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interviewLCP - Assemblée nationale· 12 juillet 2021 90 min

Spéciale allocution du Président de la République | Audition publique - 12/07/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

Bonsoir, bienvenue dans Audition publique, le rendez-vous politique du lundi soir en direct sur SCP-Public-Sénat avec Le Figaro. Une émission spéciale aujourd'hui puisque dans 30 minutes maintenant, Emmanuel Macron va s'adresser aux Français. Le président de la République doit revenir sur la gestion de la crise du coronavirus. Le nombre de cas repart à la hausse en France, la vaccination marque le pas, il y a encore beaucoup de réticences. À 20h, nous écouterons donc l'intervention du président de la République depuis le Grand Palais éphémère, c'est tout près de la Tour Eiffel, c'est un symbole.

Il devrait annoncer d'après les premières informations un élargissement de la vaccination obligatoire pour les soignants et l'élargissement aussi du pass sanitaire pour tous les établissements recevant du public. Ça, on va y revenir tout à l'heure avec nos invités. On verra aussi s'il est question des conséquences économiques de cette crise sanitaire. Nos invités nous ont rejoints sur ce plateau. Bonsoir Bruno Milienne. Bonsoir. Vous êtes député Modem des Yvelines. Bonsoir Jérôme Bachère, vous êtes vous sénateur LR de Loise. Jérôme Durin, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes sénateur PS de Saône-et-Loire. Et puis en duplex avec nous, Caroline Fiat, bonsoir. Vous êtes député LFI de Meurthe-et-Moselle.

Alors on va vous poser quelques questions avant l'intervention du président de la République. C'est Steve Jourdain qui commence avec cette information, donc qui se confirme de source parlementaire mais aussi gouvernementale, si j'ai cru comprendre. La vaccination obligatoire pour tous les soignants.

1:25
Invité

Pour tous les soignants, un texte devrait être présenté en Conseil des ministres la semaine prochaine. Le Parlement devrait l'examiner dans la foulée. Monsieur le député, vous confirmez ces informations ? Écoutez, moi je n'ai pas reçu d'informations particulières. Oui, de toute façon, la vaccination des soignants, on voyait bien qu'elle était sur la table depuis un certain temps. En plus, les Français y sont plutôt favorables. Et vous y êtes favorables aussi ? Mais nous, on avait proconisé d'aller plus loin. En fait, tous les personnels exposés, quand on dit soignants, moi je peux étendre aux policiers, aux pompiers, enfin à tous les personnels exposés.

Ceux qui sont les plus exposés finalement à la population devraient eux aussi, à mon sens, être vaccinés. Puis c'est une manière aussi de ne pas stigmatiser les soignants, qu'on quand même fait beaucoup.

2:05
Présentateur

Ça pourrait venir dans la discussion parlementaire éventuellement. Oui, oui, absolument. Mais quand vous dites tous les personnels ou toutes les personnes qui seront en contact avec le public, prenons un exemple. Là, on est en saison touristique. C'est-à-dire que par exemple, quelqu'un qui reçoit du public dans une maison d'hôte devrait être vacciné par exemple ?

2:18
Invité

Dans une maison d'hôte, ça dépend de la taille de la maison d'hôte. Il y a toujours des jauges à respecter. Mais vous voyez par exemple l'expérience qui commence à être menée à Nice, à l'initiative des restaurateurs d'ailleurs, qui font vacciner leur personnel dans les restaurants et qui se labellisent, on va dire, eux-mêmes, en disant voilà, ce restaurant est sanitairement sécurisé parce que le personnel est vacciné. Le patron de votre parti, François Bayrou, recommande lui la vaccination obligatoire pour tous les Français. L'idéal, c'est ça. Il n'y a pas d'autre solution aujourd'hui pour combattre cette quatrième vague que la vaccination. Donc il faut vacciner, vacciner, vacciner.

Après, c'est excessivement complexe l'obligation totale de vaccination. Le problème, c'est les sanctions. Oui, voilà. Une obligation sans sanctions, vous faites comment ?

2:58
Présentateur

Jérôme Bachère, est-ce qu'il faut des sanctions pour les gens qui ne veulent pas se faire vacciner ?

3:02
Invité

Moi, je crois qu'il faut plutôt des mesures positives pour aller se faire vacciner. On sait, par exemple, que 45% des jeunes sont vaccinés seulement, au moins une première dose. C'est vers cela qu'il faut aller, de ce que l'on a compris, de ce qui se passe à l'étranger. Ce sont plutôt les jeunes qui, aujourd'hui, sont contaminés et contaminent leur entourage. Eh bien, c'est vers les jeunes, il faut leur dire, allez vous faire vacciner, vous aurez un plus. Au gouvernement de le trouver. Un cadeau ? Oui, quelque chose de positif. Des gadgets ? Qu'est-ce qu'il faut leur offrir ? Vous dites, vous, il ne faut pas l'étudier, il faut leur donner des réponses. Vous savez quoi ?

Lorsque vous êtes étudiant et que vous avez donné votre sang, qu'est-ce qu'on vous donne ? Un sandwich. Et vous avez plein d'étudiants qui vont donner leur sang pour avoir un sandwich. Alors vous savez, il y a peut-être des mesures un peu positives à trouver pour trouver quelque chose de dynamique, de plus sympathique. Et pas uniquement la conscience générale. Car hélas, et on l'a vu avec la faible participation aux élections, la conscience générale, elle est bien absente.

3:59
Présentateur

Jérôme Durin, vous vous dites au PS, il faut aller plus loin sur la vaccination ou pas ?

4:05
Invité

Bien sûr, on sait qu'il faut 10 millions de personnes vaccinées en plus d'ici la fin de l'été. Et par principe, nous ne sommes pas opposés à la vaccination obligatoire. Mais ça doit être...

4:15
Présentateur

Pour les soignants ou seulement pour les soignants ?

4:17
Invité

Pour toute la population, s'il le faut. Mais avant d'en arriver là, il faut faire progresser la conscience de la nécessité de la vaccination. Et on sait qu'il y a un certain nombre de populations qui sont plus éloignées de cette conscience. Certains milieux dans les quartiers, certains milieux populaires. On a vu qu'il y avait une corrélation entre le niveau de diplôme ou la situation favorisée et l'acte vaccinal. Donc il faut faire de la pédagogie. Il faut aller vers des bus, des vaccibus. Il faut peut-être aller sur les plages. Il faut aller dans les écoles, vers les professeurs, sans doute aussi tester...

4:49
Présentateur

Il faut qu'il y ait assez de doses aussi. Parce que mine de rien, si ça devient obligatoire pour tout le monde, il faut encore une fois, il faut que ça suive derrière.

4:55
Invité

Non, mais les doses, on les a. Ce n'est pas un problème. Vous êtes sûr ? Oui, on est sorti de cette difficulté, je crois. Oui, oui, on est sorti de cette difficulté. Oui, oui, on a les doses maintenant. Il faut effectivement expliquer aux gens, il faut qu'ils y aillent.

5:03
Présentateur

Avant de revenir sur le pass sanitaire, un petit détour par Caroline Fiat. Vous êtes députée des filles de Meurthe-et-Moselle. Vous avez la particularité d'avoir été aide-soignante. Quand vous entendez dire que la vaccination sera obligatoire pour les soignants, qu'est-ce que vous en pensez ?

5:17
Invité

J'en pense que, et c'est Pascal Chambert qui le dit, président des directeurs d'établissement, en 2020, on était des héros, en 2021, on est des salauds. Franchement, c'est une très mauvaise idée. Si, et c'est l'aide-soignante, et moi j'ai été vaccinée depuis janvier. Je faisais partie des premiers soignants, et je rappelle, grâce à un directeur d'établissement, qui a fait sauter la contrainte d'âge. Parce que j'étais en service de réanimation Covid, et il a dit, tous les soignants qui veulent se vacciner, allez-y. Je rappelle qu'à l'époque, tous les soignants n'avaient pas le droit au vaccin. Donc, il faut convaincre plutôt que contraindre. Et beaucoup de soignants sont déjà vaccinés.

Arrêtez de nous mettre une pancarte, comme quoi, aujourd'hui, des patients tomberaient malades à cause de nous. Nous soignons nos patients.

6:04
Présentateur

Si cette mesure obligatoire a été élargie à d'autres catégories de population, ça permettrait, excusez-moi l'expression, de faire passer la pilule plus facilement auprès des soignants ?

6:13
Invité

Il faut aller convaincre les gens d'aller se vacciner. Il faut que nous soyons, 80% de la population française, être vaccinée. Il faut faciliter cette vaccination. Il faut que les vaccins soient plus près des gens. Il faut amener les vaccins à la population, plutôt que la population aille au vaccin. Il faut trouver des solutions pour que tout le monde se fasse vacciner. Il faut qu'à la rentrée, au mois de septembre, les enseignants, les élèves soient vaccinés. Il faut trouver des solutions. Mais si demain, ce soir, on nous annonce l'obligation vaccinale pour les soignants, pourquoi les élus ne seront pas vaccinés, alors que c'est peut-être les élus qui rencontrent le plus de personnes ?

Pourquoi les commerçants ne sont pas vaccinés ? Pourquoi les coiffeurs n'auront pas cette obligation ? Pourquoi c'est aujourd'hui les soignants que l'on pointe du doigt, alors que ce sont les soignants qui sont fatigués et qui tiennent la tranchée ?

7:07
Présentateur

Alors on va attendre de voir ce qu'annonce le président de la République précisément. Alors parmi les informations qu'on connaît déjà, Steve, il y a aussi le pass sanitaire qui pourrait être élargi, c'est ça ?

7:14
Invité

Élargi aux établissements recevant du public, notamment aux établissements culturels comme les théâtres et les cinémas. Jérôme Durin, je me tourne vers vous, Commission des lois, c'est inévitable, il faut étendre ce pass sanitaire ? La question n'est pas qu'une question de principe, c'est une question d'applicabilité. Et on avait l'autre jour un débat assez nourri sur ce sujet dans notre groupe, et on avait un sénateur des Français de l'étranger qui racontait que dans le pays où il réside, Pologne, il a été isolé très longtemps, et que du coup, les mesures type isolement ont des effets contraires à ce qu'on veut, puisque les gens ne se déclaraient plus. Donc il faut faire très attention.

Mais sur le pass sanitaire, précisément ? Sur le pass sanitaire, c'est la même chose. C'est-à-dire que moi, je crois qu'il vaut mieux convaincre que contraindre la pédagogie plutôt que la sanction, et que le pass sanitaire, il faut y aller de façon très très mesurée. Alors j'entends des collègues, comme Loïc Hervé, qui disent « liberté publique, liberté publique », pouvoir travailler, pouvoir vivre normalement, étudier, c'est aussi une liberté publique. Donc on est toujours dans un équilibre très peu. Jérôme Bachère, où se trouve justement l'équilibre ? Ce qui est certain, c'est qu'il y a déjà un précédent pour le personnel soignant.

Ils doivent être vaccinés, par exemple, contre l'hépatite B, et donc il y a une obligation obligatoire, parce que c'est déontologique. Mais sur le pass sanitaire ? Sur le pass sanitaire, cette fois-ci, c'est autoriser les gens à avoir une activité. Et c'est peut-être une façon positive, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, de faire les choses. Le pass sanitaire, ça vous dit, si vous voulez participer du bien collectif, alors que vous avez le droit d'aller dans les établissements recevant du public, qui est une norme administrative, que les Français connaissent mal, mais que les élus connaissent bien, hélas, parce que c'est très contraignant.

Donc les théâtres, les cinémas, si vous voulez sortir, si vous voulez même aller dans un restaurant, qui est un établissement recevant du public, alors vous devez avoir ce pass sanitaire. Ça ne me paraît pas absurde. On parle même, je crois, de l'extension au mode de transport. Et là, ça va être rigolo, parce que quand on parle de train et d'avion, je le comprends, mais pour ceux qui, comme moi, comme d'autres, prennent le métro, ou prennent le RER aux heures de pointe, ça sera autre chose. – C'est une obligation vaccinale détournée, en quelque sorte, ce pass sanitaire étendu ?

– Je ne sais pas si c'est une obligation vaccinale, mais il faut que, là, effectivement, on essaye de convaincre le plus de Français possibles à aller se faire vacciner. Il faut vraiment qu'on arrive aux 85-90% de la population vaccinée. Il y a des réfractaires qui resteront réfractaires jusqu'au bout. Ceux-là, on n'arrivera pas à les convaincre. Donc il faut mettre en place toute une série de mesures qui nous permettent de pousser les gens à le faire. Alors effectivement, l'extension du pass sanitaire en est une. Mais même nous, on avait même proposé que le remboursement, enfin le test PCR ne soit plus gratuit pour ceux qui font des tests PCR de convenance. Voilà, ce n'est pas possible.

