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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 septembre 2025 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsSolidarités & familleInstitutions & élections

Bientôt le départ de Matignon : les archives qui vont finir d'achever Bayrou

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Peut-on faire confiance à François Bayrou ?

  • 0:02OuverteÉludée

    Peut-on faire confiance à François Bayrou pour le budget 2026 ?

  • 0:15OuverteÉludée

    Quelle est LA question à laquelle les députés devront répondre après la déclaration de politique générale ?

  • 0:25RelanceÉludée

    Ah si François, tout indique que Matignon, c'est bientôt fini pour toi.

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Vous voyez bien la tension entre les forces qui présentaient le Front dit républicain.

  • 1:23OuverteRéponse directe

    Après tout, on pourrait se dire que c'est de bonne guerre.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:02PrésentateurFait
    « Non. »
  • 0:32PrésentateurFait
    « Il s'est mis tout le monde à dos, à commencer par toute l'opposition de gauche. »
  • 0:38PrésentateurFait
    « François a dézingué le Front républicain en dénonçant son incohérence. »
  • 2:59PrésentateurFait
    « aucun des 41 précédents votes de confiance n'a jusqu'à présent échoué. »
  • 3:48InvitéFait
    « Moi, je respecte que des oppositions soient des oppositions. »
  • 4:03InvitéFait
    « Donc pas de vote de confiance. »
  • 5:42InvitéFait
    « Nous devons partager en 2026 une année blanche. »
  • 5:57InvitéFait
    « C'est une année dans laquelle on n'augmente plus ni les prestations, ni les barèmes. »
  • 6:32InvitéFait
    « Ce qui manque le plus, c'est l'esprit de justice. »
  • 7:20PrésentateurFait
    « le gel du barème de l'impôt sur le revenu pénaliserait injustement les ménages »
  • 7:34InvitéFait
    « chaque année les seuils d'impôt sur le revenu sont remontés en fonction de l'inflation »
  • 8:57InvitéFait
    « Fillon dit je vais mettre deux points de TVA. »
  • 9:06InvitéFait
    « Emmanuel Macron dit je vais mettre presque deux points de CSG. »
  • 10:38InvitéFait
    « Cette erreur, elle est naturellement d'abord l'erreur de ceux qui étaient en charge et qui prenaient les décisions du pouvoir »
  • 11:38PrésentateurFait
    « Son analyse de la situation budgétaire fait preuve d'une constance remarquable. »
  • 12:24InvitéFait
    « que la France était au bord du précipice. »
  • 12:33InvitéFait
    « La première mission de la campagne électorale est de rétablir les comptes sans lesquels nous allons être ruinés en surendettement d'ici quelques mois. »
  • 14:56InvitéFait
    « Je suis à la tête d'un État qui est en situation de faillite sur le plan financier. »
  • 15:42InvitéFait
    « Cette formule que j'avais utilisée de faillite de l'État français, ça veut dire qu'il ne pourra jamais rembourser sa dette. »
  • 17:54InvitéFait
    « On doit prendre en compte lorsqu'on est le gouvernement, on doit prendre en compte une question qui est l'acceptabilité des décisions qu'on prend. »

Temps de parole

  • Présentateur60 %
  • Invité29 %
  • Invité 27 %
  • Invité 33 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Peut-on faire confiance à François Bayrou ? Non. Peut-on faire confiance à François Bayrou pour le budget 2026 ? C'est LA question à laquelle les députés devront bientôt répondre après avoir écouté la nouvelle déclaration de politique générale du Premier ministre portant sur la dette. Mais les chances de François Bayrou de ne pas se faire éjecter de Matignon à l'issue du vote sont très minces pour ne pas dire nul.

0:25
Locuteur non identifié

Non.

0:25
Présentateur

Ah si François, tout indique que Matignon, c'est bientôt fini pour toi. Il faut dire que Bayrou s'y est pris comme un manche. Il s'est mis tout le monde à dos, à commencer par toute l'opposition de gauche.

0:37
Locuteur non identifié

Non. Non. Non.

0:38
Présentateur

Bien sûr que oui, François a dézingué le Front républicain en dénonçant son incohérence. Ce n'est pas comme ça que tu récolteras des voix.

0:45
Invité

Vous voyez bien la tension entre les forces qui présentaient le Front dit républicain. Cette tension, elle est extrême. Cette semaine, aux universités d'été de LFI, ce qui était chanté par toute la foule en chœur, c'était tout le monde déteste le PS. Et qu'a dit Fort ce matin ? Il a dit je ferai un gouvernement. Il imagine qu'il est à Matignon. Mais il n'y aura pas de LFI dans le gouvernement. Vous trouvez qu'on est devant des cohérences ?

