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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 décembre 2025 24 min

Budget de la Sécu adopté, enfant tondu dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance, propos de Brigitte Macron... Le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Yael Brune-Pivet. Bonjour. Merci d'avoir quitté quelques instants le chaudron de l'Assemblée Nationale que vous présidez pour être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. Yael Brune-Pivet, hier soir, dans l'hémicycle, vous avez annoncé ceci.

0:17
Yaël Braun-Pivet

Votant 574, exprimé 481, majorité 241 pour 247, contre 234. L'Assemblée Nationale a adopté.

0:27
Présentateur

Cela s'est joué à 13 petites voix, ce vote du budget de la Sécurité sociale. Que dites-vous ce matin et que dites-vous à Sébastien Lecornu ? Chapeau l'artiste, il a réussi à dompter l'Assemblée.

0:39
Yaël Braun-Pivet

Déjà, je lui dis merci d'avoir fait confiance à cette Assemblée. Moi, c'est une Assemblée dans laquelle je crois depuis trois ans. Depuis trois ans, j'appelle les parlementaires au compromis. Je rappelle que l'Assemblée est issue du vote des Français et donc qu'elle leur ressemble, qu'elle ressemble à notre pays et qu'il faut la prendre en compte telle qu'elle existe et pas telle qu'on aimerait qu'elle soit. Et donc, le Premier ministre a écouté cela et a donné sa chance à l'Assemblée, donné sa chance au débat parlementaire. Je vous rappelle que sur ce texte de la Sécurité sociale, nous avons eu 106 heures de débat.

C'est le plus long débat sur un texte de la Sécurité sociale depuis l'existence de notre République. C'est aussi votre victoire. Donner sa chance au dialogue, donner sa chance au compromis au Parlement, eh bien, je m'en félicite, mais c'est une victoire collective. C'est une victoire pour l'Assemblée nationale. On a besoin de l'Assemblée nationale en espace démocratique. Et c'est ce qu'elle a prouvé aujourd'hui. Et ça marche. Donc, j'en suis très fière.

1:40
Invité

Ceux qui nous écoutent à la radio, vous aviez un grand sourire en vous réécoutant. C'était une belle journée de politique pour vous.

1:44
Yaël Braun-Pivet

C'est une belle journée de politique parce que c'est une belle journée démocratique. Il n'y a aucun camp, aucun groupe politique n'a imposé aux autres sa vision. Vous savez, quand j'entends certains qui disent qu'on voudrait absolument avoir une majorité absolue. Moi, je l'ai vécu, la majorité absolue. La majorité absolue, c'est celle qui écrase.

2:02
Invité

Sur un point, Agathe a dit 13 voix, mais c'est 6 voix parce que la majorité était à 241. Donc, c'était quand même très juste.

2:08
Yaël Braun-Pivet

C'était très juste. Mais je peux vous dire que dans la journée, parfois, quand on faisait nos décomptes, on était à une voix, deux voix. Donc, finalement, 13 voix, c'est juste, mais c'est assez large, c'est assez net. Ce qu'on observe quand on regarde le vote, c'est quand même que les partis extrêmes, que ce soit la France Insoumise ou le Rassemblement National, ne sont pas rentrés dans cette discussion. Eux, ils ont voté contre en bloc. Il n'y a pas une voix qui manque dans le vote contre. En revanche, tous les autres, des communistes aux Républicains, tous sont rentrés dans le débat, dans la discussion et ont eu des votes partagés. Il y a eu des contre, des abstentions et des pour.

Et ça, c'est intéressant, je trouve, sur le plan parlementaire.

2:48
Présentateur

Effectivement, c'était très partagé et on peut dire que c'est une victoire pour vous. Mais à quel prix ? Pour l'Assemblée Nationale, pas pour nous. Pour l'Assemblée Nationale, ça veut dire pour nous collectivement. On vous entend, Yael Brun-Pivet. Une victoire, mais à quel prix ? Si on écoute Boris Vallaud, c'est une victoire qui coûte cher.

3:06
Invité

Suppression de deux jours fériés, il n'en est plus question. Réforme de l'assurance chômage, il n'en est plus question. Gèle des minima sociaux, il n'en est plus question. Gèle des pensions, il n'en est plus question. Doublement des franchises médicales, il n'en est plus question. Augmentation des cotisations sur les apprentis, il n'en est plus question.