Vous pouvez passer votre vie… – Non mais petit à petit, finalement, vous faites ce que vous voulez,

10:06
Présentateur

mais vous pourrez faire de moins en moins de choses.

10:08
Invité

– Mais oui, mais…

10:08
Présentateur

– Finalement, ça devient obligatoire.

10:09
Invité

– Moi, la solution, c'est quoi ? Est-ce qu'on va vers une quatrième vague et elle va nous submerger si on ne fait rien ? C'est clair, c'est net, ça arrive.

10:18
Présentateur

– Mais oui, c'est ce que j'ai dit, est-ce qu'elle est évitable ?

10:19
Invité

– Oui, mais est-ce qu'on va se retrouver dans la situation d'un reconfinement ? Vous avez vu les dégâts psychologiques du reconfinement. Moi, je ne sais pas ce que ça va donner. On attend de voir les résultats en Grande-Bretagne, parce que ça y est, les taux d'occupation d'élite commencent à monter, alors qu'ils sont beaucoup plus vaccinés que nous. Donc il va y avoir… – À l'AstraZeneca. – Oui, peut-être. Mais l'AstraZeneca est aussi fiable sur le Delta aussi. Donc voilà, est-ce que ça va se produire ? Et si ça se produit, est-ce qu'on va se retrouver dans l'obligation de reconfiner ? Je ne pense pas que les gens le supporteraient, très sincèrement.

10:51
Présentateur

– Caroline Fiat, la quatrième vague à vos yeux, elle est évitable ?

10:56
Invité

– Oui, alors moi, ce que j'aimerais quand même préciser, c'est que vacciner, ça vous protège de ne pas faire la forme grave. – Oui, c'est déjà pas mal. – Mais c'est très important et c'est pour ça que je suis vaccinée et que j'invite tout le monde à se faire vacciner. Par contre, je vois de plus en plus de gens se refaire la bise, arrêter les gestes barrières en disant « je suis vaccinée ». Et donc s'il y a un message important à faire passer, c'est de continuer à faire les gestes barrières. Ce n'est pas parce que vous êtes vaccinés qu'on peut se réembrasser, qu'on peut arrêter les gestes barrières et qu'on peut refaire n'importe quoi.

Et pass sanitaire, ce n'est pas parce qu'on va mettre en place un pass sanitaire qu'il faut arrêter les gestes barrières. Et d'où le besoin de personnel, par exemple dans les hôpitaux, dans les établissements de santé supplémentaires, pour mettre en place ces gestes barrières. Et c'est un message très très important. Ce n'est pas parce que vous êtes vaccinés qu'il faut arrêter ces gestes barrières très très importants.

11:55
Présentateur

– Steve, sur la question des tests payants qui a été évoqué en partie,

11:58
Invité

Jérôme Bachère peut-être ? – Jérôme Bachère, ces tests PCR, faut-il les rendre payants pour ceux qui refusent de se vacciner ? – Ça paraît assez logique, oui. À un moment, il faut arrêter… – On parle de déremboursement progressif selon certaines sources à partir d'octobre. Est-ce qu'il faut le faire dès maintenant ? Est-ce qu'il faut attendre ? – Attendons les annonces du président de la République et qu'on le fasse maintenant ou octobre. C'est-à-dire que si vous le faites maintenant, il faut quand même avoir la capacité à vous faire vacciner. Or, je suis désolé, on n'est pas à la moitié de la population, donc on ne peut faire tout ça en 24 heures.

Non, non, il faut mettre des choses progressives. – Si on ne me dit rien là-dessus ? – Je suis sur la même position que mon collègue. La question de fond, c'est qu'est-ce que c'est qu'une communauté nationale ? Quelles obligations a-t-on quand on est dans un groupe, dans une société, société française ? Est-ce qu'on peut renoncer à se faire vacciner en faisant courir des risques aux autres, des risques sanitaires, des risques psychologiques, des risques économiques pour tous ? Donc, à la fin des fins, il faut en appeler à la responsabilité individuelle.

12:53
Présentateur

– C'est ce que le président de la République doit faire ce soir, vous croyez ?

12:55
Invité

– Moi, je pense qu'il faut responsabiliser nos concitoyens, on n'est pas que des gaulois réfractaires, il y a aussi des gens intelligents, et je pense qu'on peut tirer, soyons positifs, on peut tirer les citoyens à la vaccination. – Je pense que le président va le faire ce soir, aucun doute là-dessus, sur la responsabilisation. – Un appel à la responsabilisation.

– Mais bien sûr, il va le faire, c'est obligatoire, de toute façon, on a bien vu, ça a augmenté les pourcentages de vaccination très vite, et puis il y a eu un plateau quand on est arrivé aux alentours des, je ne sais plus, 35, 36% de personnes totalement vaccinées, parce que dans l'imaginaire des gens, peut-être, ils se disent « Ah, il y a suffisamment de vaccinés ». – L'approche de l'été aussi, avec la deuxième vaccination, on ne voulait pas se faire vacciner pendant les vacances, donc c'est ça qui a ralenti un petit peu aussi. – Moi, je connais peu de gens qui partent deux mois en vacances, si vous calculez bien vos vacances, vous pouvez vous faire vacciner.

13:36
Présentateur

– On va rejoindre Yves Tréhard, qui est éditorialiste et directeur adjoint du Figaro, qui est avec nous tous les lundis dans Audition publique. Bonsoir Yves, vous êtes avec nous ce soir. Alors, voilà que ces dernières semaines, Emmanuel Macron était parti à reparler des réformes, on voyait une espèce d'ouverture, j'allais dire politique, la vie politique allait respirer, et puis patatras, on a l'impression que le coronavirus le rattrape. Est-ce que ça veut dire que le calendrier du président de la République

13:59
Invité

est bousculé ? – Oui, il est bousculé, bien évidemment qu'il est bousculé. Là, vous savez, le président de la République, qui sera probablement candidat à sa réélection, joue son avenir politique, c'est évident. Ça fait maintenant 18 mois que la France est plongée dans cette crise sanitaire. L'année dernière, de façon un peu inconsciente, on a relâché la bride, et du coup, on a replongé dans une assignation à résidence avec confinement à l'automne. Je pense que cette année, le président de la République, qui a toujours été d'ailleurs sur la même ligne de ce point de vue, en disant qu'il faut apprendre à vivre avec, malheureusement, mais il faut impérativement que l'activité continue.

Alors, pour que l'activité continue, on sait ce que ça veut dire. Plus vous vaccinez, moins la maladie circule et moins elle mute. C'est ce que disent tous les professionnels. Ça, c'est la première des choses. Et puis, comme le disaient vos invités, il faut continuer les gestes barrières, il faut continuer toutes les précautions d'usage nécessaires pour qu'on puisse continuer à voyager, à travailler, à apprendre. Parce que je pense que si on replonge à l'automne, c'est maintenant que ça se décide. C'est maintenant et chez nous que ça se décide dans les jours qui viennent pour que la rentrée ne soit pas une rentrée gâchée.

Et si c'est une rentrée gâchée, effectivement, comme l'a dit un de vos invités sur le plateau, eh bien, je crains fort que le moral de la nation soit très atteint et que ça fasse des dégâts, des dégâts pas uniquement économiques, mais sociaux, que ça fasse des dégâts psychologiques sur la population. Et on n'a vraiment pas besoin de ça. Alors que, je vous le rappelle, depuis quatre ans que le président de la République est en fonction. On a eu un an à peu près de calme. Après, nous sommes allés... Nous avons eu l'épisode des gilets jaunes. Après l'épisode des retraites. Et maintenant, depuis 18 mois, cet épisode sanitaire.

Il est grand temps que l'activité reprenne normalement dans notre pays.

16:05
Présentateur

Et notamment politique, parce qu'il y aura bientôt une présidentielle. Quand même, bonsoir, Brigitte Boucher de LCP Assemblée Nationale. Justement, vous évoquiez les conséquences économiques, éventuellement, de cette crise sanitaire. On va en parler avec vous, Brigitte.

16:15
Invité

Oui. Bruno Milienne, est-ce que vous imaginez que, dans ce contexte de crise sanitaire, le président de la République annonce dans quelques instants une réforme des retraites ? Alors, je ne sais pas s'il va le faire. Nous, on ne le souhaite pas. C'est-à-dire qu'on peut effectivement remettre le sujet sur la table, parce que c'est un sujet qu'il va falloir remettre sur la table à un moment ou à un autre. Mais alors qu'on n'est pas encore sortis de la pandémie, que les Français, franchement, ont la tête ailleurs, ils n'ont pas la tête à la réforme des retraites, ils ont plutôt envie de savoir si, effectivement, à la rentrée, on va pouvoir rentrer et faire une rentrée en bonne santé.

Et s'ils auront toujours un travail ? Et est-ce qu'ils auront toujours un travail ? C'est plutôt les conséquences économiques et sociales. Ça veut dire que le président est empêché qu'il ne peut plus réformer ? Mais de deux choses l'une. Soit vous faites une petite réformette, c'est-à-dire, en gros, vous passez l'âge pivot à 64 ans, vous reculez de deux ans. Vous faites une réforme... L'âge légal, ce n'est pas l'âge pivot. Ou l'âge légal. Bon, enfin, vous retardez de deux ans, puisque c'est un peu ce qu'on a entendu. Mais vous ne faites rien à côté. Il y a quand même des choses à faire. Avant de réformer complètement les retraites, c'est un chantier d'envergure.

Il y a le chômage des 50-65 ans. C'est quand même quelque chose, une question qu'il faut qu'on se pose. Même des 50-65 ans, on peut dire, il y a la pénibilité des différentes filières. Enfin, tout ça, ce sont des sujets sérieux qu'il faut travailler sur le fond. Je ne vois pas comment, en si peu de temps, avec le calendrier parlementaire qu'on a, en plus, on puisse faire une réelle réforme des retraites. Donc, ça me paraît un peu bizarre. Jérôme Bachère, il est urgent d'attendre pour cette réforme des retraites ? C'est une bonne réforme, mais à un mauvais moment. Et il y avait eu une mauvaise réforme à un bon moment. Je l'ai déjà entendu. Et donc, bah oui, mais je suis désolé.

Donc, on ne l'a fait plus ? Donc là, effectivement, le sujet de la Covid, de nouveau. Vous savez, Emmanuel Macron, qui se voulait le maître des horloges, en vérité, il est totalement rattrapé par le temps. Il y aura eu le temps des gilets jaunes, le temps des grèves historiques à la SNCF, puis le temps du Covid. En fait, il ne maîtrise absolument pas le temps. Il se voulait le maître des horloges. Il s'est aperçu qu'il ne peut pas l'être. Et donc, il est totalement pris dorénavant dans les contingences. Et c'est ce qu'il fait. Il gère les contingences. Donc, ça doit être tranché par la campagne présidentielle pour vous aussi, Jérôme Durand ? Gouverner, c'est s'adapter.

Il se trouve qu'on a une crise sanitaire qui ne s'était pas invité au programme. Donc, dans un quinquennat, il faut en tirer les conséquences. Et évidemment, à ce moment précis, imaginer entreprendre une telle réforme si près de l'élection présidentielle, dans un pays qui est quand même endolori, à tout point de vue, par la crise, ça me paraît complètement déraisonnable. Alors, j'y suis bien entendu...

18:43
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut une réforme des retraites aux yeux des socialistes ?

18:46
Invité

Et laquelle ? Bah, maintenant. Mais il en faut une. Le sujet n'est pas celui-là. Le sujet n'est pas celui-là. Pour l'instant, on a... Il y a un sujet de retraite, quand même, non ? Il y a un sujet de retraite, je le concède. Mais on est sur des questions qui sont des questions urgentes, de politique vaccinale, de sortie de crise. Et la crise n'a pas produit tous ses effets socio-économiques de grâce, les retraites. Ça peut attendre la présidentielle.

19:08
Présentateur

Même question à Caroline Fiat, qui est avec nous en duplex. La réforme des retraites. Alors, on sait qu'à la France insoumise, vous y êtes opposée. Ça tombe bien, finalement, qu'elles soient enterrées. Si tel est le cas. Bah, ça...

