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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 novembre 2024 25 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesSécuritéEurope & international

Budget 2025, crise politique, crise financière... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    On est dans la dernière ligne droite, la menace de censure qui se précise d'abord sur ce moment, sur la forme.

  • 0:19OuverteRéponse partielle

    On a ressenti, on a cru ressentir de l'amertume, voire une pointe de colère chez le Premier ministre. Est-ce que c'est le cas ?

  • 0:53RelanceÉludée

    Mais ce ton, cette amertume, elle vient d'où ? Elle vient de la peur de la censure ?

  • 1:40OuverteRéponse partielle

    Est-ce que l'amertume ne vient pas du fait que, certes, il a été entendu pour partie par les oppositions, finalement, mais le plus dur, c'est d'être lâché par les siens ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Elle est disposée aux compromis, cette Assemblée ? Vous la pratiquez quand même depuis des semaines, maintenant ?

  • 2:51RelanceÉludée

    Mais vous ne répondez pas à la question, est-ce que cette mission qui est la vôtre, qui est celle de Michel Barnier, c'est une mission impossible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « On traverse un moment extrêmement grave, décisif pour le pays. Je pense que la France est à la croisée des chemins. »
  • 0:31Invité politiqueFait
    « On a le choix aujourd'hui entre relever la tête, accepter un budget de redressement co-construit avec les parlementaires ou s'enfoncer dans un déficit dont on sait aujourd'hui où il nous mènera vers un affaiblissement durable sur le plan économique, social, diplomatique du pays. »
  • 4:29Invité politiqueChiffre
    « La mesure initiale était de 4 milliards. Nous proposons de la réduire à moins de 2 milliards. »
  • 4:34Invité politiqueFait
    « Nous proposons de ne pas toucher aux charges sur les salaires autour du SMIC. »
  • 5:22Invité politiqueChiffre
    « 60 milliards d'économies à trouver. »
  • 5:41Invité politiqueChiffre
    « le déficit en 2024 atteint 6,1%. »
  • 5:45Invité politiqueChiffre
    « Si on continuait sur la trajectoire sans prendre des décisions effectivement difficiles, on irait vers un déficit à 7% l'année prochaine. »
  • 8:04Invité politiqueChiffre
    « l'État a protégé les factures d'électricité des Français, et que ce bouclier tarifaire a tout de même coûté la modique somme de 30 milliards d'euros. »
  • 9:31Invité politiqueChiffre
    « Les allègements de charges, aujourd'hui en France, c'est 80 milliards d'euros par an. »
  • 10:18Invité politiqueChiffre
    « le Président de la République, depuis 7 ans, de par sa politique d'aide aux entreprises, a permis la création, par exemple, de 100 000 emplois industriels depuis 3 ans, la diminution du chômage. »
  • 15:40Invité politiqueChiffre
    « Utiliser le budget 2024, c'est d'abord se priver de tous les investissements supplémentaires. Je l'ai dit, 7 milliards sur la santé, 3 milliards sur la défense, 1 milliard pour la sécurité des Français. »
  • 16:18Invité politiqueFait
    « L'écart de taux et d'emprunts à 10 ans entre la France et l'Allemagne était hier à son plus haut niveau depuis 12 ans. »
  • 20:33Invité politiqueFait
    « Quand sera publié ce décret ? Dans les heures à venir. Est-ce que ça a un effet immédiat ? La réponse est oui. »
  • 21:07Invité politiqueChiffre
    « depuis le début de l'année, ça représente environ 17 % des achats de véhicules neufs, les achats de véhicules électriques. »
  • 23:29Invité politiqueChiffre
    « un succès diplomatique dont nous pouvons évidemment être fiers, qui permet la fin d'une tragédie qui a coûté la vie à 4 000 personnes, et qui permet aussi le retour de civils déplacés, 60 000 personnes en Israël, plus d'un million de personnes au Liban. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon72 %
  • Présentateur12 %
  • Présentateur 211 %
  • Invité4 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonjour Maud Bréjean, on va revenir très largement avec vous sur cette intervention de Michel Barnier hier soir chez nos confrères de TF1. Pour évoquer ces discussions budgétaires, on est dans la dernière ligne droite, la menace de censure qui se précise d'abord sur ce moment, sur la forme. On a ressenti, on a cru ressentir de l'amertume, voire une pointe de colère chez le Premier ministre. Est-ce que c'est le cas ?

