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interviewAssemblée nationale· 16 octobre 2025 138 min

Début de la séance publique du jeudi 16 octobre 2025, matin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. La séance est levée est ouverte. [Applaudissements] Vous constaterez que je suis bien réveillé.

Alors l'ordre du jour appel la discussion commune et le vote sur les motions de censure déposé en application de l'article 49 alinéa 1 de la 2 de la Constitution par madame Mathilde Panot et 86 membres de l'Assemblée d'une part et par madame Marine Le Pen, monsieur Éric Sioti et 56 membres de l'assemblée d'autre part. La parole est à madame Aurélie Trouvé pour une durée de 10 minutes. [Applaudissements] Madame la présidente Chers collègues, monsieur le premier ministre, savez-vous ce qu'est un moine soldat ?

Un homme qui mène une guerre sacrée, qui croit servir une cause supérieure et qui pour cela brûle tout sur son passage ? C'est bien ce que vous êtes. Vous l'avez dit vous-même, vous êtes un moine soldat, celui de monsieur Macron.

Vous servez un pouvoir minoritaire persistant et pour ça vous saccagez les fondements mêmes de la démocratie. Le président Macron impose désormais son pouvoir contre la volonté du peuple. Il n'est plus garanté une seule fois la colère qui s'exprimait dans les rues et sur les ronds-points.

Il a volé par 4932 années de retraite aux Français. Il a décidé tout seul d'une dissolution de l'Assemblée nationale puis a ignoré le vote des Français. Battu dans les urnes, il a poursuivi une politique rejetée par le pays et il s'arroge à nouveau le droit de désigner un gouvernement de vaincu.

En ce moment même un tournant de l'histoire, la politique néolibérale en faveur des riches et des multinationales, celle de monsieur Macron, est massivement rejetée par le peuple. Elle ne peut continuer qu'en étant imposée contre le peuple. Nous y voilà.

C'est le néolibéralisme autoritaire et vous en êtes le moine soldat. Monsieur le Premier ministre, avec vos pauvres armes. Faites de tractations de couloirs, de discussions secrètes, de d politiciens méprisables.

Vous trahissez l'esprit de la République et son principe premier. Le gouvernement du peuple par le dès lors, ce n'est pas vous l'enjeu, monsieur le premier ministre, c'est la France. Chers collègues, censurer aujourd'hui, c'est exprimer notre attachement viscéral à la démocratie.

C'est sauver la République du fanatisme de ceux qui prétendent aimer la France tout en la mettant sous tutelle. C'est dire à nos concitoyens que leur voix, elle compte encore, qu'ils peuvent être respectés et qu'en ce lieu la conscience républicaine n'est pas morte. Monsieur le Premier ministre, comme moine soldat de monsieur Macron, vous avez participé pendant 8 ans au sacage de notre économie.

Il n'y a jamais eu autant d'entreprises qui ferment. Les salaires, les investissements productifs chutent. Les souverainetés industrielles et alimentaires sont en très grave danger.

Les fins de mois des Français deviennent insoutenables. Vous avez dévasté l'économie du pays et votre budget que vous dites sérieux, fiable va amplifier le désastre. Les instituts économiques le prédisent.

Ce budget nous fera terminer l'année avec les pires résultats économiques des puissances européennes. 30 milliards de nouvelles coupes budgétaires et évidemment un très grave effet récessif. Par la baisse du pouvoir d'achat de toutes les classes populaires.

Ce sera un sacage pour les centaines de milliers d'auto-entrepreneurs qui devront désormais payer la TVA. Un sacage pour les TPE du bâtiment qui subiront de plein fouet la nouvelle baisse des aides à la rénovation énergétique des logements. Et tant d'autres, les agriculteurs qui subissent les traités de libre échange, boulanger, bouché face à la hausse des factures d'énergie, votre politique dévaste la production et des millions de petites entreprises.

Tous les budgets qui font l'unité de notre nation seront amputés, ceux du logement, l'aide alimentaire ou encore le budget des outremères avec une baisse de 200 millions d'euros. Ce sera aussi un sacage de notre planète et de notre santé. Vous amputez de 84 % le budget dédié à la sortie des pesticides et dans le même temps, les gens qui souffrent de cancer liés à ces pesticides, et bien ils devront payer encore bien plus cher pour se soigner.

Votre budget reliève d'une forme de dévotion, une dévotion cruel, une dévotion au marché financier à la dette qui ne peut pas finir autrement qu'en sacage. Alors, je le dis à tous ceux qui ont été élus pour rompre avec le macronisme, ce sacage budgétaire aura lieu si nous ne s'enurons pas. 1493 certes, mais le moindre soldat emprêtera bien d'autres chemins pour réussir sa mission à commencer par les ordonnances.

J'en viens maintenant au cœur du débat de ces derniers jours, la réforme des retraites et son devenir. Ne nous y trompons pas, mes chers collègues. Si ce gouvernement demeure, il poursuivra la démolition de notre système par répartition.

Car la suspension annoncée n'est qu'un l'heure, une tromperie, un subterfuge, au mieux un très bref report glissé par un amendement budgétaire. dont rien ne garantit la présence dans le texte final. Et même s'il s'est trouvé, cet amendement confirmera, actera la retraite à 64 ans.

Cet amendement sera payé très cher par les retraités. La baisse des pensions de 17 millions de retraités de 300 € en moyenne par an. Et cet amendement sera noyé dans un budget de destruction de la protection sociale.

Entendez bien, doublement des franchises médicales baisse des allocations de 13 millions de familles, de plus d'un million de personnes en situation de handicap. BSDAPL de 300000 étudiants. Cet amendement de petit décalage de la réforme des retraites collègues socialistes, il faudra voter tout le budget de sécurité sociale, voter par exemple la remise en cause de l'aide médicale d'État.

Et ça vous ne le pouvez pas et vous le savez. Enfin, cette grâce de monsieur le cornu rouvrira la voie à la retraite par capitalisation par la conférence sociale. Alors vraiment, si cette pseudo suspension des retraites est une victoire, c'est bien pour le président et pour tous ceux qui le soutiennent.

Mais vous tous qui avez été élu pour abroger la réforme des retraites, allezvant vous vraiment vous laisser abusé par cet hommone en trompeleœuil. Chers collègues, il n'y a que deux options ce matin. Continuer le macronisme et le néolibéralisme ou bien rompre avec eux.

Les Français ne veulent plus du chaos des marchés. Ils veulent un état qui protège. Ils veulent la sécurité, celle du quotidien, pas celle qui fait de l'étranger un bouquet misère.

Ils veulent un travail qui permet de vivre. Un médecin à moins de 30 minutes, une école qui n'abandonne aucun enfant. Ils veulent que la République reprenne la main, que les besoins humains l'emportent sur ceux de la finance.

Ils veulent la souveraineté populaire face aux féodalités économiques. Alors, arrêtons maintenant de liquider les ressources du pays pour enrichir la finance. Le monde change, c'est maintenant qu'il faut investir des dizaines de milliards d'euros dans la relance écologique et sociale.

Maintenant qu'il faut transformer notre production, maintenant qu'il faut censurer, censure, retourne aux urnes. C'est le seul espoir d'un souffle nouveau, le seul espoir de régénérer notre contrat social. Voilà le sens profond du vote de 2024 et du programme de rupture du Nouveau Front populaire grâce auquel nous avons été élus et grâce auquel nous avons gagné. [Applaudissements] Enfin, je veux dire aux millions de gens, aux travailleuses, travailleurs qui ont combattu la réforme des retraites en faisant grève et en manifestant.

Oui, c'est grâce à vous et seulement vous si la volonté d'abroger la réforme des retraites reste aussi majoritaire dans l'Assemblée nationale et dans le pays. Et à vous tous qui avez fait grève, je vous dis ne vous trahirons pas. Nous continuerons le combat et nous censurerons.

Respectons le mandat de nos électeurs. Pensons à l'espoir que nous avons soulevé. [Applaudissements] Il est des moments où l'attentisme devient de la lâcheté et nous y sommes.

Jean Jor disait le courage c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel. Je m'adresse ici à tous ceux qui se disent héritiers de Jean Jorè montrer ce courage et censurer. Merci beaucoup madame la députée.

La parole est à présent à madame Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national. [Applaudissements] Monsieur le premier ministre, madame la présidente, chers collègues, le général de Gaulle pour désigner le règne des partis avait une formule, le régime de malheur. En disant cela, le général croyait décrire le passé celui de la 4e République.

Il se voulait historien pour le plus grand malheur de la France et des Français. Vous en avez fait un prophète. Car ce régime de malheur, c'est précisément la situation politique à laquelle nous faisons face aujourd'hui du fait de la piteuse coalition des partis du système qui se relie à la tête de l'État depuis 50 ans et n'ont aujourd'hui qu'un seul but. durer se maintenir quelques semaines de plus au détriment du peuple et de la nation.

Ce régime de malheur, toutes les institutions de la 5e République avaient été conçues pour les rendre impossible. Mais à force d'entente électoral et d'accord de couloir, vous avez réussi à transformer notre loi fondamentale en étouffoire de la démocratie. Ce dévoiement de nos institutions a atteint aujourd'hui un paroxisme.

Les Français ne comptent même plus les motions de censure déposée, débattu et voté depuis la réélection d'Emmanuel Macron en 2022. Ils ne savent même plus qui siège au gouvernement, qui leur en voudrait puisque la durée des ministères des ministres pardon se compte aujourd'hui. Parfois non plus en mois, non plus en année mais en heure.

Ce spectacle pathétique est un poison pour notre démocratie car il exaspère nos compatriotes et les détourne du goût de l'action publique. Or, une démocratie ne vit que par l'énergie et par l'engagement des citoyens. J'espère donc que le théâtre des manœuvres auquels se sont livrés tous les parties du système depuis plus d'un an n'aura pas gravé dans le marbre pour des millions de français un profond dégoût pour l'action politique.

Mais venons-en au fait. La représentation nationale est aujourd'hui réunie pour décider si votre gouvernement, monsieur le Premier ministre, doit être censuré au regard de votre projet de budget. Je dis votre budget, pardon.

J'aurais peut-être dû dire le budget de monsieur Bairou, le budget de Bery car ce budget n'est tellement pas le vôtre qu'il n'intègre même pas la promesse que vous aviez faite au Parti socialiste de suspendre la réforme des retraites imposée au 493 par Ellisabeth Borne. C'est même pire. La trajectoire de la réforme borne est incluse dans votre projet de texte.

J'y reviendrai. Ce budget donc est un véritable musée de toutes les horreurs coincées depuis des années dans les tiroirs de Beril. Ce n'est pas une année blanche, mais une année noire pour les Français et en particulier pour ceux qui travaillent et payent des impôts.

Il y a d'abord la poursuite du matraquage fiscal. 19 milliards d'impôts supplémentaires dont 10 pour le seul impôt sur le revenu par le pas du gel du barê qui il y a au moins d'un anzit pousser d'ailleurs des cris d'or frais. Vous allez faire entrer 200000 foyers de la classe moyenne dans l'impôt sur le revenu.

Sans doute une récompense pour la France qui bosse alors que notre taux d'activité est l'un des plus bas en Europe. Il y a ensuite la poursuite de la GAPJ des dépenses publiques. 28 milliards de dépenses supplémentaires au-delà de l'inflation.

Aucun effort sur le train de vie des effort de rationalisation du maqui des agences et organismes divers qui coûte des dizaines de milliards par an. Il y a également l'absence totale d'efforts sur l'immigration, l'absence totale d'action pour faire baisser ne serait-ce que d'un eur milliard que nous coûtent chaque année l'aide médicale d'État et le dispositif fou des visas pour soins qui bat chaque année tous les records. Enfin, et c'est sans doute le pire, il y a aussi des mesures d'indcence sociale.

Je pense à la fiscalisation des emplois étudiants mais aussi et surtout à la fiscalisation des indemnités versées par la sécurité sociale en cas de maladie de longue durée. Nous avions déjà eu la hausse des franchises médicales, le déremboursement des médicaments et de pansement, mais aujourd'hui, c'est au plus vulnérable à ceux qui sont éloignés de l'emploi et parfois réduit à la solitude que vous entendez faire payer la note de vos lâchetés et de vos renoncements. Monsieur le Premier ministre, je ne veux pas ajouter au débat politique déjà marqué par le règne de la médiocrité et des effets de manche inutiles la moindre pierre, mais quand même sérieusement, comment voulez-vous faire accepter aux Français une année de plus après des décennies de course à l'abîme qu'on les polie encore de leurs droits sociaux par incapacité à toucher à ceux que nous avons octroyé de manière totalement irrationnelle à la terre entière.

Comment pouvez-vous imaginer que le pays le plus fiscalisé, le plus socialisé au monde ne vous sanctionne pas, ne vous rejette pas, en voyage chaque année ? s'allonger la liste des injustices et des spoliations toujours au détriment des Français les plus faibles, jamais au détriment de l'immigration massive et incontrôlée qui mine nos comptes sociaux et rend nos rues chaque année de plus en plus violentes. Tout cela vient alimenter un climat de division et de ressentiment.

