L'interview de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, en intégralité
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BFM TV, BFM Politique, Benjamin Duhamel. Bonjour, bonjour à tous. Vous regardez BFM Politique, votre grand interview politique du dimanche, cette semaine, en direct du Salon de l'Agriculture avec un invité, Jordan Bardella. Bonjour, Jordan Bardella. Bonjour, Monsieur Duhamel. Président du Rassemblement National, tête de liste aux Européennes. Beaucoup de sujets à aborder avec vous. Évidemment, la question agricole. Vous êtes au Salon de l'Agriculture depuis ce matin. Avec moi pour vous interroger, Amandine Atalaya de BFM TV. Bonjour, Amandine. Valérie Ako, chef adjointe du service politique du Parisien. Bonjour, Valérie. Merci beaucoup d'être avec nous.
Jordan Bardella, je le disais, première journée au Salon de l'Agriculture. Vous y serez demain aussi, le lendemain d'Emmanuel Macron. Je vais vous citer ce qu'a dit il y a quelques instants le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, qui était hier avec le président de la République. Ouvrez les guillemets. Une visite réussie, ce n'est pas de faire des selfies. Voilà ce qu'il a dit vous concernant. Vous faites plus de com que de fond en faisant des selfies ici au Salon de l'Agriculture.
C'est le mépris habituel de la Macronie. Oui, on est bien accueillis généralement au Salon de l'Agriculture, parce que depuis maintenant plusieurs années, nous appelons à ce changement de logiciel, qui est je crois attendu aujourd'hui par une grande partie des agriculteurs. D'abord à l'égard de la politique européenne, la multiplication des accords de libre-échange, la surtransposition des normes, la soumission au pacte vert et à l'idéologie de l'écologie punitive, sont des axes qui pénalisent grandement la France agricole et par-delà la France rurale.
Mais quand on voit hier la manière dont a été accueilli le président de la République, parce qu'il est en fonction, en fait, et peut-être de réagir à ce qui s'est passé hier est peut-être plus intéressant sur le plan politique que de réagir à la manière dont nous sommes accueillis par le monde agricole ici. Et je dis une chose très simple, c'est qu'Emmanuel Macron n'a semble-t-il plus les capteurs de son propre pays, et que sans doute il ne se rend plus compte de la brutalité, de la douleur que provoque aujourd'hui la politique qu'il conduit et de la manière dont il gouverne notre pays. C'est ça le sujet.
On va revenir sur tous les éléments que vous avez abordés, mais simplement vous dites qu'il faut se rendre compte de la façon dont il a été accueilli hier. Est-ce que vous, que l'on entend souvent parler d'ordre, du respect des institutions, ? Ça veut dire que vous n'avez pas été choqué de voir des agriculteurs qui, pour certains, semblaient vouloir empêcher le président de la République de venir inaugurer le salon, quitte parfois à s'en prendre aux forces de l'ordre ? Ça, ça ne vous choque pas quand on est au salon de l'agriculture ?
Moi, j'ai une ligne rouge, M. Duhamel, ce sont les violences. C'est la violence. Et j'ai toujours eu, au regard de la conception que je me fais du débat démocratique, la violence comme ligne rouge. Maintenant, Emmanuel Macron a transformé notre pays. Il a transformé l'Hexagone en un octogone. Partout où il passe, il suscite le désordre, le rejet, la polémique. Quand, à quelques heures de venir au salon de l'agriculture, nous apprenons, et les agriculteurs apprennent, que l'Elysée s'apprête à inviter ici, au salon de l'agriculture, le mouvement éco-terroriste des soulèvements de la terre. Je sais ce que vous allez me dire. Le président de la République dit non, évidemment.
Le soulèvement de la terre lui-même dit « Nous avons été invités par l'Elysée ». Alors, ils disent plus précisément qu'il y a eu une recherche de contact, mais qu'ils n'ont pas été formellement invités par l'Elysée. D'accord. Vos confrères, vos confrères, j'ai vu la réaction sur X de vos confrères, journaliste de CNews, qui dit « L'Elysée m'a confirmé quelques heures auparavant avoir effectivement sollicité l'invitation des soulèvements de la terre ».
Quand on fait cela, quand on invite des gens qui ont été poursuivis, accusés d'éco-terrorisme, qui ont transformé les champs de nos agriculteurs en champs de bataille, qui s'en prennent aux forces de l'ordre, qui sont la frange la plus radicale de cette expression idéologique de la décroissance dans laquelle est aujourd'hui en train de tomber l'Union européenne et le gouvernement français, c'est non seulement une injure, mais c'est une provocation dans le monde agricole. Et je le dis et je l'affirme, Emmanuel Macron ne se rend pas compte de la brutalité de sa politique. Monsieur Fénaud, qui commente mon déplacement, il devrait avoir un peu plus d'humilité.
Parce que précisément si le monde rural et si nos agriculteurs sont depuis plusieurs semaines dans les rues pour se faire entendre, c'est parce qu'ils dénoncent la politique qui a été mise en œuvre depuis une décennie par les gens qui sont au pouvoir. Les accords de libre-échange, l'incapacité à vivre de son travail et cette inflation normative qui empêche nos agriculteurs de travailler.
Parce que malgré un début difficile, Emmanuel Macron a finalement réussi à déambuler pendant 13 heures. Donc il a en partie retourné la situation. Est-ce qu'à l'inverse, vous ne lui dites pas « Bravo d'avoir tenu votre rang et d'être allé au contact ».
Non mais madame, j'espère que vous plaisantez. Non. Il a fallu la mobilisation de deux tiers des effectifs de police de la région pour permettre au président de la République de se rendre dans un salon agricole où tous les présidents de la République, année après année, où tous les responsables politiques vont au soutien et à la rencontre du monde agricole. Elle est là la réalité.
J'ai le souvenir aussi de Jean-Marie Le Pen quand il se rendait au sein de l'agriculture qui parfois était lui aussi mal accueilli avec des sifflets. Ça ne concerne pas qu'Emmanuel Macron.
Oui, un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Mais je dis que partout où Emmanuel Macron se déplace, il suscite de la tension, il suscite du rejet, il suscite du désordre. Et on a un peu le sentiment que c'est un homme seul, que c'est un homme seul qui gouverne contre les Français.
Mais lui dit qu'il n'y avait rien de spontané dans ce qui s'est passé hier. C'est-à-dire qu'il pointe une responsabilité. Je vous recite ce qu'il a dit hier. Il dit « Il y a des gens pour les UE qui sont là avec un projet politique qui est de servir le Rassemblement national, de faire demain ou après-demain une haie d'honneur aux dirigeants du RN et de mener une campagne politique ». Il visait la coordination générale qui est le troisième syndicat agricole. Est-ce que donc vous êtes derrière tout ça, Jean-Marie Le Pen ?
