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Podcast / conversationBACKSEAT· 1 décembre 2023 12 minComplaisantDivertissementNumérique

Bruno Le Maire remet en question la loi sur les influenceurs

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur16 %
  • Invité 26 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ça te dirait de voir Backseat jusqu'en 2027 ? 2040 même ? Eh ben c'est possible, mais pour ça on a besoin de toi. Backseat c'est une émission qui tient à son indépendance, c'est pourquoi nous avons choisi de faire reposer une partie du financement de l'émission sur notre public. Chaque épisode coûte 13 000 euros, ce qui comprend toute la logistique, mais surtout les salaires de chaque personne intervenant sur l'émission. Pour pouvoir diffuser toute l'année, nous avons besoin de 30 000 euros par mois.

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Vincent qui va arriver, je suis sûr qu'il va arriver dans pas longtemps, il est là, il est là Vincent, le plus beau.

0:55
Invité

Bonsoir, désolé.

0:56
Présentateur

Incroyable. Alors Jean, je suis désolé, mais c'était pas du tout l'heure de prévu ? On a 5 minutes d'avance. 5 minutes d'avance, bah voilà, je suis désolé en fait.

1:02
Invité

Il y a un moment, moi je suis professionnel, voilà, je vais brancher ça tout.

1:07
Présentateur

Vas-y, vas-y, vas-y, occupe-toi de te brancher, de t'installer tranquillement, etc. Je remercie l'équipe technique, on a eu une galère de branchement tout à l'heure. Ouais, ouais, ouais, vous avez pas vu, mais l'équipe technique a fait des miracles juste avant le début de l'émission, ils étaient encore en train de régler des problèmes de...

1:19
Invité

C'était assez incroyable.

1:20
Présentateur

Et j'ai oublié autre chose, incroyable, je reviens. Vas-y, tu reviens, il n'y a aucun problème, on va meubler. Et en vous remerciant, cher public, d'être avec nous ce soir, ça fait super plaisir. Je vous rappelle qu'on est toujours avec Ludovic, qui est avec nous en plateau et qui possède une grande collection de consoles de jeux vidéo. On est aussi en duplex avec Jérémy de la chaîne Ici Japon, qui est au Japon, il est 3h30 du matin au Japon. Et ils vont nous parler d'un projet qu'ils portent ensemble, juste après le PowerPoint de Vincent, dès que Vincent sera revenu pour nous faire sa chronique extraordinaire. Je suis là, je suis là, je suis là. Incroyable. Excusez-moi, ça va Jean ?

1:52
Invité

Ça va et toi ? La fin d'année, ça a l'air un peu quand même... Ouais, c'est raide, c'est raide. Ça a l'air un peu raide, j'ai l'impression quand même. Carrément, et toi, ça va ? Bah écoute, moi je suis convaincu que l'effondrement, le point de bascule, le point de départ de l'effondrement, ça sera les JO 2024. D'accord. Pourquoi vous rigolez ? C'est pas une blague. Alors attendez, là normalement on est branché, je peux lancer, c'est bon. Est-ce qu'on reçoit bien ? La régie, vous me dites, est-ce que vous recevez bien ou pas ? Oui, super, super, super. Let's go.

Alors aujourd'hui, je vais, bon déjà j'étais pas là la semaine dernière, j'en suis désolé, mais je vais laisser un peu de côté l'IA pour revenir sur un de mes sujets de cœur. Une passion de longue date même, on va dire, la transparence des partenariats chez les influenceurs. C'est vraiment un petit peu ce qui me fait me lever le matin, on va dire. Alors pas de king shaming, chacun ses goûts, moi je juge pas les vôtres, donc voilà.

Si j'en parle, c'est parce que depuis la rentrée, en fait, on sent que la loi sur l'influence commerciale, a l'air d'être peu à peu questionnée, en fait, par les influenceurs, par Bruno Le Maire aussi, et la semaine dernière, le gouvernement a annoncé vouloir réécrire partiellement la fameuse loi, moins de six mois après son adoption au Parlement. Ce qui m'a donné envie de poser la question... Ah, attendez. Les voix se mettent un peu de temps à... La loi sur les influenceurs est-elle un fail ? Parce qu'à la base... C'est une bonne question. C'est une bonne question, tu trouves ? C'est une bonne question. Rappelle-toi, on avait reçu sur ce plateau les deux...

Mais je vais en parler, je vais en parler. Il y a une petite image après, taquette. Parce qu'à la base, tout le monde avait l'air d'accord pour dire que c'était plutôt une bonne loi, pour le coup. Si on met de côté le cafouillage bizarre qu'il y avait autour de la tribune des influenceurs, je ne sais pas si vous vous souvenez, Squeezie, tout ça, tout le monde disait « j'ai signé, j'ai pas signé », genre de choses. Le texte était plutôt bon, il visait à rendre obligatoire la transparence des partenariats, signaler les images retouchées, et aussi à interdire certaines promotions comme celle de la chirurgie esthétique, les jeux d'argent et de hasard, etc.

