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InterviewRMC (sur Podcast)· 11 septembre 2024 16 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiNumérique

Philippe d'Ornano, PDG de Sisley et co-président du METI – 11/09

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Vous êtes donc président du directoire de CISLESS.

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Le choix de Michel Barnier, est-ce que ça vous rassure plutôt ?

  • 1:40RelanceRéponse directe

    Il s'est plus ou moins prononcé, mais on ne sait pas quel Barnier on aura.

  • 2:40RelanceRéponse directe

    Vous dites qu'il faut développer l'activité au maximum, mais comment ?

  • 2:53RelanceRéponse directe

    En injectant encore plus d'argent ? Ce n'est pas possible.

  • 4:08RelanceRéponse directe

    Vous ne dites pas qu'il faut faire ceci ou cela, mais développer l'activité.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38InvitéChiffre
    « Ça a augmenté, on est passé de 4500 à 6400 ETI. »
  • 3:01InvitéFait
    « Il y a eu une inflexion très notable dans la politique économique. »
  • 3:30InvitéFait
    « Pendant trente ans, on a fait le choix contraire. Et ce choix, il nous a coûté notre industrie, il nous a coûté notre activité, il a produit un chômage de masse qu'on pensait quasiment incompressible. »
  • 3:38InvitéFait
    « Et depuis dix ans, ça a été d'abord la baisse du coût du travail non qualifié, sous François Hollande, ça a été ensuite les différentes mesures prises sous Emmanuel Macron. »
  • 3:54InvitéFait
    « D'abord, il a baissé le chômage, mais aussi il a créé des recettes fiscales. »
  • 4:46InvitéChiffre
    « Le premier, c'est que l'impôt sur les bénéfices, bien que le taux ait baissé, il a quasiment doublé. »
  • 4:53InvitéChiffre
    « Les impôts de production, on les a baissés, comme vous dites, de 10 milliards, mais en réalité, ils rapportent toujours 80 milliards. »
  • 6:35InvitéChiffre
    « Je vous rappelle qu'il y a encore un écart de quasiment 120 milliards d'euros entre la fiscalité sur les entreprises en France et celle de l'environnement européen. »
  • 7:42InvitéChiffre
    « Sur 12 mois glissant, 65 000 faillites en France, il n'y a pas eu ça depuis 2009. »
  • 8:07InvitéChiffre
    « où on paye l'électricité entre 3 et 10 fois plus cher que ce qu'on payait auparavant. »
  • 13:29InvitéChiffre
    « Chaque mois, on fait 20% de plus que le mois précédent. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur32 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

BFM Business présente Edwige Chevrion, la grande interview. Ça y est, c'est enfin la grande interview. Mon invité est arrivé, Philippe Dornado, bonsoir. Merci d'être finalement là, merci d'être arrivé. Vous êtes donc président du directoire de CISLESS. CISLESS, c'est le seul groupe indépendant de la cosmétique très très haut de gamme, enfin un peu l'hermétique, l'hermès de la cosmétique, on peut dire ça comme ça. Et puis vous êtes coprésident du METI, le mouvement des entreprises de taille intermédiaire qui nous manque tant en France. Mais enfin finalement, il n'y en a pas si mal que ça. Il y en a quand même un nombre substantiel.

0:38
Invité

Ça a augmenté, on est passé de 4500 à 6400 ETI. Donc petit à petit, on y arrive.

0:44
Présentateur

Voilà, mais justement, ça tombe bien. On fera tout à l'heure le bilan de Bruno Le Maire qui demain fait son pot de départ. J'ai reçu Patrick Martin, le président du MEDEF. Il y a aussi le président de l'UDP qui s'est prononcé. Le choix de Michel Barnier, est-ce que finalement, ça vous rassure plutôt ? Ou est-ce que vous vous dites, en attendant de voir qui va être nommé à Bercy, qui va être nommé ministre de l'Industrie ? Quelles sont les attentes des ETI que vous représentez ?

1:09
Invité

Déjà, on est heureux d'avoir un Premier ministre. Oui. Et qu'on en revienne à un fonctionnement institutionnel parce que ça a créé une vraie inquiétude dans le monde économique. Ensuite, Michel Barnier est un homme politique qui connaît l'économie, qui a une grosse expérience dans cette période qui est un peu troublée. Ça rassure les entreprises d'avoir un interlocuteur, en tout cas un chef du gouvernement qui connaisse les sujets économiques et qui a une expérience.

