Hanouna et les grands médias dézingués en 15 minutes
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Et c'est justement cela le sujet de ce Toujours Debout spécial ce soir.
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Quand ils vous disent « je suis libre », est-ce qu'ils ont conscience de ne pas l'être ?
- 4:57OuverteRéponse directe
Vous pensez quoi, vous, en tant qu'élu de la République, des aides à la presse ?
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Est-ce que c'est l'idiot-utile de la Macronie ?
- 10:01OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il a conscience d'être ce pion-là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« ces grands systèmes médiatiques sont tenus par une poignée de milliardaires qui, pour la plupart, ont soutenu Emmanuel Macron en 2017 et encore aujourd'hui. »
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« C'est quand même clé. C'est-à-dire qu'est-ce qu'on peut à la fois aller faire gagner plein d'argent sur le dos des Africains et après se plaindre qu'ils viennent en Europe pour essayer de manger et après les traiter de manière raciste et leur cracher à la gueule ? »
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« les aides à la presse, ça part d'un bon sentiment pour soutenir des journaux fragiles. Enfin, aujourd'hui, ça va dans la poche majoritairement de M. Bernard Arnault qui, par ailleurs, soutient en permanence Emmanuel Macron, finance les trois écoles privées que Brigitte Macron a ouvertes en France, etc. »
- 7:02InvitéFait
« C'est moi qui te fais élire. J'ai le pouvoir de faire que le peuple vote pour toi ou pas. »
- 8:15InvitéFait
« On recrute Capucine à Nave, la petite copine du troisième fils de Sarkozy, comme chroniqueuse sur TPMP. »
- 8:55InvitéFait
« Yannick Bolloré et son épouse Chloé Bouygues vont aller déjeuner ou dîner avec le couple Macron, dont une fois entre les deux tours de la présidentielle de 2017. »
- 10:50InvitéFait
« Bolloré a passé son temps à nommer au poste important dans son système médiatique des gens qui lui étaient fidèles, pas des gens compétents. »
Temps de parole
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Tous ces journalistes qui sont dans ce système qui disent « Non mais attends, mais moi je suis quand même extrêmement libre ». Enfin, ça suffit quoi. Ils ne sont pas libres du tout. La preuve, c'est qu'on ne peut pas toucher aux intérêts de l'actionnaire et que, comme vous le disiez, il y a des lignes rouges au-delà desquelles on ne peut pas aller. Il y a des questions qu'on ne peut pas poser. Donc les choses sont claires, l'hypocrisie a volé en éclats. On ne peut pas dire un certain nombre de choses.
Mais le problème, encore une fois, c'est que ces grands systèmes médiatiques sont tenus par une poignée de milliardaires qui, pour la plupart, ont soutenu Emmanuel Macron en 2017 et encore aujourd'hui.
Et c'est justement cela le sujet de ce Toujours Debout spécial ce soir. Spécial, spécial médias, dans un pays où une poignée de personnes ultra-riches aux intérêts financiers similaires et aux liens très proches avec l'appareil d'État français possèdent la quasi-totalité des médias du pays. Média dont pourtant, ils ne tirent pas la majeure partie de leurs bénéfices financiers, le profit étant ailleurs. On vous propose donc ce soir une émission spéciale où, dans quelques instants, je recevrai mes trois invités pour un entretien d'actu important.
— C'est subtil, la propagande. Ça a toujours été comme ça dans l'histoire, y compris dans la Seconde Guerre mondiale. Si tu fais une propagande caricaturale, personne ne la croit. Donc la propagande, il faut que ça ait l'air d'être vrai. Donc après, il faut se réveiller, regarder ce qui se passe dans plein de grands médias. Et franchement, c'est subtil, mais c'est constant, c'est quotidien, c'est des traitements insidieux, c'est monter en épingle des faux sujets. C'est dès qu'il y a un sujet important, surtout, on n'en parle pas. Je reviens d'un mot sur ce qu'a dit Boyard sur le plateau de la chaîne de Vincent Bolloré.
On nous parle quand même de migrants africains qui sont en détresse dans la Méditerranée. Et il dit qu'il y a quand même un problème de comportement occidental en Afrique et de business en Afrique et peut-être de pillage de l'Afrique et de France-Afrique. Ça fait quand même 30 ans que c'est documenté. C'est quand même clé. C'est-à-dire qu'est-ce qu'on peut à la fois aller faire gagner plein d'argent sur le dos des Africains et après se plaindre qu'ils viennent en Europe pour essayer de manger et après les traiter de manière raciste et leur cracher à la gueule ? C'est quand même une vraie question. Pour moi, c'est la question de fond de ce débat, s'il y avait un débat ce jour-là.
