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interviewBLAST· 7 septembre 2021 4 min

ANNE HIDALGO, CANDIDATURE IMMINENTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Anne Hidalgo n’en finit pas de semer ses petits cailloux, au point que sa candidature à l'Elysée n’est plus aujourd’hui qu’un secret de Polichinelle. Après Blois et l’université d’été qui rassemblait les militants, c’est à Montpellier où se tenaient les journées parlementaires du Parti socialiste que la future candidate est venue resserrer les liens avec les élus de son parti. On est à un moment où je n’ai pas déclaré ma candidature.

Ce n’est pas, ni de l’hésitation, ni de la coquetterie. C’est simplement que je pense qu’on ne peut rien faire de grand si on ne s’assure pas d’avoir ces fondations, d’avoir ces points d’accord, d’être capable de parler au pays. Des fondamentaux sur lesquels la maire de Paris a déjà sa petite idée.

Elle a esquissé ce qui pourrait devenir son programme. La première des boussoles pour moi, c’est quand même l’égalité républicaine, l’égalité réelle, la promesse d’égalité que notre République fait à chacune et chacun de ses enfants. Je suis née en Espagne, d’un papa qui était électricien, d’une maman couturière, qui ont fui à la fois le franquisme mais aussi une situation économique qui était absolument désastreuse pour les ouvriers et les hommes et les femmes du peuple en Espagne.

Et j’ai eu la chance d’avoir cette promesse républicaine, et aujourd’hui le triste constat que je peux faire c’est que si j'arrivais aujourd’hui dans les mêmes conditions en France, je pense que je n’aurais absolument pas les mêmes opportunités. La future candidate du PS a évoqué le travail qui permet la réalisation de l’individu, la transition écologique qui ne doit laisser de côté aucune catégorie sociale, la décentralisation qui doit se poursuivre et bien sûr l’Europe, sommée de changer. Sur les institutions, en revanche, pas de bouleversements à attendre.

Je pense que rentrer dans le débat politique de la présidentielle par “on change de République” ça parle à quelques experts, à quelques militants, mais ça ne parle pas aux Français qui ont besoin quand même aussi qu’on leur dise : “Il y a une forme, non pas de stabilité, mais quand même, de prise en compte de la réalité.” La réunion de Montpellier se veut la rampe de lancement pour 2022. Les socialistes sont persuadés qu’ils peuvent revenir sur le devant de la scène.

Le premier secrétaire évoque l’appétence des Français pour une gauche de gouvernement. Je sais bien qu’on est tous intoxiqués depuis quatre ans à l’idée qu’il y aurait un meilleur ou une meilleure opposante dans ce pays, que ce serait systématiquement ou Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen qui occuperait le titre. Dans une élection présidentielle, au moment où les Françaises et les Français vont, comme tous les cinq ans, redonner du crédit à la politique, chercher celui ou celle qui peut les conduire pendant cinq ans, ne se poseront pas la question de celui qui va être le meilleur opposant.

Ils se poseront une seule question : Quel est celui ou celle qui est le meilleur proposant ou proposante ? C’est ça le débat qui est devant nous. Il y a encore du travail pour convaincre.

Plusieurs sénateurs penchent en effet pour Arnaud Montebourg, l’ancien ministre socialiste reconverti dans le commerce du miel. A leurs yeux, ce dernier serait le mieux placé pour rabattre les catégories populaires et les classes moyennes dans le camp de la gauche. La fusée Hidalgo risque bien d’avoir quelques difficultés pour se mettre sur orbite en 2022.

À moins que le véritable objectif ne soit la présidentielle de 2027.