1:23
Présentateur

Alors après tout, on pourrait se dire que c'est de bonne guerre. Bayrou pointe une union à gauche pour le faire tomber versus une désunion de la gauche pour le remplacer. Mais l'entendre parler d'incohérence, franchement, il fallait quand même oser. Parce que s'il y a bien quelqu'un qui manque totalement de cohérence ces derniers temps, c'est bien François Bayrou. Qu'il s'agisse du vote de confiance ou de son plan d'austérité, quand on regarde dans les archives et qu'on les compare à ce qu'il dit aujourd'hui, force est de constater qu'aucun argument présenté par Bayrou ne tient la route. C'est ce qu'on va voir dans ce nouvel épisode de la VAR politique.

Car, vous le savez, au football, la VAR, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et aux médias, la VAR, c'est la vérification de la parole des politiques. Dans ce nouvel épisode, on va voir comment François Bayrou a fini par dire et par faire totalement l'inverse que ce qu'affirmait François Bayrou. C'est parti ! A peine neuf mois après sa domination en Matignon, pour François Bayrou, le moment de vérité est arrivé.

2:31
Invité

Il va falloir poser la question de confiance.

2:34
Présentateur

C'est pourtant à la surprise générale que François Bayrou a annoncé fin août, au cours d'une conférence de presse, qu'il avait enclenché le processus de vote de confiance en convoquant une session extraordinaire de l'Assemblée nationale le 8 septembre. En engageant la responsabilité de son gouvernement, Bayrou a pris le risque d'être renversé, ce qui constituerait une première peu glorieuse sous la Vème République, un échec politique inédit, puisque aucun des 41 précédents votes de confiance n'a jusqu'à présent échoué. Mais ce risque d'être contraint à la démission, François Bayrou n'a pas voulu le prendre lorsque Emmanuel Macron l'a nommé sous la contrainte à l'hôtel Matignon en décembre.

Écoutez comment Bayrou justifiait son choix de ne pas solliciter le vote de confiance du Parlement, son seul et unique argument. À toi surprendre. Le 14 janvier, vous prononcerez votre déclaration de politique générale. Est-ce qu'il y aura un vote de confiance ?

3:33
Invité

Bon, vous voyez ce que ça veut dire le vote de confiance. Vous avez en face de vous, majorité ou ceux qui participent, et puis vous avez des oppositions. Et vous dites aux oppositions, écoutez, je veux vous forcer à dire que vous votez pour moi. Moi, je respecte que des oppositions soient des oppositions. Je respecte le fait que des forces politiques n'ont pas envie d'être assimilées contre leur gré à la politique du gouvernement. Donc pas de vote de confiance. Et donc, je pense qu'il y aura un vote de confiance, c'est la motion de censure. Mais vous ne solliciterez pas de vous-même un vote de confiance.

Je pense qu'il est beaucoup mieux de respecter les oppositions dans leur statut d'opposant.

4:18
Présentateur

Ne pas faire voter les députés d'opposition, ce serait une façon de les respecter ? Non, en fait. Pas plus que faire adopter une loi sans vote, en déclenchant l'article 49.3, n'est une marque de respect envers l'opposition. Et ce n'est pas Elisabeth Borne qui pourrait dire le contraire. Tout au long de sa carrière politique, Bayrou n'a cessé de répéter qu'il tenait un langage de vérité aux Français. Mais ce même Bayrou a préféré inventer un bobard, son prétendu à respect du statut des oppositions, pour éviter le vote de confiance en janvier.

La vérité, c'est qu'en raison du mode de scrutin du vote de confiance, et parce que l'Assemblée est divisée en trois blocs quasi équivalents, il ne pouvait pas se permettre de prendre le risque de se faire virer à peine arrivé à Matignon. Neuf mois plus tard, l'argument de ne pas forcer les oppositions de voter contre son gouvernement se retourne finalement contre Bayrou, puisque pour sauver sa peau, il souhaiterait maintenant les forcer à voter pour lui. Tout ça ne paraît pas très logique. Vous trouvez qu'on est devant des cohérences ?

Mais si Bayrou se montre incohérent en demandant aux oppositions de voter la confiance, il a été tout aussi incohérent en présentant son plan de réduction de la dette. Parmi les mesures d'austérité que propose François Bayrou dans son projet de budget pour 2026, il y a l'année blanche. Cela consiste notamment à geler toutes les prestations sociales, qui ne seront donc pas indexées sur l'inflation, comme l'a expliqué François Bayrou.

