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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 26 août 2025 11 min

Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, est l'invité politique de la matinale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Philippe Baptiste. Bonjour. Est-ce que quand vous avez accepté mon invitation pour venir donc dans le 7h45 de de France Info TV ce matin, euh vous vous êtes dit, c'est peut-être ma ou en tout cas l'une de mes dernières interview en tant que ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche de François Bairou.

Non, est-ce que je me suis dit ça ? Non, enfin, je veux dire, c'est pas le sujet à mon avis est pas là. Enfin, le sujet est pas un sujet personnel ou individuel.

La question simplement enfin ce qui s'est passé hier, c'est un moment fort de vie politique. C'est je crois c'est un moment où le premier ministre François Baïou a eu le courage de mettre sur la table de manière extrêmement claire la situation budgétaire du pays. Avec un constat qui est un constat qui est fort, c'est que aujourd'hui il y a pas de prise de conscience.

Enfin, on a l'impression que quelque part les messages qui sont aujourd'hui portés par le gouvernement sont pas véritablement entendus. Et alors que je pense que il y a on a effectivement on est on a un véritable problème budgétaire aujourd'hui. On est à quelques quelques centimè d'une d'une vraie crise budgétaire parce que on vit au-dessus de nos moyens.

C'est-à-dire que globalement, on dépense beaucoup trop par rapport à ce que le pays gagne entre guillemets. Mais cette situation, elle est elle est pas tolérable pour une famille et de la même manière, elle est pas tolérable pour un pays parce que aujourd'hui, en fait, on paye nos retraites en allant emprunter de l'argent aux États-Unis dans des fonds de pension. Ben vous voyez bien qu'au bout d'un moment, ce système-là, il peut pas marcher.

Donc il faut qu'à un moment donné, on soit capable de mettre en en adéquation en fait à la fois ce qu'on gagne, nos recettes, notre produit intérieur brut et puis ce qu'on dépense pour notre modèle social qui est extraordinairement généreux. Et je crois que tout le monde veut le préserver à commencer par le premier ministre, le président de la République. Mais pour ça, ça veut dire qu'il faut qu'on soit capable de faire des efforts et de réduire notre déficit.

Alors, Philippe Bapti, vous parlez de décision courageuse he de la part du du Premier ministre. Est-ce que le courage n'aurait pas été justement de tenter de soumettre au vote ce budget euh quit à s'exposer à une motion de censure ? Là, on a l'impression que c'est un peu une fuite en avance un peu pas non, pas du tout, pas du tout.

Je crois que aujourd'hui il y a il y a un problème de la question qui est posée, c'est déjà la question du constat. Est-ce que est-ce que ce constat, c'est un constat qui est véritablement partagé par tous ? Et je pense que c'est une question qui va se poser individuellement à chaque député au moment où il va voter ou non justement ce qu'on appelle la confiance.

Enfin ou la la la question, elle est là simplement, c'est est-ce que à un moment donné ce constat il est partagé ? Après je pense que le premier ministre a été extrêmement clair sur le fait que il y a un objectif général, il faut réduire le déficit. On est à 6 % de déficit, il faut l'amener à 3 dans quelques années et la première étape ici là c'est de passer à 5,4.

Je rappelle quand même que le budget tel qu'il a été préparé pour le moment, c'est un budget qui augmente par rapport à l'année précédente. C'est que quand on dit c'est un budget de rigueur et cetera où on baisse les C'est pas vrai, le budget augmente. Il augmente moins que ce qu'on pourrait espérer.

Ça permet de réduire un peu, un tout petit peu le montant du déficit mais qui continue à augmenter. Je veux dire, il faut qu'on en prenne conscience. Je veux dire, on peut pas continuer comme ça.

Donc je pense que oui, c'est très courageux comme décision et quelque part il faut que ce constat soit partagé et qu'on dépasse simplement après parce que moi j'ai entendu évidemment tout le débat politique pendant l'été où telle mesure était contestée, telle autre était contestée et à chaque fois pour des raisons qu'on peut entendre mais à la fin je veux dire globalement qui aujourd'hui est capable de proposer globalement une solution. Aujourd'hui, le gouvernement en a proposé une. Maintenant, évidemment, s'il y a d'autres solutions qui sont qui sont proposées, qui sont mises sur la table, je crois que le Premier ministre a été très clair en disant qu'il était à l'écoute de ça.