19:18
Invité

Bah, oui, d'autant plus que, je vous rappelle, ce n'était pas dans le fameux projet d'Emmanuel Macron. Donc, s'il veut le mettre dans son projet, qu'il le mette dans son prochain projet présidentiel. Ah, si, ça n'est pas un peu quand même... Non, non, s'il n'était pas... Non, non, on l'a relu. Il n'était pas fait. Il y avait juste des régimes spéciaux. Oui, oui, non, non. C'est même si je m'engage

19:37
Présentateur

à ne pas toucher à l'âge de départ à la retraite dans le programme.

19:41
Invité

M. Millienne, écoutez au moins le journaliste si vous ne m'écoutez pas moi.

19:44
Présentateur

Non, mais c'est vrai, je l'ai relu aussi. Il y avait les régimes spéciaux, c'est vrai. Il n'y avait que les régimes spéciaux.

19:48
Invité

Ah, vous voyez. Et donc, on n'a rien fait. Écoutez le journaliste.

19:52
Présentateur

Non, je l'ai relu, il suffit de retrouver le document. Il pourra le ressortir dans un an. Mais Caroline Fiat, est-ce que ça doit être en enjeu de la présidentielle, la réforme des retraites ?

20:02
Invité

Nous, c'est dans notre programme. La retraite à 60 ans, oui. Ce n'est pas la même réforme.

20:07
Présentateur

Alors, autre réforme qui peut encacher une autre.

20:09
Invité

Jérôme Bachère, le président pourrait... Enfin, est-ce qu'à défaut de la réforme des retraites, on peut imaginer qu'il y ait une réforme de la dépendance ? On sait qu'il y a la cinquième branche qui a été créée justement pour financer la dépendance. Mais est-ce qu'il faut faire cette réforme de la dépendance qui vise à maintenir le plus possible les personnes âgées chez elle ? On a créé une cinquième branche déficitaire. Le système de sécurité sociale n'a jamais été autant en déficit, historiquement, à telle mesure que la dette cumulée de sécurité sociale est plus importante que la dette des collectivités locales, première historique.

Et on crée une nouvelle branche sans financement, dont on sait que les besoins sont immenses. Alors, il y a une part de la CSG qui va la financer. Ça, ça a été voté. On est sur un juge à 10 milliards. Ce n'est pas du tout l'ordre de grandeur qui est 8 fois supérieur pour la dépendance. Donc, on n'y est pas. Donc, il n'y a pas de sujet à dépendance. Ça va être soit de l'incantation, soit du wishful thinking, comme on dit en bon français, mais certainement pas une mesure réaliste. Bon sentiment. Avec du... Non, le wishful thinking, c'est quelque chose de volontariste, si vous voulez. Mais derrière, il n'y a pas d'argent. Donc, c'est absolument incroyable.

On est dans un déficit absolument abyssal. Et on ne peut pas nous parler, effectivement, dans la CS, d'une cinquième branche qui le serait encore plus en déficit. Ça ne marche pas. Caroline Chiat, vous nous entendez ? Cette réforme de la dépendance, elle est nécessaire pour vous ? Écoutez, moi, j'ai rendu mon rapport avec Monique Ibarra en mars 2018. Depuis, on m'a promis tous les mois, pratiquement, qu'une loi grand âge d'autonomie, elle est arrivée. Écoutez, jugement 2022 et puis peut-être un nouveau gouvernement et un nouveau président ou une nouvelle présidente de la République, je ne sais pas, pour que quelqu'un le fasse.

Mais là, ça devient urgent parce que moi, depuis mon élection, en juillet 2017, mon premier discours, j'explique la maltraitance institutionnelle dans nos établissements. Mais à croire que ça ne dérange personne qu'on maltraite nos personnes âgées dans ce pays. Vous la souhaitez, vous, Jérôme Durin, cette réforme ? Oui, mais est-ce qu'on peut regarder le calendrier ensemble ? On est le... 12 juillet. 12 juillet. La session parlementaire s'arrête dans...

22:17
Présentateur

Fin juillet, quoi.

22:18
Invité

Fin juillet, on aura peut-être une semaine de plus. Et doivent passer peut-être des mesures qui vont être annoncées par le Trois-Carras publics dans quelques minutes maintenant. On va rattaquer début septembre pour combien de temps utile ? Donc, envisager dans la période des réformes de profondeur... Il y a le temps pour un gros texte encore. Il y a le temps pour un gros texte, mais dans quelles conditions politiques ? Si ce sont des textes qui modifient des grands équilibres sociaux, budgétaires, il faut qu'on ait le temps de faire du bon travail parlementaire. Et le Parlement s'est travaillé vite puisqu'on a passé des textes en 17 jours dans l'année.

Donc, à vous entendre, on ne réforme plus, finalement. Mais comment vous voulez... Très bien, mais essayons. Mais moi, je pense que c'est, là, pour le coup, totalement incantatoire. Caroline Fiat veut intervenir. Qu'est-ce que vous vouliez dire, Caroline Fiat ? Non, je veux juste dire que... Là, on parle de maltraitance sur des personnes âgées, de la maltraitance institutionnelle. Donc, là, il y a un moment donné, on peut trouver le temps. Il y a d'autres textes, on a trouvé le temps nécessaire. Là, il y a plus qu'urgence. On maltraite institutionnellement des personnes âgées dans notre pays. Pour vous aussi, il y a urgence pour une homilienne quand vous entendez Caroline Fiat ?

J'entends ce que disent mes collègues. Le temps qui nous a imparti est assez court, d'ici à la présence d'hériture 2022. Mais si on a le temps de passer ce type de texte en le travaillant bien, il y a un rapport parlementaire qui a été fait, là, je veux rendre hommage quand même à Caroline Fiat, qui a bien travaillé avec sa collègue sur ce rapport parlementaire, comme quoi je ne suis pas toujours en opposition avec eux. Mais il faut qu'on l'étudie. Après, effectivement, il faut qu'on en parle ensemble. Est-ce qu'on a le temps dans le temps qui nous est imparti ? Mais est-ce que symboliquement,

23:48
Présentateur

ce serait fort de, par exemple, abandonner la réforme des retraites pour faire passer une réforme de la dépendance ?

23:53
Invité

Je ne sais pas si je le télis. Moi, je n'ai pas envie de faire de la politique pour le symbole, honnêtement. Ça vous permettrait de muscler votre jambe gauche ? Non, mais si on doit faire ce texte, il faut le faire sérieusement. Enfin, voilà, c'est un sujet trop important pour le traiter par-dessus la jambe. Gauche. Gauche en plus.

24:09
Présentateur

On va parler de la jeunesse, justement, maintenant. On va changer de génération, Brigitte.

24:13
Invité

Oui, alors, Jérôme Durin, le président pourrait annoncer l'extension de la garantie jeune. Ce serait 500 euros par mois en échange d'une reprise active d'emploi. Vous, vous défendez le RSA jeune. Est-ce que ça vous va ? Est-ce que quand vous voyez cette annonce, si elle a lieu, le compte y est pour vous ? Ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas le même public. La garantie jeune, c'est l'ENIT. Ce sont ceux qui ne sont pas en formation, en emploi. Et le RSA jeune, il peut concerner des populations qui, pourtant, sont en emploi ou en formation et qui sont vraiment très, très justes financièrement. Donc, on n'a pas exactement le même public. C'est justement les plus fragiles, finalement.

C'est les plus fragiles. Mais la garantie jeune, qui est un très bon dispositif, qui a été créé dans le quinquennat précédent et qui a produit des effets, a eu du mal, quand même, à produire tous ces effets. C'est une allocation et un accompagnement. Donc, l'allocation, on voit bien, mais l'accompagnement, il faut du monde pour l'exercer. C'est aussi des postes à l'arrière. Donc, là aussi, on voit bien l'intention, mais est-ce qu'on est en capacité de le conduire à bout ? C'est pour ça que le RSA jeune, c'est une formule qui nous paraît plus adaptée à la situation et aux besoins de la jeunesse. Jérôme Bachère, c'est de l'assistanat pour vous ? Une aide comme ça de 500 euros pour les jeunes ?

Pas dans le système de la garantie jeune. Je le tiens à le dire, c'est que lorsque vous êtes accompagné par la mission locale que vous avez le droit à cette garantie jeune de 500 euros. Simplement, à la fin, tout ça a un coût. Moi, je veux bien qu'il y ait un moment, c'est devenu l'unité budgétaire. Les Français ne se rendent même plus compte de ce que ça veut dire qu'un milliard. Combien il faut travailler d'heures quand on est un Français normal pour réussir à faire un milliard d'impôts ? C'est absolument incroyable. Parler d'un milliard à un patron de PME, c'est des sommes faramineuses qu'il faut travailler après que vous prenez en prélévant obligatoire.

On ne se rend même plus compte de ce dont on parle. Tout ça, c'est devenu... Donc, il faut mettre fin ou quoi qu'il en coûte pour vous ? Ça, c'est très clair. Et d'ailleurs, on l'a dit du surcle à la vie. Il va falloir... On vient de voter cet après-midi, j'en étais le rapporteur pour le groupe LR au Sénat, la loi de finances rectificative. Donc, nous l'avons voté pour les mesures d'urgence. Donc, une rallonge budgétaire d'un peu plus de 15 milliards. Car il faut effectivement prendre les mesures d'accompagnement. Mais on sait très bien qu'il y a un autre sujet qui arrive et qui n'est nulle part annoncé et qui ne va être annoncé s'il n'y avait pas eu ce Covid. C'est un autre plan de relance.

L'économie ne repart pas aussi bien qu'on ne veut le dire car il y a un peu de délai dans l'industrie, etc. Donc, vous avez des choses un peu compliquées. Bruno Milienne, ce nouveau plan de relance, finalement, 15 milliards de rallonge, ça suffira ou pas ? Oui, il va falloir encore remettre au pot. Moi, je ne suis pas devin. Ça suffira si la crise sanitaire s'arrête, tout simplement. Donc, si on est tous vaccinés demain et qu'effectivement, tout le monde peut retourner travailler, il y a un autre sujet qui n'est pas très politiquement correct d'annoncer, c'est qu'il faut aussi remettre les gens au travail. C'est compliqué pour certains. Je suis désolé de le dire aussi brutalement que ça.

C'est compliqué depuis la crise sanitaire ? Depuis la crise sanitaire. Et oui, parce que les gens ont vécu autre chose, n'ont pas forcément envie de retourner travailler dans les conditions dans lesquelles ils travaillaient avant.

27:12
Présentateur

Alors, qu'est-ce qui est blâmable ? Le fait qu'ils ne retournent pas travailler ou les conditions de travail ?

27:15
Invité

Non, mais il y a tout... Enfin, on a tous reçu un choc psychologique énorme avec cette crise sanitaire. On ne va pas se mentir. Et il y a des gens qui cherchent d'autres voies que celles du salariat. Donc, les patrons ont du mal à recruter. On a vu, il y a beaucoup d'auto-entreprises, d'auto-entrepreneurs qui se sont créés. Et ça, ça devient compliqué pour faire remettre les gens au travail. C'est compliqué. Il y a des gens qui ne veulent pas sortir, par exemple, du télétravail. Alors qu'il y a un moment, il faut bien quand même retourner un petit peu en présentiel, refaire lien avec la société. Et c'est très compliqué.

Et puis, il y a les précaires qu'il va falloir continuer à accompagner de toutes ces... On est à deux minutes

27:48
Présentateur

de l'intervention du président de la République, Caroline Fiat. Il va falloir mettre fin au quoi qu'il en coûte ou est-ce qu'au contraire, il faut continuer encore à déverser des milliards dans l'économie française ?

27:58
Invité

Non, mais moi, je voudrais répondre aux collègues qui trouvent qu'il faut arrêter le quoi qu'il en coûte. Nos jeunes font la queue devant la soupe populaire. Ils ne font pas trois repas par jour. Je ne pense pas que pour eux, ce soit le grand kiff d'aller faire la queue devant la soupe populaire, ni pour leurs parents qui désespèrent de ne pas pouvoir aider leurs gamins à se nourrir. Et je trouve que c'est désespérant d'entendre ce genre de choses. Moi, je pense qu'il y a de grands industriels dans notre pays pour qui un milliard, ce n'est pas grand-chose parce qu'eux, ils n'ont pas de problème. On n'a jamais eu autant de milliardaires dans notre pays.

Donc, si chacun partageait un petit peu, on aurait moins de difficultés. Donc, moi, il y a des choses que je ne peux pas entendre. Moi, voir des gamins faire la queue devant la soupe populaire, ça ne me plaît pas trop dans mon pays.