C'est quand même essentiel, ce qu'il dit. Bon, ben non, on ne peut pas... — Ça n'a pas eu lieu. — Ça n'a pas eu lieu. Et en plus, si tu veux, ça a fait voler en éclat une extraordinaire hypocrisie française qui, moi, commence un peu à me courir sur le système. C'est-à-dire que tous ces journalistes qui sont dans ce système qui disent « Non, mais attends, moi, je suis quand même extrêmement libre ». Enfin, ça suffit, quoi. Ils ne sont pas libres du tout. La preuve, c'est qu'on ne peut pas toucher aux intérêts de l'actionnaire et que, comme vous le disiez, il y a des lignes rouges au-delà desquelles on ne peut pas aller. Il y a des questions qu'on ne peut pas poser.
Donc les choses sont claires. L'hypocrisie a volé en éclats. On ne peut pas dire un certain nombre de choses. Mais le problème, encore une fois, c'est que ces grands systèmes médiatiques sont tenus par une poignée de milliardaires qui, pour la plupart, ont soutenu Emmanuel Macron en 2017 et encore aujourd'hui. — Ça, ce sont des faits. — Ce sont des faits. Je veux dire...
— Mais des faits, comme le rappait le député, là, dans l'idée que les gens sont peut-être sincères aussi. Quand ils vous disent « je suis libre », etc., est-ce qu'ils ont conscience, finalement, de ne pas l'être véritablement ou d'avoir les... Voilà. On a pu entendre sur le plateau, quand même, des personnes dire « je ne crache pas dans la main qui me nourrit ». Il y a plein de choses, finalement, qui rentrent dans ce débat-là. On ne peut pas leur dire « voilà, il y a un camp de gens pas libres et un camp de gens où on serait libres ».
— Il ne crache pas dans la main qui le nourrit. On peut aussi penser que c'est lui qui nourrit la main en faisant des audiences et en ramenant de la pub. Donc c'est un débat compliqué. Mais de toute façon, on fait un peu importe. Le problème n'est pas de cracher dans la main, d'avoir des amis. C'est comme une mafia, quoi. — C'est mon ami. Je ne critique pas mon ami parce qu'il y a 25 ans, il m'a tiré de la merde quand j'étais à 200 euros par mois. On n'est pas en Italie. Enfin, j'ai rencontré des Italiens. Mais ça suffit, quoi. Il y a une démocratie. C'est pas une question d'amis où il m'a donné de l'argent. Il m'a payé. Donc je peux rien dire. Mais on est où, là ?
Enfin, je veux dire, c'est pas ça, l'information. Alors c'est peut-être du divertissement. C'est peut-être de la propagande. C'est peut-être tout ce qu'on veut. Moi, j'ai rien contre. Mais c'est pas de l'info. Et là, il y a un pouvoir politique en France qui a pour responsabilité de s'arranger pour que la démocratie fonctionne. Et ça veut dire qu'il faut qu'il y ait une information respectée et que, par exemple, on arrête de faire payer par des Français qui n'ont plus un sou les médias des grands milliardaires. Je veux dire, les aides à la presse, ça part d'un bon sentiment pour soutenir des journaux fragiles. Enfin, aujourd'hui, ça va dans la poche majoritairement de M.
Bernard Arnault qui, par ailleurs, soutient en permanence Emmanuel Macron, finance les trois écoles privées que Brigitte Macron a ouvertes en France, etc. C'est entièrement financé par LVMH. Enfin, il y a un moment donné, mais où est-ce qu'on est ? Et puis la Première dame est habillée par une filiale de LVMH. Enfin, ça suffit, quoi, la corruption, maintenant. Il suffit, je pense, pour certains, en tout cas, de les écouter. Je m'en rappelle du cas de Bernard Arnault, notamment, donc propriétaire du Parisien des Echos, qui disait très tranquillement devant les sénateurs que si les Echos se mettaient à défendre, ou en tout cas soutenir l'économie marxiste, ça lui poserait un petit problème.
Donc, en fait, on ne parle pas d'un pouvoir des médias, on parle de plusieurs pouvoirs. Les médias, en fait, définissent le périmètre de ce qui est discutable ou non. Donc, en économie, c'est peut-être le sujet le plus frappant, quoi. C'est-à-dire qu'effectivement, hors du cadre orthodoxe, point de salut, quoi. Donc là, c'est quelque chose qu'on a documenté par des milliards d'articles. Enfin, pas des milliards, mais vraiment beaucoup. Mais en fait, tous les sujets peuvent se voir comme ça. Et le problème à chaque fois... Donc ça, c'est un pouvoir. Il y a aussi un pouvoir, évidemment, de stigmatisation, de qui on met en avant, qui on invite, etc.