Et on recevait en plateau, il y a quelques mois, les deux porteurs de la loi, notamment Arthur Delaporte et Stéphane Vogetta. Et bien, ils semblaient plutôt contents à l'époque, tout le monde avait l'air de bonnes allois là-dessus. Et il faut avouer que la loi et son petit effet, moi, qui est faite de ce sujet un peu un cheval de bataille personnelle sur les placements de produits déguisés, ma force est de constater qu'il y a des améliorations. J'ai un exercice d'ailleurs pour vous à vous donner. Je vais vous montrer des stories qui remontent à 2-3 ans facilement. Voilà. Donc là, c'est des stories de différents influenceurs.

Et est-ce que vous pouvez repérer à l'écran les mentions de partenariats ? Par exemple, Carlito, malheureusement, il n'avait pas mentionné que c'était un partenariat à l'époque. Pour Anna RVR, la deuxième image, en partant de la droite, on voit qu'il y a un hashtag at glissé tout en haut très, très, très discrètement. Pour Gaël Garza Diaz, il y a un collaboration qui est en haut à droite. Et pour Noolita, ça, c'était mon préféré, il y a un hashtag collab dans le lustre, en fait. Donc blanc sur blanc. Et ça, c'est vraiment un truc, quand je donne des cours à des étudiants, c'est mon exercice préféré pour eux, parce que déjà, ils ne voient pas très bien sur un petit écran.

Mais en gros, ça permettait vraiment de montrer qu'à l'époque, c'était un peu n'importe quoi. Eh bien, aujourd'hui, ça s'est quand même pas mal amélioré. Donc les mentions, elles apparaissent un peu plus clairement, collaboration commerciale. Des fois, elles sont quand même un petit peu petites, notamment sur une vidéo de Squeezie, mais il y a vraiment le mot publicité, par exemple, qui apparaît, ce qui est quand même assez inédit aujourd'hui. Et on a vu aussi même la répression des fraudes recruter du monde pour tirer à vue, en fait, un petit peu sur les influenceurs qui ne respectaient pas les règles. C'est faire du name and shame, comme on dit.

Et il y en a, ils ont même forcé certains influenceurs à publier des stories ou des posts en dur sur Instagram pour indiquer qu'ils ont merdé à un moment. C'était assez impressionnant de voir des influenceurs tout d'un coup un petit peu se faire taper sur les doigts. Et la RPP, c'est l'agence de régulation de la publicité. J'ai oublié l'acronyme exactement. Mais ils ont publié un baromètre un petit peu et ils permettent de passer un certificat pour être un influenceur responsable. Toi, est-ce que tu l'as passé cette...

6:01
Présentateur

Absolument pas, non. Ah d'accord. Je me conforme à la loi, mais je ne savais pas qu'il y avait un truc obligatoire. C'est quoi, c'est un stage de formation ?

6:05
Invité

Ce n'est pas obligatoire, ce n'est pas obligatoire. Tu n'es payé 45 euros et tu as 75% de bonnes réponses. Tu as ton petit certificat et tu peux aller voir les marques et leur dire, regardez, je suis un influenceur responsable. Ah d'accord. Voilà, parce que tu vois, je dis ça parce que Hugo Descript, il l'a passé lui, par exemple. Bref, en tout cas, tout n'était pas parfait depuis la loi, mais ça semblait quand même aller un peu vers le mieux. Sauf que cet été, le commissaire européen Thierry Breton, il s'est énervé, il a tapé du poing sur la table. Il y avait un courrier qui a été envoyé le 14 août dernier à la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna.

Il a estimé qu'il fallait abroger les dispositions des lois promulguées. Donc, en gros, repartir un petit peu de zéro. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, le gouvernement annonçait qu'il allait modifier 4 articles et en supprimer 5. A priori, ça n'aura pas de conséquences profondes sur la loi. Mais fin septembre, en parallèle, Bruno Le Maire, qui est TikToker, qui est chercheur à l'origine de la découverte du renflement brun et qui est aussi ministre de l'économie, il a tenu un discours étonnant face à 150 influenceurs qui étaient réunis pour un atelier. En fait, c'était... Pardonnez-moi. C'était une réunion de travail organisée par Lumic.

Lumic, c'est la fédération professionnelle qui regroupe quelques-uns des plus gros acteurs du secteur de l'influence. Et ce jour-là, il y avait plusieurs influenceurs comme Enjoy Phoenix qui ont expliqué avoir beaucoup de questions sur l'application de la loi, sur des cas particuliers, très propres aux réseaux sociaux, mais pas très explicités par le texte de loi. Et face à ces interrogations, Bruno Le Maire, il a dit l'objectif, ce n'est pas de vous emmerder. Bon, si la loi, ça crée plus de complexité, ce n'est pas une bonne loi. Donc, ça m'a interpellé parce qu'en fait, Lumic a vraiment travaillé avec le gouvernement et les rapporteurs de loi pour mettre en place le texte.

On a même vu le député Arthur Delaporte aller chez Samzira pour en parler, pour celles et ceux qui connaissent, je mentionne Samzira de temps en temps ici. Et donc, j'ai recontacté Karine Fernandez qui était venue, pareil, en plateau et qui est la présidente de Lumic. Et pour me parler un petit peu de cette confusion autour de la loi. Et elle m'a dit que là, justement, en gros, de la loi pour coller au mieux aux règles européennes, c'était en soi une bonne chose. On a un extrait.

