Anthropic : L'IPO qui dévoile les chiffres fous de l'IA - 29/09
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« On parle de plus de 2000 milliards de dollars de valorisation. »
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« En gros, c'est une boîte qui fait 4,5 milliards de chiffre d'affaires en dollars, tout ça, par an. »
- 1:41InvitéChiffre
« Pour 4,5 milliards de chiffre d'affaires, ils font 8 milliards de pertes opérationnelles. »
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« Ils sont aveuglés par l'IA. »
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« Bill Gates dit, il y a le risque que ça tue un milliard de personnes à telle échéance. »
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Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
Le
retour de Tech & Co, la quotidienne, il est 19h30 en ce mardi. Un grand merci d'être avec nous en visio. Bruno Guglielminetti ce soir depuis le Québec, le créateur du podcast Mon Carnet et des 120 secondes de tech que vous retrouvez tous les jours. Julien Villerey est avec nous, directeur de l'innovation chez EDF et Stan Larocque, directeur des opérations chez Parrot et fondateur et PDG de Lynx. On va essayer de détendre l'atmosphère, mais ce n
'est
même pas sûr. Qu'on y arrive les amis, parce qu'on va enchaîner avec Anthropik. C'est notre grosse actu de ces derniers temps, finalement, de ces derniers jours. Anthropik est le créateur de Claude qui prépare une entrée en bourse potentiellement gigantesque. On parle de plus de 2000 milliards de dollars de valorisation. Selon Rutgers, elle pourrait même intervenir après les élections américaines de novembre. C'est vrai que là, il y a ce flottement, mais après les élections, ça pourrait s'accélérer. Alors, tout ça, ce ne sont que des... On envisage, mais il n'y a rien d'officiel. Il faut savoir qu'il y a des chiffres qui ont été dévoilés qui sont quand même assez impressionnants. Je ne
sais
pas si tu les as.
Je les ai.
Julien, on peut les commenter peut-être avec toi, parce qu'ils sont quand même assez contrastés, ces chiffres. Alors, je ne les ai pas de deux têtes, mais je les ai notés, parce qu'ils sont assez frappants. D'abord, sur le chiffre d'affaires. En gros, c'est une boîte qui fait 4,5
milliards
de chiffre d'affaires en dollars, tout ça, par an, ce qui est évidemment bien, mais qui, pour une boîte de tech, est très très modeste encore.
Cela dit, c'est 12 fois plus qu'en 2021. Mais exactement, c'est 12 fois plus en
un an. Donc, on voit bien qu'on est dans l'hypercroissance totale. Pour 4,5 milliards de chiffre d'affaires, ils font 8 milliards de pertes opérationnelles. Donc, globalement, à peu près, ils dépensent deux fois plus qu'ils ne rentrent en chiffre d'affaires, pas en profit, mais uniquement en chiffre d'affaires. Moi, ce qui m'a énormément frappé, je dois dire, c'est qu'ils ont 518 milliards, on n'est pas en millions, là, on est bien toujours en milliards, 518 milliards d'engagement futur sur les infrastructures. C'est-à-dire que, sur les 10 prochaines années, ils se sont engagés à acheter pour 500 milliards, je le redis, d'infrastructures. Et donc, 80% ne sont pas annulables. Ce ne
sont
pas des options. Ce n
'est
pas comme dans la
question... Donc, ils ont 400 milliards ou ils
vont être obligés de les sortir ? Obligés.
Ils
ont des créanciers. Et leur créanciers,
c
'est d'ailleurs Google, Microsoft, etc., qui fournissent la capacité. Et donc, ça, c'est absolument frappant, parce que ça veut dire que... Ils s'aillent aussi, j'imagine, puisque...
C
'est vrai, probablement. Et donc, ça veut dire qu'en gros, soit ils réussissent, soit ils mettent dans le mur une large économie qui dépasse bien largement celle que l'on connaît. Et puis moi, le dernier risque qui m'a frappé, c'est qu'ils ont
deux
clients,
on
ne sait pas lesquels, qui représentent 25% de leur chiffre d'affaires. Donc, ils ont quand même deux très, très, très gros clients qui représentent aujourd'hui 20%.
Donc, ils
sont quand même relativement dépendants. Donc, ils
ont
une forme, en tout cas, de semi-dépendance, parce
que
25%, ce n'est pas encore totalement la dépendance. Mais ça,
c
'est assez frappant pour une boîte aussi jeune
et
qui a une base de clientèle aussi large, parce que je rappelle qu'Enthropique, c'est Claude. Donc, Claude, c'est utilisé, par exemple, pour coder par à peu près tous les gens qui développent dans le monde.
Alors,
OpenAI aussi, mais voilà. Donc, en tout cas, c'est effectivement très frappant, très contrasté. Est-ce que tout ça vaut 2 000 milliards de dollars ?
Je
ne sais pas. Ce sera aux investisseurs de décider. Mais en tout cas, sur le papier, c'est très impressionnant. Attention, on a oublié un chiffre. C
'est
la perte nette en 2025. On est à 42 milliards. Alors là, il y a un effet de charge comptable. Donc, il
y a
un effet d'écriture comptable qui... Il
y a
34 milliards de charges comptables sur les 42.
Mais
malgré tout, voilà. C'est quand même des chiffres qui donnent le tournis. Stan, Anthropique
?
