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interviewLCP (sur YouTube)· 14 mai 2025 120 min

Emission spéciale : affaire Bétharram, audition de François Bayrou - 14/05/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour à tous et bienvenue sur LCP, le premier ministre face à la commission d'enquête sur les violences scolaires. L'audition de François Baerou est à suivre en direct et en intégralité sur LCP à partir de 17h. On se retrouve à 16h45.

François Bairou devra répondre aux nombreuses questions des députés. Que savaient-il des violences physiques et sexuelles à Notre Dame de Betaram ? Avant cela, émission spéciale ce matin pendant 2h sur LCP, on va revenir sur cette question des violences scolaires et sur les travaux de la commission d'enquête.

Pour commencer, je vous propose de revenir sur une audition particulièrement marquante, celle des collectifs de victimes. C'était le 20 mars à l'Assemblée des témoignages absolument bouleversants compilés par Fanny Daï. Est-ce que vous-même comme victime, enfant, adolescents ou certains membres de vos collectifs, est-ce qu'ils ont cherché de l'aide à l'époque où ils étaient victimes ?

Si oui, comment ? Vers qui se sont-ils tournés au sein de l'établissement, en dehors de l'établissement ? Quelle réponse ont-ils eu ?

Alors, c'est la question pour nous du signalement qui est vraiment au cœur de notre attention. Donc moi, je suis rentré donc en 1958 et tous les abus sexuels qui se passaient à l'époque, personne n'en parlait, y compris entre nous, on n'en parlait pas. Euh moi, j'ai passé donc 7 ans internes, j'ai joué dans l'équipe de foot depuis le Benjamin, euh minim cadé, peu importe, avec trois personnes deux qui ont porté plainte.

Jamais jamais on a découvert maintenant que en fait on a été victime, on en a jamais parlé. Moi personnellement, mes parents sont morts, ils ne l'ont jamais su. Toujours est-il que si j'avais raconté ça à mes parents, un, il ne m'auraiit pas cru.

Ça c'est absolument évident. Et deuxièmement, heureusement que je l'ai pas raconté finalement avec le recul parce que je pense que comme on m'aurait pris pour un menteur et ben Cendrillon c'était pas assez fort pour m'éduquer. On renvoyé à Betaram parce que ça à l'époque et ça tout le monde le savait dans la région y compris jusqu'à Bordeaux.

Euh nous en ce qui concerne le collège Saint-Pierre, aucune aide de toute façon n'aurait pu être sollicitée auprès du de la direction de l'école parce que la violence il était vraiment systémique. Voilà. Donc de base en haut, je dirais à part les femmes qui nous servaient à la cantine, euh tout le monde était dans la violence.

Je n'ai pas jusqu'à maintenant, on commence à remonter le fil de de de l'histoire de ce continuum de la violence. On a repéré à peu près tous les professeurs. Il y en a pas un qui un jour ou deux, c'est rare qu'il n'en ai donné qu'un, n'est pas frappé un élève.

Euh, ils étaient recrutés pour ça véritablement. Donc, et je dirais qu'à la limite, si on avait eu l'heure de se plaindre auprès du directeur ou d'un professeur de la violence, on s'en serait repris d'autres et on aurait eu des des mesures de de rétorsion derrière. Les parents, on n'en parlait pas parce que pour la plupart, on nous mettait là pour ça.

Et je n'arrive pas à croire que le diocèse a pu ignorer ces choses-là puisque le collège était marquété comme on disait ça au aux enfants et les parents disaient ça aux enfants si tu es pas sage ou si tu travailles pas bien, tu vas aller chez les frères quatre bras ou les frères tap dur. Bon euh voilà, je pense que comme slogan, c'est relativement efficace. Et euh et c'est ça qui s'est passé.

Ils ont ils ont massacré toute une génération d'étudiants. Je dirais entre 1960 et 1990. Bon, les dernières plaintes se se situent du en 96 quand le le collège était devenu mixte.

Euh mais voilà le gros la grosse poche de violence mais c'est 1960 1970 avec des sévises mais qui sont qui sont justes euh euh c'est juste hallucinant des séries de des séries de gifles qui vous qui vous brisent le tyman. Certains comme moi d'ailleurs ont eu l'audition un petit peu altérée. Des coups de point dans le dos, dans l'épaule, enfin là où ça là où ça fait pas mal qui font vomir les gens.

L'estrade aussi. Alors ça c'est plus pervers, c'est-à-dire qu'on enterre quelqu'un sous l'estrade, voilà, parce qu'il a pas su répondre à la question. Alors le mec s'assoit entre les les les serpillères, les balais, les le vieux linge pourri et puis attend que qu'on veuille bien le faire sortir.

Euh enfin, c'était ignoble. Voilà. Euh pas de signalement pendant 30 ans.

Ça veut dire que qu'a fait l'État pendant ce temps-là ? Ça se passe dans le silence des familles, des autorités de contrôle, du diocèse. Donc je dirais qu'à la limite faut les prendre par surprise.

Voilà, parce que des des des nouveaux BRAM, des nouveaux Saint-Pierres, il y en a peut y en avoir encore, je pense, si on reste à ce niveau de contrôle. Alors, je sais que ça s'est un petit peu amélioré mais je pense qu'il faut faire les choses différemment. Voilà, parce que ce qui nous est apparu dans nos premières euh visites sur place et dans nos premiers échange formel ou informel avec des victimes euh c'est que lorsqu'on dit euh un coup, une gifle, finalement euh à l'époque c'était accepté.

Derrière les coups, il y avait des violences physiques. Derrière les violences physiques, il y avait très souvent des violences sexuelles. Et en fait, lorsqu'on accepte le début, on ferme les yeux sur l'ensemble d'un système.

Voilà. Donc ce que je vous poserai peut-être à vous tous comme question, si vous avez envie les uns et les autres de prendre la parole, c'est quels sont les contrôles que vous avez connu ou dont on vous parle et qui n'ont pas fonctionné. Comment vous imagineriez le contrôle qui aurait pu en se replaçant dans le passé euh faire que les faits soient beaucoup plutôt décelés et beaucoup plutôt prévenu ?

Alors le contrôle, mais il y en avait pas de contrôle, c'était la porte ouverte à toutes les exactions. Nous, on subissait la la clôture que les bonnes sœurs, excusez-moi, je le dis volontairement comme ça, les bonnes sœurs, elles n'avaient rien de bon, rien de bon. Les bonnes sœurs nous nous martyrisaient.

Alors les rares filles qui arrivaient à prendre le dessus et bien elle fuait mais quand elle revenait on leur tendait les cheveux à rat et on leur mettait des robes. Allez, c'était plutôt des chiffons que des robes. Et on les enfermait au mitard.

Moi le mitard je l'ai connu main de fois parce que j'ai pas changé. Je dis tout ce que je pense. Alors bah voilà.

Alors le mitard, une couverture quand il y en avait une, un matelas pourri, un saut hygiénique dans le fond, une cuvette et un saut d'eau. Je suis désolée de vous dire ça, mais le saut hygiénique quand il était plein, à votre avis, comment ça se passait quand on avait des envies pressantes ? On faisait dans un coin de du mitard.

Voilà. Alors, des contrôles, il y en avait pas. J'en ai vu un en 4 ans.

C'était un juge ou un juge pour enfants. J'ai pas su parce que ça dépendait pas de de chez moi. Ça c'était de j'étais au M pour tout vous dire.

Ça dépendait de de la peut parler de la juridiction du M et il est venu mais il est resté quoi ? Allez, on va dire 10 minutes c'est tout. et elles nous ont martyrisé, c'est le cas de le dire, le travail forcé parce que le jour Venise, des kilomètres des kilomètres de jour Venise et ça avant, il fallait travailler avant d'aller en cours.

Alors voilà, je pourrais je suis soft, je ne veux pas, je peux pas en fait je peux pas vous dire le fond de ma pensée ni ce qu'on a vécu, mais ce que je vous dis là, c'est déjà pas mal. Alors moi je suis d'une génération qui a suivi en fait la génération de de mes camarades. Nous, il y a eu des contrôles.

J'ai j'ai des témoignages de gens qui me disent, on parle par exemple d'une maîtresse de ses mains, torsionnaire sadique. Les parents se sont plains à la direction plusieurs fois. Et on parle même d'un contrôle contrôle académique comme on l'a tous connu.

Alors moi je me souviens enfant hein une semaine avant de semaines avant on nous dit attention on va être contrôlé là tout le monde était sage mais à aucun moment les enfants n'ont été entendus. Je je vous parle d'une d'une personne qui frappait sur la tête de ses élèves de manière répétée qui a qui a décollé les élèves les oreilles d'un enfant qui venait de se les faire recoller chirurgicalement. Enfin des choses d'une violence inouie.

Et donc les parents se sont plains, la direction n'a rien fait, il y a eu un contrôle qui n'a servi absolument à rien. Et ça et vous parlez tout à l'heure d'Omerta, mais de toute façon c'est c'est c'est le c'est le modus opérandi de toutes les écoles privées catholiques. C'estàd il faut pas atteindre à la réputation de l'école.

Donc on ne fait pas de bruit, on ne fait pas de vague. On on m'a même redit il y a pas longtemps, on lâche notre on lave notre linge sale en famille. Pareil, il y a des élèves, il y a un prêtre qui était euh qui posait problème en fait, qui a été qui dont les élèves ont trouvé qu'il avait des gestes très déplacés.

Ils sont allés se plaindre au senseur de l'époque qui leur a dit "Ce sont des accusations très graves. Vous savez bien que les prêtres sont en manque d'affection. Ce sont des gestes d'affection légitime d'un homme de Dieu.

Si vous si vous et si vous continuez à dire sur deux choses, il vous arrivera des choses très graves. Ce qui moi me me met en colère, ce qui m'a blessé au début, mais maintenant c'est de la colère, c'est de savoir que par exemple certains professeurs ont été couverts par plusieurs génieurs directeurs ou directrices successives. J'ai même un témoignage qui moi me glace d'un d'un sur un maître de CM2 qui caressait les filles les petites filles tous les jours.

Tous les jours. Il y en a qui disent "Je me suis fait caresser tous les jours". Il a mis la main dans ma culotte tous les jours en CM2 de la directrice de l'école primaire qui prévient, je suis désolée, c'est vraiment dur hein, qui prévient une des mamans d'élèves en lui disant "Fais attention à monsieur machin, fais attention".

Donc on savait ce ce type est arrivé avec une réputation et on l'a laissé dans une école de CM2. Donc des contrôles n'ont servi à rien, les enfants ont parlé n'ont pas été écoutés et tout ça pour protéger la réputation de ces de ces établissements. Donc je ne sais pas pourquoi il y a jamais eu de signalement.

Je veux dire, est-ce qu'à l'époque il y avait des des organismes auxquels on pouvait signaler ce genre de fait ? Mais il y a eu aucune traçabilité de ces personnes qui sont venues dont on sait qu'elles ont fait des choses et qui sont qui ont ensuite poursuivi leur chemin dans d'autres écoles à agresser d'autres enfants et à faire des choses vraiment terribles. Et je voudrais vous interroger sur est-ce que dans les établissements qui ont été les vôtres, est-ce qu'il y avait des des enfants qui fugaient, qui s'échappaient, qui fuyaient ?

Elle fuait facilement les filles. Moi, j'ai pas voulu parce que je savais pas ce qui m'attendrait dehors. Je je j'étais pas terrorisée de savoir ce qui ce qui pourrait se passer.

Puis j'étais loin de chez mes parents. Les filles fuguaient. Mais pendant toute la nuit avec les chiens bergers allemands, on était convié à à passer dans tous les bosquets, dans tous les jardins pour savoir si elles étaient pas monté en haut d'un arbre pour se cacher.

Et quelquefois elle fuguit et puis ben elle se ratait, elle tombait par terre comme à nancy où elle a râé toute la nuit et que les chiens lui ont l'ont mangé. En fait, pour bien comprendre là, vous parlez de de des chiens de de qui ? Des chiens d'accord au sein de l'établissement.

Au matin, c'est c'est pas le corbillard qui est venu, c'est un tombre avec un cheval et puis ils l'ont bainé dedans et puis ben voilà. Et puis combien de de de cas similaires comme ça, vous savez là je me lâche mais c'est difficile. C'est difficile parce que je parle au nom de toutes les copines et voilà.

Mais je pourrais vous vous tenir comme ça pendant des heures. Le village de Riomont est un cas extrêmement grave parce que tout le monde était au courant. La mairie de Liévin était au courant, le maire de Liévin était au courant.

Mais c'est plus qu'être au courant, c'est des alliances en fait objectives parce que qui voulait de ses enfants ? personne ne voulait de ses enfants. Et donc le père Revre Revis cette occasion pour livrer un un truc clé en main en fait pour prendre en charge ses enfants.

Donc du coup, il avait toutes les institutions avec lui, il a eu les journaux avec lui. Euh il il y a je ne sais pas combien j'ai compulsé d'articles de la Voie du Nord en faisant des papiers tirambiques sur Riomont alors que les gens voyaient passer les enfants dans des états lamentables. Les enfants, ils allaient à ils allaient à l'école, ils ont été dans l'école privée l'école privée de Lièvin, ils étaient à l'école publique de Liévin, ils ont été au collège public de Liévin.

Il y a une personne qui a écrit une lettre un jour qui était la femme du proviseur du collège, madame Clément, en 1969, première alerte. On en fait quoi de sa lettre où elle dit que elle voit des enfants qui sont mal soignés, mal nourris, maltraités ? on la prend et on la met à la poubelle sa lettre et on lui dit "Retourne à ta cuisine." Donc le système il a été protégé, il a été encouragé. euh les institutions publiques, que ce soit du côté de la santé, de la justice ou de l'éducation, tout le monde a fait en sorte que ce lieu existe.

Euh quand j'ai demandé les rapports du rectorat pour la deuxème partie de l'histoire, donc l'école privée hors contrat, le rectorat ne m'a pas communiqué les rapports. Ils ont forcément fait des rapports, ils y sont allés. Euh où sont ces rapports ?

Que disent ces rapports ? Les enfants parlaient les enfants donnaient des petits mots aux assistantes sociales. Il leur disait "Au secours, il y a tel prêtre qui m'a touché.

Est-ce que c'est normal ? Je suis violentée. Les assistantes sociales, elles ont fait quoi en fait ?

Elles ont rien fait en fait. Donc la chaîne, elle est immense parce que parce que les enfants, ils ont parlé, ils ont dit, ils ont parlé à leurs parents, ils ont parlé aux personnes à l'extérieur, la dame qui s'occupait de la piscine à Liin, les personnes les personnes qui faisaient les enfants allaient faire du sport à l'extérieur, il le disait. Mais pourquoi personne n'a bougé jamais ?

En fait, tout le monde était au courant et ça a été un lieu qui a été protégé jusqu'en 2019 où il a fallu une vague de 200 auditions suite à une plainte pour viol déposé en 2013 pour que le rectorat dise à à Roman de faire partir les enfants. Aujourd'hui, réon il y a des scouts et des louvettes avec des prêtres qui vont passer dans la justice et dont un dont on va savoir ce qu'il va prendre pour détention d'images pédopornographiques pendant 5 ans. On pouvait pas trop raconter ce qu'il y avait euh à l'école, à l'établissement puisque le directeur de l'établissement était lui-même un agresseur. que on avait on se taisait et de toute façon quand on rentrait à la maison et qu'on voulait raconter ça à nos parents, il nous avait mis là pour ça.

Donc on nous disait ben s'il t'a pris des coups, c'est que tu les as mérité. Mais moi, les premières violences, elles ont commencé dans une école publique primaire euh et pas dans un petit village du fond du Pays-Basque. C'était Anglette une une grande ville.