3:23
Présentateur

Vous avez renoncé à tout, Yael Brun-Pivet. C'est une négociation ou un abandon, ce dont on parle ?

3:29
Yaël Braun-Pivet

Nous n'avons pas renoncé à tout. Nous sommes rentrés dans la voie du compromis. Et donc chacun a dû faire des efforts. Le compromis, c'est ça. On fait des pas les uns vers les autres. Et il y a eu des pas les uns vers les autres. Il y a eu aussi des grands moments où nous étions d'accord tous ensemble. quand on prend, et c'est des conquêtes, quand on prend l'augmentation du congé de naissance, et bien c'est une mesure qui a recueilli un très large assentiment au sein de l'hémicycle. Et c'est un nouveau droit pour les jeunes parents.

3:55
Présentateur

Effectivement, une ou deux mesures sur lesquelles, c'est vrai, vous dites juste, tout le monde s'est mis d'accord. Mais c'est pas franchement un compromis, dans le sens où on l'entend chez nos voisins européens, une co-construction. Est-ce que c'est pas un peu un camp, et notamment le Parti Socialiste, qui a imposé ces vues sur un autre, vous qui avez dû renoncer à quasiment toutes vos mesures ? Alors non, je ne crois pas.

4:16
Yaël Braun-Pivet

En revanche, là où vous avez raison, c'est que, et c'est ce que j'ai exprimé il y a quelques semaines de cela, nos procédures, notre façon de travailler, ne sont pas adaptées pour créer une vraie co-construction et un vrai travail de fond. Vous l'avez vu, beaucoup de choses se sont passées dans l'hémicycle. Il y a eu des suspensions de séances, etc., des amendements de compromis. Tout se fait un peu au dernier moment. Moi, j'espère qu'on va pouvoir maintenant se mettre autour de la table, c'est ce que j'ai demandé. Vous voulez changer les règles budgétaires ?

Pour changer les règles, pour que nous puissions avoir des règles de discussion qui correspondent à ce temps politique où nous devons avoir un compromis à l'Assemblée nationale. Et moi, j'ai noté avec beaucoup de satisfaction que tous les groupes politiques étaient d'accord pour rentrer dans cette discussion. J'ai missionné les présidents des commissions des finances et des affaires sociales pour ce faire. Il faudra discuter avec le Sénat. Mais voyez, il ne faut pas être immobile, il faut avancer.

Moi, je crois vraiment, mais c'est une conviction profonde, après peut-être que je me trompe complètement, mais qu'une Assemblée qui discute, qui parlemente et qui arrive à ce résultat, eh bien c'est une meilleure Assemblée qu'une Assemblée avec une majorité absolue qui écrase tout et qui impose ses vues à l'ensemble des autres groupes parlementaires.

5:26
Invité

Mais à quel coût, Madame la Présidente de l'Assemblée ? Votre copie initiale était à 17,5 milliards. La ministre de la Santé a annoncé hier sur France Info qu'on serait plutôt à 19,6 milliards, voire quasiment 20 milliards si on les calcule. Ça coûte quand même plus de 2 milliards.

5:38
Yaël Braun-Pivet

Oui, mais regardez, les chiffres qui sont avancés, si nous n'avions pas eu du tout de budget de la Sécurité sociale, on était à près de 30 milliards. Donc le coût, c'est déjà un texte, c'est mieux que de ne pas avoir de texte. C'est une lapalissade, mais c'est important de le rappeler. Nous avons réussi à avoir un texte qui va nous permettre d'avoir un budget de la Sécurité sociale et de rassurer tous les acteurs, nos hôpitaux, nos infirmières, nos médecins.

6:05
Invité

Le chiffre final, c'est combien ?

6:06
Yaël Braun-Pivet

Alors on est à peu près 20 milliards, plus on a 4 milliards de contributions de l'État. Donc 24. Donc on est autour de, plus de 20 milliards en tout cas à coup sûr. Mais à nouveau, le premier budget, nous n'avions pas de majorité pour le voter. En fait, il faut à un moment être pragmatique et réaliste. Vous pouvez avoir les meilleures intentions du monde, mais en fait, c'est collectivement déjà, on le creuse moins que si nous n'avions pas eu de texte du tout. Et donc ça, c'est important. Après, réellement, ce qu'il faut faire est de la même façon pour le budget de la nation.

