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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 17 mars 2015 11 min

Alain Madelin : «Il y a des réformes modernistes qui peuvent dépasser les clivages»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il y a le court terme, ce sont les élections départementales des 22 et 29 mars et puis il y a le long terme ce que va devenir la France 2017. sur quel chemin et bien il faut marcher. C'est avec Alain Madelin ce matin, l'ancien ministre de l'économie et des finances qu'on va évoquer ces sujets. [Musique] Madelin, bonjour, bienvenue dans ce studio.

Alors, vous avez écrit une lettre qui s'appelle Unir pour agir qui est une espèce de lettre programme dans laquelle et bien vous faites beaucoup de propositions qui ne sont pas des propositions destinées à la droite ou à la gauche mais au personnel politique, au français parce que c'est un Alors, vous dites le 11 janvier a changé beaucoup de choses. C'est vrai. Oui, c'était l'idée qui a en fait qui était l'attente dans l'opinion he qui a révélé partiellement l'11 janvier, faut pas exagérer, mais qui est au fond l'attente de si on faisait autrement euh une des propositions qui sachent dépasser l'éclivage politique pour avancer. l'idée que franchement euh regardez le spectacle politique, vous voyez des postures, on se bat pour un mot, vous voyez des clivages qui sont entretenus artificiellement puis une sorte de gros bon sens des Français qui disent au fond s'il y avait une coalition des modernes, alors je crois pas la coalition des modernes, le système institutionnel ne s'y prête pas et cetera mais néanmoins, il y a un certain nombre d'idées de réformes un peu modernistes qui peuvent dépasser les clives.

Qu'est-ce vous fait penser ça ? Qu'est-ce qui vous fait penser ça ? Parce que si on regarde le paysage politique aujourd'hui, les interions de vote, bah c'est plutôt le Front National qui lui qui est plutôt clivant pour le coup.

Bah justement, le Front National est clivant mais c'était le balais de Mélenchon là, un grand coup de balai à la classe politique. Là, c'est Marine Le Pen qui tient le mange du balai hein. Il y a il y a aucun doute.

Et au fond, beaucoup de gens se disent si c'est ça la politique alors du balai. Et donc je pense qu'elle est beaucoup plus riche, non pas d'une adhésion à son programme, mais de l'adhésion au au coup de balai. Et donc le le fait de dire au fond l'élection présidentielle, c'est quelque chose de sérieux.

Euh au fond, l'avenir du pays se joue sur l'économie et et sur la croissance. Ce pays peut pas être dominé par des extrêmes. Il faut au fond gouverner au centre.

Et quelles peuvent être les propositions novatrices qui peuvent rassembler des gens ? Alors, vous me connaissez depuis longtemps, je suis un libéral mais aujourd'hui franchement quand je vois les positions d'économiste de gauche, en fait je suis un économiste de gauche qui signorait. Voyez, il y a pouz vous entendre avec Macron quoi.

Par exemple, pour vous dire qu'il y a beaucoup de sujets qui aujourd'hui sont susceptibles de rassembler, la grande erreur ce serait de se dire bah il y a qu'à additionner, certains de vos confrères le disent d'ailleurs, une politique de gauche une politique de droite au fond une mauvaise politique de droite ou plus une mauvaise politique de gauche, ça va pas faire une bonne politique. Mais si on gratte un peu, si on regratte derrière au fond ce qu'il faudrait faire, vous apercevez qu'il y a au fond il y a il y a des consensus. Et vous croyez qu'il y a des gens qui peuvent s'unir autour de ça de ce consensus ?

Je crois qu'il peut y avoir des majorités d'idées pour le moins. Le vrai problème c'est que la prochaine présidentielle Oui. Allez admettons Marine Le Pen au deuxème tour donc il faut gagner le premier tour donc il faut cliver.

Donc vous clivez deè tour tour de Roger. On est espère être élu contre Marine Le Pen. Moralité on a quoi ?

On a 25 %. Oui. Une légitimité de 25 %.

Vous pensez qu'on peut faire des réformes avec 25 % ? Donc celui qui est élu en 2017 il faut qu'il ouvre il ouvre. pas fait en 2002 sûr, il a devoir au moins de rassembler sur les quelques idées modernistes qui peuvent faire la coalition des modernes pour essayer de faire bouger la France.