28:52
Présentateur

On va vous retrouver tous, tout à l'heure, dans quelques instants, dans quelques minutes, après l'intervention d'Emmanuel Macron, qui ne va pas tarder. C'est dans 45 secondes maintenant. On va voir ce que le président de la République va nous annoncer. On a dit tout à l'heure déjà qu'il y aurait probablement l'extension du pass sanitaire dans tous les établissements accueillants du public. On verra même si c'est, pourquoi pas, dans les transports publics. Vous l'évoquiez tout à l'heure. Il est question aussi d'étendre la vaccination obligatoire aux soignants. Quels soignants ? Est-ce que c'est seulement à l'hôpital ? Est-ce que ça va plus loin ? Quelle définition des soignants ?

Et puis on va voir, parce qu'on l'a évoqué tout à l'heure avec vous, Brigitte, notamment avec nos invités, s'il va y avoir des annonces économiques. Parce qu'Emmanuel Macron avait dit aussi qu'il va y avoir le temps de la réforme, notamment de la réforme des retraites. Que va dire le président de la République ? Va-t-il confirmer qu'il y aura une réforme des retraites ou au contraire pour enterrer la réforme des retraites ? C'est maintenant Emmanuel Macron.

29:54
Emmanuel Macron

Françaises, Français, mes chers compatriotes d'Hexagone, d'Outre-mer et de l'étranger, comme depuis le début de la pandémie, je tiens à m'adresser directement à vous, après m'être beaucoup déplacé, après avoir été à votre rencontre partout en France et après avoir longuement consulté. Où en sommes-nous de notre combat contre le Covid-19 ? Grâce à l'engagement exceptionnel de nos soignants, grâce à votre civisme à tous, nous avons réussi à maîtriser l'épidémie et à revivre à nouveau. Nos efforts proportionnés, la réouverture progressive et réussie des mois de mai et juin et le déploiement d'un plan de vaccination inédit nous ont permis d'obtenir des résultats incontestables.

Nous étions parvenus au cours de ces dernières semaines à passer sous les 2 000 contaminations par jour contre plus de 35 000 au plus haut de la crise. Les hospitalisations comme les décès sont au plus bas depuis près d'un an. En vous disant tout cela, je pense évidemment aux victimes et à leurs proches. La vie, malgré tout, a pu continuer durant ces mois difficiles parce que nous nous sommes organisés collectivement. Si nous avons demandé beaucoup aux enseignants, aux parents d'élèves qui ont dû s'adapter dans l'urgence quand soudain une classe fermée, si nous avons demandé beaucoup aussi à nos élèves et nos étudiants, la France a largement préservé l'instruction durant cette crise.

12 semaines de fermeture pour nos écoles depuis mars 2020, alors qu'aux Etats-Unis, les écoles ont fermé durant 56 semaines ou en Allemagne durant 34 semaines. Certains cours ont pu reprendre physiquement à l'université ces derniers mois. nous pouvons être fiers de cela, de ce choix collectif de la nation, d'avoir fait le maximum pour l'avenir de nos enfants et de notre jeunesse. Cet été, comme à la rentrée, nous accentuerons encore nos efforts pour apporter un soutien renforcé aux élèves et aux étudiants qui rencontrent des difficultés.

Sur le plan économique, le quoi qu'il en coûte, auquel je m'étais engagé dès mars 2020, non seulement nous a permis de protéger nos entreprises, nos emplois, mais a préservé le pouvoir d'achat de nombre de Français et est à l'origine d'un vigoureux rebond. Notre croissance devrait s'établir à 6% en 2021, en tête des grandes économies européennes. La France, pour la deuxième année consécutive, a été désignée comme le pays le plus attractif d'Europe. Contrairement aux prévisions, l'emploi a résisté et les acquis obtenus depuis 2017 en termes de baisse du chômage sont préservés. En 2020, le Covid a détruit près de 300 000 emplois.

Depuis le début de l'année, nous avons déjà recréé 187 000 emplois. Ce seul mois de mai, nous avons atteint un nombre de contrats à durée indéterminée créés inédits, égalant notre record de 2006. Dans tous les secteurs qui, comme la culture, l'hôtellerie, la restauration, le sport, le tourisme, ont le plus souffert, chacun reconnaît que les plans de soutien spécifiques que nous avons mis en oeuvre ont permis d'empêcher les drames humains, les faillites et d'envisager une reprise sereine.

Nous restons pleinement mobilisés pour aider ceux qui ont subi la crise plus fortement que d'autres, les salariés travaillant dans les entreprises qui n'ont pas résisté ou les jeunes comme les indépendants qui, durant cette période, sont malheureusement tombés dans la pauvreté. Je veux vous dire ce soir que nous avons eu raison, collectivement, de rechercher sans cesse l'équilibre entre la protection et la liberté. Raison, au début de cette année, de protéger la vie sans pour autant refermer le pays. Cette situation maîtrisée, c'est le fruit de nos choix, de nos efforts. Ces choix et nos résultats nous permettent d'aborder les difficultés qui sont encore devant nous avec détermination.

Car oui, à l'heure où je vous parle, notre pays est confronté à une reprise forte de l'épidémie qui touche tous les territoires, métropoles comme Outre-mer. Aussi longtemps que le virus circulera, nous serons confrontés à ce type de situation. L'apparition du variant dit Delta se traduit en effet par une augmentation des contaminations partout dans le monde. Parce que ce variant est trois fois plus contagieux que la première souche, il s'engouffre dans tous les espaces non couverts par la vaccination. Pour y faire face, de nouvelles mesures de restrictions ont été décidées aux Pays-Bas, au Portugal ou en Espagne.

En Asie et dans le Pacifique, certains pays ont dû se résoudre à un reconfinement. Et le Japon, imaginé, qui s'apprête à organiser les Jeux Olympiques, le fera sans aucun spectateur. Et si chez nous, en France, la situation est pour le moment maîtrisée, si nous n'agissons pas dès aujourd'hui, le nombre de cas va continuer de monter fortement et entraînera inévitablement des hospitalisations en hausse dès le mois d'août. Nous avons pour faire face à cette nouvelle donne un atout maître qui change tout par rapport aux vagues précédentes, le vaccin. Tous les vaccins disponibles en France nous protègent solidement contre ce variant Delta.

Ils divisent par 12 son pouvoir de contamination et évitent 95% des formes graves. L'équation est simple. Plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d'espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations. Et plus nous éviterons d'autres mutations du virus, peut-être plus dangereuses encore. C'est donc une nouvelle course de vitesse qui est engagée. Un été de mobilisation pour la vaccination. Voilà ce que nous devons viser. Vacciner un maximum de personnes, partout, à tout moment. Nous sommes une grande nation, une nation de science, celle des Lumières, de Louis Pasteur.

Alors quand la science nous offre les moyens de nous protéger, nous devons les utiliser avec confiance dans la raison et dans le progrès. Pour nous protéger et pour notre unité, nous devons aller vers la vaccination de tous les Français. Car c'est le seul chemin vers le retour à la vie normale. Dans un premier temps, pour les personnels soignants et non soignants, des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation de handicap, pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes âgées ou fragiles, y compris à domicile, la vaccination sera rendue obligatoire sans attendre.

J'ai conscience de ce que je vous demande et je sais que vous êtes prêts à cet engagement. Cela participe, en quelque sorte, de votre sens du devoir. Pour tous nos compatriotes concernés, ils auront jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner. Il faut commencer dès maintenant. à partir du 15 septembre, des contrôles seront opérés et des sanctions seront prises. Il y a ensuite tous les autres Françaises et Français, les millions d'entre vous qui n'ont pour le moment reçu aucune injection. En fonction de l'évolution de la situation, nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français.

Mais je fais le choix de la confiance et j'appelle solennellement tous nos concitoyens non vaccinés à aller se faire vacciner dès aujourd'hui au plus vite. 9 millions de doses vous attendent dès aujourd'hui qui n'ont pas encore été injectées et nos commandes continuent d'arriver. Que ce soit donc près de chez vous, sur votre lieu de vacances, avec ou sans rendez-vous, faites-vous vacciner. C'est la seule façon de vous protéger et de protéger les autres. C'est une question de responsabilité individuelle, de sens, de l'esprit collectif. C'est aussi ce dont dépend notre liberté à toutes et tous.

Je pense en particulier à tous nos concitoyens de plus de 60 ans et aux personnes vulnérables, dont celles qui sont en surpoids grave, qui ne sont pas encore vaccinées aujourd'hui. Vous êtes celles et ceux qui courraient aujourd'hui le plus grand danger. J'en appelle donc à votre mobilisation. Nous déploierons durant tout l'été la vaccination au plus près du terrain, en travaillant étroitement avec nos médecins, nos pharmaciens, mais aussi nos associations, dont je veux saluer l'engagement, et nous irons vacciner celles et ceux qui sont aussi le plus loin des soins.

Pour les collégiens, les lycéens, les étudiants, des campagnes de vaccination spécifiques seront déployées dans les établissements scolaires dès la rentrée. Je veux m'adresser enfin à ceux qui, vaccinés les premiers, c'est-à-dire en janvier et février, verront prochainement leur taux d'anticorps baisser et leur immunité diminuer. Je veux ici les rassurer. Dès la rentrée, une campagne de rappel sera mise en place pour vous permettre de bénéficier d'une nouvelle injection selon le même système et dans les mêmes conditions que la ou les premières. Les rendez-vous pourront être pris dès les premiers jours du mois de septembre.

Il n'y a donc pas d'inquiétude à avoir, mais malgré le vaccin, je vous demande à toutes et tous de continuer à être prudent et de continuer à respecter ces gestes barrières contre le virus que vous connaissez bien désormais. En complément de la vaccination, nous allons devoir mettre en place de nouvelles mesures pour freiner le virus. Parce que le niveau de vaccination y est encore très insuffisant et que les hôpitaux sont déjà sous forte pression l'état d'urgence sanitaire sera déclaré dès demain en Conseil des ministres pour la Martinique et la Réunion et un couvre-feu sera instauré.

Pour autant, dans l'Hexagone, sauf dans les départements qui dépasseraient un taux d'incidence de 200 et verraient leurs hospitalisations augmenter ou des mesures de freinage pourront être prises par nos préfets, notre approche sera plus simple. Partout, nous aurons la même démarche. reconnaître le civisme et faire porter les restrictions sur les non-vaccinés plutôt que sur tous. Dès cette semaine, les contrôles aux frontières seront encore renforcés pour les ressortissants en provenance des pays à risque, avec un isolement contraint pour les voyageurs non-vaccinés. Dès le 21 juillet, le pass sanitaire sera étendu au lieu de loisirs et de culture.

Concrètement, pour tous nos compatriotes de plus de 12 ans, il faudra, pour accéder à un spectacle, un parc d'attractions, un concert ou un festival, avoir été vacciné ou présenter un test négatif récent. Ce pass est disponible sur l'application TousAntiCovid, mais chacun peut utiliser la version papier remise au moment de la vaccination.

À partir du début du mois d'août, et cela parce qu'il nous faut faire d'abord voter un texte de loi et le promulguer, à partir du début du mois d'août, donc, le pass sanitaire s'appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraite, établissements médico-sociaux, mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu'ils soient d'ailleurs clients, usagers ou salariés. En fonction de l'évaluation de la situation, nous nous poserons la question de l'extension du pass sanitaire à d'autres activités encore.

Cet automne, les fameux tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale, et ceci afin d'encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests. Pour pouvoir faire tout cela, je convoquerai le Parlement en session extraordinaire à partir du 21 juillet pour l'examen d'un projet de loi qui déclinera ces décisions. Vous l'avez compris, la vaccination n'est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le pass sanitaire pour pousser le maximum d'entre vous à aller vous faire vacciner. Enfin, nous continuerons d'agir pour éviter l'apparition de variants qui pourraient être plus dangereux encore que le variant Delta.

Cela passe par un projet immense mais indispensable et désormais à notre portée, vacciner le monde. La France, depuis mars 2020, est à l'initiative avec le programme Act A qui vise à la fois à produire davantage de vaccins et à donner aux pays les plus pauvres davantage de vaccins. Nous avons déjà donné plus de 2 millions et demi de doses et d'ici la fin de l'année donneront plusieurs dizaines de millions de doses de vaccins. Nous contribuerons à nous mobiliser, justement, et à mobiliser tous nos partenaires pour produire plus et donner encore davantage aux pays les plus pauvres, en particulier dans les Balkans, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient.

