bien, c'est qu'elle touche toutes les populations. Hommes, femmes, jeunes, seniors et adultes entre les deux.
Alors
même que la croissance
n
'est pas caracolante. Voyons, on a connu au deuxième trimestre, d'après l'INSEE, une croissance de 0,2%. Enregistrer une baisse du taux de chômage
de
0,2 point, alors que la croissance n
'a
été que de 0,2%, c'est remarquable. Mais derrière, ça veut dire que les gains de productivité
sont
très faibles. Et si les gains de productivité sont très faibles, on peut voir le verre du côté à moitié plein ou à moitié vide.
À
moitié vide, peu de gains de productivité, ça veut dire qu'il
y
a peu d'éléments qui peuvent nourrir des hausses de salaire dans les entreprises, puisque fondamentalement, c'est les gains de productivité qui peuvent nourrir, alimenter l'augmentation des salaires. Mais par contre,
ça
favorise la création d'emplois, ses faibles gains de productivité. Et pour un pays qui a un fort taux de chômage, je dirais que la priorité,
dans
les gains de pouvoir d'achat
du
ménage
moyen,
c'est plutôt
par
la création d'emplois. On n'est pas dans la situation des pays qui sont remplis d'emplois.
Vous
me dites que c'est à commencer sur François Hollande. Vous me dites que les réformes structurelles menées et par François Hollande et par Emmanuel Macron
ont
un impact. On va y revenir évidemment dans le détail. C'est la fête à Brégançon ce soir
? Je
ne
sais
pas si c'est la fête à Brégançon, parce que vous savez, c
'est
un mouvement de longue haleine. Et je pense que ça fait en fait 10 ans qu'il y a eu des réformes structurelles en France qui ont encouragé une relative reprise de l'emploi en France. La France est un pays très singulier. La France,
c
'est un pays, contrairement aux autres pays, les autres pays européens qui connaissent le plein emploi, vous êtes très vite au chômage, mais vous retrouvez assez rapidement de l'emploi. Ce n
'est
pas le cas en France. En France, on a un problème structurel qui est dû à notre environnement fiscal, à notre environnement normatif et à notre environnement politique. Il faut trois critères et trois leviers qui fonctionnent pour qu'il y
ait
de l'emploi. Un, la croissance. On l'a dit, elle n'est pas fameuse. Elle n
'est
pas tellement plus fameuse d'ailleurs dans les autres pays européens.
Deux, le
côté normatif précisément. Ce côté normatif est beaucoup plus contraignant en France que dans les autres pays européens. Et ce côté normatif contraignant fait que, pour retrouver de l'emploi, c'est plus compliqué parce qu'on débauche et on embauche beaucoup moins facilement. Et puis vous avez un troisième critère qui est très important, c'est le critère de la confiance. C'est tout à fait psychologique. Aujourd'hui, j'en fréquente comme vous tous, ça n'a aucune valeur scientifique, mais j'en fréquente des chefs d'entreprise, notamment de PME, de petites entreprises, qui sont davantage enclins à embaucher aujourd'hui parce qu'ils ont un peu plus confiance dans le contexte politique.
Même si, c'est ça qui est paradoxal, ceux qui se sentent hors du coup, hors de la mondialisation, on les a vus cet hiver manifester de façon très bruyante et violente. Donc, ce côté psychologique, depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé, est assez patent
dans
le milieu de l'entreprise. Et c'est ça qu'il a ajouté en plus, si vous voulez, aux réformes qui ont été menées... Qui
avaient été lancées par Sarkozy et
par François Hollande, qui a changé de braquet en 2014, souvenez-vous, au vœu. Et Macron a apporté, je dirais, une confiance qui est due aussi à la réforme du droit du travail, qui avait été entamée,
mais
vidée de pas mal de sa substance sous François Hollande. C'était la fameuse loi El Khomri. Et Macron, ça a été sa première loi, avec les ordonnances sur la réforme du code du travail. Il y a
une
mesure, notamment, paraît-il, qui a eu un effet important. C'est la barémisation des indemnités dues à ceux qui partent, si vous voulez,
en
désaccord avec leur employeur. Des accords qui, avant, allaient dans les tribunaux, ça traînait, il y avait... Au
prud'homme, on ne peut pas avoir aujourd'hui plus qu'un certain montant. Au prud
'homme, d'ailleurs, se sont
considérablement vidés
de dossiers qui encombraient la justice. Et aujourd'hui, ça a eu un effet. Donc, il y a trois éléments qui sont réunis, qu'il faut réunir. Il y en a un qui est un peu faible aujourd'hui, c'est quand même la croissance. Mais comme l
'a
dit Gilbert Sette, l'Allemagne n
'a
pas une croissance extraordinaire depuis quelques mois. La Grande-Bretagne, pour la première fois, marque un temps d'arrêt important, moins 0,2% au deuxième trimestre. Donc, ça veut dire qu'on est dans un contexte assez étonnant, on va peut-être en reparler, où on peut aussi faire de l'embauche,
à
un rythme pas très soutenu, avec une croissance assez faible. C'est une
nouvelle donne, ça.
On va voir les chiffres, si vous le voulez bien. 0,2% de baisse du chômage au deuxième trimestre. Tout ça vous semble peut-être très loin, très statistique. Mais ça veut dire donc un taux de chômage qui revient à son plus bas niveau depuis 2009. C'est un chiffre que la ministre du Travail, évidemment, ne s
'est
pas privée de commenter ce matin. Elle affirme que 300 000 emplois ont été créés depuis le début du quinquennat. Elle y voit la preuve que les réformes Macron portent leurs fruits. Explication avec Mélanie Nounès, Juliette Perrault et Dominique Lemarchand.
C
'était une promesse phare de campagne. Réduire le taux de chômage à 7
% d'ici la fin du quinquennat en 2022.
Et
les derniers chiffres publiés par l'INSEE sont encourageants. Moins 0,2 points au deuxième trimestre.
600
000 chômeurs en moins. Le taux de chômage est aujourd'hui à 8,5%. Son plus bas niveau depuis 2009.
Alors ce matin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s'en félicite.
Les
réformes du gouvernement portent leurs premiers fruits pour nos concitoyens. La bataille pour l'emploi continue.
Car
depuis le début du quinquennat, c'est elle qui est en première ligne. Chargée de mener au plus vite les réformes promises par le président. En juin 2017,
elle lance le chantier délicat de la refonte du Code du Travail.
Notre première conviction,
c
'est que le Code du Travail
doit
répondre
aux
principes fondamentaux dans un contexte où il faut à la fois, et ça paraît antinomique, ça ne l'est pas, plus de liberté et plus de sécurité. Liberté, ce n
'est
pas que pour les entreprises. Liberté, c'est pour les entreprises et les salariés. Plus de liberté et plus de flexibilité. L'objectif, encourager l'emploi
grâce à quelques mesures emblématiques. Une plus grande place accordée aux accords d'entreprise, l'instauration de la rupture conventionnelle collective, ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. Une
réforme que beaucoup assimilent à une casse du Code du Travail. Des milliers de manifestants se mobilisent dans toute la France, à l'appel des syndicats.
La
majorité des Français soutient les mobilisations. La majorité des Français
sont
contre ces ordonnances. Donc comme quoi, quand on dit, on a voté pour moi, et donc maintenant je fais ce que je veux, et on a adopté tout mon programme, c'est un peu plus compliqué que ça.
Parallèlement, le gouvernement annonce la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Une filière ouverte désormais jusqu'à 30 ans, un salaire revalorisé pour attirer plus de
candidats, comme cet apprenti plombier de 23 ans.
Ça
nous permet d'avoir une expérience qui est plus élevée que ceux qui empruntent un cursus classique, en fait.
Des apprentis qui pourront également bénéficier d'une aide financière de 500 euros pour passer leur permis.
Si le patron nous envoie quelque part faire un boulot et qu
'on
n'a pas le permis,
on
ne
va
pas y aller à pied avec les outils, etc. Donc c'est un peu essentiel.
Mais pour favoriser le retour à l'emploi, le gouvernement mise aujourd'hui sur la réforme de l'assurance chômage,
dont les décrets d'application ont été publiés le mois dernier. Pour percevoir cette allocation, il faudra désormais avoir travaillé pendant 6 mois, durant les 24 derniers mois. Les cadres verront
également leurs indemnités baisser. S'ils perçoivent plus de 4 500 euros par mois, leurs
allocations seront diminuées de 30% à partir du 7e mois.
