Cloud français : "Nos propres data centers sont capables de répondre aux besoins des entreprises européennes" maintient le directeur de OVHcloud
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« On est aujourd'hui le champion européen du cloud et pour nous planter le drapeau aujourd'hui en Italie, c'est une étape majeure dans notre emprise en Europe. »
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« Il y a cette prise de conscience, vous l'avez dit, 80% aujourd'hui de la dépense des logiciels et du cloud par les Américains. »
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« Il y a des investissements étrangers, notamment américains, qui ont été annoncés concernant des data centers en France. 26 milliards d'euros. »
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Bonsoir à toutes et à tous, c'est un nuage qui fait désormais partie de nos vies, le nuage numérique, le cloud, sur lequel nous stockons nos fichiers, nos photos désormais, les entreprises aussi y entreposent leurs données. Bonsoir Benjamin Revkolewski, vous êtes à la tête d'OVH Cloud, entreprise française du cloud et vous vous déployez doucement mais sûrement sur le territoire. Aujourd'hui, vous avez 43 data centers en tout dans le monde, dont plus de la moitié en Europe, avec un tout premier en Italie, c'est l'annonce du jour. C'est quoi l'idée ? Plus vous aurez de data centers, plus vous aurez de chances de concurrencer les géants américains ?
Écoutez, le cloud, c'est être capable de fournir toute la puissance de calcul, le stockage des données que les entreprises utilisent au quotidien, que nous utilisons au quotidien. Et bien sûr, on est aujourd'hui le champion européen du cloud et pour nous planter le drapeau aujourd'hui en Italie, c'est une étape majeure dans notre emprise en Europe.
Alors, sachant que le marché est donc dominé par les Américains, Amazon, Google, Microsoft, et il capte jusqu'à 80% du marché en Europe, selon la ministre déléguée chargée de l'IA et du numérique en France, Clara Chappaz. Donc, vous êtes aujourd'hui loin derrière.
L'important, c'est qu'aujourd'hui, il y a un réveil de l'Europe. Il y a cette prise de conscience, vous l'avez dit, 80% aujourd'hui de la dépense des logiciels et du cloud par les Américains. Et les entreprises réalisent qu'elles ont besoin de robustesse, de résilience dans ce nouveau monde dans lequel on vit et que leurs données ont besoin d'acteurs souverains qui protègent leurs données contre les lois extraterritoriales, évidemment qui leur apportent toutes les garanties de cybersécurité.
Et les acteurs comme nous, industriels, qui maîtrisons toute la chaîne, qui définissons nos serveurs, qui les assemblons dans nos usines, qui opérons nos propres data centers, eh bien, aujourd'hui, on est capable de répondre aux besoins des entreprises européennes.
Et donc, ça veut dire concrètement que si une entreprise stocke ses données chez vous, chez OVH Cloud, les lois extraterritoriales aux Etats-Unis ne s'appliquent pas, c'est-à-dire que les données ne peuvent pas être aspirées par les Américains ?
Tout à fait, tout à fait. Et c'est pour ça que les clients, aujourd'hui, choisissent nos infrastructures, d'héberger leurs applications, leurs applications sensibles dans nos data centers. On a un acteur des médias, TF1, pour ne pas le nommer, qui a choisi de basculer sa plateforme de vidéos à la demande sur le cloud d'OVH Cloud, comme des clients allemands, comme des clients luxembourgeois, comme des clients espagnols sur notre cloud.
Et ça, c'est nouveau, vous sentez vraiment que c'est la guerre commerciale entre les Etats-Unis et le reste du monde, pour être clair, qui a changé la donne, que les entreprises, aujourd'hui, sont vraiment sensibilisées à cette donnée nouvelle ?
Oui. Alors, nous, ça fait 25 ans qu'on est là, on est né en France, et aujourd'hui, ce positionnement souverain, finalement, l'histoire nous donne raison.
20 ans après.
Oui, et il y a ce besoin. J'étais encore à Choose France il y a quelques jours, avec 200 patrons du monde entier, et il n'y a pas d'intelligence artificielle sans cloud, et il n'y a pas de cloud sans des data centers où on maîtrise la donnée, et c'est ce que nous faisons depuis 25 ans chez OVH Cloud.
Alors, vous avez parlé du sommet de Choose France. Il y a des investissements étrangers, notamment américains, qui ont été annoncés concernant des data centers en France. 26 milliards d'euros. Est-ce que ça vous agace que la France déroule le tapis rouge comme ça aux hébergeurs américains ?