Plusieurs pays sont aujourd'hui fortement touchés et nous allons accroître encore notre aide et je pense particulièrement à la Tunisie. Pour en finir durablement avec la pandémie, nous devons vacciner partout. Je vous l'avais dit l'année dernière, nous allions devoir vivre avec le virus. Ce sera le cas tout au long de cette année 2021 et sans doute pour plusieurs mois encore de l'année 2022, même si le vaccin change beaucoup de choses. Les semaines à venir seront donc celles de la mobilisation pour bloquer le virus et pour continuer de relancer notre économie. L'été de mobilisation pour la vaccination sera aussi un été de relance.

Je l'ai constaté au cours de mes récents échanges avec vous partout en France. Notre plan de relance se déploie à un rythme soutenu. Sur les 100 milliards d'euros votés à l'automne dernier et permis grâce à l'accord européen historique d'il y a un an, 40 milliards ont ainsi été mobilisés sur le terrain. Nous devons faire plus encore car plus vite nous concrétiserons le plan de relance plus fort sera notre rebond. Plus vite nous concrétiserons le plan de relance, plus efficace sera notre lutte contre le dérèglement climatique.

Un tiers des crédits sont en effet ciblés sur la rénovation thermique des bâtiments, sur les énergies décarbonées, sur l'automobile zéro émission, tous les secteurs qui concilient écologie et économie, écologie et progrès. Le gouvernement et les préfets s'assureront durant l'été de la bonne mise en oeuvre des investissements sur le terrain. Nous allons aussi faire le maximum pour lever les contraintes qui pèsent sur les secteurs justement qui sont les plus en tension et sur vous tous. D'abord, le manque de matières premières, qu'il s'agisse de bois, d'acier, de fer ou de semi-conducteurs, ce qui a retardé de nombreux chantiers et fait monter les coûts. Ensuite, les pénuries de main-d'oeuvre.

Selon la Banque de France, près d'une entreprise sur deux ne trouvent pas de réponse à ces offres d'emploi. Il faut ainsi tout faire ensemble sur le terrain pour y répondre et responsabiliser chacun. Notre priorité de l'été et de l'automne est bien de retrouver non seulement le niveau d'emploi d'avant l'épidémie, mais de nous réinscrire dans une trajectoire de plein emploi. Si nous nous mobilisons pour nous vacciner, pour relancer l'économie, alors nous serons en mesure en septembre de préparer collectivement notre avenir. Il nous faudra en débattre de manière apaisée et démocratique. Il nous faudra aussi prendre des décisions.

Mais je veux d'ores et déjà partager avec vous quelques convictions fortes. La première, c'est la nécessité de moins dépendre de l'étranger pour certains produits essentiels. Certains services, certaines technologies. C'est la nécessité de retrouver le chemin d'une indépendance française et européenne. Parce que nous avons vécu durant cette crise les conséquences de la dépendance. Grâce à l'action menée depuis 2017, nous sommes en train de réussir de nous améliorer. Des productions majeures pour la vie du pays, comme celles de paracétamol, par exemple, ont été relocalisées en France.

Une usine géante de batteries pour nos véhicules électriques va prochainement ouvrir sur nos terres industrielles du Nord et préfigurer des investissements massifs dans la transformation de l'industrie automobile. J'ai lancé le mois dernier un plan d'investissement de 7 milliards d'euros pour l'innovation en matière de santé des usines, de la recherche, chez nous, en France. Nous sommes, depuis deux ans, la première nation européenne du numérique et de la technologie. Nous devons donc continuer d'investir et encourager ces initiatives qui ont créé plus de 160 000 emplois.

Ce défi désormais, qui est le nôtre, est de changer d'échelle, de généraliser partout cette dynamique, de redevenir une grande nation de recherche, d'innovation, d'agriculture et d'industrie. Réindustrialiser, réconcilier la croissance et l'écologie de production. Au niveau national, la baisse des impôts de production ainsi que celle de l'impôt sur les sociétés que nous avons décidées vont permettre d'accélérer ce mouvement. Au niveau européen, la présidence française de l'Union européenne, qui commencera le 1er janvier 2022, nous permettra de bâtir un agenda commun d'indépendance industrielle et technologique.

A la rentrée, après le travail et les consultations en cours, nous déciderons d'un plan d'investissement qui visera un objectif, bâtir la France de 2030 et faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain qui, dans les domaines du numérique, de l'industrie verte, des biotechnologies ou encore de l'agriculture, dessineront notre avenir. La 2e conviction, c'est que nous avons vu la force durant cette crise de notre modèle social. Il a protégé nos entreprises, nos emplois, notre culture, de nombreux secteurs exposés et il a protégé notre pouvoir d'achat durant la crise. C'est un joyau qu'il nous faut préserver. Ce modèle social français repose sur un fondement, le travail.

Sans travail, pas de production. Sans travail et sans production, pas de financement de notre santé, pas de financement du chômage partiel, pas de financement de nos retraites. La priorité de la sortie de crise sera donc la même que depuis le début du quinquennat. Le travail et le mérite. C'est pour cela que nous allons continuer d'investir dans la formation tout au long de la vie dès cette rentrée. Nous formons durablement plus de demandeurs d'emploi qu'il y a 4 ans, mais ce n'est pas encore assez. Et j'ai demandé au gouvernement, dès cette rentrée, de lancer un plan massif de formation et de requalification des chômeurs de longue durée.

C'est pour cela que la réforme de l'assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre. Autour d'une volonté simple, en France, on doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu'en restant chez soi, ce qui n'est actuellement pas toujours le cas. C'est pour cela aussi que nous devrons engager, dès que les conditions sanitaires seront réunies, la réforme des retraites. J'ai toujours tenu un langage de vérité. Oui, notre système est injuste. Avec 42 régimes différents, il entretient des inégalités majeures et il faudra aller vers plus de simplicité pour plus de justice. Et donc, les régimes spéciaux devront être supprimés pour les nouveaux employés dans ces secteurs.

Oui, parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard. Pas demain, pas brutalement, pas de manière uniforme, car il faut prendre en compte la difficulté des métiers, mais progressivement, sur plusieurs années, et par un système qui fait la différence selon le travail réellement exercé. Et donc, l'âge de départ doit être plus tardif. Oui, une vie de travail doit offrir une pension digne. Et donc, toute retraite pour une carrière complète devra être supérieure à 1 000 euros par mois. Voilà ce que je veux, en des termes clairs et simples.

Pour protéger les retraites actuelles et celles de nos enfants sans augmenter les impôts, il est juste et efficace de changer notre système de retraite. J'ai entendu les débats sur le moment. Faut-il faire cette réforme dès ce mois de juillet, à la rentrée ou bien plus tard ? Alors, si je demande au gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée, je ne lancerai pas cette réforme tant que l'épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée. Ma troisième conviction, enfin, c'est que la nation doit une réponse à ceux qui ont été le plus touchés par la crise.

À notre jeunesse, qui a tant sacrifié alors qu'elle risquait peu pour elle-même, à nos aînés qui, plus que les autres, ont craint pour leur vie. Pour notre jeunesse, nous devons continuer d'investir, investir dans la petite enfance, dans l'éducation. Cela demeure plus que jamais notre priorité en sortie de crise. Pour nos jeunes adultes, nos étudiants, comme nos jeunes actifs ou nos jeunes qui sont peu formés, nous avons créé la plateforme Un jeune, une solution. Nous poursuivrons ce programme qui a permis à 2 millions de jeunes de trouver une formation, de décrocher parfois un emploi, de signer souvent un contrat d'apprentissage.

Imaginez 526 000 contrats d'apprentissage en 2020, ce qui est un record. Pour amplifier cette dynamique, je présenterai à la rentrée le revenu d'engagement pour les jeunes, qui concernera les jeunes sans emploi ou formation et sera fondé sur une logique de devoir et de droit. Quant à nos aînés et nos concitoyens en situation de handicap, trop souvent confrontés à une solitude sans solution, nous leur devons une grande ambition humaniste pour l'autonomie, un accompagnement renforcé pour le maintien à domicile, des maisons de retraite modernisées.

Accompagnement de notre jeunesse, meilleure prise en charge des aînés, c'est un nouveau pacte français entre les générations qu'il nous faut bâtir pour notre nation. Cette ambition devra être financée et ce ne sera pas par une hausse d'impôts. Là aussi, je demeure constant. Avec la suppression de la taxe d'habitation, la baisse des cotisations sociales, la diminution de l'impôt sur le revenu, ce qui représente 170 euros en plus par mois pour un salarié au SMIC, nous avons assumé d'améliorer le pouvoir d'achat et de baisser les impôts, une priorité pour les classes moyennes et nous ne reviendrons pas en arrière. Nos réformes ne seront pas davantage financées en laissant filer la dette.

La nouvelle génération doit déjà assumer la dette écologique. Je n'ajouterai pas à ce fardeau la dette financière. La seule solution, le seul moyen d'assurer ce nouveau pacte est de travailler davantage, d'investir, d'innover, d'inventer, d'améliorer notre croissance est de continuer à réformer. Réformer l'État comme nous avons commencé à le faire avec la réforme de la haute fonction publique et la suppression de l'ENA, de simplifier le millefeuille territorial, de simplifier partout où c'est possible l'action publique. La seule solution est de continuer à bousculer le système et les positions établies, les rentes, les statuts.

C'est ainsi que nous reprendrons le contrôle de notre destin comme nation. C'est ainsi que nous reprendrons chacun le contrôle de nos vies comme citoyens. La volonté que la France doit porter est bien celle-là, reprendre le contrôle de notre destin, garantir à chacune et chacun des nôtres qu'il pourra retrouver de son destin personnel, professionnel, familial et civique. Bien des questions devront trouver réponse dans les mois qui viennent que je n'ai pas ici abordées dans le cadre de ce message ce soir.

J'ai bien entendu l'inquiétude que fait naître la montée d'une violence endémique dont sont victimes les plus fragiles, les femmes souvent, y compris dans le couple, de jeunes adolescents dans la rue et le manque de respect à l'égard des forces de l'ordre ou de sécurité. J'ai entendu le message porté à l'endroit de nos institutions par l'abstention impressionnante aux élections régionales et départementales et j'ai en tête les questions qui portent sur les équilibres de notre démocratie. Devant toutes ces questions, j'ai une certitude. Nous devons non seulement prolonger notre effort mais le renouveler en inventant chaque jour le nouveau modèle que notre pays et le monde attendent.

Mais des choses dans le monde sont en train de bouger aussi grâce à des initiatives que propose et soutient la France. Il faudra se souvenir que c'est en ces premiers jours de l'été 2021 que la communauté internationale dans un effort sans précédent a décidé d'une imposition mondiale des multinationales à 15% minimum mettant ainsi fin aux évasions fiscales et aux paradis fiscaux. La France a été en première ligne et a contribué à faire bouger l'Europe et le monde. Mes chers compatriotes, cet été de retrouvailles et de retour aux sources, cet été qui sera fait de moments amicaux et familiaux devra donc être néanmoins un été de vigilance, de lutte contre le virus, de vaccination.

J'ai confiance en vous, confiance en nous pour rester unis, sereins et déterminés. Alors, à la rentrée, nous aurons rendez-vous avec notre avenir pour bâtir une France indépendante qui ne vit pas dans la nostalgie mais sait prendre les décisions nécessaires à sa destinée, une France conquérante qui a foi en la force de sa jeunesse et n'a pas peur du futur mais l'invente, une France unie qui sait être solidaire, civique, responsable dans l'épreuve comme dans la conquête. Vive la République et vive la France.

57:03
Présentateur

Voilà pour l'allocation du président de la République, Emmanuel Macron, qui a duré 27 minutes depuis Pâle-Elysée, c'est assez exceptionnel, depuis le grand palais éphémère qui a été installé au pied de la Tour Eiffel. C'est un symbole, évidemment, du retour des touristes. La Tour Eiffel va rouvrir le 16 juillet et puis de ces lieux culturels où désormais, il y aura un pass sanitaire obligatoire, le président de la République l'a annoncé tout à l'heure. On va revenir sur les différentes annonces. Vous avez suivi cette allocution avec nous en direct. On va faire un tour de table avec nos invités que je vais vous représenter au fur et à mesure pour savoir quel est leur état d'esprit.

Je commence par vous, Caroline Fiat, vous êtes députée des filles de Morte-et-Moselle. En un mot, on va revenir sur les détails tout à l'heure, les mesures, etc. Est-ce que vous êtes rassurée, convaincue, inquiète ?

57:42
Invité

Inquiète. J'attends vivement qu'on soit dans l'Assemblée nationale et qu'on ait plus d'explications parce que je pense ne pas avoir tout compris et tout saisi. Qu'est-ce qu'il vous manque comme information, Caroline Fiat ? Je suis pressée de savoir qui sont les personnes au contact de personnes fragiles qui devront être vaccinées parce que je pense que nous sommes tous en contact de personnes fragiles.