1:40
Présentateur

Mais en même temps, alors il s'est plus ou moins prononcé, en même temps on ne sait pas très bien lequel Michel Barnier on va avoir parce que si on regarde le candidat 2021 au primaire LR pour l'élection présidentielle, c'était un libéral très pro-économie. Si on écoute ce qu'elle a dit lors de son interview au 20h de TF1, plus grande justice fiscale, on a l'impression que là on avait un logoliste social qu'il revendique aussi d'être. Donc il va falloir un peu qu'il choisisse de quel camp il va être.

2:11
Invité

C'est vrai et puis d'autre part, on est habitué nous à des présidents ou des premiers ministres 5ème République. Or là on va se retrouver dans un système qui n'est plus parlementaire, où il y a des coalitions, des consensus qui vont devoir se faire ou pas sur des sujets. Et nous, notre travail au METI, comme d'autres organisations, c'est d'essayer d'expliquer en quoi, pour l'économie, donc pour les Français, il faut agir de manière à développer l'activité en France, travailler en France et produire en France.

2:40
Présentateur

Oui, vous à la limite, vous ne dites pas qu'il faut qu'il fasse ceci, cela, vous dites qu'il faut développer l'activité au maximum parce que c'est comme ça qu'on pourra avoir plus de rentrées fiscales. C'est ça que vous lui demandez, c'est de nourrir la croissance en France. Mais quoi, en injectant encore plus d'argent ? Ce n'est pas possible, vous le savez bien.

2:56
Invité

En réalité, au contraire, on a ces dix dernières années, et de plusieurs, d'ailleurs que ce soit sous François Hollande ou sous Emmanuel Macron, il y a eu une inflexion très notable dans la politique économique. Une inflexion, alors on appelle ça la politique de l'offre, moi j'appelle ça plutôt le réalignement compétitif. Un constat assez simple, assez de bon sens, qui était de dire qu'on ne peut pas avoir des entreprises qui interviennent dans un environnement ouvert si elles ne sont pas raisonnablement alignées sur l'environnement européen. Et pendant trente ans, on a fait le choix contraire.

Et ce choix, il nous a coûté notre industrie, il nous a coûté notre activité, il a produit un chômage de masse qu'on pensait quasiment incompressible. Et depuis dix ans, ça a été d'abord la baisse du coût du travail non qualifié, sous François Hollande, ça a été ensuite les différentes mesures prises sous Emmanuel Macron. Il y a eu un début, un début seulement, de réalignement compétitif. Et ce début de réalignement compétitif, il a donné des résultats. D'abord, il a baissé le chômage, mais aussi il a créé des recettes fiscales. Et donc, c'est la seule politique qui permet au contraire de sortir de ce problème de la dette.

C'est une politique de l'activité, une politique de l'emploi dans les territoires, et une politique qui bénéficie à tous les Français.

4:08
Présentateur

La seule chose, c'est qu'on va y connaître bien les territoires, vous-même aussi, parce que Sisley, vous êtes implanté à Prelbois. Alors, est-ce que, quand même, j'imagine que vous allez pousser plus loin votre raisonnement en disant, puisqu'il l'avait promis en 2021, c'est la baisse des impôts de production de 10 milliards. Là, vous n'êtes même pas sûr d'avoir votre milliard de moins sur la CVE.

4:30
Invité

En réalité, il peut y avoir des promesses qui sont tenues ou qui ne sont pas tenues. Le vrai sujet, c'est est-ce que c'est surtout utile à notre pays ? Et la question, c'est est-ce que ça produit un résultat ? Est-ce que ça va donner plus de recettes fiscales ? Et là, il y a deux indicateurs simples qui, d'ailleurs, avaient été cités par Bruno Le Maire. Le premier, c'est que l'impôt sur les bénéfices, bien que le taux ait baissé, il a quasiment doublé. Donc, ça a rapporté plus. Les impôts de production, on les a baissés, comme vous dites, de 10 milliards, mais en réalité, ils rapportent toujours 80 milliards. L'activité génère de la recette fiscale, mais elle génère aussi de l'emploi.

On a besoin d'aider moins de personnes qui sont en situation difficile, donc en réalité, ça fait baisser aussi les dépenses sociales. C'est pour ça que le taux d'activité, ça donne de la dignité aussi à tous nos concitoyens qui travaillent plutôt que de se retrouver pas employés. Ça permet aussi d'aller petit à petit vers une économie des bons salaires, parce que l'industrie sait l'économie.