C'est qu'il faut qu'on arrive à traiter un certain nombre de sujets en les remettant complètement à plat et en n'ayant pas simplement lors du budget une ou deux mesures qui permettent de faire des économies. On a parlé beaucoup des médicaments, des franchises, etc. Peut-être que nous pouvons maintenant nous poser de façon très sereine avec l'ensemble des acteurs pour travailler sur la question du coût du médicament dans notre pays et de comment on construit cela. Ça, c'est des choses qu'on peut faire sur le moyen terme. Je pense que c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille maintenant. De même, sur le budget de la nation, on a beaucoup parlé de la fiscalité du logement dans l'hémicycle.

Eh bien, travaillons à plat, sereinement, sur une durée de quelques mois avec l'ensemble des acteurs sur ces questions-là.

7:25
Invité

Quelques mois, ça va être long.

7:28
Yaël Braun-Pivet

Travailler différemment que nous le faisons aujourd'hui en concentrant tout sur quelques semaines de débats budgétaires qui, vous le voyez, sont parfois très électriques.

7:37
Présentateur

Yael Brun, vu que vous parliez du fond, il y a une mesure qui ne passe pas trop. C'est le fait de repousser de 14 à 18 ans l'âge à partir duquel intervient la majoration des allocations familiales pour le deuxième enfant. Pour certains, ce sera une perte de 20 euros mensuels. Pour d'autres, de 80 euros mensuels. Ça, vous l'assumez sans aucun état d'âme ?

7:58
Yaël Braun-Pivet

Mais là aussi, par exemple, les allocations familiales doivent s'inscrire dans une politique familiale. Et là aussi, on voit bien que sur ce sujet, on a pris des petites mesures au fur et à mesure du temps. On a une politique familiale qui est assez hétérogène, assez hétéroclite. Personne n'y comprend plus grand-chose et elle n'est pas forcément très efficace. Et donc là aussi, il faudrait remettre les choses à plat pour savoir quelle politique familiale on veut avoir dans notre pays. Et donc ça, c'est des dossiers qu'on peut ouvrir de façon transpartisane avec l'ensemble des groupes politiques.

J'ai une mission à l'Assemblée nationale qui travaille sur les questions de démographie et de la natalité. Parce que la politique familiale, c'est aussi ça. Et comme vous le savez, on a des problèmes de natalité considérables dans notre pays.

8:40
Présentateur

Ce que cela montre aussi, c'est que ce budget, il a divisé au sein même de ce qu'on appelait le socle commun, Horizon, LR, le modem, Renaissance. Il a explosé, ce socle commun ?

8:51
Yaël Braun-Pivet

En tout cas, on a vu qu'on était très divisé, divisé sur la stratégie, divisé sur les mesures. Donc non, il n'a pas explosé. Il a montré hier qu'il existait encore.

8:59
Présentateur

Édouard Philippe, il vous a manqué en disant que ces troupes s'abstiendraient après avoir laissé planer la menace d'un vote contre ?

9:07
Yaël Braun-Pivet

J'ai trouvé ça dommage parce que nous avons besoin de faire les meilleurs efforts pour parvenir à un compromis. Et cette expression d'Édouard Philippe est intervenue avant même que les débats n'aient lieu à l'Assemblée nationale en nouvelle lecture. Et c'est ça, moi, que je trouve dommage. C'est qu'il faut donner sa chance au débat. Moi, j'ai présidé quasiment toute la semaine et j'ai vu des parlementaires essayer d'avancer ensemble. Et donc, il ne faut pas avoir, il est regrettable d'avoir une position de vote qu'on définit à l'avance. Mais je vois que cette position de vote, finalement, a évolué et que du contre, on est passé à une abstention.

Ce qui montre quand même qu'il a tenu compte des débats parlementaires et de la situation politique aussi. Il faut savoir s'adapter.

9:49
Présentateur

Il peut toujours prétendre, Édouard Philippe, à être le candidat du centre et de la droite à la présidentielle. Sébastien Lecornu, qui n'a pas apprécié sa sortie, a dit qu'il aura du mal à expliquer qu'il puisse être ce candidat.

