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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 3 mai 2023 17 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Présidentielles 2022 : Comment les instituts de sondage ont "tué" Mélenchon

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Cela fait seulement un an qu'Emmanuel Macron a été réélu à la fonction de président de la République en France.

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Certains fronchent les sourcils et se demandent comment ces satanés français ont-ils fait pour élire un président à près de 60% et pour le vomir de manière quasi unanime quelques mois plus tard.

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Et si on reparlait justement de cette élection présidentielle d'il y a un an ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Bien entendu, nous lui avons demandé quel candidat avait eu le privilège d'être bien évalué, la chance d'être surevalué et le malheur d'être sous-évalué.

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Pour que l'on puisse bien se représenter les conséquences de cette sous-évaluation à la fois importante et systématique, Julien Baldassara a fait un peu de politique fiction.

  • 9:38OuverteRéponse directe

    Pourquoi peut-on considérer, avec le recul, que ces erreurs sondagières ont pu avoir un effet sur le cours de la campagne et peut-être même sur l'issue du scrutin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28InvitéFait
    « Jean-Luc Mélenchon, qui a été systématiquement et très largement sous-évalué par les enquêtes d'opinion »
  • 0:41InvitéChiffre
    « les instituts de sondage sont parvenus à, entre guillemets, prédire son score au dixième prêt »
  • 3:50InvitéFait
    « « Macron mieux que Macron », Le chef de l'État améliorerait son score, Le Pen serait encore deuxième, Mélenchon reculerait. »
  • 10:30InvitéChiffre
    « à 48 heures du scrutin, Jean-Luc Mélenchon était annoncé à 17% des intentions de vote et Marine Le Pen à 24% »
  • 16:44PrésentateurFait
    « même le temps de parole des candidats en campagne, tel que calculé par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, dépend en tout cas en partie, des résultats des études d'opinion »

Temps de parole

  • Invité60 %
  • Présentateur28 %
  • Invité 25 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Les sondages en période électorale, en démocratie, ils peuvent avoir un certain pouvoir, notamment, ils ont peut-être la capacité de fabriquer l'opinion publique. Il y a certaines personnes qui parlent même de prophéties autoréalisatrices, en tout cas que les sondages auraient peut-être un pouvoir prescripteur dans la manière d'orienter les votes. Ce qui est ressorti de cette analyse, c'est qu'il y avait certains candidats qui avaient été plutôt surestimés, surcotés on peut dire, alors que d'autres avaient été sous-évalués.

C'est notamment le cas de Jean-Luc Mélenchon, qui a été systématiquement et très largement sous-évalué par les enquêtes d'opinion, alors que certaines personnes, comme notamment Emmanuel Macron, les instituts de sondage sont parvenus à, entre guillemets, prédire son score au dixième prêt.

0:55
Présentateur

Cela fait seulement un an qu'Emmanuel Macron a été réélu à la fonction de président de la République en France. Et il fait déjà face à une immense fronde, déclenché par son entêtement, à imposer une réforme des retraites rejetée par une majorité écrasante de ses compatriotes.

1:13
Invité

Hors de France, on observe avec amusement,

1:36
Présentateur

mais aussi avec respect, les déjà trois mois de résistance des Gaulois réfractaires.

1:42
Invité

France est heureux d'avoir le type d'oblid social welfare policy qui est en train de rarer aujourd'hui, mais c'est probablement pourquoi ils sont en train de protéger ça. Et je dois dire, ces protests ont apporté moments qui sont en train de rarer aujourd'hui français. Take a look at this viral video from France, diners in the city of Bordeaux, unfazed by demonstrators protesting against recent changes to the retirement age. Even with a raging fire nearby, these people are still managing to enjoy their wine and conversation at an outdoor cafe. Wow, that is on brand.

I think it is safe to say that after a nuclear holocaust, the only creatures left standing will be cockroaches and an outlandishly relaxed wine-sipping French couple entirely unfazed by the obliteration of society.