Je pense que le président de la République est dans une dérive schizophrénique assez inquiétante et dangereuse au regard de sa fonction. C'est-à-dire ? Et que probablement il tombe dans une forme de complotisme, de paranoïa, qui est le propre de tout extrême. Et face précisément à ces excès, face à ce fanatisme idéologique dans lequel ils sont tombés ici, dans le monde agricole, en se soumettant à l'idéologie de la décroissance...
Donc vous n'avez aucun lien avec la coordination morale ?
Et vous savez, les agriculteurs, ils n'ont pas besoin du Rassemblement national pour être mécontents de leurs conditions de travail. Je ne suis pas responsable, je vous mets très à l'aise, ce n'est pas de ma responsabilité si aujourd'hui, vous avez des agriculteurs qui travaillent 100 heures par semaine et qui n'arrivent pas à se verser de salaire. Ça, c'est la réalité quotidienne de ce que vivent les gens, et le président de la République a une part de responsabilité. Question de Valérie Hacot.
Quel contact néanmoins avez-vous avec la coordination rurale ? Parce que de fait, on entend sur les discours, il y a parfois des similités. Vous avez un député, Christophe Barthez, qui est un ancien de la coordination rurale. Quelles sont à l'heure actuelle les relations que vous avez avec eux ?
Nous entretenons des liens, madame, avec l'ensemble des syndicats, je ne vais pas dire de la place de Paris, mais en l'occurrence de la profession agricole. Et vous voyez, à l'occasion de ce salon...
J'ai entendu Marine Le Pen dire que la FNSEA, au bout, traçait les agriculteurs. Donc ce n'est pas vrai, et vous ne dites pas la même chose de tous les syndicats agricoles.
On est sur une chaîne sérieuse, dans une émission a priori sérieuse. Ne sombrez pas dans le complotisme. Ne sombrez pas dans la paranoïa. Je vous appelle à garder la raison. Je vais rencontrer ici, durant 48 heures, l'ensemble des représentants des mouvements syndicaux du monde agricole. Je passerai 48 heures au salon de l'agriculture. J'ai passé l'an dernier 48 heures au salon de l'agriculture. En tout cas, je rencontrerai demain les représentants des principaux syndicats, que ce soit la coordination rurale, mais aussi la FNSEA.
Donc, je mets le président de la République, et je vous mets très à l'aise, nous ne sommes pas à l'origine de cette colère qui gronde dans le pays aujourd'hui, et de cette coagulation des colères, qui n'épargne aucune profession, il faut bien le dire. Vous dites, on est une chaîne sérieuse. Comme on est une chaîne sérieuse, on va aller regarder les faits.
Quand la présidente de la coordination rurale, Véronique Le Floc, explique, je cite, qu'on avancerait peut-être davantage, si tout le monde avait vos idées, quand Serge Bousquet-Cassagne de la coordination rurale du Lot-et-Garonne parle du RN comme, ouvrez les guillemets, du dernier parti que nous n'avons pas essayé au pouvoir, et comme des millions de Français, nous nous préparons à l'essayer. Pardon, on ne les invente pas ces citations, Jordan Bardella ? Ça montre bien qu'il y a des liens entre la coordination rurale qui, en partie,
était à l'origine de ce qui s'est passé hier, et vous. Non, mais c'est très intéressant. Donc, vous essayez de me reprocher le fait qu'aujourd'hui, il y ait des milliers d'agriculteurs en France qui se disent, si on avait écouté le RN depuis 10 ans, on n'en serait peut-être pas là. Pas du tout, Jordan Bardella.
J'essaie juste de montrer que quand certains hier s'opposaient à la venue du président de la République, tout en étant membre de la coordination rurale, ça peut poser la question des initiatives qu'ils prennent pour s'opposer à Emmanuel Macron.
En revanche, quand la FNSE appelle à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle, ça ne vous pose pas de problème ? On le dit aussi. Ah ben très bien. C'est un état de fait, je vous ai répondu, je n'ai pas de lien particulier ou de lien d'intérêt avec la coordination rurale, et si aujourd'hui, un syndicat puissant comme la coordination rurale, voit ses dirigeants exprimer la position suivante. Si nous avions écouté le RN depuis 10 ans en matière d'agriculture, on n'en serait peut-être pas là. Je me dis que peut-être avoir raison trop tôt est une autre manière d'avoir tort si je vous écoute.
Vous envisagez d'accueillir sur votre liste aux européennes des représentants de la coordination rurale ?
Pardon, mais ce n'est pas le sujet, madame. D'abord, ça n'est pas prévu. Je réponds à votre question. Et ça n'est pas le sujet. Le sujet aujourd'hui, c'est d'abord la faute morale et historique qu'ont commis nos dirigeants en prenant la décroissance agricole dans un monde de plus en plus incertain où les choix que nous allons faire aujourd'hui pour l'agriculture française engagera la liberté, la souveraineté et l'autonomie de la France dans les dix prochaines années. Et moi, je suis venu dire une chose très simple, très très simple. Ce que vit le monde agricole aujourd'hui n'est pas une fatalité. C'est la conséquence de choix politiques.
Et moi, je suis venu dire qu'en faisant le patriotisme économique, qu'en simplifiant la vie de nos agriculteurs, qu'en mettant fin à cette idéologie folle du pacte vert et du Green Deal, qui est l'idéologie de la Commission européenne et qui vise précisément, très concrètement, à faire baisser de 10 à 20% les rendements agricoles, le nombre de cheptels dans les 20 prochaines années, est une folie. Ça va se traduire par une augmentation des prix de l'alimentation et à l'évidence par une augmentation de nos importations. L'écologie, oui. L'écologie punitive, non. Et moi, je suis venu porter ici la voix du bon sens, la voix d'une agriculture française.
Et il est vrai que quand je vois aujourd'hui le gouvernement faire un changement de pied majeur sur l'agriculture et venir en grande partie épouser les thèses de patriotisme économique, il ne les a pas encore mises en œuvre, mais que nous défendons depuis 10 ans, je me dis qu'il vient légitimer précisément les mesures que nous avons préconisées très tôt. C'est ça, la réalité.
On va regarder dans le détail vos propositions. Mais d'abord, une question d'Amandine sur ce que l'on retient comme la principale annonce du président de la République hier.
Oui, quelque chose qui a été réclamé par de nombreux agriculteurs. Emmanuel Macron annonce que seront mis en place des prix planchers. Au niveau européen, s'il y parvient aussi, est-ce que c'est une bonne idée pour vous ?