Tout cela vient aggraver la situation déjà gravissime de nos finances publiques après 8 ans de quoi qu'il en coûte macroniste sous l'œil effaré des marchés financiers qui nous prêtent des fonds mais aussi des contribuables, ménage et entreprises qui devront payer la note fiscale de ce champ de ruine budgétaire. Voilà pourquoi, monsieur le premier ministre, nous voterons sans hésiter la censure de votre gouvernement. Tout simplement parce que ce budget n'est pas un budget, c'est-à-dire la somme de choix politiques.

Ce budget est l'acte ultime, nous l'espérons, d'un système politique à bout de souffle, à bout d'idées et qui n'aura rien produit d'autre qu'un pays à bout de force à force de saigner fiscal et de brutalisation sociale. Il n'y a qu'à observer, pour s'en convaincre, les statistiques publiques, les faillites d'entreprises et en particulier de TPE et PME battent tous les records depuis des décennies. Le taux de pauvreté, les difficultés d'accès aux soins médicaux ou au logement explosent et l'immigration, je l'ai déjà rappelé, est- elle aussi comme notre dette publique, hors de contrôle ?

Tel est l'état de la France que nous laisse Emmanuel Macron. Tel est le pays que nous devrons redresser car tôt ou tard, c'est au Rassemblement national que reviendra cette mission et nous l'amènerons à bien. Mais ce que je viens de rappeler, monsieur le Premier ministre, ce sont des évidences.

Je crois et même j'espère ne rien vous avoir appris en disant tout cela et c'est sans doute ce qu'il y a de plus lamentable dans la situation politique que nous traversons. Les mots de la France sont parfaitement connus. sauf peut-être d'un carteron de gauchistes enfermés dans le déniel.

Les remèdes aussi sont connus. Il ne manque qu'une chose, le courage de les mettre en œuvre. Mais quand la classe politique fait le choix collectif du déniel pour préserver ses petits intérêts, rien n'est possible.

C'est précisément cela que nous vivons aujourd'hui. Tout a révélé au cours des derniers jours que votre seul objectif était d'éviter de nouvelles élections, de contourner le peuple, de le réduire au silence, de l'invisibiliser. En déposant ce budget, vous assumez de vous couper un membre en renonçant à la seule véritable réforme qu'Emmanuel une réforme pour laquelle soit en passant, vous aviez mis le pays à feu et à sang avant d'y renoncer 18 mois plus tard pour un fauteuil passablement élimé.

L'Assemblée nationale va voter dans quelques instants deux motions de censure. Et si une majorité de députés veulent votre départ, l'insondable sautise des postures des uns et des autres pourrait vous sauver. Si LFI refuse de voter notre motion et les quelques LR convaincus par la censure, celle déposée par LFI, ils condamneraient ainsi par leur sectarisme et leur égoïsme le plus stupide et obtu les Français à subir votre budget de malheur [Applaudissements] après votre accord avec Jean-Luc Mélenchon au second tour des législatives.

C'est aujourd'hui donc à Olivier Fortnit peut-être votre maintien temporaire aux affaires. un dirigeant visionnaire qui jusqu'à hier ne savait même pas par quel véhicule juridique allait être suspendu puisque c'est là l'objet de l'accord de la honte conclu par les socialistes la réforme des retraites d'Élisabeth Born. Cet accord après de multiples rencontres entre vous les alliés de monsieur Fort apprécieront n'est pas seulement honteux.

Il est placé sous le signe de la tromperie et de la malhonnêteté. Car rien ne nous dit que cet amendement suspendant la réforme borne survive à un rejet du PLFS, à une réécriture par le Sénat, au passage au CMP, à une possible censure du Conseil constitutionnel en tant que cavalier budgétaire, voire à sa disparition en cas de budget par ordonnance. Oh, vous aurez alors beau jeu de vous cacher derrière sa censure puisque c'est un sport national en Macroni.

C'est ainsi que vous avez laissé votre loi sur l'immigration être vidé de sa substance l'an dernier. Ce qui avait comblé d'est, paraît-il, Emmanuel Macron lui-même. Mais il y a encore mieux que les mesquines trahisons habituelles, il faut bien l'avouer des socialistes qui se retrouvent à cautionner la brutalisation sociale des plus faible et le gel une année de plus du point d'indice de la fonction publique.

Il y a donc mieux. Il y a monsieur Voquier, il y a LR. Après avoir fait campagne pendant des mois sur son refus de se dissoudre dans le macronisme, monsieur Vquier donc a enfin clarifié sa position.

C'est parce qu'il préférait en réalité se dissoudre dans le socialisme et soutenir d'un même geste la suspension de la réforme borde et la désindexation des retraites. Merci monsieur V. Bienvenue.

Vos électeurs apprécieront. Voilà donc le visage monsieur le premier ministre de ceux qui vous permettront aujourd'hui peut-être de durer quelques semaines de plus. Tous est parti unis par la terreur de l'élection.

À tel point qu'ils en ont oublié qu'il devaient, dit notre constitution, concourir à l'expression du suffrage. Désormais, ils sont tous d'accord pour concourir à éviter la tenue d'élection. Et par pudeur, par pudeur, je n'évoquerai pas les déclarations de vos propres alliés entre Édouard Philippe qui appelle à la démission du président de la République mais refuse la dissolution et Gabriel Atal qui dit ne plus rien comprendre à Emmanuel Macron mais continue d'afficher son soutien au gouvernement.

On s'y perd. Tout cela est pathétique. Tout cela sera bien vite, je l'espère rangé au rang de mauvais souvenirs.

La vérité, chers collègues, et j'en terminerai par là, c'est que vous n'échapperez pas au vote des Français. Vous aurez tout fait, tout entrepris, tout sacrifié pour éviter de retourner aux urnes, mais vous y retournerez et vous devrez, la tête basse et la mine déconfite retourner devant vos électeurs avec le déshonneur de ceux qui pendant des mois auront joué la montre. Le Rassemblement national, lui attend le jour de la dissolution avec une impatience croissante.

Nos 140 députés du RN et de l'UDR ont hâte de retourner devant les Français car ils pourront eux regarder leurs électeurs droits dans les yeux. car ils pourront eux rendre compte avec fierté de leur action à l'Assemblée nationale car ils pourront eux dire qu'ils ont fait honneur au contrat moral qui les lie à leurs compatriotes car ils seront eux les artisans du grand redressement national au sein d'une majorité claire qui sera rendue à notre pays par son seul souverain le peuple et ce n'est pas à vous que je veux m'adresser maintenant, mais à nos concitoyens, mes chers compatriotes, ne laissez personne vous dire que nous traversons une crise politique. Ce n'est pas une crise politique, c'est une crise politicienne, une crise de vieux partis fatigués qui n'ont pour seul projet que d'empêcher le Rassemblement national d'arriver au pouvoir.

Mes chers compatriotes, ne laissez personne vous dire que nous traversons une crise de régime. Ce n'est pas une crise de régime, c'est la crise d'un régime, celui des partis et il est en train de prendre fin. Mes chers compatriotes, vous allez demain retourner aux urnes et la nouvelle assemblée que vous aurez élu pourra alors voter dès son installation une loi spéciale et le nouveau gouvernement présentera ensuite son budget, un budget reflétant les choix politiques exprimés par le vote du peuple français.

Et ce sera enfin le retour de la vraie stabilité, pas celle des postes de vieux notables fatigués. s'il vous plaît, mais celle d'un pays et d'un peuple à qui nous aurons enfin redonné confiance et espérance dans tous les cas, car c'est en démocratie de loin incontournable. C'est à vous, peuple souverain, que reviendra le dernier mot.

Avec toute notre force et notre détermination, nous nous rendrons le pouvoir. Voilà aujourd'hui le seul chemin à prendre. celui de la démocratie.

Je vous remercie madame Le Pen. Je vous remercie. La parole est à présent à monsieur le Premier ministre. [Applaudissements] Merci madame.

Allez, s'il vous plaît. La présidente de l'Assemblée nationale. Mesdames et messieurs les députés, mesdames les oratrices.

Je vous ai écouté attentivement l'une et l'autre et ce qui me frappe le plus c'est la convocation du peuple comme une convocation d'un peuple imaginaire comme s'il n'était pas exprimé lors des dernières élections législatives. Et d'ailleurs, on ne peut pas dire que ce gouvernement madame Le Pen, a peur du peuple puisque dans quelques instants, soit l'Assemblée nationale l'aura censuré, soit l'Assemblée nationale l'aura confirmé. On peut pas dire que nous avons peur du peuple.

Madame la présidente Le Pen, vous avez été candidate à l'élection présidentielle en 2017, vous avez été battu. Vous avez été candidate à l'élection présidentielle en 2022, vous avez été battu. Il y a eu des élections législatives anticipées que votre famille politique a demandé en réclamant la dissolution.

Vous n'avez pas eu la majorité absolue. Et ce que je dis, madame la présidente, ce que je dis, madame la présidente avec respect, c'est que personne précisément n'a eu de majorité absolue et qu'aujourd'hui se présente devant vous un gouvernement soutenu, et nous le verrons dans quelques instants ou non par un socle suffisamment grand de députés pour pouvoir se maintenir ou non. Allez, s'il vous plaît, s'il vous plaît.

Et puisque vous défendez la constitution du général de Gaulle, vous savez vous savez que les membres du gouvernement tiennent aussi leur légitimité du président de la République par sa nomination et ça c'est la constitution de notre pays. Mesdames et messieurs les députés, je ne ferai pas de longs discours. Je pense que tout a été dit lors de la déclaration de politique générale. que je retiens aussi, c'est que notre esprit de compromis, la volonté de faire en sorte que les débats soient ouverts et lieu sont au fond le meilleur détecteur de la bonne foi ou de la mauvaise foi. avec l'abandon du 493, avec le temps nécessaire pour mener l'ensemble des débats, s'exprimer ici ce matin à cette tribune en laissant croire à celles et ceux qui nous écoutent que la copie budgétaire telle qu'elle a été déposée est la copie budgétaire définitive. comme si les parlementaires n'avaient pas le loisir, le droit, la capacité de le modifier, de l'amender, de transformer pls collègues, est-ce que vous pourriez s'il vous plaît un petit peu respecter le premier ministre qui est en train de s'exprimer et qui s'adresse à vous des deux côtés, des deux côtés s'il vous plaît, un peu de silence des deux côtés.

Attendez, ça suffit. Allez, s'il vous plaît, monsieur le Premier ministre, poursuivez. Merci.

Merci madame la présidente. On ne peut pas faire comme si dans le moment de notre procédure budgétaire, il n'y avait pas un texte sur la table qui n'a pas encore démarré sa discussion. Et de cela et de cela, vous ne pouvez pas mentir devant les Françaises et les Français en disant "Voici le projet de budget, voici ce que nous souhaitons censurer alors que vous avez refusé et que vous êtes en train de refuser de le discuter et de le travailler." La réalité, mesdames et messieurs les députés, soit on rentre dans les débats, soit on rentre une bonne fois pour toutes dans la crise politique.

Et de cela, vous devez l'assumer, parlementaire de la France insoumise avec les parlementaires du Rassemblement national parce que c'est évidemment le moment de vérité. Est-ce que l'on souhaite l'ordre républicain avec des débats qui ont lieu à l'Assemblée nationale ou est-ce qu'on souhaite le désordre ? Est-ce que l'on souhaite le ralentissement du pays ?

Censurer sur un texte avec lequel on n'est pas d'accord, on peut le comprendre. censurer sur la base de l'absence d'un texte, c'est tout simplement manquer de bon sens. En tout cas, mesdames et messieurs les parlementaires, ces motions de censure ce matin sont assez inédites dans l'histoire de la 5e République parce que ça serait au fond un peu la première fois que l'Assemblée nationale déciderait de se censurer elle-même et de refuser d'entrer dans les débats parlementaires.

L'histoire, en tout cas, jugera très durement ces manœuvres politiciennes dans lequel on aura confondu au fond la tribune de l'Assemblée nationale avec une tribune publicitaire. L'élection présidentielle viendra. Vous aurez l'occasion de faire campagne.

Pour l'instant, ne prenez pas en otage le budget de la nation et le budget de la sécurité sociale. Merci. Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. [Applaudissements] La parole est à présent à monsieur Nicolas Medzdorf pour le groupe ensemble pour la République. [Applaudissements] Merci Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, le général de Gaul disait notre constitution est à la fois parlementaire et présidentielle à la mesure que ce que nous commande à la fois les besoins de notre équilibre et les traits de notre caractère.

Nul ne doute du trait de caractère unique de l'Assemblée nationale qui se tient devant nous aujourd'hui. Bien que profondément divisé, elle n'a jamais eu autant de pouvoir. À ses côtés, désormais un gouvernement réaliste qui souhaite plus que jamais laisser la loi se faire au Parlement comme l'a clairement rappelé le premier ministre.