Et le problème de ces différents pouvoirs, c'est quand ils sont exercés par les médias à sens unique.
Vous pensez quoi, vous, en tant qu'élu de la République, des aides à la presse ? Ça me fait penser à ce lien-là.
Oui, il y a un enjeu de pluralisme et de soutien du pluralisme. Après, il est clair qu'il y a un fléchage qui pose question. Alors, c'est un sujet particulier et un peu technique sur lequel il faut rentrer dans le détail pour ne pas dire n'importe quoi. Parce que si on rentre à gros traits, on supprimera des subventions à des entreprises de presse qui ont vraiment besoin et qui, justement, représentent un pluralisme. Mais il est clair que, pour beaucoup, c'est une occasion d'optimiser, grosso modo, leurs investissements, de perdre le moins possible. Et là-dessus, il n'y a rien à redire. Moi, ce qui me paraît important dans ce qu'a dit Jean-Baptiste Rivoire, c'est de parler de démocratie.
Posons les choses simplement. La démocratie, elle ne se résume pas au vote, mais quand même, il y a un principe de base. C'est un homme, une voix. On n'en est plus là, et depuis longtemps. Mais aujourd'hui, c'est dans des proportions folles. Que dit Hanouna ? Il dit « C'est moi qui t'ai fait élire ».
— Cette séquence était vraiment marquante.
— Que disent les milliardaires ? « Sans moi, pas de pouvoir ». Le vrai pouvoir est à l'argent. Donc on n'est pas dans une société démocratique. Si la voix du milliardaire ne vaut pas la même chose que la voix du citoyen, alors on n'est pas dans une démocratie. Donc c'est ça le principe au cœur de la discussion. Pourquoi des citoyens peuvent s'élever et dire « Il y a un os ». Confusément ou très clairement, c'est parce qu'ils savent que leur voix, leur opinion, ne compte pour rien. L'opinion, finalement, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, etc., c'est monsieur comme vous et moi. Ils ont des opinions. Ils ont bien le droit. Sauf que leur opinion, elle fait la pluie et le beau temps.
Et ça, c'est un problème démocratique. C'est une autre formidable mise à nu de la séquence de jeudi dernier. C'est que quand même, ces milliardaires viennent nous dire, et notamment ces derniers mois au Sénat, pendant des heures, « Ah mais moi, mais pas du tout. J'investis pas du tout dans la presse pour avoir la moindre influence. D'ailleurs, j'en ai au cul. D'ailleurs, je ne dis rien, etc. » Et là, tout d'un coup, on a l'animateur phare du groupe Bolloré qui dit, « C'est moi qui te fais élire. J'ai le pouvoir de faire que le peuple vote pour toi ou pas. » Évidemment que ce pouvoir est clé. Évidemment qu'ils ont effectivement une part d'influence sur l'opinion, qu'ils la conditionnent.
Et évidemment que c'est pour ça que les milliardaires prennent le contrôle des médias. Parce que leur métier, ce n'est pas la presse, c'est l'industrie.
Tu as aujourd'hui publié un article sur Off-Mindication, dont le titre est un peu évocateur. Donc toi, tu parles d'un bouffon individuel qui n'est pas forcément…
Je ne le plopasse mon ange dit. Est-ce que c'est l'idiot-utile de la Macronie ?
Oui, l'idiot-utile, en tant pour moi. L'idiot-utile de la Macronie. Est-ce que finalement, pour toi, ce n'est pas que justement ce bouffon, je réutilise ce terme-là, parce que beaucoup on l'utilise comme ça, le télévisuel, parce que sa carrière, c'est un peu ça finalement. Il est passé par le pal de stade. Et que c'est finalement aussi le pion de la Macronie. Tu en fais le titre de ton article, comme je l'ai dit. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce point-là ?
Non, mais si on revient à un petit peu de recul historique, il faut savoir qu'Anouna, en fait, c'est quelqu'un qui va, entre les mains de son actionnaire, sur lequel il ne crache jamais, il nous l'a bien dit, il va aider des politiques que Bolloré souhaite aider. Enfin, je suis désolé, mais c'est quand même ça la réalité. Je prends juste un exemple. Revenons quelques instants, septembre 2016. Je sais, c'est la préhistoire. En septembre 2016, Sarkozy est encore candidat à la présidentielle de 2017. Il n'a pas encore chuté face à François Fillon.