Le
but pour le gouvernement, valoriser le travail.
Il
faut que le travail paye toujours mieux que le non-travail.
Autre option pour faciliter les embauches, la baisse des charges pour les entreprises. Alors
la méthode gouvernementale est-elle payante ? Pour cet économiste, ces bons chiffres ne sont pas uniquement le résultat de la politique d'Emmanuel Macron.
La
philosophie des réformes actuelles, effectivement, elle s'inscrit dans une série de réflexions et de réformes qui ont commencé à être mises en œuvre dès les années 2000, en fait, avec par exemple, même dès les années 90 en France, avec la baisse des charges patronales au niveau du SMIC pour essayer d'abaisser le coût du travail au niveau du SMIC et faire croître les emplois de services, par exemple. Ensuite, on a mis en œuvre en 2008 le RSA avec un complément de revenu qui est devenu la prime d'activité.
Malgré ces nombreuses réformes, la France reste l
'un des pays où le taux de chômage est le plus élevé en Europe. L'Allemagne et le Royaume-Uni affichent par exemple un taux à seulement 3%.
Question de Damien qui nous regarde depuis l'Essonne. Le chômage baisse-t-il dans tous les départements français ? Quid des dom-toms ? Quels sont les départements les mieux lotis
? Alors,
il y
a
une baisse, on l'a dit, qui est tendancielle depuis plusieurs années et donc qui va s'observer dans tous les territoires français, de métropole comme d'outre-mer. Néanmoins, cette baisse n'efface pas les écarts qui sont encore très importants en termes de niveau. Vous avez des départements, si on prend uniquement la métropole, des départements où on est déjà quasiment au plein emploi. Certains départements de l'Ouest, je pense notamment à un département comme la Vendée, où on a une base industrielle qui est encore très forte. Le plein emploi, c'est ? C'est en dessous de 5%, au niveau allemand à 3%. Donc on n'est pas encore à 3% en Vendée, on n'est pas très loin.
Et on a d'autres départements, dans Languedoc-Roussillon par exemple, ou dans l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais, où on est sur encore des taux qui sont supérieurs à 10%. Donc on a aussi des choses à regarder en termes de mode de développement local, en termes de tissu économique, puisqu'il
y
a des endroits où ça fonctionne manifestement mieux qu'ailleurs.
Oui,
je voudrais ajouter quelque chose à ce qu'on disait juste avant le reportage à propos de la croissance et ses conséquences sur l'emploi. Aujourd'hui, alors que pendant des années, on a dit que la France ne créait des emplois que si on avait 1,5% de croissance, aujourd'hui on crée des emplois avec 1, 1,1, 1,2% de croissance. Parce que la souplesse qu'on a introduite effectivement sur le marché du travail et les bases des charges fait qu'on recrute des gens
qu
'on n'aurait pas recrutés autrefois. Ça fait baisser la productivité, c'est
ce
que vous expliquez, parce qu'on prend des gens un petit peu moins productifs, mais ça permet en fait de faire entrer plus de gens sur
le marché du travail.
Parce qu'en fait, c'est parce que les charges ont baissé ou c'est parce qu'on sait qu'on pourra licencier plus facilement qu'on prend des gens qui sont peut-être moins bien formés ou qui ne
sont
peut-être pas depuis longtemps sur le marché du travail parce que s'il y a un chômage qui ne baisse pas, c'est le chômage de longue durée justement. Mais on prend des gens dont on est moins sûrs, si vous voulez. Et donc, aujourd'hui, avec 1,2% de croissance, effectivement, la France crée des emplois.
Ce qui est une vraie bonne nouvelle. Ce qui est une vraie bonne nouvelle. D'accord.
Je voudrais ajouter ce que vous disiez tout à l'heure sur la Vendée, parce que la Vendée,
c
'est vraiment un cas intéressant.
C
'est un cas où il y a certes
un
peu d'industrie,
pas
mal d'industrie, mais pas une industrie très lourde.
C'est
une industrie de PME. Et c'est un département où il n'y a pas de métropole. Vous connaissez la préfecture de Vendée, c'est la Roche-sur-Yon. La Roche-sur-Yon. La Roche-sur-Yon, pardon. La Roche-sur-Yon, c'est vraiment, si vous y allez, ce n
'est
pas vraiment Lille, Roubaix-Tourcoing, Paris, Marseille et
Lyon. Pas une
métropole.
Pas
une métropole. Et ce qui est intéressant, c'est l'action des acteurs locaux, justement. C'est pour ça que la politique a une importance sur l'emploi. C'est qu'il soit de droite, de gauche, dans un département, si vous avez des acteurs locaux qui s'y collent vraiment, et qui font tout pour favoriser, je dirais, l'activité industrielle, l'activité de service et l'emploi, eh bien, ça marche. Et c'est le cas de la Vendée, où vous avez en plus beaucoup de jeunes chefs d'entreprise qui se sont installés, avec des nouvelles méthodes de management, qui rompent avec le droit du travail, qui ne sont pas en contravention, mais sur les horaires, sur l'obligation de pointer, sur la flexibilité.
Je ne vais pas les citer parce que je ne
veux
pas faire de publicité, mais il y a quand même des cas en Vendée qui sont tout à fait étonnants et qui expliquent ce dynamisme, je dirais, sur le front de l'emploi.
A
l'inverse, vous avez des pays, des départements, on peut citer le cas quand même des territoires et des départements d'outre-mer, où même si ça baisse, il y a quand même encore très fort taux de chômage, c'est dû aussi au fait que ce sont des départements sous assistance respiratoire de l'État. Il ne faut pas quand même l'oublier, ce sont des départements où le RSA est menée courante, où vous avez des populations et des régions à l'intérieur de ces départements, des secteurs qui sont complètement sinistrés sur le plan de l'emploi. Et pourtant, ça baisse là-bas aussi.
Ça baisse en Outre-mer. Ça baisse
de la même manière, d'ailleurs,
De la même manière, je ne suis pas allé voir ce de vrai détail. La courbe descend de la même manière ? En tout cas, les
deux courbes descendent, ce qui veut dire que ça baisse également là-bas. Je voulais rebondir un peu sur ce que disait madame sur deux points. Vous voyez, en France, je dirais, beaucoup de chefs d'entreprise, en particulier les petites et moyennes entreprises, pouvaient être effrayés d'embaucher parce qu'ils se disaient, bon, si jamais la conjoncture se retourne, il y a
des
coûts procéduraux tellement lourds pour ajuster ensuite ces effectifs à la baisse, s'il le faut, quoi, si le carnet de commandes se contracte énormément. C'est tellement coûteux, tellement long, que je prends des risques inouïs pour mon entreprise en embauchant beaucoup. Et c'est quelque chose qui était un peu particulier à certains pays, dont le nôtre. Vous parlez au passé ? Oui, parce que je parle au passé, une partie des ordonnances Macron a consisté à vouloir à la fois flexibiliser en sécurisant les choses. Je vais donner un exemple.
La rupture conventionnelle collective, c'est quelque chose qui permet, je dirais, de sécuriser pour le chef d'entreprise la séparation avec un groupe, un ensemble de salariés, vous voyez, pour une entreprise d'au moins 50 salariés et le départ d'au moins 10 personnes.
Mais
ça permet cette séparation de façon sécurisée
pour
les salariés puisqu'il faut un accord collectif. Il faut que des partenaires sociaux, des syndicats qui ont eu au moins 50% des voix aux dernières élections, signent cet accord. Donc vous voyez, quelque chose de juridiquement sécurisé qui peut être rapide, sécurisé pour l'entreprise, mais aussi sécurisé pour les salariés. Faire ce genre de choses...
Pas pour
ceux qui se retrouvent dehors. Attendez, il faut ensuite un choix individuel.
C
'est la rupture conventionnelle collective, l'organisation de la rupture conventionnelle se fait par accord et puis ensuite, ne partent que les gens qui sont d'accord pour s'inscrire dans ce processus.