Ce qui est une bonne chose, quelque part, parce que ça peut nous permettre de rectifier le tir sur certaines incompréhensions qui continuent de régner aujourd'hui vis-à-vis des créateurs de contenu, comme par exemple la possibilité d'être très clair sur une collaboration sans pour autant s'assurer qu'on utilise le mot spécifique publicité. Si on est un créateur belge, mais qu'on a une communauté en partie française, comment savoir quelle loi s'applique ?

Il y a encore des zones de flou qui nécessitent d'être clarifiées, y compris sur la déclaration des produits reçus dans le cadre de son activité, comme par exemple recevoir des produits de maquillage et en parler sur ses réseaux sociaux si on est spécialisé en maquillage. Bref, il y a tout un ensemble de choses qui nécessitent d'être clarifiées. C'est une bonne occasion de le faire aujourd'hui et on espère pouvoir avoir une issue favorable à tout ça. Et c'est vrai qu'au quotidien, moi, en regardant les influenceurs, je me pose quand même pas mal de questions. Par exemple, ce soir, je porte une casquette qu'un ami m'a offerte, mais c'est une casquette.

Il porte aussi le nom d'une chaîne YouTube qu'il a créée avec un ami à lui. Et bien, aux yeux de la loi, si je prends le texte de loi stricto sensu, techniquement, je devrais le signaler, dire que c'est un cadeau que j'ai reçu parce que, mine de rien, ça fait la promotion d'une chaîne YouTube. Donc, ce soir, et pour ne pas me faire attraper le col, prendre une clé de bras par des agents de la répression des fraudes, je vais juste faire un petit disclaimer rapide. Voilà, j'espère que c'est assez clair. Je le laisse une seconde ou deux comme ça, la DGCRF, vous prenez bien le temps. C'est une collaboration commerciale non rémunérée. si je reprends le terme exact de la loi.

Mais j'ai aussi d'autres exemples qui m'empêchent de dormir. L'Ena Situation, par exemple, récemment, elle a été invitée par Airbnb à aller en Écosse pour passer une nuit dans une réplique de la maison de Shrek construite par Airbnb. Donc, jusque-là, elle, elle a expliqué, elle a dit, voilà, invitation, collab commercial, etc. C'était très clair. En revanche, elle y est allée avec son compagnon Seb qui est lui-même créateur de contenu et lui, sur ces contenus, n'a pas signalé qu'il avait bénéficié un petit peu d'un défraiement, entre guillemets. Et là, je me suis dit, est-ce que lui aussi, il aurait dû mettre partenariat commercial non rémunéré ? Donc, voilà.

Donc, vous, peut-être que la nuit, ce qui vous empêche de dormir, c'est les punaises de lit. Moi, c'est ce genre de questions. Alors, je ne chitterai pas de nom non plus, mais il n'y a pas si longtemps que ça. J'avais interpellé un streamer à propos de la signalétique de certains de ses contenus sur Twitch. J'ai passé 45 minutes au téléphone avec lui pour parler de la loi, des termes à emploi, etc. Et j'étais assez surpris de lui apprendre certaines terminologies ou de lui apprendre l'existence de certaines fonctions disponibles sur Twitch pour signaler des partenariats.

Donc, j'avoue que ça m'a un petit peu interpellé, surtout face à une personne qui était aussi implantée et accompagnée dans le milieu. J'ai aussi demandé à Romy Renato, qui est créatif stratégiste spécialisé dans l'influence, qui travaille dans la pub et l'influence depuis 10 ans maintenant, son avis sur le sujet. Elle a dit notamment qu'il y a des améliorations, mais c'est à marche forcée pour les gens qui avaient des pratiques opaques et plus par peur de la répression des fraudes qu'autre chose, mais certains continuent sur toutes les plateformes à être en dehors des clous.

Elle a dit notamment qu'il faudrait donner des exemples précis pour les aider et mieux communiquer auprès des marques qui travaillent ici en direct avec les influenceurs. Et puis voilà, il y a encore d'autres questions qui demeurent pour les influenceurs, mais aussi de manière plus large pour les journalistes avec les invitations presse, etc. On peut aussi parler des matchs TikTok, donc je vous ai déjà parlé dans une chronique, ou des placements de produits liés à la santé qui sont encore très nombreux et très limites. Bref, il y a encore du travail. Le cadre européen va faire évoluer un petit peu tout ça. Lumique et Bercy vont continuer à se rencontrer dans les mois qui viennent.

J'espère qu'il y aura un peu plus maintenant de transparence pour tout le monde et pas seulement dans les stories Instagram. Voilà, merci à vous. Désolé pour le début de chronique qui était un petit peu compliqué. Je vous souhaite une bonne soirée et à la semaine prochaine.

11:49
Présentateur

Merci à toi, Vincent, pour ce peu, à la fin de Vincent. Merci beaucoup. Sous-titrage Société Radio-Canada

11:59
Locuteur

et à la fin de Vincent.