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interviewPRISE d'R· 30 novembre 2025 28 min

Violette Spillebout - Épisode 6 : Vivre dans la dignité à Lille : est ce vraiment possible ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour à tous et bienvenue dans Prise d'air, le podcast de Violette Spigout. Pour ce sixième épisode, nous abordons un sujet qui nous concerne tous, la solidarité et l'inclusion. Comment faire pour qu'à Lille, l'homme et l'aime, personne ne soit laissé pour compte ? Bonjour Violette. Bonjour. Je sais que cette thématique vous tient particulièrement à cœur par rapport à certaines rencontres que vous pouvez faire sur le terrain, chez certains habitants. Quelle est la situation sociale aujourd'hui à Lille ?

0:27
Violette Spillebout

La situation sociale à Lille n'est pas brillante parce qu'on a encore aujourd'hui 26% de Lillois qui vivent dans la pauvreté. C'est 1 sur 4, c'est beaucoup trop et surtout après 25 ans de gouvernance socialiste-écologiste, c'est un véritable échec. Parce que quand on est maire, quand on porte une politique publique, on doit favoriser l'égalité des chances, faire en sorte que chacun puisse vivre mieux. Et ça se traduit aussi finalement dans les rencontres que j'ai chaque jour. J'ai un souvenir très très émouvant à Lille-Sud dans un logement social où un papa m'avait invité à venir visiter l'appartement.

Il avait deux jeunes enfants et ils habitaient dans une pièce ennemie avec des moisissures et des dégradations qui étaient totalement inacceptables alors qu'il payait son loyer. Et c'est le cas de beaucoup de personnes aujourd'hui à Lille, dans le logement social ou dans le logement privé. J'ai fait aussi des rencontres avec des jeunes ou des seniors qui désespérément recherchent un emploi, qui ont fait tous les parcours avec les missions locales, le France Travail, et qui ne trouvent pas leur place aujourd'hui et un emploi qui leur permet de vivre dignement.

Et puis récemment, quand je suis allée avec mon équipe Portes de Gants à la demande d'habitants, c'est dans le fond du Vieux-Lille, près de la terrasse des Remparts, on a vu que certaines personnes qui là aussi payent leur loyer dans des résidences sociales voient leur vie complètement dégradée parce que le parking n'est plus sécurisé, les portes ne marchent plus, les entrées d'immeubles ne sont pas sécurisées, tout est sale, tout est mal entretenu. Et la pauvreté, c'est parfois ça aussi. C'est quelque part le cumul de difficultés qu'on subit et c'est ça qu'il faut combattre lorsqu'on est maire.

2:16
Présentateur

Quelles seraient par exemple les premières mesures pour améliorer cette situation sociale ?

2:21
Violette Spillebout

Je crois qu'il y a beaucoup de mesures qui concernent l'égalité des chances et l'accès au droit pour chacun, pour que chacun puisse vivre en dignité. Je retiendrai peut-être le soutien aux associations qui sont sur le terrain. On a énormément d'associations de solidarité à Lille, à LM, à l'homme. C'est une force pour Lille et je les salue, je salue leurs salariés, leurs bénévoles.

J'ai des souvenirs par exemple de l'équipe des maraudes à LM, Cœur étoilé, avec Khalid Bonanik, je connais très bien, qui est né il y a quelques années et qui maintenant ont de plus en plus de travail et qui auraient besoin de plus de soutien financier pour pouvoir faire ce travail la nuit avec des personnes qui n'ont pas de logement. Mais il y a aussi des associations très établies, les Restos du Cœur, on en reparlera, mais la Banque Alimentaire qui fait bientôt, fin novembre, sa grande collecte et qui appelle à de nombreux bénévoles, on est nombreux de l'équipe à y participer chaque année.

Et puis aussi des associations qu'il faut soutenir, qui font par exemple de l'accès aux soins et à la santé. L'espace santé de Faubourg-de-Bétune fait un travail depuis 25 ans qui est de permettre à chaque personne qui n'a pas facilement accès à un médecin, à des soins paramédicaux, de pouvoir faire un diagnostic et être le mieux orienté possible. Tout ça, en fait, c'est un travail des associations qu'il faut soutenir financièrement et en faire une priorité municipale. Et puis, il y a bien sûr les centres sociaux maison de quartier qui sont des piliers.