Voilà. C'était en cours de CM, il y avait un des torsionnaires qui avait peint les vitres de la classe en blanc. Donc c'était les seules vitres de toute l'école qui étaient peint en blanc.

Personne s'est posé la question pourquoi elles étaient peintes en blanc ? Parce qu'en fait il avait fait pour pas qu'on voit de l'extérieur ce qu'il nous faisait à l'intérieur. Donc il nous cassait des règles en bois sur la tête.

Son grand plaisir pervers, c'était de nous faire monter au tableau pour nous faire écrire tout à fait en haut. Et pendant ce temps, il dévissait le tableau qui avait deux faces, il donnait un coup sur le tableau, on était projeté à terre violemment et là il avait un four rire. Le deuxième agresseur, c'était le directeur de de l'école qui avait une baguette, un espèce de petit fouet qu'il appelait Caroline.

Et donc il nous disait "Viens, je vais te présenter Caroline." Et il nous faisait nous allonger sur ses genoux et il nous fouettait avec sa baguette. pour les dicter.

Quand on faisait trop de fautes, il nous faisait venir à côté de lui, nous prenait l'intérieur de la cuisse, pincer et tourner violemment jusqu'à qu'on corrige la faute. Donc quand on rentrait à la maison, moi j'avais deux trois bleus, je disais à mon père qui était médecin en anglette, il était médecin. Je disais "Mais papa, tu as vu ça ?

Ben la prochaine fois tu feras de fautes. Donc en fait tout le monde savait parce que un établissement public, il y avait un médecin, il y avait des infirmières, tout le monde allit voyait les vitres peint en blanc et personne n'a jamais rien dit. à Betaram.

Effectivement euh les enfants fuguaient souvent et notamment le mercredi, moi je me souviens très bien dans les années 80 90 de voir l'Estafette de la gendarmerie de Naï revenir avec des enfants. Et parfois c'était aussi la population locale, les habitants de l'est Betaram qui trouvaient des enfants ampleur fuyant l'établissement et qui rappelait et je me rappelle très bien de monsieur Sag qui allait les chercher très rapidement d'ailleurs avec le véhicule de de l'établissement. Euh donc euh cette question des des des fugues, elle est euh centrale.

Les enfants, ils essayaient évidemment de fuguer à tel point même que parfois euh moi je me rappelle très bien, on est en 97, le petit Pierre qui euh va euh fuir le viol de d'en surveillant euh le mercredi après-midi. Il va s'enfuir pendant la nuit avec un copain. Ils vont faire 25 km à pied et ils vont se retrouver donc à la rue Carnoapau où la maman va ouvrir et le surveillant qui l'a agressé la veille vient le rechercher et la maman le laisse repartir.

Cet enfant le jeudi, il va revenir donc le vendredi soir à la maison et le samedi, elle va faire un courrier que j'ai en ma possession en indiquant au médecin que son fils se plaint de douleur anale aigue. Le médecin ne fera pas d'examen clinique, il prescrira une simple pommade. Et la mère qui pourtant visiteuse médicale ne se rend pas compte en fait de parce que pour elle c'est une sidération.

Enfin ce qui arrive à son fils en fait, il ne lui pardonnera jamais d'ailleurs. Euh elle elle ne voit pas en fait parfois vous avez tous les éléments qui vous indiquent que bah il y a un gros souci et en fait quand vous voulez pas voir vous voyez pas. C'est pas qu'elle aime pas son fils, elle l'adore son fils.

Elle l'aime, elle me l'a dit en pleurant. Euh mais euh quand on veut pas voir, on voit pas. C'est ça qui est quand même dramatique parce que euh je je ne sais pas enfin notre société euh on dit c'était il y a 30 45 ans 60 ans.

Moi quand je vais voir Romain Cler en février avec h plaintes criminelles qui visent le surveillant de Betaram qui est actuellement en détention des plaintes criminelles que je vais déposer le lendemain au procureur de la République et le directeur actuel de Betaram me dit "Je n'ai rien à reprocher à ce surveillant et moi je veux lui lire les plins tribunels. il ne le souhaite pas, il ne veut même pas les entendre. Donc quand on dit c'était il y a 30 40 ans, bah je crois que notre responsabilité, il faut que je saisisse via l'article 40 les maires d'Igon et de Monteau, le préfet qui est alerté qui dit qu'il ne peut rien faire.

On est en grande difficulté en fait. C'est-à-dire que s'il y a pas un Allin Esquer qui se lève et qui hurle en fait auprès de la presse et c'est la presse qui va faire pression pour que ce surveillance soit suspendu, ça dit long sur les dysfonctionnements de l'État aujourd'hui en fait parce que là on parle de de il y a 30 40 ans mais aujourd'hui on a encore des choses à faire parce que il y a un trou dans la raquette. Les dispositifs d'alerte ils ne marchent pas.

La preuve, on en est à créer des pauvres pages Facebook. Enfin, c'estàd que si il y a pas des citoyens qui prennent le le le taureau par les cornes, le système il continue, il est bien huilé ça. Tout continue à tourner et et le pas de vague, il est toujours là en 2025.

Terminé l'omerta, quoi. Enfin, on est en 2025. Euh vraiment c'est un cri du cœur que que que à tout à tous vous on est dans le le berceau de la démocratie ici.

On a besoin de contrôle dans les établissements. On le demande à corri. Moi à l'époque le prêtre qui m'a le prêtre qui m'a agressé, il a été exfiltré de Cendrillon à l'époque.

Il s'est retrouvé curé à Biscaros et après curé de Biscaros, il s'est retrouvé directeur à Tartase. Et est-ce que vous croyez ? Moi par exemple dans dans le le la récolte entre guillemets des des euh témoignages pardon, j'ai aucun j'ai aucune personne j'ai aucun paroissien de Biscos qui m'a parlé hein ni aucun élève de tartasse dans dans toutes les victimes.

On est la face, faut pas croire, il faut pas croire et ce qui est enfin absolument impensable pour nous mais et impensable encore une fois c'est que qu'on veuille défendre l'église. Mais mais l'église très honnêtement voilà encore une fois moi je connais des victimes et ils vont toujours à la messe. Donc voilà, je voulais vous remercier à tous pour vos questions toutes très pertinentes et particulièrement celle de madame Melkior qui me permet de revenir un petit peu sur le de répondre à toutes les autres questions et de revenir sur le système euh qui s'est mis en place effectivement euh couvert par l'église.

Je pense pas que ce soit elle qui l'ai conçu mais par le père L qui a été le le le directeur de ce collège. Alors le père L, il était né à Ma22, donc il a connu la montée du nazisme. Alors s'en est-il inspiré, je ne sais pas pour accoucher de son de sa nouvelle méthode pédagogique qui n'avait rien de révolutionnaire qui s'appelait la pédoplégie là l'éducation par les coûts euh voilà était secondé par un homonier euh qui lui était un un un militant de du Front de libération de la Bretagne et en cours de catéchisme nous euh nous parlait de de de la grande du 3e rage et de la de sa nostalgie pour pour la grande Allemagne nazie.

Voilà, donc ça situe déjà un peu le débat et je pense que a-t-il vendu ce concept ? Je ne pense pas quand même ce serait gros au diocèse mais en tout cas il l'a mis il l'a mis en place et je dirais attiré par l'argent je pense parce que ce collège a eu du succès très vite voilà parce qu'on y é mettait des gens qui n'arrivaient pas à travailler ailleurs et à l'époque c'était en 60 moi j' étais en 778 jusqu'en jusqu'en 79 euh il fallait avoir le brevet voilà c'était le le Bepc alors certains c'était mon cas venaient de la bourgeoisie et moi j'étais voilà sur sur un truc un peu un peu difficile et mon père voulait absolument que j'ai mon bac donc il fallait me redresser d'autres il fallait avoir le concours de l'arsenal parce que c'était l'avoir rêvé pour pour Brest pour les gens qui voulaient être un peu un peu ouvriers mais il fallait avoir le brevet donc il a il a pris il a pris les gens qui sortaient qui sortaient du bac éventuellement un ou 2 ans d'université qui ont adhéré à ces méthodes et voilà consciencieusement méticuleusement Ils ont massacré toute une population de d'innocents. Voilà, je vais me permettre de vous faire passer.

Voilà, on nous appelait euh les enfants difficiles, voir des primos délinquants. Voilà les primaux délinquants de 4e. [Musique] Voilà le corps professoral.

Vous imaginez que cela donne des coups à cela toute la journée et on était pas des primos délinquant parce qu'aujourd'hui tout remonte sur le fil et on s'aperçoit en échange sur nos vies, sur nos familles, sur l'après qui effectivement était extrêmement dur. Moi pas tout de suite mais quand j'ai enfin eu mon bac et que tout ça s'est arrêté, j'ai perdu 16 kg. J'ai fait une anorexie mentale.

J'ai toujours pas bon, j'ai un peu regrossi mais mais pas beaucoup. Euh j'ai eu des problèmes sentimentaux. Euh j'ai eu des problèmes de de confiance en moi, de mes estimes.

Ça n'en finit pas. Euh et euh je pensais avoir réglé le problème de la violence de mon père parce que moi j'étais cumulard, je me prenais des coups là-bas et le soir me fait mon père me faisait travailler, je m'en reprenais et des grosses. Euh mon père n'a jamais voulu s'excuser, il n'a jamais voulu le justifier non plus.

C'était l'époque. Voilà. Et puis je pense qu'il avait peur.

Il avait peur que son son fils de grand bourgeois n'arrive pas à à faire comme lui, comme il avait fait Sciencep à MBA à à Boston et cetera et cetera. Donc mais quand je j'étais pas guéri et depuis la le la la création de ce collectif, je sens que voilà tout est en train de se vider. Il me restait ça pour être sec.

Alors maintenant, peut-être à 61 ans et peut-être pouvoir réussir à à vivre ma vie convenablement et et en et en levant la tête. ce qu'on ce qu'on se rend compte dans le cas de garison, mais je pense qu'on peut retrouver ça ailleurs, c'est que les recrutements, contrairement à l'éducation nationale où il y a où il y a des concours, où il y a des recrutements qui sont soit régionaux, soit nationaux, les recrutements sont faits en en micro local et par copinage. Donc souvent des gens sont recrutés parce qu'ils habitent dans un village voisin. que ces gens-là n'auraient peut-être pas d'opportunité d'emploi s'il n'y avait pas garaison et que donc ils s'y trouvent bien, ils y restent, ils s'incrustent et on a beaucoup de gens qui sont restés comme ça 30 ans 40 ans.

On a on a actuellement un surveillant qui est encore vivant qui a commencé dans les années 60 que les les les élèves ont surnommé le crabe parce qu'il avait pour habitude de soulever les élèves du sol par les joues. Et donc ce monsieur alors qu'il a plus de 80 ans donc soi-disant il n'y a plus aucune violence à guérison continue à fréquenter l'établissement et également à des responsabilités religieuses. Donc il y a tout ce système où tout le monde se tient et donc c'est je crois tout ce système qu'il faudrait remettre en question en imposant d'autres règles de recrutement que ces recrutements par copinage.

Il y a il y a il y a quand même moi ce qui nous ce qui nous unit tous quand même, c'est le manque de courage de ceux qui ont vu et qui n'ont rien fait. Il y a eu un manque de courage des adultes. Alors il y avait les bourreaux mais j'en veux presque plus à ceux qui étaient là qui avaient des responsabilités et qui ont vu.

Quand les villageois voyaient les gosses avec des croix au mircurochrome sur la tête et qu'ils n'ont rien fait. quand les les autres professeurs de l'école voyaient les vitres euh peintes, quand on voyait les les gamines défenestrées, euh voilà, tous on on peut tous, il y a eu des gens qui n'avaient absolument aucun courage. Quand une maîtresse de CM1, on nous dit, elle était élue du comité d'entreprise, tout le monde avait peur d'elle, même les adultes.

Donc deux directeurs successifs l'ont couverte alors qu'elle sadisait ses élèves. Comment est-ce qu'aujourd'hui moi j'ai 42 ans aujourd'hui, si j'entendais parler de quelqu'un qui fait comme ça, je n'aurais pas peur d'aller voir la police. Alors, je ne sais pas pourquoi c'était une génération tout le monde avait peur de tout le monde, mais il faut que ça cesse et et encore une fois, ça n'était pas normal, même à cette époque- là.

Voilà donc pour ces témoignages particulièrement forts recueillis par la commission d'enquête, on a le plaisir d'accueillir sur LCP ce matin les deux corpporteurs de cette commission d'enquête. Violette Speedboot, bonjour. Bonjour, vous êtes député ensemble pour la République du Nord, Paul Vanier, vous êtes député la France insoumise du Valdoise.

Bonjour à vous également, je le disais, vous êtes donc les deux corpporteurs de cette commission, cette audition particulièrement poignante. Violette Spielboot, est-ce que vous vous attendiez à la force de tel témoignage ? Nous avions voulu que les victimes soient les premières à être entendu par notre commission d'enquête.

C'était extrêmement important pour Paul Vanier et moi-même que ce soit cette parole, cette force à la fois de l'émotion mais aussi d'une souffrance qui est encore aujourd'hui très actuelle qui soit prise en compte pour l'ensemble des travaux qui allaient suivre. Et je ne le regrette pas parce que même si ça a été extrêmement violent, on peut le dire, on connaissait l'histoire de Betaram, moi je connaissais celle de Riomont. On en a entendu beaucoup d'autres.

Ça nous a aussi renforcé dans la conviction de l'utilité de cette commission d'enquête et sur le haut niveau de responsabilité que nous avons. Et Paul Vanier, des témoignages, vous continuez à en recevoir. Vous avez fait vous plusieurs signalements aussi à la justice.

Je crois qu'à qu'à ce jour, nous avons adressé Violette Spielboot, Fatia Kelawesi et moi-même près de 45 signalements des procureurs de la République partout en France. Parce que oui, depuis les débuts des travaux de cette commission d'enquête, nous n'avons jamais cessé d'être interpellé par des victimes qui parfois nous attendaient lors de nos déplacement sur le terrain, ayant la connaissance de notre présence, se déplaçant pour nous trouver et qui sinon nous ont nous ont écrit, nous ont adressé des courriers, des mails pour nous raconter les faits dont ils ont été les victimes et notre responsabilité en effet tout de suite maintenant sans attendre le rendu de notre rapport, c'est c'est d'agir, de saisir la justice parce parce que c'est à elle là de faire le travail d'identifier les agresseurs et espérons-le de de les condamner. On entend dans ces témoignages très fort notamment on ne nous aurait pas cru en fait à l'époque on ne disait rien parce que chez moi dans ma famille on m'aurait pas cru et puis dans l'établissement si j'avais parlé et bien les violences auraient redoublé.

C'est ça un peu aussi cette mécanique du silence. Comment un silence a pu se créer autour de ces établissements ? et je vous vois un peu au chier de la tête, il y en a qui disent aussi que tout le monde savait tout hein, on a des témoignages différents.

Je crois que le plus grave c'est le silence institutionnel. C'est la chaîne des responsabilités qui ne s'est pas mise en route après des premières alertes, après des premiers signalements. Parce que lorsqu'on regarde les grands sujets systémiques comme Betaram, comme Riomont, comme Ustarix, comme les lycées et collèges de la Bretagne qui ont été aussi très touchés, très souvent on retrouve à la fois dans les documents des lettres de parents, des plaintes classées sans suite, des alertes d'enseignants ou d'enseignantes qui ont été forces contre leur direction pour dire il faut que cela cesse.

