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Podcast / conversationINA Histoire· 13 juin 2019 56 minPortrait personnelDéfenseInstitutions & élections

Alain Decaux : La Fin De Rommel | Archive INA

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 44:30PrésentateurFait
    « l'attentat du 20 juillet a eu lieu »
  • 45:13PrésentateurChiffre
    « on arrête les gens par centaines, par milliers »
  • 45:24PrésentateurFait
    « il y aura des gens qui seront traduits devant le tribunal du peuple »
  • 45:39PrésentateurChiffre
    « il n'y aura que des sentences de mort »
  • 45:46PrésentateurFait
    « on les pend avec des cordes à piano pour que leur agonie dure plus longtemps »
  • 47:55PrésentateurFait
    « on va discuter de votre prochain emploi »
  • 49:36PrésentateurFait
    « ils sont venus me dire que je suis soupçonné d'avoir eu partie liée avec les conjurés du 20 juillet »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

14 octobre 1944, le village d'Erlingen, près d'Ulm, en Allemagne, une maison, c'est la maison du maréchal Rommel. Un nom qui évite évidemment bien des explications. Et là, ce 14 octobre, il y a deux hommes avec le maréchal Rommel. Ce sont deux généraux, le général Borgdorff et le général Meiser. Et ces hommes sont venus apporter à Rommel un message d'Hitler. Il est accusé d'avoir trempé dans le complot du 20 juillet contre le Führer. Par conséquent, il doit payer. Alors, à lui de choisir. Ou le tribunal du peuple, et tout ce qui peut s'en suivre, c'est-à-dire la pendaison, Ou le poison, qu'il prendra immédiatement, et les deux généraux, Borgdorff et Meisel, ont apporté le poison avec eux.

Voilà donc, le 14 octobre 1944, le dilemme tragique qui est proposé à Erwin Rommel. Erwin Rommel, le plus populaire de tous les généraux de l'armée allemande, non seulement le plus populaire en Allemagne, mais aussi, et voilà la rareté, le plus populaire auprès de ses ennemis. Voilà en effet, ce que présente de singulier le cas du maréchal Rommel. C'est par ses ennemis, que sa légende s'est créée. En Afrique du Nord, en Libye, les Anglais vivaient dans la quiétude. Ils avaient chassé les Italiens. Et puis un beau jour, un général allemand est arrivé avec un corps expéditionnel.

Et tout à coup, les Anglais ont vu que ce général allemand prenait l'initiative et devenait une sorte de tornade, de mascarée, de simondes. Et cette guerre qui en a découlé, eh bien, les Anglais ont remarqué qu'on la leur faisait suivant les anciennes règles de la guerre. Cette guerre, les Anglais ont remarqué que c'était une guerre de gentlemen. Et on a commencé à parler du général Rommel. Et plus on a été, et plus on a parlé du général Rommel, et plus on l'a admiré. Il y a un mot étonnant du critique militaire britannique Lidlart, qui dit ceci, « Les Anglais ont voué à Rommel une véritable affection. » Et on ne peut pas accuser Lidlart de sympathie pronasie.

Alors voilà la situation de Rommel, situation étrange. « Oh, je sais bien, je sais bien qu'un livre vient de paraître en Allemagne, un livre qui, paraît-il, fait grand bruit, un livre qui se veut une entreprise de démystification de Rommel. Alors on le dépeint sous des couleurs très sombres, et tout ce qu'on nous avait appris à admirer dans Rommel, on veut l'anéantir. Alors il faut attendre de lire ce livre, bien sûr, mais on nous en a donné déjà quelques résumés. Et nous savons qu'on le dépeint dans ce livre comme particulièrement brutal, exigeant, mais ça nous le savions qu'il était brutal et qu'il était exigeant. Mais ça n'est pas particulièrement un défaut.

Alors, quant au reste, quant à l'entreprise elle-même, vous savez, tous les gens qui ont compté dans l'histoire ont été victimes de pareilles entreprises. On veut démythifier, et très souvent, c'est plutôt l'auteur du livre lui-même qui s'amenuise vis-à-vis de ceux qui le lisent plutôt que celui qu'il a voulu amoindrir. Alors qui est Rommel ? Il est né près d'Houlme. En 1891, son père est un professeur de mathématiques. Cinq enfants à la maison. Le petit, eh bien, le petit, c'est un enfant très timide, à l'école, peureux, réservé, trop docile, effacé. Et quand il est au lycée, eh bien, il est mauvais élève.

Le professeur dit le jour où Rommel fera une dictée sans faute, eh bien, nous louerons un orchestre et nous partirons passer une journée à la campagne. Alors justement, il fait une dictée sans faute. Et puis on ne part pas avec un orchestre pour la campagne, bien sûr. Alors il est déçu, il rentre dans sa médiocrité. Tout change avec l'adolescence. On a l'impression d'une chrysalide qui éclate. D'un seul coup, c'est un garçon énergique qui se révèle, un garçon têtu, qui sait très bien où il va, qui se passionne pour ses études. Il se passionne aussi par l'aviation. C'est le lot de tous ces jeunes gens qui vivent vers les années 1910. Et c'est justement en 1910 qu'il choisit un métier.

Il sera soldat, il s'engage comme simple recrut. Huit mois de classe. En 1912, il est sous-lieutenant après être entré à l'école militaire. Pendant ses études à Danzig, il a rencontré une jeune fille. Elle s'appelle Lucie. Il en est tombé amoureux. Il décide de se marier, mais il faut attendre, attendre bien sûr, que tout de même le sous-lieutenant Rommel soit inséré dans l'existence. Et ce qui se présente à lui, eh bien c'est la guerre. Au fond, c'est une chose normale pour un soldat. Il apprend à faire la guerre et voilà qu'il va faire la guerre. Et dès les premiers engagements, eh bien, Rommel est blessé, on le soigne, il repart et il fera une très belle guerre.