Il y a 14 centres sociaux à Lille qui sont labellisés avec les associations en partenaire dans les quartiers et qui font autant de la lutte contre la fracture numérique que de la lutte contre l'isolement. Qu'on soit senior ou qu'on soit jeune, l'isolement est aussi une forme de discrimination très forte. Voilà, donc le soutien financier à ces associations avec des vrais plans pluriannuels de soutien, qu'elles puissent se sentir confortées dans le temps. Et puis, l'action municipale, bien sûr, l'action sociale, les guichets dans chaque mairie de quartier qui doivent trouver vraiment leur vocation sociale.

4:23
Présentateur

Vous venez de l'aborder, ce rôle primordial des associations. Et pour approfondir un peu ce sujet, je vous propose d'accueillir notre premier invité, Simon Lebrun. Bonjour et bienvenue, Simon. Bonjour Violette, bonjour Yann. Vous êtes candidat à la mairie d'Elem. Vous êtes très impliqué dans le milieu associatif lillois. Et je crois que vous avez une expertise reconnue sur les questions de solidarité. Quel est votre ressenti aujourd'hui sur le milieu associatif lillois ?

4:52
Invité

Violette vient de le dire, on a une chance formidable en métropole lilloise. C'est vrai pour Lille, c'est vrai pour l'Elem et c'est vrai pour l'homme. Nous avons un tissu associatif extrêmement dense. Mais la vraie difficulté, c'est qu'aujourd'hui, ce tissu associatif, il n'est pas complètement considéré par la municipalité en place.

Et vous avez aujourd'hui des associations qui, alors qu'elles promeuvent la gratuité de l'engagement, c'est ça aussi, le bénévolat, au-delà du salariat, eh bien, sont mis en difficulté par, j'allais dire, un saupoudrage, parfois de subventions, ou une préférence portée par la municipalité actuelle, par rapport à d'autres associations qui, pourtant, font un travail extraordinaire sur le terrain. Et je suis convaincu qu'il y a énormément de choses à faire, notamment sur la réunion de ces associations, mais aussi sur le soutien à opérer auprès de chacune d'entre elles.

5:41
Présentateur

Alors, réunion, ça voudrait dire quoi, par exemple ?

5:43
Invité

Écoutez, on le sait, on le constate, on a eu l'occasion d'en visiter de très nombreuses et d'être en contact avec de très nombreuses d'entre elles. Je pense, Violette en a parlé il y a quelques instants, au Resto du Coeur, je pense, évidemment, à Coeur Étoilé, je pense à la Banque Alimentaire, à la Croix-Rouge, à la Croix-Blanche, etc. Toutes ces associations qui œuvrent au quotidien pour l'entraide, la solidarité et l'inclusion, chez nous, par exemple, à LM, vous avez aussi un serre-sol, ces associations, aujourd'hui, elles vivent complètement dispersées sur le territoire.

C'est vrai pour LM, c'est vrai pour l'île et c'est vrai pour l'homme, dans des locaux qui ne sont pas forcément des locaux très adaptés ou tout le temps très adaptés à leurs fonctions. Je pense au Resto du Coeur, mais je pense aussi à la sécurité civile qui est aujourd'hui à AFIV, qui a besoin d'air de stationnement pour ses véhicules, qui a besoin de locaux adaptés pour gérer l'administratif et les formations qu'elle opère auprès de la population et de ses bénévoles. Je pense au Resto du Coeur qui ont besoin de centaines de mètres linéaires pour stocker les denrées alimentaires dans des frigos, dans des congélateurs.

6:47
Présentateur

Oui, des mètres linéaires pas forcément faciles à trouver dans le centre de l'île.

6:50
Invité

Eh bien non, effectivement, vous connaissez la densité comme moi immobilière à l'île, c'est super compliqué. Et donc, une des propositions qui pourraient être faites, à l'instar de ce qui existe déjà et qui, pour moi, ne porte pas la bonne dénomination aujourd'hui, je pense à la maison de la solidarité.

7:04
Présentateur

Alors, c'est quoi ce concept de maison de la solidarité pour nos auditeurs qui ne connaîtraient pas ?