9:59
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, moi, je ne me place pas dans ces hypothèses pour 2027. On est aujourd'hui en 2025. Moi, je suis consacrée sur une chose. Faire en sorte que nous ayons un budget pour la France. Après, ce qui est sûr, c'est que le candidat de 2027 devra être capable de rassembler largement et devra être capable de faire des compromis. Ça ne sera pas une vision qui s'imposera en 2027. Ça sera un rassemblement. Et ce n'est pas ce qu'a démontré Édouard Philippe dans cette fréquence. Et donc, il faut évidemment être capable de prendre la tête de ce rassemblement.

10:24
Invité

À votre place hier, Marie-Lise Léon de la CFDT reprenait une expression de Jean Castex. Je la cite. Pour elle, tout ce débat est une espèce de foire à la saucisse où elle ne sait pas qui arrive à s'y repérer. Le ministre du Travail confiait aussi sur notre antenne qu'il lui tardait que ça se termine. Franchement, vous-même, comment vous vivez cette crise politique sans fin depuis la dissolution ?

10:41
Yaël Braun-Pivet

Moi, je ne le vis pas comme une crise politique. Je le vis comme une opportunité. Vous l'avez bien encore hier.

10:45
Invité

Vous êtes passé à six mois après.

10:46
Yaël Braun-Pivet

Mais je le vis, excusez-moi, je le vis comme une opportunité pour notre pays, notre démocratie, de vivre une nouvelle culture politique qui est faite de compromis, de pas les uns vers les autres, et d'une majorité qui n'écrase pas une partie de l'Assemblée nationale et donc des Français. Eh bien, je suis désolée. Moi, c'est ça, ma conception de la vie politique. Il n'y a pas de lassitude. Non, il n'y a jamais, jamais de lassitude. Moi, je suis une combattante. Je crois en cette Assemblée. Je vous dis, moi, beaucoup, souvent, les Français me disent, mais comment vous faites ? Eh bien, quand je monte au perchois, je regarde les parlementaires, je vois la France.

Je vois la France dans toute son exception, dans toute sa diversité. Les parlementaires, ils viennent de la France entière, de nos outre-mer, de tous nos territoires. Ils représentent tout le pluralisme politique. Et moi, mon job, c'est de faire en sorte que ces parlementaires réussissent à avancer dans l'intérêt des Français. C'est à ça que je bosse matin, midi et soir. Je ne suis pas lassée, je ne serai jamais lassée. Parce que c'est ça, le respect du suffrage universel du vote des Français.

11:53
Présentateur

On voit que vous aimez vos députés. Vous en parlez presque comme de vos enfants. Seulement, force est de reconnaître que ce n'est pas toujours l'image parfaite que renvoient les débats à l'Assemblée.

12:03
Yaël Braun-Pivet

Mais en même temps, excusez-moi, Agathe Lambret, lundi soir, les députés, ils ont voté à l'unanimité. Il n'a pas manqué une voix sur un texte important sur le statut de l'élu. On est à trois mois des élections municipales. Ça va permettre aux élus de mieux s'engager. On crée un statut de l'élu étudiant pour que notre jeunesse accède de prendre des mandats à l'unanimité.

12:23
Présentateur

Et le vote du budget de l'État ? Vous croyez au miracle sur le budget de l'État ou vous dites qu'on passera par une loi spéciale ? Vous savez, moi, je ne crois pas au miracle.

12:31
Yaël Braun-Pivet

Je crois au travail. Je crois à l'effort. Je crois au compromis. Je crois au dialogue. C'est en ça que je crois. Pas au miracle. Vous croyez que le vote hier, c'est un miracle ? Non. C'est le résultat d'un travail collectif et de la responsabilité des uns et des autres qui ont décidé de faire confiance à l'Assemblée nationale. J'y crois et j'y croirai toujours jusqu'au dernier moment.

12:54
Présentateur

Avec Yael Brune-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, on parle de narcotrafic, Paul.

12:59
Invité

Madame la Présidente, vous avez rencontré hier Amine Kessassi, ce militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic qui a perdu deux frères, accompagné de sa mère, Ouassila Benhamdi Kessassi. Est-ce que vous pouvez nous raconter cette rencontre à huis clos et quelles leçons politiques en tirez-vous ?

