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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 1 avril 2026 9 min

Liban, accrochage entre la FINUL et les Israéliens ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Notre équipe a pu se rendre dans un village chrétien pris entre l'armée israélienne et le Hezbollah, avec la crainte désormais d'une guerre civile. - Le Sud-Liban, une région presque isolée du reste du pays, constamment bombardée par l'armée israélienne et entièrement contrôlée par le Hezbollah, à l'exception de quelques rares villages chrétiens, comme celui de Qlayaa. Le village vient d'être visé par une frappe. - On est pris entre des tirs israéliens et ceux du Hezbollah.

Le Hezbollah est tout autour de nous et Israël, de ce côté. Ils se bombardent, et quand les roquettes ratent leur cible, elles atterrissent chez nous. Les Israéliens occupent actuellement la ville voisine.

Quand ils tirent dessus, c'est vraiment proche. - Depuis quelques semaines, les habitants ne sortent plus de chez eux, depuis la mort de celui qu'on appelle ici le père Pierre, tué par un obus israélien. - C'est dans cette église qu'on priait avec le père Pierre, matin et soir.

Nous sommes en danger, oui. C'est dangereux d'être chrétien, ici. On est sous pression.

On ne peut plus supporter ce qui se passe au Liban. - Le maire tient à nous montrer le lieu de la frappe qui a tué le prêtre. Il insiste pour que la police nous précède. - Il ne faut pas que les Israéliens en face de nous suspectent un convoi non identifié.

Sinon, ils vont nous attaquer. Notre père Pierre est arrivé pour aider ceux qui venaient d'être bombardés. Ils étaient tous là, dehors.

Et la 2e bombe est tombée sur lui. - J'étais là quand ça s'est passé. Il s'est vidé de son sang entre mes mains. - Nous en avons vraiment assez de ces guerres.

Ca fait 60 ans de guerre, et voilà le résultat! Sonnerie de cloche. - A une cinquantaine de kilomètres, Maghdouché, un autre village chrétien du Sud-Liban.

En ce dimanche matin, l'église est pleine. - C'est la grâce de Dieu qui nous sauvera de la guerre, grâce à la prière. - Le prêtre refuse finalement de s'exprimer.

Derrière l'apparente tranquillité des habitants... - Tout va bien ici.

L'église est pleine à craquer. Personne n'a peur. - La tension monte de jour en jour dans la communauté chrétienne. - Il n'y a pas eu de problème avec les réfugiés des autres communautés. - Arrête!

Dis-leur qu'il n'y aura jamais de problèmes entre nos communautés! - La mort du prêtre de Qlayaa ravive la crainte d'une nouvelle guerre civile entre les communautés religieuses. Les chrétiens du Sud, qui vivent au milieu d'un territoire contrôlé par le Hezbollah, sont sous pression. - La Vierge Marie nous protège.

Ca me suffit. - Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas seulement une question de sécurité. Nous avons aussi besoin d'une protection, dans le Sud.

Nous nous sentons tellement seuls... - A peine rentré de l'église, ce couple se réchauffe autour d'un café.

L'isolement des chrétiens du Sud-Liban n'est pas nouveau, mais il s'intensifie. Ici, chaque communauté a sa propre milice. - La municipalité a mis en place une équipe de jeunes agents qui patrouillent pour nous protéger.

Quand la situation dépasse nos capacités, nous sommes contraints de faire appel à l'Etat et à l'armée. Nous n'avons aucun contrôle sur les décisions de l'entrée en guerre. Notre petit pays n'a pas son mot à dire.

La paix viendra quand un accord international sera conclu, pas autrement. - Alors que l'armée israélienne avance dans la région, le couple, comme la plupart des chrétiens du Sud-Liban, refuse de quitter le village. - C.Roux: Après ce reportage, vous voulez peut-être réagir, C.Ockrent? - C.Ockrent: Il y a eu aujourd'hui même un bombardement israélien à Beyrouth, dans un quartier chrétien.

Ce pays est déjà tellement fragile, avec l'exode des chiites du Sud, plus d'un million de gens, qui vont peser sur ce tissu social extraordinairement fragmenté...

Et l'épisode hallucinant de l'ambassadeur d'Iran, à Beyrouth! Le gouvernement libanais dit "out"! Le Hezbollah refuse.

Et le président chiite du Parlement aussi. Le Liban, depuis 1930, vit avec l'héritage certainement pensé avec beaucoup de générosité à l'époque par la France d'un partage des différentes fonctions entre communautés. Cet épisode de l'ambassadeur de Téhéran qu'il reste...

Ca prouve encore une fois, hélas, que cet Etat libanais...

Il y avait un président, Ancien général des forces armées, J.Aoun, un Premier ministre...

Des gens qui pouvaient incarner un renouveau de la confiance dans le système libanais, mais il est à nouveau déchiqueté avec un risque de guerre civile, ou en tout cas d'une implosion du système. - C.Roux: Question.

C'est le cas. 10 pays de l'UE appellent à garantir la sécurité de la Finul. - L.Menget: Il y a eu de nombreux appels et il y en aura encore.

Ce n'est pas du tout la préoccupation des Israéliens pour le moment. Ils veulent absolument sécuriser cette partie-là. Il y a des frappes dans le nord d'Israël aujourd'hui par le Hezbollah, qui est beaucoup moins protégé que le centre du pays.

Il y a environ 30 secondes entre le départ de la roquette et l'arrivée sur le nord du territoire israélien. Mais les Israéliens veulent occuper, comme à Gaza, créer une sorte de zone-tampon vide au Sud-Liban... - C.Roux: Ca veut dire plus du tout d'habitations? - L.Menget: Oui, ce qui n'avait jamais été fait.

Il y avait déjà eu des populations déplacées à cause des bombardements, mais jamais d'évacuations. Il y a un moment essentiel dans votre reportage, quand ce chrétien dit: "Nous avons des milices pour nous protéger." Quand on crée des milices au Liban, c'est le début de la fin.

Le fait de recréer des milices aujourd'hui, en attendant un ordre potentiel d'évacuation, y compris pour ces chrétiens du Sud-Liban qui vont rejoindre Beyrouth comme les autres...

C'est une logique israélienne qui se départit de toute forme de condamnation internationale. Ce n'est pas leur sujet actuellement. - C.Roux: Avec le rôle de la France, qui est très engagée aux côtés des Libanais... - Gal J.-P.Paloméros: Je veux revenir sur la Finul.

J'ai été moi-même Casque bleu en Bosnie. Je sais ce que c'est qu'être soldat du maintien de la paix quand il n'existe pas de paix et qu'on est coincé entre 2 parties, qu'on voit des choses qu'on ne devrait pas voir, et qu'on devrait intervenir. La Finul, aujourd'hui, c'est le dernier rempart d'un ordre international déliquescent.

Sa fin est d'ailleurs prévue pour la fin de l'année. Il y a 11 000 hommes qui essaient de faire ce qu'ils peuvent. Ils aident la population.

Ils font de leur mieux. On les a mis dans cette situation. C'est catastrophique.

On n'a pas pris nos responsabilités. - C.Roux: Quelle est la mission des soldats de la Finul?

Compter le nombre d'échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël? - Gal J.-P.Paloméros: Si les 2 parties s'accordent, on est une force d'interposition, et c'est très bien.

Mais quand vous avez des Israéliens qui envahissent...

Normalement, ils devaient protéger entre la frontière et le fleuve Litani.

Liban, accrochage entre la FINUL et les Israéliens ? — Gérard Israel · Pourquijevote