On le verra décoré de la croix de fer, devenir lieutenant. Et en Italie, à la tête d'un bataillon, il fera quelque chose d'assez extraordinaire. Sur le front italien, eh bien, il fera 10 000 prisonniers en deux jours, avec son simple bataillon. Et puis un peu plus tard, le capitaine Rommel, avec 6 hommes, s'empare d'une garnison toute entière. Alors il reçoit la décoration pour le mérite qui est la plus élevée, celle que l'on réserve en général aux généraux. Et puis voilà la fin de la guerre. Normalement, il devrait redevenir civil, il devrait rentrer dans la vie civile, puisque le traité de Versailles n'a laissé à l'Allemagne qu'une petite armée de 100 000 hommes avec 4 000 officiers.

Et il a de la chance, il est parmi les 4 000 officiers, parmi ceux qui ont été retenus. Alors il sera instructeur. Entre-temps, il s'est marié. Il s'est marié d'ailleurs pendant la guerre, en 1916. Il vit maintenant avec sa femme. Il est très heureux, semble-t-il. Il semble que ce fût un ménage uni, que le ménage Rommel, ils auront un petit garçon en 1928, qu'on appellera Manfred. Et puis, il est nommé, major, commandant d'un corps de chasseurs alpins à Gosselard, en Basse-Saxe. Il arrive dans ce corps. Il a tout de même déjà 43 ou 44 ans. Et il y a des tout jeunes officiers. Alors on est en montagne.

Et les officiers, comme c'est l'hiver, proposent au major, avec peut-être une petite arrière-pensée, de faire une balade à ski, de monter là-haut, tout là-haut, et puis de redescendre. Mais il n'y a pas de remont de siège à cette époque-là. Il n'y a pas de remont de pente, plutôt. Et on fait ça à pied, on monte. C'est fatigant. Puis après, on descend. Et le major Rommel est frais comme l'œil. Il est là-haut. Et puis il redescend plus vite que tous les autres. Il est le premier en bas. Alors tout de même, on salue. On est un peu fatigué par cette épreuve.

Et le major Rommel dit, « Mais messieurs, c'était tellement intéressant, tellement abusant, que nous allons recommencer, si vous voulez bien. » Et voilà qu'il entraîne ses jeunes officiers là-haut une seconde fois. Et il redescend encore plus vite. Ils sont absolument épuisés. Mais lui est admirable de désinvolture. Il dit, « Messieurs, vraiment, cette promenade m'a enchanté. Voulez-vous que nous recommencions une troisième fois ? » Et il recommence. De sorte que les officiers, les jeunes officiers, sont complètement près du coma lorsqu'ils arrivent en bas.

Et à ce moment-là, alors qu'ils pensent enfin aller boire un verre et fumer une cigarette et se reposer, le major Rommel dit, « Eh bien, maintenant, je vois là-bas une piste de slalom. Je vous engage à y aller avec moi. Nous allons passer une excellente heure maintenant. » Alors là, à partir de ce moment-là, les jeunes officiers ont pensé qu'il ne fallait pas mettre leur major en difficulté. Et voyez-vous, c'est une image de Rommel. Ça, c'est une image de Rommel. On la retrouvera plus tard. Souvent, c'est un homme qui s'impose d'emblée à ceux qui doivent lui obéir. Et qui est... Je parlais d'exigence tout à l'heure. C'est vrai qu'il est exigeant avec ses hommes, avec ses officiers.

Mais il est surtout très exigeant avec lui-même. Et c'est pour ça que les hommes l'aiment. 1935, quelqu'un qui arrive à Goslar, c'est tout simplement Hitler. Il fallait qu'il arrive, qu'il entre dans cette histoire. Hitler connaît Rommel parce que Rommel a publié quelques années avant un livre, pendant qu'il était instructeur. un livre qui s'intitule « L'infanterie attaque » et c'est un excellent manuel de stratégie. Et ce manuel a eu un lecteur, Adolf Hitler. Et puis Adolf Hitler est arrivé au pouvoir en 1933. Rommel, eh bien, Rommel ne fait pas de politique. Mais il a regardé autour de lui les nazis et il n'a pas beaucoup aimé.

Il dit « Quel dommage que cette bande de voyous constitue l'entourage d'Hitler. » Oui, parce qu'il fait une différence. Il n'aime pas les nazis mais il éprouve pour Hitler du respect. Pour lui, Hitler est un idéaliste et c'est un homme qui unifiera l'Allemagne. C'est un homme qui préservera l'Allemagne des communistes. Alors, respect pour Hitler. Et quand Hitler se présente en 1935, à Goslar, eh bien, le major Rommel est prêt à le recevoir. Lorsqu'il reçoit un officier SS qui lui annonce qu'il défilera devant Hitler mais que devant lui défileront les SS. Il n'en est pas question, dit le major Rommel. Pas de SS devant l'armée. L'officier SS s'en va interloquer et revient un instant après.

Himmler et Goebbels convoquent Rommel auprès d'eux. Il arrive, prêt à subir une algarade et il trouve deux hommes souriants qui disent « Major, c'est une erreur. Naturellement, les SS ne doivent pas passer devant l'armée. Alors, vous défilerez le premier devant le Führer. » Et c'est ce qu'il fait à la tête de ses hommes. Et ensuite, Hitler lui serre la main et le félicite. C'est la première fois que les deux hommes se parlent. Ensuite, il redevient instructeur, il est colonel et Hitler se souvient de lui lorsqu'il entre en Tchécoslovaquie à l'automne de 1938 et c'est lui qui sera, lui, Rommel, chef de l'escorte d'Hitler.