C'est pour vous la réforme la plus efficace ou c'est un exemple parmi d'autres ? Non, c'est un
exemple parmi d'autres pour vous dire que les ordonnances Macron ont vraiment voulu sécuriser
à
la fois du côté de l'entreprise et du côté des salariés, n'entrent dans ce dispositif que je donne comme exemple.
Oui, j'entends.
Que les entreprises qui le veulent avec les partenaires sociaux représentant des salariaux qui le veulent et ensuite que les salariés qui au niveau individuel le veulent.
Vous
vous rendez compte ? C'est une évolution absolument considérable. C'est un big bang dans l'organisation.
C
'est quelque chose de complètement sécurisant pour les entreprises. Alors on parlait de la barémisation. Bon, on est dans un contexte où la barémisation, là pour l'instant, introduite par les entreprises.
Rodi,
barémisation, c'est mettre un barème sur les indemnités auxquelles
un salarié est
éligible, oui, un montant maximal auxquelles un salarié est éligible quand il quitte l'entreprise
en désaccord.
Si
les
licenciés, sans cause réelle et sérieuse, si les licenciés, sans cause réelle et sérieuse, il y a un maximum. Alors, ça existe dans énormément de pays. Néanmoins, ce n
'est
pas conforme pour beaucoup d'observateurs. à la Convention 158 de l'OIT que la France a ratifiée. L'Organisation internationale du travail. Oui, et à la Charte européenne des droits sociaux qui n
'est
pas normative, en quelque sorte.
Donc vous voulez dire
que ça n'ira pas forcément au bout sur ce côté-là.
Vous avez un doute. Voilà, on a un doute, mais je
voudrais juste souligner le fait que la Convention 158 de l'OIT sur 36 pays de l'OCDE, il n
'y en
a que 11 qui l'ont signé.
Il
n
'y
en a que 11 qui l'ont ratifié. Et des pays, on considère comme des benchmarks, des exemples dans les bonnes relations sociales, je prends la Norvège, le Danemark, ne
l
'ont pas ratifié. La France a marqué un empressement, un zèle inimaginable à ratifier toutes les conventions possibles de l'OIT. Je crois qu'il
y a
un pays qui fait plus, c'est l'Espagne. Parmi tous les pays de l'OCDE. Une question politique à vous poser, si vous permettez. François Hollande disait « Président, ça travaille toujours pour son successeur ». Il doit se dire…
Ça
travaille toujours pour son successeur
? Oui.
Parce que vous avez dit que ça trahit toujours.
Ça
travaille toujours pour son successeur.
Clairement. Cela dit, Emmanuel Macron faisait partie du gouvernement de François Hollande. Il a été ministre de l'Économie et au début, il était dans son cabinet. Donc, je pense qu'il avait poussé lui-même pour cette politique de l'offre, ce basculement vers une politique de l'offre. Je pense qu'Emmanuel Macron n'était pas complètement étranger à cela. Pour juste compléter ce que disait Gilbert Sepp, il y avait un effet psychologique énorme sur la question des prud'hommes. Quand vous rencontriez des petits chefs d'entreprise, ils vous disaient « Non, non, je ne
vais
pas embaucher parce qu'après, je connais quelqu'un qui s'est retrouvé à payer 4 ans aux prud'hommes à un salarié qui
vraiment voulait rien faire. » Jusque sur l'apprentissage,
par exemple
?
Jusque sur l'embauche d'un apprenti ?
Non, parce qu'il y a eu aussi des
mesures. Sur les
apprentis, il y a eu des
mesures.
Et
là aussi, ça a fait redémarrer
psychologiquement. Comment
protéger les chefs d'entreprise ou les artisans d'ailleurs par rapport à la façon dont ils étaient entreprise
et salariés ? Tout à fait. Et on
a déclenché vraiment un effet psychologique qui allait au-delà même des mesures prises.
Parce
que les Français…
Si vous me permettez, vous parliez des… Comment dirais-je ? Des… Pas des apprentis.
Des
apprentis,
oui. Si, des apprentis. Vous parliez des
apprentis.
Ce
qui a été fait,
c
'est à la fois une sécurisation pour l'entreprise
et
une valorisation pour le salarié. On a valorisé
la
rémunération des apprentis et simultanément, on a permis aux chefs d'entreprise insatisfaits par un apprenti et souvent, vous voyez, c'est commerçant et autres, de pouvoir arrêter le contrat plus facilement. Des deux côtés, il y a eu un plus. Plus d'attractivité pour les personnes, plus d'attractivité pour les entreprises.
Je
reviens à la politique. Est-ce que les Français sont conscients d'abord de l'effet que vous êtes en train de décrire des différentes mesures prises sur le marché du travail ou pas du tout ? Et que faudra-t-il pour qu'il l'accepte en quelque sorte ? Parce que les oppositions sont extrêmement nombreuses.
Oui, alors,
plusieurs éléments de réponse. Le premier,
c
'est que, historiquement, dans les précédentes baisses assez durables du chômage sous les gouvernements Raffarin et de Villepin, on avait observé, par exemple, à l'IFOB qu'il fallait six à huit mois, voire davantage, peu presque un an, pour que les Français commencent, si vous nous permettez l'expression, à acheter l'idée qu'il y avait une baisse réelle. Quand on les sondait avant cela, ils disaient, non, non, mais il y a les radiations automatiques, le pôle emploi, les chiffres, on leur fait dire ce qu
'on
veut, etc. Donc, il faut plusieurs... Alors, vous rappelez qu'à l'époque, c'était en plus des baisses qui étaient annoncées mensuellement. Il a fallu plus d'un an pour que les gens commencent à adhérer à l'idée que c'était une baisse réelle et objective. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, ça veut dire qu'on ne va pas forcément créditer Emmanuel Macron tout de suite parce que les Français vont attendre de voir s'il y a une baisse de leur point de vue qui est tangible. Autre point, néanmoins, on constate, nous,
dans
nos maromètres sur les préoccupations que, manifestement, la société a intégré le fait que le chômage était peut-être moins violent qu'il y a quelques années dans la mesure où ce n'est plus la préoccupation forcément numéro un de nos concitoyens et la crise sociale majeure que nous avons traversée, la crise des Gilets jaunes, ne portaient pas de revendications sur le chômage. On était bien sur le pouvoir d'achat. Alors, c'était d'abord un mouvement d'actifs.
Ça
peut être lié, malheureusement. Oui. Et donc, on voit bien qu'il y a aussi une certaine forme d'ingratitude pour un exécutif, c'est-à-dire qu'à partir du moment où le problème numéro un pendant de longues années de chômage n'est pas réglé, il commence à s'améliorer, aussitôt, les doléances ou les revendications vont se reporter sur d'autres thématiques qui sont parfois liées en disant
on
a des emplois qui sont créés mais qui sont des emplois où il n
'y
a pas forcément beaucoup de gains de productivité donc il n
'y a
pas forcément des salaires très importants. On a aussi tout le développement des micro-entreprises, le nouveau nom des auto-entrepreneurs qui bien souvent, ce n
'est
pas la start-up nation, ce sont des gens qui en désespoir de cause se créent leur propre job. On en parlera plus tard dans l'émission,
oui.
Et donc tout cela crée aussi des tensions sur la question du pouvoir d'achat. Ça explique pourquoi on n'a pas débouché le champagne au fort de Brégançon.
C'est ma question tout à l'heure sur Emmanuel Macron. Pour
beaucoup de raisons, pour plusieurs raisons. D'abord,
il
faut préciser qu'on est encore à 8,5 pour les catégories A
et
B, c'est-à-dire ceux qui n'avaient pas d'emploi. Quand nos voisins principaux au nord de l'Europe au moins sont à entre 3 et 5%. Donc on est très loin du compte. Très très loin du compte. Et les baisses sont relatives. Première chose. Deuxième chose, il faut
regarder
les clientèles,
les
gens.
Le
mouvement des Gilets jaunes, certes, mais le mouvement des Gilets jaunes ne comptait pas de jeunes. Or, le chômage, même s'il baisse davantage proportionnellement chez les jeunes,
il
touche énormément les jeunes. Et
que
votent les jeunes
en
majorité
?
Madame Le Pen.
Vous dites en
majorité, c'est 35%,
33%.
ils votent beaucoup pour le
Rassemblement national. votent majoritairement.