0:26
Maud Bregeon

On traverse un moment extrêmement grave, décisif pour le pays. Je pense que la France est à la croisée des chemins. On a le choix aujourd'hui entre relever la tête, accepter un budget de redressement co-construit avec les parlementaires ou s'enfoncer dans un déficit dont on sait aujourd'hui où il nous mènera vers un affaiblissement durable sur le plan économique, social, diplomatique du pays.

0:53
Présentateur

Mais ce ton, cette amertume, elle vient d'où ? Elle vient de la peur de la censure ?

0:58
Maud Bregeon

Premier ministre, depuis sa nomination, ça fait deux mois, deux mois et demi maintenant, n'a cessé de tendre la main aux différents groupes parlementaires en ayant conscience d'une situation, encore une fois, grave, extrêmement compliquée, dans un contexte politique que nous n'avions pas connu depuis des dizaines d'années. Et ces discussions se sont avérées parfois très compliquées. Moi, je note qu'il y a eu un certain nombre d'avancées, un certain nombre de compromis. Mais on est aujourd'hui, encore une fois, je le redis, à la croisée des chemins. Et nous avons des décisions à prendre. Michel Barnier est un homme responsable.

Et j'espère que le reste des responsables politiques le seront également vraiment.

1:40
Présentateur

Est-ce que l'amertume ne vient pas du fait que, certes, il a été entendu pour partie par les oppositions, finalement, mais le plus dur, c'est d'être lâché par les siens ? Quand il parle des gens qui font des petites phrases, qui feraient mieux de consacrer leur énergie aux Français, il s'adresse à sa majorité, non ?

1:54
Maud Bregeon

On a toujours eu conscience, depuis la composition du gouvernement, que cette situation, que c'est la composition de ce socle commun, était extrêmement complexe, parce qu'il était fait de gens qui s'étaient parfois affrontés durement dans le passé. Moi, je pense qu'il faut arrêter de regarder dans le rétroviseur. Mais donc, le socle commun, c'est un mot qui n'existe pas vraiment. D'arrêter de regarder tous les désaccords qu'on a pu avoir, mais de s'accorder sur ce qui, aujourd'hui, est l'essentiel. Et l'essentiel, c'est de redresser les finances publiques de ce pays. Parce que si on ne le fait pas, si on ne le fait pas, ce sera les Français les plus précaires qui paieront.

2:30
Présentateur

Elle est disposée aux compromis, cette Assemblée ? Vous la pratiquez quand même depuis des semaines, maintenant ?

2:35
Maud Bregeon

Depuis même deux ans et demi. Je crois qu'on n'a pas le choix. J'observe que, durant les débats parlementaires, que le gouvernement a respecté un certain nombre de chemins de compromis ont été trouvés.

2:51
Présentateur

Mais vous ne répondez pas à la question, est-ce que cette mission qui est la vôtre, qui est celle de Michel Barnier, c'est une mission impossible ?

2:56
Maud Bregeon

Je pense par exemple à la protection des retraités les plus modestes. Je vois qu'un certain nombre de compromis sont également trouvés au Sénat. Mais, je le redis, ceux qui prendraient le risque d'envoyer le pays dans le mur, parce que c'est bien ça dont il est question, à force de penser qu'il n'y a pas de mur, on finit par se le prendre. Ceux qui prendraient le risque d'envoyer le pays dans le mur devront, c'est leur droit, mais ils devront assumer la responsabilité d'un affaiblissement durable du pays.

3:24
Présentateur

Mais, encore une fois, vous s'adresse à qui quand vous dites ça ? Il y a la menace de censure du RN, mais il y a, dans le socle commun, on peut en parler tout de suite, cette CMP cet après-midi sur le budget de la sécu. La commission acte paritaire. La commission acte paritaire, cette députée sénateur, on réexplique, pour tenter de boucler ce budget. Vous dites quoi à vos amis députés sénateurs Renaissance, qui n'ont toujours pas décidé, à l'instant où on se parle, s'ils allaient soutenir votre budget ?

