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videoyoutube.com· 9 juillet 2026

M. Jean-Louis Thiériot - Tribune Samuel Paty

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Madame la députée, la parole est à présent à monsieur Jean-Louis Thieriot pour le groupe droite républicaine. Merci Madame la Présidente. Ma question s'adresse au ministre de l'éducation nationale.

En 2020, Samuel Paty était assassiné dans les conditions que l'on sait. Une pétition en faveur de sa panthéonisation a recueilli plus de 55 000 signatures. Le 23 avril, la Présidente de l'Association des Professeurs d'Histoire, Joël Alazard, relayait la nécessité d'honorer ce héros tranquille, suivant les mots de Robert Badinter.

L'abandon au Festival de Cannes a reçu une standing ovation. Samuel Paty n'est pas une victime, c'est un martyr, c'est-à-dire un témoin. De deux pierres angulaires de notre pacte républicain, la liberté de l'esprit, qui ne reconnaît ni le blasphème ni le sacrilège, et l'école, lieu de transmission des savoirs et des héritages.

Interrogé sur France Info, vous avez dit, monsieur le ministre, que Samuel Paty était une victime du terrorisme qui est devenu un symbole à son corps défendant. Cette lecture est factuellement fausse, alors qu'au nom du pas de vague, certains en viennent à s'auto-censurer, il a fait le choix de continuer son œuvre. Parfois en but au sarcasme, il l'a payé de sa vie, c'est bien le choix d'un homme libre, l'héroïsme des humbles.

Les destins de Samuel Paty et de Marc Bloch, qui lui va avoir les honneurs du Panthéon, consonne admirablement. C'est l'aver et le revers d'une même médaille. Marc Bloch, c'est l'immense historien et le résistant.

Samuel Paty, c'est le professeur de collège qui crée le terreau fertile. Frères de discipline et frères d'engagement, il serait juste qu'ils reposent ensemble au temple des grands hommes. Alors, même si c'est une prérogative du président de la République, monsieur le ministre, quand accueillons-nous Samuel Paty au Panthéon ?

Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à madame Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l'enseignement et de la formation professionnelle. Merci, madame la présidente, mesdames et messieurs les députés.

Monsieur le ministre, permettez-moi de répondre en lieu de place, évidemment, du ministre de l'Éducation nationale. Samuel Paty a été assassiné le 16 octobre 2020. Ce même soir, je projetais un film que j'avais produit, Djilaba Basket, sur le phénomène de radicalisation.

Il y a plusieurs manières de s'engager et de dire des choses. Parce qu'il avait choisi, et vous l'avez rappelé, et vous avez raison, et tout le monde a raison, dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, de faire son métier jusqu'au bout. Il a été la cible d'un mensonge, d'une campagne de haine organisée sur les réseaux sociaux, et il en est mort.

Sa figure est devenue un symbole puissant, très puissant, de ce que représente l'école, notre école de la République. Et c'est aussi le visage de ce que le terrorisme islamiste cherche à détruire chaque jour. Je vous l'accorde.

La démarche de ceux qui demandent sa panthéonisation est profondément respectable. Elle exprime quelque chose de juste et de très puissant. La nécessité d'une reconnaissance nationale à la hauteur de ce que Samuel Paty incarne désormais pour des millions d'enseignants et des millions de français.

Et son entrée dans l'éternité de la République, de notre République. La question du panthéon appelle une réflexion, et vous le savez, monsieur le ministre, très sérieuse. Historiquement, cette distinction a été associée à un apport individuel, déterminant, littéraire, scientifique, politique.

Au point que la personne et son œuvre finissent par se confondre. Samuel Paty, une victime du terrorisme islamiste, devenu symbole malgré elle, par la seule force de son engagement ordinaire et admirable de professeur. Cela ne diminue en rien, monsieur le ministre, ce qu'il représente.

Cela pose simplement la question de la forme la plus juste pour honorer sa mémoire. Monsieur le ministre, ce qui est certain, c'est que Samuel Paty ne doit jamais être oublié. Et que la nation lui doit une reconnaissance à la mesure de son martyr.

Mais vous le savez, et vous l'avez dit, cette décision dépend du président de la République. En tout cas, vous trouverez quelqu'un à vos côtés pour porter le sujet très haut.

M. Jean-Louis Thiériot - Tribune Samuel Paty — Jean-Louis Thiériot · Pourquijevote