7:08
Invité

Alors, aujourd'hui, cette maison de la solidarité, c'est un guichet qui, finalement, reprend les missions qui sont normalement dévolues au CCAS, au Centre Communaux d'Action Sociale. Ces CCAS, pour ceux qui nous écoutent, ce sont des grands centres communaux qui sont normalement gérés et pilotés directement par les mairies, puisque le plus souvent, le président du CCAS, c'est le maire de la ville. C'est vrai pour l'île, c'est vrai pour LLM et c'est vrai pour l'homme. Et ces CCAS sont en charge de ce qu'on appelle l'aide légale et facultative. Pour faire simple, vous avez une difficulté, ça arrive. Les accidents de la vie sont nombreux. On a une population qui souffre à l'île.

Il y a, Violette l'a rappelé, des indicateurs socio-économiques qui sont alarmants sur un certain nombre de sujets. Et bien, ces CCAS, ils sont là pour porter, soutenir les habitants sur des questions sociales. Je vais prendre un exemple tout bête. Vous avez une difficulté pour gérer votre facture EDF ou votre facture de téléphone. Vous avez une difficulté pour payer les repas de vos enfants à la cantine. Et bien, c'est le rôle des CCAS.

Et ces CCAS-là, ils doivent être, je rejoins Violette sur le sujet, ils doivent être intégrés ou réintégrés dans les mairies, les mairies de quartier pour l'île, les mairies en tant que telles à l'homme et à l'homme, pour qu'enfin, la population ait un lieu unique où elle sait pouvoir aller simplement, facilement, et obtenir les réponses qui sont les siennes. Pour répondre à votre question sur la maison de solidarité, celle que j'envisage, c'est une réunion de l'ensemble des associations de solidarité, d'aide et d'inclusion. Je parlais des Restos du Coeur, c'est vrai, pour un tas d'autres. Chez nous, il existe une friche, la friche Castorama. Ça va parler aux éléments qui nous écoutent.

Cette friche, aujourd'hui, elle est tout à fait inoccupée, ou mal occupée, je vais le dire comme ça.

8:55
Présentateur

Et elle pourrait être préemptée par la mairie ?

8:57
Invité

Oui, c'est un travail qui peut se faire, en plus, en lien avec la commune de Leusen, qui est juste derrière, en bonne intelligence, pour que ce grand bâtiment, qui est un bâtiment extraordinairement grand, déjà aménagé, mais qu'il faudra nécessairement retravailler dans l'ensemble, et, j'allais dire, réhabilité, je pense, pour un certain nombre de sujets, de sécurité notamment.

C'est un lieu qui pourrait accueillir très facilement l'ensemble des associations de soutien, d'aide et de solidarité de la métropole lilloise et leur permettre d'être réunis en un seul et même lieu, de pouvoir se coordonner ensemble, de pouvoir travailler dans des conditions qui soient les bonnes et de pouvoir, le cas échéant, en plus, mener des actions qui soient des actions communes.

9:36
Présentateur

Cette action, cette réunion des associations, vous en pensez quoi, Violette ? C'est une bonne idée ?

9:41
Violette Spillebout

C'est une idée, en tout cas, qu'il faut absolument creuser, parce que ce soutien, notamment logistique, beaucoup d'associations le demandent. Je pense aussi, je parlais tout à l'heure des centres sociaux, quand ils font une fête, ils doivent louer des tentes, louer du matériel, des barbecues, parfois, avoir une camionnette en location. Tout ça, ça pourrait être mis à disposition de façon beaucoup plus mutualisée et économiquement plus intéressante pour eux, comme pour nos mairies de l'île LM et l'homme, parce qu'on sait qu'on a un moment où les finances publiques et le budget de la ville de l'île est réduit.

Et donc, il faut aussi des solutions de partage et de mutualisation qui seront bénéfiques pour tous. Et puis, je pense aussi, on a évoqué l'inclusion, les grandes solidarités. Il y a aussi le sujet de l'emploi. La solidarité, c'est aussi l'accès à l'emploi pour tous. On a beaucoup de structures, l'école de la deuxième chance, les missions locales, les centres sociaux qui font un travail d'accès à l'emploi. Et bien, tous ceux-là aussi peuvent plus fortement, je crois, travailler ensemble. Et c'est aussi le rôle du maire et des maires des communes associées de faire ce lien.

10:44
Présentateur

Simon, un autre sujet qui vous tient à cœur, celui de la médiation de rue. C'est quoi cette notion de médiation de rue, exactement ?

10:53
Invité

La médiation de rue, je suis convaincu pour moi qu'elle doit être partagée. Elle doit être partagée entre les services de police nationale, entre les services de police municipale et donc les collectivités territoriales, les mairies, mais aussi les entreprises de transport. Et là, je pense forcément à la métropole européenne de Lille, à la Melle, parce que cette médiation, elle ne se fait pas qu'à l'instant T, elle se fait tout au long du parcours de l'habitant, dans son quotidien.