Et de nouveau, il sera chef de l'escorte d'Hitler en mars 1939 quand Hitler entrera à Prague. Et le colonel Rommel se voit poser une question par Hitler qui lui dit « Bon, je suis dans la ville, maintenant, qu'est-ce que vous me conseillez, colonel ? » « Eh bien, dit Rommel, « Mein Führer, je vous conseille d'aller tout droit au Ratschinen, c'est le château qui est tout à fait au centre de Prague, d'aller tout droit au Ratschinen en voiture découverte et sans escorte. Parti de poker. Mais Hitler suit le conseil et il gagne. » Alors maintenant, Rommel est un homme auquel il pense et en août 1939, Rommel est major général et attaché à l'état-major du Führer.

De sorte que Rommel sera aux côtés d'Hitler pendant toute la campagne de Pologne et là, il découvrira la force considérable des blindés. Il apprendra que dans la guerre moderne, l'arme essentielle, c'est les blindés. De sorte que maintenant, son rêve, c'est de commander une formation blindée et c'est exactement ce qu'il obtient. Dès le 10 mai 40, il va foncer à la tête de sa division blindée, de sa Panzer Division.

D'abord en Belgique, il franchit la Meuse et puis ensuite, il fonce sur l'île, il participe à la grande manœuvre d'encerclement des Franco-Britanniques, il foncera sur la Somme, sur la Seine, s'engagera en Picardie, en Normandie, livrera bataille et gagnera à Saint-Valéry-en-Caux et ensuite s'emparera de la ville de Cherbourg. Campagne éclair, campagne remarquable, il fait pendant ces quelques jours car finalement, hélas, ça n'est que quelques jours, il fait 100 000 présidents. Février 41, Rommel est chez lui à Erlingen en permission. Lorsqu'il reçoit un coup de téléphone, il est convoqué auprès du maréchal von Brochitsch et également auprès du chancelier Hitler.

Il va voir Brochitsch d'abord qui lui apprend qu'il est nommé commandant d'un corps expéditionnaire en Afrique du Nord, en Libye. Il est commandé, il commandera une division blindée et une division légère. Il doit partir sur le champ mais auparavant voir Hitler. Et il voit Hitler. Et Hitler lui dit qu'on l'a désigné à lui comme l'homme le plus compétent pour rétablir la situation en Afrique du Nain. Quelle est-elle cette situation ? Eh bien, dès septembre 40, les Italiens commandés par le maréchal Graziani ont attaqué à la frontière de l'Égypte les Anglais commandés par le général Weaver.

Et ils ont enfoncé littéralement les Anglais car les Italiens avaient une supériorité numérique considérable et un matériel beaucoup plus important que les Anglais. Et les Italiens sont allés prendre position à Sidi Barani et de là car vraiment les forces anglaises étaient presque misérables de là ils auraient pu foncer jusqu'à Alexandrie sans rencontrer beaucoup d'opposition.

C'est ce que Graziani n'a pas fait il a préféré se fortifier dans Sidi Barani attendre un peu plus tard il a eu tort d'attendre parce qu'entre temps ce sont les Anglais qui se sont fortifiés et Wevel au mois de décembre 40 a attaqué dans l'autre sens a bousculé Graziani l'a chassé de Sidi Barani a pris sur le long de la côte Bardia et puis ensuite Tobrouk et enfin Benghazi la Syrénaïque était perdue pour Graziani les Italiens venaient de rencontrer une défaite écrasante et c'est là qu'Hitler a décidé d'intervenir car il jugeait le point infiniment stratégique qu'il avait raison et il a décidé d'envoyer Romain et en mars avril 1941 voici donc Rommel Rommel en Afrique du Nord et voici Rommel qui aussitôt ne trouvant même plus à côté de lui Graziani qui s'est démis de ses fonctions Rommel qui prend le commandement de son corps expéditionnaire qu'on appellera bientôt l'Africa Corps je dis bien l'Africa Corps car on m'a signalé que c'était la vraie prononciation quoique tout le monde est moi le premier et dit jusqu'ici Africa Corps mars avril 1941 Rommel Rommel bouscule les anglais reprend Benghazi traverse le désert et vient buter devant Tobruk il met le siège devant Tobruk et il n'arrive pas à prendre Tobruk car Tobruk est très fortifié et pendant l'été de 1941 c'est la guerre de position chacun s'observe Wevel est remplacé par Otsinleck et c'est Otsinleck qui va donner l'offensive et qui va chasser Rommel de ses positions voilà que Rommel repère tout le terrain conquis et voilà maintenant qu'il a reperdu lui aussi la Syrénarie ce n'est qu'en janvier en janvier 1942 que Rommel va attaquer de nouveau il fonce et cette fois c'est la grande campagne c'est celle qui assurera la gloire éternelle de Rommel parce qu'il prend Bengenzi cette fois il prend Tobruk cette fois il prend Bardia il prend tout les anglais refluent refluent refluent sans cesse le voilà à la frontière de l'Egypte il franchit cette frontière il est en l'Egypte il prend Sidi Barani il est là il a gagné et le monde entier parle de Rommel c'est alors que Hitler le fait maréchal il est maintenant le maréchal Rommel et il est maintenant devant des positions qui s'appellent El Alamène il ne se doute pas que sur ces positions d'El Alamène l'attend un certain Montgomery il est malade Rommel à cette époque là très malade vous savez les conditions de vie étaient très dures il y a des mois qu'il est là dans le désert dans la chaleur qu'il se bat les hommes d'ailleurs sont très souvent atteints de dysenterie il y aura peut-être plus de morts par la dysenterie que par balle dans cette campagne il est lui-même très malade il tient à peine debout on le traîne dans un camion il a le foie extrêmement malade et également sa tension qui a galopé qui est devenue très trop grande trop forte et les médecins le supplient d'aller se soigner en Europe il part et c'est là sur son passage qu'il rencontrera d'abord Mussolini le Deutsch en Italie et puis un peu plus tard qu'il rencontrera en Allemagne Hitler qu'il le félicitera mais à qui il demandera il ne cessera de demander des renforts disant ça n'est pas possible on me laisse réduit à moi-même je n'ai pas assez d'hommes je n'ai pas assez de chars il me faut encore des chars et l'essence est-ce que l'essence arrive ?