2:28
Présentateur

Certains fronchent tout de même les sourcils et se demandent comment ces satanés français ont-ils fait pour élire un président à près de 60% et pour le vomir de manière quasi unanime quelques mois plus tard. Et si on reparlait justement de cette élection présidentielle d'il y a un an ? Un scrutin au second tour à la fois piégé et préparé de longue haleine par un grand nombre de médias mainstream. C'est notamment ce que démontre la journaliste et membres d'Akrimed, Pauline Perrenaud, dans un livre sorti récemment aux éditions Agone, Les médias contre la gauche.

Le duel Macron-Le Pen, une construction médiatique, écrit Pauline Perrenaud, une construction médiatique qui passe massivement par les sondages.

3:13
Invité

Si dimanche prochain avait lieu le premier tour de l'élection présidentielle, pour lequel des candidats suivants y auraient-ils plus de chances que vous votiez ? D'apparence anodine, cette question rituelle rythme les sondages d'intention de vote que commandent frénétiquement les médias. Pourtant, elle ne relève pas de l'information mais de la fiction et elle conduit à dépolitiser le débat politique, donc à le vider de son sens. Après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République en mai 2017, l'IFOP pose cette question pour la première fois en octobre par l'entremise du JDD. Et si on refaisait la présidentielle ?

S'enthousiasmait à l'époque le directeur de l'information, Hervé Gattegnaud, qui serinait sous le titre « Macron mieux que Macron », Le chef de l'État améliorerait son score, Le Pen serait encore deuxième, Mélenchon reculerait. À l'aube du quinquennat était ainsi donné le coup d'envoi d'un feuilleton qui allait, cinq années durant, saturer le débat politique et conduire à l'exclusion de la gauche. Le duel Macron-Le Pen.

4:08
Présentateur

De manière ravageuse, Pauline Perrenaud égrène les résultats de près de cinq ans de sondage, se servant d'une liste de candidats dont la majorité ne se présentera pas au final lors de la présidentielle de 2022. Des sondages qui martèlent le duel Macron-Le Pen et projettent par exemple Jean-Luc Mélenchon à 8% ou à 12%. Le journaliste indépendant Julien Baldassara s'est quant à lui concentré sur les deux mois précédents, la dernière présidentielle, et sur les sondages qui étaient alors publiés. Il livre le résultat de son travail de compilation et d'analyse dans un article publié sur le site du Média. Il a également accepté de répondre à nos questions.

4:48
Invité

– Alors j'ai voulu revenir sur le sujet du traitement médiatico-sondagé de certains candidats à l'élection présidentielle de 2022, tout simplement parce que j'ai constaté qu'un an plus tard, je n'avais pas vu véritablement de réel bilan de cet exercice, notamment par les instituts de sondage. Et du coup, ça me semblait pertinent de revenir sur ce sujet, parce qu'en fait, on va voir que les sondages en période électorale, en démocratie, ils peuvent avoir un certain pouvoir, notamment ils ont peut-être la capacité de fabriquer l'opinion publique.

Et voilà, on sait qu'avec la sociologie, il y a certaines personnes qui parlent même de prophéties autoréalisatrices, en tout cas que les sondages auraient peut-être un pouvoir prescripteur, notamment dans la manière d'orienter les votes. Alors ma méthodologie, elle a été très simple. En fait, je me suis basé sur une liste exhaustive de 78 sondages qui ont été réalisés par les dix instituts, par les dix plus gros instituts de sondage, sur une période de huit semaines précédant la date du premier tour, donc deux mois.

Et en fait, ce qui est ressorti de cette analyse, c'est qu'il y avait certains candidats qui avaient été plutôt surestimés, surcotés, on peut dire, alors que d'autres avaient été sous-évalués.

6:02
Présentateur

– Bien entendu, nous lui avons demandé quel candidat avait eu le privilège d'être bien évalué, la chance d'être surevalué et le malheur d'être sous-évalué. Trois profils sont ressortis des explications de notre confrère. Commençons par Emmanuel Macron.