Je pourrais même aller un peu plus loin en vous parlant de la médiation qui est opérée dans les établissements scolaires, parce que je suis convaincu que c'est dès le début de son entrée en tant que citoyen dans le monde, dans la vraie vie, quand on sort un petit peu du confort de l'école maternelle ou de l'école élémentaire et qu'on arrive au collège. C'est tout nouveau. C'est tout nouveau. C'est un peu angoissant quand on est élève et qu'on entre en sixième. Eh bien, la médiation, ça en fait aussi partie. Violette a travaillé ses sujets de manière assez récente. Je ne reviens pas sur le harcèlement scolaire, mais ça en fait partie.

Et je suis convaincu que cette chaîne, elle doit être organisée. mon sujet, mon propos à moi, c'est plutôt de dire remettons la police municipale dans la prévention, dans la médiation, réinstallons à LLM, comme c'était déjà le cas à l'homme et comme ça existe à Lille, un poste de police municipale présent auprès des habitants et en capacité de faire aux côtés des associations, aux côtés de la Melle, aux côtés de la police nationale, de vrais actes de prévention et de médiation en proximité auprès des habitants.

12:21
Présentateur

Vous en pensez quoi, Violette, de cette approche de la médiation et cette approche aussi de la mission que pourrait être celle de la police municipale ?

12:30
Violette Spillebout

Je pense qu'on a la chance avec Simon d'avoir quelqu'un qui a déjà travaillé beaucoup sur ce sujet de la médiation sociale et de la coordination du métier de médiateur en fait dans une mairie, dans un territoire. J'ai d'ailleurs des collègues à l'Assemblée dont Patril Vignal, un ancien collègue qui avait même fait une proposition de loi pour que ce soit un métier reconnu et unique avec des formations adaptées. Et je crois en tout cas qu'au niveau d'une mairie, ça a beaucoup de sens à tous les âges de la vie parce que Simon a parlé des jeunes, des enfants au collège, mais moi je vais parler par exemple des femmes victimes de violences.

On sait que la présence de médiateurs de proximité en lien étroit avec la police municipale, c'est l'assurance que quand il y a un fait de violence conjugale et qu'il y a une mise à l'abri nécessaire, il y ait cette présence de terrain immédiate proche des gens pour accompagner une femme victime de violences dans la bonne association, dans le bon endroit. Même sujet qui préoccupe beaucoup de parents, la délinquance des jeunes. On sait qu'il y a beaucoup de jeunes qui traînent. Ce n'est pas nouveau mais ça s'aggrave peut-être un petit peu avec le sujet des trafics de drogue qui s'aggravent aussi dans toutes nos grandes villes et donc à Lille-et-Lemlom.

Et avoir des médiateurs plus présents, on sait que c'est une nécessité. Il y a eu des baisses de financement, notamment du département du Nord qui était en grande difficulté financière. Et il faut, je crois, que la mairie le compense. Il faut que nos associations de prévention puissent être soutenues sur le terrain en étroit lien avec notre police municipale. Et donc, c'est une priorité, je crois, en termes de solidarité et de tranquillité à Lille-et-Lemlom.

14:00
Présentateur

Merci Violette et merci Simon. Merci Yann. On vient de parler de solidarité, de lien social, d'accompagnement. Mais la solidarité, c'est aussi s'assurer que personne n'est exclu, que chacun peut accéder à la ville, à ses services, à ses espaces. C'est tout l'enjeu de l'inclusion. Pour en parler, nous accueillons maintenant Fabienne Liagre. Bonjour Fabienne et bienvenue parmi nous. Bonjour à vous. Fabienne, vous êtes spécialiste en des questions d'accessibilité et d'inclusion, notamment pour les personnes en situation de handicap. Vous militez depuis plus de 15 ans pour une ville pensée pour tous.

Quand on parle d'inclusion, on pense souvent au handicap, mais vous défendez, vous, une notion plus large, celle d'accessibilité universelle. Alors, première question Fabienne, est-ce que l'île est universellement accessible ? Non, l'île n'est pas universellement accessible. C'est un concept qui n'est pas récent, mais pour autant qui n'implique pas l'ensemble des acteurs pour rendre cette ville accessible, pour penser la chaîne de déplacement et pour penser la mobilité des personnes en ville. Alors, quand vous parlez de chaîne de déplacement, c'est par exemple un déplacement du domicile à un point de rendez-vous pour une personne en situation de handicap.