Le gouvernement propose et l'Assemblée enfin dispose. Il apparaît donc regrettable basse puisse envisager de se dessaisir de ce pouvoir. La censure est un acte grave, fort et solève qui engage la stabilité de la nation et qui doit être mis à l'ordre du jour lorsque la situation l'exige.

Malheureusement, depuis quelques années, la censure est devenue l'outil indispensable du bon opposant qui promet à chaque occasion de faire tomber un gouvernement de France comme si la chose pouvait être légère. Depuis 2 ans, cette assemblée ne renverse plus des gouvernements. Elle renverse le sens même de notre engagement politique.

Nous avons confondu le contrôle jouissance de l'obstruction. Or, la beauté de notre promesse ne réside pas dans la paralysie de l'État, mais dans l'espoir que nous pouvons susciter chez les Français d'avoir une vie meilleure. Le vrai courage n'est pas de renverser des gouvernements ou de dissoudre des assemblées, mais de réussir à gouverner ensemble malgré tout.

La vérité, c'est que la 5e République est aujourd'hui plus affaiblie par son parlement que par ses gouvernements successifs. À force de tout remettre en cause, scrutin après scrutin, motion après motion, nous prenons le risque d'épuiser non seulement les institutions, mais la confiance en notre pays. Ce n'est pas le gouvernement qui vaille, c'est la parole publique toute entière qui se fragilise.

Dans cet hémicycle, chacun peut avoir ses désaccords, ses priorités, ses convictions, mais il est un principe qui nous oblige tous, celui de la continuité de la France. C'est de la solidité de nos institutions que dépend la place et la voix de la France et des Français dans le cancer des nations. Le monde écoute encore, du moins encore un peu.

Mais si elle continue de se diviser, le monde ne pourra qu'être sourd à ce qui ne sera désormais plus que les murmures d'une puissance devenue régionale. Quelle ironie de nous voir tomber de par nos propres mains à l'heure où nos ennemis deviennent de plus en plus nombreux. Ce qui a fait la force de notre pays dans l'histoire, c'est la solidité de nos institutions et la responsabilité de nos dirigeants.

Aucun agenda politique ni personnel ne saurait suffire à justifier l'ébranlement de la 5e République. Cette stabilité si importante pour la France est d'autant plus recommandable que nous sommes sur de nombreux dossiers dans l'urgence. Mais avant de citer les chiffres alarmants de l'absence de budget, si je peux me permettre une référence qui rappellera de bons souvenirs au premier ministre.

En Nouvelle-Calédonie, le gouvernement local ne peut être démissionnaire moins de 18 mois après avoir été installé. Si cela pouvait inspirer, je serais fier que Monit participé à apporter sa pierre à la stabilité de la nation. Ce qui vous en conviendrait démontre quelque peu la gravité de la situation.

Le budget donc les délais d'adoption, vous le savez tous sont désormais sur un fil et une absence de projet de loi de finances au 1er janvier 2026 aurait des conséquences lourdes estimées à 11 milliards d'euros, soit 0,4 points de déficit. De ces 11 milliards d'euros, 3 milliards sont directement liés à l'hypothèse d'absence de texte financier pénalisant la croissance notamment en raison de la baisse de consommation des ménages selon les chiffres de la Banque de France. puis 8 milliards d'euros ensuite simplement en perte de mesures d'économie et de hausse de recette. 3 milliards au titre de la revalorisation des retrait 3 milliards de rendement liés au plan niche 1 milliard au titre de la taxe sur les complémentaires. 1 milliard pour le décalage d'un mois des mesures nouvelles.

Ainsi, à l'heure où nous parlons, l'instabilité nous a déjà coûté 0,2 % de notre PIB selon le gouverneur de la Banque de France, soit l'équivalent du budget annuel du ministère des affaires étrangères. Dès lors, une seule question. Avons-nous encore les moyens de nos querelles ?

Je ne le crois pas. Alors, évidemment, le premier ministre l'a-même reconnu. Ce budget est perfectible.

J'ai envie de dire que c'est normal puisqu'il n'est pas encore passé par les fourches codines de l'Assemblée. À nous de nous en saisir et de trouver les fameux compromis nécessaires. Jamais dans l'histoire de cette République, les parlementaires n'auront exercé une influence aussi importante sur le budget de la nation.

D'autant, mes chers collègues, que c'est bien lors de l'examen de ce budget que sera proposé ce que vous aviez tous demandé en plus de l'arrêt des 493, la suspension de la réforme des retraites. Le Premier ministre aura donc répondu aux deux principales revendications des oppositions qui justifient les censures jusqu'à présent. Quel parlementaire pourrait alors envisager de dire à ses concitoyens qu'il ne veut pas discuter du budget ?

La deuxième urgence de ce gouvernement de mission, et c'est à noter, ce sont les outres Mires. Un projet de loi concernant la vie chère est prêt. Nos territoires et nos compatriotes en ont besoin tant la situation du pouvoir d'achat est dramatique.

Sans gouvernement, les prix continueront de filer et la population continuera de se paupériser. Toute censure aura un impact négatif concret et rapide sur le quotidien de nos concitoyens ultramarins. Je le répète mes chers amis, de par-delà les maires avons-nous les moyens de nos querelles ?

Je ne le crois toujours pas. Permettez-moi désormais d'avoir un mot particulier pour deux territoires meurtriis. Mayotte d'abord dont les plais de Chido sont encore ouvertes.

Des engagements ont été pris et il est désormais temps de les respecter dans le budget que nous allons examiner. On ne peut pas se contenter de tweeter lors d'une catastrophe naturelle et ne pas permettre ensuite au gouvernement de prendre les mesures nécessaires au rétablissement d'une situation indigne. Nous avons une promesse républicaine envers ce territoire.

Nous ne pouvons pas décevoir ainsi leur amour de la patrie. Enfin, la Nouvelle-Calédonie. Je ne sais plus quoi vous dire tellement je désespère de pouvoir un jour aboutir à la fin d'un processus commencé il y a 7 ans maintenant avec l'organisation du premier référendum.

Nous avons connu trop de campagnes électorales, trop de factures, trop de barricades, trop de vies brisées pour devoir désormais être les otages du jeu national. Nous sommes si prêts de tourner la page de la violence et de la haine, si près d'en écrire une nouvelle que je vous demande solennellement d'avoir une pensée pour nous si vous hésitez à voter la censure. Si ce gouvernement tombe, tout espoir de paix s'envole.

Combien faut-il de morts pour que la nation se donne le peu de temps nécessaire à achever le processus de paix en Nouvelle-Calédonie ? Combien de vie faut-il voir faucher pour que la politique s'arrête ? À nous qu'on demande souvent de nous entendre malgré nos différences parce que la Nouvelle-Calédonie le mérite.

Je vous retourne désormais cette requête d'unité nationale. Depuis que l'archipel a pris feu en mai dernier, nous avons connu une nouvelle assemblée et cinq gouvernements différents. Alors, je sais que nous sommes loin, particuliers et que nos voies se noient dans les millions de l'hexagone.

Mais nous aussi, nous sommes la France. Je m'excuse d'évoquer dans cette allocution mon territoire avec tant de gravité, mais je crois tout en restant humble qu'il n'y a pas mieux placé qu'un Calédonien pour vous dire mes chers collègues que la fracture d'un peuple est un poison qui tue même les pays qu'en pensées indestructibles. Nous avons la possibilité de travailler ensemble ici, de dépasser nos clivages pour sauver la France.

Nous l'avons fait trop tard à Numéa, nous pouvons encore le faire ici à Paris. Je sais qu'il y a les militants, les sondages et le calendrier électoral. Je sais les réseaux sociaux et le microcosme parisien.

Mais avant tout et plus que tout, il y a la France. Que le gouvernement de Sébastien Lecnu puisse tenir le plus longtemps possible. Que sa mission réussisse pour la France, pour toute la France.

Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Laurent Baumel du groupe socialiste. Merci madame la présidente.

Monsieur le Premier ministre, en préambule de cette intervention, je veux d'abord vous dire que nous comprenons intimement et parfaitement les sentiments et les raisonnements qui conduisent nos collègues des autres groupes de gauche à vouloir ce matin censurer votre gouvernement. Nous comprenons et partageons l'exaspération engendrée par le spectacle accablant de ce président de la République qui chagriné des mauvais résultats des élections européennes a voulu lui aussi jouer à la dissolution, a perdu les élections législatives qu'il avait convoqué et s'est obstiné ensuite à ennier les résultats en ne consentant à nommer que des gouvernements à sa convenance et ce même lorsque le prê prétendant du socle commun qui servait de prétexte à cette dénégation démocratique a volé en éclat il y a 10 jours sous le regard médusé du pays. Monsieur le premier ministre, en préambule de cette intervention, je veux aussi vous dire que notre non censure d'aujourd'hui n'est évidemment en aucun cas un pacte de non censure.

Nous ne nous engageons à rien et surtout pas à voter ou laisser passer le budget récessif et injuste que vos ministres nous ont présentés. Nous ne renonçons à rien et si vous-même ou d'autres ici pouvez en douter, nous rappelons le précédent de François Berou qui s'était un peu vite bercer d'illusion à notre sujet. Alors, si en dépit de ces rappels, nous faisons néanmoins le choix de ne pas vous censurer dès votre entrée en scène, c'est pour trois raisons que je veux expliciter ici.

La première tient à notre vision, j'allais dire à notre compréhension de la nature même de cette législature. Cette législature absolument inédite parce que dépourvu de majorité absolue et même relative est la première manifestation du tripartisme qui structure désormais notre période politique. Dès son avènement, les socialistes ont admis et énoncé qu'elle ne pourrait fonctionner que sur la base de compromis substan qui ont composé le Front républicain de juillet 2024.

Dès son avènement, nous avons pris nos distances avec l'illusion d'une possible application intégrale du programme du NFP et nous avons conçu le gouvernement que nous avons proposé de former autour de Lucy Castet comme un gouvernement minoritaire appelé à chercher des majorités textes par texte dans l'assemblée telle qu'elle est. Dans notre vision, cette configuration nouvelle n'est pas d'ailleurs nécessairement une régression. Le système pyramidal structuré autour d'un président tout-puissant appuyé sur une majorité plétorique et docile n'a pas produit au cours des décennies un bonheur politique et une confiance dans les institutions telles qu'il faille à tout prix nous atter de retrouver ce paradis perdu.

Au moins, notre assemblée reflète largement le pluralisme réel du pays. À supposer qu'il soit hautement désirable, donc le retour à la normalité de la 5e République ne serait pas en outre garanti par un retour actuel aux urnes, qu'il prenne la forme d'une dissolution ou d'un départ du président. Les Françaises et les Français ne le demandent pas forcément.

À travers nos échanges hebdomadaires avec eux, nous sentons qu'il existe une base sociale dans le pays pour accueillir avec soulagement et peut-être même soutenir demain une expérience institutionnelle novatrice qui parviendrait à concilier le pluralisme et la stabilité, la confrontation naturelle des orientations avec la capacité d'agir que ce pays éminemment politique continue d'attendre de son état. Une expérience qui nous sortirait de l'image déprimante d'un pays bloqué par la somme de ses intransigences. La seconde raison de notre non censure tient à notre conception de l'action politique, celle qui a fondé historiquement l'identité du socialisme démocratique et la distingué des mouvements révolutionnaires ou gauchistes.

Depuis toujours, nous préférons nous battre ici et maintenant pour obtenir des avancées concrètes dans le cadre des institutions pour celles et ceux que nous défendons, plutôt que de travailler sans cesse à approfondir des contradictions et des crises, censé faire advenir des grands soirs sans cesse différés et souvent décevants. Dans le moment présent et même si je le répète, nous partageons l'exaspération devant l'attitude présidentielle, nous ne sommes pas convaincus que faire tomber à la chaîne tous les gouvernements qui passent pour précipiter une élection présidentielle à l'issue incertaine soit le meilleur service que la gauche puisse rendre couches populaires qui ont besoin d'elles. Fort de nos 69 députés, nous préférons exercer des rapports de force, agir dans l'hémicycle pour essayer d'inscrire dans le droit positif les propositions politiques issues de notre programme commun.

Nous croyons à la nécessité et à la valeur du compromis. Nous voulons des avancées concrètes pour les gens. Et la troisème raison, monsieur le premier ministre, pour laquelle nous faisons le choix de ne pas vous censurer au lendemain de votre déclaration et que vous avez à travers l'annonce de la suspension immédiate et complète de la réforme des retraites que nous vous demandions publiquement fait une concession réelle qui est aussi une avancée réelle.

Une concession réelle. Oui, nous connaissons l'attachement quasi obsessionnel du président de la République et de vos amis pour ce totem du bilan macroniste. Nous nous souvenons de la façon dont les outils de la coercition et de l'obstruction parlementaire ont été mobilisés pour l'imposer et le maintenir coûte que coûte face à une assemblée et un pays récal citron.