3:45
Maud Bregeon

D'abord, mon point s'adresse et s'adressait aux oppositions qui, aujourd'hui, brandissent cette menace de la censure, sans nous expliquer qu'elle serait le jour d'après. Quant à la commission mixte paritaire, et donc cette instance qui réunit des députés et des sénateurs, et qui doit trancher sur la copie finale du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, je ne doute pas qu'un accord sera trouvé. On a entendu, le gouvernement a entendu les demandes, les inquiétudes des parlementaires du socle commun, qui relaient les inquiétudes des Français, qu'ils entendent eux-mêmes dans leur circonscription.

Il y a encore quelques ajustements dans les dernières heures à trouver, je pense notamment à la question des allègements de charges. Le gouvernement a fait des efforts conséquents. La mesure initiale était de 4 milliards. Nous proposons de la réduire à moins de 2 milliards. Nous proposons de ne pas toucher aux charges sur les salaires autour du SMIC. C'est un effort extrêmement important, parce qu'il permet de préserver l'emploi, et notamment l'emploi des personnes les moins rémunérées.

Et j'espère, et j'ai confiance dans mes anciens collègues, à un moment, encore une fois, décisif pour la France, de permettre au pays de se doter, encore une fois, d'un budget pour la sécurité sociale dont nous avons besoin.

5:03
Présentateur

Toutes ces avancées dont vous parlez, malgré ça, Elisabeth Borne, députée macroniste, dit hier, ancienne Premier ministre, qu'elle n'est d'accord sur rien avec ce budget.

5:10
Maud Bregeon

Écoutez-moi, je comprends qu'il puisse y avoir des désaccords. Je comprends qu'il puisse y avoir des débats. Il y a eu, encore une fois, je le redis, de longs débats à l'Assemblée nationale. On a aujourd'hui un contexte qui s'impose à nous. 60 milliards d'économies à trouver. Vous savez, le gouvernement ne prend pas plaisir à demander des efforts aux entreprises et à faire des baisses de dépenses. Ce sont des efforts et ce sont des décisions qui s'imposent à nous. Parce que, je le redis quand même, à toute fin utile, le déficit en 2024 atteint 6,1%. Si on continuait sur la trajectoire sans prendre des décisions effectivement difficiles, on irait vers un déficit à 7% l'année prochaine.

Ce qui constituerait un décrochage économique dont le pays mettrait des années à se remettre.

5:57
Présentateur

Maud Bréjons, avant de parler vraiment du fond, une dernière question politique. Parce qu'hier, pendant cette interview, il y a eu un glissement. On est passé d'un 49,3% probablement à assurément dans la bouche du Premier ministre. Il y aura donc un 49,3%. A quel moment ?

6:12
Maud Bregeon

Le gouvernement, le Premier ministre, a souhaité laisser toute sa place au débat. Je pense que c'était une bonne chose si on ne l'avait pas fait. Les mêmes qui, aujourd'hui, réclament un 49,3% rapide, nous auraient probablement accusés d'antiparlementarisme. Et un 49,3% sur la base de quel texte ? Sur le texte qui sortira de la CMP ? Du reste, on a beaucoup de défauts, mais on sait compter. Pour valider un budget, il faut 289 députés. Le socle commun ne comprend pas 289 députés. Je ne vois pas, aujourd'hui, de groupe d'opposition en capacité de voter le budget tel qu'il est. Et donc, effectivement, le 49,3% sera un outil que le gouvernement devra utiliser.

Sur la base du texte qui sort de la CMP ? Sur la base du texte qui, j'espère, sortira de la CMP, je ne veux pas m'avancer, évidemment, à la place des parlementaires. Sinon, sur le texte de départ du gouvernement ? Laissons les échanges en commission mixte paritaire se faire. Moi, je suis confiante quant à la capacité des différents parlementaires du socle commun de trouver, encore une fois, un point d'équilibre.