non elle n'arrive pas il faut dire que tous les convois qui arrivent qui portent tout ce matériel et ces renforts en Afrique du Nord convois allemands convois italiens sont très souvent coulés par la flotte britannique de la Méditerranée alors il se soigne le 24 octobre un coup de téléphone c'est Hitler qui l'appelle lui-même et qui lui dit Montgomery a pris l'offensive à El Alamène alors Rommel repart c'est la grande bataille d'El Alamène là où Montgomery et ses alliés je dis et les alliés parce qu'il n'y a pas que les britanniques il y a aussi les australiens il y a les néo-zélandais il y aura aussi dans cette guerre quelques français Montgomery a pris l'initiative et Montgomery va battre Rommel et cette fois c'est la gloire de Montgomery qu'on chantera et voici que Rommel reflut, reflut, reflut sans cesse vers l'ouest il perd tout et même Tripoli il perdra Tripoli ça n'était plus possible les anglais avaient reçu sans cesse du matériel des renforts de toutes sortes les nouveaux chars anglais étaient très supérieurs aux chars allemands ils étaient bien ravitaillés par Rommel alors de nouveau il ira voir Hitler et il le suppliera il lui dira nous avons perdu la partie en Afrique du Nord il faut maintenant sauver les hommes laissons le matériel tant pis mais sauvons les hommes embarquons les hommes et Hitler refuse et à ce moment là Rommel qui jusque là avait toujours eu cette sorte de confiance dans Hitler Rommel est déçu par Hitler c'est sa première grande déception d'Hitler il voit cet homme s'accrocher à l'impossible ne pas faire réellement la réflexion qui convient devant la réalité il se dit mais enfin où va-t-il cet homme là qu'est-ce qu'il veut le sait-il lui-même il retournera en Afrique du Nord il sera en Tunisie il livrera une bataille aux américains parce qu'entre temps les américains ont débarqué et les voici face à face Rommel et les américains il bat les américains c'est sa dernière victoire de nouveau très malade la gorge entourée de pansements ne tenant plus debout il repart pour l'Europe et bientôt l'Afrique a corps n'existera plus il est allé voir Hitler encore et Hitler l'a reçu dans son repère du loup là-bas en prise orientale il a trouvé un Hitler très différent un Hitler qui ne plastronne plus un Hitler qui est là seul avec lui et Rommel ose lui dire mais Mein Führer est-ce que vous croyez encore que nous pourrons remporter la victoire sur l'un ou l'autre front et Hitler c'est l'un des rares moments qu'on lui connaisse où il est avoué la vérité profonde et Hitler répond non je ne le crois plus alors dit Rommel il faut tirer la leçon de ça il faut faire quelque chose oui dit Hitler je sais je sais que je devrais traiter avec l'un ou l'autre mais c'est eux qui ne veulent pas traiter avec moi et alors là Rommel sent que vraiment cet homme ne pense plus à lui-même qu'à l'Allemagne puisqu'il le font puisqu'il sait qu'il ne gagnera plus la guerre il devrait au moins se retirer puisqu'on ne veut pas traiter avec lui et que d'autres traitent ainsi épargnerait-il à l'Allemagne la catastrophe finale voilà ce que pense Rommel et il part il part littéralement angoissé et on va le soigner pendant sept semaines dans un hôpital et dans cet hôpital il recevra des camarades des amis et ceux-ci lui ouvriront les yeux lui diront des choses qu'il épouvante lui il amenait sa guerre en Afrique et il croyait que tout le monde l'amenait de la même manière et non pas du tout et voilà qu'on lui apprend les atrocités en Pologne les atrocités en Russie voilà qu'on lui apprend l'existence des camps de concentration voilà qu'on lui apprend l'extermination des juifs tout il découvre tout dans quelques jours en quelques semaines et il est encore plus épouvanté il se dit mais enfin voilà où en est l'Allemagne et par qui par la faute de qui et il ira encore voir une fois Hitler et lui parlera il lui dira mais Mein Führer voilà ce que j'ai appris est-ce que vous pensez qu'il faut continuer dans cette voie vous ne pouvez pas tolérer l'intolérable et Hitler est furieux Hitler lui répond par des mots blessants et même il y aura une algarade dans une de ses rencontres avec Hitler Hitler le chassant littéralement Rommel tournant les talons et dans l'antichambre il sentira une main qui se pose sur son épaule c'est Hitler qui est sorti et qui l'a rattrapé et qui lui dit excusez-moi je suis un peu nerveux en ce moment alors tout cela pour Rommel est quelque chose c'est comme un monde qui s'effondre et il comprend que les crimes nazis finalement ce sont aussi les crimes de Hitler il a accordé par une sorte de faiblesse jusque là les circonstances atténuantes à Hitler et maintenant non il ne les accorde plus tout ça c'est à mettre dans le même sac c'est le temps où il est nommé en Italie commandant d'un groupe d'armée ça ne dure pas très longtemps parce qu'à l'automne de 1943 il est nommé inspecteur des défenses côtières depuis le Danemark jusqu'à la frontière espagnole c'est beaucoup le voilà au Danemark avec l'un de ses adjoints l'amiral Roug il inspecte en quelques jours les défenses côtières de toute façon le débarquement car on n'attend que ça le débarquement le débarquement ce n'est pas là au Danemark il interviendra de sorte qu'il part rapidement pour la France il s'installe à la Roche-Guillon et comme inspecteur eh bien il inspecte mais vous savez Rommel inspectant ça n'est pas la moindre des choses car ce qu'il a inspecté c'est ce qu'on appelle le mur de l'Atlantique alors le voilà qui circule tout le long de l'Atlantique et de la Manche il part dès