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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 5 février 2026 23 min

Procès en appel du RN : "On n'est pas résignés", déclare Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Avec Benjamin Duhamel ce matin, nous recevons donc le vice-président du Rassemblement National des Plutus du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale. Venez lui poser vos questions et réagir au 0145 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour madame. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Au surlendemain, des réquisitions contre Marine Le Pen dans le procès des assistants parlementaires du Front National. Son avenir politique s'obscurcit. On parlera aussi de la situation internationale. Avez-vous vraiment pris vos distances avec le trumpisme ?

Et puis des municipales qui se rapprochent et vous nous parlerez de vos candidats et des ambitions du RN. Mais d'abord Sébastien Chenu. Le parquet a donc requis 4 ans de prison dont un ferme et 5 ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen. Si la cour d'appel suit les réquisitions, elle ne sera pas candidate, elle l'a très clairement laissé entendre. Donc ça y est, vous avez fait le deuil de sa candidature pour 2027 ?

1:05
Sébastien Chenu

Non, parce que les réquisitions ne sont évidemment pas les peines. Donc là on a un parquet qui a requis de façon très dure, mais on s'attendait finalement à cette expression du parquet qui allait demander une condamnation. Donc vient maintenant le temps de la défense. On a eu le temps de l'accusation, dure mais attendue. Et maintenant nos avocats vont faire valoir, et je crois qu'ils l'ont fait valoir pendant tout le procès, un certain nombre d'éléments qui permettraient à Marine Le Pen d'être évidemment lavée de tout soupçon.

1:37
Locuteur non identifié

On sent quand même dans les réactions au RN, y compris dans ce que Marine Le Pen a pu glisser à la presse, une forme peut-être de résignation en réalité. Vous vous attendez à ce que la Cour d'appel suive les réquisitions ? Pourquoi la Cour d'appel déciderait d'une peine d'inéligibilité de moins de deux ans, qui serait la seule condition qui permettrait à Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?

1:59
Sébastien Chenu

Et ça parce que d'abord nos avocats vont faire valoir un certain nombre, je vous le disais, d'éléments qu'on a vus pendant le déroulement du procès. Mais non, on n'est pas résigné. D'abord on n'est pas résigné, Marine Le Pen se bat, Marine Le Pen fait valoir des éléments. Vous avez vu d'ailleurs que pendant le déroulement du procès, un certain nombre de contrats ont été évacués en disant que ces contrats, Marine Le Pen n'a rien à voir avec, elle n'a pas à en être comptable. Donc il y a des éléments qui montrent que la peine peut être évidemment amoindrie. En tous les cas, on se bat pour ça et on se bat pour faire reconnaître l'innocence de Marine Le Pen.

Marine Le Pen a entendu le message de la première instance, elle a entendu les réquisitions et maintenant on va entendre la défense.

2:37
Locuteur non identifié

Et donc vous croyez vraiment, Sébastien Chenu, est-ce que là il n'y a pas un peu de méthode couée ce matin ? Vous croyez vraiment que Marine Le Pen va pouvoir être candidate à l'élection présidentielle ? Vous y croyez vraiment ?

2:46
Sébastien Chenu

Oui, moi je pense qu'il y a une possibilité que Marine Le Pen soit candidate à la présidentielle. Oui, si elle n'est pas inéligible au-delà de deux ans, elle peut être candidate à la présidentielle, évidemment.

2:54
Présentateur

Alors en tout cas, elle l'a dit, si la décision suit les réquisitions, donc 6-5 ans d'inéligibilité, elle passera la main à Jordan Bardella cet été, peut-être à la rentrée, vous nous confirmez ?

3:06
Sébastien Chenu

Ah ben ce serait, si Marine Le Pen ne pouvait pas être candidate, il y aurait un congrès qui désignerait notre candidat. Il n'y a pas beaucoup de mystère chez nous, on est un mouvement organisé, on mène la bataille des idées et c'est Jordan Bardella qui prendrait le relais si Marine Le Pen ne le pouvait pas. Mais tout ça est assez clair, on ne se cache pas derrière notre petit doigt.