Il est un peu embêté par envoyé spécial qui lui gratouille un peu avec l'affaire Big Malion, qui va essayer de faire censurer auprès de France Télévisions. Il n'y arrivera pas, un bras de fer terrible avec les équipes de l'UCC. Que fait le groupe Bolloré dans ce contexte ? On recrute Capucine à Nave, la petite copine du troisième fils de Sarkozy, comme chroniqueuse sur TPMP. Assez rapidement, elle dit, « Ah ben Cyril, j'ai une super vidéo à te montrer. Tu vas voir, regarde la surprise. » Alors, tu as Nicolas Sarkozy qui arrive. « Bonjour Cyril, bon anniversaire Cyril. » Trois jours après, il va faire une grande émission sur France 2.
Elle vient en plateau sur TPMP pour dire, « Oh, quel courage il a ! » Alors qu'il était terrorisé par ce sujet Big Malion, il a eu un courage de dingue. Donc en fait, le système Bolloré dans cette période-là enroule pour Sarko. Et puis Sarko va chuter à la primaire de la droite en novembre 2016. Et là, ils ne savent plus comment faire. Donc c'est Fillon. Puis après, Fillon s'écroule à son tour. Et là, à un moment donné, je suis désolé, on a une proximité entre, alors peut-être pas Vincent Bolloré, mais son fils Yannick et la Macronie.
Par exemple, dans le bouquin de Mark & Neuvel, il est raconté qu'à deux reprises, Yannick Bolloré et son épouse Chloé Bouygues vont aller déjeuner ou dîner avec le couple Macron, dont une fois entre les deux tours de la présidentielle de 2017. Quand Macron est intronisé à l'hôtel de ville de Paris quelques jours, après son élection, il y a Yannick Bolloré tremblant sur les escaliers rouges de la mairie de Paris en disant « Oh, waiting for French President and First Lady ». Enfin, il est émerveillé par l'arrivée de Macron. Voilà. Et à partir de septembre 2017, qu'est-ce qui se passe dans le système Bolloré ? On se met au service de Macron. Donc il appelle l'anniversaire.
On est au pied de la tour TF1 pour essayer de l'encourager. Le 2 mai, Anouna va dire, en gros, entre Le Pen et Macron, je préfère Macron. Bon, ce n'est pas dit clairement, mais c'est quasiment dit. Et puis ensuite, avec Marlène Schiappa, les émissions de CEU devront devenir un boulevard pour les macronistes.
Elle aurait pu être chroniqueuse, d'ailleurs, s'il n'avait pas rempli au gouvernement.
Elle a été co-animatrice à un moment donné. Et quand Macron est empêtré dans la révolte des Gilets jaunes, tout d'un coup, CEU devient à la rescousse en disant « On va faire un débat sur les Gilets jaunes ». Alors, toujours très orienté et très contrôlé. Mais ce que je veux dire, c'est que je ne sais pas si Anouna, il est macroniste ou sarkoziste. Il est là où on lui dit de faire. Donc il est un instrument d'un pouvoir industriel qui cherche à se ménager un certain nombre d'intérêts politiques pour ménager ses intérêts. Donc on est dans tout sauf l'information.
Est-ce que lui a conscience, là-dessus, quand même, tu sais le terme de pion, c'est quand même pas anodin. Est-ce qu'il a conscience d'être ce pion-là ? Est-ce qu'il y trouve un intérêt dans ce rôle-là ? Ou alors, il se nourrit, c'est pour ça que le terme de bouffon télévisuel est quand même là, il se nourrit d'un buzz constant. C'est juste l'argent et l'égo, finalement, qui dominent.
Lui, il fait de l'audience et il fait de l'argent. D'ailleurs, on est en train de parler de lui pendant une heure sur le plateau du Média.
Pas que de lui, bien sûr, au-delà de ça, mais oui, bien sûr.
Non, mais lui, les rares moments où il accepte de regarder en face le problème de sa relation avec Vincent Bolloré, bon, là, il était un peu obligé de le faire à cause de l'affaire Boyard. Il dit un peu de choix, la même chose. Il dit, bon, quand je gagnais rien, il était toujours mon ami, il m'appelait tous les jours, qu'est-ce qu'il était gentil, c'est lui qui m'a sorti. Bon, moi, j'entends un fonctionnement mafieux. Enfin, je ne sais pas. Il m'a aidé, il m'a donné de l'argent, il m'a sorti, donc je lui serai fidèle à vie. Et juste pour un détail, Bolloré a passé son temps à nommer au poste important dans son système médiatique des gens qui lui étaient fidèles, pas des gens compétents.