5:19
Présentateur

Oui, on est d'accord, mais attendez, moi, il y a quelque chose qui me gêne, Philippe Normano, dans votre démonstration, c'est que là, il a fait une bonne politique. Vous donnez un blanc-seing à la politique menée par Emmanuel Macron. Et cela dit, regardez les dérapages des finances publiques. Donc, il y a quand même eu un problème de rentrée fiscale.

5:34
Invité

Alors, c'est sur l'immobilier, je vous l'accorde. Non, mais il y a eu un choc terrible qui a été le Covid. Tout le monde l'a eu, les autres pays l'ont eu aussi. Nous partions d'une situation de déficit public qui était beaucoup plus importante. Ça s'est encore accentué lors de cette période. Ça crée un à-coup qui, effectivement, est plus difficile à digérer par une économie qui était déjà assez lourdement endettée.

5:55
Présentateur

Là, vous redoutez quoi, là, en fait ? Qu'est-ce que vous redoutez ? Parce que vous dites, tout va bien, il faut surtout continuer comme ce qu'on faisait avant. Qu'est-ce que vous redoutez ? C'est-à-dire, coup de barre à gauche ?

6:02
Invité

Je pense que le sujet n'est vraiment pas une question de gauche et de droite. D'ailleurs, le réalignement compétitif a été porté à la fois par des hommes de gauche et par des hommes de droite. C'est un sujet de bon sens. Et ce que nous redoutons, c'est qu'on reparte sur la politique passée, qui est une politique qui nous a apporté le chômage de masques, qui nous a apporté la désindustrialisation, qui nous a apporté la perte d'activité dans nos territoires. Et nous espérons, et notre travail, c'est aussi de faire de la pédagogie et d'expliquer, qu'on va au contraire tirer les leçons des premiers bons signaux.

Je vous rappelle qu'il y a encore un écart de quasiment 120 milliards d'euros entre la fiscalité sur les entreprises en France et celle de l'environnement européen. C'est-à-dire que nous payons encore 120 milliards d'euros de plus dans une économie ouverte. Donc, il faut poursuivre, à notre sens, cette stratégie. Et cette stratégie, elle ne va pas coûter à l'État, elle va rapporter à l'État. Elle va rapporter à l'État. C'est même, sans doute, la seule façon réellement réaliste de diminuer la dette publique.

7:00
Présentateur

Oui, oui, ça, c'est un message fort. En tous les cas, vous avez envie de porter, Philippe Dordano. La question, c'est qu'on voit bien, et vous-même, vous le dites, la situation économique est en train de se dégrader. On a vu hier, ce que disait la note de l'INSEE, c'est-à-dire qu'autant les ménages, ils voyaient un peu le bout du tunnel, avec la baisse de l'inflation, autant les entreprises, cette instabilité politique pesait beaucoup sur l'instabilité de l'investissement. Vous trouvez que la situation se dégrade ?

7:28
Invité

Oui, et pas seulement pour des raisons politiques. Il y a une situation géopolitique, il y a une situation économique actuelle qu'on voit assez clairement, et des signaux qui montrent une dégradation économique. Sur 12 mois glissant, 65 000 faillites en France, il n'y a pas eu ça depuis 2009.

7:47
Présentateur

Il y a des ETI qui ont fait faillite ?

7:48
Invité

Il y a des grosses ETI qui ont fait faillite, et donc c'est assez inquiétant. On voit que, quand on interroge notre réseau, on voit des chiffres d'affaires moins bons, des résultats en baisse, et une inquiétude qui est forte. On a pris un très très fort choc en plus, notamment les ETI industriels, de ce passage de deux ans, qui n'est pas tout à fait terminé, où on paye l'électricité entre 3 et 10 fois plus cher que ce qu'on payait auparavant. Pour une entreprise industrielle, c'est assez terrible. Ça va sans doute s'arrêter vers la fin de l'année quand les contrats se termineront, mais c'est toujours le cas.

Donc on a des signaux forts, et cela veut dire qu'il est d'autant plus urgent de poursuivre une politique de réalignement compétitif, parce qu'on résistera d'autant moins à ce choc conjoncturel qu'on ne poursuivra pas ce réalignement par rapport à nos voisins européens. L'urgence est là, et c'est pour ça d'ailleurs que les chefs d'entreprise sont très inquiets de cette instabilité.

8:39
Présentateur

Mais est-ce que vous continuez à investir ? Vous, par exemple, chez Sisley, si on prend votre cas, parce qu'en plus, on voit bien qu'il y a eu, on va en dire un mot dans un instant, mais juste avant, il y a une petite question sur Bruno Le Maire. Le luxe souffre beaucoup, en tous les cas. Est-ce que vous, vous continuez à investir ? Vous avez votre deuxième usine. Est-ce que vous continuez les investissements, notamment en France ?