Et pourquoi ils votent aussi ? Parce qu'ils ne voient pas de débouchés. Ils n'ont pas d'emploi, ils n'ont pas d'avenir. Ils se sentent sans avenir. Pourquoi Emmanuel Macron a réussi à capter une partie de
l
'électorat de droite
? Il
a réussi à capter l'électorat de droite, justement, des chefs d'entreprise, des entrepreneurs qui ne roulent pas tous sur l'or. Un patron de PME, en moyenne,
je
crois que c'est 4 000 ou 3 000 euros par mois. Mais ces gens-là ont retrouvé la confiance.
Ce qui est
bien, mais ce qui est moins que son directeur commercial, c
'est le bal. Voilà. C'est moins que
ce qu'on imagine.
Voilà, c'est beaucoup
moins que ce qu'on imagine. Ils ont retrouvé la confiance. Ils voient un avenir davantage serein avec Emmanuel Macron qu'avec son prédécesseur. Et ceux-là, eh bien, ils se sont détournés de la droite et ils épousent la cause d'Emmanuel Macron. Donc, il faut regarder secteur, enfin, âge par âge, clientèle électorale par clientèle électorale.
En
tout cas, on est dans le domaine de l'infusion et non pas dans
le
solide de
la
perfusion. Bien sûr. Il n
'y a
pas de fruit immédiat. Exactement. Et tout ça, évidemment, a des effets qui sont, quand vous avez des résultats qui commencent à venir, ça a des effets sur l'opinion qui sont assez
longs.
Emmanuel Macron a pris soin
pendant
sa campagne électorale de ne pas en faire un leitmotiv de son discours, contrairement à ce qu'avait fait François Hollande avant, de dire l'emploi, c'est ma
priorité. C'est la ministre du travail qui a promis un chômage à 7% à la
fin du quinquennat. Exactement.
L
'une des bonnes surprises, retournons voir les chefs d'entreprise et les salariés, si vous le voulez bien, de l'année, c'est le retour en grâce de l'industrie française qui a recommencé à embaucher après presque trois décennies de crise. C'est vrai notamment pour le textile qui a longtemps été considéré à juste titre comme sinistré. La recette de ces entreprises est simple, misée sur le haut de gamme et également sur l'innovation. Reportage dans le Nord signé Paul-Rémy Barjavel, Clément Voyer et Maël Carguenot.
Dans
le Nord de la France, cette usine fabrique des sous-vêtements pas tout à fait comme les autres. Lingerie hydratante, amélioratrice de sommeil, accélératrice de bronzage ou encore absorbante.
C
'est une culotte monstruelle. C'est une culotte qui va venir absorber les règles avec un
composant très absorbant en matière écologique. Ça permet d'avoir une culotte qui va durer de nombreuses années, qui va être plus économique que d'acheter des tampons et des serviettes pour mesdames.
Ici, pas de Made in China. Ces vêtements intelligents sont entièrement conçus sur place. L'entreprise tricote même le fil.
Le
fait d'être tout intégré, ça permet d'être moins dépendant des autres et de maîtriser le savoir-faire. Un savoir-faire qui est là depuis maintenant trois générations, depuis 1947.
Et
bien ça, c'est difficile à copier.
Et
cela fonctionne. Chiffre d'affaires de cette entreprise, 6 millions d'euros. Un succès encore inimaginable il y a 10 ans, quand la moitié des effectifs a dû être licencié. Lucette Miquan, 40 ans de métier, se souvient bien de ces années noires.
Il y a nos
collègues, nos voisines
qui
sont parties.
On
était 200, on est la moitié d'effectifs.
Et
ici, maintenant, on recrute parce qu'il y a des demandes. Le textile remarche, repart.
L
'une des clés de cette réussite,
le
partenariat avec d'autres marques. À l'époque, beaucoup de sociétés ne souhaitaient pas justement travailler avec une production française parce que c'était ringard, c'était cher, il y avait peu
de marketing et il fallait toujours couper les coups. Donc on allait dans les pays à bas coût. Et aujourd'hui, maintenant, on cherche l'inverse. On cherche d'une manière générale un produit qui soit plus durable. On voudrait avoir une transparence sur le social, sur l'environnement, sur l'origine et donc connaître l'histoire. Et le Made in France redevient désirable.
Moi,
j'aime bien le boxeur. J'aime bien le boxeur. Plus facile à manipuler.
Bon,
on va faire du goût, les goûts et les couleurs.
Résultat, l'entreprise se porte si bien qu'elle embauche.
En
France, ce n'est pas un cas isolé. Après 40 ans de décroissance, le nombre de salariés de la filière a progressé pour la première fois de 3,6% en 2017.
Et
pour gagner des marchés, certaines entreprises misent tout sur la recherche. Ici, la combinaison est de rigueur.
C
'est là qu'on invente le textile du futur, le textile ultra-technique.
Pas
de vêtements sous cette machine à coudre, mais ce bout de tissu que les chirurgiens utilisent pour soigner les scolioses.
Sur
cette tresse, sous ce ligament, en fait, on voit qu
'on a fait ici une épissure avec une couture faite à la machine,
pour accrocher cette petite
boucle
en titane. Et ensuite, de l'autre côté, il y
a
un petit passe-fil
qui aide le chirurgien à passer
le ligament dans la boucle. Ce ligament, il sert à, un peu comme un tuteur,
il
sert à faire la connexion entre une tige en titane et la vertèbre du patient.
Nathalie D'Asylva a vécu cette évolution vers les nouvelles technologies.
De
l'entreprise de l'asset où elle travaillait avant et qui a mis la clé sous la porte, elle est passée au ligament à implanter dans le corps. Toujours du textile, mais dans de bien meilleures conditions de travail.
Oui,
ça n'a rien à voir avec ce que je faisais avant. Avant, c'était, c'était sale, c'était,
ici, c'est minutieux, c'est, on travaille dans du propre.
Le
textile technique représente aujourd'hui presque la moitié de l'activité de la filière.
Dans
le
nord, il a permis de redynamiser l'ancien bassin industriel.
Moi,
je pense qu'il
y a
un savoir-faire qui est resté dans ce bassin. On retrouve des gens qui ont connu un peu de cette expérience textile, de couture. Alors nous, on sait la couture main, mais aussi le savoir-faire de très sage
aussi qui est très présent localement.
Avec un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros, cette entreprise espère désormais une croissance de 5% chaque année.
Question d'une téléspectatrice ou d'un téléspectateur. Quel est le secteur industriel qui embauche le plus en ce moment
? Dans
l'industrie.
Je
dirais plus dans la mécanique de précision, etc. Mais sûrement dans le textile aussi, même s'il part de beaucoup plus bas aujourd'hui. Il
ne reste plus
beaucoup de textile en France, donc il part de plus bas.
On ne fera plus jamais de t-shirts en France ?
Si, on fera des t-shirts mais qui mesurent le rythme cardiaque, par exemple. On invente des tissus qui sont capables de faire des choses extraordinaires. Il y a une entreprise qui
s
'appelle Chargeur qui permet de filtrer les ondes. Vous mettez ça par exemple dans les crèches et ça filtre les ondes Wi-Fi par rapport aux petits-enfants. Il y a une autre entreprise qui a inventé un textile qui permet de guérir la jaunisse du nourrisson. Parce qu'il y a des ondes, j'aurais du mal à vous expliquer, je ne suis pas ingénieur malheureusement, mais il
y
a des ondes sur ce textile qui répondent à ce que... Je ne
vais
pas trop m'avancer. Mais on trouve énormément de PME
en
France qui sont très imaginatives et qui font ce qu'on appelle effectivement des textiles techniques. Et ça, ce n'est pas en Chine que vous le trouverez, ce n'est pas même en Italie où ils sont très bons pour les textiles, c'est vraiment en France.
Est
-ce que ces entreprises peuvent faire rentrer à nouveau les gens qui sont sortis pendant des décennies de
ces
secteurs sinistrés
?
