Immigration : après Sarkozy... Macron dégaine les quotas - Les questions SMS #cdanslair 05.11.2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse partielle
Les quotas ne sont-ils pas une manière de faire du dumping social ?
- 0:54OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron n'est-il pas déjà en campagne électorale face à Marine Le Pen ?
- 1:16RelanceRéponse directe
L'instauration de quotas pour l'immigration économique peut-elle avoir un quelconque effet sur l'immigration clandestine ?
- 2:39OuverteRéponse partielle
Quel est le coût du regroupement familial ? Faut-il le supprimer ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Y a-t-il des annonces sur la question du regroupement familial prévues par le gouvernement ?
- 3:58OuverteRéponse partielle
Ne pourrait-on pas obliger des pays comme la Géorgie à payer pour leurs ressortissants qui se font soigner en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:03InvitéFait
« quotas ne sont-ils pas une manière de faire du dumping social ? »
- 5:17PrésentateurChiffre
« on parle de le flux de départ de la France de jeunes qualifiés Bac plus 5 et de plusieurs dizaines de milliers de personnes par an »
- 5:36InvitéChiffre
« il y avait 380 000 emplois non pourvus dans le bâtiment »
- 5:39InvitéChiffre
« On parle de 150 000 emplois non pourvus en France, entre 150 000 et 300 000 »
Temps de parole
- Invité36 %
- Invité 221 %
- Invité 320 %
- Présentateur17 %
- ?7 %
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— Les
quotas ne sont-ils pas une manière de faire du dumping social ? Geoffroy de Loire-Atlantique, c'est ce qu'on disait tout à l'heure. Est-ce qu'on n'est pas en train de se dire « on va faire entrer une main-d'œuvre moins chère
».
— C
'est un
vieux débat à utiliser en disant « c'est l'armée de réserve du patronat pour jouer à la baisse sur les salaires ». Alors c'est vrai plutôt pour les travailleurs détachés
que
pour les travailleurs qui viendraient. Et on rappelle quand même que dans beaucoup des métiers,
les
salariés français potentiels ne se bousculent pas au portillon pour prendre ces postes-là. Donc c'est même pas une question de salaire. On a un secteur qu'on n
'a
pas évoqué, par exemple, c'est celui de l'agriculture. Dans les secteurs viticoles ou des fruits et légumes, il y a de très nombreux endroits au moment des cueillettes où on n'a pas la main-d'œuvre locale
pour
aller travailler. Mais c'est aussi des salaires au SMIC avec exposition à port de charge, etc., etc.
—
Emmanuel Macron n'est-il pas déjà en campagne électorale face à Marine Le Pen ?
—
Oui,
bien sûr. C'est assumé. D'ailleurs,
Edouard Philippe, aux questions au gouvernement cet après-midi, disait à Marine Le Pen, il répondait à Marine Le Pen en disant « vous aurez peut-être l'occasion de débattre de nouveau en débat présidentiel face à Emmanuel Macron ». —
Donc il ne fait même plus
mystère qu'il souhaite un second tour face à Marine Le Pen. — Absolument pas.
—
L'instauration de quotas pour l'immigration économique peut-elle avoir un quelconque effet sur l'immigration clandestine ?
—
Non. — Non. — Non,
ce
que vous nous disiez tout à
l
'heure.
— Non, parce qu'il faut bien que… De toute façon, quelqu'un qui viendrait par l'immigration clandestine, une partie de ces gens travaille. Donc ils viennent pour voir une partie des emplois en tension, des gens qui ne sont pas le regroupement familial. Une partie des gens vont aussi travailler et donc ils vont nourrir une partie des emplois en tension. Donc l'immigration, même légale, hors économique, vient possiblement nourrir ces fameux emplois en tension. Parce que, comme l'a dit Jérôme Fourquet, c'est la voie un peu naturelle d'intégration avec des strates. Les emplois les moins qualifiés sont souvent ceux qui échouent aux personnes qui viennent d'arriver plus récemment. — Ça
peut juste aider certains clandestins à rentrer plus facilement dans la légalité en prenant des jobs qu'on leur aurait refusés avant au nom de leur clandestinité.
—
Et qui seront régularisés ?
—
Et
qui
seront régularisés parce que l'employeur pourra plus facilement les embaucher, même s'il est illégalement présent sur le territoire. — Ça, je me permets, c'est un aspect très important. On a beaucoup parlé des flux et des entrées. Il y a également ce qu'on appelle, de manière administrative, le stock. Et là, le gouvernement
procède
à des régularisations de personnes qui sont là de manière irrégulière, qui veulent travailler. Sauf que le gouvernement se garde bien de le dire, ne veut pas communiquer des chiffres. Donc s'il avait le courage, justement, d'assumer une vision positive de l'immigration, d'assumer qu'il s'agit de cas d'êtres humains, qui viennent pour apporter quelque chose à la société, ils communiqueraient aussi sur cet aspect.