Et même des articles dans la presse locale. Ils sont très nombreux. Donc je crois que cette commission d'enquête qui s'attache aux modalités de contrôle de l'État, c'est bien de voir quand il y a ces premiers signalement, quand il y a une libération de la parole si courageuse qu'elle soit, comment se fait-il qu'ensuite il y a eu tant de silence ?

Il y a aussi des témoignages particulièrement marquants. En fait, chacun pense qu'il est seul à vivre dans cette violence. Après, quand on recherche dans les souvenirs, on s'aperçoit qu'on se rend bien compte que d'autres élèves également, mais c'est un peu un isolement.

C'est ça aussi qui a été créé autour de chaque victime pour l'empêcher de parler. Paul Vanier ? Oui, bien sûr.

Mais il y a aussi des des moments qui moi m'ont marqué de de témoignag de de fraternité, de solidarité de ces victimes, de ces enfants qui cherchaient à se protéger des agresseurs qui détruisaient leur vie. Et c'est aussi peut-être ça qu'il faut retenir, c'est qu'il y a des ressources dans la personne humaine pour faire face aussi à ce type de violence. Mais vous avez raison de dire que l'omerta est forte, que les victimes, c'est un un des enseignements de cette commission d'enquête, beaucoup déjà l'avaient constaté, les victimes ne parle pas, ne peuvent pas parler, les enfants plus encore.

Mais justement, Phil Spelbout a raison de revenir à l'objet de notre commission d'enquête. Elle porte sur les modalités de contrôle par l'État. Et donc ce qui nous intéresse nous, c'est la responsabilité des adultes et en particulier de ceux à qui la société confie la responsabilité de veiller à la sécurité des enfants autour d'eux.

Il faut des capteurs, il faut des procédures de signalement, il faut des systèmes d'alerte et parfois oui, les alertes ont été sonnées mais au niveau du dessus, parfois jusqu'au plus haut niveau de l'État, jusque à la tête du ministère de l'éducation nationale, ce sera l'enjeu de l'audition de cet après-midi. Il n'y a pas eu la réaction à la hauteur des alertes qui étaient parfois passées. Encore un tout petit mot sur ce décryptage.

On entend aussi parfois le mot de système. tout un système, c'est-à-dire à la fois et bien un système qui est généralisé dans un établissement avec des adultes qui savent, qui se couvrent, mais aussi un système peut-être au niveau du village, de la ville, tout le monde est plus ou moins au courant, tout le monde ferme un peu les yeux. Est-ce que les gens à l'époque n'avaient pas conscience de la gravité de ce qui se passait ou de toute façon, on préfère ne pas savoir ?

Violette Spielbout, il me semble que dans les affaires qu'on a étudié, il y avait d'abord le sujet des écoles privées dans lesquelles les prêtres étaient enseignants et il y a le sujet finalement plus global des violences physiques et sexuelles dans l'église qui ont été l'objet de rapport extrêmement important de commission de réparation de l'église. Et c'est cela qui est dénoncé fortement comme un système d'adultes, en particulier des hommes souvent très forts, très imposants et qui lieci à l'humiliation, la souffrance et les violences, ce qui est complètement inacceptable et qui de cette façon-là existe moins aujourd'hui puisqu'il n'y a quasiment plus de prêtres enseignants, même s'il y a encore des violences systémiques dans des établissements y compris publics mais qui sont plus liés à un adulte qui a une perversion qui abuse d'enfant et qui le fait de façon répétée pendant des années sans que autour ça bouge. Et puis le deuxième sujet, c'est le sujet effectivement des adultes et des responsables autour de cela qui parfois, je parlerai pas d'entraide mais qui parfois pour des intérêts de préserver la réputation de d'un établissement, un intérêt aussi parce que les parents sont des notables dans la commune, la ville ou le village finalement vont minimiser les plaintes et les alertes, voire même vont se dire c'était des enfants un peu turbulents, il fallait les faire filer droit.

C'est une excuse qui n'est pas entendable pour aucune des victimes qui a souffert et qui souffre encore mais c'est parce que c'est ce que beaucoup de victimes disent aussi qu'en fait les parents, il y a la responsabilité peut-être des parents, on les mettait dans ces établissements-là pour qu'il fil droit si tu passages tu iras à Betaram c'est des ou dans d'autres établissements. Est-ce que ces parents aujourd'hui, on voit des témoignages, des parents qui s'excusent, des parents qui disent qu'ils n'avaient pas conscience de la gravité des violences, mais effectivement, est-ce que les parents savaient en envoyant les enfants dans ces établissements là qu'il y régnait un climat de violence physique ? Paul Vanier, c'est difficile à dire entre une conception de la discipline qui peut être vue par certaines familles comme comme positive et qui peut conduire à faire le choix d'envoyer son enfant dans cet établissement et la réalité des violences qui parfois confine à la à des ses vis à des tortures.

Je crois qu'il il y a un écart très grand et là sans doute qu'aucun parent n'accepterait de de mettre son enfant dans un établissement comme celui-là. La question des des parents, bon, elle est bien sûr importante, mais encore une fois, nous ce qu'on peut constater, beaucoup d'entre eux ont porté plainte, sont allés en justice. Euh leurs plaintes n'ont pas été instruites, il n'y a pas eu d'enquête systématiquement ouvertes, il n'y a pas eu de jugement ou quand il y en a eu, ils ont été au fond euh condamnation à une peine d'amende avec surcis pour des coûts qui ont coûté l'audition à un élève.

Je pense à Marc Lacosser, cet enfant qui a perdu l'audition à Betarab. il faut en tout cas nous nous sortirons de la sphère familiale c'est un sujet en soi c'est c'est un lieu de complexitéabilité vous les cherchez au niveau chercheur mais nous comme commission d'enquête nous sommes en effet sur le contrôle de l'action de l'État et puis peut-être un mot sur la honte et sur le la peur de l'enfant de culpabiliser ses parents. On a vu dans les témoignages des hommes qui aujourd'hui ont une soixantaine d'années et qui encore aujourd'hui ont réussi certes à témoigner auprès de nous mais se disent "Je n'aurais jamais pu en parler à mes parents parce que eux ils voulaient mon bien." Il y a bien sûr beaucoup de parents qui sous sous la couverture de quelques services physiques qui seraient relativisé au nom de la discipline n'ont pas su que ça allait beaucoup plus loin.

Parce que vous savez, je crois que c'est important de le dire, il y a pas que les violences sexuelles, l'humiliation psychologique qui a été vécue par des victimes comme celle qu'on a entendu en audition, elle est marquante pour toute une vie. Elle détruit d'une vie, elle crée de la dépression, de la dépendance et il n'y a pas que les violences sexuelles. Un système d'humiliation organisé devant ses camarades, c'est ce qui rend vulnérable pour toute une vie.

Alors, vous avez auditionné des responsables de l'Église catholique et de l'enseignement catholique. Je vous propose d'écouter ces auditions. Permettez-moi tout d'abord en préliminaire de penser euh d'abord aux personnes victimes suite à révélation de de BRAM de nombreux témoignages afflu relatant des faits particulièrement graves de violence physique allant jusqu'à certains sadismes même de violence sexuelle allant jusqu'au viol.

Je veux redire ici euh toute notre compassion, toute notre volonté de d'écouter, d'entendre la vérité, d'entendre ces victimes qui n'ont pas pu souvent s'exprimer quand elles étaient plus jeunes, de les reconnaître dans ce qu'elles ont subi parce que on a trahi quelque part la promesse qu'on avait faite à ces jeunes, à leur famille de les aider à se construire humainement et dans toutes leurs dimensions. Et au lieu de cela, nous les avons détruits, marqués à vie par des sévices inacceptables. Donc, nous sommes déterminés à tout mettre en œuvre pour que plus jamais de tels actes puissent se produire.

Les faits révélés à Betaram nous mettent devant tout un pan qui est celui des internats qui sans doute n'a pas été n'a pas été suffisamment identifié et qui qui mérite effectivement un un traitement particulier aussi bien pour le passé pour permettre à ceux et celles qui ont été victimes dans le passé d'être entendu et de pouvoir être accompagné aidé dans la mesure du du possible mais aussi évidemment pour le présent et le et et le futur de manière à ce que les situations qu'on a décrites ne ne se ne se reproduisent plus. Veut dire que pour ma part, j'étais stupéfait de découvrir que des violences comme celles de Betaram puissent avoir existen 92 94 95. Être d'ailleurs signé de la justice sans susciter de réaction, c'est pour moi comme citoyen français un motif de grande interrogation.

Quelle réaction vous avez eu Paul Vanier ? On voit quand même une prise de conscience, un petit début de Mais à coule pas, mais on entend aussi bah c'est l'État qui devait contrôler. Qu'est-ce que ça dit aujourd'hui de la prise de conscience de l'Église catholique ?

Et à la fois, en effet, un changement dans le discours euh très important, hein, quand on le le ramène à un temps plus long devant notre commission d'enquête dans le moment de pression, hein, pour les responsables de l'enseignement catholique que constituent ces auditions, que constituent aussi la libération de la parole des victimes. Mais je veux dire que s'il y a eu tant de victimes à Betaram, à Riomont dans trop d'établissements, c'est notamment parce que le contrôle a été absent ou défaillant. Et si le contrôle a été inexistant pendant des décennies dans les établissements privés sous contrat catholique en particulier, c'est parce que dans la coulisse les les les personnes que que nous venons d'entendre là ont agi pour empêcher les contrôles, pour s'opposer de toutes leurs forces à ces contrôles.

Nous avons révélé lors de l'audition du secrétaire général à l'enseignement catholique un courrier qu'il adressait en novembre 2024, donc très récemment encore, au ministère de l'éducation nationale pour contester très vivement, très vigoureusement un guide du contrôle des établissements privés sous contrat qui était alors en cours d'élaboration. Trop de suspicion en fait contre les établissement. considéré que des entiers du contrôle, notamment ceux des internats étaient illégitimes et ne devait pas intervenir.

Et je crois que il y a là une responsabilité très grave de l'enseignement catholique, mais aussi je veux le dire des ministres de l'éducation nationale qui ont accepté ce dialogue dans la coulisse qui n'est prévu en principe par aucun texte avec ce qui s'apparente le secrétariat général à l'enseignement catholique à une sorte de lobby et là il y a donc des responsabilités à questionner. C'est ce que nous allons continuer à faire justement Violette Pilbout sur cette question, cette spécificité aussi de l'enseignement catholique, on le voit dans les déclarations des victimes, très peu de contrôle puisque il y avait comme dit Paul Vanier, une espèce d'entente entre les ministres de l'éducation nationale et l'église en disant "On va pas trop chercher les problèmes, on va pas trop contrôler ces établissements." Oui.

Je je partage l'analyse de Paul Vanier sur le passé et je dirais que depuis novembre 2024, cette fameuse lettre et depuis le début de cette commission d'enquête au mois de février 2025 que de chemin parcourus avec l'enseignement catholique, avec la conférence des évêques de France lorsqu'on le voit le contenu des auditions, lorsqu'on entend les parents d'élèves, des appels, ces associations de parents d'élèves dans l'enseignement privé, lorsqu'on a les témoignages aujourd'hui qui nous arrivent sur ce qui est en train de changer, La force de la commission d'enquête, c'est que déjà avant même qu'un rapport ne soit rendu, il y a une mobilisation très forte, une mobilisation sur tous les territoires. Je pense les directeurs diocésin prennent contact avec les Daenes avec qui ils ont des relations pédagogiques habituellement sur ce sujet des violences. Il y a le 2 mai euh 2 mai dernier, il y a quelques semaines, euh une annonce d'une campagne stop violence faite par le nouveau secrétaire général à l'enseignement catholique.

Donc moi, je je vois vers l'avenir et je me dis que ça bouge énormément. Euh à Lille, je rencontrerai le directeur de Diosés qui m'a demandé rendez-vous. On sent que cette honte sur l'effet passé fait beaucoup bouger aujourd'hui et pour demain.

Alors, on s'est interrogé sur ce qui s'est passé. On va se demander aussi dans le futur comment et bien éviter de nouvelles affaires. Je vous propose de retrouver Didier Vincon qui a été élève au collège Saint-Pierre à Relèc Keron dans le Finistère.

On a entendu votre témoignage parmi les collectifs de victimes. Didier Vinon, aujourd'hui, qu'est-ce que vous attendez comme solution de cette commission d'enquête ? La question vous est parfois posée.

En quel contrôle aurait-il fait aurait-il fallu mettre en place ? Qu'est-ce que vous attendez des pouvoirs publics ? Euh écoutez, bonjour.

Euh déjà, je voudrais commencer par remercier madame Speedbou, monsieur Vanier et madame Cal du du travail de fond qu'ils ont salutaire qu'ils ont mis en place depuis depuis des semaines, des mois même maintenant. Euh moi c'était quasiment ma première euh ma première réunion pour cette cause, la l'audition du 20 mars. Euh je connaissais pas trop le dossier, maintenant je connais un peu mieux.

Euh voilà, moi j'ai pas de pour l'audition d'aujourd'hui, j'ai pas véritablement de de demande particulière. On verra ce qui ce qui va se passer. Voilà, j'ai j'ai mon opinion sur la sur la question et sur la réalité ou non des euh euh des déclarations de monsieur monsieur Berou quant à la à son ignorance de ce qui se passait à Betaram.

Mais au-delà de ça, et je voudrais pas que ça devienne justement que cette cause devienne un quelque chose de de devienne l'affaire Bérou. Donc moi je ce qu'on veut surtout euh c'est que les pouvoirs publics qui à mon avis alors effectivement il y a c'est ce que j'avais dit à l'assemblée, il y a vraiment il y a vraiment une espèce de euh dans le sous-texte quelque chose qui dit bah voilà chacun chez soi et des moutons seront bien gardés et pour vivre heureux vivons cachés. C'est ce que c'est ce que depuis les manifestations de la loi Savarie, je crois, l'État a fait par rapport à à l'église, à l'enseignement catholique en particulier.

Donc ça, il faudrait vraiment que le que l'État reprenne le manche des contrôles et des contrôles et des contrôles quoi qu'on dise monsieur monsieur de l'homme qui ne voulait pas qu'on qui avait des grosses réticences quand on au contrôle de la vie scolaire, ben il faut qu'on la contrôle la vie scolaire, faut qu'on la contrôle régulièrement et inopinément. D'autant que moi qui suis allé maintenant, qui connaît un peu mieux les les arcanes de l'église, c'est organisé en plusieurs îs. Voilà.

Et il faut savoir que la conférence des évêques de France qui est pleine de bonne volonté, moi j'ai été à leur à leur conférence de victime, l'enseignement catholique n'était pas représenté. Il ne les avait pas invités. Voilà, il y a eu quatre euh depuis que ça a été mis en place, il y a eu quatre réunions de la conférence des évêques de France sur ces problématique des des violences et et les quatre dans ces quatre réunions, l'enseignement catholique n'était pas représenté.

Comment peut-on régler un problème systémique avec le principal coupable présumé ? Enfin, je veux dire 80 % des des violences répertoriées viennent de l'enseignement catholique. Le reste étant bah des association, les scoutes, ce qu'on veut.

Mais l'enseignement catholique est quand même l'organisation majeure. Donc pas de séparation de l'église et de l'État. Dans ces cas-là, faut vraiment que l'État aille chercher dans tous les établissements scolaires, catholiques ou non, ce qu'il s'y passe.

C'est des contrôles. Exactement. Euh et puis euh voilà.

Alors, chacun a a tendance à lutter un petit peu pour sa pour sa paroisse. Nous, la nôtre, c'est des violences physiques euh et psychologiques. Et rien n'est mis en place pour ça.