Une avancée réelle. On peut ici ou là ergoter, minorer, dévoiler notre supposée naïveté. Nous nous sommes fiers d'avoir exercé cette pression, ce rapport de force qui permettra demain à 3 millions et demi de personnes usé ou fatigué par une vie de travail de partir plus tôt, si elles le souhaitent à la retraite.

Mais je termine, monsieur le Premier ministre, je termine par là où j'ai commencé. Pour la première fois de cette législature, vos amis et vous-mêmes semblez comprendre que la pérennité de cette législature a un prix. À la différence de votre prédécesseur, vous semblez vouloir nous épargner les leçons de moral ou d'économie pour nous traiter comme on traite ses opposants en l'absence de majorité.

En ne joignant pas ce matin nos voies à la censure, nous faisons le pari que vous continuerez à le comprendre dans le budget, dans le débat budgétaire qui vient sur la suspension des retraites. Je vous le dis solennellement ce matin, il n'y aura pas d'entoureloupe ou de russe procédurale. Vous êtes le garant qu'à la fin du processus, la suspension devienne une réalité juridique.

La pérénité même de votre gouvernement est désormais liée à cet engagement pris à cette tribune devant des millions de français. Monsieur le Premier ministre, vous avez renoncé au 493. C'est un progrès démocratique qui permettra aux majorités parlementaires de corriger votre copie.

Chacun sera mis devant ses responsabilités et assumera ici les classes sociales et les intérêts qu'il défend. C'est infiniment mieux qu'un budget imposé par ordonnance. Mais ce geste, monsieur le Premier ministre, ne vous exonère pas de votre responsabilité de faire de nouvelles concessions sur la trajectoire financière, sur la justice sociale, sur le pouvoir d'achat si vous voulez, si nous voulons que la France ait un budget et un gouvernement à la fin de cette année.

Monsieur Retaillot vous accusera peut-être d'être notre otage. Ce n'est pas notre sujet. Nous nous demandons simplement que les idées validées par un tiers des Français lors des élections législatives trouvent leur place légitime dans le budget de la nation.

Monsieur le Premier ministre, je conclus. Nous faisons le paris qu'une forme d'intelligence politique collective peut peut-être encore émerger du bourbier créé par l'apprenti sorcier de l'Élysée. Un automne parlementaire ne suffira pas à recréer l'amour des Français pour leurs institutions, mais nous pouvons commencer à leur redonner du crédit.

Nous pouvons agir pour éloigner le pire, les souffrances, les malheurs, les désordres, les salissures de notre République auquel notre échec collectif pourrait désormais rapidement nous conduire. Voyez donc, monsieur le Premier ministre, cette noncensure comme un surcis et comme un appel au sursaut. En ce mois d'octobre 2025, les Français nous regardent, vous regardent, ne les deux se veut pas.

Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent monsieur Jean Didier Berger pour le groupe droite républicaine. [Applaudissements] Non.

Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, nous éprouvons ensemble l'expression d'un yatus démocratique inédit. Il y a 15 mois, chacun d'entre nous a gagné dans sa circonscription. Nous avons tous gagné.

Et pourtant, ici désormais, personne n'est vraiment vainqueur puisqu'il n'y a pas de majorité claire. Ainsi, par leur suffrage, les Français ont-ils confiant entre nos mains et une responsabilité démocratique supplémentaire ? Celle de nous mettre d'accord et de sortir des postures politiciennes.

Celle de faire preuve d'humilité et de créativité pour sortir des impasses politiques. Le vote des Français a retiré du pouvoir à l'exécutif. Vous en avez pris acte, monsieur le Premier ministre, en renonçant expressément à l'utilisation du 493 à l'occasion de l'examen du budget de la nation. davantage de pouvoir et donc désormais entre nos mains, cette responsabilité nous oblige.

Bien sûr, en chacun des députés ici présent raisonn ses engagements, ses convictions, ses idées. Chacun voudrait appliquer son programme à la lettre, mais il n'y aura pas de solution chimiquement pure jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Mais si tel est le cas, c'est parce que nous constituons l'assemblée qui est probablement la plus représentative et la plus démocratique de toute la 5e République.

Beaucoup d'autres pays européens connaissent cette situation. Beaucoup d'autres pays européens réussissent. L'échec n'est pas une fatalité.

Cette situation nous donne même à toutes et à tous une liberté d'action énorme. Une liberté d'action qui engage chacune et chacun d'entre nous. Une liberté d'action qui aujourd'hui à l'occasion d'un vote aussi décisif peut faire basculer le destin d'une nation.

Et lorsque le vote est aussi important, lorsque la liberté d'action est aussi importante, elle doit s'exercer en dehors de toute considération personnelle ou partisane. Plus l'enjeu est impérieux, moins le mandat doit être impératif. Face à la passe de la dissolution, la droite républicaine a assumé l'intégralité de ses responsabilités.

Nous avons choisi d'envoyer l'un des nôtres pour être premier ministre avec Michel Barnier. Nous avons soutenu un autre premier ministre qui n'était pourtant pas issu de notre formation politique, avec qui nous n'avions pas une histoire d'amour très évidente et pourtant nous l'avons fait pour éviter les conséquences qui pouvaient se reproduire à l'issue de la première censure. Des conséquences qui créaient beaucoup d'incertitude pour le pays.

Il nous est aujourd'hui demandé de nous prononcer à nouveau sur l'opportunité d'une nouvelle censure. Bien sûr, il y a avec ce gouvernement, monsieur le Premier ministre, vous le savez, des points de désaccord importants, des points de désaccord budgétaires importants. Le Haut Conseil des finances publiques l'a dit, 2025 commence à marquer le début de la réduction des déficits.

Mais cette réduction des déficits se fait 100 % par l'impôt et 0 % par la baisse de la dépense publique. Comment est-ce possible dans le pays le plus taxé du monde, dans le pays qui dépense le plus ? S'il y avait une majorité et une opposition, comme c'est traditionnellement le cas ici à l'Assemblée nationale, nous serions probablement dans l'opposition et nous voterions probablement contre ce projet de budget.

Mais voilà, il n'y a pas de majorité. Et si sans responsabilité il ne reste plus que des oppositions, alors nous serons dans le néant budgétaire. En moins de 2 ans, la France a connu cinq premiers ministres, nous rappelant ainsi les heures les plus sombres de la 4e République.

Le général de Gaulle et Michel Debré ont précisément conçu nos institutions et notre constitution comme un renfare face à cette instabilité. Un rempart qui permet à la France d'avoir une stabilité qui lui confère sa solidité. des institutions qui garantissent que l'intérêt supérieur de la nation passe avant tous les intérêts partisans.

C'est précisément en considération de l'intérêt national que les députés de la droite républicaine ont aujourd'hui décidé de ne pas censurer ce gouvernement. Pas seulement parce que les Français sont très major très majoritairement opposés à cette centure, mais parce qu'il s'agit de l'intérêt supérieur de la nation. C'est l'intérêt national qui commande aujourd'hui, mes chers collègues, de trouver les voies et moyens d'un accord, d'un accord pour doter la France d'un budget avant la fin de l'année.

C'est l'intérêt national qui nous enjoint d'honorer les engagements de la France pris auprès des instances de l'Union européenne. C'est encore l'intérêt national qui ordonne de comprendre que sous le regard attentif et circonspect des marchés financiers, c'est la crédibilité de la signature de la France qui est en jeu. Parmi les senseurs ici présents aujourd'hui, qui ira payer les traites exorbitants des Français ?

Qui le fera ? parmi les senseurs ici aujourd'hui présents, qui ira consoler ceux qui auront perdu leur emploi, les emplois qui seront supprimés et ceux qui ne seront pas créés en raison de l'insuffisance de visibilité des entrepreneurs et des investisseurs qui parmi vous mesdames et messieurs les senseurs ira expliquer aux usagers des services publics que ces derniers ont été supprimés ou moindres, par les départements, par les régions, par votre faute parce que vous avez créé et les conditions de l'instabilité. Aucun d'entre vous n'aura ce courage.

Aucun n'ira le faire. Aucun n'ira expliquer que vous avez choisi la politique de la terre brûlée, celle sur laquelle rien ne repose et qui que vous l'aurez fait au détriment de l'intérêt des Français. Vous n'aurez pas ce courage.

Choisir comme vous le faites. L'intransigence idéologique, c'est bien confortable. Nous ne ferons pas ce choix.

Et pourtant, monsieur le Premier ministre, ne pensez pas que nous ne serons pas attentifs et vigilants à chacune de vos décisions. Ne pensez pas, en l'occurrence, que nous pourrons accepter tout et n'importe quoi s'agissant de la réforme des retraites. Vous savez, nous savons tous, y compris ce qui aujourd'hui s'apprêtent à censurer, ce qui aujourd'hui demandent même l'abrogation de la réforme des retraites. que cette réforme était non seulement nécessaire mais qu'elle était insuffisante qu'elle était insuffisante et que nous serons nous les élus responsables obligés d'y revenir en 2027 obligés de proposer des nouvelles solutions pour tenir compte de la réalité démographique.

Tous les autres pays européens Tous les autres pays européens quel qu'en soient les majorités politiques le font. Tous les autres constatent qu'il faut passer l'âge de départ à la retraite à 65 ans, à 67 ans, voire à 70 ans comme l'ont fait certains des de nos voisins. C'est la raison pour laquelle, mes chers collègues, nous euh euh ferons le choix de la vigilance face à toutes ces décisions.

Vous avez la responsabilité, nous avons la responsabilité de sauver notre système de retraite. Il y avait il y a 50 ans, vous devriez pourtant avoir au moins un petit peu de mémoire, il y avait pourtant il y a un demi-siècle 4 retraité. Aujourd'hui, c'est 1,5 cotisans par retraité.

Bientôt un cotisant pour un retraité. Et quand il y aura moins de cotisans que de retraités, qui payera ? Qui payera ?

Mes chers collègues ? Alors, monsieur le Premier ministre, vous comprendrez que la décision que nous prenons aujourd'hui est tout sauf à anodine. Est-ceà dire que les députés de la droite républicaine qui acceptent de ne pas censurer aujourd'hui, monsieur le premier ministre, vous accorde une confiance aveugle ?

En aucun cas, ce soutien sera le plus exigeant que vous connaîtrez. Il s'exercera texte par texte, article par article, amendement par amendement. Il s'appuyera sur la bienveillance avec laquelle vos ministres donneront des avis. je l'espère le plus souvent favorable s'agissant des amendements que nous aurons l'occasion de déposer.

En somme, monsieur le Premier ministre, ce soutien dépendra du vôtre. Il dépendra du vôtre lorsque nous proposerons de préférer la baisse de la dépense publique aux augmentations d'impôts. Ce soutien dépendra du vôtre, monsieur le premier ministre, lorsque nous proposerons les outils nécessaires à la revalorisation du travail et la lutte contre l'assistana pour aller vers la location sociale unique plafonnée parce que nous sommes intimement convaincus que ceux qui travaillent doivent toujours gagner davantage que ceux qui bénéficient de la solidarité nationale.

Ce soutien dépendra du vôtre, monsieur le Premier ministre, lorsque nous proposerons de supprimer les titres de séjours jours pour soins et de transformer l'AME en aine médical d'urgence. Je suis certain que chacun ici sur les bancs du gouvernement mesure l'effort que font les députés de la droite républicaine. Un effort qui ne saurait être déçu.

Plus que tout, cet effort est dicté par le bon sens. Quand on cherche 44 milliards, on ne commence pas par une censure qui va coûter 12 milliards de plus. Je sais qu'il y a ici et on les entend très bien des gens qui préfèrent instrumentalité instrumentaliser l'outil constitutionnel de la censure à des fins partisanes ou à des fins personnelles.

Je le dis à ceux qui veulent profiter des circonstances pour faire prévaloir la fureur et le bruit. Déstabiliser la 5e République et inventer de toute pièces une nouvelle constitution qui n'offre aux français aucune garantie démocratique. Vous ne parviendrez à désarmer ni la police ni la République.

Vous y laisserez jusqu'à votre dernière énergie parce que l'instinct démocratique du peuple français sera toujours plus fort que toutes vos maligances. Je m'adresse aussi à ceux G plus glorieux qui font prévaloir les agendas personnels sur l'intérêt national en décrétant pour des mauvaises raisons que vous censurerez désormais tout le temps en vous alignant sur la position de la France insoumise. Vous avez donné les clés de la négociation au Parti socialiste.

Vous avez rendu nécessaire la suspension de la réforme des retraites. Mais peut-être au fond était ce que vous souhaitiez puisque vous-même vous êtes pour l'abrogation de la réforme des retraites. Peut-être au fond est-ce que vous souhaitiez puisque vous avez un programme plus à gauche que la gauche ?