Et pour terminer sur l'utilisation de ce 49,3%, que le Premier ministre a évidemment confirmé, vous l'avez dit hier, lors du 20h de TF1, c'est une utilisation qui est nécessaire, parce que c'est ce qui doit permettre de doter la France d'un budget, et en l'occurrence, le budget de la Sécurité sociale, qui permettra par ailleurs une hausse des dépenses de santé d'environ 7 milliards. Donc, nous en avons besoin.

7:44
Présentateur

Très concrètement, on va voir si on peut faire plus, a dit plusieurs fois Michel Barnier hier. Très concrètement, sur l'électricité, par exemple, est-ce qu'il va y avoir un geste ou non ? Il dit, il rappelle que la facture va baisser de 9%, ça s'est prévu, mais on va voir si on peut faire plus.

7:58
Maud Bregeon

Alors, trois choses. D'abord, je commence toujours par rappeler que l'État a protégé les factures d'électricité des Français, et que ce bouclier tarifaire a tout de même coûté la modique somme de 30 milliards d'euros. C'est, je crois, important de le dire. Il y a effectivement un effort qui était prévu dans la copie initiale, mais qui permettait tout de même de maintenir une baisse des factures de 9%. Nous entendons, nous entendons les demandes.

8:21
Présentateur

Ça, ce sont les prix de l'énergie au niveau européen.

8:22
Maud Bregeon

Je le redis. Nous entendons, nous entendons les demandes portées par une large majorité de groupes parlementaires, du socle commun, mais pas que, nous demandant de faire un effort. Et donc, le Premier ministre, hier, a ouvert la porte à un aménagement de cette mesure. Je ne suis pas en mesure, ce matin, de vous dire de combien pourrait être l'élévation ou pas de cette TICFE, de cette taxe sur l'électricité. Mais nous sommes ouverts. Comme nous l'avons été depuis le début au dialogue, le Premier ministre a ouvert une porte, a tendu une main. J'espère que les différents parlementaires s'en saisiront. En responsabilité, parce que, je le redis, on a un contexte budgétaire qui est très contraint.

Mais on démontre, une fois de plus, notre volonté d'avancer avec le Parlement pour doter la France d'un budget. Parce qu'encore une fois, nous sommes à un moment crucial, ce pays a besoin d'un budget.

9:17
Présentateur

Alors, les charges des entreprises, même question, ça c'est attendu par les macronistes. Les salaires les plus bas vont rester protégés, mais pas les autres. Et si on peut aller plus loin, on le fera, on en discute, là aussi. Faut-il y voir une annonce ?

9:27
Maud Bregeon

Alors, encore une fois, permettez-moi de remettre le contexte. Les allègements de charges, aujourd'hui en France, c'est 80 milliards d'euros par an. Il faut que les Français aient bien conscience de ça. La mesure initiale proposait de revenir sur ces allègements à hauteur de 4 milliards, 4 milliards sur 80 milliards. Il y a eu des discussions, j'ai bon espoir qu'il y ait un accord, et qui permettent non pas de revenir sur 4 milliards, mais à un peu moins de 2 milliards en préservant les salaires autour du SMIC. Donc, c'est un effort absolument conséquent de plus de 2 milliards qui va peser sur le budget que nous allons proposer au Parlement.

Mais nous le faisons parce que nous n'avons absolument aucune volonté de revenir sur la politique de l'offre qui a été menée par le Président de la République. Et je tiens à le redire, le Président de la République, depuis 7 ans, de par sa politique d'aide aux entreprises, a permis la création, par exemple, de 100 000 emplois industriels depuis 3 ans, la diminution du chômage. Il est donc hors de question d'enrayer cette dynamique positive. Nous avions souhaité demander un effort partagé, et notamment aux entreprises.

Nous acceptons de revoir cet effort à la baisse, encore une fois, tout simplement parce que cette demande, qui est essentiellement portée par le groupe de Gabriel Attal, est une demande légitime.

10:46
Présentateur

Donc là aussi, il va y avoir plus que dans le texte dans lequel il est à l'instant où on se parle, mais on ne sait pas dans quelle proportion. Plus, pardon.

10:55
Maud Bregeon

Enfin, moins en l'occurrence. Oui, les charges des entreprises. La contribution des entreprises sera un peu moindre que ce qui est prévu actuellement. La mesure initiale était de 4 milliards, elle sera légèrement inférieure à 2 milliards. Nous faisons donc plus de la moitié du chemin.