3:23
Locuteur non identifié

Je suis frappé Sébastien Chenu, au début de cet entretien, vous avez des mots, vous avez qualifié les réquisitions de sévères, de dures, je crois. Mais on est très très loin de ce qu'on en avait pu entendre dans la bouche d'un certain nombre de responsables du Rassemblement National après le jugement en première instance et la condamnation. Je vais citer un petit fleurilège. Tyrannie des juges, c'est ce que disait Jordan Bardella, tentative d'assassinat politique. Ça s'était signé Johan Gillet, député du Rassemblement National. On se souvient de ce meeting Place Vauban, de Marine Le Pen qui s'était notamment comparé à Alexei Navalny, mort en prison dans les geôles russes.

Est-ce que vous les regrettez, ces formules qui d'ailleurs vous ont été reprochées par les avocats généraux ?

3:59
Sébastien Chenu

Deux choses. D'abord, ces qualifications, on les a eues quand la peine a été exposée. Attendons la fin.

4:08
Locuteur non identifié

Et dans la foulée des réquisitions, en première instance, les mots étaient tout aussi sévères.

4:11
Sébastien Chenu

Mais dire qu'il y avait évidemment, et d'ailleurs finalement dans ce procès en appel, il n'est pas dit autre chose, qu'il y avait une volonté d'empêcher Marine Le Pen à l'élection présidentielle et donc une volonté politique, c'était une réalité puisque l'exécution provisoire a été ici totalement rejetée en appel.

4:27
Locuteur non identifié

Est-ce que vous réutiliseriez ce matin le fait qu'il y a en France une tyrannie des juges qui veut empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?

4:37
Sébastien Chenu

Moi j'ai toujours dit deux choses. Un, que l'institution, et je suis fils, moi vous savez, d'une greffière, donc l'institution judiciaire, je la respecte. Je respecte l'institution judiciaire. Je considère que dans cette institution, il y a aussi des juges qui font de la politique. Il y a aussi des juges qui sont des militants politiques. Donc ça existe. Dire le contraire, on l'a vu avec le syndicat de la magistrature. Aujourd'hui, moi je ne dis pas ça, j'attends la fin du procès pour prendre acte. Donc vous avez changé d'avis ? Non, on n'a pas changé d'avis puisque je vous redis exactement ce que je vous ai dit.

Je crois même d'ailleurs ici, à ce micro, que respect de l'institution judiciaire, et avoir les yeux ouverts sur une institution dans laquelle il y a effectivement des gens qui font de la politique. Dire qu'il y a une tentative d'assassinat politique, c'est respecter. Et on pouvait considérer.

5:14
Locuteur non identifié

Pardonnez-moi, Cézacien Chenu, vous dites aujourd'hui que je respecte l'institution judiciaire. Dire après le jugement, que ce qui avait une tentative d'assassinat politique, c'est pas respecter l'institution judiciaire.

5:23
Sébastien Chenu

Quand on invente un délit qui n'existe nulle part dans les codes, qui était celui du trouble à l'ordre démocratique, oui, on peut penser qu'il y a une coloration politique. D'ailleurs, ce trouble à l'ordre démocratique a été foulé au pied en appel. Le parquet a dit que ceci n'avait pas lieu d'être et que ça ne tenait pas debout, en réalité. Donc il y avait bien une volonté.

5:42
Présentateur

Est-ce que vous redirez, si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, qu'on n'est plus tout à fait dans une démocratie ?

5:47
Sébastien Chenu

C'est-à-dire que moi, ce qui me gêne, c'est qu'en fait, on aurait l'impression que des juges peuvent décider du casting de l'élection présidentielle. Et ça, c'est troublant. Ce serait la première fois, d'ailleurs. Et je pense qu'effectivement, ça doit nous interroger. Ça doit interroger notre système démocratique. Mais on n'en est pas là. Marine Le Pen a des éléments à faire valoir. Elle peut demain être candidate. Vous pourriez être surpris. Vous l'enterrez régulièrement, Marine Le Pen, depuis toujours. On n'enterre personne. Je peux compter le nombre de fois où il a été dit que Marine Le Pen était morte. On verra bien.