Peut-être au fond puisque vous vous dites ni de droite ni de gauche, en réalité n'êtes ni de droite ni de droite. Alors, puisque dans ce pays, il n'existe souvent rien de plus proche que les extrêmes, je le dis à tous les senseurs, les Français, le peuple souverain va vous envoyer à travers la facture de l'histoire le prix du mépris que vous vous apprêtez aujourd'hui à déverser avec des involtures sur l'intérêt national. À l'issue de ce vote, monsieur le Premier ministre, vous avez entre vos mains avec tous vos ministres le dernier fil d'Arian qui relie la confiance des Français aux députés de la nation.

Il vous appartient d'en prendre le plus grand soin et nous serons avec tous les députés de la droite républicaine ultra vigilants, aussi bienveillant que vigilant. Merci de votre attention. Merci beaucoup monsieur le député.

La parole est à présent à madame Léa Ballage El Mari pour le groupe écologiste et social. Merci. Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mes chers collègues, voter une motion de censure n'est jamais un geste anodin.

Ce n'est jamais une posture. En tout cas, ce n'est pas ma conception, c'est un acte grave et je crois qu'il y a plus grave encore, c'est accepter de devenir les figurants d'une mauvaise pièce de théâtre présidentiel. La bonne nouvelle, c'est que nous parlementaires disposons d'un pouvoir inviolable en démocratie, celui de ne pas consentir, celui de ne pas accorder notre confiance, celui de la retirer.

Car la confiance du peuple envers le gouvernement n'est jamais que l'écho. Car la confiance du parlement envers son gouvernement n'est jamais que l'écho de celle du peuple envers ses dirigeants. Qu'est-ce que la confiance ? sinon la condition première du bon fonctionnement de notre pays.

Or cette confiance non seulement vous ne la demandez pas monsieur le premier ministre mais vous ne la méritez pas. Nous ne vous censurerons pas par plaisir. Nous le faisons parce que votre gouvernement sa composition sa direction son intention ne répondent pas à ce que nous estimons juste pour notre pays.

Commençons par le décor qui dit parfois l'essentiel. Je veux partager avec avec vous mon étonnement. Dans le rang protocolaire, le ministre de l'intérieur arrive en premier, suivi de la ministre des armées.

Que l'on me comprenne bien, la sécurité intérieure et nationale n'est secondaire pour personne, mais elle ne saurait être enfermée dans les seules limites que vous lui assignez. Pour beaucoup de nos concitoyens, la sécurité véritable, c'est celle du quotidien. l'emploi, la santé, l'environnement, le logement, tout ce qui permet de vivre dignement, de maîtriser leur existence.

Monsieur le Premier ministre, et quelle place-vous accordé à l'éducation nationale ou à la jeunesse ? L'arrière-plan et que dire de la protection de l'enfance dont tous les signaux sont au rouge et qui n'a même pas de secrétariat d'État. Et l'éducation et l'économie sociale est solidaire, 14 % de notre PIB privé d'interlocuteurs dédiés et sur la composition du gouvernement que vous nous proposez.

Si je ne veux retirer à personne ses qualités, il faut bien dire la vérité que ce qu'insting incarne. Des proches du président de la République, des anciens de vos cabinet ministériel, des LR exclus, bref un dernier carré de fidèles, des moines soldats, des opportunistes en transition vers de prochaines aventures électorales et ce ris l'indigeste gâteau un gouvernement encore moins paritaire que les précédents. Voilà donc la modernité macroniste, un air de famille, un parfum d'entre soi.

Allons désormais au fond des choses. Le budget que vous nous présentez n'est pas un projet pour la nation, c'est une addition d'injustice. Rigueur extrême pour les classes moyennes et populaires, clémence excessive pour les ultra riches et les grands groupes et un silence assourdissant pour le climat.

Vous avez même poussé le zè jusqu'à reprendre 80 % des propositions de monsieur Mirou. Celle la même que cette assemblée venait tout juste d'écarter. Gel des des prestations sociales et suppression des APL pour les étudiants étrangers.

Hausse des timbres fiscaux d'accès à la nationalité comme si la nationalité devenait un privilège sensitaire. Limitation des arrêts de travail initiaux division par de du fond vert déjà diminué l'an passé. Voici quelques exemples éloquents de vos intentions et en augmentant les franchises médicales, vous affaiblissez mécaniquement le financement solidaire de la sécurité sociale.

Vous en accélérez la financiarisation, les mutuels augmenteront, les ménages payeront et chaque centime non remboursé par la sécurité sociale sera un coup de canif dans l'édifice du Conseil national de la Résistance. Quant à la suspension de la réforme des retraites, réforme pour laquelle vous avez changé trois fois de véhicule législatif en 48 he à croire que vous êtes devenu un défenseur de la multimodalité, elle aurait pu être une bonne nouvelle. Mais ce que vous proposez n'est un report que de 3 mois pour les générations de 64 à 68, l'âge pivot de 64 ans, la cible des 72 des 172 trimestres demeure inscrit dans la loi.

Vous suspendez la marche pour mieux la reprendre. Et comme souvent les mots enjolivent la réalité, ce que vous appelez suspension n'est réalité qu'un ralentissement cosmétique. Alors c'est vrai, vous allez accomplir un geste d'une portée inédite.

Vous renoncez à l'article 493 de notre Constitution. L'Assemblée nationale aura enfin le droit de voter. Attention, on frôle la révolution démocratique.

Partons de vous le dire, mais faire passer le respect du Parlement pour une faveur censée justifier notre confiance, c'est confondre la démocratie avec une cour royale. [Applaudissements] Et quand bien même vous seriez tenu de composer avec les forces de cet hémicycle, il ne faut pas se laisser abuser. La 5e République demeure un régime où l'exécutif règne en maître sur la fabrique de la loi et dispose d'un pouvoir réglementaire si vaste qu'il peut gouverner sans nous.

Pour le dire autrement, vous laissez à Maton, monsieur le Premier ministre, c'est assumer la droitisation de l'ensemble de nos politiques publiques et cela nous ne l'acceptons pas. Mais ce qui se joue ici dépasse infiniment la question du désaccord politique. Ce qui est en cause à travers votre nomination, c'est la manière dont le pouvoir présidentiel se conçoit, s'exerce contre les usages, contre l'esprit d'équilibre et à la fin des fins contre nos concitoyens.

Si nous vous censurons, monsieur le premier ministre, c'est un républicain sincère, attaché à la régularité du pouvoir et à la dignité de ces procédures. Il y a un an, le président de la République a pris l'une des décisions les plus graves de la 5e République, dissoudre l'Assemblée nationale dans l'espoir secret que la victoire du Rassemblement national en révèle l'imposture. Il n'était pourtant pas nécessaire de jouer avec la République.

Il suffit de les écouter chaque ce paris dangereux s'est changé en manœuvre cynique lorsque le chef d'état a demandé à ses candidats de refuser le barrage républicain. Emmanuel Macron se révait en Churchill, il se réveille en Finonbourg. Et vous êtes de ceux, monsieur le Premier ministre, qui ont rendu cela possible.

Vous vous dites gauliste, mais est-ce que le général aurait dîné en Catimini avec Le Pen pour parler des conflits aux portes de l'Europe comme vous l'avez fait au printemps dernier ? Non, c'est contre cela contre cela que les Françaises et les Français ont voté, contre la banalisation de l'extrême droite pour un vrai changement, pour la justice sociale, pour la protection de l'environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Et pourtant, nous y voilà.

Un président qui s'obstine à mépriser le verdict des urnes, qui nomme pour la troisème fois et demi un premier ministre à sa main poursuivre la même politique comme si ne rien ne s'était passé. Un président qui détourne sa fonction de garant des institutions pour échapper à sa propre responsabilité. Un président qui tort la lettre et l'esprit de la Constitution pour mettre la République à son service.

Un président minoritaire devenu hors de contrôle qui veut rester au centre du jeu. Tout désormais concours à épuiser notre démocratie. Et si vous n'avez pas notre accord pour gouverner, c'est parce que nous avons encore la faiblesse de croire qu'en République tous les coups ne sont pas permis.

À l'heure où le vin brin souffle sur les de nouveau sur les continents, l'entêtement du président de la République nous rapproche de ces démocraties libérales, celles qui refusent le partage du pou l'autoritarisme à la délibération. Cet autoritarisme s'était encore exprimé avant-hier lorsque le chef de l'État, non content d'infantiliser régulièrement les Françaises et les Français, a cru bon de nous menacer. Voter cette motion de censure reviendrait selon lui à voter la dissolution.

Non, chers collègues, la dissolution n'est pas la conséquence automatique d'une censure, ni la conséquence institutionnelle. C'est une décision politique, une responsabilité qui appartient au président de la République et à lui seul. Emmanuel Macron pourrait parfaitement revenir à la raison et donner enfin un sens au résultat des urnes de juillet dernier.

Et même s'il devait persister dans son aveuglement, vous pourriez-vous, monsieur le Premier ministre, à nommer pour la troisième fois, et ce serait audacieux, admettons-le, proposer une feuille de route fidèle à ce que le pays a exprimé des mesures pour réparer vraiment la France. Je n'ai pas le droit ici de brandir le programme du Nouveau Front populaire, mais il pourrait vous inspirer utilement. pas pour appliquer tout le programme rien que le programme mais un dieè suffirait déjà à répondre à bien des attentes du pays.

Vous pourriez même vous appuyer sur des propositions déjà adoptées par cette assemblée. Je pense par exemple à l'attaque Zucman défendue par mes collègues Evassas et Clémentin alors non, la dissolution n'est pas l'issue naturel de cette censure. Nous refusons de porter la responsabilité d'un choix qui n'est pas le nôtre.

C'est vrai, cette assemblée ne ressemble à aucune autre dans l'histoire de la 5e République. Elle est si fragmentée qu'aucune tendance politique ne dispose de la majorité et les compromis seront nécessaires. Mais cez précisément parce que cette situation est sans précédent qu'il faut respecter les principes fondamentaux de notre République parlementaire.

Deux exigences auraient dû être respectées. Que le président de la République accepte enfin le résultat des urnes, passe la main, admettre la cohabitation, qu'un projet commun, clair et débattu soit présenté devant les députés accompagné d'une question de confiance. Rien de tout cela n'a été fait.

Monsieur le Premier ministre, votre nomination procède d'une décision autoritaire à laquelle nous ne pouvons souscrire. Nous refusons que la 5e République devienne une monarchie élective. Et puisque vous ne sollicitez pas notre confiance, nous sommes contraints de vous offrir la censure.

Je vous remercie. Merci beaucoup madame la députée. La parole est à présent à madame Blandine Brocard pour le group démocrate. [Applaudissements] Madame la présidente Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, en prenant la parole face à vous aujourd'hui, ce n'est pas à vous que je veux m'adresser, c'est en pensant au français et à eux seul que je parle parce que nous sommes là, vous comme moi, par leur volonté et nous sommes là pour eux, rien que pour eux.

Et à force de ne parler qu'entre nous, on en oublie à qui nous devons vraiment rendre des comptes parce que c'est leur voix, leur colère, leurs espérances, leur vie que nous devons porter. Pas nos égos, pas nos ambitions parce que nous sommes leur représentants et que cela nous oblige profondément. Cela nous oblige à travailler enlassablement pour eux et non pour des jeux d'appareils ou des postures partisanes qui stérilise le débat public et abîment notre démocratie.

Cela nous oblige à privilégier toujours le sens de la construction plutôt que celui de la destruction, le dialogue plutôt que le vacarme, le respect plutôt que la surenchère, le courage d'agir plutôt que la facilité de critiquer, la force de proposition plutôt que le rejet et la censure systématique. N'en avez-vous pas assez chers collègues, de consacrer tant de temps, tant d'énergie à vociférer et si peu à écouter. À je ne dis pas être d'accord mais simplement écouter.

C'est la base même du travail démocratique. Or, depuis des mois, notre assemblée donne trop souvent un piètre spectacle, celui d'un champ de bataille où l'on crie plus fort qu'on ne construit, où le bruit remplace le sens où les invectives tiennent lieu de penser. N'en avez-vous pas assez chers collègues senseurs de confondre opposition et obstruction ?

De penser que crier, c'est convaincre de refuser tout débat avant d'essayer de comprendre et de déposer des motions de censure avant même d'avoir entendu la déclaration de politique générale du Premier ministre. Quelle étrange conception du débat démocratique. Quelle curieuse idée de la responsabilité parlementaire.

Et si et si au lieu d'une motion de censure automatique, vous proposiez enfin un projet alternatif, un plan B comme le font nos voisins allemands. Ah, pas tout à fait. Là-bas, là-bas, on pratique la motion de censure constructive.

On ne se contente pas de dire non. On doit proposer une autre voix et surtout surtout convaincre une majorité. C'est cela la politique proposer, porter une vision, convaincre, pas juste taper du pied en criant "Censure".

La situation du pays et celle du monde exige tout l'inverse, du sérieux, de la responsabilité et du travail. Ces mots semblent devenus désués pour certains, mais ils sont exigés par les Français. Alors, écoutons-les et mettons-nous au travail vraiment.