le matin 6h du matin roule toute la journée va de cantonnement en cantonnement de QG en QG rencontre des chefs de groupe des chefs de corps d'armée des généraux des colonels des commandants des simples soldats il leur part il les interroge il se rencontre par lui-même et il s'aperçoit que le mur de l'Atlantique c'est une gigantesque plaisanterie et oui c'est vrai il y a des admirables ouvrages bétonnés on les photographie sans cesse et ce sont eux qui paraissent dans la presse mais ces ouvrages bétonnés combien y en a-t-il il y en a de loin en loin alors c'est vrai que sur certaines plages il y a de l'artillerie mais cette artillerie n'est même pas couverte on n'a même pas eu le temps ni l'occasion ni la volonté de créer des abris bétonnés pour cette artillerie elle est à l'as au ciel ouvert risquant d'être anéanti par les bombardements quand on voudra quand les autres voudront alors il prend des initiatives il demande que l'on fasse ceci que l'on fasse cela il est dix hommes à lui tout seul mais voilà c'est qu'il n'a pas l'autorité il doit tout transmettre au général au maréchal von Rundstedt qui prend les décisions alors il ne se sent pas à l'aise car enfin lui ce qu'il aime c'est que là-bas comme en Afrique c'est commandé et qu'on l'obéisse directement il demande un commandement indépendant il l'obtient et il est au début de 44 commandant des forces de la Hollande à la Loire alors là il peut travailler et son historien britannique Desmond Young qui l'admire nous dit qu'il est heureux qu'il n'ait pas été nommé plus tôt qu'il est heureux qu'il n'ait eu au fond que quelques mois devant lui parce que ce qu'il a accompli justement dans ces quelques mois est étonnant il a renforcé considérablement ces défenses qui n'existaient qu'à l'état d'hypothèse c'est ainsi que les mines et bien en trois ans on avait posé deux millions de mines on était content d'avoir posé deux millions de mines savez-vous ce qu'en quatre mois fera Rommel il posera quatre millions de mines et son projet s'est en posé cinquante millions de mines et peut-être cent millions s'il le peut et imaginez qu'il ait réussi alors les alliés débarquant qu'est-ce qu'ils auraient trouvé un véritable tapis de mines s'étendant jusque loin à l'intérieur du territoire français le débarquement échoué et pour ces mines car on ne lui en livre pas assez et bien il a l'idée d'utiliser des vieux obus et il fait fabriquer des mines avec des vieux obus et puis il invente des gadgets sur les plages pour empêcher le débarquement des chars et des hommes il implante des piquets partout sur les plages ça n'est pas grand chose mais au bout de ces piquets il installe des mines les mines sont cachées par la marée elles sont attachées avec des cordages et elles devront sauter au moindre choc alors voilà tout ce que fait Rommel et en même temps il est lucide en même temps il sait le risque immense que court l'Allemagne car il sait que si les alliés débarquent à peine auront-ils mis le pied sur la terre on ne pourra plus les chasser il le sait parce qu'il sait à quel point l'aviation alliée est toute puissante il l'a vu en Afrique et il a souffert de l'absence et la Luftwaffe alors ce qu'il essaye de démontrer aux gens du haut commandement à ceux qui entourent Hitler c'est qu'il faudra clouer les alliés dans la mer le jour du débarquement ça n'est pas la thèse du haut commandement le haut commandement dit qu'il faut les laisser poser les pieds sur la terre et ensuite on les on les rejettera à la mer Rommel n'est pas de cet avis et c'est lui qui a raison alors il prépare de son mieux ce qu'il faut pour faire face au débarquement sans croire qu'il puisse gagner c'est un climat difficile pour un soldat et il est là dans ce paradoxe c'est qu'il ne croit plus à la victoire il ne croit plus à la victoire il le sait il le dit autour de lui et en même temps il prépare tout pour éviter la défaite et maintenant il va plus loin il sait que cette catastrophe dont il sent que l'Allemagne est menacée il sent qu'on va anéantir l'Allemagne si on n'arrête pas la guerre et bien on ne pourra maintenant éviter cette catastrophe qu'en se débarrassant d'Italie et voilà au début de 1944 la réflexion à laquelle est arrivé Erwin Rommel et il ne fait pas qu'il pensait il agit depuis quelques mois des gens en Allemagne étaient arrivés à la même conclusion il fallait sauver l'Allemagne et pour sauver l'Allemagne se débarrasser d'Hitler ces gens là étaient des conjurés qui s'étaient réunis à la tête de la conspiration le bourgmestre de Leipzig le docteur Kördeler et aussi le général Beck ancien chef d'état-major général limogé par Hitler à la veille de la guerre et ces gens avaient réuni dans toute l'Allemagne tout un réseau de conspirateurs il y avait là des gens de l'état-major des gens du haut commandement des hauts fonctionnaires et ces gens se réunissaient clandestinement pour prévoir le moment où il serait temps et comment aussi on se débarrasserait d'Hitler et parmi les conjurés il y avait un certain docteur Strölin bourgmestre de Stuttgart et Strölin était un ami de Rommel Rommel on avait cité son nom dès les premiers temps de la conspiration parce que ce n'était pas tout de libérer l'Allemagne d'Hitler qu'est-ce qu'on mettrait après Hitler alors on on avait cherché un homme accepté par tous un homme populaire un homme accepté aussi par les autres par les alliés un homme estimé par les alliés il n'y en avait pas tellement parmi le haut personnel allemand il y en avait un Rommel et c'est alors que les conjurés ont décidé mais