Mais une élection présidentielle sans Marine Le Pen, qui est donnée comme la favorite, etc., c'est quand même troublant.

6:26
Locuteur non identifié

Pardon Sébastien Chenu, on n'est plus tout à fait en démocratie le 1er avril 2025. C'est ce que vous dites au micro de France 2 dans les 4 vérités. Vous considérez qu'on n'est plus tout à fait en démocratie ?

6:35
Sébastien Chenu

Oui, parce que le 1er avril 2025, on avait ce trouble à l'ordre démocratique qui était inventé de toute pièce et qui, sincèrement, était une manœuvre qui a été évidemment foulée au pied aujourd'hui en appel. Donc, il y avait une terminologie qui était exposée pour empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. Cette terminologie, elle avait une couleur politique. Je note qu'aujourd'hui, le parquet considère que tout ça a été de pure fiction.

6:57
Présentateur

Bon, il faut qu'on avance. Si c'est Jordan Bardella, ce qui est donc possible, voire probable, est-ce qu'il fera un aussi bon candidat que Marine Le Pen ?

7:06
Sébastien Chenu

Je pense que Jordan Bardella, aujourd'hui, se prépare. Il est préparé chaque jour davantage pour faire un excellent candidat. Moi, je n'ai pas de doute sur le fait que Jordan soit un excellent candidat à la présidentielle.

7:16
Présentateur

Est-ce qu'il sera à la hauteur pour tenir tête à Trump ou à Poutine ?

7:19
Sébastien Chenu

Mais oui, pourquoi ne serait-il pas ? Vous trouvez qu'Emmanuel Macron, il a été à la hauteur pour tenir tête à Trump ou à Poutine ? Jordan Bardella, non seulement, sera à la hauteur, mais va faire une autre politique. Parce que n'oublions jamais, et c'est là la grandeur de Marine Le Pen, elle dit, si je suis empêché, je veux que nos idées gagnent. Donc, je passe le relais à quelqu'un qui peut les porter. Ce quelqu'un, c'est Jordan Bardella. Nous, ce qui nous intéresse, c'est les idées, c'est la politique, c'est les conséquences que ces idées peuvent avoir dans la vie quotidienne des Français.

7:46
Locuteur non identifié

Jordan Bardella, au moment d'élection présidentielle, il aura 31 ans. Ce n'est pas lui faire offense que de se poser la question de savoir si, à 31 ans, sans jamais avoir été ministre, sans jamais avoir dirigé une collectivité, sans jamais avoir été maire, on a les compétences, l'expérience suffisante pour être président de la République.

8:05
Sébastien Chenu

Enfin, vous avez avant vous Jérôme Gage, qui est candidat à la présidentielle, qui n'a jamais été ni ministre, ni maire.

8:10
Locuteur non identifié

Il ne faut pas lui faire offense que de considérer qu'il n'est pas exactement dans la même position de favori du scrutin.

8:14
Sébastien Chenu

D'accord, mais enfin, je veux dire, je pense que l'angle selon lequel on reproche un âge à quelqu'un, à mon avis, est très faible. Allons sur la bataille des idées. Moi, je veux dire, reprocher l'âge de quelqu'un, on pourrait faire le reproche inverse à Jean-Luc Mélenchon, dire qu'il est trop vieux. Il aura 77 ans, on pourrait dire quand même, à 77 ans, on ne se lance pas dans une présidentielle. Je pense que ce n'est pas une question d'âge. C'est une question d'offre politique et de choix politique. Les Français vont choisir une offre politique portée par un homme ou une femme qui sera celui ou celle qui les rencontrera le mieux.

Je pense qu'effectivement, il n'y a pas de soucis de nous concernant. Puisqu'on est sur les idées.

8:49
Présentateur

Il y a trois jours, Jordan Bardella nous dit « Donald Trump n'est pas mon modèle ». Le même Jordan Bardella, qui nous a dit en 2021, ici même, « Les idées que porte Donald Trump sont plutôt bonnes pour les intérêts de la France. » Donc, ça veut dire que c'est fini ? Les inspirations trumpistes ?