11:12
Présentateur

Maud Bréjon, il y a un autre point sur lequel on aimerait avoir quelques détails, qui a été tout juste esquissé hier par le Premier ministre. Ça concerne les efforts demandés à ses prédécesseurs, aux anciens premiers ministres. Il dit qu'on va demander des efforts aux anciens premiers ministres. Il faut savoir que selon les derniers chiffres, certains d'entre eux, parce qu'ils bénéficient d'un certain nombre de services de l'État, notamment des voitures de fonction, coûtent de l'argent. Alors évidemment, ce n'est pas avec ça qu'on va résorber le déficit. Mais est-ce que vous pouvez nous en dire plus ce matin ?

11:46
Maud Bregeon

D'abord, les efforts ont été demandés depuis le début dans le budget à l'ensemble des ministères. Dans un moment qui est extrêmement... Je ne voudrais pas laisser penser que dans la copie initiale, il n'y ait pas d'efforts demandés à l'État et notamment aux ministères.

12:00
Présentateur

Mais sur les avantages des anciens premiers ministres, qui peuvent se chiffrer jusqu'à autour de 200 000 euros, si on prend les derniers chiffres disponibles de Matignon pour Dominique de Villepin, Bernard Cazeneuve, Jean-Pierre Raffarin.

12:08
Maud Bregeon

Oui, mais c'est, je pense, une mesure qui peut apparaître comme symbolique aujourd'hui, mais qui est importante. Je crois qu'à l'heure où on demande, on l'a dit, des efforts aux entreprises, à l'heure où on ne baisse pas autant que ce qui a été prévu, les factures d'électricité des gens, à l'heure où on demande des efforts à des ministères, eh bien, il est normal que chacun montre l'exemple, l'État montre l'exemple. Je pense que les dirigeants politiques peuvent le faire aussi. Au bout du bout, ce qui compte, je pense que c'est aussi l'acceptabilité de ce budget.

Et pour qu'un budget d'efforts soit acceptable, il faut que les Français, me semble-t-il, ait le sentiment que cet effort soit justement et équitablement réparti. Je ne balayerai pas cette annonce d'un revers de la main, même si les montants peuvent paraître inférieurs à ceux d'autres mesures. Voilà, je crois que c'est aussi des pas qui permettent de garantir l'unité et encore une fois...

13:09
Présentateur

Et de rendre ce budget acceptable.

13:11
Maud Bregeon

L'acceptabilité, c'est important.

13:13
Présentateur

Maud Bréjon avec nous, la porte-parole du gouvernement, jusqu'à 9h sur France Info. Dans un instant, on vous retrouve dans un instant, juste après le Fin Info, il est 8h46, Maureen Suignard.

13:21
Invité

Un cessez-le-feu est entré en vigueur pendant la nuit après deux mois de conflits ouverts entre Israël et le Hezbollah libanais. Ce matin, le Hamas palestinien se dit aussi prêt à un accord de cessez-le-feu et un accord sérieux pour échanger des prisonniers. Michel Barnier dit qu'il utilisera assurément l'article 49.3 pour faire adopter le budget 2025. Cela expose le Premier ministre à une motion de censure et à une chute du gouvernement. Il met en garde contre des turbulences graves sur les marchés financiers en cas de censure.

Sans décision difficile, nous aurons 7% de déficit l'année prochaine et un déclassement de la France assure à son tour sur France Info la porte-parole du gouvernement. Un homme tué par la police municipale à Saint-Etienne hier soir. Il était armé d'un couteau et menaçait des passants. Une femme a été légèrement blessée. Le maire affirme qu'il n'y a pas de contexte terroriste. L'enquête devra le confirmer. Bologne, Lille et Monaco, Benfica, Lisbonne. Encore deux clubs français en Ligue des champions de football ce soir. C'est à partir de 21h. Hier, les Bretons, les Brestois se sont inclinés face au FC Barcelone. Le PSG s'est incliné face à Barcelone.