voilà l'homme qui succédera à Hitler ce sera Rommel au mois d'août 1943 le docteur Strölin avait avec Gerdeler rédigé un document ce document c'était une demande pour que soient arrêtées les persécutions des juifs et des églises pour que soient rétablis les droits civiques pour que le parti n'exerce plus sa main mise sur la justice ce document il ressemble bien à Strölin Strölin ancien nazi il faut le dire mais qui en 1938 lors de l'affaire de la Tchécoslovaquie s'était séparé brutalement d'Hitler et depuis il était anti-nazi et il militait contre Hitler depuis 1939 en tant que bourgmestre de Stuttgart il a sauvé de nombreux juifs pendant la guerre et également et ça nous devons nous français nous en souvenir et également 25 résistants français condamnés à mort qui l'a sauvé alors il Strölin demandait officiellement tout cela que la politique de l'Allemagne nazie change en quelque sorte et il avait envoyé ce document au ministre de l'intérieur on lui avait répondu si vous continuez dans cette voie vous serez pendu alors il avait compris ça n'est pas par les voies légales qu'on pourrait s'en tirer et le document il l'avait remis un jour à madame Rommel et madame Rommel l'a remis à Rommel en décembre 1943 et Rommel a été passionnément intéressé par ce document parce que c'était ses idées qu'il y avait dans ce document alors Rommel a souhaité rencontrer Strölin et la réunion a eu lieu à Erlingen en février 1944 février 1944 imaginez ces deux hommes qui sont là face à face et ces deux hommes qui vont parler ensemble entre 5 et 6 heures oui 6 heures de rang et tout y passe et le passé et Hitler et l'avenir et l'Allemagne et ce qu'il fallait faire à tout prix pour sauver l'Allemagne et Strölin parle de la conspiration et il dit à Rommel il faut que vous donniez votre nom au mouvement nous avons besoin de vous et Rommel n'est pas contre il dit il faut encore essayer il faut encore essayer de convaincre Hitler et si nous n'y parvenons pas et bien oui je serai avec vous un peu plus tard on nomme comme chef d'état-major de Rommel le général Speidel c'est une chance car le général Speidel est lui-même un déconjuré et c'est lui qui établira désormais le contact entre les conjurés et Rommel et aussi le contact entre un autre conjuré de haut rang qui est en France qui est le général von Stultnagel Stultnagel gouverneur militaire de la France c'est le 15 mai 1944 qu'à Mareil-Marly près de Saint-Germain se rencontrent Stultnagel et Rommel et ils sont d'accord on va prévoir des négociations de paix avec l'Ouest avec Eisenhower avec Montgomery mais pour cela il faut se débarrasser d'Hitler et voici ce qu'on attendait ce qu'on attendait c'est-à-dire le 6 juin le débarquement les plages envahies l'armada alliée et ce jour-là le 6 juin Rommel est à Erlingen il revient sur le champ et il s'est produit ce qu'il redoutait avant toute chose c'est-à-dire que les alliés ont pris pied et avant le soir du 6 juin ils ont deux têtes de pont et comme l'a prévu Rommel l'aviation dans le ciel l'aviation qui est là omniprésente qui couvre le ciel qui obscurcit presque le soleil et les colonnes blindées allemandes arrêtées clouées au sol ne pouvant pas faire leur mouvement tout est arrêté par l'aviation et il faut penser à cet homme à ce Rommel qui est là entre deux solutions et surtout entre deux actions l'action de se battre pour empêcher les alliés d'aller plus loin de s'implanter en Europe et en même temps l'espoir de mettre fin à la guerre ça n'est peut-être pas aussi contradictoire qu'on pourrait le penser parce que oui il veut négocier mais il veut négocier en position de force si possible alors il arrête les armées comme il le peut et de son mieux il se bat bien le 12 juin Rommel Rommel adresse un message à Hitler il tient sa promesse on essaiera a-t-il dit d'influencer Hitler il dit tout il dit ça n'est plus possible la bataille est perdue nous ne pouvons plus tenir il y a déjà eu 100 000 morts et blessés 100 000 hommes hors de combat de notre côté nous n'en avons reçu que 4 000 et 5 000 nos forces s'amenuisent nous ne pouvons pas tenir alors il faut tirer les conséquences de la situation et Himmler lettre morte rien rien du tout le 17 juin Hitler vient pourtant conférence à 60 à la conférence il y a Rommel et von Rundstedt et von Rundstedt et Rommel parlent et disent à Hitler nous ne pouvons pas continuer le combat dans ces conditions il faut mettre fin à ce combat au tout au moins il faut retraiter il faut commencer une retraite jamais dit Hitler pas de retraite ainsi il est toujours le même ainsi il ne comprend pas il ne veut pas comprendre il s'abstine il jette l'Allemagne à terre et Rommel communique à Speidel ses avis et Speidel les communique aux conjurés et maintenant on a décidé on tuera Hitler le 20 juillet il n'est pas sûr que Rommel ait su il n'est pas sûr que Rommel ait su qu'on allait tuer Hitler mais comment n'aurait-il pas pensé que le mouvement qu'il a prouvé pouvait aboutir à autre chose le 20 juillet 44 en Prusse orientale à son quartier général le colonel von Stoffenberg sera chargé de déposer une bombe et Rommel ne verra rien de l'attentat du 20 juillet parce que le 17 juillet il est dans sa voiture il quitte à 16 heures le quartier général de Sepp Dietrich car on lui a téléphoné que les alliés viennent de réussir une nouvelle percée alors il part pour son propre quartier général il se dirige vers Livaro Livaro et là il aperçoit au dessus de Livaro 8 bombardiers alors il ordonne que sa voiture s'engage sur la route de Vimoutier il roule sur cette