Karima Delli : "L'écologie, c'est la solution pour la démocratie"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Bonjour Karim Adéli.
- 0:20OuverteRéponse directe
Votre commentaire sur la bataille autour de Notre-Dame-des-Landes ?
- 1:23RelanceRéponse directe
Vous voulez enterrer ce projet malgré le référendum en juin dernier ?
- 2:32OuverteRéponse partielle
Vous voulez relancer les référendums comme Cécile Duflo ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous différencie de Cécile Duflo sur le fond ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Vous parlez de nouvelle génération pour votre candidature.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Je me félicite des propos de Madame Royal. »
- 0:28Invité politiqueFait
« Nous, les écologistes, ça fait des années que nous battons contre ce grand projet inutile. »
- 1:31Invité politiqueFait
« Oui, il faut l'enterrer. Pourquoi ? Parce que même s'il y a eu référendum, il faut savoir que toutes les parties n'ont pas eu les mêmes types d'informations. »
- 1:49Invité politiquePromesse
« Et je propose ce qu'on appelle des chambres de controverse. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Les chambres de controverse, c'est quoi ? C'est mettre tout le monde autour de la table, les collectivités, les entreprises, les citoyens bien sûr. »
- 2:00Invité politiquePromesse
« Et qu'on débatte pendant, allez, 12 jusqu'à 18 mois pour dire oui ou non. »
- 3:56PrésentateurChiffre
« Il n'y a que 17 146 inscrits. »
- 4:26Invité politiqueFait
« De ce que j'appelle moi l'écologie populaire, de montrer à quel point l'écologie, ce n'est pas un luxe pour les bobos. »
- 4:36Invité politiqueFait
« L'écologie, c'est pour tout le monde et d'abord les classes populaires parce que sans écologie, elles ont tout à perdre. »
- 4:42Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'écologie punitive, il n'y a pas d'écologie moraliste qu'on a tendance à faire. »
- 5:12Invité politiqueFait
« C'est plutôt une bonne chose, mais encore, faut-il avoir des paroles et des actes. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Quand je vois aujourd'hui, les dernières années, Sarkozy avait mis en place le Grenelle de l'environnement, qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Rien du tout. »
- 6:00Invité politiqueFait
« Oui, lorsque Nicolas Hulot s'est retiré, je me suis sentie orpheline au point que je considérais qu'il n'y avait pas de candidat naturel de droit divin. »
- 6:12Invité politiqueChiffre
« C'est vrai que cette primaire, vous l'avez rappelé, c'est 18 000 inscrits, j'aurais aimé qu'elle soit beaucoup plus ouverte. »
Temps de parole
- Karima Delli72 %
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Et l'invité ce matin est députée européenne, vous êtes la Benjamine des candidats à la primaire Europe Écologie-Les Verts sur la route qui mène à l'Elysée. Bonjour Karim Adéli. Bonjour. D'abord une question d'actualité à propos de la bataille relancée autour de Notre-Dame-des-Landes, Ségolène Royal, disait hier dans le JDD, qu'elle veut finalement enterrer ce projet, contrairement à Manuel Valls. Votre commentaire ?
Je me félicite des propos de Madame Royal. Enfin, Madame Royal se rend à l'évidence. Nous, les écologistes, ça fait des années que nous battons contre ce grand projet inutile. Moi, je n'étais pas encore née qu'il était déjà en débat. Ce que je pose comme question ce matin...
C'est l'époque du Concorde au départ.
Oui. Je pose la question de la cohérence, de la cohérence de ce gouvernement. Ségolène Royal qui est contre. On apprend au détour d'un livre que M. Hollande est contre également. Et on voit bien que là, M. Valls s'acharne à dire qu'il mettra en œuvre l'expulsion de la ZAD avant l'automne. Mais moi, je me dis pourquoi un tel acharnement alors que personne n'y croit. Et la question, c'est à quoi sert Madame Royal ? Quelle est son utilité ? C'est bien beau de dire qu'on est contre les bourrouges, contre Notre-Dame-des-Landes, etc. Personne ne l'écoute. Et à se demander si ce n'est pas Manuel Valls qui gouverne.
Vous voulez enterrer ce projet Notre-Dame-des-Landes malgré le référendum en juin dernier qui disait oui à ce projet à 55% ?
Oui, il faut l'enterrer. Pourquoi ? Parce que même s'il y a eu référendum, il faut savoir que toutes les parties n'ont pas eu les mêmes types d'informations. C'est-à-dire que la démocratie participative en tant que telle n'a pas réellement existé. C'est pour ça que moi, en tant que candidate à la primaire, je propose que ça aille mieux dans notre démocratie. Et je propose ce qu'on appelle des chambres de controverse. Les chambres de controverse, c'est quoi ? C'est mettre tout le monde autour de la table, les collectivités, les entreprises, les citoyens bien sûr. Et qu'on débatte pendant, allez, 12 jusqu'à 18 mois pour dire oui ou non. Pourquoi ?
Parce qu'il faut que les Français se reparlent. Parce que si on ne se reparle pas, malheureusement, on tend de plus en plus par des escales de violence. Et n'oublions pas, on est à quelques jours, malheureusement, des deux ans de la mort de Rémi Fraisse. Ce jeune militant qui était là, de manière pacifiste pour défendre la nature. Et on ne peut plus prendre ce genre de décision comme ça. Et ce sont des drames qui auront lieu.
Et dans votre méthode de gouvernance, vous voulez notamment relancer les référendums. Un peu d'ailleurs comme ce que propose aussi Cécile Duflo. Qu'est-ce qui vous différencie d'ailleurs sur le fond avec Cécile Duflo ?