9:04
Sébastien Chenu

Non, le gendarme Bardella, dernièrement, je l'ai écouté, il a expliqué qu'avec Donald Trump, un rapport de force s'impose. Évidemment. Et on n'a jamais dit autre chose que ça. Car Donald Trump, il est président américain, il défend... Et aujourd'hui, on a un peu de recul sur Donald Trump. On l'a vu à l'œuvre, dans un premier mandat. Puis on l'a vu ne pas accepter le résultat d'une élection. Puis on l'a vu revenir. Et on le voit d'une façon extrêmement agressive. Donc, on doit imposer un rapport de force à Donald Trump qui défend les intérêts des Américains. Mais comment s'en étonner ? Ceux qui s'en étonnent sont ceux qui ont oublié qu'un président devait défendre les intérêts nationaux.

Nous, c'est ce qu'on reproche d'ailleurs à Emmanuel Macron, de ne pas défendre nos intérêts. Mais son modèle, son idéologie ? Non. Trump, il est ultra-libéral, ce que nous ne sommes pas. Il a un côté autoritaire, ce que nous ne sommes pas. Il n'est pas notre modèle. D'ailleurs, on n'a pas de modèle à l'extérieur, ça serait ridicule.

9:56
Locuteur non identifié

Sébastien Chenu, pardonnez-moi, on constate quand même une évolution dans les qualificatifs que vous employez pour caractériser Donald Trump. puisqu'il y a cette phrase en 2021. Alors, à la rigueur, vous pouvez utiliser l'argument que c'était son premier mandat et qu'il y a eu le deuxième mandat. Oui, sauf qu'à la BBC en décembre dernier, Jordan Bardella qui dit partager le constat de Donald Trump sur le présumé effacement civilisationnel en Europe à la suite de ce qu'on appelait la stratégie nationale américaine, le vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales. Vous avez fait preuve de naïveté concernant Donald Trump. C'était au mois de décembre.

C'était avant qu'il confirme ses velléités sur le Groenland. Vous avez été naïfs ?

10:33
Sébastien Chenu

Non, on n'a pas été naïfs. Et je vais vous dire, ce ne serait pas un clin d'œil si ce n'était pas aussi grave, mais on a toujours été moins naïfs que des gens comme Jack Lang dans l'affaire Epstein et les liens qui peuvent les unir et les liens qui peuvent unir une certaine oligarchie française à une certaine oligarchie américaine. On peut parler si vous voulez de Jack Lang et de l'affaire Epstein, mais je ne vois pas le rapport avec l'éventuelle complaisance avec le Trumpisme. Il n'y a pas de naïveté. On peut dire des choses sur Donald Trump. On peut lui reconnaître un certain nombre de mérites. Donald Trump, il a une énergie. Il n'est pas sensible à la critique de ses opposants.

Et c'est probablement cette espèce de liberté personnalité. Mais vous trouvez

11:09
Locuteur non identifié

qu'un vent de liberté souffle sur toutes les démocraties occidentales ? À quel niveau ? À la suite de l'élection de Donald Trump. Est-ce que vous trouvez qu'il y a un vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales ?

11:19
Sébastien Chenu

Ça veut dire qu'en fait, tout est possible puisque Donald Trump était donné perdant, y compris sur vos antennes. Je me souviens être venu totalement perdant, has been, etc. Et qu'il a gagné. Tout est possible en politique. Mais quand on dit

11:29
Locuteur non identifié

un vent de liberté, c'est la sienche nu, on s'en félicite. Quand on dit un vent de liberté souffle

11:33
Sébastien Chenu

sur toutes les démocraties occidentales. Je cherche votre nom, pardon. Benjamin Duhamel. Benjamin Duhamel. Donald Trump, il est l'incarnation de quelque chose aux Etats-Unis qui n'est pas transposable ici. La société américaine ne correspond pas à la société française. La société américaine, elle est nimbée de religieux, elle est beaucoup plus libérale, la valeur de l'argent, etc. Ce n'est pas transposable. Donald Trump, il a en revanche une pratique du pouvoir qui effectivement est brutale et violente mais qui défend les intérêts américains. Et c'est ça, je crois, qui est intéressant de regarder.

