Benjamin Lucas-Lundy, député des Yvelines, est l'invité politique de la matinale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour. Alors, dites-moi, cette censure rejetée à la roue pluriel, hein, puisqu'il y en avait deux motions de censure. C'est un surcis ou une victoire pour le Premier ministre ?
Cet échec du vote de la censure n'éteint pas ne clos la crise démocratique dans laquelle nous sommes. Au contraire, je crois même qu'il l'aggrave. Euh le Premier ministre obtient un surcis, mais je ne vois pas au bout du compte comment ce gouvernement qui est euh le plus faible euh au Parlement de l'histoire de la 5e République, qui est le moins légitime de l'histoire de la 5e République, va tenir.
Alors, vous parlez d'une crise démocratique, mais il est sauvé par la non censure des socialistes. C'est pas un problème démocratique que des socialistes n'aient pas voté cette censure. Vous en pensez quoi vous pour le groupe écologiste et social et l'ensemble de la gauche ?
Est-ce que les socialistes ont changé de bord, ont changé de camp ? Écoutez, c'est déjà arrivé sur la question du gouvernement de monsieur Baou. Les socialistes avaient d'abord refusé de censurer puis il s'était rallié.
Donc je ne doute pas que la séquence budgétaire qui s'ouvre va les convaincre qu'on ne peut pas continuer avec ce gouvernement. Nous nous avons considéré qu'on ne pouvait pas avaliser le coup de force d'Emmanuel Macron, qu'on ne pouvait pas tolérer qu'un président de la République à ce point replié sur lui-même et sur son dernier carré de fidèle impose sa volonté au Parlement et au pays. Et nous avons vu aussi ce qui est la copie budgétaire qui est proposée et compte tenu des délais très courts dans lesquels nous allons en débattre.
C'est cette copie qui va être la majeure partie du budget. Or, c'est le budget que nous avons rejeté avec monsieur Baou. Alors, on va en parler de ce budget, mais l'un des points qui a poussé les socialistes à ne pas censurer, c'est que le Premier ministre a parlé de cette suspension de la réforme des retraites.
Alors, vous diriez quoi ? Parce que on va débattre un petit peu du véhicule législatif. Ce sera un peu technique, mais c'est intéressant.
Pour vous, c'est un piège qui a été étendu aux socialistes parce qu'ils vont être obligés sans doute de voter un amendement tout en votant tout ce qui va avec, c'est-à-dire le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui est pas euh, j'imagine, un budget de gauche. Bah, ce qui est certain, c'est que ce retardement de la réforme des retraites ne peut pas effacer tout le reste. les injustices sociales, les injustices fiscales qui demeurent, la cure de stérité qui va être imposée à nos collectivités locales, au secteur de l'économie sociale et solidaire, à la jeunesse, au sport, à tous les domaines qui font notre vie en société et puis en matière de sécurité sociale à l'hôpital public, à notre santé, à notre protection à nos protections du quotidien.
Donc on ne peut pas avaliser, tolérer ce budget de la sécurité sociale. Je pense que les socialistes en feront eux aussi le constat. Pour ce qui est de la réforme des retraite, on est sur un retardement.
On n'est pas sur une abrogation comme nous la demandions. Et donc cette réforme des retraite continuera à s'appliquer en 2027 et elle ne touchera comme elle n'est pas rétroactive que quelques dizaines de milliers de personnes. C'est mieux que rien mais c'est presque rien.
On verra si elle s'applique. En fait l'idée c'est de suspendre, c'est-à-dire qu'aujourd'hui l'âge délégal c'est 62 ans et 9 mois jusqu'au 1er janvier 2028. Entre-temps, paraît-il, il y a une échéance qui l'élection présidentielle.
Vous craignez qu'en fonction de celui ou celle qui gagnera l'élection, euh cette réforme reparte d'où elle est arrêtée aujourd'hui ? Aujourd'hui, elle crée de l'incertitude pour nos concitoyennes et nos concitoyens parce qu'on ne sait pas ce qu'il va advenir de cette réforme. On a euh le pays s'est mobilisé, on parle pas d'un petit sujet, le pays s'est mobilisé massivement contre la réforme des retraites.
Regardez toutes les enquêtes d'opinion. Il suffit d'être dans nos permanences sur nos sur les marchés auprès des des habitantes et des habitants de nos circonscriptions pour constater qu'elle est encore rejetée. Et cette réforme n'a aucune espèce de de légitimité démocratique à la base.
Et donc quand nous réclamons son abrogation, c'est pas simplement pour se faire plaisir, c'est parce qu'on considère que ce serait une justice, une réparation de la violence démocratique qui a été infligée au pays et au mouvement social. On dit souvent pour les entreprises qu'il faut créer de la stabilité, qu'il faut créer de la visibilité. Or aujourd'hui, pour nos compatriotes qui font les calculs, qui se disent "Mais après 2027, peut-être sera-je impacté Vous allez avoir des mois et des années d'angoisse jusqu'à l'élection présidentielle, ça je ne peux pas le tolérer.