Mais je suis désolé de dire que cette idée des prix planchers... D'abord, nous avions défendu pendant la campagne présidentielle de 2022 la possibilité pour l'État d'intervenir dans son rôle d'arbitre à partir du moment où il y avait une distorsion dans la fixation du pays trop forte entre les producteurs, les agriculteurs et le monde de l'agroalimentaire, c'est-à-dire les industriels ou la grande distribution. Donc, sur le principe, nous sommes favorables à ce que l'État, non seulement fixe les règles du jeu, puisse intervenir pour fixer à un moment donné des règles si la distorsion est trop abusive et surtout qu'on puisse faire appliquer les principes de la loi EGalim.
Les agriculteurs, ils disent quoi ?
Donc, c'est précisément ce qu'a dit Emmanuel Macron.
J'y viens. Les agriculteurs, ils disent quoi ? Ils disent les lois EGalim, qui visaient en gros à mieux répartir la marge et à permettre à nos agriculteurs d'avoir un revenu beaucoup plus digne et beaucoup plus décent. Le principe va dans le bon sens. Le problème, c'est que les grands principes qui ont été édictés par les lois EGalim n'ont pas été appliqués.
Combien y a-t-il eu de contrôle ou de sanction
depuis le vote des lois EGalim ? Vous dites EGalim, ça va dans le bon sens ? Ça allait dans le bon sens ? Je dis que c'était une porte ouverte qui était très largement insuffisante, mais les agriculteurs...
Rappelons qu'en 2018, les députés du Rassemblement national
n'avaient pas voté la loi EGalim. Les agriculteurs disaient une chose, c'est que ça allait dans le bon sens, mais que ça n'était pas suffisant. La politique agricole commune, c'est mieux que rien. Elle a évolué également, puisqu'on voit qu'aujourd'hui, le principe de légalisation des aides d'État et la possibilité pour les États de répartir les fonds sur leur territoire ont évolué. Je l'ai voté au Parlement européen, parce qu'encore une fois, ça n'est pas idéal, mais ça va dans le bon sens. Quand il s'est agi de voter pour les prix planchers à l'Assemblée nationale, il n'y a qu'un malheur. C'est que la majorité d'Emmanuel Macron s'y est opposée.
Sur l'idée d'une loi EGalim au niveau européen, c'est une chimère. C'est autant chimérique que le SMIC européen. Parce que penser qu'on va réussir à mettre sur le même plan d'égalité les productions françaises avec des productions polonaises ou ukrainiennes, c'est une folie. Et ça sera systématiquement la course au moins dix ans. Parce que faire un EGalim européen avec les marchés polonais ou avec les marchés ukrainiens, ça sous-entend des prix polonais ou des prix ukrainiens.
Donc la France doit être capable de défendre ses intérêts et de faire entendre la voix d'un prix qui rémunère lorsque cela est nécessaire et charge à l'État d'intervenir lorsque la distorsion de concurrence est trop importante. Jardin Barrette, dans un instant, Valéry Jacob va continuer à vous poser une question sur ce qu'a dit le président de la publique hier.
Je rebondis sur ce que vous dites à l'instant. Vous vous rappelez, et de fait, peut-être ceux qui nous regardent ne le savent pas, que vous avez voté la PAC en 2021. On est d'accord là-dessus ? Oui, tout à fait. Vous l'avez voté au Parlement européen. Dans la PAC, il y avait ce principe extrêmement contesté, extrêmement polémique, contesté par les agriculteurs de la jachère, de 4% des terres en jachère pour bénéficier des aides de la PAC. Est-ce que franchement, vous êtes les mieux placés aujourd'hui pour parler de la surtransposition des normes, de la colère des agriculteurs
face à ces règles, si vous avez voté la PAC qui incluait précisément cette règle ? Mais cette règle, nous l'avons combattue. Alors pourquoi avoir voté la PAC ? Au Parlement européen. Mais parce que vous savez que nous sommes dans l'opposition au Parlement européen. Vous voyez, ça, je... Oui, ça ne vous a pas échappé. Voilà, ça ne vous a pas échappé. Je ne suis pas sectaire. Quand il y a des mesures qui vont dans le bon sens, qui ne sont pas idéales, mais qui permettent un peu et à minima d'améliorer le quotidien de nos agriculteurs qui aujourd'hui n'arrivent plus à vivre de leur travail et dépendent des aides européennes, eh bien, je vote ces mesures. Voilà.
Et il n'y a qu'une réalité, malgré le fait que ces textes ne soient pas parfaits. Mais quand nos agriculteurs ont aujourd'hui... Là, c'est plus que pas parfait, visiblement. Nos agriculteurs aujourd'hui ont aujourd'hui le couteau sous la gorge et qu'ils disent ne pas pouvoir vivre de leur travail et dépendre aujourd'hui d'aides. Si la politique agricole commune, qui est loin d'être parfaite, permet un peu d'améliorer leur quotidien, alors je vote en faveur. Donc vous ne regrettez pas d'avoir voté ? Je regrette de ne pas avoir été aux manettes à ce moment-là.
Parce que précisément que si nous avions été aux manettes, alors il n'y aurait eu ni la stratégie de la ferme à la fourchette qui impose la baisse des rendements agricoles, ni le plan éco-phito qui prive nos agriculteurs de produits pour travailler alors même qu'il n'y a pas d'alternative et que la vie de leur exploitation dépend de ces normes et dépend de ces interdictions qui sont organisées dans des bureaux à la Commission à Bruxelles. Et je vais même vous dire, si Emmanuel Macron est sincère sur sa défense du monde agricole français tel qu'il l'apprenait hier, il doit déposer un veto et s'opposer à un deuxième mandat d'Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne.
Parce qu'on ne peut pas remettre la vie de nos agriculteurs entre les mains de leurs bourreaux.
Juste sur Emmanuel Macron, vous parlez de lui, il a aussi beaucoup parlé de vous hier pendant sa visitation. C'est l'obsession,
il ne parle que de nous matin, midi et soir.
Il vous a ciblé, alors il vous a ciblé directement, je le cite, il a ciblé votre projet, donc le projet du RN qui est un projet de décroissance et de bêtise, ce sont ces termes qui consisteraient, donc c'est ce qu'il dit aussi, à sortir de l'Europe. La campagne des européennes, elle a commencé hier au Salon de l'agriculture ?
Pourquoi mentir ? On peut avoir un débat de manière sereine, projet contre projet. Sur quoi il ment ? La sortie de l'Union européenne est-elle dans mon programme pour les élections européennes ? Alors certes, on veut la réformer de fond en clombe, et il y a un certain nombre de choses qui nous posent problème, mais voulons-nous sortir de l'Union européenne ? Pourquoi mentir ?