C'est se dire, est-ce que nous, on est capable de lutter face à un président qui défend des intérêts qui ne sont pas les nôtres ? Ben oui. Et je pense que lorsque Jordan Barilla dit un rapport de force s'impose, il est temps d'en prendre conscience.

12:16
Locuteur non identifié

Donc, lutter contre les idées portées par les proches de Donald Trump, assumer le rapport de force. On est d'accord ?

12:20
Sébastien Chenu

Alors, les idées portées par les proches de Donald Trump, je ne sais pas ce que c'est, lutter contre, défendre nos intérêts. Voilà ce que je veux vous dire.

12:26
Présentateur

Défendre nos intérêts. Comment comprendre que cette semaine, le groupe dirigé par Jordan Barilla à Bruxelles a co-organisé un sommet transatlantique sur, je cite, la liberté d'expression menacée avec toute l'aspect, la sphère MAGA, les proches de Donald Trump, des militants anti-avortement, des militants anti-homosexualité, une certaine Sharon Sletter qui qualifie l'homosexualité de trouble mental, dérivée de trouble de l'enfance ? Comment on peut à la fois prendre ces distances, estimer qu'il faut instaurer un rapport de force et recevoir en grande pompe les représentants de cette idéologie à Bruxelles ?

13:02
Sébastien Chenu

Madame Paracuelos, vous aurez la maïdité d'être précise et de considérer que c'est le groupe ECR qui a organisé ceci. C'est-à-dire, c'est pas notre groupe. Alors, pas du tout, pas du tout, Sébastien Cheneuve.

13:11
Locuteur non identifié

C'est co-organisé par le groupe de Jordan Barilla et le groupe ECR au Parlement européen.

13:15
Sébastien Chenu

Nous ne sommes pas à l'initiative de cette rencontre et nous ne sommes pas comptables des propos. Moi, je n'ai jamais de problème à confronter des points de vue. Ce n'est pas parce que des gens disent quelque chose dans un débat...

13:24
Présentateur

Mais c'est votre groupe qui a organisé cette réunion.

13:28
Sébastien Chenu

Non, là, c'est-à-dire qu'il a organisé. Mais peu importe, je trouve intéressant, moi, d'organiser des échanges de points de vue pour savoir qui dit quoi, qui pense quoi. C'est un point de vue

13:35
Locuteur non identifié

de considérer que l'homosexualité est un trouble mental dérivé de l'enfance ?

13:38
Sébastien Chenu

Mais ça, ce n'est pas de nos propos. On n'est pas comptables de ça. Si des gens disent ça, on peut leur opposer autre chose, on peut leur opposer des arguments. C'est le principe du débat. M. Duhamel, je sais que vous avez bien uniquement discuté avec des gens qui pensent comme vous, mais nous, on considère que le débat... On reçoit dans ce studio toutes les personnes... Je n'ai pas dit qu'avec des gens qui pensent comme vous, mais que vous avez bien discuté d'abord avec des gens qui pensent comme vous. Nous, on considère que la liberté, c'est confronter des points de vue avec des gens qui ne pensent pas comme nous.

Ces propos-là, évidemment, on n'en est pas comptables puisqu'on ne pense pas du tout. Sébastien Chenu,

14:04
Locuteur non identifié

il y a deux groupes au Parlement européen. Le groupe ECR, qui est celui de l'arrivée maréchale. Plus que deux groupes au Parlement européen. Oui, qui organise celui de Georgia Meloni et le groupe présidé par Jordan Bernal qui organise cette réunion avec des soutiens de Donald Trump, des personnalités, Florence Lécité, qui ont ce type de propos. Pardonnez-moi, mais comment est-ce que tous les matins à la radio, vous pouvez nous expliquer que vous n'avez rien à voir avec Donald Trump et dans le même temps les recevoir à Bruxelles ? Mais quel est le problème de confronter des idées ? Je n'arrive pas à confronter votre raisonnement. C'est un meeting. Sébastien Chenu,