5:53
Invité

Nous devons partager en 2026 une année blanche. C'est une année dans laquelle on n'augmente plus ni les prestations, ni les barèmes. Donc l'ensemble des prestations sociales seront maintenues en 2026 à leur niveau de 2025, et il n'y aura pas d'exception.

6:13
Présentateur

Mais geler toutes les prestations sociales, comme par exemple les allocations familiales, tout en restant très flou sur les efforts qu'on pourrait éventuellement demander aux plus riches, c'est précisément ce que François Bayrou reprochait en 2011 au Premier ministre de l'époque, un certain François Rend l'argent Fillon.

6:32
Invité

Ce qui manque le plus, c'est l'esprit de justice. On va demander les efforts aux petits revenus et aux familles, puisque par exemple les allocations familiales vont être décrochées de l'inflation. Et donc c'est évidemment les familles qui vont avoir à assumer cette charge-là. Et on ne fait aucun geste, aucune demande pour que les plus favorisés, ceux qui ont la chance d'avoir des revenus les plus importants, participent aussi à l'effort national. C'est un déséquilibre et c'est un manquement à l'esprit de justice.

7:01
Présentateur

Pour 2026, Bayrou souhaite aussi geler le barème de l'impôt sur le revenu, ce qui provoquerait mécaniquement une hausse de cet impôt. Pourtant en décembre, Bayrou tirait la sonnette d'alarme Écoutez-le expliquer comment le gel du barème de l'impôt sur le revenu pénaliserait injustement les ménages avant de proposer en août de geler ce même barème.

7:24
Invité

Il y a eu une censure pour abattre le gouvernement de Michel Barnier sans faire attention aux dégâts que ça pourrait faire pour les familles. Par exemple la question de l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire que chaque année les seuils d'impôt sur le revenu sont remontés en fonction de l'inflation et là ils ne vont pas être remontés. Les barèmes de l'impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée seront eux aussi maintenus à leur niveau de cette année.

7:49
Présentateur

Dénoncer les dégâts provoqués par une mesure fiscale pour finir par mettre en place cette mesure sans se soucier des dégâts occasionnés, cela n'est pas non plus très cohérent. Vous trouvez qu'on est devant des cohérences ? On l'a vu, le projet de budget 2026 présenté par François Bayrou prévoit non seulement un gel complet des prestations sociales, mais aussi un durcissement de l'accès aux allocations familiales, une hausse des franchises médicales, ainsi que le gel des retraites et du barème de l'impôt sur le revenu.

Ce plan d'austérité présente donc des risques récessifs majeurs pour l'économie française car en réduisant le pouvoir d'achat des ménages, cela peut avoir un effet négatif sur l'agroissance en la freinant. Et ça, ce n'est pas moi qui le dis, c'est François Bayrou, fin 2016. Un peu avant de se rallier à Emmanuel Macron pour la présidentielle, le maire de Pau reprochait aux candidats Fillon et Macron de vouloir prendre des mesures qui allaient immanquablement faire baisser le pouvoir d'achat des Français. Écoutez ses explications.

8:57
Invité

Fillon dit je vais mettre deux points de TVA. Emmanuel Macron dit je vais mettre presque deux points de CSG. Ça veut dire qu'on va baisser les retraites, on va baisser les indemnités des chômeurs, on va baisser le salaire des fonctionnaires. Je rappelle que les fonctionnaires... Donc pour vous, ça n'est toujours pas juste ? Non, ça veut dire que vous allez créer dans le pays ce sentiment d'inquiétude sur l'avenir qui fait qu'on ne consomme pas et qu'on n'investit pas.

9:27
Présentateur

Ces reproches qu'on vient d'entendre, Bayrou pourrait tout aussi bien les adresser aujourd'hui à son propre budget qui s'en prend aux retraités, aux chômeurs et aussi aux fonctionnaires qui ne verront pas leur point d'indice revalorisé pour la troisième année consécutive. Dans le viseur de Bayrou, on trouve aussi les boomers, les enfants de l'après-guerre, c'est-à-dire les retraités, qui auraient selon lui une grande part de responsabilité dans le mauvais état des comptes publics et dans le niveau élevé de l'endettement de l'État.

9:57
Invité

Si on crée le chaos aujourd'hui, les premières victimes, c'est les plus jeunes des Français, c'est eux qui devront payer la dette pendant toute leur vie. Et on a réussi à leur faire croire qu'il fallait encore l'augmenter. Vous ne trouvez pas ça génial ? Tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers, comme on dit, qui, de ce point de vue-là, considèrent que, ma foi, tout va très bien.