Et même le nom euh enfin le nom médiatique de cette nouvelle vague qui s'appelle le le mitou, le mitou de l'enseignement catholique. Non, enfin, je veux dire le mitou, c'est pas assez inclusif. Il a Est-ce que Mou ça quand même derrière ?

Ben voilà, c'est Weinstein, c'est c'est de par Dieu, c'est tout ce qui sort sur ces violences sexuelles et abus sexuels qui sont horribles. Mais la plupart et même avec la plupart des violences sont physiques, des la torture. Euh monsieur monsieur Vanier, madame Scudbou, vous avez dans votre boîte email euh je vous l'ai envoyé à quelques temps mais je me doute que vous pouvez être submergé une étude que j'ai faite parce qu'on a pas de statistique vous sous les sur les conséquences des violences. répéter sur de jeunes enfants.

Moi, je les ai, j'ai j'ai fait un questionnaire, j'ai des statistiques, je vous les ai envoyé, vous avez de beaux graphiques sur l'isolement social, l'évitement social, les conduites à risque, euh tout ce qui fait des parcours ratés, des parcours de vie ratés ou compliqués et des gens qui malgré des réussites sociales s'en veulent, euh ne se font pas confiance, n'ont pas confiance en eux, n'ont pas confiance aux autres. Euh voilà, tout ça c'est les je voudrais aussi les violences physiques, c'est 6 ans de prescription interpeller sur les conséquences aussi de tout. Voilà, il faud il faudrait vraiment aussi euh travailler sur la prescription parce que la pour tomber dans la barbarie qui est prescrite à 30 ans, faut vraiment y aller.

Nous, je pense qu'il y a des il y a des serfas qui relèveraient de la barbarie chez nous. Il y en a beaucoup mais voilà donc il faut il faut continuer ce travail. Mais merci beaucoup.

Voilà. Merci beaucoup Didier Vincon, merci pour cette interpellation. On a bien vu que vous attendiez des solutions, des contrôles, une réflexion sur la prescription aussi.

Ça c'est envisageable. Violette Spelbout. Ce sont bien sûr des réflexions que nous avons.

Nous discutons des propositions qui sortiront de ce rapport de commission d'enquête. Euh et puis peut-être dire à à monsieur Vincon qui nous l'avons entendu et nous avons lu euh son étude euh quand je parlais des humiliations euh des violences physiques, de la torture qu'on a vu euh dans plusieurs établissements euh c'est que nous n'oublions pas euh ces victimes et euh effectivement comme il le dit, je crois qu'il ne faut pas se limiter aux violences sexuelles parce que humilier un enfant devant toute sa classe parce qu'il a une mauvaise note, le faire de façon délibérée pour rabaisser le jeune enfant enfant qui demain sera un adolescent et un adulte, c'est l'handicapé pour toute sa vie et ça fait aussi partie de ce travail de la commission d'enquête et beaucoup d'attente donc des victimes. On va revenir maintenant sur l'audition à 17h de François Bairou.

On la suivra évidemment direct en intégralité sur LCP. Un mot sur aussi votre duo Paul Vanier, vous êtes insoumis, proche de Jean-Luc Mélenchon, Violette Spielbood, vous vous êtes du bloc central, vous travaillez toujours ensemble en harmonie, on peut dire un duo un peu improbable Paul Vanier mais pour l'instant vous êtes parfaitement aligné. travaille en parfaite confiance et d'abord je crois on travaille tout simplement on travaille il y a beaucoup de travail pour cette commission d'enquête et moi j'ai la chance de découvrir Vulette Pitbot que je ne connaissais pas avant avant d'être rapporteur avec elle et nous sommes tous les deux entièrement consacrés à la tâche avec un sentiment oui de très très grande responsabilité et avec la volonté d'investiguer dans toutes les directions sans a priori d'être à la hauteur des attentes des victimes de la société de produire un rapport, de formuler des préconisations et peut-être demain comme nous sommes législateurs, d'aller jusqu'à peut-être une proposition de loi pour révolutionner les conditions du contrôle, protéger tous les enfants, empêcher d'autres BRAM.

C'est avec ça que nous travaillons quotidiennement, Violette Spelboot et moi-même depuis 2 mois maintenant. Violette Spielboû, vous allez auditionner François Bairou tout à l'heure. Vous êtes pas dans la même position que Paul Vanier.

Paul Vanier, il est dans l'opposition. peut dire que c'est peut-être plus facile pour lui. Vous vous êtes c'est compliqué d'auditionner, de mettre en difficulté peut-être le premier ministre alors que vous faites partie de son camp.

En tant que parlementaire, parlementaire intègre, sérieuse, engagée dans cette mission de la commission d'enquête, j'estime que j'ai la même position que Paul Vanier, celle des pouvoirs que nous confèrent la Constitution française qui est de contrôler le gouvernement et de pouvoir entendre sous dans le cadre d'une commission d'enquête toutes les responsabilités lorsqu'elles ont été mises en cause, notamment sur des violences faites aux enfants. Donc bien sûr, il y a une pression qui est médiatique, qui est assez indirecte d'ailleurs. Peut être politique aussi puisque certains dans j'ai vraiment la confiance de mes collègues parce qu'il voi le travail sérieux que nous faisons.

Nous savons mettre de côté nos différences politiques qui sont profondes en l'honneur, en hommage à des victimes qui ont souffert, qui souffrent aujourd'hui, qui parfois se sont suicidés. C'est ça fait partie des témoignages que nous avons deux par an. Et en l'honneur de cette souffrance qui est si massive dans ce qui est arrivé, et bien je crois que mettre ces différences de côté et garder toute l'intégrité dans les questionnements qui seront posés aux différents ministres.

Il y a il y a François Baï mais demain il y a Papendia, Jean-Michel Blanquer, Nicole Bélobé. Nous continuons ce travail comme nous l'avons commencé depuis février. Et on le rappelle Paul Vanier, c'est vous qui dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale lors de la séance de question gouvernement en février dernier avait interpellé le premier ministre.

Suite aux révélations de Miaapart, on écoute cet échange dans l'hémicycle. Les accusateurs disent ils ne pouvaient pas ignorer. Alors, j'affirme que j'ai évidemment je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence ou de violence à force sexuelle.

Jamais. Et j'ai deux preuves pour cela. La première de ces preuves, c'est que lorsque la première plainte est déposée, j'ai quitté déjà le ministère de l'éducation nationale depuis des mois puisque c'est en décembre 97 et 98 et que j'ai quitté le ministère en mai 97.

Et donc de ce point de vue-là, c'est une preuve. Et puis il y a une autre preuve peut-être de autour de laquelle nous pourrions nous faire crédit. Est-ce que vous croyez que nous aurions scolarisé nos enfants dans des établissements dont il aurait été soupçonné ou affirmé qu'il se passe des choses de cet ordre ?

Je peux vous assurer que tout est faux et que une plainte en diffamation sera évidemment portée. La plainte n'a pas été portée. On voit que François Baou a changé après un petit peu ses explications.

Paul Vanier, pour vous, est-ce qu'il a menti ? Est-ce que vous en êtes sûr ? Est-ce que vous allez lui donner le bénéfice du doute tout à l'heure quand vous allez l'auditionner ?

J'irai à cette audition sans a priori avec des questions précises factuelles en attendant des des réponses précises et factuelles de la part du premier ministre. Mais au fond, nous savons que François Baou a déjà menti ce jour-là devant l'Assemblée nationale. Il ment.

Tout à l'heure, François Baou aura la possibilité de sortir de ce registre du mensonge, de la dénégation, de la contradiction pour assumer l'épreuve de vérité qui sera républicaine, qui sera démocratique. Il aura une totale liberté de parole François Baou. et nous serons nous exigeants parce que l'enjeu pour nous au-delà de la valeur de la parole du premier ministre qui sera scruté, qui sera examiné à l'occasion de cet échange, c'est d'identifier des défaillances dans les mécanismes de contrôle par l'État.

Et dans ces années 90 si importantes concernant l'établissement Betaram, si François Bairrou qui était ministre de l'éducation nationale, président du conseil général avait agi et bien des dizaines et des dizaines de vies, des centaines de vies d'enfants auraient pu être protégé. C'est ça la grande question, la grave question que nous lui que nous lui poserons encore une fois sur la base de faits, sur la base des auditions sous qui se sont déjà passé et puis sur la base des documents que nous avons saisis à l'occasion de nos contrôles sur place et sur pièce. Violette Speedboot, est-ce que vous vous pensez qu'il a menti ou est-ce que vous pensez qu'il y a eu voilà des maladresses peut-être ?

Parce qu'on voit qu'après il a pu préciser aussi au niveau de la chronologie, au niveau des violences desquelles on parlait, physique ou sexuelle, est-ce que pour vous le premier ministre a menti ? Il y a effectivement dans les réponses de François Baïou à différents moments à l'Assemblée nationale lorsqu'il a rencontré les victimes il y a quelques semaines des variations dans ses explications. On peut peut-être l'expliquer par le contexte qui à chaque fois est extrêmement difficile émotionnel.

Moi, je ne tire pas de conclusion. A priori cette audition elle est importante, elle est sousment. Je remarque que le Premier ministre ne se dérobe pas et qu'il souhaite apporter des éléments de preuve.

Ça sera certainement donc une une audition avec des questions de notre part très précises et des réponses et des documents que le Premier ministre actuel souhaitera nous apporter. Euh moi, je considère que il faut prendre un peu de recul. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé aussi avec Paul Vanier en sortant de cette audition de prendre le temps de travailler à deux pour l'analyser, pour en tirer les premiers enseignements et de ne pas se précipiter.

Après, je crois que c'est important pour les Français, moi je reçois beaucoup de messages ce matin, que nous gardions à l'esprit finalement la façon dont nous travaillons depuis le début de la commission d'enquête avec tous, c'est-à-dire rigueur, intégrité, questionnement très précis. Et alors justement Paul Vanier parce que vous savez que chez les proches de François Baou vous êtes en croisade contre lui que finalement les victimes c'est pas ça qui vous intéresse. Ce que vous voulez juste c'est faire tomber le premier ministre.

Est-ce que il y a aussi un combat peut-être politique qu'on va voir tout à l'heure lors de l'édition de François Baou ? Vous vous l'avez dit, je suis un député d'opposition, j'ai déjà appelé François Bairrou à démissionner lors des questions gouvernement constatant ces mensonges. Mais là, le rôle qui est le mien aujourd'hui, c'est celui de rapporteur d'une commission d'enquête parlementaire.

Moi, je travaille pour mettre à disposition de mes collègues membres de la commission d'enquête, de l'ensemble des députés, des éléments et ensuite ces éléments, n'en doutons pas, seront analysés, traités par les groupes politiques, par l'ensemble des parlementaires qui choisiront ou non de prendre une série d'initiatives qui leur paraîtront nécessaires après l'audition de François Baï. Mais ce que je veux dire, je veux dire avec colère ceux qui se qui s'adonnent à ces à ces attaques très politiciennes qui portent au fond qui vise à remettre en cause le principe même parfois de notre commission de l'enquête. Moi, je trouve dramatique que ces attaques entretiennent la silenciation de la parole des victimes, que ces attaques, elles témoigne au fond que l'omerta règne toujours, que certains veulent la faire vivre et j'assume oui parfaitement de combattre cette tentative de mettre de côté le fond du sujet parce que si aujourd'hui la tension est si grande autour de l'audition de François Bairrou, c'est à cause de François Bairrou.

C'est parce que le Premier ministre jusqu'ici n'a pas répondu de façon satisfaisante aux députés, aux victimes, aux journalistes qui l'interrogaient et qu'il a créé cette très grande attente parce qu'un doute très profond existe autour de sa parole aujourd'hui. Sur ce doute, Violette Spielbout, qu'est-ce que vous souhaitez euh lever ? Puisque François Beou l'a redit en 96, il avait été au courant donc de la gifle qui avait conduit un élève, donc à perdre 40 % de son audition mais qui a eu il a demandé une inspection.

En 98, on a ces déclarations avec le juge. Quelle question précise vous ? Sur quel point vous souhaitez des éclaircissements de la part du premier ministre ?

On le sait, l'affaire est compliquée, il y a plein de d'interlocuteurs, mais qu'est-ce que vous allez lui demander très concrètement ? Écoutez, on a préparé avec Paul Vanier, avec aussi euh les administrateurs qui nous accompagnent, c'est toute une équipe de cette commission d'enquête avec Fatia Kalwaashi présidente de commission euh des questions euh qui sont organisées sur bien sûr l'inspection qui a eu lieu à Betaram, sur l'ensemble des réactions à la fois de de François Bairrou mais aussi de l'ensemble des ministres et des responsables politiques au moment de l'incarcération du père Caricar, ce violeur qui a été ensuite reconnu comme un violeur en série après les plaintes voilà qui se sont succédé et puis sur les actions aussi actuelles de François Baou comme premier ministre parce que nous avons d'autres cas en France nous avons Romont dans ma région des Haut de France le village d'enfants où il y a eu des tortures multiples et systémiques pendant des années mais nous avons aussi des défaillances du contrôle de l'État sur des établissements comme Stanislas à Paris où il y a eu des discriminations à dire la chronologie c'est pas que Betaram c'est pas je veux c'est nous avons avons décidé ensemble d'interroger un responsable politique sur ce qui est l'objet de notre commission d'enquête, les modalités du contrôle de l'État. C'est ça qui guide mon action pour euh faire en sorte de faire des propositions pour que ça n'arrive plus et pour que l'on n'it plus euh de BRAM demain dans d'autres établissements scolaires.

Qu'il soit privé, sous contrat, hors contrat ou qu'il soit même public comme nous l'avons vu euh au lycée euh Bayen à Chalon en Champagne. Paul Vanier, pour revenir plus spécifiquement sur François Baou et Betaram, Alain Esker qui est le président du collectif des victimes dit en fait il peut ne pas savoir. vrai qu'en fait à l'époque on a le sentiment que tout le monde savait sans vraiment savoir lui dit qu'il pense qu'effectivement sur les violences sexuelles notamment il est possible que François Beou n'ait pas su à l'époque où il était ministre de l'éducation.

Est-ce que vous vous le croyez aussi quand c'est les collectifs de victimes qui le disent qui écrivent un livre en disant on vient de se rendre compte aujourd'hui qu'on éétait pas seul, on vient de se rendre compte et bien de l'énormité de ce qui se passait à Betaram. Est-ce que vous pensez possible que François Baou lui-même bien n'ait pas été au courant de l'ampleur de ce qui s'y passait ? Je je le redis, je vais à cette audition sans a priori avec une chronologie à l'esprit et cette chronologie, elle nous permettra de reconstituer en effet des informations qui peut-être à telle date ont été transmises au premier ministre sur des faits de violence physique sur des faits de violence sexuelle.

Je crois que François Baïou a été informé des violences sexuelles à Betaram à partir de 1998. et nous le vérifierons. Je veux dire en réaction à ce que disait monsieur Vincent tout à l'heure, la question de la distinction entre violence physique et sexuelle, elle bien sûr il faut la faire, il faut démêler les choses, mais il y a un continuum dans les violences et c'est d'ailleurs une des une des choses que je retiens du témoignage d'Hélène Perlan, la fille du premier ministre qui dit je crois qui a révélé dans un livre avoir été elle-même agressée lors d'un camp d'été physiquement et elle dit les violences physiques, elles sont là pour cacher les violences sexuelles.