Non, je pense que c'est la preuve, en fait, qu'il y a des besoins autour de ces infrastructures, aujourd'hui. Les data centers sont sous les feux de la rampe. On en a besoin. Et nous, également, depuis 2021, on a investi un milliard d'euros dans nos infrastructures, dans nos produits, pour être au rendez-vous, et c'est répondre aux besoins des clients, c'est être capable de fournir des services critiques, qui rassurent, qui solidifient les services de nos clients.
Et donc, aujourd'hui, vous voyez arriver de nouveaux clients, des entreprises françaises, européennes, qui, hier, étaient chez Amazon, étaient chez Google, et qui, aujourd'hui, viennent chez vous, chez OVH.
Il y a un mouvement. Il y a beaucoup plus de sollicitations, c'est vrai. On le voit en France, on le voit en Allemagne, on le voit aussi au Canada. On est très présents aussi au Canada. Et il y a ce besoin nouveau de sécurité, d'avoir un nouveau plan A, en fait, pour les entreprises, pour les administrations, qui peuvent, à ce moment-là, héberger toutes leurs applications, et leurs données dans le cloud d'un champion européen, qui est OVH Cloud.
Et est-ce que les acteurs publics, quel est le rôle des acteurs publics, dans, justement, la mise en place de cette souveraineté numérique ? Qu'est-ce qu'ils doivent faire ? Est-ce qu'ils doivent, justement, mettre leurs données chez des acteurs français, plutôt que chez des acteurs américains ?
Alors, c'est une excellente question. En fait, ce qui est important, c'est la commande publique et la commande privée. C'est-à-dire qu'il faut qu'on passe à l'action là-dessus.
Ah, ça n'existe pas ? Pour l'instant, il n'y a pas de préférence nationale ?
Non, aujourd'hui, bien sûr, nous avons des acteurs des secteurs publics, nous l'avons en Allemagne, nous l'avons en France aujourd'hui, mais il y a besoin d'une accélération. Vous savez, la commande publique européenne, c'est 2 000 milliards d'euros aujourd'hui, alors 250 000 agences. Et c'est important qu'aujourd'hui, il y ait un passage à l'action, que réellement, il y ait une préférence européenne pour la commande, parce que c'est important, ce n'est pas la subvention dont nous avons besoin, c'est la commande, c'est la commande qui fait développer les entreprises. Et je vois aujourd'hui qu'il se passe quelque chose.
On dit que, voilà, la géopolitique était rentrée dans les comex, dans les comités exécutifs des entreprises. Les dirigeants cherchent à comprendre comment est-ce qu'ils peuvent gagner en robustesse, en résilience, pour leur business, pour leurs entreprises. Et c'est là qu'ils recherchent des clouds européens réellement souverains, comme on est capable de le comprendre.
Mais ce n'était pas le cas. Ce n'était pas le cas jusqu'à présent. Ils pouvaient mettre leurs données, des données sensibles, chez des acteurs étrangers, et notamment américains.
Vous savez...
C'est un petit peu inquiétant ce que vous êtes en train de dire.
Le but n'est pas de sortir les acteurs américains. Quand vous êtes à 80% aujourd'hui de présence en Europe, le but c'est que les acteurs et les entreprises et les administrations comprennent qu'il faut aussi faire rentrer les acteurs européens. Il faut aussi solidifier et créer une souveraineté technologique de l'Europe, une souveraineté de la donnée. Mais la souveraineté technologique, c'est la maîtrise finalement de nos infrastructures et de nos technologies. C'est ça qu'on apporte aujourd'hui.
Alors, dernière question, elle concerne un label que vous avez d'ailleurs, le label Secnum Cloud. Qu'est-ce qu'il garantit ? Qu'est-ce qu'il veut dire, ce label ?
Alors, le label Secnum Cloud, la qualification Secnum Cloud, c'est l'ANSI, l'agence cyber de l'État français qui l'apporte. Et c'est l'une des normes les plus exigeantes, avec 360 points de contrôle, de nos milliers de critères, qui garantissent que les données sont protégées de manière extrêmement sécurisée. Et donc, on a obtenu ce label il y a trois ans. On vient d'obtenir un nouveau label Secnum Cloud pour nos nouvelles offres de cloud qui vont servir toute notre cloud publique chez OVAC Cloud. C'est une fierté pour les équipes d'obtenir ces labels. Il y en a peu. Oui, très peu. Je pense qu'on est le leader aujourd'hui sur ce marché. On a lancé ça très tôt.
Et c'est la garantie, par exemple, dans nos trois data centers en France, dans le nord de la France, d'apporter dans des salles ultra sécurisées, avec du contrôle biométrique, toutes les garanties les plus élevées de sécurité pour les clients.
Merci beaucoup Benjamin Revkolewski, directeur général d'OVH Cloud. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.