Donc la victoire du jour des socialistes est pour vous une défaite qui s'ignore à l'occasion des débats ? Oui, je crois qu'à la fin on va aller vers un affrontement au moment du budget qui rendra à nouveau irréconciliables les points de vue au sein de l'Assemblée nationale. Alors, il faut préciser donc ce sera et le premier ministre l'a dit, un amendement dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale qu'à priori les socialistes voteront.
Alors, par horizon, par Renaissance, sans doute pas une partie des républicains, mais si les socialistes le votent, ils seraient obligés de voter l'ensemble de ce projet de loi de financement de la sécurité sociale. Écoutez, ça les regarde, posez leur la question. Je suis pas porte-parole du Parti socialiste, mais moi ce qui mais ce qui est certain, c'est moi je ne voterai pas le budget de la sécurité sociale parce que voter le budget, c'est appartenir à la majorité.
Je ne peux pas appartenir à la majorité d'Emmanuel Macron. Entendons-nous bien. J'ai été élu pour rompre avec la politique d'Emmanuel Macron parce que il y a la question des retraites mais il y a le cœur de cette politique qui est la politique de l'offre, c'est-à-dire les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, aux ultras riches, la baisse de nos protections sociales, la baisse des protections du quotidien pour les Françaises et les Français, l'affaiblissement de leurs services publics.
Je ne vois pas comment je pourrais voter un paquet budgétaire qui continue la politique de monsieur Bairou, de monsieur Barnier, de madame Borne, de monsieur Philippe, de monsieur Atal, bref, de tout ce que les macronistes font depuis 2017. Il y aurait là un reniement de mes convictions. Je ne peux pas aller devant les électrices et les électeurs de ma circonscription demain et dire que j'ai bazardé tous mes engagements.
Alors, place au débat à partir de lundi, je crois que c'est en commission des finances et vendredi, je crois en séance plainière, euh l'absence de 49 aligné à 3, donc à confirmer le premier ministre. Pour vous, vous le voyez comment ce débat ? Est-ce que il y a des délais à respecter ?
Est-ce que ça va pouvoir être respecté ? Est-ce qu'au bout du compte l'absence de 493 ne va pas permettre au gouvernement de faire autrement pour faire passer ce budget ? Je le crains compte tenu des délais constitutionnels qui nous sont impartis, le débat va être très court et donc euh plus le débat est court, plus c'est la copie initiale qui a de chance d'être quasiment intégralement reconduite à la à la fin du débat parce qu'on pourra déposer peu d'amendements, qu'on aura peu de temps pour débattre, pour aller au vote et qu'il faudra finir tout ça dans des délais euh la fin de l'année, elle ne peut pas être reportée, elle ne peut pas être décalé et donc quand même de l'absence de sans faire de complotisme excessif, j'y vois quand même dans la volonté d'avoir joué la montre avec monsieur Bairou puis avec monsieur le cornu une volonté de retarder au maximum et donc finalement le renoncement 493 ne leur coûte pas cher compte tenu de CD délis compte tenu de tous les instruments qu'ils ont à leur disposition pour contraindre le parlement notamment à travers la commission mix paritaire où le Sénat est surreprésenté.
Alors, il faut faire un tout petit peu de pédagogie. Il y a 40 jours là pour l'Assemblée nationale. Si il y a pas de vote, que ce soit pour les recettes ou les dépenses, ça va directement au Sénat avec le texte initial et ensuite ça doit revenir à l'Assemblée nationale et il y a des délais pour le Conseil constitutionnel avant la promulgation.
Donc vous pensez qu'on on comment dire on ne respectera pas les débats parce que il y a pas de 493 ou tout simplement parce que euh c'est impossible de trouver des compromis. Ah bah ce qui est sûr c'est qu'il est impossible de se mettre d'accord avec des gens qui mènent depuis euh une décennie maintenant une politique une politique de cadeaux aux ultras riches d'aggravation de la pourveterie des inégalités. On trouve toujours euh nous avons voté des amendements dans les précédents exercices budgétaires du modem sur la taxation des superdvidendes.
L'Assemblée nationale, ça fait 2 siècles qu'elle sait faire des compromis. Mais sur l'essentiel, c'est sur la vision budgétaire que nous avons du pays, c'est pas rien. C'est sur l'orientation politique, sociale, économique du pays.
Là, nous sommes dans des accords radicals. Mais sinon, on a'urait pas l'assemblée aussi fragmentée que nous l'avons. Et sinon, monsieur Macron aurait eu une majorité absolue en 2022.
Alors, que faire malgré tout des déficits, que ce soit sur le projet de loi de finance ou sur celui de la sécurité sociale ? On fait quoi vous vos propositions ? Est-ce que dans le budget actuel proposé par monsieur le Cornu très proche de celui de monsieur Baou avec une trajectoire id voir même en pire sur certaines dispositions ?