Mais aujourd'hui, il faut qu'il y ait un électrochoc quelque part et quelque part, les forces politiques de gouvernement proposent des choses. Phil Baptiste, on a du mal à voir comment euh François Baou peut quand même s'en s'en sortir, hein. Quand on voit les réactions des oppositions tout de suite après sa conférence de presse hier, leur Assembl national et Marine Le Pen qui disent qu'ils ne voteront pas la confiance de même pour la France insoumise et l'ensemble de la gauche même le Parti socialiste qui avait sauvé he désolé pour l'expression mais François Baou il y a quelques mois là a dit par la voix d'Olivier Fort premier secrétaire du PS on ne soutiendra pas François Baïou on ne votera pas la confiance du gouvernement il y a des forces qui veulent le chaos c'est le cas de LFI et qui assument quelque part de vouloir le chaos pour pouvoir après quelque part faire autre chose, je ne sais pas quoi d'ailleurs, personne ne le sait mais ça OK, je mets ça de côté mais à côté moi, il me semble que derrière la question, elle va se poser à chaque député individuellement.

C'est une question fondamentale, une question de responsabilité face à un budget qui est quand même extrêmement qui arrive dans pas très longtemps. Et donc la question, c'est qu'est-ce que je veux faire pour mon pays ? Et comment est-ce que je veux contribuer à la construction d'une solution budgétaire ?

Peut-être qu'il faut la faire évoluer par rapport à ce qui a été mis sur la table ces dernières semaines et pendant l'été par le gouvernement. Et je pense que ça de nouveau ça a été extrêmement clair le donc vous avez encore de l'espoir vous pensez que pendant les 15 jours ou mais moi je pense qu'il y a un travail de conviction qui doit être mené qui doit qui doit être porté par tout le monde. Mais je pense qu'il faut qu'on ouvre la porte qu'on ouvre la discussion avec tous les députés avec tous les députés je pense qu'il y a les institut enfin il y a évidemment les les appareils mais au-delà des appareils, il y a aussi simplement la responsabilité de chaque député individuellement parce que c'est lui quelque part qui en a mes consciences à un moment où on est décidé de ce qui de ce qui va se passer derrière.

Est-ce que ce constat il est partagé ou pas ? Est-ce que oui ou non on est d'accord pour se dire que là on n'est pas très très loin d'une falaise budgétaire si je comprends bien vous appelez chaque député les 577 députés finalement à sortir de leur le leur logique de groupe politique d'appartenance politique et de se dire je vote individuellement pour savoir si je partage ou pas le constat du du premier ça semble compliqué quand même comme méthodou c'est c'est c'est simplement je dis juste que à la fin c'est chaque député qui va se prononcer il y a évidemment des logiques d'appareil il y a des logiques de groupe qui n'échappent personne et qui ne m'échappent pas aussi j'ai aussi fait mon qui peuvent être suivis ou pas. Je pense que ce je pense que cette question cette question je pense que quelque part aujourd'hui la question qui est posée c'est est-ce que ce constat il est partagé ou pas ?

Je rappelle quand même je veux dire un chiffre, je vais pas vous donner 50 chiffres mais un chiffre un enfant quand il n aujourd'hui il a une dette de 50000 €. Chaque personne en France, chaque naissance chaque personne en France a une dette de 50000 €. 50000 € et voyez bien qu'en fait c'est quand même des sommes qui sont quand même considérables.

On peut pas continuer comme ça. Il faut arriver à stabiliser ce déficit voir à le réduire sur le long terme. Et pourquoi c'est grave ?

Parce qu'en fait ce déficit là, quand on va emprunter de l'argent sur les marchés ou à des fonds de pension américains et cetera, on l'utilise pour payer nos retraites, c'est très bien, mais on l'utilise pas pour investir dans l'avenir. On l'invest on l'utilise pas pour investir dans la recherche, dans les universités, dans dans l'avenir du pays. Et ça, c'est dramatique.

Donc il faut qu'on arrive à se mobiliser pour réduire ce déficit, pour relancer notre croissance et pour construire notre industrie de demain. Est-ce que cette décision hier d'appeler un vote de confiance de la part de François Baou vous a surpris ? Personnellement, on sait que le Premier ministre a rencontré tous ses ministres juste avant cette conférence de presse, à peu près 30 minutes d'échange.

Euh, comment vous avez réagi ? Certains ont été à Bassourdi, nous dit-on. Comment vous avez réagi personnellement ?

Vous attendiez à ça ou pas ? Je je pense que ce moment de vérité quelque part peut-être que d'cun l'attendaiit plus tard ou mais la la question la question est pas là c'est qu'on voit bien quelque part moi j'ai suivi le débat cet été là pendant le débat politique cet été où ce qu'on entendait à FR c'était des contestations de telle ou telle mesure. C'est ça c'est pas juste les de jours ça va pas parce que c'est injuste et tout ça.