Les violences physiques, tout le monde les voit. Elle provoque un effet de sidération sur les enfants qui donc ensuite se taisent et elles sont justement là, elles sont visibles pour que les violences sexuelles puissent intervenir dans euh euh l'obscurité, dans la coulisse de façon cachée. Je je le dis parce que c'est très important de ne pas considérer qu'il y a au fond, il y aurait des violences acceptables.

Les violences physiques les violences physiques al oui à l'époque une gifle bien sûr ça se pratiquait. Non, dans les années 90, c'est puni par la loi de gifler un enfant fort heureusement. C'est évidemment puni par la loi de violer un enfant fort heureusement.

Donc moi, je ne veux pas je ne vous voilà, je dis attention à ce type de raisonnement qui consisterait à dire après tout sur les violences physiques, nous pourrions avoir une forme d'indulgence. Absolument pas. Comme si le seul sujet était celui des violences sexuelles.

Mais là aussi des questions seront posées à François Baou. François Bairrou, elle est cruciale cette audition pour lui. Si vous avez la preuve qu'il a menti ou est-ce quelle conclusion vous en tireriez euh Violette Spielboot ?

Bien, ce sera euh des conclusions euh qui seront à à tireres de façon collective au niveau de la commission d'enquête qui est euh composé euh d'une trentaines de députés euh de notre commission des affaires culturelles avec une présidente euh de commission qui a des pouvoirs euh qu'elle peut faire agir et puis il y aura euh ce que chacun des groupes politiques euh fera comme discussion autour de ces enseignements. On a une présidente de l'Assemblée nationale qui rappelle régulièrement les pouvoirs de l'Assemblée nationale, qui rappelle aussi que bien sûr mentir devant la représentation nationale, c'est un un délit pénal. En revanche, je crois qu'il faut être très attentif.

On n'est pas là pour faire le procès d'un homme. On n'est pas là pour se substituer à la justice, pour rechercher des agresseurs. On est là pour dénoncer des violences systémiques et y trouver euh les barrières qui feront qu'elles ne se reproduiront plus.

Et puis euh adresser petite aussi un message aux enseignants, à l'ensemble du monde éducatif, aux parents d'élèves euh que ils sont là aujourd'hui dans une communauté qui est là pour accompagner des enfants à grandir, à se développer en toute sécurité et euh nous avons beaucoup d'enseignants qui ont essayé d'alerter, qui sont encore aujourd'hui très inquiets sur l'OTERTA au sein de l'éducation nationale. Il n'y a pas que l'église et donc ces travaux-là devront être utiles à l'ensemble du fonctionnement de la communauté éducative. Merci beaucoup à vous deux.

Je rappelle, vous êtes les rapporteurs de la commission d'enquête 17h audition de François Baou mais ce matin vous allez rejoindre votre commission puisque il y a de très nombreuses auditions. Il y a également donc merci beaucoup Violette Spelbout, merci Paul Vanier puisque journée très chargée pour vous, merci d'être venu sur LCP. Vous avez fait aussi des déplacements.

Hélène Bonduel vous a suivi à Riomont et à Chalon en Champagne. Reportage avec Pierre Deenin et Raphaël Lisambard. Je pense qu'il faut qu'on aille vite tout de suite en arrivant en leur disant tout de suite ce qu'on veut.

Oui. Et on peut peut-être commencer par la question des archives. Oui.

Demand et de l'internat tout de suite. Archiv internat. Voilà.

En approchant du village d'enfants de Romont, les députés le savent, ils ont peu de temps pour récupérer des documents. Bonjour pardon. Bonjour monsieur médiia.

Bonjour et j'invite les journalistes qui ont déjà parlé de notre plainte en diffamation à venir. Les autres ben vous pouvez faire des images à l'extérieur. Mais le ton est donné.

La visite de l'établissement s'annonce. tendu. Alors, c'est une commission d'enquête parlementaire monsieur et donc nous sommes et moi-même les coprapporteurs de cette commission d'enquête et donc si vous voulez bien, on va rentrer perché sur une colline de Liévin dans le pas de Calais, cette école privée hors contrat tenue par des religieux catholiques traditionnalistes aurait été le théâtre de violence physique et sexuelle sur des centaines d'enfants pendant près de 60 ans.

Oui, c'est le chargé des relations presse. Ouais, il a l'air efficace. C'est dans ce lieu quasiment jamais contrôlé par l'État que Violette Spilbou et Paul Vanier vont tenter de comprendre comment ces violences et l'omerta ont pu régner si longtemps.

Dehors, le père tabourin ceinturon et Rangers au pied filtre les entrées des journalistes. Plus de 40 ans qu'il officier à Rioont. 80 % de nos anciens disent qu'ils ont été heureux ici. 10 % sont ni chaud ni froid et 10 % sont mécontents.

Voilà. Bon, faut écouter les 10 % de mes compent enfin faut pas exagérer. Peut-être dans les 10 % de mécontents qui ont reçu du jour de la fin de l'année.

Oui. Pour tu te souviens ? Tu te souviens que tu m'as mis une baffe ?

Non, c'est pas moi, c'est frè Olivier. Tu mélanges. Pardon ?

Tu mélanges avec le frè Olivier ? Non non, je ne mélange pas avec le frère Olivier. Je me souviens très bien que tu m'as mis une baffe en fin d'année un jour avant la fin de l'année scolaire pour justement parce que j'ai refusé de ramasser des feuilles mortes.

Ce jour-là, trois victimes des prêtres de l'institution reviennent sur les lieux. Avec la visite des parlementaires, ils se sentent pour la première fois entendus. On se dit que enfin peut-être les choses vont aller dans le bon sens et pouvoir aider les générations futures à ne pas suivre le même chemin que nous.

Je mesure 2 m, je suis prêt quasiment prêt à pleurer tellement ça me fait mal de revenir ici. Je pense que enfin un enfant de 9 ans qui se prend des coups de rangers, des claques, des des coups de point ou autre sévic, c'est quand même si on appelle pas ça un bourreau, un torsionnaire. Plusieurs plaintes ont été déposées, la plupart prescrites pour violence, pour agression sexuelle aussi.

Donc ça ici, tu vois ? Ouais, ça c'est les enfants ça. Ça c'est les enfants.

Ça c'est les enfants. Ouais. Après une heure de visite, les deux députés ressortent sonnés.

Je dois dire qu'il y avait comme un climat de défiance et qui peut-être nous rappelle ce qu'a pu être pour des enfants, des adolescents, une vie ici dans cette pesanteur et cette volonté vraiment d'encadrer, de faire pression sur ceux qui sont à l'intérieur de Riyaumont. Nous avons pu aussi constater euh les éléments de travaux qui avaient été réalisés par des enfants pour euh les responsables du village de Ryonumont dans le cadre éducatif. Pour les victimes, c'est une histoire de travaux forcés, de travaux nocturnes dans le froid.

Comment ces violences ont-elles pu perdurer alors que certains ont alerté ? Les réponses à ces questions, les députés vont les chercher à la préfecture du Pas de Calais. Bon ben, je crois qu'on est au complet.

On y va. Visiblement, des dysfonctionnements dans les remontées d'information. Il y en a eu un rapport de la DAS en 2001, une inspection de l'éducation nationale en 2012 et chaque fois aucun suivi.

En 2012, une inspection de l'éducation nationale qui conclut à une autorisation de fonctionner sous réserve de nombreuses nombreuses nombreuses réserves de sur l'hygiène, sur la sécurité des élèves, sur les programmes scolaires. Et pendant 2 ans, ces réserves ne sont pas levées. L'établissement continue de fonctionner et en 2014, il obtient un accord du rectorat pour fonctionner et 2012-214 c'est le même moment où commence l'enquête judiciaire pour tous les faits de violence de plainte contre des agressions physiques et sexuelles.

En 2017, nouvelle alerte. Le préfet et le recteur d'académie informent le ministère de l'éducation nationale, des courriers qui restent lettre morte. C'est finalement l'établissement lui-même qui décidera de fermer ses portes scolaires en 2019.

Il y a donc 18 mois, environ 18 mois durant lesquels ici dans le Pas de Calais, dans l'Académie de Lille, en administration déconcentrée, on attend une réponse du ministère et cette réponse ne vient pas. 18 mois, c'est long, c'est très long, c'est beaucoup trop long lorsque nous sommes confrontés à des enjeux aussi graves que ceux des violences physique et sexuelle sur des enfants. Encore aujourd'hui, Paul Vanier et moi-même recevons régulièrement des témoignages d'hommes de 70 75 ans qui osent aujourd'hui parler de ce qu'ils ont vécu à Riyaumont.

Ces dysfonctionnements, la commission d'enquête valait constaté dans un autre établissement public cette fois. À Chalon en Champagne, Marie-Pierre Jacard s'est battu pendant 2 ans 2021 pour faire écarter un professeur de lettre prédateur sexuel qui enseignait avec elle au lycée public Pierre Bayen. Alors, j'ai alerté ma proviseur qui a alerté les inspectrices.

Ensuite, on a une réunion ensemble et là, on m'a dit qu'il y avait pas de preuve, pas de plainte, qu'il y avait rien à qui avait rien à lui reprocher en fait. Donc moi, j'ai dit, je crois que c'est grave vraiment, il faut vraiment faire quelque chose et je me suis dit ça va se faire et en fait ça s'est pas fait. Non seulement il a fallu attendre 2 ans pour que la justice se saisisse du dossier, mais Marie-Pierre Jacard a dû être mutée après avoir été harcelée par sa hiérarchie.

L'enseignant mise en cause, lui s'est suicidé après sa mise en examen il y a un an et demi sans être jugé. Ça vaou on est là. T'inquiète pas.

Accompagné par un parent d'élèves, elle tenait à rencontrer les députés, espérant qu'il fasse la lumière sur les manquement de l'administration. Ça fait 23 ans que ça dure. Vous allez pas me dire que pendant 23 ans, il ne savait rien.

Un rapport de l'inspection générale de l'éducation nationale documente ses défaillances. Ce déplacement aujourd'hui illustre que des problèmes en matière de signalement de violence physique, sexuelle de la part de personnes ayant autorité sur des élèves, ces problèmes se posent aussi dans des établissements publics et notamment dans ce lycée Bayen. C'est peut-être un des effets et de ces épisodes dramatiques et de notre commission d'enquête que voir cette culture du signalement commencer à être questionné, à être répandu à tous les étages de l'éducation nationale et aussi ce travail qui doit être mené sur lequel nous avons insisté de la protection fonctionnelle des lanceurs d'alerte de la reconnaissance des victimesul jusqu'à jusqu'à Ouais ça me touche beaucoup et j'espère vraiment que ce sera que ce sera fait parce que je me dis que finalement il y a plein de gens qui n'osent pas parler avant d'être en retraite.

Je veux dire ça devrait pas arriver. Je veux dire alors oui, je suis la preuve vivante qu'on a beaucoup à perdre mais d'un autre côté on perdra jamais autant que les victimes et puis que les victimes collatérales, c'est sûr. Donc ça fait rien.

L'approviseur de l'époque a été muté. La nouvelle direction a mise en place un espace dédié pour recueillir la parole des élèves. Il était important de voir le lycée.

Ce que nous constatons, c'est que à chaque fois il y a des dysfonctionnements dans le processus de contrôle de l'État, ministère de l'éducation nationale, mais aussi ministère de la justice, parfois de la culture, des jeunesses et sports. C'est en effet un cloisonnement très fort des administrations et donc des signalements qui ne sont pas transmis de l'une à l'autre. Et c'est sans doute ça qu'il va falloir cartographier, diagnostiquer et clarifier à la fin pour que les traitements soient plus rapides, plus efficaces et qu'à la fin les enfants soient protégés.

Je vous salue d'être là devant le lycé hein. Merci merci à vous et puis on vous en prie, on suivez nos travaux, on vous informé bien sûr. Tous ces documents obtenus lors de leur déplacement sont des informations précieuses.

Les rapporteurs de la commission d'enquête s'en servent ensuite pour mener leurs auditions à l'Assemblée nationale. et bienvenue à vous si vous nous rejoignez sur LCP. Audition du Premier ministre à 17h par la commission d'enquête sur les violences scolaires, François Baou.

Face aux questions des députés. Que savaient-il des violences physiques et sexuelles à Betaram ? Réponse à 17h.

On se retrouve sur LCP en direct à partir de 16h45. On va revenir donc sur cette audition avec nos invités. Erwan Balanan, bonjour.

Députés les démocrates du Finistère. Rodrigo Arenas, bonjour. Vous êtes député la France insoumise de Paris.

Clémence Badeau, vous êtes vous journaliste, vous suivez l'affaire Betaram, vous allez en faire un documentaire et vous êtes co-autrice du livre d'Alain Esker, le silence de Bétaram. Erwan Balanan, vous soutenez le premier ministre. Est-ce qu'on peut dire qu'il joue très gros tout à l'heure que l'audition elle est capitale pour lui ?

Pour moi, c'est pas la question. Je je vais je vais peut-être être provoquant cette question, je m'en fiche. Moi cette question, la seule question qui m'intéresse c'est pourquoi pendant tant d'années des enfants n'ont pas eu la force, n'ont pas eu les moyens de parler ?

Et la deuxième question corolaire de la première, c'est que est-ce qu'aujourd'hui les enfants peuvent parler ? Souvent dit, c'est la responsabilité aussi des adultes en fait si les enfants ne parlent pas. Et parmi les adultes, il y a tous ceux qui ont des responsabilités Franç tous ceux qui ont des responsabilités.

Oui. Tous. tout le monde tout le monde de du professeur en passant par les principaux, les proviseurs, les recteurs, les politiques, tout le monde a une responsabilité.

Oui. Vous voulez pas faire une affaire Baou ? Non.

Non. Et mais il s'expliquera et et si et s'il y a des fautes, il en tirera les conséquences. Mais c'est pas notre sujet.

Moi moi ça fait depuis que je suis élu député que je travaille sur la question de l'enfance. Je suis auteur de la loi sur le harcèlement scolaire. Je je j'ai je viens de sortir d'une commission d'enquête sur les violences dans le cinéma.

J'en étais le rapporteur. Je note d'ailleurs que nous ne faisions pas un point presse et des micro tendus à chacune de nos auditions. Ça c'est un petit tacle de précéd c'est c'est une vrai un vrai sujet.

Ils disent c'est une question de transparence aussi. Mais la transparence vous l'avez de toute façon puisque toutes les auditions sont publiques sauf quand il y a des huit clos. Est-ce que est-ce forcément sur les déplacements notamment mais on l'a fait et les déplacements les faire dans la quiétude et dans la sérénité nous avons fait des déplacements nous dans cette commission d'enquête aussi.

Cette commission d'enquête, elle a été saluée par tout le monde. Ça a été 8 mois de travail, ce qui est pas le cas de la celle sur les annonces, je verrai. Mais mais aujourd'hui, j'ai le l'instrumentalisation politique pollue la réflexion de fonds que l'on doit avoir sur ce sujet.

Alors ça c'est pour vous Rodrigo Alenas notamment et la France insise et d'autres. Certains dénoncent voilà une cabale contre François Baou. J'ai pas dit ça moi.

Une croisade. J'ai pas parlé de cabane. Vous dites qu'on instrumentalise la question des enfants qui a pas de question François Baou.

Non, c'est pas ça le sujet. Il y a une question François Baou mais la question essentielle n'est pas celle-là et on est en train de passer à côté. On est en train de passer à côté de comment dans notre pays il y a pas c'était pas au c'était pas il y a 3 siècles la commission Balanan elle a auditionné des responsables de l'église des collectifs de victimes.