Lorsqu'il nous accuse de défendre l'idéologie de la décroissance de manière totalement schizophrénique, après précisément avoir soutenu, encouragé, voté le Green Deal, la baisse du nombre de cheptels, la baisse des rendements agricoles, l'interdiction à l'horizon 2050 de la moitié des produits phytos, c'est lui qui soutient l'idéologie de la décroissance.
Mais il faut les bien sortir des traités de libre-échange. Ça, son point est juste, et il le conteste.
Mais madame, quand on met en concurrence nos agriculteurs avec des produits du bout du monde qui ne respectent aucune des normes économiques, sociales, sanitaires, environnementales qu'on impose à nos agriculteurs français, quel est le bon sens là-dedans ? Quelle est la plus-value pour les agriculteurs français ? Le bon sens, c'est que la France
a besoin d'exporter et qu'on a certains exemples de traités qui sont bénéfiques à la France. Mais alors à ce moment-là, madame... Non, mais pour rentrer sur un exemple précis, le CETA traité qui est entré en vigueur en 2019 entre la France et le Canada bénéficie aux vendeurs de viande bovine, de vin, de fromage. On exporte beaucoup vers le Canada et à l'inverse, les importations de viande canadienne sont très faibles. Donc nos marchés n'ont pas été inondés. Madame, on s'ouvre. Donc pourquoi devrait-on abandonner tous les traités de libre-échange ?
Mais vous ne vous posez pas la question pourquoi est-ce que nos agriculteurs sont vent debout contre le Mercosur ?
Ce n'est pas la même chose. Pardon, Jordan Bernela. Là, à l'origine, on vous parle du CETA. Mercosur, ce que dit le gouvernement, c'est en l'état, compte tenu du risque, non seulement en termes de normes, en termes d'écologie, on s'y oppose. Mais quand on regarde très précisément le CETA,
ce qui est vrai, c'est que ça a bénéficié à l'agriculture française. Donc il y a... Je ne vous dis pas qu'il faut mettre des murs. Non, mais vous vous êtes opposé au CETA. Je ne vous dis pas qu'il faut mettre des barbelés. Comme le sont l'intégralité de ces accords de libre-échange. Oui, enfin, aujourd'hui, il ne l'est pas. Deux ans après sa signature, il ne l'est pas. Non, on est en 2024, c'était en 2019. Et allez dire
à ceux qui aujourd'hui sont les exploitants de viande bovine et qui réussissent à exporter davantage de viande au Canada. Je suis allé les voir,
figurez-vous. Et figurez-vous que les éleveurs de viande, dont on sait que l'élevage est le parent pauvre de l'agriculture, sont extrêmement inquiets de la multiplication de ces accords de libre-échange. Je ne suis pas dogmatique en matière d'économie. Moi, je suis pour que l'économie française, elle tourne. Je suis du côté de nos entreprises. Je suis du côté de la France du travail. Donc certains accords sont bons et d'autres moins bons. Exactement. Je défends le patriotisme économique. Et je défends précisément l'instauration de clauses miroirs.
Et je m'offusque toujours de constater qu'à chaque fois qu'on s'ouvre et qu'à chaque fois qu'on ouvre nos marchés, sans doute pour faire plaisir aux Allemands, pour leur permettre d'exporter des voitures à tout le monde, eh bien l'agriculture française soit systématiquement le parent pauvre et le perdant de ces accords de libre-échange. Donc il faut faire du patriotisme économique.
Il faut non seulement protéger nos marchés avec des clauses miroirs, il faut également permettre, et ça c'est cette grande loi « Mangeons français » que je défendrai pendant ma campagne européenne, de donner à nos agriculteurs français, dans la commande publique, une priorité dans les cantines des collèges, des écoles et des lycées.
Justement, Jordan Bardella, vous parliez des éleveurs. Jean-Louis, qui est un éleveur de vaches charolaises dans Lyon, a une question pour vous. On l'écoute.
Depuis 6 ans que vous êtes à l'Europe, on n'a vu aucune proposition arriver de votre mouvement. Et sans l'Europe et sans, pour moi, le marché européen, je n'existerais pas. Donc, quelles sont concrètement vos propositions en faveur de l'élevage et du monde de l'élevage par rapport à l'Europe ?
Vous répondez à Jean-Louis qui dit concrètement quelles propositions vous faites pour que les agriculteurs puissent exercer dans le cadre du marché européen. Et ce qui d'ailleurs montre bien au fond qu'il reste ce doute quant à votre parti. Vous dites, on proposait le Frexit avant, on ne le propose plus aujourd'hui.
Il y a encore ce doute-là
d'une forme de duplicité
vis-à-vis des règles européennes. Mais vous alimentez vous-même le doute alors que vous savez pertinemment que je ne souhaite pas sortir de l'Union européenne ni du marché commun. Le président de la République, qui manifestement est un menteur pathologique, alimente ce doute. Pourquoi nous combattre sur des arguments malhonnêtes ? Moi je souhaite être combattu politiquement et démocratiquement sur mes convictions et mes idées. Pas sur des caricatures. Alors Jean-Louis, sur le marché européen. Non mais je vais vous répondre de manière très simple. Nous ne sommes pas en faveur de la sortie du marché commun.
Nous souhaitons en revanche, en revanche, qu'on puisse retrouver des règles et qu'on puisse rétablir un semblant de concurrence au sein de l'Union européenne. Et c'est la raison pour laquelle je défendrai dans le cadre de ma campagne européenne et que nous mettrons en oeuvre à la tête de l'État si nous arrivons au pouvoir en 2027 la possibilité de légaliser les aides d'État c'est-à-dire concrètement de faire du patriotisme économique et notamment dans la commande publique d'avantager les entreprises françaises. Oui mais parce que vous voyez justement sur cette question vous proposez notamment que les cantines françaises
puissent s'approvisionner auprès de producteurs locaux qu'elles en aient le droit. C'est interdit par les traités aujourd'hui. Exactement. Est-ce qu'en disant cela il y a deux options. Soit vous donnez l'impression aux électeurs que vous allez réussir à changer des règles alors que vous n'en avez pas la capacité ou bien au fond vous reconnaissez que de toute façon quand on est dans un club
et qu'on ne veut pas adhérer aux règles de ce club il n'y a pas beaucoup d'autres options que d'en sortir.
