Glyphosate : la famille Grataloup perd au tribunal contre Bayer-Monsanto
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 10h15 et en deuxème sujet du jour avec un mot bien sûr qui fait beaucoup parler encore aujourd'hui, c'est le mot glyphosa. Bonjour Bertrand Ripolt. Bonjour.
Vous êtes l'un des avocats de la famille Gratalou. C'est cette famille qui depuis des années 7 ans précisément est partie en combat contre l'entreprise Bayer Monsanto. L'entreprise qui fournissait et qui produisait ce fameux glyphosate, cet herbicide.
Et hier, le tribunal de Vienne en Iser a rendu son jugement dans l'affaire qui oppose justement la famille au grand groupe. Et non, le glyphosade selon la justice n'est pas directement responsable des malformations congénitales du jeune homme de cette famille Théo qui est aujourd'hui âgé de 18 ans. Pour vous, qu'est-ce que ce jugement représente ?
Est-ce que c'est la fin d'un combat judiciaire ou au contraire le début d'une nouvelle bataille ? Alors, c'est pas du tout la fin de du combat judiciaire et plus précisément le tribunal ne s'est pas prononcé hein sur la la dangerosité, la toxicité du glyphosate. Il n'est pas allé jusque-là dans son raisonnement.
Il a d'abord reconnu que Monsanto était bien le producteur du produit incriminé et ensuite il s'est posé la question de savoir si la preuve de l'utilisation du produit en 2006 était rapporté. Et c'est sur ce point que euh nous avons quelque part échoué à ce stade. Le tribunal a estimé que les preuves rapportées n'étaient pas suffisante.
Hm. Et d'ailleurs, c'est un élément que la famille que vous défendez, la famille Grattalou regrette, c'est qu'en réalité, selon eux, la justice aurait demandé quoi des preuves qui ne seraient pas possible d'avoir, c'est-à-dire encore la facture de ce que pouvait être l'herbide glyphosate utilisé. C'est ça.
Des photos avec le bidon de cliphosate. Qu'est-ce qu'il manquait à la justice aujourd'hui encore dans le dossier que vous allez travailler dans les prochains mois pour apporter ces preuves que la famille estime être très concrète ? Effectivement, le tribunal nous a demandé des preuves quasiment impossibles à rapporter.
Quand Sabine a épendu la mère de Théo le glyphosate en 2006, elle n'a évidemment pas gardé toutes les traces de l'utilisation du produit. pas de facture d'achat, pas la photographie de de tous les bidons. Évidemment, elle ne pensait pas engager 10 ans plus tard un procès.
Donc exiger d'elle aujourd'hui d'apporter toutes ces preuves, c'est quasiment impossible. Donc effectivement, on peut penser à un aménagement de la loi ou de la jurisprudence pour assouplir le régime probatoire, ce qui irait dans dans le sens d'une plus grande facilité d'accès au juges dans ces dossiers. Hm.
Et dans quel état euh et et la et la et la famille aujourd'hui, on sait que Sabine et Thomas, les parents Gratalou et leur leurs fils euh ont mené ce combat acharné depuis depuis plusieurs années. Euh que ressent-ils ? C'est une déception ?
Ils sont prêts à repartir au combat ou alors vraiment affronter des mastodondes comme l'entreprise Bayer Monsanto et quelque chose aujourd'hui pour lequel ils n'ont plus suffisamment d'énergie. Ils auront l'énergie pour continuer. On va décider avec la famille si elle souhaite faire appel.
Moi, je pense que ce dossier mérite d'être soumis à la cour d'appel. Le tribunal n'a pas fermé la porte à une responsabilité. Moi, j'y lis plutôt une invitation à continuer à tenter de d'apporter d'autres preuves ou à sensibiliser la cour d'appel sur le régime probatoire qu'on évoquait à l'instant.
H Et par rapport au gliffat ATM, est-ce que cette décision de justice ne vient pas sérieusement rebattre les cartes aujourd'hui dans un monde où on le voit bien la simple réintroduction aujourd'hui d'un néonicotinoïde ? On le voit beaucoup avec la loi du plomb provoque beaucoup des mois. Est-ce que cette décision ne vient pas mettre une petite pierre dans le camp des ultrarationnels, dans le camp de la science, dans ceux qui disaient que en réalité non, le glyphosate n'était pas si dangereux que ça et la preuve, il a été à nouveau renouvelé pour une autorisation 2023 au niveau européen.
Est-ce que ça ne vient pas fragiliser cette pensée plus que on va dire cette preuve que le glyphosate aujourd'hui n'est plus cancérisen en réalité ? Alors, évidemment, il aurait été bon pour la lutte contre les pesticides euh qu'on ait une décision favorable hier, qui reconnaissent la faute et la responsabilité de de Monsantu. Maintenant, comme je l'ai dit, le tribunal ne s'est pas prononcé sur la dangerosité du produit.
Donc, n'y voyons pas ce que le tribunal ne n'a pas dit hier. Le combat continue. Ce sont des courses de fond de longue haleine.
Euh il faut il faut poursuivre pendant des années pour infiner obtenir euh obtenir gains de cause et des décisions favorables. Penser par exemple au procès du Médiator ou du distilb, il a fallu plusieurs dizaines d'années aux victimes pour être reconnu et indemnisé. H allant au cœur de ce dossier qui concerne quand même Théo, cet enfant né en 2007, il nî avec quoi ?
Des malformations du larinx à l'osophage, des problèmes au niveau respiratoire. Qu'est-ce qui a aujourd'hui pour vous amener à ce niveau de combat là ? Qu'est-ce qui vous a justement qu'est-ce qui a encouragé la famille à être persuadé que c'était le glyphosate qui était au cœur de ces malformations et de ces problèmes de santé et d'une gravité inouie ?