Des décennies, c'est compliqué. Il y a plusieurs choses. D'abord, on voit bien que c'est des secteurs de niche
et
de pointe parce qu'on a un coût du travail qui demeure bien évidemment beaucoup plus élevé que les pays du tiers-monde. Et donc, il faut pouvoir avoir des produits qui supportent ces coûts du travail. Ensuite, c'est de la niche. Donc, ça peut créer localement des emplois, mais ce n
'est
pas les gros bataillons qui étaient employés jadis. Là, on est dans le Nord-Pas-de-Calais où la filière textile dans les Vosges, par exemple, c'est plusieurs dizaines de milliers d'emplois qui sont passés à la trappe depuis le début des années 80. Donc là, il y a quelques centaines, peut-être demain, des quelques milliers d'emplois qui vont être recréés. Donc, c'est toujours une bonne nouvelle, mais ce n
'est
pas les volumes qui ne sont pas dans une région comme le Nord-Pas-de-Calais. Amazon emploie beaucoup plus et crée beaucoup plus d'emplois que ça. Ils sont peut-être moins durables, mais ils emploient beaucoup. Et ensuite, il se pose la question de la formation
et
du savoir-faire. Parce qu'il y a à la fois ces femmes souvent qui sont sur ces postes, mais il y avait aussi, par exemple, tous les gens qui faisaient marcher ces machines, qui étaient des réparateurs. Il y a des savoir-faire,
il
y
a
même des filières en amont qui ont été détruites ou qui ont disparu. Et donc, c'est tout un écosystème qui a recréé. Donc, c'est une bonne nouvelle quand il se remet à embaucher. Mais il y
a
un travail qui est colossal. Et Yves Tréard parlait tout à l'heure de la synergie des acteurs. Il y
a
les acteurs économiques, mais aussi les institutionnels, c'est-à-dire les régions pour la formation. Est-ce qu'on recrée un CFA dans cette région ?
Un
centre de formation sur les métiers du textile technique ? Est-ce que les collectivités locales trouvent des terrains ? Etc.
Comment on
accompagne autrement
? Comment on accompagne ? Il y a
une action politique
toujours, mais qui n'est pas forcément celle du
sommet, celle
de Paris. C'est les
entrepreneurs à la base qui ont les idées, qui ont le savoir-faire, mais il faut que tout l'écosystème suive, parce qu'effectivement,
il
y a eu énormément de casse qui a été opérée dans ce tissu-là. Je crois qu'il
y
a un changement un petit peu de mentalité aussi dans notre pays. On a longtemps souffert d'une sous-estimation de l'apprentissage, d'une marginalisation quand même de la formation professionnelle. Et alors là, bon, ça va dans le sens du gouvernement, puisque justement,
il
y a deux réformes, même trois, si on prend celle de l'assurance chômage, sur la formation professionnelle et sur l'apprentissage, qui ont été lancées. Et notamment, celle, je sais, sur l'apprentissage, commence à porter ses fruits, même si elle est assez récente, commence à porter ses fruits. L'apprentissage reprend justement, je dirais, des couleurs dans notre pays.
Il
est moins considéré comme allant vers des métiers de seconde zone, parce qu'on a tellement souffert du chômage. Il y
a
des régions qui ont tellement souffert du chômage que, eh bien, son image s'est rehaussée. Mais il ne faut pas quand même aussi crier victoire trop vite. La France s'est désindustrialisée, Gilles Berset peut le dire mieux que moi, d'une façon
à
tout, toute vitesse par rapport à ses voisins. On a perdu près de, je crois, 2 millions d'emplois en 20 ans dans le secteur de l'industrie. Donc, ce n
'est
pas en claquant des doigts et du jour au lendemain qu'on va réindustrialiser, surtout que, de ce point de vue-là, alors là, le pouvoir politique est considérablement responsable, parce qu'il n
'y
a pas de ministre de l'Industrie depuis 20 ans dans notre pays. dans un pays qui est quand même très jacobin, très étatiste, ça a pu poser quelques problèmes. On a laissé filer des choses. Et quand l'État intervient dans l'industrie, c'est pour jouer les pompiers, et il joue les pompiers tellement tard que c'est généralement trop tard. Donc, il faut être prudent, mais ce qui est sûr, c'est que l'industrie a des arguments et des éléments qui sont plus positifs que par le passé pour reprendre quelques couleurs. En plus,
contrairement à... Et
du tricolore, parce qu'on
voyait que c'était du Made in France. Du tricolore,
avec quand même une matière grise dans notre pays qui, il faut dire, de très très haut niveau, avec des écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce qui sont, même si dans les classements internationaux, on n
'est
pas toujours très bien classés, il faut quand même dire que les étudiants qui sortent de là sont de bons niveaux.
Pour rester sur cette note d'espoir, et même en parlant du textile, il n'y a pas que les textiles techniques, il y a tous les textiles de luxe. Et là, la France est très forte.
C
'est-à
-dire,
avec ce qu'on appelle les Kohl, K-H-O-L, qui sont un peu nos GAFA à nous, qui sont Kering, L'Oréal, LVMH et Hermès, ça fait Kohl, c'est un peu nos GAFA, ils pèsent 25% du CAC 40 à eux seuls.
25
% du CAC 40 sur ces quatre grosses entreprises de luxe. Elles sont énormément dans la mode, et donc dans le textile. Et ça recrée aussi en France un certain nombre d'ateliers, je crois qu'il
y
a 300 ateliers en région parisienne, d'ateliers qui fabriquent pour ces grandes marques, pour ces marques de mode. Il y
a
de la dentellerie,
il y
a de la ganterie, il y
a
de la mousseline, il y
a
des entreprises qui font du fil nylon 100% pur et donc avec un BAC qui met une heure et demie à être fabriqué au lieu des 20 secondes qu'on peut avoir en Asie du Sud-Est. Et donc, toutes nos grandes marques de luxe ont tendance à relocaliser en ce moment. Depuis 2013,
vous vous rappelez... A relocaliser, donc à se réinstaller en France, réinvestir en France.
Exactement. Soit ouvrir des ateliers.
Par exemple
? Hermès. Hermès a ouvert un atelier récemment. Chanel prend des participations dans des ateliers de son secteur aussi, sans forcément les créer, mais elle les aide, évidemment, en prenant des participations. Et toutes ces marques se sont mises à relocaliser, à mon avis, depuis l'affaire du Rana Plaza. Vous vous rappelez, cet immeuble au Bangladesh qui s'était effondré, un immeuble où les gens fabriquaient du textile, y compris pour des grandes marques, qui s
'est
effondré. Ça a fait 1100 morts. Et depuis, je pense que les Hermès, Vuitton et autres entreprises type Longchamp, type Chanel,
etc.,
tiennent davantage à faire fabriquer leur production en France. Et ça aussi, ça permet de relancer le textile en France.
Alors, une des questions qu'on se pose souvent quand on voit la baisse du chômage, c'est qu'on crée des emplois très bien, mais quels emplois ? On a eu un début de réponse sur le textile. Parfois, c'est par la négative, c'est en disant non,
c
'est pas des vrais jobs, c'est des mini-jobs. Voilà ce qu'on entend de temps en temps avec précarisation des travailleurs, un phénomène qui a été illustré cet été, début août, par la grève des coursiers de Deliveroo. Ces livreurs dénoncent leur statut précaire et des remunérations au lance-pierre. Reportage Émilien David, Clément Voyer et Jean-Pascal Bublex. Ensemble,
ils espèrent faire plier Deliveroo.
Une
plateforme qui met en relation ces livreurs indépendants avec des restaurants et des clients. Depuis le début du mois d'août, ils cessent régulièrement leur activité quelques heures
et
se rendent dans des restaurants de la capitale
pour
empêcher toute livraison réalisée grâce à la plateforme.
Bonsoir. Par
peur de perdre leur emploi, ces livreurs souhaitent garder l'anonymat. Ils protestent contre la suppression d'un prix minimum par course
qui était jusqu'à présent fixé à 4,80 euros. Inacceptable selon eux.
Vous allez préparer les commandes ? Là, ils vont rester sur place.
Avec cette nouvelle tarification, ils s'attendent à une baisse de salaire de 30%.
Plus de précarité pour un travail déjà peu rémunéré.
Là, par exemple, on a le livreur qui est ici. On le voit explicitement qu
'il
est à Paris. C'est le point bleu. On voit qu'il a reçu une commande à Cormeil en Parisie qui est dans le 95. Là, c'est le point que vous avez ici avec la fourchette et le couteau. Juste en bas, vous avez le client qui est là. Vous avez son adresse ici à Houille dans le 78.
et
on voit qu'il est payé 6,72 euros pour faire cette distance. Donc là, grosso modo, on est largement à plus de 10 km. Donc on voit que c'est clairement sous-payé. L'essence, plus le temps qu'on va mettre pour récupérer la commande pour la livrer, c'est clairement pas rentable.