13:13
Yaël Braun-Pivet

Alors j'étais, comme vous le savez, à la Marche Blanche à Marseille pour manifester la solidarité de l'Assemblée nationale. Ça me paraissait extrêmement important et j'avais donc rencontré la famille Kessassi. On avait passé un long moment à discuter et je leur avais dit que je les recevrais avec plaisir à l'Assemblée nationale. Donc on a organisé cette visite, cet échange. C'est important de manifester la solidarité déjà. Vous savez, il y a l'action politique, elle est fondamentale, mais il y a aussi ce qui se passe en humanité. C'est une maman, je suis une maman, elle a perdu son fils. Et dans ces cas-là, on a besoin de se serrer dans les bras et de se tenir chaud.

Et c'est aussi ce que l'on fait et ce que l'on a fait. Après, je leur ai réaffirmé la volonté farouche qui est la nôtre de lutter contre le narcotrafic. Là aussi, on parle d'une Assemblée nationale fragmentée. L'Assemblée nationale avait voté très largement un texte sur le narcotrafic qui nous permet de mieux lutter avec la création d'un parquet national, donner plus de moyens, etc. Le PNACO, qui sera opérationnel en janvier. Donc ça, ça va être très rapide. Vous assumez votre bilan après 8 ans au pouvoir sur ce sujet ? Alors, sur la sécurité, oui, je l'assume parce que j'entends certains dire que c'était un angle mort de notre politique. Ça n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai.

14:28
Invité

Certains disent que la guerre est perdue contre le narcotrafic, dont des magistrats.

14:30
Yaël Braun-Pivet

Vous savez, de la Commission des lois pendant 5 ans, les premiers textes que l'on a votés, quand on est arrivé en 2017, c'est un texte de lutte contre le terrorisme. C'est un texte sur les polices. On a donné immédiatement plus de moyens à la DGSI, à la DGSE, à la police nationale, à la gendarmerie, à la justice. Donc en fait, notre bilan sécuritaire, évidemment, il n'est pas parfait, mais aucun bilan n'est parfait. Et qui peut se targuer de cela ? En revanche, les efforts, ils sont massifs. Il faut continuer parce que vous avez raison. La lutte, elle doit continuer de façon extrêmement puissante. C'est absolument catastrophique. Pardon, pardon, c'est pas que le bilan n'est pas parfait.

15:10
Invité

C'est pas que le bilan n'est pas parfait. C'est qu'il y a vraiment de nombreux magistrats qui disent la guerre contre le narcotrafic, on la perd.

15:16
Yaël Braun-Pivet

Alors, mais c'est pour ça que maintenant, il faut y aller à fond. C'est ce qu'on fait et c'est ce qu'on a fait avec cette loi, avec ce parquet. Il faut donner les moyens. C'est les centres pénitentiaires. Moi, demain, j'irai à Condé-sur-Sarthe pour voir quel est le dispositif d'incarcération des narcotrafiquants. Il faut aller tout azimut avec une action extrêmement déterminée. Déterminée, c'est un combat de la nation que nous devons mener pour protéger nos enfants. Il n'est pas normal qu'aujourd'hui, nos enfants meurent, soit parce qu'ils ont consommé de la drogue, soit parce qu'ils sont victimes de tirs, de bandes, comme le pauvre Médic et Sassi. Ça n'est plus acceptable.

Donc, il faut qu'il y ait un effort national. Mais c'est ce que nous faisons en ce moment. Et là, c'est l'unité de la nation qui doit prévaloir.

16:01
Présentateur

Il y a des images révoltantes révélées par France Info. Des éducateurs de l'aide sociale à l'enfant se sont filmés en train de tondre un garçon de 8 ans pour le punir, selon eux. Une vidéo est publiée ensuite sur une boucle WhatsApp pour se moquer. L'enfant est torse nu, les bras croisés. Comment faire pour que cela n'arrive plus ?