—
Quel est le coût du regroupement familial ? Faut-il le supprimer
? — Le
coût, c'est difficile de donner un chiffre. Ce qu
'on
sait,
c
'est que le regroupement familial, aujourd'hui, correspond à un peu plus d'un tiers, 40% des entrées chaque année liées à l'immigration en France. Après, le coût, il n
'est
pas mesurable. C'est un angle très fort d'attaque de la part de l'extrême droite depuis très longtemps, qui s'est déporté d'abord de l'immigration économique dans les années 70 au regroupement familial, qui aujourd'hui n'utilise plus vraiment le terme, mais qui en parle et en tout cas maintient la pression là-dessus.
— Il
y
a
des annonces sur la question du regroupement familial qui sont prévues par le gouvernement ? — Oui, oui, tout à fait. Ils veulent resserrer, en fait, les critères du regroupement familial. Alors on ne sait pas encore si c'est davantage de contrôle ou resserrer de manière législative ces critères, mais en gros, mieux vérifier le lien de parenté des personnes qui viennent en France parce qu'ils ont un parent ou un conjoint sur le territoire français. L'immigration familiale, c'est la part la plus importante des entrées. Ça correspond à trois fois l'immigration professionnelle, donc 90 000 personnes chaque année. — Il y
a
déjà des critères.
Il
faut que la personne qui fait venir sa famille soit solvable. C'est-à
-dire
qu'elle puisse justifier qu'elle a le logement pour accueillir les
personnes
qui arrivent et qu'elle a des revenus, donc des salaires, qui le permettent normalement.
—
Ne pourrait-on pas obliger des pays comme la Géorgie à payer pour leurs ressortissants qui se font soigner en France
? —
Ce qu'on pourrait leur conseiller, c'est d'améliorer leur système
de santé. — Leur système de santé. Mais
dans les discussions avec les autres pays,
ce
n
'est
pas un sujet, le tourisme médical, comme
dit encore une
fois le gouvernement ? — Si, si. Au niveau diplomatique, c'est un vrai sujet avec la Géorgie, la lutte contre ce qu'ils appellent les filières de tourisme médical. Il y a plutôt des discussions qui s'orientent vers la formation des médecins, par exemple, ce genre de choses, plutôt que payer la France pour...
— N
'est-ce pas une bonne affaire d'accueillir des gens déjà formés et dont la formation ne nous a rien coûté ?
—
C'est ce que vous disiez tout à
l'heure. C'est pour ça qu'ils
sont... Parfois, c'est difficile de les voir partir pour les
plus de plus tard.
—
Voilà. Alors
toujours pareil. S'ils viennent de Chine ou des États-Unis, ils sont très pointus dans le secteur de la high-tech, etc. Tout le monde s'en félicite. Si c'est écréter toute l'élite des pays d'Afrique dans la matière médicale, en matière d'ingénierie, dont ils sont tout à fait dépendants pour accroître leur développement,
c
'est problématique. Alors la France peut être aussi un pays de départ. Vous avez, par exemple, à la frontière suisse, tous les hôpitaux ont la plus grande peine du monde à fidéliser les infirmières qui ont été formées. — Elles préfèrent aller travailler en
Suisse, elles sont mieux payées. — C'est payé
quatre
fois plus cher.
Voilà.
— Et beaucoup de nos jeunes diplômés partent aussi. Il faut bien avoir en tête qu'on parle de le flux de départ de la France de jeunes qualifiés Bac plus 5 et de plusieurs dizaines de milliers de personnes par an. Donc c'est aussi un flux très important.
—
Pourquoi
n'incite-t
-on
pas plutôt les chômeurs à se former dans les secteurs ou les entreprises qui ont du mal à recruter ?
C
'est toujours difficile à entendre pour les gens qui nous regardent, de dire qu'il y avait 380 000
emplois non
pourvus dans le bâtiment. On parle de 150 000 emplois non pourvus en France, entre 150 000 et 300 000.
—
C'était la fameuse tirade d'Emmanuel Macron à ce jeune chômeur en disant qu'il y a quatre du boulot, il suffit de traverser la rue. Donc c'est souvent un peu plus compliqué que ça. Mais on a des problèmes d'image, d'attractivité et encore une
fois... — De
pénibilité
et de salaire.
—
Et
qui fait qu'il y a beaucoup de gens qui n'acceptent pas ce type de métier qui sont encore une fois pris par les derniers arrivants.
—
Comment accorde-t-on le droit d'asile en France
? Comment
est-ce que ça se passe ? Lorsqu'on arrive devant les services de l'OFPRA...