58:09
Présentateur

On va y revenir tout à l'heure. Bruno Milienne, en un mot, on va revenir sur les détails tout à l'heure.

58:13
Invité

On avait parlé d'un discours de responsabilisation du président, de responsabilisation des Français face à la pandémie. Il l'a eu. Il a quand même incité les Français. Il aurait pu glisser sur la vaccination obligatoire pour beaucoup plus de gens. Il a dit qu'il ne le faisait pas. Vous êtes rassuré ? Écoutez, je ne m'attendais pas à quelque chose de tellement différent en ce moment même. Jérôme Bachère. Je trouve qu'il a adressé un très bon bilan de ce qu'il a fait et que cela aide à faire ça une allocution le 12 juillet plutôt qu'une interview le 14 où il aurait des contradicteurs pour essayer d'avoir plus d'éclaircissement. Jérôme Durin ? Oui, il y a le sanitaire.

Dans le sanitaire, sur les principes, pas grand-chose à dire. Il faudra avoir les modalités d'application et le Parlement sera convoqué le 21. Et puis, il y a tout le reste. Et dans le reste, il y a tout. Il y a tout. C'est-à-dire la fin de l'intervention ? La fin de l'intervention, c'est open bar. On a les retraites. C'est un programme présidentiel ?

59:04
Présentateur

Vous y voyez un programme présidentiel ?

59:05
Invité

C'est un bilan, c'est un programme, on va vacciner le monde. C'est large.

59:09
Présentateur

Alors, on va revenir sur les différentes annonces. Avec vous, Brigitte, on va aller sur l'aspect sanitaire. C'était la première partie de l'intervention du président de la République. Il a notamment annoncé un été de mobilisation pour la vaccination et avec une vaccination obligatoire pour certains personnels.

59:25
Emmanuel Macron

Pour les personnels soignants et non soignants, des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation de handicap, pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes âgées ou fragiles, y compris à domicile, la vaccination sera rendue obligatoire sans attendre. J'ai conscience de ce que je vous demande et je sais que vous êtes prêts à cet engagement. Cela participe, en quelque sorte, de votre sens du devoir. Pour tous nos compatriotes concernés, ils auront jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner. Il faut commencer dès maintenant.

À partir du 15 septembre, des contrôles seront opérés et des sanctions seront prises.

1:00:10
Locuteur

Brigitte.

1:00:11
Invité

Oui, Caroline Fiat, vous êtes aide-soignante, vous êtes avec nous en duplex. Le président vient d'annoncer la vaccination obligatoire pour les soignants, les non-soignants dans les établissements, les aides à domicile. Vous êtes vous-même vaccinée. Vous allez encourager vos collègues à le faire ? Oui, oui, on encourage nos collègues. Alors moi, j'espère que mon amendement sera déclaré recevable, mais après ça, on n'est jamais sûr. Mais j'aimerais bien que ce soit comme pour le vaccin contre la grippe, qu'on puisse se vacciner sur le lieu de travail. Parce que ça, ça a permis d'augmenter le nombre de soignants qui se vaccinent contre la grippe, par exemple.

Parce que, un exemple que je connais très bien, les filles qui travaillent de nuit, elles reviennent souvent sur leur repos. aller faire 30 kilomètres ou je ne sais quoi, revenir sur un jour de repos, la journée, pour se faire vacciner, c'est quelque chose de pas pratique, par exemple. Vous êtes donc converti à la vaccination obligatoire, alors ? Non. Je veux convaincre et faciliter la vaccination parce que, sincèrement, très peu de soignants sont opposés à la vaccination. Mais là, toutes les annonces d'Emmanuel Macron, c'est la vaccination obligatoire. Jusqu'au 15 septembre, vous avez entendu.

1:01:25
Présentateur

Les personnels ont jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner. C'est très rapide.

1:01:30
Invité

Non, mais je vous parle de la vaccination pour toute la population. Avec le pass sanitaire et les tests payants à l'automne, ça s'appelle la vaccination obligatoire si vous voulez vivre. Donc, c'est la vaccination obligatoire pour toute la population. Jérôme Bachère, effectivement, c'est une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom. Ce n'est pas très clair en termes de déontologie parce qu'on a un fondement légal pour les personnels soignants. On n'a pas forcément de fondement légal pour l'aide à domicile. La petite dame qui va aider la mamie à faire ses courses, etc., elle n'avait peut-être pas prévu de se faire vacciner.

Donc, on va avoir des sujets que la commission des lois du Sénat, dans toute sa rigueur, regardera avec beaucoup d'attention. Vous saluez cette annonce, il fallait le faire plus tôt ? Écoutez, en tout cas, il y a une logique. On voit bien la progression. C'est plutôt l'incitation d'abord, ensuite on serre les boulons, sanctions et contrôles, pas de difficultés sur les principes. Et d'ailleurs, c'est ce que nous disions avant l'allocution. En revanche, dans les modalités d'application, qui fait qui ? Les personnes qui sont avec les personnes âgées, les personnes fragiles, quel périmètre, quel périmètre d'activité ? Les jauges, puisqu'on a parlé d'impasse sanitaire début août, quelles jauges ?

Centres commerciaux, avions ? Donc, effectivement, c'est dans le détail qu'il va falloir travailler pour les parlementaires, pour que tout ça existe dans le droit. Bruno Milienne, la vaccination obligatoire pour tous, c'est ce que vous demandez, vous au Modem, c'est ce qu'a demandé François Bayrou, ça ne va pas encore tout à fait assez loin ? Il n'y a pas de vaccination obligatoire comme ça du jour au lendemain. Il y a quand même un mouvement... Le président l'a quand même évoqué avec insistance. On ne peut pas... Vous pensez qu'on y viendra ?

1:03:04
Présentateur

Contrôle, sanctions et jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner. Quand même, là, c'est quand même...

1:03:08
Invité

On l'a déjà dit tout à l'heure, vous voyez bien que si on ne se fait pas vacciner, le virus va continuer à circuler et quand il continue à circuler, il mute. Alors, on peut continuer comme ça, ad vitam aeternam et puis avec des risques de virus beaucoup plus dangereux que celui, que le variant Delta et se retrouver dans des conditions économiques très difficiles. Auquel cas, ça sera très difficile pour le pays. Donc, vaccination obligatoire, c'est pas une vaccination obligatoire. Ça va arriver avec le monde. Et commençons déjà là. C'est pas une vaccination obligatoire du jour au lendemain, c'est une vaccination... 15 septembre,

1:03:39
Présentateur

ça va aller vite, c'est deux mois pour faire ça.

1:03:41
Invité

Oui, mais... C'est tenable. Vous pensez que c'est tenable ? Bien sûr que c'est tenable. Il y a les doses. Maintenant, il faut voir les modalités. Ça, c'est important parce qu'on voit bien pour les personnels hospitaliers, on voit bien pour les personnels dans les EHPAD et dans les maisons de retraite. Il faut qu'on voit un petit peu pour les aides-soignants et pour les personnes à domicile comment ça se passe. Moi, j'ai un petit regret quand même. Je vous le dis, j'aurais quand même mis les enseignants aussi puisque la rentrée, et début septembre, j'aurais mis les enseignants dedans.

1:04:02
Présentateur

Il y aura une campagne de sensibilisation dès la rentrée pour les collégiens, les lycéens et les étudiants.

1:04:06
Invité

Par ailleurs, j'ajoute. Oui, mais ce n'est pas aux collégiens, aux lycéens et aux étudiants. Alors qu'ils se fassent vacciner...

1:04:09
Présentateur

J'ai compris, c'est les enseignants ou vous avez compris ? Oui, moi, c'est les enseignants. Mais j'ajoute ça comme information, Brigitte.

1:04:13
Invité

Oui, Caroline Fiat, il y aura des contrôles et des sanctions, c'est ce qu'a dit le président de la République, Francis vient de le dire. C'est applicable, ces sanctions en tant qu'aide soignante ? Moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'on est dans une période et M. Milienne m'entend assez souvent hurler dans l'hémicycle, où les soignants démissionnent. Donc, trouvons des solutions pour leur donner des sanctions pour les licencier, tiens. À la veille d'une quatrième vague où on manque déjà cruellement de soignants, c'est peut-être pas la meilleure des idées. Non, mais sincèrement, on manque déjà cruellement de soignants. Non, mais je vous écoute après, M. Milienne.

Mais on manque déjà cruellement de soignants. Est-ce qu'on peut écouter les soignants ? Non, mais Mme Fiat, je voudrais juste que vous répondiez à une question. Juste une question. Elle n'est pas méchante, elle n'est même pas piégeuse. Quand il a fallu faire vacciner les soignants contre l'hépatite B, parce qu'eux-mêmes risquaient de l'attraper, c'était eux qui étaient en danger, ça n'a posé aucun problème.

Je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui il y a des réticences des soignants pour se faire vacciner contre la Covid-19 ou le Covid-19, comme vous voulez, alors que là, effectivement, on le sait, aujourd'hui, c'est devenu la maladie neukosomiale la plus importante dans les hôpitaux en France. Donc il y a un moment où moi je veux bien tout, mais de la même façon que je le demande pour les professeurs et pour les instituteurs, il y a un moment où les personnels qui sont au contact des plus fragiles doivent en conscience aller se faire vacciner. Alors, Caroline Fiat vous répond et on va passer

1:05:42
Présentateur

à la deuxième annonce.

1:05:43
Invité

Caroline Fiat. Oui, alors, ma réponse va être très simple. L'OMS préconise de ne pas obliger le vaccin. Il faut aller convaincre et faciliter à la vaccination. Donc dès que l'OMS impose, vous irez… Non, non, mais laissez-moi finir. Bon, voilà, c'est pas un… Mais laissez-moi finir. Et ensuite, le vaccin ne suffit pas. Il faut maintenir les gestes barrières. On est d'accord. Allez dans un EHPAD demain et demander si les filles ont le temps d'aller laver les mains de leurs résidents toutes les heures. Non, on n'est pas assez. Caroline Fiat, je suis d'accord, mais… Donc il n'y a pas que ça.

L'obligation vaccinale, d'accord, l'obligation ratio soignant-résident, ok, s'il n'y a pas les deux, ça ne fonctionnera pas. Demain, tous les soignants seront vaccinés, les clusters continueront. Un mot vite fait ? Non, mais sur le fond, vous avez raison, mais quand même, la première des choses à faire, c'est quand même d'aller se faire vacciner. Je trouve un petit peu dommage qu'on soit obligé, d'obliger des gens à aller se faire vacciner, surtout quand ils travaillent en corps médical. On arrête là. Caroline Fiat ? Convaincre, faciliter l'accès aux vaccins des soignants. Ça fait des mois

1:06:48
Présentateur

qu'on essaie de convaincre, Madame Fiat. Alors, il y a un endroit où on ne va plus convaincre, c'est à partir du 21 juillet, passe sanitaire obligatoire dès 12 ans pour aller voir un spectacle, les centres d'attraction,

1:07:00
Emmanuel Macron

les centres commerciaux aussi. Dès le 21 juillet, le passe sanitaire sera étendu au lieu de loisirs et de culture. Concrètement, pour tous nos compatriotes de plus de 12 ans, il faudra, pour accéder à un spectacle, un parc d'attractions, un concert ou un festival, avoir été vacciné ou présenter un test négatif récent. Ce pass est disponible sur l'application TousAntiCovid, mais chacun peut utiliser la version papier remise au moment de la vaccination.

À partir du début du mois d'août, et cela parce qu'il nous faut faire d'abord voter un texte de loi et le promulguer, à partir du début du mois d'août, donc, le passe sanitaire s'appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraite, établissements médico-sociaux, mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu'ils soient d'ailleurs clients, usagers ou salariés.

1:08:04
Locuteur

Brigitte.

1:08:04
Invité

Bruno Milienne, le passe sanitaire va s'appliquer dans beaucoup d'endroits, on l'a bien compris. À partir du début août, sachant qu'il faut deux doses, plus 14 jours après la deuxième dose et que nous sommes le 12 juillet, est-ce que vous pensez que tous les Français pourront aller au restaurant, au cinéma, au théâtre ? Le passe sanitaire, ce n'est pas le passe vaccinal, ce n'est pas que la vaccination. Donc, c'est une vraie incitation, évidemment, pour les Français à aller se faire vacciner. Oui, parce que les tests PCR seront payants après.