14:31
Sébastien Chenu

tout le monde est d'accord à cette réunion. Je viens de vous dire qu'on n'était pas d'accord. Mais quel est le problème de confronter, de faire venir des gens qui expriment une pensée et d'exprimer nous-mêmes une pensée qui n'est pas conforme à celle-ci ? De confronter des idées. Mais personne ne l'a exprimé. Quel est votre problème avec la bataille des idées ? Mais personne n'a exprimé à cette réunion des idées contraires. La preuve, vous m'interrogez sur un propos, je vous dis en étant désaccord. Mais je n'arrive même pas à comprendre où ça peut poser problème qu'on invite des gens qui ne pensent pas forcément comme vous. Qu'est-ce que ça signifie ?

14:57
Présentateur

Sauf que c'est vous qui vous accueillez. On poursuit avec les Américains. On a Elon Musk convoqué par la justice pour être entendu sur des dysfonctionnements sur son réseau X. La justice française. Ses locaux parisiens ont été perquisitionnés. Pour votre allié, Marion Maréchal, c'est un nouveau palier dans le tournant autoritaire d'un centrisme qui, de Paris à Bruxelles, tente à tout prix de contrôler l'information. Est-ce qu'elle a raison, Marion Maréchal ?

15:19
Sébastien Chenu

Écoutez, dans ce domaine-là, je ne connais pas le dossier d'Elon Musk très précisément. Moi, je vais vous dire, je suis à la fois pour la liberté et pour la souveraineté dans l'information. La liberté d'expression la plus aboutie et la souveraineté qui permet effectivement de ne pas se soumettre ou se faire soumettre à des pressions comme celle de la Chine qu'on connaît sur les manipulations d'un certain nombre d'ingérences étrangères.

15:42
Présentateur

Non mais là, en l'occurrence, pour Rick, soupçons d'ingérences étrangères, soupçons de complicité de détention d'images à caractère pédopornographique et contestation de crimes contre l'humanité.

15:50
Sébastien Chenu

Raison pour laquelle, s'il y a effectivement des soupçons, la justice passera et dira les choses. Moi, je n'ai pas de problème avec ça. Vous savez, la liberté d'expression, elle est bornée par une loi et par la loi et donc, elle peut être très large mais c'est la loi qui à un moment dit qu'elle est le périmètre à ne pas dépasser.

16:05
Locuteur non identifié

Sébastien Chenu, parlons des élections municipales. Le premier tour est dans un peu plus d'un mois. Le Rassemblement National est bien placé dans plusieurs villes du Sud, notamment Toulon, perte de vitesse à 4% dans un dernier sondage pour l'Institut Cluster 17, là où la candidate reconquête Sarah Knafow est à 10%, donc en mesure de se qualifier pour le second tour. À quoi elle sert la candidature de Thierry Mariani ?

16:28
Sébastien Chenu

D'abord, vous mettez en comparaison des choses qui ne sont pas comparables. Vous mettez Toulon avec Laure Lavalette qui peut gagner et Thierry Mariani qui porte un combat.

16:35
Locuteur non identifié

C'était pour tenter de faire une présentation sinon exhaustive, du moins équilibrée des enjeux du Han pour les municipales.

16:41
Sébastien Chenu

Et Thierry Mariani qui porte un combat, là encore celui des idées dans la capitale avec beaucoup de courage alors qu'on n'a jamais considéré que Paris était forcément gagnable. Mais ce qu'on veut, et Thierry Mariani, vous me dites à quoi ça sert, ça sert à faire élire des élus du Rassemblement National qui vont porter des idées du Rassemblement National dans les conseils d'arrondissement et au conseil de Paris. Et Sarah Knafow elle porte les mêmes idées que vous ? Ben non, Sarah Knafow, je ne sais pas ce qu'elle défend à part une candidature personnelle, un agenda personnel. Tiens, Mariani, lui, il n'a pas besoin d'un agenda personnel à dérouler.