Oui sauf que le club qui précisément est en train d'organiser ma propre mort celle de mes concitoyens et celle de mon pays je suis en désaccord avec les règles de ce club et les règles de ce club aujourd'hui qui s'appellent l'Union Européenne elles sont précisément en train de mener l'agriculture française à son effacement à sa disparition et à la précarité économique de nos agriculteurs donc moi je suis en faveur de la coopération européenne je ne suis pas contre l'Europe mais je suis en revanche opposé au fonctionnement actuel de l'Union Européenne et vous avez raison de rappeler que nous sommes tenus aujourd'hui par des règles et notamment par des traités et ça fera notamment partie des réformes que la France qui est l'un des premiers contributeurs au budget de l'Union Européenne impulsera lorsque nous arriverons à la tête de l'Etat je le souhaite le plus tôt possible parce que comme le rappellent beaucoup de monde effectivement donc si on avait écouté le Rassemblement National il y a 10 ans alors je crois qu'on n'en serait pas là
Jordan Bardella président du Rassemblement National encore quelques questions sur l'agriculture il y a un instant vous rappeliez votre opposition au traité de libre-échange
en expliquant que ça a tué l'agriculture à petit feu si je résume à peu près vos propos c'est à dire que ça impose des règles du jeu qui ne sont pas les mêmes règles qu'on impose avec Sévérite aux agriculteurs français comment est-ce que vous expliquez que votre groupe Identité et Démocratie
au Parlement Européen en majorité ait voté le traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande est-ce que c'est possible de siéger au Parlement Européen on a voté contre oui vous mais vous siégez avec des forces politiques notamment votre ami Matteo Salvini la Ligue
qui vote le traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande est-ce que vous parliez de changer l'Union Européenne de l'intérieur est-ce que c'est possible
d'avoir de telles divergences de vues avec ses principaux alliés
je veux bien que j'ai tous les torts ça j'ai compris que j'aurai tous les torts jusqu'à la fin de l'émission mais je suis comptable de ce que font les députés et de ce que font mes eurodéputés au Parlement Européen je ne suis pas comptable de ce que font les eurodéputés italiens malgré l'amitié que je peux avoir pour Matteo Salvini qui sont vos alliés vous voulez créer une minorité de blocage voire dans vos rêves une majorité avec eux mais je ne suis pas italien ça nous a pas échappé j'ai quelques origines italiennes mais je ne suis pas italien par conséquent si les Italiens estiment que cet accord commercial est bon pour l'Italie tant mieux pour eux moi j'estime que l'accord avec la Nouvelle-Zélande qui va entraîner l'importation d'une quantité massive de lait en poudre va constituer et entraîner une concurrence déloyale avec les producteurs de lait et les éleveurs de lait français et vous leur avez dit donc fin de l'histoire qu'ils se trompaient mais je suis souverainiste donc je respecte la position des Italiens je ne suis pas comptable de ce que souhaite l'Italie pour son pays si l'Italie décide que tel texte européen est bon pour l'Italie alors elle le vote si j'estime que ce texte qui est décidé par la commission européenne car elle a l'initiative des lois elle n'est pas celle du parlement européen c'est nocif pour l'intérêt français alors je ne le vote pas question d'Amandine Attalaya ça me semble être du bon sens
sur les métiers en tension Jordan Pardella parce que lors de l'examen du projet de loi immigration vous étiez opposé à cette idée du titre de séjour pour les métiers en tension et là samedi prochain va être rajouté le secteur de la production agricole dans les métiers en tension parce que c'était une forte demande des agriculteurs est-ce que donc ça vous fait changer d'avis pour ne pas être en porte-à-faux avec les agriculteurs
je ne change pas d'avis d'une semaine sur l'autre je dis que peut-être pas d'une semaine mais pourquoi on ne peut pas se contenter quand on ne trouve pas de la main d'oeuvre dans une filière de se dire ok on fait appel à l'immigration et c'est ce que je reproche au gouvernement il faut comprendre pourquoi est-ce que l'attractivité aujourd'hui du métier d'agriculteur baisse pourquoi est-ce que il y a moins
là ils ont besoin d'une aide d'urgence ponctuelle
laissez-moi vous répondre pourquoi est-ce que les lycées agricoles sont de moins en moins pleins pourquoi est-ce qu'on a une jeunesse agricole aujourd'hui qui n'arrive plus à s'installer c'est ça l'enjeu quand on a mis en place un numerus clausus j'ai été opposé qui a contraint la formation du nombre de médecins en France on vient dire 10 ans après on manque de médecins on est obligé au pied du mur devant le fait accompli d'aller chercher des médecins à l'étranger sinon on ne peut pas se faire français mais est-ce que là-dessus précisément est-ce que c'est une bonne idée de rajouter les métiers du secteur agricole dans la liste des métiers en tension j'y suis opposé la possibilité d'abord de régulariser quand on a un besoin économique que ce soit vis-à-vis des médecins que ce soit vis-à-vis des soudeurs aux Etats-Unis parce qu'on a affaibli le financement et la structure de la filière nucléaire français ça existe déjà j'ai dit et j'ai maintenu que cet article de loi 4 devenu 3 bis dans le projet de loi immigration était un appel d'air pour l'immigration clandestine donc je suis favorable à ce qu'on revalorise les métiers manuels à ce qu'on revalorise les filières professionnelles à ce qu'on facilite l'installation des jeunes agriculteurs à ce qu'on facilite la transmission on sait qu'il y a un agriculteur sur deux qui va arriver en retraite dans les 10 ans je suis favorable nous le mettrons en oeuvre à l'abrogation des droits de succession à la condition que l'agriculteur s'engage à garder son exploitation durant 10 ans ça c'est du pragmatisme économique ça c'est du bon sens et c'est ce qui je crois attendent aujourd'hui une majorité de gens qui ne veulent plus d'idéologie le problème c'est qu'on est dirigé depuis des années par des gens qui sont des fanatiques qui sont non j'essaie d'être pragmatique j'ai des convictions mais je pense que l'économie c'est quelques convictions avec une bonne dose de pragmatisme et probablement c'est ce pragmatisme qui manque aujourd'hui à la classe politique question de Valérie Hacourt
Jordan Bardella vous êtes également la tête de liste du rassemblement national pour les élections européennes aujourd'hui on apprend dans la tribune du dimanche que la tête de liste de la majorité présidentielle a enfin été désignée il s'agit de Valérie Ayer c'est une fille d'agriculteur c'est une eurodéputée chevronnée elle était à la tête de Renew le groupe de la majorité présidentielle au parlement européen est-ce que c'est une candidature que vous redoutez ?