Les tests PCR et les tests antigéniques restent et la preuve que vous n'êtes pas contaminant reste aussi si vous avez eu le Covid il n'y a pas longtemps. Donc, ne faisons pas trop peur aux Français là-dessus. C'est une incitation forte pour qu'ils aillent se faire vacciner, ça c'est sûr.

1:08:44
Présentateur

Oui, parce que les tests PCR vont être payants.

1:08:46
Invité

Donc, il n'y a pas de choix. Oui, mais plus tard. Peu de temps après. Bon. Mais simplement, vous pouvez, pour l'instant, continuer le temps de vous faire vacciner, effectivement, avoir tests PCR antigéniques et puis preuve que vous n'êtes pas contaminant. Vous le voterez, Jérôme Bachère. Je ne sais pas ce qu'il y aura dans le texte. J'aime bien voir sur pièce ces déclarations du président entre le verbe et l'écrit. Vous savez, scripta banent, comme on dit en latin. Donc, moi, j'attends de voir ce qu'il y a vraiment dans le texte. Mais ça vous convient ? C'est une bonne mesure ? Je suis très embêté. Les parcs d'attraction avec un pass sanitaire pour les plus de 12 ans, ils peuvent refermer.

Il faut dire les choses telles que...

1:09:24
Présentateur

Oui, les enfants de 12 ans ne sont pas vaccinés,

1:09:26
Invité

13 ans. On fait un test PCR, on peut y aller. Ça complique un tout petit peu leur vie alors qu'ils n'avaient déjà pas besoin de ça. Et la France est un de ces pays où il y en a... Oui, mais ça voudrait dire qu'il faudrait passer un test PCR avant d'aller au parc de St-Express. Autant les bars, pour les plus de 18 ans, on peut assumer. C'est même très... Moi, ça ne me gêne absolument pas. Tous ces endroits, il n'a pas parlé des discothèques, d'ailleurs. C'est un mot qu'il a oublié. Non, mais déjà, elles sont soumises déjà au pass sanitaire, mais on n'a pas les jauges. Jérôme Durin ? Et voilà. C'est une bonne mesure ? Pour l'instant, les nouvelles jauges, j'entends.

Il y a un principe politique très fort qui est dicté. C'est vers la vaccination, on rentre dans l'entonnoir. C'est très clair. Donc du coup, les tests PCR seront payants, il y aura des contrôles, le pass sanitaire, des campagnes d'incitation. On est dans cet entonnoir vers la vaccination et sur le principe, ça ne pose pas de difficulté. On sait que dans les débats parlementaires, on a passé beaucoup de temps à discuter des jauges. 50 personnes, ce n'est pas beaucoup. Et donc du coup, comment on va ajuster tout ça ? Effectivement, c'est un art d'exécution, l'application d'une mesure vaccinale comme celle-là. Donc il va falloir qu'on précise des choses.

Et effectivement, il y a un enjeu pour les acteurs économiques parce qu'il ne faut pas refermer ce qu'on a ouvert il y a si peu de temps. Caroline Fiat, vous y voyez une atteinte à vos libertés ? Moi, j'attends de voir ce qu'en pensent les restaurateurs, par exemple. Est-ce qu'ils vont pouvoir mettre en place et vérifier leurs clients ? C'est-à-dire, est-ce qu'ils vont devoir embaucher des gens pour vérifier ? On entend des témoignages, par exemple, des touristes des États-Unis qui sont vaccinés, mais ils sont vaccinés par le fameux vaccin chinois qui n'est pas reconnu en France. Donc ils n'ont pas de pass sanitaire. Donc ils ne pourront pas aller dans les restaurants.

Donc il va falloir qu'ils aillent faire des tests PCR qui seront payés en automne. Donc, et moi alors, je me vaccine, j'aurai un pass sanitaire, je pourrai aller au restaurant. Mais si j'ai un doute et que je voudrais aller me faire tester pour savoir si j'ai attrapé la Covid parce que c'est possible, il faudra que j'aille payer. Et alors, si je n'ai pas les moyens, je n'irai pas me faire tester et puis je pourrai infecter des gens. On marche sur la tête. Ce sont des questions qui se posent, ça, Bruno Milier ?

Bien sûr que ce sont des questions qui se posent, mais pour reprendre l'exemple de Caroline Fiat, si vous avez un doute parce que vous êtes vacciné, parce qu'on sait que ça peut arriver, vous pouvez évidemment contracter la maladie, une forme moins grave, mais vous pouvez la contracter. Si vous avez un doute, il y a un chemin très simple. Vous allez voir votre médecin généraliste qui va vous donner une ordonnance et là, le test PCR ne sera pas payant. C'est hors parcours médical. Moi, je connais, et malheureusement... La traçabilité, on va peut-être y perdre un peu, non ?

Oui, mais je connais aujourd'hui malheureusement des gens responsables, même certains élus, qui font du test PCR de convenance. Ce n'est pas normal. Nous sommes les premiers responsables. On ne peut pas se faire vacciner. On ne peut pas se faire vacciner. Donc, ce n'est pas normal. Un mot ? Non, pas de plus. Non, moi, vraiment, moralement, je pense que sur les principes politiques, il n'y a pas de difficulté à aller dans ce sens. Absolument. Après, c'est les modalités. Après, c'est les modalités.

Moi, j'ai juste un point, c'est que, quand même, ce que vient annoncer le Président de la République pour une éducation du 12-14 juillet, c'est une restriction des libertés et une baisse de l'égalité entre les Français, selon ceux qui seront vaccinés de ceux qui ne le seront pas. Bon, je vous dis, c'est un peu carré une fiat. Non, mais c'est assez symbolique. On voit où on en est aujourd'hui. La situation est grave, mais c'est quand même ça qu'il vient de se dire pour les jours du 14 juillet. Restriction des libertés, augmentation des inégalités.

C'est aussi la raison pour laquelle il faut vraiment aller vers les plus précaires, beaucoup plus qu'on l'a fait vers les personnes isolées, pour leur amener la vaccination. Il l'a dit aussi, les vaccibus, etc. Il faut le faire. L'égalité, il était là, ça serait de faire vacciner les plus pauvres des Français, les plus modestes, car quand vous mettez une carte de l'Île-de-France avec la carte de la vaccination, vous voyez que les plus pauvres, la Seine-Saint-Denis, pour dire que les précaires, il faut aller chercher les gens. Jules Val-de-Marc, pour une autre partie, c'est les endroits où les gens sont le moins vaccinés.

1:13:25
Présentateur

J'imagine que c'est un propos pour lequel vous signez, Caroline Fiat.

1:13:31
Invité

Oui, il faut faciliter l'accès à la vaccination et faire en sorte que ce ne soit plus les gens qui aillent vers le vaccin, mais le vaccin qui aille vers les gens. Et avec des professionnels qui sachent convaincre qu'il y ait tous les arguments. tout le monde ne sait pas lire les textes scientifiques. Et les gens savent plus facilement accéder aux fake news sur les réseaux sociaux que sur les textes scientifiques.

1:13:57
Présentateur

Tout le monde sera d'accord ici pour dire que c'est bien malheureux. Alors, on va rejoindre Yves Tréard. Yves, vous avez écouté avec nous le président de la République qui, ce soir, a parlé de plusieurs choses. Alors, évidemment, la situation sanitaire et de l'avenir aussi. Il a parlé croissance, de la nécessité de bloquer le virus pour relancer l'économie, de la baisse de la taxe d'habitation. Il a rappelé que ça faisait partie de son bilan. Il a parlé de relocaliser, de conseiller la production avec l'écologie. Ça ressemble à quoi pour vous ? À une feuille de route pour les dix mois à venir ? À un programme présidentiel ? Ça ressemble à quoi ?

1:14:28
Invité

Oui, bien sûr. Vous savez, c'est effectivement un programme politique. En tous les cas, ça, c'est clair. Mais doit-on le dire ? Maintenant, les hommes politiques, surtout avec le quinquennat qui a considérablement changé le temps politique, les hommes politiques sont en campagne permanente. et notamment pour ceux qui briguent la présidence de la République. Donc, ce n'est pas une nouveauté, ce n'est pas très original.

Le président de la République est en campagne et son propos, même si c'est un propos d'intérêt général qui, d'ailleurs, requiert l'assentiment de vos invités sur le volet sanitaire, au moins, semble-t-il, eh bien, c'est un propos qui est habillé, qui a, évidemment, une vocation électorale évidente. Alors, cette vocation électorale, elle est évidente parce que, je vais vous dire une chose, si la France replongeait dans un confinement à la rentrée et si elle n'arrivait pas à maîtriser cette quatrième vague, la menace d'une quatrième vague, je pense qu'il en serait terminé des possibilités pour le président de la République de se faire réélire.

Je pense que là, ça serait pour lui très compliqué. En revanche, si, effectivement, son propos est suivi des faits, là, et si ces mesures, qui sont assez fermes, quand même, c'est une grande fermeté, je suis assez d'accord avec vos invités pour dire que, alors qu'on est au 14 juillet et qu'on va célébrer la prise de la Bastille, eh bien, c'est vers moins de liberté qu'on va se diriger. Et si, pour faire passer ça, pour faire passer ce discours-là, il fallait qu'il l'assortisse, d'un discours très optimiste sur le plan économique, ce qu'il a fait.

Un discours assez optimiste en disant que la France n'avait pas perdu autant d'emplois qu'elle pouvait le redouter et que la France était toujours assez attractive. Et il a eu un discours, évidemment, tout à fait destiné à un électorat de droite puisqu'il a également parlé du fait que la France devait recouvrir sa souveraineté dans de nombreux domaines industriels.

Donc, il a un discours qui est un discours électoral, qui est un discours à destination d'un public, je dirais, plutôt assez entreprenant et qui veut que la France soit active et qui le fait aussi un petit peu dans le « en même temps » puisqu'il nous a parlé de cette garantie universelle pour les jeunes et il a eu des mots aussi pour les plus modestes d'entre nous. Donc, il est clairement, si vous voulez, sur orbite et avec, pour lui, une nécessité, c'est que cette quatrième vague n'arrive pas et que la France, à la rentrée, soit d'aplomb pour travailler, étudier et faire de la croissance.

1:17:19
Présentateur

Merci Yves. Ça pourrait être en tout cas un très bon éditorial du Figaro demain. Merci Yves. Alors, parmi les annonces qu'a faites le président de la République, il y a notamment la réforme des allocations chômage. Vous savez qu'elle devait être mise en place le 1er juillet. Le Conseil d'État a retoqué le texte. Il faudra un autre texte et ça pourrait être finalement le 1er octobre.

1:17:37
Emmanuel Macron

J'ai demandé au gouvernement, dès cette rentrée, de lancer un plan massif de formation et de requalification des chômeurs de longue durée. C'est pour cela que la réforme de l'assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre. Autour d'une volonté simple, en France, on doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu'en restant chez soi, ce qui n'est actuellement pas toujours le cas.

1:18:05
Invité

Monsieur Jourdain de Public Sénat. Jérôme Durin, le 1er octobre, donc cette réforme de l'assurance chômage revient sur la table, ça veut dire que le 2 octobre vous êtes dans la rue ? Si, c'est pour le 1er octobre, on sera dans la rue avant. Avant. Parce que ce qui nous a amenés à contester cette réforme, c'est son injustice. Et d'ailleurs, ce qui a amené le Conseil d'État à dire qu'elle était inopportune, c'est précisément qu'en période de crise économique, elle était dangereuse socialement. Plus généralement, quand même, si on peut suivre le président sur le sanitaire, surtout la deuxième partie du discours, c'est décalé, voire un peu déplacé. Et on a le sentiment que...

Tout l'aspect économique et social. L'aspect économique, social, institutionnel, réforme, tous azimuts. On a quand même pas le sentiment que pour faire passer la pilule ou le vaccin, on est effectivement dans l'heure en même temps avec des choses qui sont presque un peu surjouées, un optimisme un peu surjoué. La croissance et l'écologie de production, bon, le chemin de l'indépendance française et européenne, que ne l'a-t-il fait avant ? On a abandonné certains joyaux industriels du pays il n'y a pas si longtemps alors qu'ils étaient aux affaires. Donc, je trouve ça presque un peu gênant parce qu'on a le sentiment qu'on est très loin du ballon.

