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interviewCNEWS· 5 mai 2026 4 min

L'édito de Thomas Bonnet : «"Assistanat" : l'évolution idéologique du RN»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va parler euh à présent politique avec vous Thomas Bonet. Alors que les finances publiques de la France sont dans le rouge, je vous apprends rien. La question de l'assistana s'invite dans le débat politique.

Régulièrement dénoncé par la droite, le poids du système social au détriment du travail est désormais un thème pour le rassemblement national. Et vous dites que c'est nouveau Thomas Bonet, c'est une vraie évolution de la part de Marine Le Pen. Oui, parce que pendant très longtemps et même encore maintenant, Marine Le Pen est régulièrement visé par la droite pour un positionnement jugé trop à gauche d'un point de vue économique.

En cause, à chaque fois, c'est la politique sociale du RN, pas franchement libérale, c'est clair, attaché aussi à une certaine idée de la redistribution. La chef de fil des députés Eren est peut-être en train d'évoluer. En tout cas, le vocabulaire est en train de changer.

Vendredi à Macon, il y avait un discours où Marine Le Pen a prononcé ses mots. Écoutez, pas d'avantage. Vous ne me verrez défendre les logiques d'assistana.

La nécessaire solidarité nationale à laquelle je crois profondément et que je défends avec la plus grande détermination parce qu'elle est naturelle, n'a rien à voir avec l'adhésion malsine à un assistana endémique entretenu et encouragé. On l'emploie du mot assistana par Marine Le Pen, c'est assez inhabituel. C'est pas la première fois qu'elle l'emploie mais c'est relativement rare mais c'est un discours assumé, réfléchi, qui a même été relayé sur les réseaux sociaux pour en étendre la portée.

Thomas Bonet, quand on parle d'assistana, pour être très clair, on parle de quoi ? Alors la définition de cette notion, elle est assez floue, assez mouvante, mais il y a une base fondamentale, c'est l'idée selon laquelle les aides sociales de l'État sont trop généreuses et qu'elles peuvent dissuader les Français de travailler. En clair, à quoi bon se lever pour aller travailler quand la protection sociale vous garantit des revenus décents et le tout sans effort ?

Alors, c'est parfois un peu caricatural, mais indéiablement, il y a aujourd'hui une déconnexion entre l'état de nos finances et la générosité presque aveugle de ce qu'on appelle l'État providence. Surtout que cette générosité, elle repose sur les salariés qui eux voient l'écart entre leur salaires bruts et leur salaires net augmenter défavorablement et le tout au détriment de leur pouvoir d'achat. Ouais. le fait que le travail doit plus payer, que l'assistana, que les aides sociales et bien plus payé, c'estàd pas qu'il y ait pas euh 50 € de différence parce que sinon euh tout le monde vous dit euh euh la personne qui euh qui qui vit des aides sociales va faire un peu de travail au black et puis ensuite gagnera plus que celui qui se réveille le matin.

Cette question là, elle va être au cœur du du débat présidentiel. Oui, c'est indéiablement un sujet qu'il faudra trancher lors de cette campagne. Le fait que le RN se positionne sur cette question de l'assistana, c'est loin d'être anod àodin d'une part parce que son électorat il est de plus en plus sensible, ses salariés qui ont de plus en plus de mal à accepter l'idée qu'on puisse gagner presque autant voire parfois plus sans rien faire.

Et d'autre part, c'est une façon pour le RN d'envoyer des signaux au monde économique, aux chefs d'entreprise, même des petites entreprises, ces patrons qui constatent jour après jour le poids de la dépense. Hier matin sur notre antenne, Sarah Knafo est allé dans le même sens affirmant qu'il n'y avait pas d'assister en France mais un système social qui favorise l'assistanaat. Et la nuance a son importance.

Il ne s'agit pas de viser qui que ce soit, il s'agit d'expliquer au plus grand nombre les limites de notre modèle social. On peut vouloir de la justice sociale et être attaché à la valeur travail, même à une logique de méritocratie. Travailler doit permettre de gagner plus que de ne pas travailler.

Mais cette évidence sur heurte à une réalité implacable avec ce chiffre qui est sans doute le plus important dans cette équation. 56 % de la population reçoit plus de l'État que ce qu'elle ne paye. Ça veut donc dire qu'une majorité de Français a intérêt aujourd'hui à conserver le système tel qu'il est.

C'est un statut co qui serait intenable pour nos finances publiques et qui conduirait tout droit vers le mur de la dette. Et c'est cet horizon obscur, nuageux qui est en train sans doute de faire bouger les lignes, y compris au sein du Rassemblement national.

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