Notre-Dame, le tour de force de la reconstruction - Roselyne Bachelot est l'invitée des 4V du 7 décembre 2024
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en attendez, vous, Madame Bachelot ?
- 0:45OuverteÉludée
Qui aura lieu à l'intérieur d'ailleurs, entièrement, on l'a dit, à cause de la météo. Vous êtes un peu déçue de ça ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Est-ce que vous imaginiez que 4 ans plus tard, on en serait là avec une cathédrale reconstruite ?
- 1:39RelanceRéponse directe
Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous faisait penser que ce qui paraissait impossible à l'époque ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Vous vous êtes aussi opposé sur la façon dont il fallait reconstruire cette cathédrale.
- 2:58FerméeRéponse directe
Et vous, vous étiez opposé à cela ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Locuteur 1Fait
« C'est presque l'achèvement des travaux de reconstruction. Il y a encore, évidemment, quelques échafaudages. »
- 1:44Locuteur 1Fait
« Le président de la République avait nommé un grand soldat à la tête de l'établissement public, rebâtir Notre-Dame, Jean-Louis Georgelin. »
- 3:10Locuteur 1Fait
« Ce pays, il est fracturé, il est fâché, il est inquiet. »
- 4:56Locuteur 1Chiffre
« 50 000 églises paroissiales, 100 000 établissements, structures cultuels. Tout vaut beaucoup d'argent. »
- 5:05Locuteur 1Chiffre
« Peut-être qu'on trouvera avec, on espère, 75 millions d'euros bruts. »
- 5:38Locuteur 1Fait
« On est en tout cas dans une crise politique très grave et il faut la prendre comme telle. »
- 5:50Locuteur 1Fait
« Je pense qu'on peut tenter de gérer le pays jusqu'aux prochaines élections présidentielles. »
- 5:52Locuteur 1Fait
« Un gouvernement d'intérêt général. »
- 6:31Locuteur 1Fait
« On est maintenant trois groupes, trois blocs qui ne s'entendent pas. »
- 6:36Locuteur 1Fait
« Il faut donc, à mon avis déjà, et c'est la première réforme à se situer, imaginer une censure constructive. »
- 7:00Locuteur 1Fait
« M. Mélenchon est l'homme politique le plus détesté de la République. »
Temps de parole
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- Locuteur 239 %
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Et Roselyne Bachelot va s'installer. Bonjour Madame la ministre. Merci d'être avec nous ce matin devant cette cathédrale Notre-Dame. Et de faire cet entretien devant cette cathédrale d'émotions. Magnifique, absolument. Alors il y a eu effectivement la reconstruction de la flèche, il y a eu les cloches de Notre-Dame qui ont retenti il y a quelques jours. Il y a eu cette visite de chantier d'Emmanuel Macron. Mais aujourd'hui, c'est le grand jour, c'est la réouverture. Qu'est-ce que vous en attendez, vous, Madame Bachelot ?
C'est presque l'achèvement des travaux de reconstruction. Il y a encore, évidemment, quelques échafaudages. Mais le défi incroyable qui avait été lancé par Emmanuel Macron est réalisé. On attend avec impatience la cérémonie de cet après-midi.
Qui aura lieu à l'intérieur d'ailleurs, entièrement, on l'a dit, à cause de la météo. Vous êtes un peu déçue de ça ?
Oh non, comment être déçue aujourd'hui devant ce spectacle absolument incroyable ? Moi, je vais pleurer ce soir, c'est sûr. Ah, vous avez pleuré, vous savez déjà.
Ah oui, je le sais déjà que je vais pleurer, oui. Lorsque vous avez été nommé, je le rappelais, il y a un instant, ministre de la Culture, en juillet 2020, vous êtes entré dans cette cathédrale qui avait brûlé 15 mois plus tôt et qui était à l'époque dans un triste état encore. Est-ce que vous imaginiez que 4 ans plus tard, on en serait là avec une cathédrale reconstruite et dans un écrin extraordinaire, notamment à l'intérieur en particulier ?