Tiens, Mariani, Knafow, un coup elle est avec Dati, un coup elle a envie d'une alliance avec Dati, un coup elle est contre, etc. Moi, je veux dire, chacun déroule ce qu'il croit bon de dérouler. Nous, on a des candidats qui portent notre programme baisse de la fiscalité, lutte contre l'insécurité. Dans toutes les villes de France, nous avons des candidats. Donc,

17:31
Locuteur non identifié

il ne se retirera pas, Thierry Mariani ?

17:33
Sébastien Chenu

Et pourquoi vous voulez-vous que Thierry Mariani se retire alors qu'il porte la voix, les espoirs et les attentes d'électeurs Rassemblement National à Paris ? Paris, c'est plus dur que dans les autres villes. C'est plus dur que Carcassonne avec Christophe Barthès, c'est plus dur que Toulon, on l'a dit, avec Laure Lavalette ou que Lens avec Bruno Clavet. Mais c'est une ville dans laquelle nos idées doivent être incarnées. Mariani désincarne parfaitement.

17:52
Locuteur non identifié

Et puis Sébastien Chenu, il y a la question des choix de candidats faits par le Rassemblement National dont je rappelle que vous êtes le vice-président. Certains d'entre eux sont épinglés pour des propos racistes, complotistes. Je voudrais qu'on prenne l'exemple de Carpentras. Vous avez retiré son investiture hier à Christian Richaud-Simoni après des articles de presse dans le cas d'espèces de Libération qui reprenaient certains de ses tweets. J'en cite deux en 2017 sur la députée de la France Insoumise Daniel Obono. Ouvrez les guillemets que cet Obono retourne avec les bonobos de son pays. Même année, cette fois sur l'acteur Omar Sy.

Quand on a la bouche plus grande que la tête, on raconte forcément du vent qu'il s'occupe de ses chèvres. Voilà ce que tweetait ce candidat. Qu'est-ce qui se serait passé si Libération n'avait pas exhumé ces tweets qui dataient de 2017 ?

18:33
Sébastien Chenu

Bon, deux choses d'abord. Ce n'est pas à libération de décider qui doit être candidat ou pas l'être dans notre pays. Nous, on est un parti politique responsable. Quand on apprend, on ne peut pas toujours tout savoir. Je regarde les candidats, par exemple, le candidat LFI à Ville Tanneuse qui professe un islam radical ou le candidat LFI à Romy Israub et ses propos antisémites. On en parle assez peu sur les antennes. Alors, écoutez,

18:53
Locuteur non identifié

Sébastien Chenu, si on reçoit quelqu'un de la France Insoumise, on lui pose la question. Vous pourriez en parler ? Vous étiez venu, je me souviens d'ailleurs la dernière fois où vous avez interrogé sur ce candidat en Corse, Abatia, qui avait été condamné pour tentative d'attentat contre une préfecture ou une sous-préfecture. Et vous aviez dit on est très vigilants, on regarde tout. Là, on est début février. S'il n'y avait pas eu d'article de libération,

19:12
Sébastien Chenu

il serait resté candidat. Deux choses. D'abord, vous n'allez pas être l'arbitre des élégances. Je veux dire, je viens sur une antenne dans une maison dans laquelle on appelle à tuer des élus du Rassemblement national. Vous parlez ? Sur France Inter, c'est faux. On appelle, ben non, c'est factuellement, c'est vrai, avec un petit sourire en coin, on appelle à tuer par le typhus des élus du Rassemblement national. Je le dis, vous parlez d'une chronique humoristique. Non mais c'est important, vous n'énervez pas Benjamin Guamel. C'est pas la peine

19:37
Locuteur non identifié

de vous énerver. Vous parlez d'une chronique humoristique qui a eu sur cette antenne, vous pouvez ne pas trouver ça drôle, mais vous savez très bien que c'était de l'humour. Je crois que la liberté d'expression, la liberté d'expression, est un combat

