Cadmium : un enjeu majeur de santé publique
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Et un grand entretien ce matin consacré à un sujet majeur de santé publique, à une bombe sanitaire, selon un collectif de médecins, j'ai nommé le Cadmium. Une proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au Cadmium vient d'être adoptée cette semaine à l'Assemblée nationale. Pour comprendre ce dont on parle, notre surexposition du fait de sa présence dans le pain, les pâtes, les céréales et j'en passe. Question réaction amis auditeurs au 0145 24 7000 ou l'application Radio France. Et trois invités dans le studio d'Inter pour en parler. Clémentine Autin, bonjour. Bonjour.
Député de Seine-Saint-Denis, vous avez porté cette proposition de loi qui a été adoptée cette semaine avec le député écologiste Benoît Biteau. Mathieu Schuller, directeur général délégué du pôle science pour l'expertise de l'ANSES. Bonjour. Bonjour. Je rappelle que l'ANSES c'est l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, entre autres. Pierre Souvet, médecin cardiologue, bonjour. Oui, bonjour. Vous êtes avec nous depuis Marseille, cofondateur de l'association Santé Environnement France, auteur de Antitoxique, le guide des polluants cachés. C'est aux éditions Albain Michel.
Partons d'abord par un exercice de pédagogie avant de parler de la proposition de loi que vous avez portée, Clémentine Autin. Mathieu Schuller, qu'est-ce que le cadmium ?
Alors le cadmium, c'est une substance chimique, c'est un métal qui va se trouver déjà naturellement présent dans les sols et dont la présence peut être renforcée si on va rajouter des engrais, des intrants. Alors pourquoi rajouterait-on du cadmium pour mieux faire pousser les plantes ? En fait, ce n'est pas le cadmium qu'on rajoute, c'est du phosphore. Le phosphore, c'est un des trois aliments indispensables pour les plantes, azote, phosphore, potassium. Il se trouve qu'un certain nombre d'intrants du végétal pour lesquels on ajoute du phosphore vont contenir du cadmium.
Et ce cadmium, comme c'est un métal, il est très stable, il va se tourner, cycler dans l'environnement, passer du sol aux plantes, aux aliments, revenir à travers l'eau. Et donc c'est bien pour ça qu'on s'intéresse à l'imprégnation de la population, quel est le niveau d'exposition ?
On va en parler évidemment, parce que donc c'est un métal qui petit à petit contamine ainsi l'ensemble de la chaîne alimentaire. On peut le dire aussi simplement que ça. Pierre Souvet, en quoi est-ce une bombe sanitaire ?
Alors j'emploie plus « bombe » ou « scandale », parce qu'en fait ça dérive sur des noms, sur une formulation de problème qui est majeur, puisque ça atteint le cerveau, ça atteint le système cardiovasculaire, ça atteint les os, la reproduction, les reins, et ça favorise de nombreux cancers, entre autres. Et je passe sur les problèmes d'immunité et de foie. Donc le problème c'est que comme il est cumulatif tout au long de la vie, quand nos enfants ont des taux extrêmement élevés, 4 fois supérieurs aux pays similaires, et bien ils partent avec un handicap. Donc il faut absolument, c'est une priorité, pour le présent et le futur, limiter cette exposition.
Alors c'est vrai que vous avez été l'un des premiers à alerter sur les dangers du cadmium. Clémentine Autain, vous avez parlé dans votre question au gouvernement du 31 mars d'un enjeu sanitaire majeur. Vous avez ensuite porté une loi avec Benoît Biteau en ce sens, mais enjeu sanitaire majeur, rien de moins, il y avait urgence ?
Absolue.
Absolue ?
Absolue, parce que d'abord le cadmium, ce métal lourd qui passe, comme on vient de le dire, des engrais à nos assiettes et donc à nos organismes, reste dans notre corps de 10 à 30 ans. Et les effets, ils sont multiples. Ce sont des problèmes d'ostéoporose, des maladies rénales, c'est un perturbateur endocrinien, c'est un des facteurs de l'explosion du cancer du pancréas et d'un certain nombre de cancers.
Avec des catégories de la population qui sont particulièrement explosées et vulnérables.