10:22
Présentateur

Mais lorsqu'il est en campagne électorale, Bayrou n'accuse évidemment pas ses électeurs boomers, trop risqués. En période électorale, c'est à la classe politique qu'il s'en prend. Pour lui, les responsables de la dette sont ceux qui ont gouverné ou qui gouvernent.

10:38
Invité

Nous passons notre temps à faire des dettes sur le dos de nos enfants. Cette erreur, elle est naturellement d'abord l'erreur de ceux qui étaient en charge et qui prenaient les décisions du pouvoir, de ceux qui entourent le président de la République actuelle et du président de la République actuelle lui-même depuis cinq ans.

11:00
Présentateur

Mais ce ne serait pas un certain François Bayrou qui entoure le président de la République actuelle depuis huit ans et dont les députés ont voté tous les budgets déficitaires depuis 2017 ? Il faut croire qu'il est beaucoup plus facile d'accuser les boomers que d'assumer sa propre responsabilité dans l'aggravation des déficits et de la dette. Si, comme on l'a vu, François Bayrou a souvent dit tout puis son contraire depuis son arrivée à Matignon, il faut quand même lui reconnaître un sujet sur lequel il ne varie pas. Son analyse de la situation budgétaire fait preuve d'une constance remarquable. On retrouve dans sa bouche la même expression du mois de décembre au mois d'août.

11:46
Invité

Depuis le Parti communiste jusqu'à la droite de gouvernement, je leur dis, si on ne réussit pas dans cet essai, alors c'est la dernière station avant la falaise ? Je crois que c'est la dernière station avant la falaise et l'écrasement par la dette.

12:04
Présentateur

Sur la question de la dette, Bayrou est arrangé dans le camp des catastrophistes. Tendance apocalyptique. Avec lui, la faillite est toujours annoncée pour demain. Cela fait maintenant presque deux décennies qu'il annonce un péril imminent qui se fait pourtant attendre. Vous allez voir qu'en 2012, Bayrou disait déjà, en ce qui concerne la dette,

12:26
Invité

que la France était au bord du précipice. La première mission de la campagne électorale est de rétablir les comptes sans lesquels nous allons être ruinés en surendettement d'ici quelques mois. Si le résultat de cette élection présidentielle faisait que ceux dont nous parlons étaient élus, alors vous verrez que la France risque de se trouver en quelques semaines en défaut de crédit. Prenons garde. Tout ceci est enregistré. On gardera la trace de ces affirmations.

12:58
Présentateur

On a bien retrouvé la trace de l'enregistrement de son mauvais pronostic. Mauvais pronostic, car 13 ans après, la France ne connaît toujours pas la ruine du surendettement ni le défaut de crédit qu'il avait annoncé. Et on peut remarquer au passage que Bayrou n'est pas le seul à prédire depuis une quinzaine d'années l'imminence de l'apocalypse. Souvenez-vous, dans le précédent épisode de la VAR politique, on a vu des similitudes entre le discours de François Bayrou et des éditos de Christophe Barbier. Cette fois-ci, vous allez voir que, comme François Bayrou, Jean-Michel Apathy, à partir de la situation espagnole, prédisait en 2012 qu'on était au bord du gouffre économique.

Et comme Bayrou, Apathy pense encore aujourd'hui qu'on est très proche de la crise financière.

13:48
Invité

On est au bord du gouffre économique. La crise financière, on y est à deux doigts. C'est l'euro qui est menacé. Tout le système bancaire espagnol est menacé de s'écrouler. C'est la quatrième économie de l'Europe. On est au bord du gouffre économique. Regardez cet autre titre des échos. Ce matin, mais est-ce que quelqu'un l'a lu au gouvernement ? Dexia reste sous garantie publique. Ça montre que même le système bancaire français, lui aussi, il y a des tensions. Il faut sécuriser tout ça, c'est-à-dire amener des milliards et des milliards.

Les marchés financiers nous surveillent et que si un jour on ouvre l'émission en disant que France Trésor n'a pas couvert les emprunts qu'on a réclamés, ça pourrait nous coûter à tous très cher. Très, très cher. La crise financière, on y est à deux doigts.

14:30
Présentateur

Mais avant de déclarer une faillite imminente de la France, peut-être que Jean-Michel Apathy et surtout François Bayrou devraient écouter sur ce sujet le mea culpa de François Fillon. C'est le moment de sortir notre jingle « Rends l'argent ». Sa sortie avait marqué les esprits. Tout juste nommé Premier ministre par Nicolas Sarkozy, François Fillon décrivait en 2007 une France au bord de la banqueroute.

