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interviewBFMTV· 23 avril 2025 20 min

🟡Emmanuel Macron à Madagascar : suivez en direct sa prise de parole

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Présentateur

Le président français a visité Madagascar et le deuxième a effectué une visite d'État dans notre grande île, après vos prédécesseurs, les présidents Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande. Cela marque votre volonté et engagement personnel à renforcer les liens d'amitié entre Madagascar et la France et d'accompagner les projets de transformation et de développement de Madagascar. Comme à l'accoutumée, nos échanges se sont déroulés dans un esprit de respect et de partenariat. D'ailleurs, je me réjouis des nombreux protocoles d'accords signés. Trois priorités fondamentales pour Madagascar ont été abordées.

Tout d'abord, la transformation agricole et le rôle stratégique que peut jouer la France dans l'atteinte de cet objectif. Pour renforcer notre souveraineté alimentaire, valoriser nos terres et améliorer les conditions de vie de nos paysans, nous devons armer de partenaires de confiance et d'un plan d'action concret. Notre objectif est de produire localement tout ce dont la population malagasque a besoin pour atteindre l'autosuffisance alimentaire et de devenir le grenier agricole de la région et du continent africain. Avec 2 millions d'hectares de terres cultivées, il nous reste encore 36 millions d'hectares de terres arables à exploiter.

Comme vous le savez, Madagascar est le troisième pays le plus grand producteur du riz sur le continent africain après le Nigeria et l'Egypte. Nous avons l'ambition de tripler le remblanc risicole en passant de 3 tonnes à 9 tonnes, voire même jusqu'à 12 tonnes à l'hectare. Et cet objectif est tout à fait atteignable. Comme je le répète souvent, l'agriculture est une arme pour combattre la pauvreté. Et ensemble, nous allons y arriver. En ce qui concerne l'énergie, nous connaissons tous les défis auxquels Madagascar fait face, le coût de la production très élevé et le taux d'accès pour la population est très faible.

Face à cela, nous avons la ferme volonté d'accélérer notre transition énergétique à travers les énergies renouvelables, l'éolien, les centrales hydroélectriques et les parcs solaires. L'expertise française conjuguée à nos efforts de modernisation renforcera la capacité de Madagascar à atteindre dans les meilleurs délais un accès universel à une énergie propre, durable et abordable pour toute notre population. Dans cette dynamique de partenariat renforcé, la France s'engage à soutenir ses efforts de transformation verte à Madagascar. La preuve, nous venons de signer l'accord avec le géant de l'énergie française, la société, l'entreprise EDF, pour rejoindre le projet Vouloubet.

J'ai également échangé avec le président Emmanuel Macron sur les projets de parcs éoliens dans le nord de l'île, mais surtout le développement du projet hydroélectrique d'Antété Zambattre, qui sera un projet étatique propre et nous permettra de nous affranchir des subventions colossales qui grèvent chaque année le budget de l'État. L'accompagnement de la France sur ce projet est particulier aussi, va marquer et changer la vie des Malagascis. Dans le domaine du transport, la rénovation de la ligne ferroviaire reliant Antananarive et Tuamassne et la dotation en matériel roulant pour la ligne Fienaratsu-Manakar sont essentielles pour la modernisation des infrastructures de transport.

Il est important de rappeler que ces deux lignes historiques ont été créées entre 1901 et 1913 par la France. L'appui de la France pour la modernisation de ces lignes revêt un caractère hautement symbolique. 124 ans plus tard, je serai particulièrement fier que la France, à travers vous, M. le Président, puisse faire renaître cette infrastructure de liaison indispensable à l'économie du pays. Mesdames et Messieurs, Madagascar et la France partagent la même ambition d'une stabilité régionale au niveau de l'Indian Océanie.