La qualification directe des Parisiens s'est éloignée. France Info

14:31
Présentateur

Le 8.30 France Info Bérangère Bonte, Jérôme Chapuis Et ce matin, Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement, continue à décrypter l'intervention de Michel Barnier hier soir dans ce contexte de tensions politiques et de menaces de censure. On a un peu de mal à comprendre si le risque de shutdown existe. Shutdown, cette expression américaine qui m'amène un certain nombre d'inquiétudes et qui sont portées par exemple par Elisabeth Borne qui a dit sur France 2 samedi que si le budget de la sécurité n'est pas adopté, la carte vitale ne fonctionne plus. Il n'y a plus de retraite, il n'y a plus d'allocations chômage, les fonctionnaires ne sont plus payés.

Vous-même, vous disiez d'ailleurs dans la presse il y a quelques jours aussi, sans budget, on prend le risque d'un scénario à la grecque. Ce n'est pas ce que dit le Premier ministre. Il dit que les fonctionnaires vont être payés par exemple.

15:15
Maud Bregeon

Les fonctionnaires sont payés et seront payés parce que nos institutions sont bien faites. Mais ceux qui aujourd'hui essaient de dire aux Français que ne pas adopter un budget reviendrait à utiliser celui de l'année dernière et qu'au fond, circuler, il n'y a rien à voir, tout ça serait sans conséquence, font un mensonge éhonté et scandaleux aux Français. Mais la carte vitale fonctionne ? Ça ferait un mensonge, pardonnez-moi, éhonté et scandaleux aux Français. Utiliser le budget 2024, c'est d'abord se priver de tous les investissements supplémentaires. Je l'ai dit, 7 milliards sur la santé, 3 milliards sur la défense, 1 milliard pour la sécurité des Français.

C'est renoncer à toute forme d'économie supplémentaire et donc s'étendre vers un déficit à 7% comme j'ai pu l'évoquer tout à l'heure. Et ensuite, c'est un enjeu absolument majeur de confiance et de réputation pour la France à l'échelle européenne et à l'échelle internationale. Qu'est-ce qui se passerait au lendemain du rejet d'un budget ? Il y aurait une hausse probablement massive des taux. On commence d'ailleurs déjà à l'observer. Les marchés anticipent en partie ce qui pourrait se passer. L'écart de taux et d'emprunts à 10 ans entre la France et l'Allemagne était hier à son plus haut niveau depuis 12 ans.

16:34
Présentateur

Mais un taux d'intérêt, pardon, j'entends à la question parce que un taux d'intérêt, ça peut paraître un peu abstrait pour des Français, même si c'est très concret. Mais sur la carte vitale, quand Elisabeth Borne, ancienne première ministre, dit que la carte vitale ne fonctionnerait plus si le budget de la sécu n'est pas adopté, c'est le cas, oui ou non ?

16:48
Maud Bregeon

Non, non, non, la carte vitale fonctionnera encore. Mais je ne veux pas, encore une fois, je ne suis pas là pour agiter des chiffons de la peur. Je suis là pour expliquer ce qui se passerait aux Français. Une augmentation des taux. Je pense que les Français comprennent dans leur vie quotidienne très bien ce que c'est. Ce serait une augmentation drastique de la charge de la dette, une impossibilité pour nous d'investir davantage. Ce serait une augmentation des taux également pour les entreprises qui en mettraient certaines en difficulté.

Ce serait aussi, je vais passer à autre chose, une perte de confiance des consommateurs, une perte de confiance des investisseurs qui freinerait leurs investissements en France. Et donc c'est moins de création d'entreprise, c'est moins d'innovation, c'est moins d'emploi. Et quand on tire le fil, quand on tire le fil de tout ça, on obtient encore une fois un affaiblissement du pays, un décrochage de la France dont on mettrait probablement des années à se remettre. Et moi je le redis, ceux qui feront le choix, c'est leur droit, mais ceux qui feront le choix de mettre la France dans cette situation devront en assumer les conséquences.