Alors, la famille Ratalou est une famille tout à fait rationnelle, hein, comme toutes. Euh, ça ne leur est pas euh venu comme ça. Elles ont consulté de nombreux spécialistes, de nombreux médecins qui euh leur ont indiqué que le lien de causalité entre ces malformations et l'exposition au glyphosate pendant les premiers mois de la grossesse était possible et qu'il fallait l'étudier, hein. plusieurs médecins se sont prononcés et puis je rappelle que dans ce dossier euh Théo Gratalou a été indemnisé par la commission d'indemnisation des victimes des pesticides qui a reconnu le lien comme possible.
Donc on a toute une série d'éléments qui viennent euh euh substantialiser documenter ce lien de causalité. Le tribunal à ce stade ne nous a pas suivi parce qu'on a pêché sur la la démonstration de l'utilisation du produit en 2006. Mais le le le lien le lien selon nous est établi bien sûr.
Et et quelle est la vie de ce jeune homme aussi pour qu'on comprenne et que qu'on se mette dans la peau de cette famille Gratalou que vous défendez maître Bertrand Repolte, c'est-à-dire qu'est-ce qui fait quelle est la vie de ce jeune ? Quel quelle a été la vie durant ces 18 premières années pour qu'on comprenne aujourd'hui le combat qu'il mène contre cette entreprise et par conséquent pour lui aussi ? Alors moi j'ai rencontré TA de multiples reprises et sa famille.
Euh il est certain que les les premières années de sa vie ont été très chaotiques, hein. Euh euh accidenté par euh euh par de multiples interventions chirurgical, de nombreux rendez-vous euh chez des médecins, chez des spécialistes. Euh donc il a été euh quelque part privé de de de l'enfance et de l'adolescence normale qu'il aurait dû avoir.
C'est aussi pour ça qu'on a engagé le le procès. maintenant aujourd'hui grâce à la détermination euh de de sa famille, il a une il a une vie quasi normale hein. Il a des projets professionnels, il vient d'avoir ça absolument il a des projets professionnels qui qui l'enthousiasment notamment euh pour devenir cuisinier restaurateur.
Donc aujourd'hui les choses se passent se passent bien mais grâce au combat et à la détermination de sa famille. Maître Bertrand Repol, vous vous occupez de cette famille qui a décidé de lutter contre le géant Bayern Mos Santo. Vous avez été à l'origine où vous avez énormément inspiré le monde, on va dire, de la littérature, du cinéma, des séries.
On se souvient du film notamment Goliath avec Pierre Niné qui raconte en somme le combat d'une famille contre contre un géant comme ça. Est-ce que vous avez subi durant ces 7 dernières années des pressions, des attaques à nominem ? Peut-être une véritable volonté de ne pas aller au bout de ce combat ?
Alors, on peut le lire comme ça. C'est c'est pas mon c'est pas mon impression, c'est pas mon ressenti. Le combat que le cabinet mène pour la famille Gratalou est un combat de un combat judiciaire, un combat de droit.
Nous sommes avec les mêmes armes que celles que Monsanto utilise. Nous nous battons sur le terrain du droit et je ne sens pas les mêmes armes, maître. On pourrait se dire d'un point de vue comme ça, deux entreprises aussi colossales avec des moyens financiers hors norme, des réseaux internationaux. il y aurait moyen de d'avoir des pressions, des moyens que vous n'avez pas peut-être euh sans vous faire un jur bien sûr mettre à votre disposition dans ce dossier.
Alors, c'est encore une fois euh je pense qu'on a on a su mobiliser tous les moyens nécessaires pour ce dossier et si on n'est pas parvenu à convaincre le tribunal aujourd'hui, ça n'est pas par manque de moyens euh mais mais plus encore une fois en lien avec l'ancienneté des faits et cette difficulté probatoire. Mais ça n'est pas véritablement David contre Goliath. C'est une bataille sur le terrain du droit.
Hm. Et une dernière question. Quelle est pour vous euh désormais l'échéance des premières semaines, les batailles à livrer avant le combat de l'appel pour vous dans les prochaines semaines ? les prochaines semaines, ça va être une une discussion avec la famille pour voir si elle a elle nous faut l'énergie et la mobilisation, mais je pense qu'elle l'a euh pour aller en appel et voir comment est-ce qu'on pourrait convaincre la cour d'appel là où on n pas convaincu le tribunal.
H bien bien sûr. Merci beaucoup Bertrand Répolte, avocat de la famille Gratalou dans cette bataille judiciaire qui oppose donc cette famille face au géant Bayer Monsanto et la décision d'hier vient forcément peser certainement une pierre dans ce combat là puisque le tribunal de Vienne en Iser a rendu son jugement pour dire que le glyphosate n'était pas directement responsable des malformations congénitales de ce jeune homme de 18 ans qui était le fils de cette famille qui a estimé que le glyphosate. Merci beaucoup maître d'avoir été notre invité.
Dans un instant, vos grands débats de l'été 10h30 13h. Un numéro vous le savez 0826 300300 et une tablée de mousquetaires prêt à ferrailler autour de l'actualité du jour. Arnaud Stéphan, Jean-Philippe Dugouin Clément, William T, Laurent Ça y est une fois plus 0826 300 300 avec et déjà les questions, les sujets du jour qui vous attendent sur l'application, sur les réseaux sociaux.
On attend vos commentaires, vos réactions et puis vraiment vous venez dans le studio via le standard ou via les réseaux sociaux. Absolument quand absolument quand vous voulez. Vous le savez, Sud est votre radio et vous parlez vrai.
Xavier Bertrand