On peut dire aussi que l'audition de François c'est une parmi d'autres. Mais c'est je suis pas en train de je suis pas en train de faut pas la voir cette cette comm cette cette audition. Alors pas le mot d'Arwan Balanche de François Baou sur cette croisade que mènerait la France insoumise ou la gauche en général contre François Baou.

Est-ce que tout à l'heure il y a une visée politique dans cette commission d'enquête dans cette audition ou non Rodrigo Arenaste ? Ben d'abord je suis pas totalement d'accord avec ce que dit monsieur Baladans. Je pense que les victimes elles ont parlé.

La question c'est que les adultes n'ont pas agi que la parole des enfants. Il y en a certains qui ont parlé parce que il y a eu en 96 en 98 à vous Rodrigo Renas. Donc je dis je répète que que les enfants ont parlé d'ailleurs les différentes personnes qui ont été auditionnées publiquement c'est vrai ont bien expliqué que sur les situations de violence sexuelle de viol sur la sur les situations de violence physique c'est des coûts dont une perte d'audition c'est dans le journal Ouest-France aujourd'hui ce c'est ce ce père d'élèves qui porte plainte et où manifestement monsieur Baou est intervenu personnellement il y a aussi les questions de cette audition qui qui m'a glacé le sang de cette personne qui vient expliquer quand elle était enfant qui ont été chercher une élève qui s'est fait manger par les chiens.

C'est ça dont on est en train de parler. Donc les enfants ont parlé, ils ont dit. Par contre, les adultes n'ont pas écouté et je pense au regard des différentes auditions que nous avons pu suivre qu'elles ont été couvertes parce qu'il y a une institutionnalisation de la violence sur enfant.

Donc je trouve qu'on a on a la main très dure en direction des enfants mais très leste par rapport aux responsables qui couvrent et qui encourage d'une certaine façon les violences institutionnalisées sur les enfants. Ouais. Clémence Bado, vous suivez cette affaire Betaram depuis le début.

Cette audition, elle est très attendue par les victimes, elle est attendue dans les villages, dans les villes autour là où on connaît cet établissement. Pas vraiment, c'est un petit peu ambigu et je vais vous rejoindre. Évidemment, euh l'audition est entendue par les victimes et le coup de projecteur qui a été mis sur cette affaire par l'implication ou non de François Bairou nous en tout cas nous a offert en tant que journaliste une visibilité incroyable.

Euh moi, ça fait pratiquement 1 an que je travaille sur ce dossier Betaram jusqu'en février, personne ne connaissait cette affaire. Donc évidemment, depuis le 5 février euh la donne a complètement changé. Mais le revers de la médaille euh c'est que ça devient effectivement l'affaire Bairou et qu'on perd un peu euh des yeux le sujet principal qui est cette affaire Betaram. ces 60 années de violence institutionnalisée, ces 300 victimes qui ont osé parler, mais vous pouvez multiplier ce chiffre par 5, par 6, par 7, c'estes 30 agresseurs.

C'estes 30 agresseurs dont 11 sont encore en vie aujourd'hui. Donc en fait, c'est ça l'affaire Betaram et c'est pas aussi c'est aussi de savoir qui savait à l'époque qui a fait quoi et donc rechercher les responsabilités des responsabilités. Peut-être que monsieur Baïou a une part de responsabilité, ce qui reste à prouver parce que euh à l'heure d'aujourd'hui et au moment où je vous parle, il n'y a pas encore de preuve formel de l'implication de François Baïou, en tout cas au niveau judiciaire dans cette affaire.

Donc cette preuve, on la cherche tous. Nous, les journalistes depuis plusieurs mois, on l'a pas. Euh en tout cas, ce qui est sûr, c'est que sur l'échelle des responsabilités, je ne crois pas du tout qu'il se situe en haut de la pyramide.

Euh, on peut parler de la congrégation, on peut parler évidemment des prêtres qui ont tout couvert, on peut parler des professeurs qui ont été témoins des violences quotidiennes, des baffes qu'on entendait dans les couloirs. Il faut parler de tout ça. On peut parler des parents d'élèves qui ont souvent été pris à témoins et qui n'ont pas osé alerter parce qu'on ne touche pas à cette institution parce qu'il faut comprendre où on est.

On est à 15 minutes de lourde. On est dans un lieu d'apparition mariale. On est cerné par deux églises magnifiques dans un lieu qui a été fondé par un saint Saint-Michel Garik.

Donc on touche pas à cette constitution. Alors justement parce que nous ça nous parle, on suit cette affaire depuis le début, je vous propose de revenir sur la chronologie de ce qui concerne François Bairou. Retour en image.

François Bairou savait-il qu'il y avait des violences physiques et sexuelles ? Je vous propose cette chronologie résumée par Marion Becker. Tout démarre par une enquête de médiia part sur Notre-Dame de Betaram, une institution catholique dont des prêtres et des surveillants sont visés par des centaines de plaintes pour violence physique et agression sexuelle.

Le site accuse François Baou d'avoir menti en prétendant ignorer tout de l'affaire pour protéger l'institution catholique. Quelques jours plus tard, dans l'hémicycle, le Premier ministre affronte la première salve d'attaque. Monsieur le Premier ministre, pourquoi n'avez-vous pas protégé les élèves de l'école Notre-Dame de Baram victime de violence pédocriminelle ?

J'affirme que j'ai évidemment je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence ou de violence à forcerie sexuelle. Jamais. Médiapart publie de nouveaux documents et interroge alors qu'une plainte est déposée en 1996.

Comment François Baerou, à l'époque ministre de l'éducation nationale et président du conseil général des Pyrénées Atlantiques pouvait ignorer ce qui se passait à Notre Dame de Bétaram, d'autant que l'affaire est très médiatisée dans les journaux locaux. Méthodes éducatives en accusation au collège de Bétaram. Gifle sanctionné.

La direction du collège de Bettaram sort de son silence. France 3, il consacre des sujets. Jean-François Lacoste Séris a donc décidé de briser le silence et de porter plainte pour violence volontaire, traitement inhumain et dégradant.

Dans ce collège qui compte parmi ses élèves le fils du ministre de l'éducation, François Bairou, mais aussi le 20h de TF1. Une affaire de mauvais traitement sur des enfants dans un collège près de peau. Notre Dame de Betaram est réputée pour sa sévérité.

Mais il semble cette fois-ci que certains élèves aient été victimes de sévis qui vont au-delà de la simple punition. La même année, lors d'une visite officielle dans l'établissement, François Baou s'exprime pour défendre l'institution. Nombreux sont les Bernarnés qui ont ressenti ces attaques avec un sentiment douloureux et un sentiment d'injustice.

Toutes les informations que le ministre pouvait demander, il les a demandé. Toutes les vérifications ont été favorables et positives. Le reste suit son cours.

Sous la pression le 15 février dernier à PA, le Premier ministre reçoit des victimes et admet avoir su pour les claques. J'ai dit que je ne savais pas. Je savais pour cette plainte qui avait été posée sur une claque, j'ai demandé une inspection.

Cette inspection a été conduite jusqu'à son terme et pour le reste des services sexuels, je n'avais jamais entendu parler et mes enfants étaient élèves dans l'institution. Des propos encore une fois mis à mal par Media Part. En 1998, une plainte pour viol est déposée contre le directeur de Notre-Dame de Betaram.

Là encore, elle est relayée par les journaux locaux. 2 ans après l'histoire de la gifle, le collège de Betaram risque d'être secoué par un scandale encore plus grave. Un ancien élève du collège âgé aujourd'hui de 21 ans a accusé de viol l'ancien directeur.

Celui-ci a été placé en détention provisoire à Peau. Et les journalistes de Méia Part dévoilent que François Baou a rencontré de façon officieuse le juge d'instruction chargé de l'affaire à ce sujet. Ce qu'il n.

Est-ce que je suis jamais intervenu dans cette affaire comme dans d'autres affaires judiciaires ? La réponse est non. Jamais, ni de près ni de loin.

L'entrevue est pourtant confirmée par le juge et un gendarme de l'époque devant les députés de la commission d'enquête. Monsieur Meand m'attendait à la porte de son bureau et il m'a dit "Monsieur Ontant, la présentation est retardée. Le procureur général demande d'avoir le dossier.

Il y a eu une intervention de monsieur Baïou. Point. Mais aussi par la propre fille de François Baerou.

Je pense que mon père ne s'en souvient pas, mais je suis là le soir où il rentre de chez le juge Miranda. C'est sur ces contradictions que le Premier ministre va être interrogé par les députés de la commission d'enquête. Retour donc en plateau Erwan Balanan sur les premières déclarations de François Bairou à l'Assemblée nationale.

La première fois qu'il est interpellé, il dit qu'il n'était au courant d'aucune violence à force sexuelle. On voit bien qu'ensuite ça évolue. Est-ce que vous dites effectivement qu'il y a eu un trouble et que François Baïou a besoin de préciser ce qu'il entend exactement sur sa connaissance des faits à quel moment précis ?

Je je pense qu'il faut expliquer comment comment ça se passe. Vous avez vous êtes premier ministre, vous êtes là comme tous les mardis et on vous pose une question. question qui est tournée de telle façon que la il y a une difficulté immense à y répondre quand après de longues années vous n'avez pas tout en tête, vous n'avez pas pu remettre les choses et François Baou dit l'article de Média part était déjà sorti j'imagine que le premier ministre en avait déjà connaissance peut-être je sais pas mais est-ce qu'il pensait que la question allait lui être posée je crois que non puisque il ils avaient pas décidé de de donner la question on donne parfois les questions quand on veut des bonnes rép réponse, on essaie de de d'avoir de laisser la vo c'est le jeu.

C'est le je et donc et donc euh visiblement à cette réponse, il ne se rappelle pas que effectivement il a il est intervenu dans le sens où il était ministre de l'éducation nationale et suite à la GIF, il a demandé une inspection à l'inspection à l'inspection générale de de l'éducation nationale de faire une enquête. Cette enquête a été faite, visiblement, elle a été mal faite et même la personne qui a fait cette enquête. Voilà.

Ensuite, l' bacé. Voilà. Ensuite François Baou comme tout le monde dans en France puisque c'est passé au journal même au journal national le 26 mai ou 28 mai 1998 à la révélation de l'affaire de la même façon que madame Guigou a un courrier il y a un courrier à son qu'elle reçoit dans sa manière de formuler les choses au début on a un peu l'impression qu'il tombe de sa chaise et qui découvre tout et puis en fait après au fil du temps on se dit bah non 96 il est au courant la preuve il a demandé sûr mais est-ce que est-ce qu'il y a une volonté de mentir de cacher les choses.

Non. Est-ce qu'il y a une erreur de communication ? Oui, Rodrigo Ardas.

Erreur de communication ou volonté de mensonge, de dissimulation puisque sur l'affaire de la gifle 96 en elle avait giflé, François Baou est au courant, il demande un rapport d'inspection qui dit "Bon, il y a des violences mais on il y a pas de système de violence gravissime à Betaram." Pour résumer, donc François Baou a agi peut-être pas suffisamment et cetera. Est-ce que c'est de la communication, de la maladresse ou est-ce que c'est du mensonge d'après vous Rodrigo Arenas ? fait deux choses.

D'abord, il y a une commission d'enquête qui est fait par Violess Pitbout et Paul Vanier et le fait est que s'il y avait pas eu cette commission d'enquête, tout ce dont nous sommes en train de parler n'existerait pas et nous devions avoir le travail des journalistes pour pouvoir avoir connaissance de ce que tout le monde savait manifestement dans la région mais pas seulement dans cette régionlà aussi dans d'autres endroits. Il y a une excellente une de l'humanité hier qui montre que le BRAM n'a pas le monopole de cette violence sexuelle et sur physique sur les enfants. Ensuite vous dire que moi je ne suis pas un procureur.

La justice doit faire son travail. est indépendante, mais il s'avère que la commission d'enquête va pouvoir consulter des documents qui sont à charge pour premier ministre. Il s'avère que vous l'avez rappeler à l'instant, les versions ont évolué dans la bouche de François Baou depuis le début de cette situation et que nous avons clairement quelqu'un qui ne dit pas la même chose à chaque fois et que ça d'un point de vue du commission d'enquête et bien il sera sous serment.

Donc il devra dire la vérité ou alors ça s'appelle un parjure et je j'ai été assez attentif notamment à ce qu'il est sorti dans dans les colonnes de vos confrères notamment sur le livre de sa fille qui dit clairement qu'il a aussi euh manifestement ou potentiellement, je ne juge pas de ça, ce n'est pas ma fonction en tant que député, violer le secret de l'instruction. Donc, il y a des choses qui sont quand même à charge. Par contre, si on permettait de conclure là-dessus, c'est que euh tout de même euh la question qui se pose, c'est est-ce que euh la gifle euh qu'il avait donné où il le qualifie comme bon père de famille, est-ce que finalement le la façon dont il couvre Betaram qui assez manifeste en tout cas la commission d'enquête sera là pour en faire toute la lumière justifie l'institutionnalisation de cette vision de bon faire pè de famille dans lesquelles les violences sur enfants sont un acte éducatif.

La loi dit que non. Manifestement, j'attends monsieur Baou sur cette questionlà aussi. Clémence Bado justement sur ce climat autour de Betaram puisque on a vraiment le sentiment que tout le monde sait des choses, personne ne parle vraiment, il y a ceux qui couvrent intentionnellement l'institution, il y a ceux qui essayent de parler mais qui ne sont pas entendus.

Racontez-nous un peu plus voilà ce ce climat. Est-ce que on peut savoir sans faut bien se séparer les deux affaires ? Il y a l'affaire de 96 dite affaire de la gifle où effectivement François Bairou va même plus loin.

Il va prendre la défense de l'institution. Il va même dire euh je je dis c'est on ressent ça. Il dit ça, il dit on ressent tous comme une injustice.

Je ne parle pas là comme un père de famille ou comme un ministre. Je parle comme le béarnet. Le béarnet est attaqué dans dans sa réputation et on relativise une giv finalement après tout. qu'il faut recontextualiser.

On est en 1996 dans le Béarne. On est dans un institution où les parents volontairement pour une partie d'entre eux vont placer leurs enfants dans cette institution parce qu'ils savent très bien qu'il y a des gifles et qu'on va en faire des hommes, des durs, des vrais. On est dans une région virile, on est au Béarn, on est dans dans des terres de rugby et c'est souvent des enfants qui ont un parcours scolaire un peu sinueux et on prend cette décision de les mettre là parce qu'ils se disent les bons-pères de Betaram vont les mettre dans le droit chemin.

Les parents savent très bien si tu es passage, on te mettra à Betaram. Ça se dit partout mais sur les violences physiques. Sur les violences physiques.

Ensuite, on a l'affaire de 98 et là c'est tout autre chose. Excusiv caricar, le bon père Caricar qui est le directeur de l'institution à qui on donne le bon dieu sans confession, un homme jovial, très agréable, très gentil, au service de tous qui est accusé de viol. Là, on passe dans un autre registre et je pense que François Bairou est sidéré d'apprendre cela parce que personne ne peut y croire. le bon père Caricard, celui qui dit la messe chaque dimanche, qui donne la communion.

Non, c'est pas possible. C'est pas entendable à ce moment-là. Et enfin, je pense qu'il faut vraiment séparer ces ces deux affaires qui n'ont rien à voir sur les violences physiques.

Euh le Premier ministre, de toutes les façons l'a dit, oui, il était au courant, il peut pas s'en cacher. Sur les violences sexuelles, on attend toujours la preuve de son implication et de est-ce qu'il savait vraiment jusqu'où est-ce qu'il savait et est-ce qu'il l'a cru ? Et moi je pense c'est aussi cette question.