C'est en effet pouvoir penser comment comment se véhiculent, comment bougent les personnes dans la ville depuis le logement jusqu'à un établissement recevant du public en minimisant les obstacles et les irritants. Alors aujourd'hui, à l'île, on en est où sur cette accessibilité universelle ? J'ai envie de dire que la ville, bon la loi n'est pas récente, 2005, la ville a des avancées au même titre que d'autres villes. Elle remplit, elle cherche à remplir des obligations légales. Pour autant, ces obligations légales peuvent être dogmatiques et repousser cette envie ou cette volonté de mettre en accessibilité.

Tout ne sera pas accessible, mais il nous faut penser avec l'ensemble des professionnels, architecture, voirie, etc. Comment rendre cette accessibilité, mais également des chemins, des alternatives qui puissent satisfaire les uns les autres ? Sur cette notion alors d'accessibilité, demain, maire de l'île, il y aurait quoi à faire, Violette ?

16:27
Violette Spillebout

Je crois qu'il faut changer de méthode. Je crois que pour rendre une ville universellement accessible, et j'aime ce concept parce qu'on pense aux personnes en situation de handicap, mais aussi aux personnes âgées, aux personnes qui ont un handicap temporaire, parfois une gêne, pour pouvoir profiter des services publics ou des poussettes, tout simplement. Je pense qu'il faut avoir une méthode où l'on inclut les personnes dans les projets très, très en amont. Je pense au projet d'espace public.

Si on avait mis peut-être des mamans ou des papas avec une poussette dans le projet de réfection de la voirie de la rue de Gant, dans le Vieux-Lille, peut-être qu'on aurait mis des trottoirs avec des pavés plus plats qui auraient permis de ne pas se casser la figure et qu'on aurait peut-être mis une bande qui permettrait de faire circuler un fauteuil roulant, une poussette ou simplement une femme qui a des hauts talons.

Sur l'inclusion dans les projets dès le départ, je pense aussi qu'il y a le sujet de tout ce qui est l'informatique, l'accessibilité numérique, par exemple, des services publics, le site internet de la mairie, mais les sites des candidats que je suis pour 2026, ils doivent être facilement accessibles et donc traduits en FALC. On a la chance à FIV d'avoir visité avec Fabienne l'atelier FALC des papillons blancs qui transforment beaucoup de sites ou des sites culturels et des sites internet en faciles à lire et à comprendre pour tous.

Et puis, dernière chose, il y a plein de politiques publiques qui ne sont pas que la mobilité, dans lequel on doit inclure aussi les personnes qui ont des difficultés d'accès. Je pense à la culture, voir une exposition, quand on n'a pas forcément les outils d'accessibilité, ce n'est pas permis à tout le monde. Quelqu'un qui a un handicap, quelqu'un qui a une difficulté de langue, il ne peut pas accéder à une exposition de photographie ou de peinture. On a une association à Lille qui s'appelle Signe de Sens qui a fêté ses 20 ans récemment et qui travaille sur l'accessibilité de tous les produits culturels pour toute la France, d'ailleurs, à tout type de handicap ou de difficulté.

C'est ça, penser les projets dès le début dans les politiques publiques.

18:41
Présentateur

Donc encore beaucoup de choses à mettre en place.

18:43
Violette Spillebout

Je crois qu'avoir des ingénieurs de la ville, des techniciens qui travaillent avec des habitants dès la conception du projet, c'est aussi une bonne méthode pour que les projets soient un peu plus de bon sens. J'aurais quelques exemples de ratés à Lille, mais on ne va pas les citer aujourd'hui.

18:57
Présentateur

On ne va pas s'attarder. Fabienne, un autre enjeu majeur, celui de l'école inclusive. Quel est votre constat aujourd'hui ? À nouveau, une volonté et des mots affichés de créer une école inclusive. Pour autant, des enseignants qui sont souvent démunis avec des enfants porteurs de handicap et pas forcément accompagnés par des AVS, des parents démunis. C'est quoi des AVS ? Tu peux le dire pour ceux d'auxiliaires de vie scolaire ? Voilà. Des parents souvent démunis, ne sachant pas à quelle porte frapper. Il y a une strata, une multitude d'acteurs voulant bien faire qui ne se rencontrent pas forcément.