16:22
Yaël Braun-Pivet

Alors, ces images, elles sont extrêmement choquantes. Là aussi, je suis une maman. Et l'aide sociale à l'enfance, elle est là pour protéger. Pour protéger nos enfants. Et les enfants qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance deviennent nos enfants. Ce sont les enfants de la République. Et la République est défaillante. Nous le disons. À longueur de rapports, de missions, il y a une commission d'enquête qui vient encore de rendre des conclusions. Et donc, ça suffit.

16:49
Présentateur

Oui, parce que ces faits étaient connus, c'est ça qui interpelle Yael Brunpivet. Une commission d'enquête, vous dites, de l'Assemblée qui avait rendu un rapport en avril qui avait alerté sur l'existence d'une violence institutionnelle. Mais oui ! Ça veut dire qu'on savait, mais qu'on n'a pas pu l'enpucher. On le dénonce à longueur de rapports.

17:05
Yaël Braun-Pivet

Il y a des lois qui sont prises. On a eu une loi en 2016, une loi taquée en 2022. Il y a un projet de loi qui est encore sur la table. Mais donc, moi, je veux bien, et c'est la présidente de l'Assemblée qui vous dit, la loi ne peut pas tout. Là, la commission d'enquête, d'ailleurs, a beaucoup de propositions qui ne sont pas législatives. Mais là, nous devons, là aussi, tous nous mettre autour de la table. L'État, les départements, puisque l'aide sociale à l'enfance est de la compétence des départements, les éducateurs, les foyers, etc. Mais ça ne peut plus durer. Je ne veux plus voir ce type d'image. C'est un scandale.

17:36
Invité

J'insiste juste sur ce point, parce que dans ce cas précis, au-delà de tous les rapports dont vous parlez, la scène s'est déroulée en février. Et selon les révélations de France Info, la maire avait alerté la justice à de nombreuses reprises. Et il a fallu que ce soit médiatisé et qu'il y ait cette vidéo dont toute la France parle pour que ça bouge. Il y a quand même quelque chose dans le système qui ne marche pas.

17:49
Yaël Braun-Pivet

Alors, c'est bien souvent le cas, malheureusement. Il faut vraiment, parfois, avoir des alertes très, très puissantes pour que, enfin, ça soit pris en compte et entendu. Après, je ne rentrerai pas dans le dossier. Mais je ne sais pas dans quelle mesure elle a alerté, dans quelle mesure la justice n'a pas forcément écouté. Elle l'a fait plusieurs fois. Donc là, il faudra regarder. Et moi, je me garderais bien de porter une appréciation là-dessus. Mais ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'entre février et aujourd'hui, il s'est passé quasiment un an. C'est beaucoup trop long.

Moi, je ne sais pas ce qui s'est passé après avec cet enfant, puisque ce que je comprends, c'est que cet enfant est toujours dans le même foyer. Donc, je ne sais pas comment il va. En fait, moi, déjà, ce qui m'importe, c'est comment va cet enfant. Vous savez, quand on confie un enfant à l'aide sociale, à l'enfance, c'est que sa vie, elle n'est pas rigolote. Elle n'est pas drôle. Et donc, quand on doit le protéger et qu'on continue à lui faire subir un certain nombre de mauvais traitements, eh bien, c'est une double peine. Et donc, il faut que cela cesse. Et donc, j'invite tout le monde à se ressaisir pour protéger nos enfants.

18:52
Présentateur

Yéle Brunf, le Rassemblement National prépare une proposition de loi pour rouvrir les maisons closes où la prostitution serait légale, des lieux qui seraient sécurisés, organisés en coopératif, tenus par des prostituées. Alors, vous n'avez pas l'habitude, chez les macronistes, de voter les textes du RN. Mais est-ce que vous jugez que ce débat mérite d'être posé ?

19:11
Yaël Braun-Pivet

Alors, ce n'est pas une question de texte. De toute façon, là, il n'y a pas de texte. C'est un travail, je crois, qui commence. C'est un sujet qui revient souvent et on va célébrer bientôt un anniversaire sur la loi, sur la prostitution. Nous, on a un modèle qui est plutôt de ne pas légaliser. En tout cas, on poursuit les proxénètes, on poursuit les clients. C'est le modèle français. Moi, je ne suis pas très convaincue, en tout cas à date, que le modèle des anciennes maisons closes protège les prostituées.