19:48
Sébastien Chenu

C'est pour ça que je considère qu'ensuite, quand on se dresse comme un donneur de leçons, moralisateur, etc. Nous, on est un appareil politique dans lequel, quand il y a un problème, on désinvestit, on suspend, on fait passer en commission de discipline. C'est assez simple. Quand le problème est détecté, parfois vous ne détectez pas les problèmes, parfois vous ne savez pas d'où. M. Lang, j'en reviens à ça, il ne savait peut-être pas que M. Epstein avait les vilaines inclinaisons qu'il avait, c'est ce qu'il dit sur toutes les antennes. Donc nous, quand un candidat a eu ce genre de propos,

20:18
Présentateur

comment vous expliquez Sébastien Cheluc que votre parti attire ce type de candidat puisque ce n'est pas la première fois il y a eu les législatives. Comment vous l'expliquez ça ?

20:26
Sébastien Chenu

Non, les législatives, il y a eu 10 cas et ce n'était pas, il y avait des cas de gens qui n'avaient pas les capacités à devenir députés, qui ne tenaient pas forcément des propos inqualifiables et qui n'étaient pas capables d'être députés. Donc là, vous avez des gens qui sont capables d'être maires mais qui traient des propos inqualifiables. Nos candidats sont auditionnés, on les rencontre, on regarde leur parcours et puis s'il y a une expression, une pensée qui n'est pas sur notre ligne, on leur dit vous n'avez pas votre place avec nous. Mais Sébastien Cheluc,

20:51
Locuteur non identifié

comment est-ce que vous expliquez que vous attirez, on ne dit pas que c'est une majorité mais il y en a un certain nombre, on ne peut pas citer tous les exemples, comment est-ce que vous expliquez que le Rassemblement National attire des candidats qui tiennent des propos racistes, complotistes, parfois antisémites ? Je vous ai indiqué

21:05
Sébastien Chenu

que dans d'autres parties, je vous ai cité la LFI mais on ne va pas s'attraper sur les filles, par exemple chez les Verts, il y avait une candidate qui a dû renoncer pour homophobie incompatible avec les attentes d'excit des milieux populaires. Donc vous voyez, les candidats aux élections dans toutes les familles politiques et en particulier aux élections municipales peuvent poser des problèmes dans la mesure où ils sont très nombreux. On n'attire pas plus de dingue que d'autres. Je peux vous rappeler qui a été élu sous les couleurs de la Macronie, je pense à M. Joachim Sonforges qui voulait parler de dingue. Pardon, mais on ne parle pas de propos racistes.

Ah non, mais là je pense que c'était on était quand même, on avait franchi ou Mme Vauner, tiens, pour parler de gens qui avaient des propos dangereux en tous les cas, par exemple pour la santé publique. Donc vous voyez, la politique peut être un réceptacle à des gens qui n'y ont pas leur place. Nous, moi je vous le redis, on a une ligne. Quand on n'est pas sur notre ligne, eh bien nous on en tire les conséquences et on exclut, on a des procédures parce qu'on est un parti démocratique, nous, et on a des procédures.

22:10
Locuteur non identifié

Un tout dernier mot, Sébastien Chenu, lundi matin, votre allié Marion Maréchal a affirmé que rien ne justifiait que Jean-Marc Mordini, condamné définitivement pour corruption de mineurs, se maintienne à l'antenne de CNews. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?

22:21
Sébastien Chenu

C'est-à-dire que moi je ne me mêle pas des programmations. Moi je pense que M. Mordini n'a pas été condamné à perdre son job mais en revanche, c'est très difficile, c'est pour ça qu'on ne va plus chez lui, c'est très difficile, il a été condamné, il y avait la présomption d'innocence tout au long des procédures de jugement puis d'appel en renonçant évidemment à être à l'antenne. Nous on ne va plus. Moi j'y suis pas allé depuis trois ans, pas pour ces raisons-là d'ailleurs mais ça fait longtemps que je n'allais plus dans cette émission donc je pense qu'effectivement quand on a une telle condamnation on s'abstient.

22:54
Locuteur non identifié

Donc il se grandirait

22:55
Sébastien Chenu

en se retirant de l'antenne. En se retirant, oui.

22:57
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'avoir été au micro de France Inter ce matin-là. Sous-titrage Société Radio-Canada