Pour s'en sortir financièrement, une seule solution, disent-ils, s'imposer une cadence effrénée.
Ça implique de devoir aller plus vite, de rouler beaucoup plus vite, toujours plus vite, de ne pas faire attention à soi, aux autres, de se mettre en danger.
Tous ici partagent un même sentiment, celui d'être exploités par une plateforme qui reste fou sur ses prix.
On ne sait même pas sur quoi est basée cette tarification. On ne sait même pas comment c'est fait. Ce
n
'est pas clair, en fait. Des fois, ça peut changer. Ça va être 3,50
euros.
Après, pour la même distance, on va toucher 3,20
euros.
Des fois, un peu plus. On ne sait pas sur quoi c'est fait. On n
'a
accès à rien.
Ils
ne nous disent rien.
Ces livreurs sont obligés de travailler à leur compte.
Ils
sont auto-entrepreneurs mais dépendent complètement de des livreurs.
Et
voilà,
c
'est parti. Merci. Bonne
journée. Un
mode de fonctionnement
de plus en plus répandu.
L
'entreprise Uber, par exemple, qui propose des véhicules avec chauffeur, applique le même modèle.
Aujourd
'hui, en France, 200 000 personnes travaillent ainsi.
Un
phénomène qui inquiète les syndicats
car
ces indépendants sont très peu protégés.
On
est dans une zone de non-droit. Vulgairement parlant, ça n'existe pas. Vous avez choisi d'aller livrer la pizza à M. Tartampion. Moi, je suis la plateforme. Je n'ai fait que vous mettre, je ne fais que mettre en relation l'offre et la demande et au milieu, je prélève ma dîme. Et le reste, d'une certaine manière, je m'en lave les mains. Concrètement, la législation sur les accidents du travail, comment vous l'appliquez ? La législation sur les accidents du travail, au jour d'aujourd'hui,
elle
ne s'applique qu'aux salariés,
elle
ne s'applique pas
à
ces travailleurs-là.
Ces
plateformes se multiplient.
On
les trouve aujourd'hui dans le transport, mais aussi dans le nettoyage ou la garde d'enfants.
Et
elles
devraient
continuer de se développer car selon cet économiste, leur modèle est adapté à l'économie actuelle.
Notre mode de vie aujourd'hui ne se contente plus de consommer des objets, nous voulons consommer des services. On invente tous les jours la mise en relation avec un transporteur, avec une banque sans banquier, avec un avocat sans avocat.
Tout
ce qui, en fait, concerne les services dont on a besoin vont être transformés par ces plateformes.
Le
gouvernement souhaite mieux encadrer ses entreprises. Le projet de loi d'orientation sur les mobilités prévoit de nouveaux droits pour ses travailleurs
et
invite les plateformes à rédiger des chartes précisant leurs responsabilités sociales.
La
question de Julien qui nous regarde dans l'héros, est-ce que ce n
'est
pas plutôt l'ubérisation du travail dont on vient de voir quelques exemples qui expliquent la baisse du chômage
? Non,
non. Quand on regarde les statistiques sur longue période, on voit que le travail indépendant
est,
dans tous les pays développés, de plus en plus marginal dans l'emploi total. La part de l'emploi indépendant diminue.
Elle
augmente légèrement dans 3 pays des 36 pays de l'OCDE. Ces 3 pays, c'est le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la France depuis la création du statut de l'auto-entrepreneur. Mais l'augmentation est très faible en France. Alors par contre,
ce
qui change,
c
'est la nature des emplois indépendants. A l'intérieur
des
emplois indépendants, il y
a
un changement de nature. Et ce qui émerge, c'est des emplois indépendants comme ceux qu'on vient de voir dans ce reportage,
qui
connaissent
des
conditions de subordination mais ahurissantes, supérieures à celles de très nombreux salariés. Pour prendre l'exemple des livraisons avec l'interface des plateformes ou du transport urbain d'ailleurs, comme avec l'interface des compagnies comme Uber, l'interface qui n
'est
pas l'employeur. Les plateformes met en contact le donneur d'ordre et le prestataire. C'est tout. Donc il n'est pas employeur. Mais il décide des conditions de travail,
il
décide
de
la rémunération, il décide éventuellement de contrôler
le
travailleur et il décide éventuellement de le sanctionner. Et d'ailleurs,
c
'est sur ces deux éléments contrôler et sanction qu'il arrive que le juge requalifie en salarié cet emploi. Mais vous voyez, on est dans une situation très particulière, une zone grise en quelque sorte,
dans
laquelle tous les pays essayent de réfléchir, d'intervenir, sachant que les juges ici et là, en France comme dans d'autres pays, requalifient parfois en salarié les travailleurs concernés. En France, il y
a
une petite déjà évolution qui a été ouverte par la loi El Khomri avec la liberté d'association en quelque sorte vis-à-vis de la plateforme de ces travailleurs qui a été ouverte. Et puis, la loi El Khomri qui n
'est
pas encore votée mais qui est encore en discussion au Parlement essaie d'aller plus loin, ça a été dit dans votre reportage, avec l'idée de susciter, d'inciter les plateformes à élaborer des
chartes
offrant, garantissant des droits sociaux. Comment un salarié par exemple déconnecté,
un
travailleur des plateformes déconnecté,
peut avoir la possibilité
de contester sa
collection. Pardonnez-moi, quelle est l'autorité des chartes par rapport à un code
du travail ? L'utilité de la charte, c'est que c'est un engagement de l'employeur. Néanmoins,
c
'est unilatéral. C'est un premier pas. C'est des mini
-jobs. Très timide. C'est la question
que je suis en train
de me poser.
C'est des mini-jobs mais la création des emplois à la baisse du chômage, ça n'est pas ça. Ça, c'est des choses qui émergent, évidemment, auxquelles il faut être attentif. Mais la masse
des
créations d'emplois, ça n'est pas ça.
Il
faut bien voir que la proportion de salariés en CDI augmente dans l'emploi en France.
Vous
voyez ? C'est quelque chose d'énorme et on peut penser que c'est l'expression d'un effet des ordonnances Macron qui sécurisent un petit peu les employeurs. la proportion de CDD diminue
et
la proportion dans l'emploi total de ces emplois-là a tendance également à diminuer. Vous voyez, c'est quelque chose de nouveau et d'important. Vas
-y, Jérôme. On va
donner un ordre de grandeur d'après les estimations qui circulent. Des livres où sur l'ensemble de la France, c'est 7 000
personnes
qui sont référencées sur la plateforme et il
y a
un concurrent, Fedora,
qui
est à l'entour de 2 000. Donc ça fait à peu près 10 000 jobs
sur
ces métiers de livreurs. Et 200 000 pour l'ensemble de ce qu'on considère
être les travailleurs de
plateforme. Ce sont beaucoup. C'est
un
chiffre qui est l'observatoire du travail indépendant qui donne ce
chiffre.
Pour aller ajouter à ce qui vient d'être dit, conditions supplémentaires ou liens supplémentaires de ces travailleurs indépendants avec leurs plateformes, ils ont souvent un seul, entre guillemets, employeur. C'est-à-dire qu'ils ne travaillent qu'avec une plateforme. Donc ça fait une cause supplémentaire. Et souvent, pour des salaires, des rémunérations qui sont très faibles parce que, comme ce qu'on a vu dans votre reportage, c'était le chiffre d'affaires. Les
6,72 euros. Les
6,72 euros, c'est parce qu'ils tombent dans la poche du coureur à vélo ou en scooter. Ensuite, il
y a
la commission de la plateforme. Il y a, comme un travailleur indépendant, un certain nombre de cotisations qui sont prélevées.
Et
donc, ça fait beaucoup moins. Et là, ce mouvement de grève qui s'est mis en branle dans ce secteur a fait suite à une baisse de la rémunération minimale qui était garantie jusqu'à présent. Et donc, maintenant, on peut avoir des courses
pour
même pas 2 ou 3 euros qui vont être demandées. Alors, ça pose quand même un certain nombre de questions, y compris sur le plan moral, parce qu'on revient un peu au 19e siècle. On parle d'emploi de service. Si on était plus dur, on pourrait peut-être même dire que c'est une certaine forme de domesticité. C'est-à-dire que vous traversez Paris pour 3 euros, vous
livrez...