D'ailleurs, quand il y avait des gens trop compétents, susceptibles de lui dire je ne suis pas forcément d'accord avec vous, il dégageait dans la minute. Mais on nomme des gens pour leur fidélité. Souvenez-vous du type qui a été mis à la tête de Itélé au début, bon, qui était le fils d'un général pour Algérie française, enfin, je fais court, mais systématiquement, Bolloré, il faut que ça obéisse. Il n'y a pas le début d'une feuille de papier entre ce que peut faire un de ses agents et son système médiatique. Donc, bon, Anona s'inscrit là-dedans.
Mais disons que, en fait, c'est la manière dont c'est structuré, c'est-à-dire que, quelque part, les chefferies éditoriales, donc ce que nous, on vise, en termes de là où le pouvoir éditorial est concentré, en fait, elles n'ont pas besoin de se faire tenir le stylo, quelque part, parce qu'elles sont acquises à une certaine vision de la société, elles sont acquises à l'économie de marché, ça se répercute tous les jours sous de multiples formes dans le traitement de l'information, dans le traitement des personnes invitées et dans des deux poids, deux mesures qui sont à peu près systématiques. On n'a plus besoin d'en faire la démonstration, mais c'est toujours nécessaire de le faire.
Ça s'appelle la critique des médias. Donc, voilà. Et après, les journalistes, là-dedans, ils évoluent. L'indépendance, en fait, ce n'est pas quelque chose qui flotte comme ça. En fait, il y a des conditions matérielles de l'indépendance. Donc, à partir du moment où, en fait, comment dire...
Elles ne sont pas réunies.
Elles ne sont pas réunies. Là, pour parler vraiment des petits journalistes, ce n'est pas méprisant, ce que je veux dire, mais qui ne décident pas des sujets, qui ne décident pas des angles des sujets, qui ne décident pas de comment les traiter, qui appliquent des choix éditoriaux, des angles éditoriaux, etc. Oui, on pourra dire qu'ils sont libres, mais ça n'a pas beaucoup de sens, dans le sens où on doit faire les trucs, on doit faire le travail très rapidement et on a guère la place, en fait, et c'est ça, c'est un problème fondamental, de remettre en cause, en fait, la manière dont, justement, se fabrique l'information. Il y a assez peu d'espace.
Ils peuvent en discuter entre eux, etc., mais en fait, tout s'entretient. C'est horrible, mais j'en ai marre un peu de... Mais où ? D'où vient l'argent qui paye ces gens pour faire la propre grande part ? Ça suffit, quoi. Donc, à un moment donné, moi, je pense...
On va le voir qui risque de sauter. Du coup, on ne pourra plus rien dire.
Qui a déjà sauté. Bon, ça va être quand même un financement public. Ça va être quand même un financement public. Jusqu'à quand ? Avec France Télé qui va se retrouver complètement obligé de supplier pour avoir des budgets. Au secours, déjà qu'ils ont du mal à regarder lucidement ce que fait Macron, ça ne va sûrement pas s'arranger. Donc, moi, je suis tellement dégoûté que je pense qu'à un moment donné, je fais partie des gens comme toi ou d'autres qui se sont dit qu'il faut sortir de ce système et reparler aux citoyens et dire à tous, mais il faut financer l'information. Alors, on va essayer de faire des médias pas trop chers, honnêtes, etc. Mais il faut revenir à ça.
Et là, le gouvernement, encore une fois, a une grosse responsabilité parce qu'encore une fois, sur les aides à la presse, on pourrait... Alors, c'est compliqué, c'est subtil, etc. Je suis d'accord, mais on pourrait, par exemple, dire que quand un grand industriel très riche achète un journal pour des raisons d'influence, je ne suis pas sûr qu'il a besoin que les Français qui n'arrivent pas à remplir leur frigo viennent lui financer son journal. On pourrait dire, écoute, t'es riche, tu vends des armes, très bien, tu veux acheter le Figaro, écoute, bon vent et gère bien le Figaro. Non, mais voilà, quoi.
Et on pourrait dire que quand c'est des gens dont le métier est la presse ou en dessous d'un certain niveau de volume financier, là, effectivement, peut-être que les citoyens peuvent aider dans la mesure où ça favorise le pluralisme. C'est quand même possible de réformer les aides à la presse en France, ça fait 30 ans qu'il faut le faire et à un moment donné, on ne va pas se noyer dans l'impossible, quoi. C'est possible.
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