6:19
Invité

– Alors ce qu'il faut savoir, c'est que les instituts de sondage, en fait, souvent assurent leurs arrières, si jamais ils font des erreurs trop importantes, en disant que les chiffres qu'ils communiquent ne sont que des photographies à un instant T. en aucun cas, ce sont des projections ou des pronostics. Donc, par exemple, pour Emmanuel Macron, ce qu'on peut voir, c'est que deux mois avant, il était sondé. On lui donnait, par exemple, des scores allant de 35 à 25 %, donc c'est tout à fait considérable, et c'est même au-dessus de ce qu'il a fait réellement.

Mais lorsqu'on prend la totalité des 78 sondages qui ont été réalisés sur les huit semaines qui précèdent le premier tour, on se rend compte, en ce qui concerne Emmanuel Macron, que les instituts de sondage sont parvenus à trouver son score exact le soir du premier tour au dixième près.

7:02
Présentateur

Bienheureux est-il. Julien Baldassara s'est également attardé sur le cas Éric Zemmour. Et surprise, les sondeurs le voyaient plus beau qu'il ne l'était en réalité.

7:13
Invité

Alors, s'agissant du cas d'Éric Zemmour, ce qu'on peut voir, c'est qu'en grande majorité, quand on prend toujours ces mêmes 78 sondages, lorsqu'on fait la moyenne, on y obtient un chiffre lissé de 10,5 % des intentions de vote. C'est-à-dire que les sondages l'ont crédité à 3,5 points de plus que son score réel au soir du premier tour, sachant qu'il a été même parfois crédité de beaucoup plus et que les projections les plus basses le concernant étaient à 8 %. En réalité, le soir du premier tour, le candidat de Reconquête n'obtiendra que 7 % des suffrages. Donc je pense qu'on peut dire qu'il a été quand même relativement surévalué pendant cette période.

7:54
Présentateur

On ne va pas jouer les étonnés. Le candidat sous-évalué par les sondages, c'était Jean-Luc Mélenchon.

8:02
Invité

Oui, alors Jean-Luc Mélenchon fait figure d'exception dans ce traitement médiatico-sondagier, toujours sur cet échantillon de deux mois précédant le soir du premier tour, dans la mesure où le candidat de l'Union Populaire a été très largement et systématiquement sous-évalué par les enquêtes d'opinion. Ainsi, en moyenne, Jean-Luc Mélenchon a été crédité sur les deux mois précédents, en moyenne, de 13,8 % des attuations de vote, alors qu'en réalité, le soir du premier tour, il en a obtenu 21,9.

C'est 8 points de moins que son score réel, sachant aussi que l'estimation la plus basse le concernant était même à 10,5 %, donc on est même, c'est plus du double, enfin c'est deux fois moins que son score réel le soir du premier tour, et la projection la plus haute était de 18 %, donc même quand on prend la projection la plus haute, on reste quand même largement plus bas que ce qu'il a fait le soir du premier tour.

Et ce qu'on observe, et là ce qui est plus problématique d'un point de vue démocratique, c'est que même quand on applique les marges d'erreur derrière lesquelles se réfugient les instituts de sondage quand ils publient des chiffres qui sont un peu inexacts, on se rend compte que Jean-Luc Mélenchon, par exemple, à deux semaines du premier tour, il était sondé à 16 %, donc avec une marge d'erreur appliquée vers le bas à 14, parce que les instituts de sondage prennent en moyenne toujours deux points de marge d'erreur, et quand on applique cette marge d'erreur vers le haut, on obtient 18 %.

Donc on voit que même quand on applique une marge redressée vers le haut, on voit qu'encore une fois, le compte n'y est pas s'agissant de Jean-Luc Mélenchon.