Les enfants et les classes populaires. En fait, les femmes enceintes, surtout les fœtus qui sont contaminés et les classes populaires, puisque ce cadmium, on le retrouve en particulier dans les céréales du petit déjeuner, les gâteaux pour les enfants, les pommes de terre, mais aussi dans le chocolat, les crustacés, il y en a partout. Il faut le dire, c'est impossible d'éviter le cadmium. Et c'est un problème très français. Parce que la France n'a pas... Impossible d'éviter. Elle ne s'est même pas mise en conformité avec la réglementation européenne. C'est un peu technique, mais il faut dire ce chiffre. En réalité, selon le rapport de l'ANSES, il faudrait 20 mg par kilo d'engrais.
On est à 90. On est en France dans une réglementation qui permet d'aller jusqu'à 90. Et la réglementation européenne, c'est 60 mg. Mais des pays qui ont déjà dit qu'il fallait 20 mg, sont moins contaminés que nous. Donc on est un pays où la contamination de la population est explosive. Donc il y a urgence à agir. Et je veux le dire assez solennellement, Ali Badou. Ils savaient et ils n'ont rien fait. Les gouvernements se sont succédés et l'inaction a dominé. Moi, je suis très en colère parce que c'est l'irresponsabilité. Aussi bien des ministres de l'agriculture, Julien Denormandie, Marc Fénaud, Agnès Pannier-Runacher, avaient préparé des décrets. Et ces décrets ne sont jamais sortis.
Donc nous avons pris nos responsabilités.
La promesse pour les s'appliquerait en 2038.
Ça, c'est la promesse d'Agnès Gennevar. Parce que le dernier décret d'Agnès Pannier-Runacher était mieux disant par rapport à ce que prépare Agnès Gennevar. Et ce qui me met un peu en colère ce matin, c'est que la représentation nationale a voté cette loi qui est celle de la réglementation à 20 mg par kilo d'engrais, comme le suggère l'Agnès, pour protéger la population. Et Annie Gennevar, la ministre présente, nous dit au fond, il est urgent d'attendre. Comme d'ailleurs l'extrême droite.
C'est suffisamment rare d'ailleurs à noter qu'une proposition de loi soit adoptée aussi largement à 144 voix contre 22. C'est assez exceptionnel, on va le dire.
Parce qu'il y a un enjeu de santé publique et que nous avons eu le scandale de l'amiante, nous avons eu le scandale du chlordécone et nous sommes en passe d'avoir un scandale du camion. Je dis au gouvernement, il ne faut pas attendre. Il faut immédiatement prendre des décrets. Et des décrets avec une trajectoire, puisque c'est le mot qui a été utilisé, qui soit celle qui nous permet dès 2030 d'aller à ces 20 mg par kilo.
Alors Mathieu Schuller, ce qui relance, en tout cas ce qui nourrit ce débat et qui nourrit cette loi, c'est aussi votre rapport du 24 mars dernier, qui n'est pas le premier. Il y en a eu d'autres avant et c'est vrai que ça fait 50 ans en réalité qu'on parle du cadmium et qui montre que certains seuils sont dépassés, qu'il y a un seuil d'alerte qui est dépassé. Est-ce que vous pouvez nous l'expliquer ? Alors en fait, notre premier rapport, effectivement en 2019, donnait déjà cette cible à 20 mg par kilo et qui en fait n'est pas une cible spécifique uniquement pour les engrais. On ne s'intéresse pas uniquement aux engrais, on s'intéresse à tout ce qui apporte du cadmium sur le sol.
Donc c'est une cible pour la santé. C'est une cible pour la santé et il ne faut pas dépasser 2 mg par kilo par hectare et par an. Parce que les engrais peuvent apporter, les effluents d'élevage peuvent également apporter du cadmium. Pourquoi on a remis sur le métier un rapport en 2025 et donc on a sorti au début de cette année ? C'est tout simplement parce qu'on a eu cette observation. Nos collègues de Santé publique France font tous les périodiquement une mesure de l'imprégnation. C'est-à-dire finalement qu'est-ce qui résulte dans les organismes de la population en matière de niveau d'exposition au cadmium.