L'urgence est de redonner du sens à la politique, de la rendre à nouveau lisible et crédible. Soyons dignes des Français. Redonnons du crédit à la parole publique.

Refusons que la politique avec un grand paix soit salie, bafoué, caricaturée par le vacarme des siamois populis et la paresse des cyniques. Alors oui, certains ici ne veulent que le chaos. D'autres prospèrent sur les peurs, sur les colères, sur les blocages qu'ils organisent eux-mêmes.

Les uns et les autres rêvent d'un effondrement car c'est la seule manière pour eux d'exister. Mais nous sommes, j'en suis convaincu, bien plus nombreux et de sensibilités différentes à croire sincèrement à notre engagement, à vouloir servir et non se servir. À ceux qui ne cessent d'être dans les outrances et les caricatures, à malmener nos institutions qui jouent avec la colère et les mensonges comme on joue avec le feu.

Stop ! Stop ! Car à force de tout dénaturer, c'est la démocratie elle-même que vous détruisez. car à force de tout balayer d'un revers de la main, c'est notre force d'action et de changement pour les Français que vous freinez.

Et finalement, ce n'est pas le gouvernement que vous affaiblissez, c'est le pays tout entier. La France, ce n'est pas un champ de ruine partisane, c'est un héritage commun, une exigence de chaque jour et un avenir partagé. Elle mérite tellement mieux que nos querelles d'appareil, nos indignations de façade, nos micros tendus pour un buzz.

Ah ça, il est toujours plus facile de dénoncer que de proposer, de critiquer, que de construire, de diviser, que de rassembler. Mais si nous ne faisons que cela, à quoi servons-nous ? Pourquoi ne serons-nous pas capable ici de regarder ce qui nous unit plutôt que de brandir sans cesse ce qui nous sépare, de chercher le commun plutôt que la fracture, de parler de la France plutôt que de nos camps ?

Pendant que nous nous invectivons, des jeunes cherchent un logement qu'ils ne trouvent pas. Des familles travaillent dures et ne s'en sortent plus. Des agriculteurs prennent à vivre de leur métier.

Des enseignants doutent du sens de leur mission. des entrepreneurs, policiers et gendarmes se sentent démunis. Des soignants tiennent à bout de bras nos hôpitaux.

Et pendant ce temps-là, et bien pendant ce temps-là, nous nous lançons des adathèmes. J'en entends des deux côtés sans cesse depuis tout à l'heure et nous débattons pour savoir qui criera le plus fort. Mes chers collègues, par ces mots, je nous parle à tous.

Je nous appelle à nous réveiller, à nous rappeler la raison pour laquelle nous sommes ici. Nous ne sommes pas des figurants d'un théâtre médiatique. Nous ne sommes pas des acteurs d'un jeu d'ego.

Nous sommes les dépositaires d'un bien précieux, la confiance des Français. Et cette confiance, nous la perdons. Nous la perdons tous jour après jour.

Chaque fois que nous hurlons au lieu d'écouter, chaque fois que nous faisons passer nos intérêts avant ceux du pays, chaque fois que nous censurons au lieu de construire, les Français ne nous demandent pas d'être d'accord sur nous. Ils savent surtout, pardon, ils savent bien évidemment que la politique, c'est aussi le désaccord, mais ils veulent que ce désaccord soit digne, porteur, responsable et constructif. Le Premier ministre nous assure ne pas faire usage du 493.

Saisisons cette occasion pour essayer de nous écouter et à défaut de nous entendre pour construire la nuance. À moins qu'encore une fois la censure repoussée, vous choisissiez de bloquer le débat, de le monopoliser en restant sourd aux attentes des autres. tout mon programme, rien que mon programme, quand on représente qu'un tiers des Français, ça vaut pour tout le monde ici. et bien c'est oublié les attentes des 2 tiers car [Applaudissements] ce salmon car nos divisions vont bien au-delà du spectacle affligeant et mesquin que nous offrons à nos concitoyens qui ne savent d'ailleurs plus vers qui se tourner entre des responsables impopulaires et des irresponsables populaires.

Nos divisions, elles nous rendent surtout très vulnérables et nous placent dans une position d'extrême fragilité face à un contexte géopolitique international où les équilibres se tendent et où les menaces se rapprochent. Ceux qui refusent de le voir, au mieux se berent d'illusion, au pire ment et trompent les Français. Pendant que nous nous échappons sur des postures, le monde lui ne nous attend pas.

On peut bien continuer à se cureler sur l'âge de départ à leur traite alors que soit quand même dit en passant, tous nos voisins l'ont relevé. Mais à quoi cela sert-il si dans le même temps les dangers s'accumulent à nos portes ? Ingérances étrangères, dirigeants béliqueux ne jurant que par l'extension de leur territoire.

Cyberattaque visant à faire éclater notre démocratie. Risque d'intrusion dans nos espaces aériens et maritimes. Projet d'attentat terroriste sur notre sol.

Notre pays n'est pas un protégé de l'extérieur. Nos débats, nos faiblesses, nos divisions, nos clivages sont observer, exploité et manipulé par d'autres puissances. Face à cela, notre devoir est clair : protéger la France dans son intégrité, dans sa liberté, dans son unité, dans sa souveraineté.

Et le premier rempart, c'est la lucidité et non les dogmatismes dont certains se révèlent être une véritable 5è colonne. C'est la vérité et non la facilité et la complaisance. Mes chers collègues, nous n'avons pas le droit d'abandonner la politique au cynique.

Nous n'avons pas le droit de laisser le doute, la peur et le bruit gouverner à notre place. Nous n'avons pas le droit de décevoir encore. Alors maintenant, au travail, les Français nous attendent et ils ont raison parce qu'ils ont besoin de nous, non pas comme d'un triste spectacle mais comme d'un espoir.

Redonnons à la politique ce qu'elle n'aurait jamais dû perdre. le sens du service, le sens du collectif et le sens de l'honneur. Merci beaucoup madame la députée.

La parole est à présent, monsieur Paul Christophe, président du groupe Horizon et indépendant. [Applaudissements] Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, à force de déposer des motions à répétition, certains semblent avoir oublié que la démocratie ce n'est pas le vacarme permanent. C'est le courage du dialogue, c'est la force du débat, c'est l'intelligence du compromis et ce dans le respect du mandat que nous ont confié les Français.

De quoi allons-nous débattre ce matin ? Il nous faut l'expliquer à celles et ceux qui nous écoutent encore, s'il en reste, au vu de la désolante prestation que nous le referons ces derniers temps. Il nous faut leur dire tout le ridicule de cette scène.

Nous sommes aujourd'hui réunis pour débattre de motions de censure qui ont été déposées par les extrêmes alors même que le gouvernement ne s'était pas encore exprimé sur ses orientations et ses choix budgétaires. C'est assez cocasse, vous en conviendrez, puisque cela revient à congédi un salarié avant même son premier jour. Il serait par nature fautif coupable de ne pas venir de vos rangs.

Mais il en est ainsi. Sans même laisser le Premier ministre prononcer le moindre mot, l'extrême droite avec l'extrême gauche avait décidé de s'unir pour bloquer le pays. Voilà donc leur conception du débat démocratique.

Censurez toujours, écoutez jamais. Commençons à regarder à l'extrême droit de notre hémicycle ces élus qui à longueur de discours nous font leurs leçons de sagesse et de supériorité. Observons cette extrême droite faire soudainement preuve d'un enthousiasme politique après des mois d'érance dans les couloirs de notre assemblée.

Et souvenons-nous, souvenons-nous qu'en février 2023, le Rassemblement national déposait une motion de censure contre le gouvernement qui proposait alors d'instaurer la réforme des retraites. Et nous voilà en octobre 2025 et ce même parti dépose une motion de censure contre un gouvernement qui propose cette fois de suspendre cette même réforme. Chercher la cohérence idéologique de l'extrême droite me semble à présent plus difficile que de trouver une aiguille dans une botte de foie comme leur programme.

Désormais introuvable en ligne le Rassemblement national n'a plus aucune colonne vertébrale si ce n'est la haine des autres. Je vous l'accorde. Je m'étonne donc de cette nouvelle prise d'affection pour la censure.

C'est un véritable revirement et je ne saurais croire que votre goût soudain pour le blocage du pays trouve sa source dans un appétit électoraliste attisé par les derniers sondages. Pire pire. Je n'ose imaginer que cela ne soit qu'un moyen de faire oublier vos très récentes déconvenus judiciaires.

De l'autre côté de notre hémicycle. L'extrême gauche n'est pas en reste non plus elle qui a fait du chaos son mantra. À ses yeux, la censure n'est plus qu'un outil démocratique.

Elle est devenue un instinct partisan. Ces députés ont une envie chronique de censurer, loin de chercher le débat. Ils ont désormais le réflexe de l'étouffer.

Et je n'oublie pas pour ma part que le réflexe n'est rien d'autre qu'un mouvement sans réflexion. Vous ne cherchez ni à construire ni à convaincre. La censure dans votre bouche n'est plus l'expression d'une conviction mais celle d'une stratégie.

Occuper le temps médiatique, saturer le débat, empêcher tout avancé qui ne serait pas le fruit de votre mauvais génie. Vous prétendez défendre le peuple mais vous privez le parlement de sa voix. Quel paradoxe !

Vous vous dites l'incarnation même de la démocratie, mais vous en dévoyez les outils. Quel fumisterie ! Vous revendiquez l'art du tébat mais vous en trahissez aujourd'hui l'esprit en refusant toute contradiction et d'un claquement de doigt, les grands débatteurs que vous êtes se transforment en piètreur.

Par ailleurs, censuré mais dans quel but ! L'instabilité, le chaos, nous en sommes déjà au 3e premier ministre en un an. Quand allez-vous enfin penser à l'intérêt des Français ?

Quont-il à gagner à voir ce blocage politique se poursuivre ? En réalité, avouez-le, vous espérez que la dissolution est l'instabilité politique. Même si vous n'avez que faire du prix financier, politique et démocratique d'une telle attitude, je veux ici vous le redire.

La facture pour les Français d'une nouvelle dissolution serait de 15 milliards d'euros. pour refaire ce que le peuple vient tout juste délire. Et pour quel résultat demain ?

Un hémicycle où l'extrême droite gagnerait quelques sièges supplémentaires, mais sans pour autant que celle-ci ne dispose d'aucune majorité. Nous serions alors dans une assemblée toujours aussi fracturée qu'aujourd'hui, tout aussi incapable de s'entendre dans un pays de nouveau, paralysé par les divisions. Et ainsi, les Français douteraient encore davantage de leurs institutions.

Le prix le plus lourd ne serait alors pas dans les urnes, mais dans les têtes. C'est la confiance démocratique qu'on érode, qu'on abîme à force de jouer avec les institutions comme avec des allumettes. J'en suis sincèrement convaincu.

La France n'a pas besoin de vos calculs stériles, de vos querelles veines. Les Français attendent de nous que l'on travaille, que l'on propose, que l'on argumente. Dans la tempête politique que nous connaissons dans cette crise larvée que nombreux s'y nourrissent, il devient urgent de revenir à l'essentiel, l'intérêt général.

Chez Horizon, nous faisons le choix de la stabilité, de la cohérence, du débat parlementaire et de la vérité. Ces mots qui devraient, nous en sommes certains, guider toute action publique, tout discours politique. La stabilité d'abord, loin d'être le synonyme de l'immobilisme et le signe d'une responsabilité.

C'est elle qui garantit la continuité de l'État et la confiance des Français envers la représentation nationale. La cohérence ensuite gouverner c'est tracer une ligne claire et la tenir même si elle n'est pas la plus commode ou la plus populaire. La cohérence c'est la marque de la conviction.

Le débat parlementaire, nous le souhaitons. Il dotera notre pays d'un budget qui nous permette de respecter nos engagements et de rétablir nos finances. Enfin, la vérité.

Si elle n'est pas toujours confortable, elle seule permet de garantir la confiance. Dire vérité, c'est respecter les Français et refuser les recettes magiques et les promesses insoutenables. Stabilité, cohérence, débat parlementaire et vérité.

Voilà les quatre piliers d'une action publique digne et durable. C'est sur ces piliers que le groupe Horizon a la volonté de reconstruire la parole politique quand d'autres se contentent de la rabaisser. C'est dans cet esprit que nous ne souhaitons pas censurer un gouvernement parce qu'il défendrait quelques idées différentes des nôtres.

C'est dans cet esprit aussi que nous nous exprimons sans trembler, sans hésiter sur la suspension de la réforme des retraites que nous jugeons déconnectés de toute réalité démographique et financière. Je l'ai dit au moment de notre votre discours de politique générale, monsieur le Premier ministre, et je le répète, avec les députés de mon groupe, nous ne voterons pas n'importe quoi. Nous n'avons aucunement l'intention de renier nos valeurs et nous comptons bien utiliser le temps du débat budgétaire pour défendre avec.