non pas vraiment mais c'est une eurodéputée que je respecte qui siège dans l'hémicycle du parlement européen qui est la présidente du groupe de la majorité d'Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg ça va donc être intéressant de confronter les visions parce qu'en l'occurrence ma future adversaire même si je considère que mon adversaire dans cette campagne c'est Emmanuel Macron voire Gabriel Attal malgré le fait qu'il ne souhaite pas débattre mais elle va donc être comptable qu'elle va donc être oui enfin on a cru comprendre vous m'avez tous interrogé sur vos plateaux pendant trois semaines en me disant qu'est-ce que vous pensez de Gabriel Attal l'arme anti-bardella j'ai dit à ce moment-là on va avoir l'occasion de débattre ensemble et je déplore que Gabriel Attal ne souhaite pas débattre mais c'est très intéressant parce que la majorité d'Emmanuel Macron dans le cadre de ces élections européennes va devoir défendre ce qu'ils ont fait au Parlement européen qu'ils ont voté la stratégie de la ferme à la fourchette qui impose la décroissance agricole les accords de libre-échange le pacte vert le Green Deal le pacte migratoire les attermoiements sur le nucléaire et donc sur un prix attractif pour l'électricité en France ils vont devoir défendre cela et moi j'appelle tous les français d'où qu'ils viennent qu'ils aient voté Rassemblement National ou non par le passé à faire en sorte que la vague qui nous porte la vague Rassemblement National et donc la sanction infligée à Emmanuel Macron parce que je suis le seul à pouvoir arriver devant la liste d'Emmanuel Macron soit la plus forte et la plus vaste possible pour faire entendre au Parlement européen la voix des peuples la voix des nations libres comme nous l'avons fait en mettant les macronistes en minorité à l'Assemblée Nationale en juin 2022 lors des élections législatives mais je souhaite une bonne campagne à celle qui sera désignée comme étant ma rivale dans ces élections européennes
puisque on le disait Marine Le Pen ne veut pas débattre avec Gabriel Attal et que Gabriel Attal ne veut pas débattre avec vous il ne faut pas qu'il brûle
les étapes Gabriel Attal non mais est-ce que vous vous accepterez le débat ? venant de quelqu'un qui a 28 ans et qui est président d'un parti politique je pourrais vous faire le même reproche vous avez une très belle carrière pour votre âge
et liée à votre mérite c'est gentil je ne fais pas de politique mais soyons très simple
ma question c'était est-ce que vous accepteriez de débattre avec Valérie Ayer ?
mais on fera des débats et toutes les chaînes de télé dont la vôtre d'ailleurs ont déjà pris date pour organiser des débats donc je n'ai pas peur du débat
mais là un débat en face à face est-ce que vous accepteriez
de débattre avec elle ? non je débattrais enfin je veux dire on est donné aujourd'hui gagnant des élections européennes possiblement gagnant de la prochaine élection présidentielle par conséquent je débattrais avec les responsables politiques de la majorité excusez-moi mais madame Ayer excusez-moi madame Ayer a été choisie après 25 refus de gens qui ne veulent pas conduire la liste d'Emmanuel Macron enfin vous dites que vous pensez vraiment
d'elle parce que vous disiez il y a un instant oui je le dis pas mais je ne le dis pas
c'est écrit vous dites quoi c'est un choix par défaut c'est ça ? je ne sais pas moi qui le dis ce sont vos confrères de la tribune qui ont expliqué que le choix de madame Ayer c'était le choix après quasiment 25 refus de monsieur le maire de monsieur Breton personne n'a envie d'aller défendre les couleurs d'Emmanuel Macron dans ces élections de mi-mandat pourquoi ?
je veux dire si leur bilan il est si formidable si leur bilan en matière d'agriculture d'énergie d'immigration il est si formidable pourquoi est-ce que personne ne veut venir le défendre pourquoi est-ce que personne ne veut venir débattre je vous rappelle que à plusieurs reprises votre chaîne m'a proposé un débat avec monsieur Dupond-Moretti avec monsieur Darmanin avec monsieur Attal et que au moment où nous nous parlons ces ténors de la majorité ont refusé le débat pourquoi ?
donc vous renouvelez cette demande de débattre avec des principaux ministres Gérald Darmanin j'appelle Gabriel Attal qui a été quand même on ne va pas se mentir il a été mis là pour ça il a été vendu comme l'arme anti-RN pour ces élections européennes quand on est l'arme anti-RN on débat avec le RN on n'utilise pas la tribune de Matignon et les conférences de presse sans contradiction politique pour attaquer ses opposants politiques en démocratie on débat moi je suis prêt au débat Jordan Bardella mardi dernier Marine Le Pen et vous avez déjeuné avec Alice Weidel
la patronne de l'AFD le parti d'extrême droite allemand avec lequel vous êtes allié au Parlement européen en difficulté après la révélation d'une réunion de ses cadres autour d'un projet de remigration c'est à dire l'expulsion d'étrangers mais aussi de citoyens allemands d'origine étrangère c'est ce qui était discuté à l'occasion de cette réunion vous aviez exprimé vous et Marine Le Pen votre désaccord quant à cette proposition mais visiblement ce déjeuner s'est très bien passé voilà ce qu'a dit votre homologue Alice Weidel à l'issue sur le réseau social X nous suivons les mêmes approches pour résoudre les grands problèmes d'aujourd'hui ça y est tout est oublié l'AFD redevient fréquentable
nous siégeons avec l'AFD au sein du Parlement européen qui est donné en première ou deuxième position des intentions de vote en Allemagne pour les élections européennes et nous avons décidé de nous entretenir avec Alice Weidel qui est l'une des coprésidentes l'une des deux coprésidentes de ce mouvement politique pour lui exprimer notre désaccord quant à cette mesure qui consiste à retirer la nationalité à des gens qui auraient acquis la nationalité en fonction de telle ou telle origine ou en fonction de telle ou telle appartenance religieuse elle nous a apporté un certain nombre de clarifications qu'elle s'est engagée à nous apporter par écrit
vous lui demandez une lettre où elle précisera qu'elle n'est
que jamais sera inscrite
dans le programme
de l'AFD
le fait de vouloir
renvoyer des citoyens allemands oui en tout cas c'est de cette manière là que ça a été interprété par la presse elle nie