1:19:15
Présentateur

Pour vous, la réforme des allocations chômage, il faut complètement y sursoir ? Oui, bien sûr. Et puis, j'ai l'impression

1:19:21
Invité

qu'il s'adresse à un électorat. Lequel ? Un électorat de droite. Justement, peut-être demander à M. Bachère ce qu'il en pense. Vous saluez-vous ce retour de l'assurance chômage, de la réforme de l'assurance chômage ? Il est certain qu'il faut remettre les gens au travail au sens où il est nécessaire que le travail paye plus. Réforme basée sur la justice. Exactement. Et ça, c'est très clair. Il faut que le revenu du travail paye plus. Il y a plusieurs façons de le faire. La réforme de l'assurance chômage n'a pas... Moi, ce que je regrette, c'est qu'elle n'a pas suscité non plus un grand enthousiasme des syndicats. Et je trouve que... C'est même eux qui avaient saisi le Conseil d'État.

Ça ne m'a pas échappé. Et c'est bien pour cela qu'une bonne réforme, c'est quand même un moment où quelques syndicats sont d'accord. Alors que tous soient d'accord. On ne croit plus beaucoup au Père Noël, mais on croit au dialogue social. Et ça, c'est un des sujets oubliés. Les syndicats, ils ne sont pas évoqués par le président de la République. Le Parlement, il est très peu évoqué. Il a été évoqué pour dire que ce sera déposé au Parlement. Genre... Débrouillez-vous. Débrouillez-vous. Non. Ce sont des sujets importants. Il n'a pas remis du tout le dialogue. Il n'a pas parlé des élus. Il n'a pas parlé des corps intermédiaires. Il ne parle pas des syndicats, pas des...

Il faut rediscuter cette réforme. Il ne parle pas du MEDEF non plus. Je préfère le rassurer tout le monde. Il est tout seul. Encore une fois, Jupiter décide de tout. Ça devient vertical. Attendez. Sur cette réforme... Où je me trompe, où le Conseil d'État a surtout sanctionné la date de mise en place de cette réforme. Mais sur le fait

1:20:54
Présentateur

que les parlementaires soient un peu relégués, que les syndicats n'aient pas été évoqués, ça vous choque, vous ?

1:21:01
Invité

Là, dans son discours ? Oui. Enfin, pas plus que ça. Enfin, c'était pas le discours. On l'a habitué, maintenant. Non, non, mais c'était pas le discours qu'il attendait. Je trouve aussi qu'il s'est positionné aussi pour la présidence française de l'Union européenne avec ce côté moins de naïveté, plus de relocalisation européenne. Il s'est vraiment positionné là-dessus. Donc, vous ne pouvez pas faire sur une allocution qui n'est pas une allocation du type 14 juillet, mais qui est une allocution qui était surtout destinée à savoir ce qu'on allait faire sur la crise sanitaire, le développement économique des prochains mois, des prochaines années. Je pense qu'il va y revenir. Il va y revenir.

Non, mais c'est cette réforme de l'assurance chômage. C'est une réforme politique qui l'en va de la crédibilité d'Emmanuel Macron là-dessus. Nous l'avons voté parce que nous considérons aussi, quelque part, qu'il faut vivre de son travail et pas seulement... Et c'est vrai quand il dit qu'il y a des gens qui vivent mieux en étant au chômage que des gens que lorsqu'ils travaillent. Et ça, c'est insupportable. C'est une forme d'injustice. C'est une forme d'inéquité. Je ne parle pas d'égalité. C'est une forme d'inéquité. Non, mais là, on retrouve quand même un discours très culpabilisateur. Mais ce n'est pas culpabilisateur. C'est un fait, monsieur. Moi, je ne culpabilise personne.

Moi-même, si je gagne plus au chômage qu'en allant travailler, je reste au chômage. Je suis désolé de vous le dire. Un mot de Caroline Fiat. Il y a une fiat culpabilité. Il y a une fiat. C'est humain, tout simplement. Oui. Avant le discours, vous voyez, on s'est quitté en disant qu'on n'aurait pas le temps de faire une loi sur l'autonomie et la dépendance dans l'agenda. Mais on aura le temps de faire la réforme de l'assurance chômage. Vous voyez, dans le rapport Fiat-Ibora sur la dépendance, le ratio soignant-résident, 210 000 emplois.

Plutôt que de faire une réforme sur l'assurance chômage et de dire que les chômeurs se plaignent dans l'assistanat, il valait peut-être mieux faire une loi sur l'autonomie et la dépendance. Arrêter la maltraitance sur les personnes âgées et créer des emplois.

1:23:00
Présentateur

Emmanuel Macron a évoqué une autre réforme dont on attendait beaucoup de déclarations. C'est la réforme des retraites. Pas tout de suite, a-t-il dit. En revanche, ce sera plus rapide pour les régimes spéciaux.

1:23:11
Emmanuel Macron

Nous devrons engager, dès que les conditions sanitaires seront réunies, la réforme des retraites. J'ai toujours tenu un langage de vérité. Oui, notre système est injuste. Avec 42 régimes différents, il entretient des inégalités majeures et il faudra aller vers plus de simplicité pour plus de justice. Et donc, les régimes spéciaux devront être supprimés pour les nouveaux employés dans ces secteurs. Oui, parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard. J'ai entendu les débats sur le moment. Faut-il faire cette réforme dès ce mois de juillet, à la rentrée ou bien plus tard ?

Alors, si je demande au gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée, je ne lancerai pas cette réforme tant que l'épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée.

1:24:06
Invité

Oui, Jérôme Bachir, il faudra relever l'âge de départ à la retraite, mais pas tout de suite, c'est ce qu'il dit. C'est un peu ce que dit d'ailleurs Xavier Bertrand, vous êtes sur la même ligne sur ce point. Moi, je n'ai pas compris ce qu'il a dit le président de la République, excusez-moi, en même temps, c'est lorsque les conditions sanitaires le permettront. Alors ça, c'est bien parce qu'en février, vous savez, il n'y a plus de parlement, on suspend deux mois avant l'élection présidentielle, donc là, on aura peut-être une bonne grippe, donc on ne sait pas 2017 qu'il n'a toujours pas fait, qu'il ne fera pas. Vous vous intégriez aux régimes spéciaux dorénavant ?

Vous vous rappelez la plus grande grève de la SNCF historique ? On va peut-être demander à Caroline Fiat ce qu'elle en pense. Caroline Fiat, cette suspension provisoire de cette réforme des retraites, vous la saluez ? Oui, et puis quand les conditions sanitaires iront mieux et puis quand la relance aura repris, ce n'est pas de mal à veille, donc écoutez, c'est une bonne nouvelle. La réforme est enterrée, c'est ce que vous dites. Pas que les conditions sanitaires n'aillent pas bien, mais que la réforme des retraites soit enterrée.

1:25:16
Présentateur

Pour vous, elle est enterrée, là ?

1:25:19
Invité

Écoutez, vu les conditions qu'il met en face pour la mettre en place, ce n'est pas demain la veille. Même si j'avais envie d'y croire, ce qui n'est pas le cas, je n'y croirais pas. Il nous dit, dans la même allocution, attention, campagne de rappel, pour ceux qui ont déjà eu deux doses, il va falloir vivre avec ce virus jusqu'en 2022 et par ailleurs, il a sorti cette réforme d'une condition de retour à bonne fortune sanitaire. Donc, ça ne tient pas. Donc, c'est le président réformateur qui essaye de montrer que le travail n'est pas fini et qui va pousser jusqu'au bout, mais franchement, l'espoir qu'on peut avoir dans ses promesses ou dans ses annonces est assez ténu.

Et vous y trouvez plutôt de quoi vous ravir ou pas ? Non, je trouve que c'est maladroit, je trouve que c'est maladroit, que c'est malvenu et qu'on aurait dû rester sur le sanitaire et tout le reste, ça peut attendre. Parce que là, pour l'instant, ce qui préoccupe les gens, c'est la question sanitaire et on l'attendait sur le sanitaire. L'économique, le social, sous condition, ce n'est pas de saison. Monsieur le député, la réforme, la forme des retraites, 1000 euros pour tous, c'est la première promesse de campagne d'Emmanuel Macron pour l'année prochaine ? Il faut impérativement qu'on y arrive. Après, il faut qu'on y arrive impérativement, ce n'est pas possible.

Autrement, vous ne pouvez pas vivre avec moins de 1000 euros de retraite et il y a encore trop de Français qui vivent avec moins de 1000 euros de retraite.

1:26:37
Présentateur

François Bayrou, il a proposé un référendum sur la réforme des retraites.

1:26:40
Invité

Mais oui.

1:26:40
Présentateur

Ça serait la façon de s'en sortir ?

1:26:41
Invité

Je ne sais pas si c'est une façon de s'en sortir. Il y a plusieurs façons de le faire. Il y a d'abord remettre sur la table le travail avec les partenaires sociaux parce qu'il faut le reprendre. Je vous ai parlé tout à l'heure de pénibilité des filières. Il faut en tenir compte. Il est impossible, pour moi en tout cas, il est impossible de faire partir tout le monde au même âge à la retraite parce qu'il y a des métiers qui sont plus pénibles que d'autres. Et la pénibilité varie en fonction aussi des métiers qui varient. Et puis pourquoi pas s'en remettre aux Français, bien évidemment.

1:27:06
Présentateur

Un référendum sur les retraites, vous seriez partant, Jérôme Bachère ?

1:27:08
Invité

Pour dire quoi ? C'est quoi la question ? C'est quoi la question ? Est-ce que vous êtes d'accord pour partir à 64 ans ? Réponse, non. Les Français, moi je vous fais le référendum. Si vous faites un truc, soit c'est incompréhensible, vous aurez, de toute façon, comme vous le savez très bien, un référendum, vous n'avez pas la réponse à la question qui est posée. Donc au moins, on sera servi. Jérôme Durin ? S'il faut bricoler quelque chose sur un coin de table, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Et puis vu le succès que rencontrent les isoloirs en ce moment, un référendum de la période me paraît très incertain.

Ce qui veut dire que vous, les sénateurs, vous allez, les sénateurs de la majorité de droite et du centre, vous allez réintroduire un amendement dans le collectif budgétaire ou dans le budget de la sécurité sociale à l'automne pour un relèvement de l'âge de départ à la retraite. Et vous pensez que ça peut aboutir quelque part, non ? Dès que les conditions sanitaires et de relance seront là. Cette réforme, elle a quand même hanté le septéna Chirac. Ça revient un peu, c'est un peu la même chose pour Emmanuel Macron. Avouez que le quinquennat a été quand même un petit peu particulier entre les gilets jaunes et la pandémie.

C'est un petit peu compliqué de faire des réformes de fond au milieu de tout ça.

1:28:11
Présentateur

Un mot de fin ?

1:28:12
Invité

Il y a eu le quinquennat Chirac, la réforme Fillon 2003 et c'est eux qui ont fait la réforme des retraites. C'est à chaque fois la droite.

1:28:16
Présentateur

Et la réforme Hollande qui était l'allongement de la durée de cotisation. Ça, ça pourrait être remis sur la table pour vous chez les socialistes ? Dans de bonnes conditions. Pourquoi pas ? Sanitaires. Pourquoi pas ? Et de relance. Et de relance. Merci Bruno Milienne. Merci Jérôme Bachère. Merci Jérôme Durin.

Et merci Caroline Fiat d'avoir été avec nous en direct ce soir pour commenter, débattre autour de cette intervention du président de la République, Emmanuel Macron qui a fait donc plusieurs annonces, notamment le pass sanitaire obligatoire dans les lieux recevant du public, la vaccination obligatoire pour les personnes assurées mais aussi les personnels qui interviennent auprès des personnes âgées par exemple. Ou encore, le report de la réforme des retraites à la sortie de la crise sanitaire, donc pas tout de suite, mais en revanche, les régimes spéciaux pourront être réformés. Et puis également, la nécessité de faire la réforme de l'assurance chômage à partir du 1er octobre.

Merci à vous tous pour cette dernière de la saison. Je voulais aussi remercier tout spécialement Brigitte Boucher, Steve Jourdin, Tam Tranui qui ont été là tous les lundis à mes côtés, chapeautés par Germain Andrieux, rédacteur en chef d'audition publique, Yves Tréhard, Vincent Roux du Figaro, Eleonore Picot et toutes les équipes techniques en régie. Et puis bien sûr, Bertrand Delay, PDG de LCP, son homologue de Public Sénat, Emmanuel Kessler qui était encore à ce poste récemment.

Guylaine Chenu, directrice des contenus de LCP, Delphine Guédard, directrice de la rédaction de LCP, Albert Ripamonti, directeur de l'information de Public Sénat, Corine Guisse, Aline Pivot, Virginie Duval et tant d'autres. A bientôt sur LCP. Bon été. Merci.

Spéciale allocution du Président de la République | Audition publique - 12/07/2021 — Emmanuel Macron · Pourquijevote