8:59
Invité

Alors, effectivement, il y a un ralentissement dans... Alors, nous, on est la cosmétique. La cosmétique, c'est un peu différent du luxe, puisqu'il y a différents...

9:06
Présentateur

Oui, mais c'est dans le haut de gamme, c'est dans le haut de gamme, c'est les mêmes acheteurs.

9:09
Invité

C'est dans le haut de gamme de la cosmétique. Oui. Et on voit que, globalement, c'est une année qui est moins facile pour la cosmétique, qui est moins facile pour le luxe. On va revenir là-dessus. La propre des entreprises familiales, j'étais venu sur votre plateau pour le plaider, c'est qu'elles se projettent dans le long terme. C'est vrai aussi que les chefs d'entreprise sont réalistes, mais aussi ont un petit fond d'optimisme. Moi, pour répondre à votre question, je poursuis mes investissements, je construis ma deuxième usine, mais j'avoue que la situation est beaucoup plus inquiétante.

Disons qu'on le fait avec beaucoup plus de stress et d'inquiétude, parce qu'on voit qu'on voit effectivement, d'une part, une instabilité, un manque de clarté politique, et d'autre part, une conjoncture mondiale qui se tend. Moi, j'ai connu le monde qui s'ouvrait. Cette mondialisation qui est critiquée par certains, elle a quand même à la fois permis aux consommateurs français d'avoir des prix beaucoup plus bas et beaucoup plus de pouvoir d'achat, et à la fois aux entreprises exportatrices de vente dans le monde entier. Aujourd'hui, ce monde qui s'ouvrait se referme. Il commence un peu à se refermer. C'est une inquiétude.

Ce n'est pas encore totalement net, mais il commence à y avoir un certain nombre de signaux. Il faut espérer là aussi qu'on continue ces échanges, parce que ces échanges ont enrichi le monde.

10:14
Présentateur

Oui. On va continuer là-dessus quand même, parce que ça fait le lien, puis on fera le bilan de Bruno Le Maire tout à l'heure. Non, Philippe Dornot, pourquoi ? Parce que votre premier marché, c'est la Chine. Or, la Chine, c'est ce qui entraîne cette question de savoir si c'est la fin de l'âge d'or du luxe, parce que les Chinois, ils achètent moins, parce qu'eux-mêmes, ils ne sont un peu en récession. Enfin, récession, bien sûr que non, mais ils sont à 5% de croissance, là où ils étaient avant à 7 ou 8%.

10:40
Invité

Oui, vous faites bien de le dire. En réalité, le marché chinois, il a été en très, très forte croissance. Donc, les entreprises de notre secteur, elles étaient habituées à bénéficier de cet effet d'entraînement. Donc, il y a eu beaucoup d'argent, donc tout le monde a acheté des sacs à la base. Aujourd'hui, le marché chinois, il n'est pas en train de s'effondrer. Le marché chinois, il a ralenti, il peut être légèrement en baisse. Il reste un marché très important, d'un pays qui est un pays en plein développement. Et donc, moi, je ne sais pas s'il faut commencer tout de suite à dire que c'est la fin de l'âge d'or du luxe.

11:06
Présentateur

Non, tu mets un point d'interrogation.

11:08
Invité

Je crois que, en tout cas, pour la cosmétique que je connais, il y a un champ de développement à moyen terme qui reste important pour la cosmétique. Ce sont des produits de différents prix, d'ailleurs, qui passionnent et qui intéressent les gens dans le monde entier. Vous pouvez parfois avoir des à-coups. De nouveau, le propre de nos entreprises, c'est de se projeter dans le temps et de voir aussi les perspectives à moyen et long terme. Je pense que notre secteur cosmétique a encore beaucoup de possibilités de développement.

11:33
Présentateur

Donc, pour vous, il ne faut pas redouter, parce que, regardez, vous n'êtes pas coté entreprise familiale. On dirait, on se demande toujours quand est-ce qu'il se lève à ce côté. Vous allez valoir très, très cher. C'est peut-être pour ça que vous ne voulez pas vous faire coté. Mais, en tous les cas, quand on regarde les autres groupes familiaux qui, eux, sont cotés type LVMH, là, la chute, elle est terrible. Ou même Barberie. Enfin, c'est fou. Hermès, non ? C'est le seul qui se met bien à peu près ?