Sachant que la confiance des ménages vient de baisser ce matin puisque l'INSEE le signale à l'instant. Je sais qu'on n'a pas beaucoup de temps, mais il y a aussi un enjeu de poids de la voix de la France à l'échelle européenne et à l'échelle internationale. Je prends un seul exemple, on parle beaucoup du traité du Mercosur en ce moment, de la nécessité d'assumer un bras de fer avec Ursula von der Leyen à l'échelle de l'Union européenne pour défendre nos agriculteurs. Bon courage, bon courage pour aller assumer un bras de fer à l'échelle de l'Union européenne quand vous serez en pleine crise politique. Ça veut dire que vous lâchez aussi l'affaire sur le Mercosur ?

Non, non, non, quand vous serez en pleine crise politique sans gouvernement. Ce que je dis, ce que je dis, c'est que la conséquence d'une crise politique et d'une crise financière probable en France impactera notre poids diplomatique à l'international et bien sûr, et impactera notre capacité à défendre nos intérêts à l'échelle européenne et à l'échelle internationale. Donc je mets en garde, je ne suis pas du tout en train de vous dire que notre position sur le Mercosur a changé. Je mets en garde, je mets en garde sur les conséquences également diplomatiques d'une telle situation. Ce n'est absolument pas anodin.

19:00
Présentateur

Mais puisque vous en parlez, la France en est où dans sa recherche de minorités de blocage sur ce texte puisque l'Assemblée hier a voté à 484 voix pour s'opposer à cet accord UE-Mercosur ? Pardon ? Où en est la France dans sa recherche d'une minorité de blocage ?

19:15
Maud Bregeon

Non, mais nous continuons avec la même détermination.

19:17
Présentateur

La Pologne a voté hier aussi la même résolution, donc ça fait un allié, il y en faut encore deux.

19:21
Maud Bregeon

D'abord, toutes les forces comptent.

19:23
Présentateur

Nous cherchons...

19:24
Maud Bregeon

D'accord, mais nous continuons d'abord à chercher des alliés à l'échelle de l'Union européenne et on voit que petit à petit, la position de la France et l'investissement de la France portent ses fruits. Et quant au vote qui s'est passé hier, il donne de la puissance à la position qui est la nôtre. Parce que quand l'Assemblée nationale vote de façon aussi massive contre l'application, contre l'adoption du traité du Mercosur, il n'y a pas de valeur juridique. Mais ça a une portée politique à l'échelle supranationale qui est importante parce que quand on vote, c'est la voix des Français qu'on relaie.

Et donc ça donne, encore une fois je le redis, de la légitimité, de la crédibilité, de la puissance à l'action que nous menons à l'échelle européenne. À l'action qui est menée conjointement, évidemment, par le Président de la République, mais aussi par le Premier ministre, par le ministre de l'Union européenne.

20:16
Présentateur

Alors, rapidement si vous voulez bien, parce qu'on a encore plusieurs sujets et les minutes filent. Le gouvernement doit publier aujourd'hui un coup de rabot surprise, il faut le dire, au bonus écologique pour l'achat d'une voiture électrique. Quand sera publié ce décret ? Est-ce que c'est effet immédiat ? Est-ce que ça passe bien de 7 000 à 4 000 euros, très concrètement ?

20:33
Maud Bregeon

Alors, quand sera publié ce décret ? Dans les heures à venir. Est-ce que ça a un effet immédiat ? La réponse est oui. Je précise en revanche que pour toutes les personnes qui ont déjà entamé les démarches et déjà entamé des achats de véhicules...

20:43
Présentateur

Celles qui sont en concession, là, au moment où on se parle.

20:46
Maud Bregeon

Ces dispositions, bien sûr, ne s'appliqueront pas. Je voudrais quand même les rassurer. Ensuite, sur le fond de la mesure, depuis plusieurs années, on a effectivement massivement investi dans ces bonus écologiques. Ça a permis d'amorcer la pompe du marché des voitures neuves, électriques. À l'heure où on se parle, depuis le début de l'année, ça représente environ 17 % des achats de véhicules neufs, les achats de véhicules électriques.

À un moment où, encore une fois, on a amorcé la pompe, où le marché est lancé, et alors même que, je le redis, on est dans une situation budgétaire qui est extrêmement contrainte, on fait un choix qui est celui de maintenir ce bonus, mais effectivement de le réduire et de le rendre, de le conditionner. Je pense que chacun peut le comprendre aux revenus des ménages qui ont recours.