J'ai le cas de... Vous louez vos bras ou vos
jambes ou vos mollets pour la journée. Il y a d'autres métiers
qui font ça.
Pour
la course. Et vous allez parfois sur des courses qui sont assez dérisoires. On va amener les croissants le matin à quelqu'un. Et donc, il faut s'interroger à la fois sur le plan social, mais aussi sur le plan éthique et moral en disant est
-ce
que c'est une société comme ça que nous voulons ? C'est un mouvement général, d'ailleurs, de tous ces salariés de plateforme, des salariés des entreprises de la nouvelle économie.
Dans
la plupart des pays, tous ces salariés de la nouvelle économie sont en train de protester, de réclamer des meilleures conditions de travail, de réclamer des contrats plus précis, qu'on leur enlève l'exclusivité parce que parfois on leur demande en plus une exclusivité. C'est ce qu'on appelle en fait la «
geek
economy ». Chez les anglo-saxons, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, on appelle ça la « geek economy ». « Geek », ça vient des gens qui donnent des concerts dans un bistro et puis trois jours après, ils auront donné des concerts dans un café-concert ailleurs, etc. Ce serait presque des intermittents chez nous. Et donc, cette « geek economy », c'est un phénomène, on en parle beaucoup aux Etats-Unis, même dès l'élection présidentielle de Trump, on disait que c'était la paupérisation et la précarisation des emplois, notamment liés
à «
geek economy » qui avait fait voter Trump. Je crois que ça allait un peu loin parce que ça ne représente pas tant de monde que ça, y compris aux Etats-Unis. Mais c'est vraiment un phénomène et effectivement, vous avez raison, ça demande qu'on écrive un nouveau contrat social. Aujourd'hui, c'est une zone de non-droit et je crois qu
'on
ne
peut
pas laisser des gens vivre dans ces conditions-là et en même temps, les plateformes se sont faufilées dans les trous du droit du travail.
On
passe à vos questions ou on revient en l'occurrence à vos questions.
Je
suis coursier à vélo, payé une misère, dois-je considérer que j'ai un vrai travail
?
Oui, à partir du moment où vous avez un travail. Après, est-ce qu'il est considéré ou pas considéré ? C'est une autre question.
Est
-ce qu'il m'amène à quelque chose ?
Est-ce que je peux grandir dans ce poste ? Justement, je voudrais
ajouter quelque chose.
C
'est que généralement, ces travaux qui relèvent effectivement des plateformes étaient beaucoup occupés par des étudiants, par le passé. et ils ont changé, la population a changé. C'est davantage maintenant des gens qui, justement, essayent de sortir du chômage, beaucoup de personnes issues de l'immigration, y compris de la nouvelle immigration, c'est-à
-dire
des migrations issues des printemps arabes et des révolutions au-delà de la Méditerranée. Donc, la population a changé. Mais moi, je voudrais ajouter autre chose par rapport à l'emploi, c'est qu'il y a aussi une donnée qui a complètement changé en France. C'est que les jeunes
ont
le goût de l'entrepreneuriat. Ils sont prêts à prendre des risques et tous les sondages montrent
qu
'aujourd'hui, un des ressorts, je dirais, de la jeunesse qui veut entrer sur le marché du travail, c'est justement de créer sa propre entreprise. Et c'est favorisé, tout cela, évidemment, par la numérisation de notre économie, par la numérisation des métiers pour lesquels ils s
'y
entendent un peu mieux que les plus anciens. Et ça, c'est très important. Ça veut dire que les mentalités bougent. Et donc, le salariat n'est plus considéré comme, je dirais, à temps indéterminé, comme ce qu'il faut, l'apanage de la
sécurité.
Ou
l
'unique possibilité
pour entrer sur le
marché du
travail.
Exactement.
Pour
être embauché, je vous soumets le témoignage de cette téléspectatrice parce qu'il est quand même très intéressant. Pour être embauché, j'ai dû me déclarer auto-entrepreneuse. Ainsi, mon employeur ne paye pas de charges. Est-ce normal ? C'est l'illégalité.
Non,
c'est l'illégalité totale. C'est courant. C'était ça. À partir du
moment,
il n
'y a
pas de statut de salarié pour ces plateformes ou vous êtes auto-entrepreneur ou vous ne pouvez pas travailler pour eux. Ce
n'est pas
uniquement les plateformes.
C
'est-à-dire qu
'aujourd'hui, vous voyez des entreprises traditionnelles qui, au lieu d'embaucher, peuvent dire qu
'on
va faire externaliser le travail auprès de gens qui sont auto-entrepreneurs, qu'on a pu un moment côtoyer en freelance,
etc. J'ai besoin
de tes compétences. Installe-toi comme auto
-entrepreneur
ou entrepreneuse.
Et on a une relation qui est beaucoup
plus simple puisque c'est une relation d'entreprise à entreprise et plus de dirigeant à salarié. Il y
a
un million d'entrepreneurs en France aujourd'hui. Et beaucoup d'entre eux sont dans une forme de relation salariale. Ou de salarié déguisé. Exactement. Uberisation est-elle égale à précarisation à vie ? Je voudrais quand même intervenir parce que la tonalité évidemment qu'on a tous dans cet échange est une tonalité un peu négative par rapport aux plateformes. Alors, il faut bien voir que l'émergence des plateformes, prenons l'exemple du transport urbain et par exemple Uber, l'agence des plateformes
a
quand même apporté beaucoup de choses. Des emplois à des gens qui étaient très éloignés de l'emploi, souvent qui venaient du 9.3 ou du 9.5 comme on dit. Et puis, le contournement du monopole des taxis, c'est-à-dire la fin d'un certain rationnement qui pénalisait beaucoup de gens, dont d'ailleurs le tourisme en France. Parce que comprendre un plan de métro, ce n
'est
pas facile pour un Japonais, c'est plus facile de
faire appel à Uber. Alors,
vous voyez, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain comme on dit. Maintenant, il y a des formes de travail et d'emploi qui ne sont pas acceptables parce qu'il y
a
une inéquité absolument considérable entre ces travailleurs qui vont être soumis à des conditions de subordination extrêmes par rapport aux salariés. Vous voyez, il n
'y a
pas les mêmes droits sociaux en termes de protection sociale, il n'y a pas de durée du travail maximale, il n
'y a
pas de rémunération minimale, il y
a
parfois un risque financier parce que le conducteur Uber il fournit son véhicule, souvent il le finance. Donc, vous voyez, il y a un déséquilibre énorme, il n'y
a
pas la possibilité de contester en cas de séparation, de déconnexion, en quelque sorte, alors qu'un salarié peut aller en prud'homme pour dire non, il n
'y a
pas de cause réelle et sérieuse à mon licenciement. Vous voyez, donc, il y a un déséquilibre qui fait qu'il faut intervenir. Mais le mode d'intervention ne doit pas amener à casser non plus la mécanique. Et c'est ça qu'il faut essayer de créer. Donc, ce n
'est
pas forcément précarisation à vie pour répondre à
la question qu'on j'ai fait. Il faut
avancer, vous voyez, la loi L'homme est un tout petit pas, le projet de loi L'homme, mais il faut avancer. Tous les pays essayent d'y réfléchir.
C
'est pour ça qu'avec Jacques Barthélémy, on propose un cadre de réflexion consistant à dire qu
'il
faut créer un droit de l'activité professionnelle qui ne soit plus un droit du travail comme le droit actuel limité à la protection des seuls salariés. La révolution numérique peut-elle faire repartir le chômage à la hausse
?
Non, mais alors, c'est la question...
Est-ce que ça casse des emplois ou est-ce qu'en s'en serait
plus que ça n'en casse ? Écoutez, aujourd'hui, on n'est plus dans la société du numérique. Maintenant, on est dans la société de l'intelligence artificielle et de savoir si l'homme et les bras de l'homme et l'intelligence de l'homme peut être remplacée par des robots. Bon, si vous écoutez les experts, il est sûr qu'il y aura de la casse. Mais cette casse peut être compensée par de la création aussi. En fait, pour dire la vérité, personne n'en sait rien. Simplement, on vit une
révolution
industrielle qui va avoir des conséquences.