11:57
Invité

Le grand avantage des entreprises familiales et le grand avantage des entreprises non cotées, c'est qu'elles peuvent se projeter plus facilement dans le long terme. Ce qui ne veut pas forcément dire, d'ailleurs, que des entreprises cotées ne sont pas capables de le faire aussi. Mais elles sont plus visibles. On va voir les à-coups. Moi, je pense que toute une série d'entreprises de notre secteur continuent à se projeter dans le développement. On a beaucoup de zones du monde qui marchent bien. Les Amériques marchent très bien. L'Europe continue à se développer. On a des vrais potentiels.

Par contre, ce qui m'inquièterait plus, c'est plutôt de la compétitivité de notre secteur cosmétique et leader mondial. Car cette compétitivité, être leader mondial, ce n'est jamais un acquis. C'est quelque chose qui peut être remis en cause. Il y a beaucoup d'autres zones du monde qui développent des marques. C'est plutôt là que je vois le risque de concurrence et le risque de problème pour nos entreprises. C'est de ne pas pouvoir opérer dans un environnement où nous pourrons, et nous en avons tous les atouts, faire compétition avec nos grands concurrents mondiaux.

12:57
Présentateur

Vous avez lancé notamment aux Etats-Unis une nouvelle marque, Neurae. C'est un lancement réussi. Vous étiez venu nous en parler. C'était évidemment avant l'été, c'était en avril.

13:07
Invité

Neurae, c'est un bébé. C'est une toute nouvelle marque.

13:10
Présentateur

Comment notre cerveau, finalement, s'ajoute ?

13:12
Invité

C'est le lien entre la peau et le cerveau. On en a tous l'intuition quand on est stressé. Ça a un impact sur notre peau.

13:17
Présentateur

On a état de boutons.

13:18
Invité

Mais aujourd'hui, on peut l'établir à travers toute une série d'outils qui permettent de mesurer ce lien entre la peau et le cerveau.

13:23
Présentateur

Et ça marche ?

13:24
Invité

Je ne parle pas de Neurae.

13:26
Présentateur

Si ça marche, je parle si votre lancement marche.

13:29
Invité

Chaque mois, on fait 20% de plus que le mois précédent. On est dans 4 pays. On est aux Etats-Unis, en France, en Italie et en Angleterre. Je reviens de l'Angleterre où j'étais pour l'ouverture justement pour la marque du magasin Liberty qui est un très beau magasin pour ceux qui connaissent Londres. C'est une aventure comme l'a été Cislé de construire une nouvelle marque. C'est un concept des produits qui sont vraiment intéressants et prometteurs en termes de recherche cosmétique. Nous, on est très enthousiastes. C'est un peu notre nature aussi d'être innovant.

13:59
Présentateur

Philippe Darnano, demain, ce sont les adieux de Bruno Le Maire. Il va les faire devant un parterre prestigieux avec des journalistes, etc. dans la cour de Bercy à beaucoup de monde. Pour vous, en tant qu'industriel, est-ce que son bilan, est-ce que le bilan de Bruno Le Maire est positif ?

14:15
Invité

Écoutez, sur la partie de compétitivité des entreprises et réalignement compétitif, nous avons trouvé en Bruno Le Maire chaque fois un allié précieux et dans le Président de la République, des alliés précieux qui ont poussé les sujets de réalignement compétitif. Il nous semble que ces sujets, ça change la vie des Français. Ce n'est pas juste des entreprises, ce n'est pas juste de nos entreprises. Ça change la vie des Français, ça change la vie des territoires.

Et donc, en cela, je pense que cette inflexion politique, cette inflexion économique plutôt, elle est extrêmement importante et ça s'est apporté vraiment fortement au crédit de Bruno Le Maire et d'Emmanuel Macron comme d'ailleurs de François Hollande qui avait commencé cette ré-industrialisation.

15:02
Présentateur

Le pari est gagné là aussi ?

15:04
Invité

La ré-industrialisation, le pari est loin d'être gagné. On est encore loin de... On a inversé la tendance. Maintenant, ce qu'il faut, c'est réaligner la France vraiment et si on la réaligne, et ça, je voudrais vraiment le dire fortement, on est un pays formidable, on est vraiment capable d'être une des économies les plus puissantes en Europe et une économie puissante, c'est quelque chose qui bénéficie à tous les Français.

15:28
Présentateur

Merci beaucoup de ce message d'optimiste. Philippe Dordano, donc le président du directoire de Sisley et donc co-président du métier qui veut toujours ce réalignement compétitif et positif. Merci beaucoup.