Et ce qu'on a constaté c'est qu'entre notre rapport de 2019 et le nouveau rapport de santé, la nouvelle étude de Santé publique France, ce niveau avait encore augmenté. Et très fortement. Significativement. Et là on s'est dit en tant qu'agence, on ne va pas attendre la prochaine étude de Santé publique France pour dire zut, ça a encore augmenté. Donc on a analysé les leviers pour agir et l'alimentation en fait partie.
Mais alors c'est sidérant justement parce que c'est présent dans le pain, les pâtes. On a découvert que c'était dans les pommes de terre, les céréales du petit-déj, les viennoiseries, le chocolat. On connaît le marquage sans résidus de pesticides sur certains aliments qu'on trouve en grande surface. Mais pour le cadmium, la présence n'est pas indiquée. On en ingère sans le savoir.
C'est pour ça que j'aurais dit qu'il savait, et c'est quand même très important, le cadmium est cancérogène avéré depuis 1993. Les premiers reportages, je vous le dis, je suis allée regarder sur l'INA, les premiers reportages sur le cadmium qui nous alertent, c'est dans les années 80. Le rapport de l'ANSES, le premier qui alerte, c'est en 2011. D'après vous, pourquoi il ne se passe rien avant dans ce cas ? Mais parce que nous avons des politiques qui cèdent à des lobbies, à des intérêts privés, qui finissent par primer sur l'intérêt général, sur la santé publique.
Écoutez, en tout cas, je constate qu'il n'y a pas de politique publique qui prenne la mesure des risques, des dangers et qui agissent. Parce que, quelle est la solution ? Soit on renvoie chacun. Alors avec le cadmium, c'est très compliqué parce qu'il y en a partout. À des comportements individuels, on vous dit, faites attention, diversifiez votre alimentation. Mais en fait, il n'y a pas de solution. La solution, elle est la réglementation. L'extrême droite, le Rassemblement National a voté contre notre proposition. Il faut le savoir parce qu'ils n'ont que le mot sécurité à la bouche, comme les députés LR du matin au soir.
Mais quand il s'agit de protéger notre santé, de sécuriser nos vies avec ce qu'il y a dans nos assiettes, il n'y a plus personne. Et on nous dit, votre proposition, elle est une punition. Vous savez, c'est ce fameux débat sur l'écologie punitive.
Oui, bien sûr.
Mais la punition ultime, c'est évidemment d'avoir un cancer du pancréas dont on meurt dans 90% des cas. C'est d'avoir des maladies chroniques qui explosent parce que le cadmium, c'est aussi un cocktail qui se produit. Parce que vous prenez du cadmium et vous prenez des pesticides, vous prenez toute une série d'additifs. Et en fait, le poison, il est fait de différentes choses. Donc, il y a besoin d'agir et d'agir vite, ce que ne font pas les gouvernements parce qu'ils sont acquis à l'agrobusiness, à la logique de la compétitivité qui serait supérieure à l'intérêt général et à la santé publique. Et c'est ça qu'il faut inverser.
Ce qu'il faut, c'est que notre santé soit prioritaire et que l'économie soit au service du bien commun et donc de notre santé.
Pierre Souvet, c'est impossible de l'éviter. C'est assez impressionnant la liste que je viens de dresser de ces marquages sans résidus de pesticides. Mais on en trouve partout et donc on en ingère sans le savoir constamment. Comment l'éviter puisque Clémentine Autain disait que la démarche individuelle ne suffisait pas ?
Alors, la démarche réglementaire est indispensable. Donc, bien sûr, il faut suivre les recommandations le plus rapidement possible de l'ANSES. Mais le temps que ça se mette en place, il faut agir. Il y a des bonnes nouvelles, figurez-vous. Dans les légumineuses, il n'y en a quasiment pas. Dans les laitages et le fromage non plus. Dans les oeufs non plus. Dans les fruits non plus. Ça ne fait pas tant que ça de choses qu'on peut manger quand même. Voilà, mais il faut quand même basculer. Il faut quand même faire cette sensibilité à la population pour basculer. Ce n'est pas systématiquement la patate tous les jours. Ce n'est pas les céréales au chocolat tous les jours.