elle s'est engagée
à le faire elle nie elle comme présidente du parti que la position de son mouvement politique est de retirer la nationalité à des gens qui l'auraient acquise au motif qu'ils sont d'origine étrangère moi ça n'est pas ma manière de concevoir la politique et je suis en désaccord avec cette mesure je pense qu'il y a beaucoup de ménages à faire notamment à l'égard des délinquants et criminels étrangers et de gens qui sont notamment des prêcheurs de haine dans notre pays et l'actualité nous a encore alerté sur le fait qu'il y avait des imams dans notre société qui étaient des prêcheurs de haine et qui n'avaient rien à faire sur notre sol l'imam en question du Gard va être et a été expulsé du territoire français
c'est la preuve qu'on peut à droit constant expulser des gens qui sont problématiques par rapport à l'heure de la République
grâce à la loi immigration vous avez raison c'est surtout la preuve que voter rassemblement national ça sert puisque si le gouvernement a été aussi réactif c'est précisément parce que cette alerte a été lancée par les députés rassemblement national du Gard et notamment Nicolas Mézard je vous ai entendu dire
après la censure du conseil constitutionnel censure partielle du texte immigration que c'était une sorte de coup d'état des juges quasiment et que cette loi n'avait plus de sens là c'est grâce à cette loi immigration que cet imam monsieur Majoubi a pu être expulsé aussi rapidement
non non pas du tout il y a toute une série
d'excuses compte tenu de sa situation familiale qui ont permis de l'expulser
Le ministre de l'Intérieur demain peut par décret avant même cette loi d'ailleurs décider que tel ou tel individu en fonction de sa dangerosité n'a rien à faire sur le territoire de la République française Donc vous vous dites la loi immigration n'est pour rien dans l'expulsion plus rapide Absolument pas et pour une raison très simple c'est que les principaux articles de loi qui visent à renforcer la gestion de l'immigration en France et à restreindre l'accès à notre pays ont été retoqués par le conseil constitutionnel donc le conseil constitutionnel il a fait de la politique il n'a pas jugé en droit mais il a jugé politiquement C'est pas ce que dit le ministère de l'Intérieur C'est normal La loi permet d'accélérer Évidemment qu'il ne va pas dire Évidemment que le ministre de l'Intérieur ne va pas abonder dans mon sens Mais la réalité monsieur Duhamel c'est que l'immigration est devenue hors de contrôle aujourd'hui dans notre société et que l'immigration est aussi l'un des grands enjeux de ces élections européennes Il y a des millions de français aujourd'hui dans notre société qui ne reconnaissent plus la France qui ne se sentent plus en sécurité dans notre pays et qui ne comprennent pas qu'on continue d'accueillir des centaines de milliers de personnes chaque année et qu'on fasse preuve Il n'y a pas d'impuissance de l'État comme on vous entend souvent le dire Mais je vous rassure à cinq mois des élections européennes il n'y a aucune impuissance de leur part ils sont généralement assez d'accord avec nous Amandine
Pour finir sur l'AFD ce parti d'extrême droite allemand le simple fait qu'il vous ait dit oui on va changer d'avis suffit à vous convaincre parce qu'ils sont quand même allés très loin en envisageant l'expulsion de citoyens allemands Vous pourriez a priori avoir peur de continuer à être alliés avec ce parti et vous dire ils ne sont pas fiables pour l'avenir
Alors je me fie à ce qu'ont réellement dit les dirigeants de l'AFD et en tout cas la présidente de l'AFD est en désaccord avec cette mesure qui a été rapportée dans une réunion où participaient des gens de son mouvement politique je me fie aux déclarations aux positions et aux convictions de la présidente du mouvement politique qui s'est engagée à nous donner ces clarifications par écrit mais encore une fois je ne suis pas je ne vous en ai pas dit à l'heure
Donc ça reste un allié fiable
Pour l'Italie je ne suis pas l'avocat le comptable de tous les mouvements politiques partout en Europe je suis l'avocat et le comptable de mon propre mouvement politique et c'est très bien ainsi
Sauf que ce mouvement politique est dans votre groupe au Parlement européen vous allez continuer à siéger avec eux dans le même groupe au Parlement
La constitution du groupe personne ne sait à quoi ressemblera l'hémicycle du Parlement européen à l'issue des élections européennes mais ils sont nos alliés en tout cas jusqu'à preuve du contraire Mais jusqu'à preuve du contraire ça veut dire qu'ils resteront dans le groupe parlementaire que vous formerez après les élections européennes On verra après les élections européennes Qu'est-ce qu'ils pourraient faire que vous ne siègeriez pas avec eux ?
Depuis plusieurs mois et je ne sais pas si ça intéresse grandement les téléspectateurs mais cette cuisine interne du Parlement européen elle a son importance Ça dit des désaccords Elle a son importance Elle a son importance Lorsqu'on se met autour de la table on compose avec les gens qui sont démocratiquement élus dans des pays en question Les gens de l'AFD les gens du mouvement politique AFD sont donnés aujourd'hui en tête sinon en deuxième position dépendamment des sondages des intentions de vote en Allemagne Donc les peuples s'expriment et ça n'est pas à la presse de dire si tel ou tel mouvement politique est de bonne morale ou de mauvaise morale
Pour poursuivre sur vos alliés européens l'italien Matteo Salvini a estimé après la mort d'Alexei Navalny qu'il revenait aux médecins et aux juges russes de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles Alexei Navalny est mort ce qui a créé aussitôt une polémique Est-ce que vous faites aussi confiance aux médecins et aux juges russes pour faire la lumière sur ce décès ?
Permettez-moi d'être un peu plus réservé Je crois qu'on reconnaît la qualité démocratique ou non d'un État à la manière dont il considère son opposition et à la manière dont il traite les opposants à sa majorité et à son pouvoir politique Et de ce point de vue-là je crois que le régime russe a évidemment une part de responsabilité majeure dans la mort du principal opposant au président Poutine Donc c'est la responsabilité directe de Vladimir Poutine ce qui s'est passé ?