14:56
Invité

Je suis à la tête d'un État qui est en situation de faillite sur le plan financier. Je suis à la tête d'un État qui est depuis 15 ans en déficit chronique. Je suis à la tête d'un État qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ça ne peut pas durer.

15:12
Présentateur

Mais François Fillon, une fois retiré de la vie politique, un peu contraint et forcé par les événements, François Fillon a reconnu qu'il avait tort. Il a admis qu'il s'était montré trop pessimiste sur la capacité de la France de continuer à emprunter sur les marchés financiers. Un aveu passé relativement inaperçu. Je vous propose donc d'écouter et de savourer François Fillon faisant son mea culpa depuis la Suisse auprès du journaliste

15:41
Invité

Darius Rochman. Cette formule que j'avais utilisée de faillite de l'État français, ça veut dire qu'il ne pourra jamais rembourser sa dette. Et pourtant, j'ai tort puisque ça, c'était en 2007. On est en 2019. Il ne s'est rien passé. L'État français se porte parfaitement. Il continue d'emprunter de façon massive à des taux de plus en plus bas. Pourquoi ? Parce qu'il y a la politique monétaire qui a été conduite depuis 2008 et depuis la crise. Elle pousse les États à ne faire aucun effort de restructuration et de réforme. Sous l'allure de la réforme, le président Macron ne réforme pas vraiment ?

Non, parce qu'il y a cette idée que ça ne sert à rien puisqu'on peut trouver de l'argent sur le marché. On va quasiment nous payer pour qu'on emprunte. Il y a un moment où ça va s'arrêter. Mon erreur, c'est que j'ai cru que ça allait s'arrêter plus tôt. Un élément que je n'avais pas suffisamment pris en compte qui est la relativité des choses. Et donc, si vous êtes un investisseur et que vous voulez placer votre argent quelque part, oui, d'accord, la France est très endettée, mais c'est mieux de placer son argent en France que de le passer en Russie ou en Libye ou en Irak ou en Syrie

16:48
Présentateur

ou en Égypte ou je ne sais pas où. Alors, l'avenir dira si une fois à la retraite, François Bayrou fera lui aussi son mea culpa pour s'être montré trop catastrophiste. En attendant, le Premier ministre en sursis ronge son frein contre le mouvement social du 10 septembre comme le montre cette séquence.

17:07
Invité

Notre budget, c'est le budget des Français. Ce n'est pas notre budget, c'est le budget pour protéger les plus jeunes. Alors, évidemment, on peut considérer ou souhaiter que rien ne change. Mais si rien ne change, le bateau va couler. Ça se comprend ? C'est en français, ça ? Est-ce qu'on peut considérer que c'est un problème, qu'il demande des réponses urgentes et que ce n'est pas en manifestant pour que rien ne change qu'on va résoudre les problèmes de l'année ?

17:37
Présentateur

Le mouvement du 10 septembre, bloquons tout, rappelle dans ses prémices le mouvement populaire des Gilets jaunes qui avait démarré fin 2018. Il faut se souvenir que, contrairement aujourd'hui, François Bayrou exprimait beaucoup de compréhension pour les manifestants. Il disait même que le gouvernement devait tenir compte de leurs revendications.

17:58
Invité

On doit prendre en compte lorsqu'on est le gouvernement, on doit prendre en compte une question qui est l'acceptabilité des décisions qu'on prend. On ne peut pas gouverner contre le peuple et qu'il faut, de ce point de vue-là, ne pas ajouter des charges aux charges. On ne peut pas avoir un projet politique qui ne soit pas en même temps un projet qui prenne en compte l'attente sociale.

18:23
Présentateur

Écouter le peuple quand on ne gouverne pas, mais lui tourner le dos dès qu'on est au pouvoir, finalement, la cohérence que Bayrou réclame pour les autres, cette cohérence aura été la première victime de l'exercice du pouvoir du Béarnais. Alors peut-on faire confiance à un premier ministre qui demande aujourd'hui la confiance qu'il refusait hier de solliciter, un partisan de la rigueur qui souhaite mettre en place aujourd'hui les mesures d'austérité qu'il dénonçait hier, un pourfendeur de la dette qui a du mal à assumer le bilan de huit années de pouvoir.

Bref, un manque total de cohérence qui pourrait bien lui coûter son poste à Matignon car c'est désormais aux députés le 8 septembre mais aussi aux manifestants du 10 septembre de dire si on peut avoir confiance en cette façon de gouverner. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de la VAR politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire. Likez si vous avez aimé et restez connecté aux médias. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Bientôt le départ de Matignon : les archives qui vont finir d'achever Bayrou · Pourquijevote