Clément Viktorovitch : le premier discours du candidat Macron ?
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Chapitres
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Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Aujourd'hui comme hier vous le voyez, le travail continue donc d'être notre boussole, le fil rouge de notre action. »
- 0:42PrésentateurFait
« C'est par le travail et par plus de travail que nous pourrons préserver notre modèle social. »
- 0:46PrésentateurFait
« C'est par le travail aussi que nous permettrons à nos aînés de vivre plus longtemps chez eux. »
- 0:50PrésentateurFait
« C'est par le travail de tous que nous pourrons continuer de rendre notre état plus solide. »
- 1:39PrésentateurFait
« C'est par le travail de tous enfin que nous pourrons bâtir notre indépendance énergétique. »
- 1:49PrésentateurFait
« Ce que nous vivons ces dernières semaines nécessite des réponses d'urgence. »
- 2:59InvitéFait
« Marine Le Pen par exemple avait utilisé le concept de liberté comme pivot dans son grand meeting de septembre dernier. »
- 3:05InvitéFait
« Anne Hidalgo, elle, avait érigé en boussole le respect. »
- 3:16InvitéFait
« Emmanuel Macron lui-même, en avril 2019, avait inauguré le deuxième temps de son mandat après la crise des gilets jaunes en rythmant sa conférence de presse avec une même formule, l'art d'être français. »
Temps de parole
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Clément Victorovitch qui a réécouté aujourd'hui les 27 minutes du discours prononcé par Emmanuel Macron hier soir, un discours de candidat Clément. Absolument, en tout cas c'est ce qu'il me semble et cela se voit à un point à la fois précis et technique, la structure de ce discours. Alors je vais laisser de côté le premier quart de l'allocution dans lequel le Président de la République évoque la crise sanitaire ainsi que la dernière partie où il parle des grands enjeux politiques à venir pour me concentrer sur la partie centrale, celle dans laquelle il évoque son bilan et dresse des perspectives. Et il y a un mot en particulier qu'on y a beaucoup entendu.
Aujourd'hui comme hier vous le voyez, le travail continue donc d'être notre boussole, le fil rouge de notre action. C'est par le travail et par plus de travail que nous pourrons préserver notre modèle social. C'est par le travail aussi que nous permettrons à nos aînés de vivre plus longtemps chez eux. C'est par le travail de tous que nous pourrons continuer de rendre notre état plus solide.
Alors je vous ai laissé quelques occurrences de côté mais on comprend le principe. Le travail c'est l'enjeu et même la valeur qui sert de boussole à toute l'action du gouvernement. En termes rhétoriques ce que nous venons d'entendre cela porte un nom. C'est ce qu'on appelle une structure anaphorique. Alors l'anaphore vous savez c'est cette figure qui consiste à enchaîner des phrases qui commencent toutes par la même formule. Et la structure anaphorique et bien c'est pareil mais à l'échelle de tout un texte dont chaque partie commence par la même formule.
En somme c'est un genre de plan et il est très pratique puisqu'il permet de donner une cohérence ou à minima une apparence de cohérence à ce qui ne serait sinon qu'une simple énumération de constats d'idées ou de propositions. Et c'est ce qu'a fait le président de la république hier soir. Alors oui et d'ailleurs parfois cela a confiné à l'acrobatie.
C'est par le travail de tous enfin que nous pourrons bâtir notre indépendance énergétique. Nous vivons chaque jour les conséquences de la situation actuelle. Le plein plus cher à la pompe, la facture de gaz et d'électricité qui augmente. Ce que nous vivons ces dernières semaines nécessite des réponses d'urgence.
Alors autant on voyait très bien le lien qui unit travail et préservation de notre modèle social, autant le rapport entre travail, indépendance énergétique et prix à la pompe, disons qu'il est plus ténu. Il est ténu. Bref, dans cette intervention, le travail est un grand slogan dans lequel toute l'action du gouvernement doit rentrer au chausse-pied. Est-ce que le travail ne serait alors qu'une formule opportuniste ? Moi je n'irais pas tout à fait jusque-là. C'est une valeur en effet qu'Emmanuel Macron martèle depuis le début de son quinquennat. En revanche, oui, je pense qu'il y a des raisons stratégiques au fait de tant mettre ce mot en avant maintenant.
Il permet à Emmanuel Macron de s'inviter innocemment à la table des débats qui anime en ce moment les républicains et qui tous prônent le travail comme point cardinal. Vous disiez que la structure de son discours était particulièrement caractéristique. Eh bien oui, parce que par sa capacité à apporter une unité à un ensemble de mesures disparates, la structure anaphorique est celle des grands discours de politique générale ou des grands discours d'entrée en campagne. Marine Le Pen par exemple avait utilisé le concept de liberté comme pivot dans son grand meeting de septembre dernier. Anne Hidalgo, elle, avait érigé en boussole le respect.
Emmanuel Macron lui-même, en avril 2019, avait inauguré le deuxième temps de son mandat après la crise des gilets jaunes en rythmant sa conférence de presse avec une même formule, l'art d'être français. Alors depuis, les temps ont changé. Le concept phare également. En revanche, le procédé, lui, reste. C'est celui d'un discours qui donne de grandes perspectives pour l'avenir. Donner de grandes perspectives pour l'avenir à quelques mois d'un scrutin présidentiel, en politique, cela porte un nom. Ça s'appelle faire campagne. Entre les lignes, c'était Clément Victorovitch. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.