Je pense qu'il a pu l'entendre mais comme la plupart des gens à ce moment-là en 98 personne ne peut y croire. On va prendre un petit peu le pou dans la région puisque je vous propose de retrouver le journaliste Gabriel Blaise qui est justement journaliste à Sud-Ouest Béarne P. Qu'est-ce qu'on en attend de cette audition aujourd'hui ?

Que pensent que justement que qu'attendent les journalistes de Sud-Ouest ? Qu'est-ce que vous allez regarder scruter ? Qu'est-ce qu'on en dit de cette affaire Betaram Baerou ?

Bonjour et merci pour votre invitation. Euh pour être très franc, on en attend pas énormément de choses. Euh je rejoins tout à fait Clémence Badeau sur le fait que d'une part cette surmédiatisation pour nous était une une chance immense puisque euh d'une affaire qu'on avait pris à BCOR depuis plus de plus d'un an et demi puisque c'est je rappelle que c'est depuis la fin 2023 euh qu'on travaille dessus nous et toute la presse locale et une partie de la presse nationale.

Et le l'article de Média par de février va donner un tour politique à cette question. Euh je précise, contrairement à ce qui a été euh ce qui a été dit à plusieurs reprises, ce n'est pas Media Part qui a qui a effectué la plupart des révélations, y compris ce l'entretien avec le juge Mirand puisque euh ce sont mes confrères de la République des euh des Pyrénées qui l'avait déjà interviewé euh il y a 1 an, quasiment jour pour jour, je crois que c'était en en avril ou en ou en mai 2024, euh une interview au cours de au cours de laquelle il évoquait cette rencontre avec avec François Bairou qui est son voisin. Donc moi, j'ai on a sorti aujourd'hui une interview du juge Mirand qui me qui me reparle à nouveau de cette de cette rencontre.

Donc pour répondre à votre question, en gros le le cadre nous ce qui nous intéresse c'est que cette histoire Betaram avance. Je rappelle que c'est un scandale de pédocriminalité comme euh on en a jamais révélé de d'une telle ampleur disons que dans dans le grand sud-ouest en tout cas. La position évidemment de notre maire et qui est aujourd'hui premier ministre et qui était parent d'élèves et qui était président du conseil général donne une donne une tournure politique qui nous nous amène à travailler évidemment sur ce sur ce volet.

Mais pour répondre à votre question, euh on en attend pas grand-chose parce que je je je pense que qu' va euh peut-être aussi moi ce que j'en attends euh peut-être c'est que c'est qu'il y ait une euh une une forme de de reconnaissance en tout cas de sa de ses maladresses. Je sais pas les les termes qui pourraient employer sur ce sur ce cette question mais pour moi, il ne s'agit ni d'erreurs de communication ni d'une volonté de mensonge. Mais pour moi, l'explication, elle vient plutôt d'Hélène d'Hélène Perlant.

Je rappelle que Sud-Ouest a été le premier journal à à la voir en direct et que auprès de nous déjà en février, elle parlait de cette question du déni et et Clémence Badeau l'a souligné. Ce ce déni, le déni collectif, François Bairou était au cœur de ce déni collectif. Et quand le juge Mirand nous parle de son entretien et qu' dit c'est pas possible, il il le mime presque et il dit c'est pas possible, c'est pas croyable.

Il faut il faut comprendre que c'est le père Carik. Euh aujourd'hui, moi j'ai des j'ai des des victimes euh des victimes de de Betaram, d'autres d'autres personnes, d'autres torsionnaires qui ne croient aujourd'hui encore pas à la culpabilité de Carik, du père Carik. Il faut savoir qu'il y a une décision de justice que Sud-Ouest a révélé il y a il y a 3 jours.

Une décision de justice au civil. Donc le je je je remets dans le contexte. Le père Caricar en 98 est accusé de viol pour des faits qui datent d'une dizaine d'années.

Il y a une deuxième accusation de viol. il va se suicider en en Italie euh ou en tout cas son corps va être retrouvé dans le dans le Tibre à Rome. Euh mais l'instruction suivait son cours, pardon, la procédure judiciaire suivait son cours cette fois au civil.

C'est-à-dire que la famille de la première victime a poursuivi à faire une demande d'indemnisation et en 2006, il y a une décision de justice qui reconnaît la culpabilité de l'institution, pas du père cargar puisqu'elle est décédée, peut pas être poursuivie, mais de l'institution. Tout ça pour dire que cette décision de justice, elle acte, si vous voulez euh des violences sexuelles dans l'établissement, mais ni à l'époque en 2006, ni à l'époque, ni jusqu'à aujourd'hui, elle n'est rendue publique. C'est-à-dire que nous journalistes, on a j'ai retrouvé moi seulement un article de la dépêche du midi à à Toulouse qui évoque la procédure civile, le lancement de la procédure civile entre 2001 et 2003 mais il ne donne même pas le résultat.

Il ne donne même pas le résultat. C'est pour vous donner le le l'ampleur de ce deni si vous voulez. Merci beaucoup Gabriel Blaise et vous avez raison.

Rendons hommage au confrères de la presse locale qui travaille sur l'enquête Betaram sur Baerou. Merci à Sud-Ouest. Vous avez cité aussi la République des Pyrénées.

Merci beaucoup Gabriel Blaise sur cette question Balanon euh qui poit du déni Gabriel Blaz il dit ni mensonge ni erreur de communication juste déni. Ouais. Ouais.

Et mais moi j'ai été j'ai été très surpris quand j'ai vu le le courrier qu'avait écrit le le procureur de la cour d'appel de peau et qui est adressé alors il est adressé à la garde des SAAU. Est-ce qu'elle l'a eu ou pas ? Moi, je vais pas faire son procès.

Voilà. Mais dans ce courrier, on qui est un courrier de juin 1998, ouverture d'une information criminel pour agression sexuelle et viol contre le directeur d'une institution religieuse. Moi la question que je pose, c'est pourquoi quand il y a cette remontée d'information à la chancellerie, est-ce que le ministre de l'éducation nationale de l'époque est averti ?

Est-ce que le le premier ministre est averti ? Et est-ce que le président du conseil départemental est averti ? C c'est c'est vrai sujet.

C'est ça les sujets qu'il faut qu'on traite. Attendez parce que la question la question qui est quand même là-dessus, c'est que on peut se dire c'était une autre époque. Oui, c'était une autre époque.

Mais enfin le le la garde des saut de l'époque, la chancellerie, le gouvernement de l'époque qui a été auditionné par auditionné, ils étaient en train d'élaborer une loi qui est la loi du 17 juin qui était votée le 17 juin 1998 sur relative à la prévention et la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs victimes. Et on se dit que une information comme celle-là qui remonte à la chancellerie alors qu'on est en train d'étudier un texte de cette importance et ça fait personne ne bronche et c'est ça le vrai sujet. Vrave parce que vous lisez pas la conclusion de chaque voulais pas ou voilà du procur général qui donc conclut en disant on est obligé d'arrêter la procédure pour cause de sucide du père Caricard. c'est la fin de l'action publique mais il met en garde la garde des SA en disant attention il y a peut-être d'autres affaires et d'autres auteurs.

Et en fait cette affaire Betaram c'est aussi un raté judiciaire monumental parce qu'en 98 dans la procédure de Franck qui est donc le plaignant de viol de l'affaire Caricar tous les élèves de l'internat sont entendus. Il y en a trois qui vont désigner non pas le père Caricardre mais le surveillant général celui qu'on surnomme cheval et qui est aujourd'hui en liberté en train de nous écouter tranquillement sur son canal de paix à l'heure où on parle et qui alors qu'en 98 alors qu'en 418 on a déjà trois élèves dans cette procédure qui ont parlé qui ont dénoncé des attouchements de la part de ce surveillant et suicide du père Caricard fin de l'action judiciaire Rodrigo Arenas sur cette chronologie, il y a l'affaire dite de la gifle, même si déjà on relativise pas une gifle, mais là elle fait quand même 40 % voilà d'audition. C'est ensuite sur les viols.

Le père Caricard, François Baou n'est plus ministre de l'éducation nationale à ce moment-là et on imagine que pendant la commission d'enquête tout à l'heure, il va pointer des responsabilités après lui, ceux qui sont venus après lui justement. Est-ce que vous vous dites "Oui, c'est vrai." Bah, on doit pas s'arrêter à François Baou, on va aussi essayer de voir qui a fait quoi après.

Et je sais que la commission d'enquête a notamment euh euh auditionné Elisabeth Guigou en ce sens. Vous l'avez dit, les différents ministres de l'éducation ont été auditionnés. D'ailleurs, il va on va continuer demain avec monsieur Papendiaï et monsieur Blanquer aussi qui vont être aussi auditionnés par la commission.

Donc, il me semble qu'il y a une vision assez exhaustive de des différents ministres de l'éducation. Maintenant, sur la question que vous posiez tout à l'heure, il appartiendra aux députés de savoir s'ils acceptent d'avoir un premier ministre qui justifie l'injustifiable. Et c'est ça la question.

Et euh nous nous sommes assez clairs sur cette question-là. Nous l'avons été d'ailleurs, pardonnez-moi de je ne confonds pas les les deux situations mais tout de même sur madame Castera qui défendait ce anis là sous la mis ses enfants en jetant l'eau pobre sur les écoles publiques. Donc nous avons bien une conception de l'école.

Nous avons bien une conception des pratiques éducatives dans lesquelles un certain nombre de personnes politiques mais aussi dans la société euh cautionne ce type de pratique éducative parce qu'elles pensent que c'est bien pour l'enfant. La loi dit le contraire mais il s'avère que des responsables le font et si je peux perm j'ai pas été j'ai pas beaucoup parlé si vous me laissez finir. Ce que je veux dire c'est que je je ne veux pas laisser entendre ici que ce qui est dénoncé était pratique courante en France.

Ce n'est pas vrai que les parents tapaient les enfants pour les éduquer. Ce n'est pas vrai que le viol était quelque chose qui était euh assumé. Et d'ailleurs, je tiens à dire que du point de vue du PIP, parce qu'on on commence à attaquer l'école publique sur ce côté-là, je tiens quand même à rappeler que les bagnes pour enfants, parce que les pratiques sont de Cala-là dont nous parlons ont été abolies en 1945 en France.

Donc nous avons des pratiques qui ont perduré dans le système éducatif privé catholique et qu'aujourd'hui il on nous sommes en droit de nous interroger sur la façon dont le l'État encourage, soutient et finance puisque nous venons de voir dernièrement que alors que l'Assemblée nationale avait rejeté l'exemption de taxes foncières sur les écoles privées catholiques à l'Assemblée nationale puis au Sénat, le gouvernement Baou l'a remis par la donc il un vrai sujet aussi de financement de ces institution que Notre Dame de Betaram il y avait une certaine discipline mais il n'était pas forcément frapper les enfants et encore moins les violer. Pardonnez-moi, je veux pas être tout trans mais c'est la réalité de ce qu'on dit les victimes dans les commissions d'enquête. Non, je suis tout à fait d'accord avec vous.

En revanche de dire quand François Baou dit j'ai mis mes enfants là-bas mais je ne savais pas ce qui s'y passait. On savait peut-être la réputation de l'établissement. Ce que je dis juste c'est que le premier ministre en tout cas pour l'instant dit qu'il n'avait pas connaissance de l'étendue des violences ni physiques ni sexuell.

Exactement. et comme il faut qu'on qu'on déroule la plotte pour arriver à des prises de décisions qui permettent d'éviter ça. Moi je rappelle que sur d'autres sujets mais qui sont pas très loin, vous avez dans le procès d'Evael qui vient de se terminer une une jeune fille qui s'est suicidée et ses parents professeur a été relaxé.

La professeur a été relaxée alors que les preuves franchement sont je commente rarement hein les alors on va pas le faire non plus surtout faire un appel du parquet dans cette situation. La question la question qu'on doit se poser c'est effectivement et pourquoi moi je pense qu'il faut qu'on interroge tous les ministres de l'éducation tous Jacques Luc Ferry non François Fillon n'a pas été Gill de Robien Xavier Darcos Luc Châtel je crois qu'il l' qu'on l'a fait Vincent Payon Benoît Najadobel Cassel nous l'avons fait Michel Blanquer ça va être fait euh Papendia ça va être fait Gabriel Atal il faudra que ça soit fait Amélie Wed Castera il faudra que ça soit fait Nicole Boubet et Anne Jeunet parce que sinon on n'y arrivera pas nous enfin quand on fait une commission d'enquête il faut aller jusqu'au bout jusqu'au bout et ça va nous aider, on va trouver des solutions parce que c'est ça le sujet et j'espère qu'on partage ça. J'espère qu'on partage cette idée qu'il faut trouver des solutions pour que ça n'arrive plus.

Répondre si vous souhaitez hein, il pas pardon je peux répondre tout à fait. Je voulais juste aussi donner la parole à Clémence Boral et on essaie de faire tourner la parole et c'est bien la parité. Exactement.

Justement Clémence Bado sur cette question, j'en ai perdu ma question. Non non mais c'est pas grave, je vais la retrouver. Sur cette question de Betaram, on entend aussi beaucoup une autre époque.

C'était une autre époque. Là, je parle plus de ce qui est violence physique. Est-ce que vous aussi dans votre enquête, il y a ce mot-là qui retourne un peu des gifles, on s'en prenait à l'école, une espèce de banalisation qu'on explique par l'époque Bien sûr, bien sûr.

Il faut savoir que la loi sur la fessée, elle date que de 2019, portée par le groupe Modem et et qu'à cette époque- là, les enfants quand ils se prennent des bouffe ou des cocos ou qui se font violer et qui rentrent chez eux, ceux qui osent parler généralement, ils se reprennent une paire de baffe. H enfin, je veux dire, peut-être que c'est pas le cas dans toutes les familles, heureusement, mais il y a une banalisation de la violence à cette époque là qui est évidente et et tout le monde le sait. Je veux dire là-dessus, c'est c'est évident et donc il faut toujours recontextualiser parce qu'on peut pas juger en 2025 ce qui se passait en 1996.

Les critères ne sont pas les mêmes. Je rappelle aussi que François Baïou en 1996 quand il est ministre et qui se fait euh faire les poches par un gamin euh devant les caméras lui met une claque et que sa côte de popularité prend 10 points. Voilà.

Donc cette question elle est centrale. Il faut recontextualiser les choses. Absolument.

Rodrigo a sans rien excuser évidemment, mais contextualiser euh une période où il pouvait y avoir et là je parle vraiment plus des violences physiques puisque sur les violences sexuelles c'est vraiment un autre sujet. Mais oui, la violence dans les établissements exactement c'est ce qu'on a vu dans la commission s'autorise sur un enfant à faire un acte de violence parce que c'est un enfant. disent exactement on parlait d'un continuum de violence mais sur cette question de contextualiser quand certains disent c'était pas la même époque pour vous cet argument ne tient pas il ne faut pas l'entendre il ne faut pas que ça rentre dans notre débat écoutez moi je vous savez j'étais ancien responsable d'une fédération de parents d'élèves dans notre projet éducatif la question des violences évidemment proscrite ce n'est pas un acte éducatif depuis très longtemps d'ailleurs vous avez à cette même période énormément d' d'intellectuel de romanciers qui se dressent je pense par exemple à son charl qui a écrit l'excellent ouvrage de l'enra sur le bagne de Bell Lammer.

Donc c'estàdire que il y a des gens qui en France s'indignait et lutter contre ça. Maintenant nous avons elles existent à l'époque je dis pas qu'elle n'existait pas, je vous parle d'un bagne. Donc évidemment c'est la violence institutionnalisée sur des enfants du travail forcé institutionnalisé.