Parce que cette vision qui serait qu'il n'y aurait pas de pression parce qu'elles sont dans un établissement entre elles, je ne suis pas absolument certaine que ça élimine tout risque de pression et tout risque de contrainte. Et donc, je serai extrêmement réservée. Mais en tout cas, s'il y a un travail parlementaire qui s'engage, eh bien, il faudra regarder ce que cela donne. Moi, je suis toujours très attentive lorsqu'il y a un travail de fond qui s'effectue.

Et donc, je regarderai ça attentivement, mais a priori, plutôt défavorable à la recréation de ces maisons closes qui ne me permettent pas, à mon sens, d'assurer la liberté pleine et entière des personnes qui se livrent à la prostitution.

20:28
Invité

Dans le prolongement de la note stratégique tant commentée sur le site de la Maison Blanche en fin de semaine dernière, Donald Trump vient donner une interview à Politico dans laquelle il s'attaque globalement à la politique migratoire de l'Europe et il cible plusieurs villes, Londres et Paris. en ciblant notamment les migrants congolais et en lançant « Quand vous regardez Paris, c'est un endroit totalement différent. J'adorais Paris. » Qu'est-ce que vous répondez au président américain ?

20:50
Yaël Braun-Pivet

Je lui réponds qu'il faudrait qu'il revienne à Paris et qu'il aille dans les rues de Paris. Je pense qu'il aurait une vision qui serait conforme à la réalité des choses. C'est n'importe quoi. Vraiment, c'est n'importe quoi. Je pense qu'il faut arrêter d'être aussi déjà excessif dans ses propos, dans ses appréciations. et arrêter de... Moi, ce qui m'inquiète, c'est aussi cette volonté de s'ingérer dans les vies politiques et démocratiques des pays européens. Il dit qu'il est prêt à soutenir des candidats

21:22
Présentateur

à des élections en Europe partageant sa vision pour le futur du continent.

21:24
Yaël Braun-Pivet

Je ne sais pas quelle est la vision de Donald Trump sur le futur du continent européen, mais qu'il nous laisse en démocrate, en peuple libre, nous occuper de notre futur.

21:38
Présentateur

Yael Brunfivet, comme tous les jours, c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui gêne. Brigitte Macron a qualifié de « salconne » des militantes féministes qui ont interrompu samedi un spectacle d'Harry Habitant. L'humoriste avait été accusée de viol en 2021 avant que l'instruction n'aboutisse à un non-lieu. Une première dame devrait-elle dire ça ?

21:59
Yaël Braun-Pivet

C'est embêtant cette affaire. Tout est embêtant. Le fait qu'on s'en prenne publiquement à un artiste alors qu'il a eu un non-lieu. J'ai vu des vidéos où on dit « non-lieu ne veut pas dire innocent ». Normalement, c'est « je suis innocent ». Je suis poursuivie par la justice et je deviens coupable lorsque j'ai été condamnée. Si j'ai un non-lieu, ça montre bien que je suis innocent. Les féministes remettent en cause une décision de justice. Non, mais surtout, c'est la présomption d'innocence qu'elles remettent en cause et ça, c'est dangereux.

Après, le combat des féministes, on sait à quel point il a été crucial et il est crucial aujourd'hui pour dénoncer les faits, pour alerter la société et donc, il faut ne pas dénaturer ce combat et donc, ne pas opposer les féministes, la justice, etc. parce que ce combat, il est essentiel et moi, je suis très admirative de ce qu'elles ont fait et de ce qu'elles font et il faut qu'elles continuent à le faire. Mais dans le respect des principes de notre justice et de la présomption d'innocence.

Et après, sur le vocabulaire, sur la façon dont c'est fait, je crois que c'est filmé sans que la personne le chasse et tout ça, donc ça, c'est pas terrible quand même et troisièmement, le vocabulaire utilisé est quand même assez indigne. On ne traite pas les gens de noms d'oiseaux surtout quand c'est des activistes qui ont une juste cause à porter. Donc voilà, tout ça me fait dire que franchement, déjà, c'est une histoire qui est vraiment sans grand intérêt, mais en revanche, ces combats et la présomption d'innocence valent le coup que l'on puisse se mobiliser.

23:28
Présentateur

Yael Broun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, merci d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci à vous. Merci, Agathe, à demain. Demain, merci.