route de Vimoutier lorsque 2 chasseurs bombardiers arrivent volant en rase-motte et venant au devant d'eux un ordre au chauffeur Daniel vite vite roulez tournez à droite à 300 mètres il y a un petit chemin avec des armes et le chauffeur précipite la voiture vers ce petit chemin vers ces armes mais les chasseurs sont sur eux beaucoup plus vite et tout à coup c'est la mitraillade c'est le chauffeur qui est atteint blessé grièvement qui perd le contrôle de son véhicule la voiture qui glisse qui tourne qui tourne sur elle-même qui s'écrase dans un fossé Rommel a été blessé grièvement à un oeil et puis sa tête a porté contre la voiture 3 fois il est là inconscient il a été jeté hors de la voiture il gît sur le sol on le traîne à l'abri on le portera chez toujours inconscient chez des religieuses françaises c'est un médecin français qui lui donnera ses soins et il dira il est perdu on l'emportera on le portera dans un hôpital militaire à Bernay on le soigne les médecins diagnostiquent 3 fractures du crâne 2 à la tempe et une à la base du crâne en même temps blessure à l'oeil et de nombreuses coupures et contusions au visage perdu et bien on l'a cru et il reprend conscience et quelques jours après et bien il surprend tout le monde par sa vitalité on le conduit à l'hôpital militaire du Véziné près de Paris c'est là qu'on le soignera et des amis venus le voir quelques jours après le trouveront à leur immense surprise assis sur le lit alors qu'on l'oblige à rester étendu il a repris toute sa vitalité il va très bien et même quelques jours après un homme il le trouvera en train de se raser le 8 août il exige qu'on le transporte en Allemagne chez lui à Erlingen il en a assez de l'hôpital et on le transporte à Erlingen il est soigné par des médecins de Ulm où il se rend régulièrement on vient également le soigner chez lui et enfin il est là avec sa femme son fils Louis Manfred est mobilisé quoique n'ayant que 15 ans vous savez on mobilise tout le monde à cette époque là et Mme Rommel est surprise parce que elle ne reçoit pas de demandes de nouvelles personne n'appelle du quartier général d'Hitler personne aucune personnalité nazie n'appelle Keitel n'appelle pas Yoel n'appelle pas le haut commandement n'appelle pas personne c'est le silence alors qu'autrefois Rommel était tellement choyé mais pourquoi et bien c'est qu'entre temps l'attentat du 20 juillet a eu lieu et oui Stoffenberg comme il en avait reçu l'ordre a posé une bombe dans une serviette au pied d'Hitler sous la table là et puis il est parti et puis voilà l'incroyable hasard la coïncidence inouïe quelqu'un a été gêné par cette serviette qui était là sous la table a pris la serviette et la portait ailleurs derrière un pilier et quand la bombe a explosé elle n'a pas tué Hitler il n'est plus resté de la salle qu'un enchevêtrement que Hitler montrera un peu plus tard à Mussolini venu lui rendre visite mais surtout la répression a commencé une répression implacable impitoyable on arrête les gens par centaines par milliers tous ceux qui ont touché à l'attentat tous ceux qui n'y ont pas touché tous ceux qui sont soupçonnés il y aura des gens qui seront traduits devant le tribunal du peuple nommé spécialement un tribunal d'une cruauté inimaginable les gens paraissent devant ce tribunal on leur a enlevé leurs bretelles de manière à ce qu'ils soient obligés de tenir leurs pantalons tout ça est lamentable le docteur Coeur de l'air paraît devant ce tribunal et il n'y aura que des sentences de mort de mort de mort ces gens là ont été torturés longuement avant l'audience on les tue on les pend et on les pend avec des cordes à piano pour que leur agonie dure plus longtemps alors on a arrêté beaucoup de monde et Stolpnagel qui quand il a appris par téléphone l'attentat a cru qu'Hitler était mort a déclenché le dispositif à Paris il a fait arrêter les SS et les membres de la Gestapo et après il a appris que Hitler n'était pas mort et quand on l'a convoqué à Berlin il a su pourquoi alors Stolpnagel vieux combattant de la guerre 14-18 a arrêté sa voiture près de Verdun est descendu et s'est tiré une balle dans la tête hélas il s'est raté quand on l'a il s'est éveillé à l'hôpital il s'est juste aveuglé et quand il s'est sorti de son inconscience à l'hôpital il a dit Rommel il a répété Rommel Rommel et voilà des propos qui ne sont pas comme on dit tombés dans l'oreille d'un sourd tous les gens qui étaient là sans chevet ont noté les propos voilà l'homme qui dans son inconscience parlait de Rommel et puis il y a Speidel Speidel qu'on a arrêté alors quand on a arrêté Speidel Rommel a compris qu'une sorte de nasse se refermait autour de lui et puis il y a aussi les papiers de Gordelaire on les a trouvés chez lui et là il y avait la liste du prochain gouvernement président du Reich le maréchal Erwin Rommel et ça on l'a trouvé la noire sur blanc vous savez les allemands ont beaucoup d'ordre mais quelquefois trop d'ordre ça fait beaucoup de mal la santé d'Erwin Rommel n'était pas mauvaise il allait de mieux en mieux mais il ne comprenait pas ce silence et le silence a été rompu le 7 octobre coup de téléphone de Keitel et oui Keitel lui-même qui appelait Rommel et qui lui disait on vous attend à Berlin un train spécial vous partira le 9 et vous conduira le 10 à Berlin pourquoi faire dit Rommel et bien on va discuter de votre prochain emploi alors il annonce à ses médecins qu'il parle les médecins se réécrivent il n'est pas question qu'il prenne un train c'est pas possible il ne doit il ne peut pas il n'est pas en état