Je crois du tout, d'une part, on n'a pas du tout le même CV. Moi, je viens du monde associatif. Je suis membre de Jeudi Noir, de Sauvons les Riches. Et surtout, c'est qu'on n'a pas du tout la même cohérence. C'est-à-dire que moi, je n'étais pas pour une entrée au gouvernement. Elle y est allée. Et puis surtout, moi, je suis un petit peu l'incarnation de ce que j'ai envie de faire. C'est-à-dire que ça marche. J'ai été la surprise de 2009. Personne n'y croyait. Moi, j'y crois toujours. Et puis, depuis, on a vu l'image d'un parti qui a été vraiment dans les divisions, dans les tergiversations, dans des stratégies politiciennes, notamment illisibles, avec vraiment un duo infernal placé Duflo.
Moi, je suis cette candidate qui veut tourner la page, qui veut montrer qu'il y a une nouvelle génération qui n'est pas blasée par la politique. Mais au contraire, qui montre à quel point, moi, je n'ai pas de l'ambition pour moi. Moi, j'ai de l'ambition pour la planète et les générations futures.
Vous parlez de nouvelle génération pour votre candidature. Cela dit, Cécile Duflo n'a que 3 ou 4 ans de plus que vous.
Ce n'est pas une question de ça. C'est une question de pratique politique. Voilà.
Aujourd'hui, c'est le dernier jour pour aller voter au premier tour de cette primaire écologiste. Il n'y a que 17 146 inscrits. De moins en moins de monde rallient le mouvement écologiste. C'est dû à ce que vous évoquiez tout à l'heure, les divisions internes, les allers-retours dans le gouvernement. Tout ça, ça a dénaturé l'ambition écologiste ?
Moi, je pense que oui. C'est-à-dire que les pratiques politiciennes ont pris le dessus sur notre ADN majeur. C'était de parler d'écologie. La deuxième chose, c'est que moi, je considère aujourd'hui qu'il est grand temps, notamment, de parler de l'écologie du quotidien. De ce que j'appelle moi l'écologie populaire, de montrer à quel point l'écologie, ce n'est pas un luxe pour les bobos. L'écologie, c'est pour tout le monde et d'abord les classes populaires parce que sans écologie, elles ont tout à perdre. Et de montrer à quel point, en fait, l'écologie, c'est comment créer des emplois et en même temps sauver la planète.
Il n'y a pas d'écologie punitive, il n'y a pas d'écologie moraliste qu'on a tendance à faire. L'écologie, c'est la solution. C'est la solution pour l'emploi, pour la santé, pour le mieux vivre, mais surtout pour la démocratie.
Il y a aussi l'écologie que chacun s'accapare. C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon qui, hier encore, disait vouloir, dans ses propositions, je vous l'ai cité de mémoire, l'instauration de la règle verte qui consisterait à ne plus prélever à la nature plus qu'elle ne peut renouveler. Cette appropriation de l'écologie dans le débat politique, c'est plutôt une bonne chose, finalement ?
C'est plutôt une bonne chose, mais encore, faut-il avoir des paroles et des actes. Quand je vois aujourd'hui, les dernières années, Sarkozy avait mis en place le Grenelle de l'environnement, qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Rien du tout. Lorsque je vois le président Hollande qui nous a fait des conférences environnementales en disant « Oh là là, la France doit être exemplaire, c'est plus d'autoroutes, c'est plus de nucléaires, c'est plus de boue rouge, etc. » Donc on voit bien que « Stop, ça suffit, l'écologie, c'est plus un gadget, c'est plus un supplément d'âme.
» Voilà, les écologistes ont apporté de manière autonome leur projet, qui est un projet global, parce que l'écologie est une réponse globale, notamment à nos problèmes.
Est-ce que vous vous sentez, comme d'autres le déclarent, orpheline de Nicolas Hulot, qui a finalement renoncé à se présenter à la présidentielle ?
Oui, lorsque Nicolas Hulot s'est retiré, je me suis sentie orpheline au point que je considérais qu'il n'y avait pas de candidat naturel de droit divin et d'imposer notamment une primaire de l'écologie. C'est vrai que cette primaire, vous l'avez rappelé, c'est 18 000 inscrits, j'aurais aimé qu'elle soit beaucoup plus ouverte, qu'elle soit moins chère, parce que c'est 5 euros, j'aurais voulu 1 ou 2 euros, mais surtout qu'on rentre dans le XXIe siècle et que ce soit un vote électronique. Malheureusement, ça n'a pas lieu, il y a 18 000 inscrits, c'est le dernier jour, allez-y ! Et surtout, ce n'est qu'un commencement pour une nouvelle aventure, voilà !
Alors, il n'y a pas de vote électronique et certains ont d'ailleurs pointé le manque d'écologie pour aller voter, car s'il s'agit de mettre dans une enveloppe et un bulletin là-dedans, finalement, ce n'est pas très écologique, cette façon de procéder, non ?
Voilà, c'était les règles, j'ai demandé le vote électronique, ça n'a pas eu lieu.
Bon, voilà, et bien on va peut-être vous écouter une prochaine fois. Le premier tour, dernier jour aujourd'hui, pour aller voter. Je rappelle aussi le nom des trois autres candidats à la primaire Europe Écologie Les Verts, il y a donc Cécile Duflo, Michel Rivasi et Yannick Jadot. Et vous donc, Karim Adéli, qui était l'invité ce matin de France Inter, merci beaucoup. Merci à vous, à bientôt. Et bonne journée.
Karima Delli