9:38
Présentateur

Pourquoi peut-on considérer, avec le recul, que ces erreurs sondagières ont pu avoir un effet sur le cours de la campagne et peut-être même sur l'issue du scrutin ?

9:48
Invité

Au-delà des chiffres bruts des sondages, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, en période électorale, les sondages d'intention de vote servent de trame au discours médiatique. En fait, ce sont les sondages de plus en plus resserrés dans le temps à mesure qu'on approche du premier tour, qui vont servir à finalement fabriquer le bruit de fond médiatique, donc sur les matinales radio, sur les plateaux télé, sur les bandeaux des chaînes d'infos en continu. Les conséquences de cette sous-estimation chronique de Jean-Luc Mélenchon pendant les deux mois qui précèdent l'élection, elles sont multiples.

La première, on la voit en fait au dernier sondage quotidien qui a été publié sur la chaîne d'information en continu, LCI, à 48 heures du scrutin. Donc, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à 48 heures du scrutin, Jean-Luc Mélenchon était annoncé à 17% des intentions de vote et Marine Le Pen à 24%. Donc, en fait, ça veut dire que dans la tête des téléspectateurs et donc potentiellement des électeurs, à moins de 48 heures du premier tour, il y a encore un écart très grand entre les deux candidats, alors qu'en réalité, on a bien vu que le soir du premier tour, l'écart entre les deux candidats était de 1%, de 1 point, pardon, l'équivalent de 420 000 voix.

Donc, on peut se demander si cette sous-estimation jusqu'à 48 heures avant n'a pas eu un impact, notamment sur l'arbitrage de certains électeurs, de gauche notamment, dans leur choix soit de voter pour leur petit candidat à gauche de cœur, on va dire, alors petit candidat évidemment avec le gros guillemets, ou plutôt de se reporter sur le candidat le mieux placé à gauche s'ils avaient estimé qu'il y avait une réelle chance pour Jean-Luc Mélenchon de passer devant Marine Le Pen.

Une autre chose problématique par rapport à cette sous-estimation de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'en fait, si les sondages étaient parvenus à restituer le duel archi serré à venir entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon à 48 heures du premier tour, au lieu de marteler comme ils l'ont fait un an auparavant, comme une évidence et une fatalité, le duel à venir entre Macron et Le Pen comme quelque chose, vraiment comme une fatalité, eh bien on peut facilement imaginer que l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon serait parvenue à installer dans le champ médiatique des éléments de langage comme la possibilité de voir la gauche au second tour, la possibilité de pouvoir faire barrage à Marine Le Pen dès le premier tour, et donc en fait, ce qu'on se rend compte, c'est que c'est presque finalement la physionomie du vote

12:17
Présentateur

qui aurait été très différente. Pour que l'on puisse bien se représenter les conséquences de cette sous-évaluation à la fois importante et systématique, Julien Baldassara a fait un peu de politique fiction. Il a pris les visuels graphiques illustrant l'état des sondages avec les chiffres un peu fantaisistes qui s'y trouvaient, et a décidé de nous montrer à quoi ressembleraient ces visuels si les sondages étaient rapprochés de ce qui allaient être par la suite les vrais résultats.

Exemple, le 5 mars 2022, France Info évoque un sondage qui place Emmanuel Macron à 30,5%, Marine Le Pen à 14,5%, Éric Zemmour à 13% et Jean-Luc Mélenchon à seulement 12% au coude à coude virtuel avec Valérie Pécresse qui au final n'aura même pas 5%. Le tableau est ainsi résumé par France Info. Présidentiel, Emmanuel Macron s'envole dans les sondages. Corrigé rétrospectivement par Julien Baldassara, ce tableau comporte des pourcentages totalement différents et une conclusion tout aussi différente. Présidentiel, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen toujours au coude à coude. Vu comme ça, évidemment que cela change quelque chose dans les perceptions.

Julien Baldassara nous montre que dans certains cas, chez certains analystes, il y a autre chose que de simples erreurs.