21:37
Présentateur

Mais le but, c'est, à l'horizon 2035, de se passer des voitures thermiques. On est encore très loin du compte. Et j'ajoute que, trois jours après la COP, alors que les effets du dérèglement climatique sont là, quel signal, quand même ?

21:49
Maud Bregeon

On continue à maintenir ce bonus. Je ne voudrais pas... Attendez, excusez-moi, ce sera plus... Oui, mais il est... Ce sera plus, pardonnez-moi.

21:56
Présentateur

Il est moins incitatif. Ce sera...

21:59
Maud Bregeon

C'est un dispositif qui continue à encourager l'achat de véhicules électriques neufs, qui s'élève à plus de, je crois, 700 millions d'euros, qui, effectivement, est en diminution par rapport à ce qu'on a connu les années précédentes, mais parce qu'on avait volontairement, si je puis dire, doper ce marché de telle sorte de lui permettre de se lancer. Ça a apporté ses fruits, je le redis. Ça coûte trois par an, l'économie ? Des voitures achetées sont des voitures électriques neuves. Donc, nous ne revenons pas sur notre ambition d'électrifier le marché...

22:35
Présentateur

L'économie escomptée, c'est combien par an ? Pardon. L'économie escomptée, c'est quoi par an ? C'est plusieurs centaines de millions d'euros. Et pour les Français, est-ce que vous nous confirmez que l'aide maximale, pour les Français les plus modestes, passe à 4 000 euros contre 7 000 aujourd'hui ?

22:47
Maud Bregeon

Oui, l'aide maximale sera de 4 000 euros et ensuite, il y aura un effet dégressif fonction de votre niveau de revenu. Moins vous avez de moyens, plus on vous aide. Je pense qu'encore une fois, c'est aussi ça la justice sociale.

23:00
Présentateur

Maude Bréjean, il faut parler dans les minutes qui nous restent de ce cessez-le-feu, qui a pris effet cette nuit au Liban et qui, pour le moment, est respecté, qui reste très fragile. Joe Biden a parlé d'une trêve pour laquelle les États-Unis et la France œuvrent depuis des années. Quel a été précisément le rôle de la France ?

23:17
Maud Bregeon

La France a une implication essentielle dans la région, vous le savez, et joue un rôle diplomatique pivot. C'est un succès diplomatique dont nous pouvons évidemment être fiers, qui permet la fin d'une tragédie qui a coûté la vie à 4 000 personnes, et qui permet aussi le retour de civils déplacés, 60 000 personnes en Israël, plus d'un million de personnes au Liban. C'est la démonstration que la voie diplomatique, qui est exigeante, qui prend du temps, qui ne fonctionne pas toujours, eh bien c'est pourtant la seule voie de sortie de crise possible dans la région. Et donc ça doit encourager tous les États qui contribuent à poursuivre dans cette voie.

Et je voudrais aujourd'hui de nouveau souligner l'implication de la France, l'implication du chef de l'État qui s'est rendu dans la région ces dernières semaines, ces derniers mois à plus de trois reprises, qui joue aujourd'hui un rôle absolument crucial aux côtés de nos amis américains, pour le retour de la paix et de la stabilité dans la région, et notamment évidemment vis-à-vis de ce pays ami qu'est le Liban.

24:26
Présentateur

Les États-Unis n'enverront aucun soldat au Liban, c'est ce qu'a dit Joe Biden cette nuit. C'est la France donc qui se retrouve en première ligne, quel sera son rôle là encore ?

24:37
Maud Bregeon

La France contribuera à faire évidemment respecter ce cessez-le-feu en soutenant l'armée libanaise, en renforçant les moyens de la finule. Alors la finule c'est casse-le-nue qui opère sous commandement des Nations Unies sur place et ça passe aussi par une solution politique.

24:55
Présentateur

Jean-Yves Le Drian, l'envoyé spécial du Président, retourne au Liban aujourd'hui même, vous confirmez ça ?

24:59
Maud Bregeon

Aujourd'hui même, oui.

25:02
Présentateur

Merci Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement, vous étiez l'invité du 8.30 France Info. Je vous retrouve dans quelques minutes avec Renaud Delis pour les informer.