Il y a un besoin indéniable qui est d'accompagner déjà les parents et d'écouter les parents puisqu'ils connaissent par eux-mêmes leurs enfants sur leur faculté. Il y a également un besoin d'accompagnement des enseignants et je pense à l'ensemble des professionnels du médico-social plutôt que de manquer puisque nous manquons d'auxiliaires de vie scolaire plutôt que de dire il nous faut des auxiliaires de vie scolaire j'ai envie de dire permettons aux professionnels du médico-social d'aller vers le milieu ordinaire pour aider non seulement l'enfant en milieu inclusif mais également les enseignants. C'est toute une mutation de métier qui s'opère qui doit s'opérer.

Violette peut-être un mot sur l'accompagnement des enfants et surtout des parents. Je sais que ça vous tient à cœur.

20:35
Violette Spillebout

En fait je crois que c'est une politique globale qui est d'abord de la responsabilité de l'État sur l'accompagnement des enfants en situation de handicap et du handicap mais dans laquelle la mairie les maires de l'île et l'Îme-l'homme auront beaucoup à jouer cette coordination des acteurs mais aussi la préparation à avoir plus de personnels formés au handicap à la fois dans nos écoles publiques et privées les AVS mais aussi les AESH les accompagnants d'élèves en situation de handicap et pour avoir ces personnels en nombre suffisant pour accompagner les élèves les choix de moyens mais il y a aussi créer des vocations donner envie préparer nos jeunes dans les lycées professionnels dans les collèges et lycées à ce type de métiers du soin qui vont être de plus en plus nécessaires avec le temps parce qu'il y a aussi le vieillissement de la population avec d'autres types de handicap et de manque d'autonomie et donc préparer à l'autonomie ce sont des métiers qu'il faut revaloriser et je crois que le maire dans ce secteur-là doit vraiment porter dans les écoles les collèges les lycées ces métiers et aider par des stages par de l'immersion à avoir plus de personnel formé et créer aussi un réseau de toutes ces personnes qui ont des compétences et qui doivent fluidement pouvoir aller de l'école à la crèche ou à l'accompagnement de ces parents qui sont perdus dans des dispositifs et puis sur les parents je crois que ça commence à la petite enfance moi je veux des crèches 100% inclusives je veux que nos crèches municipales puissent accueillir tout type de handicap c'est un haut défi parce que beaucoup de handicaps sont différents ça veut dire des personnels formés des moyens financiers et une vraie dynamique d'accueil des parents et d'accompagnement tout au long de leur parcours à travers ces institutions la maison du handicap le rectorat c'est vraiment le parcours du combattant ils ont déjà les enfants dont ils doivent s'occuper

22:32
Présentateur

simplifions les choses on vient d'aborder l'inclusion à l'école autre domaine de l'inclusion celui par le travail qui est très important qui est mis en lumière chaque année au mois de novembre avec le duo D quelle est la situation aujourd'hui sur l'inclusion par le travail Fabienne ?

on s'aperçoit que depuis la loi de 2005 ça a fait pas mal bouger les lignes puisqu'on parle de personnes en situation de handicap n'enfermant pas la personne dans son handicap les acteurs privés et les entreprises ont pas mal bougé par rapport à cette obligation d'emploi des travailleurs handicapés la ville de Lille a aussi bien avancé est au-delà de cette obligation légale d'ailleurs pour autant on s'aperçoit que les personnes en situation de handicap stagnent souvent dans l'évolution professionnelle sont souvent positionnées à des postes d'exécutants et en tant que DRH parce qu'on ne sait pas aller détecter la capacité restante de la personne ou la capacité à exploiter la compétence c'est-à-dire un parti pris un a priori je pense qu'on a des biais cognitifs un handicap qu'il soit visible ou non visible à partir du moment où on sait que la personne est porteur d'un handicap on pense qu'elle ne sera pas mais ça vaut pour les HPI ça vaut des hauts potentiels c'est quel regard je porte sur la capacité de la personne donc on s'aperçoit que bon nombre s'il y a des évolutions en matière d'emploi des personnes en situation de handicap c'est très bien mais souvent elles stagnent à des postes d'exécutants et on voit très peu je ne ferai pas une parenthèse avec les femmes mais qu'il y a un plafond de verre et que les personnes en situation de handicap restent à des postes d'exécutants il nous faut professionnels de l'accompagnement des ressources humaines changer notre regard sur cette singularité et cette potentialité l'inclusion par le travail Violette ça vous parle aussi