Il a évidemment une très grande part de responsabilité Lui ou en tout cas le régime russe évidemment Je veux dire encore une fois on reconnaît la qualité démocratique ou non d'un État à la manière dont il considère son opposition C'est une dictature et c'est pas une dictature mais c'est en tout cas une dérive autoritaire qui est extrêmement grave Je suis prudent au mot que j'utilise pour une raison très simple c'est que mon objectif n'est pas que la France entre en guerre avec une puissance nucléaire parce que dans le monde incertain dans le monde plein de troubles et de convulsions que nous vivons il n'est jamais bon que deux puissances nucléaires se regardent face à face Jordan Bardella je n'ai toujours pas compris Je vais vous expliquer comment vous aviez pu attendez de voir comment vous aviez pu vous abstenir
en avril 2023 concernant une je précise qu'il y a quelques-uns de vos fans qui visiblement sont venus assister à l'émission de télévision j'ai toujours pas compris comment vous aviez pu vous abstenir en avril 2023 concernant une résolution au Parlement européen qui condamnait précisément la répression d'Alexei Navalny
est-ce que vous pouvez nous expliquer parce que moi je me suis toujours j'ai toujours contesté la prérogative de l'Union européenne de s'arroger les pouvoirs diplomatiques des états je pense que ça n'est pas à l'Union européenne de décider si tel ou tel état a bien fait les choses je pense que la diplomatie comme l'armée et comme la défense relève de la compétence des états donc vous considérez que les parlementaires européens ne doivent pas se prononcer sur ce genre de fait c'est ce qui mène à l'abstention je pense qu'il y a des lignes rouges qu'il nous faut fixer et je pense que s'ingérer dans la politique d'un état relève éventuellement dans la critique ou dans l'avis que peut donner un dirigeant politique d'un état-nation et non pas du parlement européen c'est philosophique et on a essayé de se tenir à ce principe tout au long de la mandature il est évident que la guerre en Ukraine a rebattu les cartes en Europe alors pourquoi avez-vous Jordan Bardella voté une résolution en septembre 2021 qui condamnait la répression politique qui était faite par le gouvernement cubain là c'est quel est le nom de la résolution alors septembre 2021 qui précisément vise à condamner la répression des opposants politiques à Cuba il faudrait regarder le contenu de la résolution c'est exactement ça vous pouvez me le dire mais je pense qu'il ne faut pas se fier au titre des résolutions ah bah écoutez
j'invite ceux qui nous regardent
alors invitons ceux qui nous regardent j'irai la regarder mais là vous m'interrogez vous savez qu'on a voté des dizaines et des centaines de textes voire des milliers donc je n'ai pas l'information sur la question que vous me posez mais pardon je repose la question vous dites non non mais vous pouvez reposer votre question je n'ai pas de comme particulier à vous rendre et je me rends le bon sens des français
c'est pas le rôle d'un parlementaire européen de prendre une décision une résolution sur ce qui relève de la politique étrangère là sur Cuba en plus il s'agit de répression politique c'est à dire précisément le même objet qu'Alexei Navalny excusez-moi vous votez cette résolution sur Cuba mais vous la votez pas sur Navalny excusez-moi
mais Cuba c'est pas la Russie bon il est évident il est évident que la Russie c'est pire non mais c'est peut-être un peu moins important en termes d'intérêt français parce que encore une fois encore une fois je n'ai pas cette vous l'avez voté en septembre 2021 je regarderai et je vous donnerai la réponse mais je dis juste une chose là comme ça de principe la Russie encore une fois est une puissance nucléaire et donc je suis extrêmement vigilant à ce que la Russie et la France ne franchissent pas dans leurs relations des lignes rouges eu égard et au regard du système de dissuasion qui est à la fois celui de la France celui de la Russie et de nos liens historiques pardon de vous dire que les relations entre la France et Cuba et une dégradation des relations entre la France et Cuba seraient peut-être un peu moins dommageables pour la paix dans le monde et la paix en Europe d'accord Jardin Nadella mais si c'est une position de principe la position de principe doit valoir surtout et juste je rebondis il y a un an
d'ailleurs je vous avais reçu à cette occasion sur BFM TV vous aviez signé une tribune dans l'opinion qui parlait d'une naïveté collective à l'égard de la Russie de Vladimir Poutine est-ce que là encore ces votes au Parlement européen ne sont pas le signe de précisément cette naïveté collective c'était voilà avril 2023 c'était il n'y a même pas un an le fait de ne pas voter une résolution qui condamnait la répression d'Alexei Navalny vous me reprochez quoi j'ai pas compris une naïveté vis-à-vis de Vladimir Poutine
si vous ne pouvez pas voter cette résolution non mais je parle de naïveté collective ben ça vous inclut donc quand le président bien sûr quand le président de la république Emmanuel Macron élu en 2017 reçoit en grande pompe le président Poutine à Versailles ça ne vous pose aucun problème on l'a dit quand oui vous l'avez dit vous l'avez en messe basse non non pas du tout quand monsieur le Drian s'envole pour rencontrer son homologue à l'été 2017 après l'élection d'Emmanuel Macron pour invoquer des coopérations en matière de défense et de sécurité avec la Russie ça ne vous pose pas de problème en revanche quand Marine Le Pen candidate à l'élection présidentielle est reçue par Vladimir Poutine avant le déclenchement de la guerre je veux dire on parle de positionnements politiques qui ont 5 ou 10 ans moi je ne reproche pas Emmanuel Macron des positions politiques qu'il a eues à l'égard de la Russie il y a 5 ou 10 ans parce que précisément le Vladimir Poutine qui décide d'envahir l'Ukraine de violer la souveraineté territoriale d'un état de déclencher la guerre n'est pas le Vladimir Poutine d'il y a 5 ans ou d'il y a 10 ans ça s'appelle de la réelle politique et encore une fois en la matière il ne faut pas faire d'idéologie on ne fait de la politique que sur des réalités
sur la lutte contre Vladimir Poutine on arrive aux 2 ans du déclenchement de la guerre en Ukraine et demain Emmanuel Macron va organiser une conférence internationale d'aide à l'Ukraine est-ce que vous Jordan Bardella vous souhaitez que l'aide soit encore accentuée pour aider l'Ukraine ou pas ?
ça dépend quelle aide je veux dire que la France aide et accompagne un pays qui est en guerre
financière, militaire
à 3 heures de vol de Paris j'ai toujours été favorable et j'ai toujours indiqué que le rôle de la France devant la violation de la souveraineté territoriale d'un État ami était d'apporter son aide à cet État
mais vous posez des limites sur l'aide militaire
nous avons été favorables à l'accueil de réfugiés ukrainiens nous avons été favorables à l'envoi de matériel défensif mais encore une fois la Russie est une puissance nucléaire et nous avons toujours posé des lignes rouges parmi ces lignes rouges il y avait notamment l'envoi de matériel militaire de missiles longue portée qui pourrait provoquer non pas seulement un enlisement de la guerre comme c'est le cas depuis 2 ans mais qui pourrait précipiter l'ensemble du continent dans un escalade de la violence mais vous dites l'Ukraine doit gagner coûte que coûte Jordan Merdela dont nous avons payé le prix très cher est-ce que l'Ukraine doit gagner coûte que coûte ?
je pense que mais il n'y a jamais dans une guerre il n'y a jamais de gagnant il n'y a jamais de vainqueur ce conflit encore une fois il a fait 500 000 morts depuis le début de la guerre il y a maintenant 2 ans jour pour jour donc on ne doit jamais oublier que l'objectif à terme c'est de faire taire les armes c'est de négocier la paix et pour cela de faire entendre à Vladimir Poutine qu'il n'y a rien à gagner en Ukraine et donc conséquence de retirer ses troupes merci beaucoup Jordan Merdela
président du rassemblement national d'avoir été dans BFM politique
Jordan Bardella