La France a besoin d'un budget crédible, sincère et équilibré. Elle n'a rien à gagner entendre les excès et postures des extrêmes qui ne veulent assurément pas la réussite de notre pays. Monsieur le Premier ministre, vous nous avez rappelé l'essence même du débat du député.

Le législateur est ici pour débattre et faire la loi. Alors oui, monsieur le Premier ministre, vous proposerez, nous débattrons, nous voterons. Pour toutes ces raisons, le groupe Horizon et Indépendant ne soutiendra pas ces motions de censure mortifère et irresponsable.

Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le président Christophe. La parole est à présent monsieur Laurent Mazori pour le groupe liberté indépendant autre mè et territoire.

Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les députés, chers collègues, depuis des semaines, les citoyens nous regardent avec méfiance et inquiétude. Ils sont là, voire en colère. Dans ma circonscription dans les Yvelines, j'ai pu rencontrer des habitants de tout bord politique qui avaient un seul et même message à l'Assemblée nationale.

Entendez-vous enfin pour qu'on avance, pour qu'on ait un budget, pour qu'on puisse se projeter et que nos entreprises aussi pour que nos messages et nos priorités soient entendues et fassent l'objet de mesures concrètes mais avant tout réaliste. Il est grand temps que nous puissions exercer des missions qui nous ont été confiées il y a à peine plus d'un an et qui ont été largement compromises par différentes baisses de régime lié à l'instabilité politique qui, si elle retarde nos travaux, a aussi comme effet d'augmenter mécaniquement nos dépenses publiques. Une dissolution largement décriée tant elle a été désastreuse. trois gouvernements en un an et je ne compte pas celui qui n'a duré que quelques heures qui ont eu pour effet d'exaspérer nos concitoyens, d'augmenter notre instabilité économique et politique et de faire peser un peu plus de poids sur nos finances publiques dont un rééquilibrage était déjà une urgence.

Maintenant, nous en sommes à une éème motion de censure qui, si elle devait être votée, aurait les mêmes effets que ceux de l'instabilité dont je viens à l'instant de vous rappeler les méfets et les impacts plus que désastreux pour notre pays. Dans ce contexte, et c'est dans ce contexte qu'une très large majorité des députés du groupe Liot ne votera pas cette censure. Cela étant réaffirmé, il nous faut maintenant dire avec fermeté pourquoi cette large majorité du groupe ne souhaite pas la voter et ce qu'elle attend donc dans le futur proche, très proche.

Tout d'abord, notre groupe l'a affirmé et réaffirmé depuis le mois de septembre. Il est urgent que les voies républicaines de cet hémicycle puissent travailler ensemble en faisant des compromis pour avoir de réel budget et non des budgets spéciaux jusqu'aux élections présidentielles afin que notre France puisse fonctionner et tenir son rang. Nous voyons déjà tous les jours les dégâts d'une éventuelle loi spéciale et de l'instabilité politique dans nos territoires où des entreprises hésitent aujourd'hui à s'installer et où d'autres ont peur d'investir.

Par ailleurs, nous attendons de vous, monsieur le Premier ministre, un réel dialogue avec le Parlement, un investissement ou un réinvestissement considérable dans certains secteurs. Nous les connaissons tous, la justice, la sécurité, la santé, l'éducation. Et que dire de nos territoires ultramarins qui ment cruellement de moyens ? il deviennent une source de tension et d'exaspération pour nos concitoyens.

Sur le sujet particulier des retraites, le groupe Liot défend depuis longtemps la suspension de la réforme de 2023 mais afin d'organiser une conférence de financement aussi nous accueillons avec bienveillance mais aussi avec beaucoup d'attente votre volonté de la suspendre. Il ne s'agit pas seulement d'attente 2027 sur ce sujet bien que les élections présidentielles devront également donner un nouveau souffle à ce débat. Mais il s'agit aussi dès aujourd'hui de travailler avec sérieux et surtout avec écoute de nos concitoyens mais aussi des partenaires sociaux pour une réelle refonte visant à la fois à protéger notre modèle social en en assurant la pérennité de son financement à long terme dans le contexte démographique que nous connaissons et que personne ne peut nier.

Nous attendons également de vous que les débats qui s'annoncent puissent amener à une plus grande justice fiscale. Il n'est pas possible de toujours faire reposer des efforts sur les mêmes. Beaucoup de nos concitoyens ne comprennent plus pourquoi ils travaillent quand ils ont des problèmes pour se soigner, pour se loger, voire pour se nourrir.

Leur pouvoir d'achat diminue quand il voit pourtant que les plus grandes fortunes s'enrichissent davantage chaque année. Dans ce contexte, il est indispensable que les plus fortun contribuent davantage à l'effort mais pour autant sans impacter le capital productif mais également pour que le travail paye plus. C'est ce chemin que le groupe Liot a toujours souhaité emprunter.

Le groupe Li veillera également à ce que les territoires d'outreem ne soient pas mis de côté. Chacun d'entre eux a des enjeux spécifiques et urgents. Je pense notamment pour n'en citer qu'un et cela ne vous surprendra pas à Mayotte qui il y a près d'un an a violemment été frappé par le cyclone Chido.

Nous connaissons le bilan de cette catastrophe. Il est temps maintenant d'agir et il est nécessaire qu'enfin une ligne budgétaire spécifique concernant les 4 milliards d'euros prévus concrétise la promesse qui a été donnée ici même dans cet hémicycle. Par ailleurs, comme l'a déjà rappelé notre président délégué Christophe Nejlen, placé en numéro 13 dans l'ordre protocolaire, le ministère des Outremes est un mauvais signal.

Symbolique certes, mais c'est un mauvais signal. ne seront donc particulièrement vigilants à ce que tous les territoires d'outreem mais également la Corse soit bien pris en compte. Monsieur le premier ministre, il est impératif pour les Français que nous puissions travailler dans la confiance.

Pour cela, votre indépendance vis-à-vis du chef de l'État est nécessaire. Le dialogue que vous appelez de vos vœux, j'en suis convaincu, est une volonté sincère de votre part. Mais il ne pourra se faire sans votre libération de la tutelle du président de la République.

Nous ne pouvons accepter qu'il remettent d'ailleurs la responsabilité de l'instabilité sur le Parlement quand elle est indiscutablement le fruit infructueux d'une mauvaise décision, la dissolution de 2024 qui de plus a été une décision prise seule et pour de mauvaises raisons et qui a coûté selon l'OFCE plus de 14 milliards d'euros à la France. Sa récente déclaration malheureusement ne l'honore pas et il ne faudrait pas qu'elle soit le moteur dans l'ombre des ressentiments, des débats qui vont bientôt démarrer ici et qui sont plus que nécessaires pour notre pays. Nous ne pouvons pas nous contenter de promesses.

Nous devons donc poser des actes concrets, construire en commun dans l'intérêt seul et unique des Français. C'est un appel que je vous lance à vous mais également à tous nos collègues. Monsieur le Premier ministre, si le group en très grande majorité ne votera donc pas la censure, il restera responsable.

Mais si à l'avenir le dialogue que nous souhaitons construire avec vous et votre gouvernement pour faire face aux urgences devait être rompu, notre décision d'aujourd'hui pourrait être différente demain. Quand bien même nous avons le ministre, notre cher collègue, amis et ancien président de groupe, Laurent Panifous. Nous restons un groupe d'opposition mais qui se veut comme il l'a toujours été constructif.

Nous espérons que cette position d'opposition constructive permettra d'alimenter des débats sincères amenant à des mesures justes et à un budget le plus équilibré possible dans ces circonstances politiques particulières. Vous avez souhaité renoncer à l'article 49 à l'éro 3 de la Constitution. C'est une première étape vers une écoute sincère de votre part.

Néanmoins, il faut aussi que durant les débats, les propositions que nous ferons les uns et les autres puissent également être entendues et apprécié. Aller jusqu'au bout des échanges sans prendre en considération les propositions de tous n'aboutirait à aucune mesure efficace pour notre pays et continuerait à alimenter la méfiance de nos concitoyens. Donnons un budget juste à notre pays et je fais ici le vœu que les débats de notre parlement aboutissent à des propositions réalistes et évitant comme on l'a connu l'an dernier toute surenchère financièrement délirante.

En résumé, je n'ai qu'une chose à dire au travail. Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le député.

La parole est à présent à madame Émeline Kerbidier pour le groupe gauche démocrate et républicaine. Alors, on va passer au groupe suivant et puis si elle arrive dans les 10 minutes qui viennent, je lui donnerai la parole après le président Écoti pour le groupe UDR. [Applaudissements] Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, notre représentation nationale doit choisir ce matin.

Un choix difficile, exige, courageux qui engage l'avenir de notre nation tout entière. Oui, nous devons choisir entre la continuité d'un pouvoir usé, usé jusqu'à la corde, sans cap et sans légitimité ou choisir le sursaut, choisir d'effacer ou non le macronisme, choisir ou non de mettre fin aux souffrances, aux difficultés des Français. choisir ou non de mettre fin à une immigration de masse et à l'ensauvagement de notre société. choisir ou non de stopper la spirale infernale des 3400 milliards de dettes du record mondial des impôts, comme le soulignait encore dans son alerte le FMI qui pointait la gestion calamiteuse du président Macron et qui prévoyait que la dette française allait dépasser à l'horizon 2030 la dette la de la Grèce.

Voilà votre gestion. choisir ou non de sauver nos services publics, de protéger nos concitoyens les plus fragiles. Avec le groupe de l'Union des droites pour la République, nous avons déposé au côté de Marine Le Pen et du groupe du Rassemblement national cette motion de censure, non par calcul mais par conviction parce que tout simplement nous croyons que la France mérite mieux que la survie d'un système qui s'effondre.

Depuis 8 ans, les Français regardent ce pouvoir qui promet la réforme et ne fait que livrer la confusion, qui parle d'autorité mais qui pratique la faiblesse, qui prétend incarner la modernité mais ressuscite les inepsies d'une gauche qui aura tant fait de mal à la France. Ce dernier gouvernement n'est pas celui du redressement. C'est celui du renoncement.

Il n'a pas de majorité, pas de vision, pas de légitimité. Il n'a qu'un seul maître, qu'un seul guide, qu'une seule boussole. La peur, la peur du peuple, la peur du peuple français, la peur des urnes.

Mais nous ici, représentant de la coalition des patriotes amoureux de la France, la coalition qu'attendent les Français, nous n'avons pas peur. Un homme de droite représentant les aspirations de millions de Français. Je censurerai avec détermination votre gouvernement fantoche.

Je le fais. [Applaudissements] Je le fais sans hésitation, sans état d'âme, sans ambiguïé pour une raison simple qui apparaît à tous les Français. Car votre politique est tout simplement socialiste.

Oui, je censurerai un gouvernement socialiste. Gouvernement dont monsieur Hollande est devenu le vice-premier ministre. un gouvernement oage du Parti socialiste, prisonnier d'Olivier Fort qui vous tient, qui vous conteindra, qui vous dicte déjà votre ligne.

Aujourd'hui, ils vous ont imposé de reculer sur la réforme des retraites. Attendons de voir ce qu'il né au final. Le seul totem du macronisme que vous avez bradé à la Soviette.

Mais demain, ils vous imposeront la taxe humane, le retour à la taxe à 75 % des impôts, des taxes, des norme, des règlements et vous cerez [Applaudissements] demain à genoux, vous céderez pour survivre piteusement. Vous céderez sur tout, sur les impôts, sur les dépenses, sur la dette, sur l'immigration. sur la sécurité.

J'entendais déjà le ministre de l'intérieur avoir des pudeurs pour contester qu'il y ait une submersion migratoire alors que nous avons accueilli l'année dernière près de 550000 étrangers dans notre pays. Nous censurons, je censurerai un gouvernement socialiste, un budget qui incarne la recette immuable du socialisme. Toujours plus de dépenses 30 milliards, 77 milliards d'intérêt de la dette, toujours plus d'impôts, au moins 19 milliards.

Ce budget, c'est celui de la fuite en avant d'un gouvernement qui ne sait plus produire, qui punit l'effort, qui dévalorise le travail, qui décourage l'investissement, qui alourdit la fiscalité et qui étouffe la compétitivité. Je sensure ce gouvernement car nous combattons sa philosophie, celle qui prétend que la France se maintient par la redistribution et non par le travail, par la dépendance et non par la liberté, par la dépense et non par la responsabilité. Mais quelque part, ce gouvernement traduit le retour finalement aux sources du macronisme.

Oui, vous remontez aux origines du fleuve, rappelons-le. Emmanuel Macron fut l'homel de François Hollande, son secrétaire général à l'Élysée, puis son ministre de l'économie avant certes de le trahir. Derrière l'opportunisme, derrière l'opportunisme, ce pouvoir en réalité n'a jamais cessé d'être celui de la gauche camouflée, caché sous les habits d'un prétendu nouveau monde.

Vous avez berné les Français. Certains ont cru naïvement à la promesse du en même temps, mais ce dépassement au final aura tourner à la confusion. Et cette confusion aujourd'hui, elle se traduit dans la compromission et dans le chaos.