Et il y a des alternatives que nous proposons avec les médecins libéraux sur le site de la CEF où il y a justement ces alternatives. Et le troisième élément, il faut que les professionnels de santé connaissent ce sujet. Ils le connaissent encore mal. Et donc, d'ailleurs, les grandes sociétés de cardiologie disent que les médecins doivent connaître ces facteurs de stress environnementaux comme le canium, qui est avéré sur le plan cardiovasculaire, là aussi par les sociétés mondiales, doivent connaître ces facteurs de risque au même niveau que le tabac, l'alcool.
Au même niveau. Charles, bonjour et merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Votre témoignage est important.
Bonjour. Je témoigne parce que je suis moi-même malade des pesticides reconnus. Donc, ce n'est pas une vue de l'esprit. Et je voudrais savoir quand est-ce qu'on s'occupera sérieusement, quand est-ce que l'État et tout le monde s'occuperont sérieusement de tous ces malades et de tous ces produits qui rendent malade des agriculteurs. Et pas que les agriculteurs. Parce qu'il y en a un peu, un peu, on est sous la coupe de l'agro-industrie. Exactement.
Mais sans indiscretion, Charles, quand vous dites que vous êtes malade de pesticides reconnus, qu'entendez-vous par là ? Décrivez-nous votre situation.
J'ai eu une maladie neurologique depuis 20 ans qui m'a cloué sur un fauteuil roulant. J'étais viticulteur. J'ai utilisé des produits qui étaient autorisés. Celui qui a été mis en cause a été interdit, mais il y en a beaucoup d'autres. Et si vous saviez le nombre de Parkinson, de cancers dans la prostate, de leucémie, en tout genre, qui sont non déclarés parce qu'il y a une omerte là-dessus, c'est édifiant.
Merci infiniment pour...
Je ne parle pas du chlordécone en Martinique et Guadeloupe. Oui, bien sûr.
Merci infiniment pour votre témoignage, Charles, qui veut y réagir. Oui, il faut transformer notre système alimentaire.
Il faut le transformer. C'est-à-dire qu'il faut que le plus sain soit le plus accessible. Mais aussi que les politiques publiques encouragent la production de produits sains. On nous dit qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour. Mais quand vous voyez les marges de la grande distribution sur les fruits et légumes, il ne faut pas s'étonner que les gens mangent plutôt des chips et des gâteaux qui sont bourrés de sucre, bourrés de gras, avec plein d'additifs, parce qu'ils sont moins chers. Donc c'est l'inverse qu'il faut réussir à faire.
Et c'est pour ça que je porte cette proposition de sécurité sociale de l'alimentation qui permettrait d'avoir un système vertueux ou avec une carte vitale. Vous allez dépenser...
Sur le même système que la Sécu.
Exactement. C'est-à-dire que vous iriez dans des établissements fléchés, acheter des produits sains, avec une enveloppe d'argent qui serait socialisée. Et ce fléchage permettrait d'encourager une agriculture vertueuse, à la fois pour l'environnement et pour notre santé.
Mathieu, je suis là, le témoignage de Charles est bouleversant.
Tout à fait. Et donc, effectivement, ce que je voulais apporter comme partage d'expérience autour de ça, c'est que l'ANSES, dans le cadre des évaluations des produits phytosanitaires, prend en compte, et c'est aujourd'hui le cas, lorsque les produits sont réévalués, les connaissances médicales, les connaissances scientifiques, pour ensuite écarter du marché les produits qui ne sont pas suffisamment sûrs. Ce que je voulais aussi ajouter, dans ce contexte spécifique du cadmium, c'est qu'un des points de vue de l'ANSES, c'est de dire qu'il faut à la fois protéger, bien sûr, la population qui mange, mais aussi les professionnels. Et de ce point de vue-là... Il faut agir avant tout à la source.
Il faut agir à la source. Et notamment, un point, c'est...
C'est-à-dire au niveau des sols agricoles, des fertilisants. Exactement.