Bon ces questionsl elles peuvent être légitimes prises individuellement mais après à un moment donné il faut quand même être capable de poser le constat global sur la table. hm et d'être capable de traiter globalement cette question et pas simplement se concentrer sur telle ou telle mesure spécifique qui évidemment est douloureuse pour tout le monde. Enfin, c'est et donc et c'est ça le mouvement qui est là aujourd'hui, c'est de dire simplement le mouvement politique courageux du Premier ministre aujourd'hui, c'est de dire et bien effectivement aujourd'hui on a un problème global sur la table.

Ce problème, c'est un problème du déficit qui a été creusé par tous les gouvernements de droite et de gauche depuis 20 ans, hein. Depuis 20 ans. Et ben et cette question et ben évidemment comment on fait demain pour la traiter et comment on fait pour sortir de cette spirale qui est une spirale qui est dangereuse ?

En fait, on age la aussi l'autonomie stratégique du pays parce que simplement au bout d'un moment, on n'est pas capable de financer nos investiss. Alors, Philippe Bapti, c'est quoi finalement la la suite ? Si François Baot donc n'a pas la confiance des députés, il doit s'en aller, on le sait, et le gouvernement tombe avec lui.

Que doit faire Emmanuel Macron ? Parce que maintenant, c'est Emmanuel Macron qui pourrait être en première ligne, nommer un nouveau premier ministre très rapidement. Il y a le nom de Sébastien le cornu qui le minise d'armé qui circule à nouveau comme il circule d'ailleurs à chaque fois.

Est-ce qu'il doit dissoudre à niveau à nouveau l'Assemblée nationale et créer des législatives anticipées ? Qu'est-ce qui doit se passer maintenant ? il vous a pas échappé que c'est une prérogative effectivement du président de la République et donc c'est au président de la République évidemment de de se positionner et de et de prendre des décisions si jamais le gouvernement devait à un moment ou un autre tomber.

Et moi je suis pas dans cette logique là aujourd'hui mais aujourd'hui la question est pas tellement là. La question c'est simplement de comprendre est-ce que on est certain, il faut qu'à la fois nos concitoyens qu'on a un travail de pédagogie vis-à-vis vis-à-vis des citoyens comprendre que tout le monde comprenne effectivement qu'on est dans un système qui a un système qui qui peut pas continuer tel qu'il est aujourd'hui et qu'il faut un minimum réformé réformé pour le préserver parce que le danger il est là et un travail de conviction vis-à-vis des groupes politiques et vis-à-vis des députés et c'est ça dans les 15 prochains jours. Moi, je veux pas faire de la politique fiction, c'est pas mon travail.

Euh moi je suis là pour enfin voilà, je suis pas politique moi je suis pas un politique de profession, je crois à ce que je fais et je crois un langage de vérité et ce qui me plaît dans ce qu'on entend aujourd'hui c'est ça. Question une question sur ce mouvement du 10 septembre qui appelle à paralysé à bloquer la France donc à partir de cette date du 10 septembre. Est-ce que François Baou, en prenant cette décision d'appeler un vote de confiance le 8 septembre, donc 2 jours avant euh cet appel à la mobilisation, euh n'a pas été aussi mis en place pour courtcircuiter ce mouvement, pour essayer finalement euh bah de de mettre à mal ce mouvement euh qui semble plante de de l'ampleur et qui est récupéré notamment par les par certains partis de gauche.

Alors ça, il m'a pas échappé qu'effectivement LFI est en train d'essayer de récupérer le mouvement ou de le prendre en otage, je ne sais pas. Enfin, ça c'est certain. Est-ce qu'il d'ailleurs pose un certain nombre de de questions ?

Euh et le récupérer, pour quoi faire ? Personne ne sait non plus en dehors de de d'organiser le chaos, ça c'est ça c'est sûr. Maintenant, moi ma question euh je pense que le le le le fait d'avoir cette discussion le 8 au Parlement, je pense que je pense qu'elle remet au cœur la question du parlement.

On vit dans une République avec un parlement qui vote le budget. C'est c'est ça responsabilité. Mais ça veut dire que la discussion elle se fait Mais non mais la discussion elle se fait pas dans la rue.

La discussion elle doit se faire au parlement et je pense que c'est ça qui est fondamental. Je pense que aujourd'hui personne ne sait exactement comment ce mouvement va évoluer, ce qu'il veut et cetera, quelles sont ses ambitions. Ce qu'on voit c'est très clairement des tentatives de récupération politique de la part de monsieur Mélenchon.

Ça c'est clair, on l'entend, on l'entend jour et nuit. Mais à part ça aujourd'hui, je veux dire enfin il y a pas de proposition. Je veux dire, on est dans une situation de crise budgétaire aujourd'hui.

Est-ce que la question est-ce que la réponse c'est tout bloqué ? Je crois pas. Merci F Bist, merci d'avoir répondu à mes questions.