13:36
Invité

Si on prend un exemple précis, celui d'un article paru deux semaines avant le premier tour sur le site d'info public, donc France Info, on se rend compte qu'il y a un titre qui nous parle de la tendance haussière de Jean-Luc Mélenchon, mais qu'en réalité, France Info prend le parti de faire un chapeau dans lequel il fait intervenir un politologue qui dit que cette tendance à la hausse, sachant qu'à l'époque il parlait de 14-15%, même avec cette tendance haussière, on était encore largement plus bas que le score réel, mais en fait, il donnait la parole au politologue dans le chapeau directement pour dire que cette tendance allait s'arrêter et qu'en fait, ce 14-15% était probablement, très probablement, un plafond de verre pour Jean-Luc Mélenchon.

Donc, un maximum, une limite difficilement franchissable. Ce qui est problématique avec cet article, c'est que quand on regarde en détail le contenu du papier, on se rend compte qu'au final, il y a très peu d'arguments, sinon l'argument d'autorité est lié au titre universitaire de ce politologue et que finalement, à ce moment-là, mais aussi plus tard, rien n'indiquait que 14 ou 15% pouvaient être un plafond de verre pour le candidat de l'Union populaire.

14:44
Présentateur

J'ai demandé à Julien Baldassara quel regard il portait sur l'inflation sondagière qui caractérise le journalisme politique français contemporain et aussi si à la suite de cette bérésina de 2022, une sorte d'examen de conscience avait eu lieu au sein des rédactions et des instituts de sondage.

15:02
Invité

En soi, quand on prend du recul et qu'on réfléchit bien, en quoi on a besoin de savoir un an, six mois, deux mois, une semaine avant qui va gagner un peu comme ça dans cette espèce d'esprit de course de petits chevaux. En réalité, ce qu'on peut légitimement penser, c'est que ces sondages sont peut-être là pour, entre guillemets, conditionner le corps électoral et comme ça, dans un espèce, je ne sais pas si le mot est bon, mais dans un espèce de bourrage de crâne, l'idée, c'est de créer une atmosphère plus ou moins favorable à tel ou tel candidat.

Et du coup, ce qu'on peut se dire, c'est que ça pose probablement un problème démocratique dans le sens où quand il y a de tels écarts entre les projections et le score exact, ça met des biais dans l'élection qui sont, je pense, problématiques d'un point de vue démocratique. pour le bilan, donc particulièrement en ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, parce qu'en fait, les autres candidats, on voit qu'en fait, globalement, ils ont plutôt été bien sondés, à part Éric Zemmour qui, lui, a été surévalué. Il n'y a vraiment que Jean-Luc Mélenchon qui a bénéficié de ce traitement de défaveur qui est l'équivalent de 8 points de moins.

Alors moi, ce que j'ai vu, c'est qu'à part un article du Monde qui essayait de faire le bilan de tout ça, mais sans vraiment tenter d'expliquer cette sous-évaluation chronique, il n'y a pas eu véritablement de bilan et en fait, de comptes à rendre du point de vue des instituts de sondage, sinon les traditionnels marge d'erreur de moins 2 ou de plus 2. Donc en fait, ce qu'on se rend compte, c'est qu'il n'y a pas véritablement de bilan ou d'explication qui ont été données par rapport à cette sous-estimation de Jean-Luc Mélenchon.

16:44
Présentateur

Il faut savoir que même le temps de parole des candidats en campagne, tel que calculé par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, dépend en tout cas en partie, des résultats des études d'opinion. Dans quelle mesure un tel fiasco sondagier, voulu ou pas, peut-il être assimilé à un brouillage du jeu électoral, voire à une entrave à la sincérité du débat ? Les discussions sont ouvertes. N'oubliez pas de signer la pétition pour que le média, votre média, soit diffusé à la télévision en allant sur une-télé-pour-vous-le-médiatv.fr. Soutenez le média, restez connectés au média.