—
Il
faut
justifier du pays dont on vient.
Il
faut que le pays soit réputé non sûr. Donc voilà. Et donc ensuite, il y a tout un travail avec des interprètes, des gens qui connaissent le pays, pour évaluer si, par exemple, la personne appartient à une minorité ethnique ou est de telle ou telle sensibilité religieuse ou politique qui serait de nature à être persécutée dans son pays. Donc c'est pour ça que ça prend
souvent
du
temps. —
C
'est un vrai
travail d'enquête. — Voilà. Alors c'est un travail d'enquête, mais après, on peut s'interroger de manière peut-être un peu polémique en disant à partir du moment où ceux qui sont déboutés restent de toute façon en France, est-ce que ce travail a encore une vertu ou est-ce qu'on n'aurait pas aussi vite fait, finalement, d'accueillir tout le monde, puisque, in fine, les gens ne repartent pas, ou très peu seulement. — Sachant
qu'il y
avait
possibilité de recours en plus après la procédure.
—
Devant des juges, oui. Et le statut de réfugié est quand même particulier du point de vue du droit international, des droits auxquels cela ouvre. Voilà. Donc c'est important, symboliquement, et dans le droit, de conserver ce statut de réfugié. Comment les immigrés sont-ils
traités
à Calais
? —
Il y
a
toujours plusieurs centaines de personnes. Donc c'est beaucoup moins qu'au pic de la crise à Calais, où il y avait quasiment 10 000 personnes dans la fameuse jungle. Aujourd'hui, il y
en
a quelques centaines
qui
vivent dans des camps de toile, de fortune, qui sont régulièrement évacués par les forces de l'ordre. On les pousse un peu plus loin. Les autorités locales aussi ont une politique assez ferme pour éviter que, entre guillemets, des points de fixation. Et puis on en a à Calais, mais on en a à Grande-Synthe. On en a un petit peu partout. Et toute la question, c'est ce qui se passe après le Brexit,
quand
les conditions vont peut-être encore se durcir pour le passage en Grande-Bretagne.
— Et
on fait quoi des immigrés qui travaillent au noir exploités par les patrons
? C
'est une réalité ?
—
Non. C
'est une
image que je trouve un peu facile aujourd'hui. Comme on l
'a
dit, il y a beaucoup d'offres d'emploi qui sont minimum légaux et qui sont non pourvues sur le marché. Donc penser qu'il y a des offres d'emploi qui sont mises en demande, et en même temps qu'il
y a
des patrons qui cherchent à contourner le système en exploitant des immigrés. C'est une image que je trouve un peu facile. Et aujourd'hui, la question, je dis, c'est vraiment comment on réussit à trouver des postes pour ces emplois-là.
— Ça peut exister sur de la sous-traitance. Et donc on voyait, par exemple, dans le BTP, mais vous avez des contrôles. Et donc il faut, si jamais quelqu'un se blesse sur un chantier qui n'est pas déclaré, c'est très compliqué. Donc il ne
faut
pas minimiser le phénomène. Il existe. Mais il est quand même très, très compliqué à mettre sur place, sur pied. — Le gouvernement pourrait-il toucher au droit du sol
? Alors
la question s'était posée à Mayotte.
— Je
crois qu'il le refuse catégoriquement, ça.
—
Même sur Mayotte. — Même sur Mayotte. Ça avait été évoqué à l'époque par François Baroin. Donc ça date un petit peu. Il était alors ministre de l'Outre-mer. Mais désormais, ce n'est pas un sujet qui est posé par le gouvernement. Que pense l'aile gauche de La République en marche des propositions d'Emmanuel Macron ? Y a-t-il des tensions
au
sein de la majorité ? — Figurez-vous que l'aile gauche est rassurée, en
fait,
par ce paquet de mesures. Alors effectivement, les quotas ont pu crisper dans un premier temps. Là, la version dont on a parlé est beaucoup plus acceptée. Et puis, finalement, il y
a
un équilibre qui s'est opéré du point de vue des députés qui étaient crispés par la loi Collomb et qui, finalement, estiment qu'il y
a
de l'intégration, il y a de la lutte contre l'immigration irrégulière et puis il
y
a de l'accueil de l'immigration professionnelle et économique. — Y a-t-il mesure d'Emmanuel Macron qui satisfait les Français
? Les
quotas ?
—
Pour l'instant, ils étaient populaires. Maintenant,
il
faut voir comment.
En fait qu'ils sont présentés,
ils seront encore reçus comme ça. —
Et
merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40. On se retrouve demain, 17h50, pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite, c'est à vous. Mais ça, c'est à vous,
c
'est
à vous, c'est à vous.