J'allais dire qu'à court terme, c'est quand même les pays les plus robotisés comme l'Allemagne, comme les États-Unis, qui ont le moins de chômage. Pourquoi ?
Parce
qu'en France, au moment où on investit et où on robotise, eh bien, on devient compétitif et quand on devient compétitif, eh bien, on va au contraire pouvoir embaucher des gens pour faire travailler ces machines en quelque sorte. Donc, à court terme, les pays robotisés ne sont pas forcément sur le lien du chômage.
À suivre. À suivre. Pourquoi Macron et Philippe ne fanfaronnent-ils pas d'où vient cet excès de modestie
? Je
pense qu'il y a le... Déjà, comme on disait, 8...
Il y a
8,5. Voilà, 8,5,
c'est même
encore élevé. Et il y a des territoires où c'est bien plus que cela. On a encore la crise des Gilets jaunes qui n'est pas éteinte. Le président de la République a dit récemment que les braises couvaient encore. Et ils savent aussi, ce qu'on a dit tout à l'heure, que si tant est qu'on ait une amélioration durable et supplémentaire sur le front du chômage, on aura d'autres revendications qui vont monter sur ces emplois-là, par exemple, sur le pouvoir d'achat, sur la répartition de la valeur. Donc, tout ça incite quand même à faire de la prudence
et de la modestie.
Il y a une autre donnée qui est une donnée internationale. Maintenant, on est complètement interdépendants, tous les pays. L'Allemagne est en train, effectivement, de marquer le pas. La Grande-Bretagne, elle marque le pas et avec un Brexit dont on ne sait pas trop ce qu
'il
va donner. Vous avez une crise commerciale, financière entre la Chine et les États-Unis qui a des conséquences énormes, notamment en Allemagne. si l'Allemagne ne marque le pas, c'est en grande partie à cause de ça parce que le marché allemand dépend de ses exportations et l'Allemagne en souffre énormément. Donc, vous avez un contexte international qui est un peu plus mouvant et qui fait que, et comme on dépend beaucoup quand même des autres, l'Europe, son avenir n'est pas écrit. Tout ça incite
à la modestie.
Tout
ça
incite à la modestie et
à
la prudence. Les 3% de l'Allemagne ne sont-ils pas dus aux petits jobs
? On
peut dire ça. Ça
a été la grande
polémique politique en Allemagne.
Oui, non, mais c'est vrai. En même temps, l'Allemagne a créé un SMIC il y a deux ans, je crois, ou il y a trois ans. L'Allemagne a progressé en ce sens, mais c'est vrai qu'il
y
a beaucoup de petits jobs qui sont des jobs à temps partiel. Ce n
'est
pas parce qu
'ils
sont moins payés, c
'est
simplement qu'ils sont des jobs à temps partiel et ce ne
sont
pas forcément des temps partiels choisis. Ça peut être des
temps partiels subis. Nous avons aussi
beaucoup de temps partiels subis, non ? Absolument. Une autre différence qui peut expliquer aussi les écarts, c'est que l'Allemagne a su conserver une base industrielle importante, ce qui n
'est
pas le cas chez nous, et les gains de productivité qui permettent les emplois de demain, c'est l'industrie qui les fournit. Donc c'est peut-être aussi de ce côté-là qu'il faut regarder. Tous les artisans se plaignent de ne pas trouver de jeunes qualifiés, nous dit Henri, qui nous regarde dans l'un. N'est-ce pas là le vrai frein à l'emploi ? C
'est un
des freins, la correspondance de l'offre et la demande, avec effectivement, notamment dans certains secteurs qui sont ceux de la restauration, où ils peinent beaucoup, beaucoup. Alors là, c'est aussi dû à des horaires de travail, ils peinent vraiment à embaucher. Il y a ces secteurs-là qui sont connus, mais il y a aussi, par exemple, tout ce qui est le codage informatique. Aujourd'hui, il y
a
une pénurie de gens qui sont formés en informatique, alors que toutes les entreprises en ont besoin. Et je pense que c'est ça aussi que le gouvernement est en
tête
sur ces fameuses réformes systémiques en disant qu'on a levé un certain nombre de freins sur le marché du travail pour faciliter l'embauche et faire baisser la peur pour l'entrepreneur. Mais il faut aussi maintenant que les gens qui sont éloignés de l'emploi puissent s'être formés plus facilement et plus rapidement sur les secteurs qui sont en tension. Est-il glorieux d'envisager 7% de chômeurs en fin de quinquennat alors que le taux de chômage dans l'UE est à peine à plus de 6%, demande Jacques de Loire-Atlantique
?
Déjà le taux de chômage était à 10,5% en 2015. Donc se rapprocher de 7% c'est déjà bien. Mais évidemment 7% il faut souhaiter que ce soit une étape et qu'on aille encore plus loin. Mais on est encore loin de cette
étape. On n'est pas au
7%. Voilà, on n'est pas au 7%. Il faut espérer qu'on continue à bénéficier de
baisses. Ça vous semble
crédible 7% en 2022
?
Écoutez, 2022 les élections présidentielles c'est dans 10 trimestres. même si on faisait 0,2 points de moins par trimestre ça nous ferait 2 points de moins on pourrait y être. C'est combien de personnes 2 points de
moins
? Mais vous voyez ça ferait 600, 700 000 chômeurs de moins. C'est énorme. Mais néanmoins
on
n'en est pas là c'est un trimestre exceptionnel le trimestre précédent avait pu baisser le taux de chômage de 0 à 1 point seulement. Donc il faut savourer le succès de la chose. Vous avez le droit d'être moins prudent qu'Emmanuel Macron et
le
Premier ministre. Quid des syndicats au sein de ces entreprises ubérisées demande Clément du Val-d'Oise peut-on se syndiquer avec des emplois aussi précaires ?
Il y a un syndicat qui a été créé qui s'appelle CLAP je crois chez Deliveroo notamment.
Ils ne sont
pas salariés ? Et
oui ils ne
sont pas salariés
donc vous avez raison ils ne
peuvent
pas aller dans les syndicats classiques. Mais ça y est ils commencent à se regrouper et ça c'est valable dans tous les pays.
C'est comme les syndicats agricoles qui sont dans le bras de fer avec l'électricité par exemple. Ce sont des indépendants qui ont un donneur d'ordre ou quelqu'un qui veut leur acheter mais ce ne
sont
pas des salariés donc ça crée beaucoup de différences et beaucoup de difficultés dans le rapport de force. Au fait où en sont les plans de General Electric de Ford Blancfort de Whirlpool etc. Je vais vous dire une chose c'est que c'est une façon de dire que les
plans
sociaux eux continuent. Les plans sociaux continuent évidemment mais ce qu'il faut dire aussi c'est que c'est beaucoup le tissu des PME des artisans qui font l'emploi en France. Il faut le dire ça. Et donc ces plans malheureusement quand on parle de plans qui commencent à devenir à la une de l'actualité et où l'Etat s'en mêle ça veut dire que la cause malheureusement malheureusement pour les salariés est perdue. Dernière question en forme de boutade sans doute de Jean-Pierre dans le Loir-et-Cher quand ils auront radié tout le monde il n'y aura plus de chômeurs. C'est ce qu'on disait tout à l'heure c'est qu'il
y a
un scepticisme qui est toujours très fort sur les causes réelles de cette baisse
et
pourtant
elle n'est pas artificielle c'est-à-dire les emplois aidés ont été supprimés par exemple. Les 200 000 emplois aidés en un an Macron a supprimé les emplois aidés qui étaient un traitement social du chômage qui était un peu un artifice. Aujourd'hui ce n
'est
pas vrai.
Ce
sont des vrais chiffres.
La baisse chômage des vraies baisses. Ce n'est pas une baisse de chômeurs
sans création d'emplois c'est une augmentation de l'emploi qui permet la baisse du chômage. Il faut quand même le répéter c'est des créations d'emplois qui permettent la baisse du chômage dont on bénéficie. Merci beaucoup à tous les quatre de cet éclairage. Ce C'est dans l'air sera rediffusé à 22h35 ce soir.
Vous
pouvez évidemment comme toujours le regarder en podcast. On se retrouve demain pour une nouvelle émission.
Belle
soirée sur France 5.
François Hollande