Ma première visite du chantier, quelques semaines après mon arrivée, a été un moment de stupéfaction, de peur aussi, parce qu'il fallait grimper sur les échafaudages, c'était extrêmement impressionnant. J'étais à la fois saisie par ce défi et je me disais, on va le réaliser.
Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous faisait penser que ce qui paraissait quand même impossible à l'époque ?
Le président de la République avait nommé un grand soldat à la tête de l'établissement public, rebâtir Notre-Dame, Jean-Louis Georgelin.
Le général Georgelin.
On s'est beaucoup disputé pendant ces années où on a été ensemble à s'occuper du chantier de Notre-Dame. Mais finalement, on s'est toujours retrouvé, il aimait assez, Jean-Louis aimait assez les gens qui savaient lui tenir tête. Et il avait dit, le jour de la reconstruction, le jour où on réouvrira, je serai derrière un pilier, il est mort en 23, mais je sais qu'il est derrière ce pilier.
On s'est beaucoup disputé, dites-vous, avec le général Georgelin. Vous vous êtes aussi, peut-être pas disputé, mais opposé sur la façon dont il fallait reconstruire cette cathédrale. Il y avait un débat entre guillemets les anciens et les modernes. Vous, vous avez toujours plaidé, contrairement au président Macron, pour une reconstruction à l'identique, notamment de la flèche.
Oui, quand la reconstruction a commencé, c'est vrai qu'il y a eu toutes sortes de choses qui se sont proposées. Un geste architectural contemporain. On pense au toit vitrail de Fantuzzi, à la flèche de cristal de Foster ou à la serre en bois d'Abdelkader. Et vous, vous étiez opposé à cela ? Je n'étais pas opposé sur un plan esthétique. J'y étais opposé parce que je pensais à tous ces gens qui pleuraient devant leur cathédrale effondrée, devant la flèche qui tombait dans les flammes. Ce pays, il est fracturé, il est fâché, il est inquiet. Et je pense qu'on n'a pas besoin d'ajouter de la polémique à la polémique.
Donc il fallait apaiser.
Ce pays, il a besoin d'être réparé.
Alors il y a aujourd'hui même encore un débat sur les vitraux d'une partie de la nef qui, on va être précis, aujourd'hui sont constitués de ce qu'on appelle des grisailles. Des vitraux grisailles. Des vitraux grisailles qui datent de Violet-le-Duc. Et il y a un concours pour les remplacer par des vitraux modernes, contemporains, notamment des très grands artistes dont Daniel Buren ont été mis en contribution. Vous n'êtes pas favorable non plus.
Pour les mêmes raisons pour lesquelles je me suis opposé à ce geste architectural moderne, contemporain à Notre-Dame de Paris. Ces vitraux, ils existent. Là encore, ce n'est pas un point de vue esthétique. C'est ce besoin de réparer. Pourquoi ouvrir des polémiques ? C'est inutile.
Mais quand Violet-le-Duc a restauré la cathédrale au XIXe siècle, lui aussi, c'était un contemporain, lui aussi, il a quelque part défrayé ou abattu la tradition.
C'est vrai, mais le pays n'était pas dans la même situation psychologique. On a mieux accepté des gestes modernes comme la pyramide du Louvre, même si ça a suscité des polémiques.
Ce n'est pas le moment, vous dites. Ce n'est pas le moment. Est-ce que vous êtes favorable, est-ce que ça, c'est le moment, à l'idée d'une entrée payante pour cette cathédrale, comme le suggère la ministre démissionnaire du gouvernement, Rachel Haddad.