Ben vous vous me le direz mais on fait quoi pour réduire ces déficits parce que je crois que tout le monde semble d'accord pour dire que il faut lutter contre ces déficits. La différence c'est comment ? Surtout on ne baisse pas la dépense publique qui permet de d'investir pour l'avenir pour la transition écologique pour protéger les Françaises et les Français au quotidien.
Sinon on crée de la récession sinon on crée de la désespérance et donc on crée des difficultés de la misère de façon encore plus considérable. Il faut aller chercher l'argent là où il est, c'est-à-dire chez les ultra riches. Le patrimoine des ultra riches chez Emmanuel Macron a explosé.
Il n'a jamais été aussi élevé. Les revenus non mais monsieur Gornou, il propose encore moins que ce que proposait monsieur Bairrou. C'est du vent, c'est de l'enfumage, euh c'est des comptes pour endormir les enfants.
Donc on va chercher. On a proposé la taxe du Zukman qui serait un minimum en réalité. Euh, il faut rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune.
Il faut aller aujourd'hui chercher dans les poches de celles et ceux qui avec Emmanuel Macron se sont enrichis, ne serait-ce que pour revenir à la normale. Vous voyez, on propose pas, en plus, on n'est même pas sur des propositions révolutionnaires, on propose des choses qui pourraient faire compromis, c'est revenir à avant 2017 puisqu'il y a un problème de déficit public aujourd'hui, puisque monsieur Macron a creusé la dette, puisque monsieur Macron a appauvri l'État, et bien il faut aller, il faut détricoter le bilan d'Emmanuel Macron en matière de cadeaux aux ultra riches, aux grandes entreprises. de tricoter son bilan avec ou sans Emmanuel Macron, vous êtes favorable vous maintenant à une non pas une destitution mais à la démission d'Emmanuel Macron.
Il est évident que monsieur Macron est au cœur du blocage. Moi dans le fait de voter la censure, il y avait surtout cette idée de ne pas avaliser le coup de force antidémocratique de monsieur Macron qui depuis 2024 refuse d'entendre le message électoral des Français. C'est pas simplement une affaire de sondage.
Les Français ont à plusieurs reprises dans les yeux en exprimé leur volonté de rompre avec monsieur Macron. Il est le blocage, il est la paralysie. pas lui seul, il est aussi le produit d'un système présidentialiste qui accapare les pouvoirs à l'Élysée.
Il n'a pas voulu l'entendre à l'occasion des européennes. Il n'a pas voulu l'entendre à l'occasion des législative. Il n'a pas voulu l'entendre à l'occasion de trois chutes de gouvernement par la censure ou par le vote de défiance qui a été infligé, que ce soit monsieur Barnier, monsieur Baou ou quand le socle commun, ce qu'on appelle le socle commun a explosé avec monsieur le cornu.
S'il doit l'entendre par une nouvelle motion de destitution, moi je suis prêt à la signer. En quelques mots, si le budget n'était pas voté dans les conditions du compromis que veut monsieur le cornu, qu'est-ce qui peut se passer après ? une dissolution ou le départ du président de la République.
Le plus simple serait que le président de la République appelle la gauche à gouverner, qu'il respecte le résultat des urnes, mais ce n'est pas la pente qu'il semble vouloir emprunter. Moi je suis un éternel optimiste et vous savez, j'ai la force de la volonté sinon on ne serait pas dans cette situationl au combat tous les jours. Ce que je sais en revanche, c'est que si le président de la République dissou, et là je le dis à mes amis socialistes, je mets en parallèle une forme de tolérance à l'égard de la continuation de la politique de monsieur Macron.
Je ne dis pas qu'ils en sont complices, je ne dis pas qu'ils ont trahi. Je dis simplement que la noncensure revient à tolérer le coup de force d'Emmanuel Macron. Si vous mettez ça en parallèle aux déclarations euh visant à euh ancrer une division de la gauche aux élections législatives, alors nous allons vers une victoire de l'extrême droite.
Donc si dissolution il y a puisque c'est ça, je crois qu'il y a au bout de votre question, il faut que la gauche et les écologistes comme nous l'avons fait avec le nouveau Front populaire soit unisi. Sinon nous offrirons le pouvoir à monsieur Bardella et nous offrirons une assurance vie à la Macronie. Dernière question réponse rapide.
Ça change votre rapport aux socialistes dans l'Union de la gauche ? Ce qui est certain que nous avons là un désaccord qui est important. C'est pas une petite question la censure d'un gouvernement.
C'est pas une petite question le rapport à la démocratie parlementaire. Mais je ne doute pas que nous arriverons au même résultat comme avec monsieur Baïou, c'est-à-dire que les socialistes finiront par nous aider à faire tomber ce gouvernement et qu'ensemble nous pourrons porter un projet d'alternative. Mais effectivement, nous avons un sujet de de désaccord, il n'est pas mineur mais j'espère que nous pourrons le surmonter comme nous l'avons fait au moment de la 2e censure de monsieur Baou.
Et ben, merci beaucoup Benjamin lundi et euh bon débat budgétaire. Merci. Ben
Benjamin Lucas-Lundy