Et une manière de le faire, c'est aussi de permettre à ceux qui épendent les produits de savoir quelle est la teneur de leurs produits. Aujourd'hui, il n'y a pas d'étiquetage. Vous parlez des agriculteurs. Là, je parle des agriculteurs. Ils ne savent pas quelle est la teneur en cadmium des produits qu'ils utilisent. Je pense que c'est une information qui serait utile et qui permettrait d'être gagnant-gagnant, à la fois pour eux et pour le consommateur. Mais aujourd'hui, ce n'est pas cette agriculture qui est encouragée.
Et justement, Clémentine Notin, ce qu'il faut expliquer, et là, on a plusieurs auditeurs qui posent des questions en ce sens, c'est qu'en fait, le cadmium, il se trouve dans des engrais qui sont majoritairement achetés au Maroc. Parce qu'il y a un phosphore là-bas qui est très riche en cadmium. Donc on a Martine qui dit qu'elle voudrait qu'on parle de ses accords commerciaux avec le Maroc pour acheter des engrais. Qu'est-ce qu'on peut faire face à cela ? C'est très simple.
Et c'est d'ailleurs incroyable, parce que le cadmium, c'est un des sujets les plus simples à régler. Parfois, vous avez des vraies contradictions avec les enjeux économiques ou des usines qui vont fermer. Là, ce n'est pas du tout le cas. On sait des camions. Ça coûte 2 euros par hectare et par an. On sait le faire. D'ailleurs, le Maroc s'y est préparé. Et comme on a trouvé des gisements dans le nord de l'Europe qui sont des gisements sans camion, vous allez voir que la logique va être pour le Maroc de s'adapter. Il y a la Tunisie, il y a l'Egypte également. Et la Tunisie, pareil. Donc on sait le faire.
Il suffit de prendre ces décrets de réglementation, voire éventuellement d'accompagner la puissance publique à les moyens de le faire. Pour cette transformation, j'insiste sur un point. Le coût en termes de santé publique, il est énorme. Il a été évalué juste sur la question de l'ostéoporose. En France, l'effet du cadmium en termes d'ostéoporose, c'est à peu près 23%. Ce sont des évaluations de l'impact, le cadmium sur l'ostéoporose. Et donc ce sont 2,6 milliards d'euros par an que cela coûte en termes de santé publique. Donc prendre ces réglementations, investir éventuellement pour aider à décaminer, c'est beaucoup moins cher, pas simplement d'un point de vue de bien-être humain.
Même si j'aimerais que cette question, et on a entendu le témoignage poignant de Charles tout à l'heure, je veux dire, on l'entend, on le ressent, c'est insupportable. Et c'est insupportable quand on est parent aussi, de se dire que quand on donne des céréales au petit-déjeuner, on peut empoisonner son enfant. Enfin, je le dis, excusez-moi, je suis émue, mais c'est insupportable en vérité.
Et donc, pour moi, des politiques publiques doivent agir à la source, penser la santé, pas simplement du côté du curatif, où d'ailleurs on n'est pas très bon non plus, parce qu'on est dans des logiques d'austérité publique, où il faudrait investir dans l'hôpital public, mais en prévention, parce que c'est aussi des économies qui vont être faites, et du bien-être dans la vie. Alors à partir du 16 juin, je l'indique à nos auditeurs,
le dépistage de l'exposition au cadmium, c'est l'analyse des données des urines, sera remboursée pour les patients à risque. Qui doit aller faire ce test, et que fait-on si les résultats sont élevés, Pierre Souvet ?
Déjà, le gouvernement veut le limiter aux sites pollués, comme si un enfant marseillais mangeait des céréales ou des pommes de terre qui ont été cultivées à Marseille, où il n'y a pas de cadmium. Donc bien sûr, c'est toute la population qui doit y avoir accès. Et ensuite, à la direction de la santé, on nous a dit, oui, mais ça va rendre les Français anxieux, ils ne vont plus savoir comment manger.
Nous, on dit, il ne faut pas infantiliser les Français, et quand vous savez, quand vous avez des données, vous êtes plus aptes à agir vous-même, et votre médecin est plus apte à prendre mieux soin de vous, en justement adoptant des stratégies de dépistage pour telle ou telle pathologie, en vous donnant les bons conseils. Donc il faut vraiment que les Français soient sensibilisés, et que les professionnels les accompagnent, et que tout le monde puisse avoir accès. Évidemment, on ne le fera pas à tout le monde, mais on a préparé un questionnaire justement de repérage des personnes les plus potentiellement exposées.