Oui, mes chers collègues, nous censurons car nous croyons en la liberté, en l'identité, à l'autorité, à la responsabilité, à la souveraineté, au mérite, au travail. toutes ces valeurs de pour lesquelles vous avez démissionné et parce que je sais [Applaudissements] et parce que je sais qu'on ne redresse pas la France avec les idées de ceux qui l'ont terriblement affaibli, abaissé, dégradé. À tous ceux qui aiment la France, je veux lancer aujourd'hui un appel sur ces bancs.

Votez, votez cette censure au-delà des partis, au-delà des consignes, au-delà des intérêts personnels. N'ayez pas peur, mes chers collègues, n'ayez pas peur du jugement des Français. Ne sacrifiez pas la France à la survie d'un système politiquement déjà mort. [Applaudissements] Comme en 1958, l'heure du courage a sonné.

Ne sacrifiez pas les Français à la survie d'un président déchu qui a trahi la patrie. Je m'adresse en particulier, je le dis, même si leurs bancs sont quasi intégralement cher Pierre Cordier. Voilà ce que représente aujourd'hui la famille politique.

La famille politique que j'ai eu l'honneur de présider, celle qui quelque part a été l'héritière du général de Gaul. Elle est absente. Elle est absente au rendez-vous des Français.

Elle est vide. [Applaudissements] Alors, malgré leur absence et je parle par l'intermédiaire courageuse de Pierre Cordier qui est là, je m'adresse à mes amis républicains. N'écoutez pas votre peur.

N'écoutez pas votre peur. Je la connais. Je l'ai connu.

Ne cédez pas aux menaces, aux coups de menton, au calcul à la petite semaine, au tentative de déstabiliser les uns pour valoriser les autres. Écoutez les Français, écoutez vos électeurs, écoutez vos sympathisants, écoutez surtout la France qui vous demande, qui exige d'arrêter ce désastre et de sauver avec nous la France. Refuser la censure, c'est gagné sans doute quelques semaines sous la tutelle de monsieur Olivier Fort, un hypothétique et court répit avant une dissolution inéluctable.

Mais refuser la censure, c'est avec certitude perdre définitivement la confiance de ceux qui vous ont donné un mandat, les représenter et les protéger. Les menaces, la peur ne vous sauveront pas. L'Union.

Oui. Empronter le chemin courageux de l'Union comme je l'ai fait l'année dernière. Censuré. [Applaudissements] Ne vous compromettez pas ne vous compromettez pas dans le soutien à ce gouvernement.

N'avalez pas cette couleœuvre, ce bois, cet alligator rose. Aucun électeur de droite ne vous le pardonnera. Alors oui, mes chers collègues, avec nous, osez le courage censurer pas pour vous mais pour la France.

Je vous remercie. Je vous remercie. La parole est à présent donc àely pour le groupe gauche des démocratés républicaines.

Madame la présidente, mesdames, messieurs les ministres, chers collègues, depuis un an, notre pays est confronté à la plus grave crise politique que nous ayons connu sous la 5e République. Monsieur le Cornu, vous êtes le 5e premier ministre à se présenter devant notre assemblée depuis 2022. La sortie de crise nécessite assurément le respect mutuel de nos institutions.

Le respect, voyez-vous, est basé sur la confiance. la confiance sur l'honnêteté et l'honnêteté sur le respect de la parole donnée. Et pourtant, pourtant depuis votre récente nomination, nous nous avons essuyé vos fausses promesses, promesses de rupture d'abord alors que tant dans la méthode que dans le fond, vous restez fidèle à Emmanuel Macron.

On vous attendait avec un gouvernement de gauche. C'est à droite que vous êtes allé chercher un semblant de majorité avant que cette même droite ne vous laisse seule au milieu du guai. Vous avez promis le dialogue mais vous refusez d'écouter.

Vos longues consultations n'ont finalement permis que la reconduction d'un gouvernement composé de derniers fidèles, de derniers soldats appuyés sur un socle qui n'a plus rien de commun ni de majoritaire. Vous vous enlisez dans le dénique. Vous aviez même promis après votre démission de ne plus revenir.

Mais vous voilà devant nous aujourd'hui. Pour rester coûte que coûte, vous promettez encore après que vos amis a fait adopter en force contre le Parlement et contre le peuple la réforme des retraites, vous concédez enfin tout juste de la suspendre. Il vous aurait suffi d'un décret, un simple décret pour tenir votre promesse, mais vous préférez nous renvoyer un amendement dans le PLFSS, un amendement que votre socle bancal a déjà promis de combattre de toutes ses forces.

De quel moyen entre l'obstruction parlementaire et les rouages du calendrier budgétaire, bien heureux celui qui peut croire encore à cette promesse de victoire. Et quandbien même quandbien même nous parviendrions à faire adopter un tel amendement ? Quel maigre résultat ! 9 mois de plus et des pensions au rabé.

Vous avez promis aux Français que la facture sera salée. En réalité, nous ne reviendrons pas à l'état antérieur à 2022. Au groupe GDR, nous avons fait de la lutte contre la réforme des retraites un symbole fort de notre mandat.

Nous avons été de tous les votes, de toutes les manifestations dans cette assemblée comme dans la rue. Mais voyez-vous, les symboles, ça ne se brade pas. Alors, pour tenter de nous convaincre, vous promettez toujours, vous faites mine de redécouvrir la démocratie parlementaire.

Voilà que vous promenez vous promettez maintenant d'abandonner l'usage du 493. Et nous devrions vous croire désarmé, monsieur le Premier ministre, de combien d'autres outils constitutionnels userez-vous pour contraindre les débats et faire adopter votre budget ? Abandonnerez-vous l'utilisation du vote bloqué prévu à l'article 44 alinéa 3 ?

Délaisserez-vous l'usage de la seconde délibération prévue à l'article 101 ? Si nous augmentons les recettes, renoncerez-vous à l'article 40 lors de l'examen des dépenses ? Enfin, renoncerez-vous à procéder par voie d'ordonnance comme les articles 47 et 47-1 vous en offrent la possibilité.

Autant d'outils sur lesquels vous ne vous êtes jamais prononcés. Le renoncement à l'article 493 est un leur et vous le savez. Mais même minoritaires, même affaibli, même esselé, vous continuez de vous jouer de notre assemblée.

Quant au président de la République, alors que 68 % des Français réclament désormais sa démission, ils s'enferment dans le déni menace de dissolution. Quelle drôle de partition ! Pendant que vous flattez les députés pour tenter de leur faire croire que l'avenir du pays est entre leurs mains, votre mentor rappelle que le véritable pouvoir est entre les siennes.

Vous avez en commun de vouloir faire croire que l'origine de la crise, comme sa solution, reposerait uniquement sur notre assemblée. Habile façon de fuir votre responsabilité. Or, si notre assemblée est morcelée sans majorité, c'est par la faute d'Emmanuel Macron qui un soir de juin 2024 avait pris la décision, seul et sans même en informer son camp, de dissoudre l'Assemblée nationale.

Voilà la véritable cause du désordre politique. Pour compenser son absence de majorité, depuis 1 an, il abuse de la Constitution, fragilisant le pouvoir législatif et l'ensemble de nos institutions, mettant à nu les fragilités de notre République, transformant la crise politique en crise institutionnelle. Tout cela dans un unique but, préserver ses intérêts et ceux d'une poignée de très riche à qui il a fait des milliards d'euros de cadeaux fiscaux depuis son arrivée au pouvoir.

Au détriment des travailleurs, des retraités, des étudiants, des ménages pauvres et modestes de la jeunesse qu'il sacrifie. Votre budget 2026 en est la parfaite illustration. Année blanche, gel des aides sociales, baisse des aides au logement, augmentation du coût des carburants, augmentation de la TVRA pour les auto-entrepreneurs, gel des barommes de l'impôt sur le revenu, baisse du nombre de fonctionnaires, déremboursement des médicaments et tente encore.

Un budget que vous jugez imparfait, nous le trouvons inadmissible. Depuis votre première nomination, il est vrai que les rebondissements ont été nombreux et que le recrutement de votre gouvernement n'a pas été une sinécure. Ne croyez pas que je m'en amuse ?

Comme la plupart de nos concitoyens, nous avons trouvé que le spectacle était plutôt affligeant. Dans cet emploi du temps de ministre fraîchement nommé des missionnaires et remissionnés, vous avez pourtant trouvé le temps de modifier le budget préparé par votre prédécesseur. Vous auriez pu faire mieux.

Vous avez choisi de faire pire en limitant l'efforts demandé aux plus riches. Pour les territoires d'Outremè, ce sera la double peine. Les coupes sur le budget général s'ajoutent au coup de rabo sur la mission Outre.

Le taux de chômage est déjà deux à trois fois plus élevé qu'en hexagone qu'assent. Vous prévoyez une coupe de 350 millions sur la loté homme. L'innovation et l'économie font rayonner la France.

Mais vous prévoyez 400 millions d'euros en moins sur l'aide à l'investissement des entreprises en outre mer. Tous les secteurs sont concernés, le bâtiment, le commerce, le tourisme et les conséquences sont inévitables. Le logement, le pouvoir d'achat.

Nos territoires que tous les indicateurs économiques et sociaux placent loin derrière l'hexagone avaient besoin d'un plan de rattrapage. Monsieur le Premier ministre, vous leur promettez un plan de largage. Au nom de notre appartenance à la nation, vous souhaitez que l'on participe à l'effort budgétaire.

Vous avez l'égalité à géométrie variable. Depuis des décennies, nous réclamons des moyens égaux pour nos services publics, l'égalité des droits sociaux et de juste compensation pour nos difficultés structurelles. En 2025, pourtant, il manque toujours des routes en Guyane, de l'eau à Mayotte, des logements à la Réunion.

Et sur tous nos territoires, sur tous nos territoires, nous subissons le chômage de masse, la chè de la vie, la pauvreté extrême. La France ne gère ses anciennes colonies qu'à travers les crises qu'elles traversent et les catastrophes qui les frappent. Crise sociale, environnementale ou institutionnelle.

Quand les caméras se déplacent, vos regards viennent à nous. crise d'ailleurs que vous parvenez le plus souvent à créer vous-même comme en Nouvelle-Calédonie où l'entêtement du président de la République sur le dégel du corps électoral avait mis l'archipel à sang et à feu. Avec le report des élections, monsieur le premier ministre, vous lui emboitez le pas sans même vous remettre en question.

Monsieur le Premier ministre, vous trouvez que la France est malade ? L'outreem agonise. Vos coupes budgétaires finiront de tuer nos économies.

Ce n'est pas par dogmatisme que nous les refusons, mais par réalisme et par amour de nos pays. Chaque coup de rabo creusera un peu plus l'écart en notre développement et celui de l'hexagone. Chaque coup de rabo fera reculer l'objectif de réalité et croyez-moi, nous en sommes loin.

Notre message à cette tribune est clair. Pas de coupe budgétaire pour l'outre maire. Monsieur le Premier ministre, nous ne sommes pas les artisans du chaos pour lesquels vous aimeriez tant nous faire passer.

Mais au nom de quoi devrions-nous nous résigner et accepter un tel budget qui choisit d'épargner les plus riches pour accabler les ménages modestes et les petites entreprises en outre plus encore qu'ailleurs pour permettre une hypothétique suspension de la réforme des retraites financée par un gel des pensions parce que vous n'avez vous nous donnez l'illusion de pouvoir débattre en renonçant au 493 alors que votre besasse constitutionnelle regorge d'autres outils pour contraindre la discussion budgétaire au nom de la saince stabilité Laquelle ? Celle du président de la République assis sur son trône ou celle des marchés financiers que vous affectionnez tant ? Mesdames, messieurs du gouvernement, aujourd'hui nous ne censurons pas une femme ou un homme.

Nous ne censurons pas un nom. Nous censurons votre budget mortifère pour la France et mortifère pour nos territoires d'outre mer. Nous censurons vos fausses promesses, vos faux semblants, vos mensonges à la face de ceux que vous méprisez. draper dans une démocratie d'apparat.

Nous censurons parce que nous n'avons pas d'autres solutions. Parce qu'après avoir essuyé le pire, vous nous promettez encore pire. Nous vous censurons parce que nous voulons que notre pays sorte de la crise parce que nous sommes persuadés que la seule solution aujourd'hui est le départ du président de la République et votre départ doit lui précéder.

Merci beaucoup. Merci beaucoup madame la députée. La discussion commune est close.

Je vais maintenant mettre en voie la motion de censure déposée par madame Mathilde Panot et 86 membres de l'Assemblée. Le scrutaire est annoncé dans l'enceinte de l'Assemblée nationale. Je rappelle que seuls les députés favorables à la motion de censure participent au scrutin et que le vote se déroule dans les salles voisines de l'hémicycle.

Le scrutin est ouvert pour 30 minutes. Il sera donc clos à 11h30. La séance est suspendue.