C'est la raison pour laquelle nous nous sommes tous deux particulièrement attachés à la préservation de notre environnement et de nos écosystèmes uniques face aux menaces des aléas climatiques. J'ai également partagé avec le Président Emmanuel Macron le souhait de restructurer la dette de Madagascar envers la France. Enfin, sur la question des îles éparses, Madagascar et la France se sont résolus à travailler et trouver ensemble une solution sur la question. Et d'ailleurs, nous avons décidé d'un commun accord la tenue de la deuxième session de la commission mixte bilatérale franco-malagasse sur les îles éparses pour le 30 juin prochain à Paris.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, cette visite d'État marque une étape importante dans la coopération bilatérale France-Madagascar, mais surtout dans la concrétisation des projets qui façonneront l'avenir de Madagascar. Les discussions que nous avons eues ont été fructueuses et prometteuses avec un seul objectif, que tous les projets que nous portons ensemble doivent générer des impacts concrets et durables pour les populations. Ils doivent non seulement répondre aux attentes immédiates, mais aussi tracer des perspectives nouvelles pour les générations futures.

Je suis personnellement convaincu que nous allons réaliser nos objectifs ambitieux et l'engagement de la France contribuera à donner un nouvel élan au développement de Madagascar. Enfin, Monsieur le Président, je vous remercie une fois de plus pour votre engagement à soutenir Madagascar dans ses efforts de transformation. Votre présence ici n'est pas seulement un symbole, mais un véritable acte d'amitié et de solidarité. Je vous remercie.

7:25
Emmanuel Macron

Merci beaucoup, Monsieur le Président. Merci pour l'honneur que vous nous faites de cette invitation à Madagascar en visite d'État. Je tiens ici, au nom de ma délégation et moi-même, à remercier le Président Andrazole. Je suis sincèrement heureux d'être ici aujourd'hui sur les hauts plateaux de l'île à Tannanarive et de pouvoir avoir ces temps d'échange avec vous, comme toujours, vous l'avez dit, avec respect et volonté d'agir ensemble. C'est une occasion unique de continuer à consolider et même transformer la relation bilatérale et dans le même temps aussi d'oeuvrer pour l'océan Indien.

Je me réjouis tout à l'heure de retrouver nos homologues de la région, notre famille de l'océan Indien, et honorée d'être accompagnée par les dirigeants régionaux et départementaux de nos territoires dans la région, qui sont la Réunion et Mayotte. Lors de nos échanges aujourd'hui avec le Président Andrazole, nous avons pu, une fois de plus, en effet, constater que nos deux pays sont unis par un lien fort, riche et dense. Vous l'avez rappelé. Et ce lien est enraciné dans une histoire et aussi tourné vers l'avenir. Avec des liens linguistiques, vous venez de mentionner la francophonie, culturelle et humain, inédit.

La France, en effet, compte la plus importante diaspora malgache au monde, avec environ 150 000 personnes, et Madagascar accueille l'une de nos plus grandes communautés en Afrique, avec bien plus des 20 000 personnes enregistrées. Et j'en rencontrerai tout à l'heure une partie en fin de journée. Madagascar est aussi le réseau d'écoles et d'alliances françaises le plus dense en Afrique subsaharienne. Et je me félicite qu'un nouveau bâtiment de l'alliance française, Tananarive, souhaite inaugurer demain, en marge de cette visite. C'est le témoignage éloquent de la vitalité de la francophonie à Madagascar et aussi notre volonté d'accompagner cette ambition que vous portez.

Ces liens ont été parfois, nous le savons, forgés dans la douleur. Et nous avons engagé un travail mémoriel de fond pour apaiser les mémoires. La restitution des trois crânes sac à lave dans quelques mois aura, je le sais, un sens profond. Madagascar devient ainsi le premier pays où sera mise en oeuvre notre loi sur la restitution des restes humains de décembre 2023. Et je suis également à cet égard très honoré de visiter demain le musée du Rouvre, demain matin donc, où se trouve le dé de la reine qui a été remis par la France en 2020. Cet agenda des restitutions, nous le poursuivrons. Et il est jumeau de la coopération muséale renforcée que nous voulons entre nos deux pays.