On ne vit pas une crise, on est en train de vivre une mutation profonde de l'économie. Donc il faut faire du neuf dans tous les domaines. Il y aura pas de retour.

Qui vous l'avez envoyé cette lettre ? Oh bah un peu tout le monde. Hollande aussi.

Oui oui oui ou oui bien sûr. Qu'est-ce qu'il vous ont dit ? Bah je fais je fais la tournée des popotes en ce moment.

Je débrieferai je débrieferai à la fin. Alors avant de revenir sur le contenu, il y a une autre chose aussi. On s'aperçoit que en écoutant Marine Le Pen, en écoutant les Français et tout, c'est pas uniquement l'économique qui les enfin qui les angoisse, c'est aussi une espèce de mutation culturelle justement pour le coup.

Ouais. Alors si je laisse de côté effectivement cette angoisse des Français, mais on est plus chez nous en France he qui et puis il y a les problèmes de l'immigration et cetera. ce ce qui euh il y a un fond de vrai, mais il n'empêche quand même que si vous voulez regarder ces sujets-là, vous pouvez pas les traiter par des clivages.

Personne, vous l'avez bien vu, personne n'a de solution miracle. En réalité, ce sont des problèmes qui se traitent avec le temps. Donc, il faut des politiques qui soient capables de résister aux alternances et puis vous ne traiterez rien sans croissance.

Quand vous regardez la question de l'immigration, la meilleure intégration c'est par le boulot, c'est par le travail. C'est comme ça qu'on a intégré des millions de nouveaux français. Il y a quatre quatre pistes notamment pour rentrer dans le dur de votre lettre.

Fiscalité, réforme complète, euh ouverture à la concurrence, plus grande ouverture à la concurrence et pas uniquement d'ailleurs des secteurs marchands de tous les secteurs. Euh le la réforme du droit du travail et euh la formation professionnelle qu'il faut remettre en celle. Ça c'est pour la compétitivité des entreprises.

Et puis vous avez aussi la compétitivité de la France, c'est celle des entreprises plus la compétitivité de l'État. Oui. Ce que je veux essayer de montrer d'abord, c'est une sorte de changement d'attitude.

Euh, on va pas administrer une purge au français. Ouais. On va essayer de leur donner des fortifiants.

Ce que j'essaie d'expliquer, c'est que franchement l'air des présidents égocentriques, avec moi, vous allez voir ce que vous allez voir. Faites-moi confiance. Et je d'abord, premièrement, c'est pas faites-moi confiance.

N' pas le paysage politique, c'est plutôt refaites moins confiance. Donc, on a déjà vu. Donc, donc faut changer de méthode aussi.

Ce que j'attends c'est qu'un président fasse confiance à l'initiative. Confiance le le changement il va se faire par en bas. Dès que vous outillez la société, vous leur donnez des libertés de faire, des libertés de choisir aux entrepreneurs comme dans l'administration, comme aux enseignants, là ça marche.

Là vous avez un vrai levier de changement. Donc c'est d'abord un changement d'attitude vis-à-vis du pouvoir. Et puis quand même derrière faut effectivement, vous avez raison, il faut une fiscalité procroissance. on tue la croissance avec une fiscalité qui pénalise à ce point les talents et pénalise à ce point le capital.

Oh, je vais pas demander de grande révolution, j'ai moi-même des tas d'idées, mais faites-moi une fiscalité normale, normale. Ramenez-nous à la moyenne européenne voire même à la moyenne haute européenne, celle des pays nordiques. Ça sera déjà un énorme progrès.

Quand on supprime l'ISF, bah donnez-moi une fiscalité du patrimoine normal en Europe. Alors que vous appeliez ça ISF, pasf et cetera. On va pas s'amuser à faire des batailles de mots.

Si on peut les éviter, je les évite. Mais je veux une fiscalité normale en or et normale pour le capital. Le capital n'est pas l'ennemi des salaires.