Absolument. Donc la question c'est là nous parlons des hommes de pouvoir, nous parlons des femmes de pouvoir qui couvrent, qui légitiment, qui protègent et qui institut et qui donne des budgets pour que ce type de situation puisse exister dans un cadre organisé. Parce que quand vous avez le bon père de famille comme on dit qui met une gifle, on peut il y en a qui l'excusent.

Pas moi, c'est interdit maintenant. pas moi, c'est ça a été interdit après la gif de monsieur Baou et vous avez raison de le rappeler. Donc ce que je veux vous dire par là, c'est que non, il y a eu des voies en France et pas des moindres qui se sont toujours élevés contre ces violences sur les enfants et depuis 1945.

Pourquoi ? Parce que les enfants pendant la période avant 1945 ont subi d'énormes violences et il y a énormément d'intellectuels encore une fois de personnes de la société civile des organisations extrêmement importantes dans notre pays qui ont fait de leur late motive la lutte contre les violences et sur sur les enfants. Donc je ne peux pas vous dire ça puisque la Fédération que dont je vous ai nommé qui existe depuis cette époque-là en a fait son projet éducatif. peut-être un certain nombre d'années mais vous avez aussi des gens qui je suis tout à fait d'accord avec monsieur Baladian auditionnons toutes les personnes à auditionné parce qu'il est temps que ça cesse et les débats que nous avons à l'Assemblée nationale en ce moment la façon dont nous parle des enfants et des jeunes me laisse prétendre que nous n'avons pas tourné la page encore des violences intitudes sur les enfants et les jeunes.

C'est sûr. Par exemple, quand moi j'ai travaillé sur quand j'ai travaillé sur le sur le harcèlement scolaire, j'ai porté la loi sur le harcèlement scolaire et j'ai porté un amendement pour un droit à une éducation sans violence. Moi, j'invite à regarder qui l'a voté cette loi sur le harcèlement scolaire.

Et j'ai eu de la part, vous étiez pas encore député, j'ai eu des députés de votre groupe qui m'ont dit que on était en train de délictualiser, on était en train de faire de la répression. J'ai eu ça et quand on faisait notre texte sur sur l'harcèlement scolaire, c'était pas que entre enfants, c'était aussi vis-à-vis des professeurs vers les enfants et votre groupe n'a pas voté. Excusez-moi, est-ce que vous cautionnez ce que dit monsieur B ?

Est-ce que vous caution ce qui se fait ? Non, c'est que je voulais savoir c'est pas ça le sujet. Moi je cautionne rien.

Je je cherche à trouver un peu de monsieur. Non, je suis pas son avocat. Monsieur Burou n'a pas besoin de moi pour se défendre.

Mais vous voyez bien, vous voyez bien la preuve la preuve de votre réponse, monsieur Arenas, c'est que vous passez le sujet sur le sujet politique de François Baïou. Moi, je je vais vous dire, ça va peut-être choquer, je vais peut-être pas me faire des amis dans mon camp aujourd'hui. Je m'en fiche de François Baou.

La question qui m'importe, ce sont nos enfants. Et comment on arrive à trouver des solutions, des textes nouveaux, des procédures, des protocoles pour que ça cesse ? Alors, on vous comprend Erwan Balanan.

Après, c'est vrai que vous allez pouvoir répondre Rodrigo et en plus si vous voulez on vous invite pour parler de l'audition François Baou. Donc vous reprochez pas les uns les autres de parler de François Baou. C'est un peu normal.

Sur la question du déni, est-ce que vous vous attendez peut-être que François Baou dise oui, il y avait un déni à l'époque. Voilà, pas forcément de reconnaître une culpabilité ou un mensonge, mais en tout cas de rappeler que le déni François Baou, c'est toute une région, c'est peut-être même tout un pays puisqu'on a vu ça concerne. Voilà.

Mais est-ce que pour vous ça pourrait être peut-être une première prise de conscience de François Baou, un premier pas, un premier chemin de dire voilà oui peut-être que comme tout le monde, j'ai été dans le déni. D'abord, tout de même, permettez-moi de répondre. On peut ne pas partager ce que dit la France insoumise, ça monsieur Baladian, on est exemple très compliqué.

Mais je ne peux pas laisser dire ici que d'ailleurs, c'est écrit dans les programmes différents qui ont été soutenus depuis 2017 si je me trompe pas puisque c'est la première non deuxème candidature de Jean-Luc Mélenchon qui sont présidentielles. Les violences sur enfants ou sur adules sont évidemment proscrites et c'est un combat de tous les députés et tous les militants de notre formation. Ensuite sur les textes, vous savez que des fois les textes ne sont pas votés.

D'ailleurs vous-même des fois ne votez pas des texes parce que l'exposé est motif ou le contenu n'est pas n'est pas celui qui vous qui vous c'est le jeu parlementaire et nous sommes LCP donc nous savons ça. Donc je pas je veux pas vous laisser dire je veux pas vous laisser dire ici que nous sommes favorables au harcèlement et que nous sommes dans un déni par rapport à ça. Je l'ai pas dit j'ai juste posé la question surtout que c'est pas le sujet.

Mais c'est pas le sujet ouvre unjetus sur ce que vous dites madame. Moi ce que j'attends de la commission d'enquête c'est que François il répond aux questions qu'il disent la vérité c'est ça que j'attends de lui parce que il est sous serment. Ensuite sur les conséquences politiques, j'ai envie de vous dire que la balle est pas dans l'autre camp.

Vous avez vu François Vanier sur votre plateau tout à l'heure pardon Paul Vanier, excusez-moi sur votre plateau. Il a été très clair sur ce que nous disions d'assumer finalement avec des preuves à charge qui ont été posées aux questions gouvernement. Le choix de monsieur Bairou a été euh celui qu'en il a il a suffisamment euh fait des efforts pour être premier ministre.

J'ai je n'ai aucune euh aucun doute sur le fait qu'il va vouloir le rester. Mais il appartiendra désormais aux députés puisque'en France le Parlement contrôle le gouvernement. L'Assemblée nationale contrôle le gouvernement.

Si l'Assemblée nationale souhaite avoir un premier ministre qui au regard des questions et des réponses qu'il apportera est digne ou susceptible de pouvoir continuer à gouverner la France. Mais ça vous avez raison, c'est une politique mais ça tombe bien à l'assemblée nationale tout à l'heure je pense que c'est bien à l'assemblée nationale. Faisons de la politique le sujet à l'assée.

Donc donc vous politisez ce ce Oui monsieur je suis un député, je politise les choses. Absolument. Quand vous proposez une loi, c'est une politique si on peut sortir un tout petit peu du débat politique et justement CL B j'aimerais vous entendre parce qu'à mon avis il en sera question tout à l'heure.

On aurait voulu montrer un extrême et là on avance un peu dans le débat. Il y a le juge Mirand et le gendarme. Le juge dit François Bairou est venu me voir chez moi pour me demander des informations sur les accusations de viol contre le père Caricar.

Il n'en croyait pas ses yeux. François Baou, il a une version rencontre fortuite, pas d'intervention. Alors il faut il faut aussi recontextualiser François Barou.

Il habite un petit village qui s'appelle Border où il y a 500 habitants. Il est né là-bas, il vit là-bas et son plus proche voisin, c'est le juge Miranda. Donc il se croise régulièrement et il y a pas de problème à ça.

Euh quand il voit le juge Miranda, sauf que là il va le voir. Alors pourquoi dire c'est une rencontre fortuite. Alors moi je ne sais pas.

C'est sa version. Il y a la version du George Mvrand, la version de François Bairou et la vérité est peut-être entre les deux. En tout cas quand cette cette entrevue a lieu, il faut savoir que la presse locale a déjà fait écho de cette affaire.

C'est pas un secret. Euh il y a eu plein de papiers dans la presse locale qui qui relatent cette affaire et François Bairrou en bon voisin peut-être qu'il s'entretient comme ça. Euh mais non mais on en sait rien.

Mais non mais on n en sait rien en fait. On en sait rien. Peut-être qu'il vient juste euh voilà.

Moi, je moi, j'étais pas là. Je je n'ai pas d'avis là-dessus. Je pense Sauf qu'en fait ce qui semble ce qui trouble aussi un peu dans les déclarations, c'est que François Baïouah pourquoi il le dit pas plus clairement ?

Je suis allé voir le je demander si cétait majeur, c'est effectivement le 11 février. Pourquoi il dit je n'étais au courant de rien parce que ça c'est faux. Il était au courant des violences physiques, on le sait et il s'est entretenu avec le juge Mirande ce qu'il a d'ailleurs finalement concédé à la fin.

Après, il y a il y a juste un détail moi sur lequel je voulais revenir, c'est que lors de son entretien à Médiapart, sa fille Hélène va dire "J'étais là le soir, mon père s'en souvient peut-être pas, il m'a dit "J'ai vu le jour Mirande. Je ne peux pas y croire." et il a cette phrase qui a été très peu reprise.

Il dit "Carécar est en prison, qu'il y reste." Moi cette phrase, elle m'a fait bondir parce que on lui reproche aujourd'hui d'être intervenu dans la procédure mais la première phrase spontanément qu'il confie à sa fille le soir de cette entrevue, c'est "Caricard est en prison, qu'il y reste." Justement, on parle d'Hélène Perlan, je voulais qu'on l'entende, la fille de François Berou qui a annoncé être aussi avoir été victime de violence.

Une affaire donc aussi familiale. On écoute Hélène Perlant chez nos confrères de France Inter. Il est le père d'une victime ce qu'il ne savait pas.

Il ne savait pas ce qu'il ne savait pas. Il ne savait pas. Il y a encore 3 mois ni votre père ni votre mère savait que vous aviez vous aviez subi ça.

Non, il ne savait pas. Et vos frères et sœurs ? Non, il ne savaiit pas.

Et d'ailleurs je ne leur ai je quand je leur ai dit qu'effectivement je témoignais dans le livre, je n'ai pas donné le contenu. Il ne savait pas. Vous dites il n'a pas couvert, il est juste paumé au milieu de ce dispositif pervers parce qu'il est intriqué plus que les autres.

Ça veut dire quoi intriqué ? Ça veut dire que j'aborde Betaram pour commencer à comprendre, je propose deux paradoxes. Plus il y a de témoins, ça parle et plus on est intriqué, moins on voit.

C'est-à-dire qu'en fait ce que vous voyez dans votre avec vos enfants, vous voyez des enfants qui vont super bien et qui vous racontent que Betaram, c'est cool. Vous voyez euh des élus euh qui travaillent à Betaram qui sont hyper sympas. Vous voyez euh euh vous avez en fait tous les relais normaux qui font qu'on comprend ce qui se passe.

Vous enfin ces agresseurs dont vous parlez vous de façon abstraite. Nous on les voit mais je suis tombée de ma chaise en voyant les noms que donnait Alain. Je suis tombée de ma chaise que lui comme les autres ne pouvait pas comprendre parce que ça fonctionne comme ça.

En fait, on a tout sous les yeux et c'est ce que je j'aimerais développer peut-être dans d'autres émissions. On a tout sous les yeux. Quand on nous dit il y a des pédophiles, on se dit "Mais c'est sûr, on avait tout ça sous les yeux.

Sauf qu'on l'a tellement sous les yeux qu'on ne voit rien. On ne voit rien. On ne peut pas comprendre.

Et donc peut-être déplacer un petit peu les choses au lieu de dire les gens ne veulent pas comprendre. Ils ne peuvent pas comprendre. C'est ce que va défendre aussi François Bairou tout à l'heure Erwan Balane.

Enfin, c'était arrêtez de me demander ce que va dire François Bairou. Je je on n'est pas au courant de ce qu'il va vous dire. Moi moi je de ce que j'entends là, ça me fait penser à un autre un procès qui est en cours.

C'est le procès de de monsieur Jean Squarnec d'ailleurs qui passe en dessous des radars alors que là aussi il y a peut-être des milliers qui aé sexuellement des milliers de victimes qui l'a rempli dans des carnets et beaucoup de victimes découvrent la réalité des faits. Ce ce ce médecin était exerçait dans l'hôpital de ma ville. Personne n'a rien vu non plus visiblement.

Alors dans le procès, il y en a qui disent que vous avez alerté quand même parce que c'est en faisant l'enquête qu'on découvre les responsabilités. Pourquoi quand il y a les alertes, ça ne remonte pas. Le sujet il est là et c'est ce sujet qu'on doit se poser.

Rodrigo Arena sur la fille de François Baou puisque donc c'est une affaire aussi privée, on peut dire puisqu'il est aussi père d'une victime. Elle dit en fait le dénial et il peut il pouvait ne pas savoir en fait puisque à l'époque c'était devant les yeux de tout le monde mais personne ne s'en rendait compte. Je pense que quand c'est devant les yeux de tout le monde, tout le monde s'en rend compte.

La question c'est après est-ce qu'on trouve une oreille attentive pour pouvoir être protégé ? Et manifestement à Betarab mais aussi dans d'autres écoles privées confess catholique la réponse est non. Donc aujourd'hui il appartient à la commission d'enquête de de voir comment est-ce que le fonctionnement institutionnel permet cela, mais surtout il appartient que ça ne se reproduise plus.

Et dans cette dans cette situation là concernant le Vetaram, monsieur Bairou qui est premier ministre, ce n'est pas le ministre d'éducation de l'époque et bien a toute une place à être questionné. Et donc ensuite les députés qui le soutiennent encore devront euh prendre leur responsabilité et tirer toutes les conclusions par rapport à la fonction qui occupe. Ensuite, moi je je vous ai dit tout à l'heure, la justice est indépendante, il appartiendra euh euh de faire euh toute euh la lumière sur cette question-là sous sautre angle.

Clémence Badeau puisque c'est une affaire aussi familiale, la femme de François Baou était professeur à Betaram. Euh il avait des elle donnait des cours de catéchisme 1 heure même pas par semaine et ça ses enfants ont été certains de ses enfants ont été scolarisés aujourd'hui le témoignage de sa fille. Juste pour rebondir sur ce témoignage d'une d'une puissance incroyable.

Il remet l'église au milieu du village sans jeu de mot. Hélène, elle nous donne les clés pour comprendre ce que c'est que le déni collectif. Vous rendez compte ?

Elle a gardé ce secret pendant 35 ans alors qu'elle avait autour d'elle une famille présente, aimante et cetera. Elle a gardé ça en elle. Vous imaginez tous les autres toutes les autres victimes.

Elle elle devient le visage des autres victimes. Elle nous permet de comprendre cela. Et son père du coup devient aussi un père de victime.

Et moi, j'espère juste que ça lui permettra aussi de cheminer et de prendre des décisions très concrètes pour protéger nos enfants. Rien n'est encore assez fait. Il y a plein de choses à faire.

Il faut nommer une commission. Il faut que les victimes est un statut national. Il faut que la prescription sur les viols de mineurs saute.

Voilà, il y a il y a un champ immense qui s'offre à lui. On a Merci beaucoup Erwan Balan. Un mot parce que si à l'époque on nendait pas, il y a quand même des victimes et pour les victimes même si c'était une autre époque c'est des victimes de leur époque et c'est des victimes dans leur chair.

C'est beau pères de famille. Victime passé et victime actuelle. Merci Clémence Bado, merci Rodrigo Ar et merci Erwan Balanan.

Je vous rappelle qu'à 17h l'audition du Premier ministre en direct en intégralité sur LCP. Je vous donne rendez-vous à 16h45 pour justement et bien revoir est-ce que François Baerou, c'est une audition cruciale pour le premier ministre évidemment la suivra en direct sur LCP. Très bon après-midi à tous. [Musique]