Mais le pire, c'est quand même le tabac.
La moyenne des Français tabagiques, c'est 0,65, et des non-tabagiques, c'est 0,50.
88% de la contamination est liée à l'alimentation. Il faut le savoir. Effectivement, le tabac, c'est très mauvais, il y a du cadmium dedans, mais il faut savoir que la contamination, c'est vraiment l'alimentation. Donc le plus simple, c'est que le gouvernement prenne ses responsabilités avec un décret qui, au plus vite, met la barre à 20 mg. Parce que les 20 mg par kilo d'engrais qu'on demande, qui est dans la loi, qui a été votée par la représentation nationale, c'est ça qui va nous protéger.
Qui, entre parenthèses, est appliquée par l'Office vérifiant des phosphates marocains depuis 2025.
Voilà, mais il faut que ça continue.
Il faut que ça continue.
Et il faut que nous, on se protège de partout.
Et le mieux, c'est de réglementer. Mais Mathieu Schuller, est-ce qu'une des solutions, ça ne peut pas être de manger bio aussi ? Parce que quand on mange bio, en principe, il n'y a pas d'engrais. Donc il n'y a pas de cadmium non plus. Si ? Alors, peut-être pour commencer. Un, le tabac, oui, contributeur majeur. Et évidemment, arrêter le tabac, c'est salutaire de ce point de vue-là. Deuxième point, par rapport, qu'est-ce que faire avec un mécanisme où les gens vont commencer à mesurer leur niveau de cadmium dans le sang et donc de se poser la question d'agir, comment agir ? Une fois qu'on sait qu'on est contaminé.
Par rapport à ça, premier message, et pour ne pas virer dans une anxiété, c'est total. De toute façon, compte tenu de ce que j'ai dit tout à l'heure, le cadmium est ubiquitaire. Lorsqu'il y a des mesures qui vont être faites, on va trouver un niveau de cadmium. La question, c'est à partir de quel moment faut-il agir et dans quel sens ? Rééquilibrage de l'alimentation. On l'a dit, de toute façon, les gens qui suivent les recommandations nutritionnelles avec un bon équilibre, ils ont des bonnes raisons de redescendre.
Votre propos est plutôt rassurant et complètement contradictoire avec ce que disait Clémentine Autain ? Non. Sur le fait de savoir comment bien s'alimenter, de s'orienter dans un supermarché ?
Il y a deux choses différentes, qui sont agir au niveau de la population. Et ça, pour agir au niveau de la population, le seul levier, il est qualifié par le rapport de l'ANSES, c'est agir sur les intrants, aussi bien engrais, effluents d'élevage, tout ce qui rentre dans le sol. Et donc, c'est ça, c'est super important. Deuxième point, c'est ensuite au niveau individuel, lorsque je suis confronté à ma propre mesure, qu'est-ce que je peux faire en plus comme trajectoire ? Sur le bio, vous m'avez posé la question. Aujourd'hui, ce n'était pas le cœur du rapport de l'ANSES. S'il y a un certain nombre d'acteurs du bio qui font attention, et c'est très bien, tant mieux.
Et donc, ensuite, nous n'avons pas à ce stade de démontrer de manière complètement suffisante pour le recommander, de dire, bio, ça vous garantit contrôle canium, ce n'est pas leur revendication. Pour le dire réellement, dans le bio,
il y a du canium, mais beaucoup moins qu'ailleurs. Donc, c'est mieux de manger bio. Mais le problème, c'est de rendre accessible le bio. Et donc, il faut des politiques publiques qui permettent, je le redis, que le plus sain soit accessible au grand... Parce qu'en réalité, les inégalités sociales, elles sont dans l'assiette. Et donc, la justice sociale, elle passe par la sécurité de notre alimentation.
Merci en tout cas à tous les trois d'avoir été nos invités, d'avoir fait le point sur ce dossier important. Clément Tinotin, Mathieu Schuller, Pierre Sauvé, bonne journée.
Merci. Merci.
Merci. Merci.
Clémentine Autain