Ouais. La gauche, je sens parfois plus de gauche que la gauche. Être de gauche, c'est c'est pas taper sur les riches, c'est d'aider les pauvres à s'en sortir.

Donc opposer le capital et le travail, c'est idiot. Le bon salaire, il est fait parce que vous avez investi dans les entreprises, parce que le pays a un haut niveau d'investissement. C'est ça qui fait les bons salaires.

Donc capital, travail. Ouais. Concurrence élargir la sphère de la concurrence.

La loi Macron, c'est un petit pas. Ouais. C'est quand même plus facile de s'attaquer au notaire qu'au Decker, quoi.

Mais alors Madelin, je me fais encore l'avocat du diable. vous, votre idée principale, c'est de donner de de plus de liberté, plus d'initiative pour qu'il y ait plus d'initiative dans ce pays. Et vous apercevez qu'en fait beaucoup de Français aussi, ils ont peur et ils veulent plus d'état en revanche, ce qui est un peu ce qu'a compris Marine Le Pen d'ailleurs.

Oui. Bah parce que parce que actuellement on vend une purge. Vous avez une sorte de consensus droite gauche ou qui consiste à dire on a trop distribué de salaires, on a trop distribué d'avantages sociaux.

Donc il faut reprendre. Ouais. C'est dur pour les socialistes qu était le parti du plus, faut qu'il devienne le parti du moins.

C'est dur à vivre mais finalement c'est quand même un peu ça. En réalité cette politique là, moi j'y crois pas. C'est ce qu'on appelle des politiques puisque je peux pas dévaluer la monnaie.

Je diminue le coût du travail, je diminue le coût du capital, je diminue les services publics, je diminue la dépense publique et cetera. En réalité, on a besoin d'augmenter essentiellement la croissance et on a besoin de réforme profonde. Je prends l'exemple, couper dans les dépenses publiques.

Bien, ça fait moins de service public, ça fait pas l'efficacité de la dépense publique. L'efficacité, ça suppose qu'il y ait des réformes derrière tout ça. J'entendais quelqu'un qui disait "Ben écoutez, il y a trop un candidat potentiel qui disait "On dépense trop pour la formation professionnelle." On dépense mal surtout.

On dépense mal. C'est un système qui est on a libéré on a solvabilisé la demande. C'estàdire qu'on a créé un droit à la formation qui est petit mais on a créé un droit à la formation financé euh pour les individus.

Maintenant faut libérer l'offre, faut faire ce que je propose une sorte de Uber numérique de la formation professionnelle pour contourner les taxis. Si et bien il y avait on peut l'espérer et bien une majorité qui se dégageait pour se retrouver autour de votre texte par exemple sur les grandes lignes. Pas une majorité.

Je dis pas ça, je dis quelque chose qui est acceptable, qui n'est pas une humiliation pour le camp d'en face et dans lequel il y a suffisamment de gens à l'intérieur du camp d'en face pour dire bah ça c'est une bonne idée. Est-ce que vous pourriez repartir euh aux affaires ce que je suis en train de dire c'est quand même une bouteille à la mer hein. Ouais.

Euh les chances, j'y crois et les gens me disent "C'est bien ce que tu fais" mais euh infini, je vois le jeu politique dominé par par les vieux appails et je vois euh la tentation euh la tentation du balai. Mais si je pouvais pas dans une for non pas dans une position active, j'ai j'ai d'autres occupations aujourd'hui, mais dans une position euh c'est-à-dire de proactive, c'est-à-dire d'aider par mes conseils. Mais bien sûr, je ne demande que ça d'ailleurs.

C'est pour ça que j'ai écrit ce petit opuscule unir pour agir, c'est pas encore un livre mais c'est un déjà un ebook, tout le monde peut le charger sur le site Alain Madelin. Libre échange avec Alain Madelin. Voilà, c'est dit, c'est le talk le Figaro d'Alain Madelin.

IR pour agir. Ce sont quelques grandes idées qu'il a couché sur le papier pour que le personnel politique s'en inspire. Il faut changer de méthode pour et faire repartir la croissance qui est la clé et bien d'une meilleure d'un avenir plus rose dans notre pays.

Rose au sens premier du terme évidemment. Merci à la Madelin. [Musique]