Pour autant, les brûlures du passé ne consumeront en rien les liens qui nous unissent. Et la France demeure l'un des principaux partenaires économiques de Madagascar. À travers des échanges bilatéraux qui, ces trois dernières années, ont dépassé le milliard d'euros par an. Et j'en suis très fier. Plus de 55 filiales d'entreprises françaises sont présentes et emploient plusieurs dizaines de milliers de malgaches. Elles investissent dans l'énergie, l'agro-industrie, le textile, les télécommunications, la distribution, les infrastructures de transport, les services financiers. Et avec M. le Président, nous souhaitons aller plus loin.

C'est pourquoi nous participerons tout à l'heure à un forum économique. Et plusieurs accords ont été en effet signés aujourd'hui pour favoriser l'accès à l'énergie et à l'eau. A travers des projets structurants de grande envergure, qui correspondent aussi aux besoins croissants du pays. Et je pense notamment au barrage hydroélectrique de Vouloubet avec l'implication d'EDF. Vous l'avez rappelé. L'Agence française de développement porte aujourd'hui 600 millions d'euros de projets à Madagascar. Et nous engageons à poursuivre nos investissements solidaires sur un rythme encore plus important. Lors de notre entretien avec M.

le Président, nous avons évoqué aussi des pistes nouvelles de partenariat. Et nous souhaitons en effet consolider une relation stratégique autour des axes que nous avons demandé à nos ministres et à nos services de travailler. L'énergie avec le projet hydroélectrique, mais également les projets d'éolien et de solaire. Le train et la voie ferroviaire, au-delà de ce qui a déjà été fait par plusieurs entreprises françaises en termes de connectivité et de transport dans la capitale. C'est la volonté en effet d'améliorer les connexions au sein du pays. Vous avez rappelé cette histoire plus que séculaire entre nous sur ce sujet. Dotation de matériel, financement, compétences.

C'est participer à la transformation agricole dans le domaine du maïs, du blé, des engrais comme du riz. C'est la formation des médecins et de l'ensemble des professions de santé et des professions paramédicales. C'est la coopération universitaire renforcée à travers plusieurs projets de partenariat et un projet de construction d'universités de référence à Madagascar. Ce sont les projets que nous poursuivons sur les minerais stratégiques, matériaux critiques et le développement de filières et de productions sur votre sol. Et ce sont aussi plusieurs autres projets d'infrastructures civiles que nous avons pu évoquer.

Vous le voyez, l'ambition est grande qui, sur la base des accords déjà historiques que nous avons signés aujourd'hui, nous permettra d'aller plus loin encore. Notre partenariat, c'est aussi de répondre aux grands défis de notre temps qui ne connaissent pas de frontières. Et en particulier, ce sont ces défis régionaux qui lient tout particulièrement la France à travers la réunion et Mayotte avec Madagascar. Nous y répondons ensemble avec tous nos acteurs réunis, l'Agence française de développement, nos organisations scientifiques comme l'IRD, le CIRAD, l'Institut Pasteur ou d'autres associations tournées vers la jeunesse comme France Volontaire, Expertise France ou nombre de nos ONG.

Parmi ces grands défis, la réponse aux crises avec une coopération exemplaire en matière de sécurité intérieure, de défense ou de protection civile. Je pense en particulier aux crises climatiques et je veux saisir cette opportunité pour remercier Madagascar d'avoir fourni à la France un appui après les ravages des cyclones Chido et Garance. Notre ministre d'Etat qui s'est rendu à chaque fois sur place dans les jours qui ont suivi a pu constater l'extraordinaire coopération de votre pays. Notre coopération de défense aussi, ce sont 150 stagiaires malgaches envoyés en formation en France ou dans les écoles nationales à vocation régionale que nous soutenons en Afrique.