Je ne suis pas opposé au principe de faire payer. Ce que je mets en doute, c'est que ça puisse résoudre les problèmes financiers incroyables des bâtiments cultuels dans notre pays. 50 000 églises paroissiales, 100 000 établissements, structures cultuels. Tout vaut beaucoup d'argent. Peut-être qu'on trouvera avec, on espère, 75 millions d'euros bruts. Encore faudra-t-il déduire les frais de gestion. On est sur des dizaines de milliards dont nous aurons besoin, non seulement pour garantir, pour sécuriser et pour entretenir nos bâtiments cultuels. Il faudra trouver autre chose.
Je parlais de Rachida Dati, démissionnaire, et ça nous amène quand même à une question sur la politique. Vous êtes ancienne ministre, vous avez une longue carrière politique dans votre vie. Comment vous la regardez, cette situation politique actuelle ? Est-ce qu'on est au bord de la crise de régime, comme l'a dit Edouard Philippe hier ?
On est en tout cas dans une crise politique très grave et il faut la prendre comme telle. Je pense qu'on peut tenter de gérer le pays jusqu'aux prochaines élections présidentielles. Comment ? Un gouvernement d'intérêt général ? Un gouvernement d'intérêt général. Je note avec intérêt que le parti socialiste, qui est le secteur politique qui pourrait être un élément de raison, est en train de se détacher du nouveau Front populaire et de LFI. Mais vous y croyez à une union nationale, une sorte d'union nationale entre les partis immodérés ? Je l'espère.
En tout cas, on ne pourra pas échapper à un certain nombre de réformes institutionnelles qui permettraient de répondre au fait que cette Vème République a été construite dans une structure politique bipartisane. On est maintenant trois groupes, trois blocs qui ne s'entendent pas. Il faut donc, à mon avis déjà, et c'est la première réforme à se situer, imaginer une censure constructive. C'est-à-dire qu'on ne peut déposer une motion de censure que si on propose autre chose.
Mais lorsque vous voyez autant d'électeurs aujourd'hui qui votent pour les extrêmes, est-ce que ce n'est pas trop tard finalement, même si ces partis dits de gouvernement, dits modérés, se rassemblent ? Est-ce que ça ne va pas renforcer encore justement cette défiance de ces électeurs-là ?
Alors, les extrêmes, l'extrême gauche est suffisamment déconsidérée. M. Mélenchon est l'homme politique le plus détesté de la République. Alors, il y a l'extrême droite. Je pense que quand même, il y a un certain nombre d'électeurs, pas le noyau dur du Rassemblement National, bien entendu, mais ceux qui les ont rejoints en se disant « on ne les a pas essayés ». On entend ça chez les gens quand on les écoute.
Donc là, quand même, les ennuis judiciaires de Mme Le Pen, les mauvais candidats, candidats folkloriques du Rassemblement National, la façon dont ils ont voté avec l'extrême gauche lors de la dernière motion de censure, je pense qu'il y a un certain nombre de personnes qui ont rejoint le Rassemblement National, l'absusse évocateur, qui ont rejoint le Rassemblement National et qui peuvent s'en détacher sans doute.
Une dernière question, Mme Bachelot, pour revenir à la cathédrale Notre-Dame, une dernière évocation, une émotion même pour vous, vous l'avez rappelé, lorsqu'on a fait les fouilles à Notre-Dame des sous-sols, on a découvert le sarcophage d'un célèbre poète, Joachim Dubélé, qui est angevin, comme vous. Qui est angevin, oui. Comme ça vous a particulièrement ému.
J'ai trouvé comme une sorte de symbole de penser que le grand poète de la Pléiade, celui qui interpellait France, mère des arts, des armes et des lois, tu m'as longtemps nourri du lait de ta mamelle. Or comme un agneau qui s'a nourri sa pelle, je remplis de ton nom les antres et les bois.
Merci pour cette conclusion. Merci beaucoup Roselyne Bachelot. C'est la suite de ce télématin exceptionnel en direct de la cathédrale Notre-Dame que l'on retrouve après une courte page de publicité.
Roselyne Bachelot