de partir d'assister à des conférences à Berlin c'est la folie alors Rommel téléphone qu'il ne peut pas venir et le 13 octobre on annonce l'arrivée de deux généraux les généraux Burgdorf et Meisel le lendemain à 6h du matin Manfred arrive en permission il trouve son père déjà debout mais l'air soucieux ils prennent ensemble leur petit déjeuner puis Manfred emmène son père faire une promenade on revient il y a midi juste une voiture à Paris les deux généraux sont là plus un adjoint un certain Ehrenberger présentation Madame Rommel Manfred Rommel l'officier d'ordonnance Aldinger puis les deux généraux demandent être seuls avec Rommel ils restent seuls avec lui pendant une heure et au bout d'une heure Madame Rommel qui est dans sa chambre voit surgir son mari et elle lui voit sur le visage quelque chose dira-t-elle de terrible et lui dire mais qu'est-ce que tu as qu'est-ce que vous avez car il se voit qu'est-ce que vous avez vous êtes malade il répond je suis venu vous dire adieu dans un quart d'heure je serai mort et elle se récrit comment pourquoi il explique qu'ils sont venus me dire que je suis soupçonné d'avoir eu partie liée avec les conjurés du 20 juillet alors le marché est simple ou le tribunal du peuple ou le poison ils ont le poison avec eux il faut que il faut que vous choisissiez le tribunal du peuple dit Mme Rommel non dit Rommel non je ne veux pas être pendu par éclair et puis si je choisis le poison il me jure qu'ils ne vous toucheront pas ni vous ni mon fils que vous aurez une pension et que même j'aurai le droit à des obsèques nationales et voici Manfred qui rentre tout joyeux dans la pièce et il se fige en voyant l'air de son père et les larmes de sa mère lui aussi à droit aux adieux il est désespéré et Aldinger à droit aux adieux et puis Rommel part il a posé sa casquette sur sa tête et il brandit son bâton de maréchal et il monte dans la voiture la voiture disparaît 25 minutes plus tard le téléphone sonne c'est Aldinger qui décroche Ehrenberger est à l'appareil Ah capitaine dit Ehrenberger une tragique nouvelle une chose épouvantable le maréchal Rommel a été saisi en voiture d'une hémorragie cérébrale il est mort j'arrive et il arrivera en effet pour présenter ses condoléances à madame Rommel qui ne voudra pas le recevoir Aldinger ira un peu plus tard à l'hôpital d'Aulm où on a porté le corps il voudra rester seul avec son chef et son ami on le lui interdira l'après-midi ce sera madame Rommel et Manfred qui viendront à l'hôpital ils parleront au médecin chef qui leur dira on m'a amené le corps à 13h25 on m'a ordonné de faire une piqûre pour stimuler le coeur je l'ai fait pas de résultat mais on m'a signalé qu'il n'y aurait pas d'autopsie et madame Rommel s'est approchée du corps et elle a lu alors sur le visage de son mari une immense expression de mépris et quand on regarde aujourd'hui encore le masque mortuaire de Rommel on y retrouve ce mépris c'est encore le mépris que lira la soeur de Rommel a couru quelques heures plus tard et qui ne connait pas les circonstances de la mort de son frère elle dira mais oui il y a du mépris sur son visage alors oui on avait promis des obsèques nationales et elles vont avoir lieu ces obsèques nationales elles vont avoir lieu le 18 octobre et là dans la ville d'Ulm on a mobilisé tout ce qu'on a pu trouver de troupes de troupes qui venaient de toute la région et voici le maréchal von Rundstedt lui-même qui face à Manfred Rommel va prononcer l'oraison funèbre et oui c'est lui qui est chargé de cette taille et il parle et il signale il signale que Rommel non seulement a servi son pays mais a servi le Führer et il termine en disant son coeur son coeur appartenait au Führer et c'est lui von Rundstedt qui dépose maintenant une magnifique gerbe au nom d'Hitler alors on portera le cercueil sur une prolonge d'artillerie toute la ville pleure le héros le corps traverse la ville et on va le conduire d'abord au four crématoire et oui c'est la décision qui a été prise en effet il faut brûler ce corps il ne faut pas que jamais un jour on aille analyser les entrailles de ce corps alors on le brûle et les cendres on les réunit dans une boîte et cette boîte on va l'inhumer dans le pays un petit cimetière d'Erlingen un petit cimetière de campagne qui en terrasse s'étend jusqu'à une rivière qui coule dans une paix immense là tout au bas et là dans un angle du cimetière on énumera tout ce qui reste d'Hervine Rommel plus tard madame Rommel dira que pendant la cérémonie oui parce qu'elle a assisté à toute cette cérémonie et oui pendant qu'on saluait le corps de Rommel pendant qu'on lui rendait les hommages pendant qu'on lui présentait les armes pendant que von Rundstedt faisait son éloge punèbre pendant qu'il jurait que le coeur de Rommel appartenait au fureur et bien madame Rommel a écouté entendu tout cela et elle dira plus tard qu'elle a failli se dresser dix fois qu'elle a failli hurler c'est faux c'est un mensonge vous mentez tout ça n'est pas vrai et elle ne l'a pas fait elle savait ce qui était arrivé aux familles de tous les conjurés du 20 juillet 44 elle savait que l'on avait arrêté jusqu'à des cousins éloignés elle savait que si elle faisait cela on tuerait Manfred alors elle ne l'a pas fait mais quelques temps plus tard elle a reçu une lettre officielle grande enveloppe en tête cachée on lui annonçait que la décision avait été prise en haut lieu d'édifier un monument à la mémoire du maréchal Rommel on l'a prié de choisir le projet qui lui agrérait jamais madame Rommel n'a répondu à cette lettre