Ce sont aussi des exercices interarmés comme l'exercice naval qui se tient en ce moment même à Majinga avec 1200 militaires et qui implique tous les pays de la COI avec l'appui de nos forces à la Réunion et au total plus de 500 militaires français. Au-delà des fazois, nous avons en effet délégué frégates A400M et donc des moyens militaires supplémentaires. Ce partenariat régional, c'est aussi la santé, la lutte contre le chikungunya qui touche aujourd'hui la Réunion, le VIH, le paludisme, la tuberculose, la vaccination, la lutte pour l'éradication de la polyomyélite.

C'est encore la préservation de la biodiversité unique de l'île et de toute la région et la valorisation du patrimoine naturel de Madagascar. Le soutien de la France à la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité à Madagascar, premier fonds fiduciaire africain pour la nature qui finance le fonctionnement de nombreuses aires protégées du pays, marque cet engagement sur le long terme. Et à ce titre, M. le Président a rappelé que sur le sujet des îles Épartes, nous avons décidé de tenir une réunion de la Commission mixte franco-malgache pour ouvrir des perspectives communes de développement et de coopération le 30 juin prochain à Paris.

Et je veux dire que depuis 2019, nous gérons avec pragmatisme ce sujet. Enfin, c'est également notre volonté au niveau régional de travailler à la sécurité alimentaire, thème que vous avez à juste titre souhaité placer au cœur de ce sommet de la COI et qui va nourrir nombre de coopérations dans toute la région. Enfin, parmi ces défis communs figure bien sûr la préservation de l'océan. Et au-delà de ce que j'évoquais, j'ai remercié aussi les hautes autorités malgaches de s'être engagés à nos côtés sur le traité sur la haute mer dit BBNJ avant le sommet de Nice sur les océans, auquel j'espère participera le Président.

Et c'est aussi un sujet commun et je sais votre engagement en la matière pour lutter contre la pêche illicite, illégale et pour faire de la haute mer une zone de droit. Enfin, notre partenariat s'adresse à la jeunesse civile, malgache et à la jeunesse plus largement. C'est pourquoi nous allons participer dans un instant à un programme des Young Leaders de la French African Foundation, dont nous sommes pour la génération de cette année, en 2025, les coparins. C'est une nouvelle génération qui s'élance cette année encore, un jumelage fructueux, vecteur d'innovation.

Et je suis très heureux de savoir aussi que la Fondation pour l'innovation et la démocratie a choisi Madagascar pour ouvrir son laboratoire océan indien, inauguré le mois dernier en présence du professeur Achille Membé, ce qui montre toute la vitalité de notre relation et la vitalité aussi de notre volonté d'un dialogue constant avec la jeunesse du continent.

Comment enfin ne pas mentionner la forte mobilisation de nos collectivités territoriales qui s'investissent aux côtés de leurs homologues malgaches depuis des décennies, Ensemble, nous avons acté l'organisation des assises de la coopération décentralisée à Tananarive en septembre prochain, ce qui permettra à un nombre de collectivités territoriales françaises qui nouent des partenariats depuis des décennies avec plusieurs de vos communes, districts et avec votre pays, d'être là et de renforcer ce lien. Voilà l'étendue de notre action commune, voilà aussi les pages nouvelles que nous voulons ouvrir.

Et au-delà de l'excellente discussion que nous avons eue aujourd'hui, des accords signés, des échanges économiques et avec la société civile que nous aurons, la feuille de route sur la base des propositions faites par le président Raduel est une étape nouvelle au service de nos intérêts communs, au service de votre peuple. et je veux vous remercier monsieur le président et remercier votre peuple dont j'ai senti ce matin l'accueil très chaleureux tout au long de la route et vous redire la joie qui est celle de mon épouse, de l'ensemble de ma délégation et de moi-même, d'être parmi vous aujourd'hui. Je vous remercie infiniment, Misocha.

18:02
Présentateur

Merci.