24:26
Violette Spillebout

mais tout à l'heure on parlait du taux de chômage qui est plus important à Lille avec beaucoup de jeunes ou de seniors qui ne retrouvent pas à un emploi et une vraie difficulté à trouver sa place dans la société c'est la première des solidarités c'est finalement cet accompagnement vers l'emploi et ça concerne bien souvent des personnes qui sont porteurs d'un handicap visible ou invisible c'est important de le dire donc je crois que c'est une culture qui doit et qui peut changer dans une ville sous l'impulsion du maire de Lille d'Elem et l'homme notamment en impliquant tous les acteurs de l'écosystème de l'emploi on n'a pas de club d'entrepreneurs à Lille on n'a pas réuni tous nos patrons tous nos DRH pour les accompagner vers cela leur faire connaître des personnes avec cette journée symbolique du 20 novembre du duo D des personnes qui sont porteurs de handicap et qui ont des compétences mettre en valeur leurs compétences et donc je crois que c'est quelque chose qui est tout à fait faisable on a en plus des ambassadeurs exceptionnels à Lille moi je pense à Clément Marot une grande table de Lille qui a toujours accompagné des personnes en situation de handicap dans son restaurant parfois sans aide financière de l'Etat ce qui n'est pas normal et puis on a récemment ce symbole du café joyeux qui s'est installé rue Pierre-Mauroy qui emploie des personnes qui ont le gène de la trisomie 21 tout ça c'est des bons exemples ça donne envie et je pense qu'il y a plein de commerçants qui seraient capables de le faire mais il faut qu'on qu'on les accompagne qu'on les aide et donc il y a tout un chantier devant nous très ouvert

25:49
Présentateur

encore de belles actions à mettre en place merci beaucoup Fabienne pour votre témoignage et implication Violette on arrive au terme de cet épisode vous nous avez partagé votre vision de la solidarité et de l'inclusion mais pour conclure vous vouliez aussi nous parler de la grande exclusion il y aurait beaucoup d'initiatives pour vous à mettre en place sur ce phénomène de la grande exclusion

26:11
Violette Spillebout

c'est le sujet en fait de l'accès aux droits et de la dignité qui me tient beaucoup à coeur et à travers peut-être un des premiers droits c'est l'accès à l'eau l'accès à l'hygiène prendre soin de soi et moi je suis très triste de voir que depuis des années conseil municipal après conseil municipal nous alertons la mairie actuelle sur le manque de toilettes publiques l'absence de bains douches les bains douches à Fives les derniers ont fermé durant ce mandat ce qui veut dire qu'aujourd'hui quelqu'un qui n'a pas l'accès à une salle de bain à la propreté dans son propre logement ou qui n'a pas de logement tout simplement ne trouve pas de lieu aujourd'hui pour prendre soin de lui-même et on sait que les bains douches aujourd'hui c'est finalement le club de canoë et kayak près de la Deul qui a des vestiaires qui prête ses locaux et qui donne accès à des SDF parfois pour pouvoir faire attention à eux et donc c'est un sujet sur lequel je m'engagerais en 2026 recréer des bains douches il y en a à Paris il y en a dans plein de grandes villes c'est un minimum vital y compris pour des jeunes migrants qui arrivent à Lille on peut être dur ou pas dur sur l'arrivée de jeunes migrants à Lille mais chacun a le droit à la dignité humaine et c'est un basique auquel je tiens et puis deuxième sujet dont on n'a pas le temps de parler ici mais c'est le sujet de l'hébergement d'urgence en particulier des femmes victimes de violences quand on quitte le domicile conjugal il faut pouvoir avoir un lieu où atterrir et c'est la responsabilité de l'Etat mais aussi du maire de faire en sorte que tes locaux vacants puissent être réquisitionnés des anciens hôtels on a la cité administrative qui est vide depuis deux ans et dans lequel on puisse avoir des logements d'urgence c'est aussi un droit fondamental

27:52
Présentateur

merci beaucoup Violette merci cet épisode touche à la fin n'oubliez pas de commenter partager sur les réseaux sociaux et pour plus d'infos n'hésitez pas à consulter le site officiel de Violette Spielbuth violette2026.fr merci

28:06
Locuteur

merci merci