Il faut le mettre en parallèle avec... Enfin, il faut le mettre dans le contexte des trois grosses IPO. Donc, SpaceX qui a eu lieu,
qui
a été un succès, quoi qu'on en dise. Anthropique et OpenAI. Et je voudrais différencier Anthropique et OpenAI de SpaceX.
Donc,
SpaceX,
il
y a XAI. Il y a la plateforme,
il
y a Delon Musk. Bien sûr.
Ils
sont packagés dans X, dans Twitter. Mais au-dessus de ça, il y
a
un business extrêmement juteux, comme on va en parler tout à l'heure, de Lancer et Starlink, qui est la plus belle boîte de télécom du monde et de tous les temps, probablement. Avec un business très solide, dont on sait, je pense, tous ici, qu'il va continuer d
'être
très solide, peut-être pendant des décennies. Oui, mais après, il brûle beaucoup de cash, parce qu'il
faut créer
le réseau. Voilà, mais si tu veux, il y
a
des rentrées de cash qui sont beaucoup plus pérennes que ce qu'on peut voir chez OpenAI et du coup, la Anthropique avec les chiffres qui sont révélés. Les chiffres qui sont révélés par Anthropique, il faut aussi les mettre dans le contexte de la personnalité du CEO, qui s'est quand même mis à dos l'entièreté de l'administration Trump aux États-Unis. Donc, avec notamment Mythos et Fable cet été. Une anecdote, il parle qu'ils ont dîné ensemble hier soir, j'ai lu ça. Oui, mais bon, voilà, avec Trump,
il
ne
faut
jamais... En tout cas, aux dernières nouvelles, il s'est quand même mis à dos toute l'administration américaine. Ils n'ont pas une vibe très, très positive. Et donc, la question qu'il y a en ce moment, c'est laquelle de ces trois IPOs fait éclater la bulle ? Alors, ça n
'a
pas été SpaceX.
Est
-ce que ce sera Anthropique qui va, du coup, dégonfler, vu les engagements, vu les pertes sèches ? Est-ce que ce sera celle d'OpenAI ? Peut-être aucune des trois. Peut-être que ça va continuer à être un délire, parce qu'on parle quand même de délire. Si on fait un peu d'addition et de soustraction, on voit qu'on a un petit problème comptable quand même assez fort. Je ne sais pas. Après, les États-Unis ont énormément d'argent. ils sont prêts à suivre leurs entreprises. Et puis, on a tous l'impression, Bruno, qu'ils sont assis sur une espèce de trésor dont on n'a pas encore véritablement toutes les recettes et tous les mécanismes pour que ça crache du cash. Mais ils en sont persuadés.
C'est pour ça qu'en fait, ils sont aveuglés par l'IA. Et c'est pour ça qu'on a ces centaines, voire même parfois milliers de milliards. Enfin, c'est des chiffres qui circulent encore aujourd'hui. Qu'est-ce que tu en penses, Bruno, de cet éventuel IPO d'Anthropic
?
En tout cas, ce qu'il confirme, c'est qu'il y
a
énormément d'argent qui circule entre tous ces joueurs-là, parce que c
'est
Julien qui le mentionnait, les gens qui sont derrière et qui mettent de l'argent et qui investissent, ce sont les autres gros joueurs du GAFAM et l'écosystème se nourrit en lui-même. Mais ce qui me surprend de ce sujet-là aujourd'hui,
c
'est que de votre côté, ce que vous avez noté, évidemment, c'est les chiffres faramineux qui viennent confirmer le phénomène et l'argent qui se dépensent là-dedans. Et moi, quand j'ai regardé le prospectus de la présentation, qui fait quoi, 260 pages, c'est qu'il y a plus de pages qui concernent les risques de dérapage des produits d'Anthropic qu'il y en a, je pense que c'est le double, qu'il y en a pour présenter les activités de l'entreprise. Je pense qu'il y
a
une quarantaine ou une 45 pages qui présentent ce que la compagnie peut faire au quotidien, mais il y a 80 pages qui parlent de tous les risques qui seraient possibles et dérapages avec ces produits. Et là, je me dis, ouf, avec les chiffres en plus qu'on est en train de publier, j'ai hâte de voir quel type, hors de l'écosystème de l'IA et de l'informatique, j'ai hâte de voir qui va aller risquer son argent dans un contexte comme celui-là.
Parce
que, tu as tout à fait raison, c'était la deuxième partie de ce sujet que je voulais évoquer et tu l'as initié, Bruno, je te remercie. C'est vrai qu'Anthropic, dans ce document, avertit que ces modèles peuvent présenter des risques catastrophiques, voire existentiels pour l'humanité. Donc, on est vraiment sur des mots qui sont
hyper
forts. Oui, alors d'abord, quand on fait un prospectus d'IPO, par définition, on se protège. Parce que le principe, en fait, d'écrire tous les risques, c'est qu'après, les investisseurs ne puissent pas se retourner contre le management de l'entreprise,
en se
disant, vous nous aviez caché ce que vous saviez, les risques de... Quitte à en rajouter un
peu. On en rajoute
toujours un petit peu, quand même, et on imagine toutes les catastrophes possibles pour se protéger juridiquement. Quand même, il y
a
de ça. Mais c'est vrai que...
Mais
ça peut avoir un coût... On va dire que
c
'est à double tranchant, finalement. Bien sûr. Oui, bien sûr. Non, mais c'est complètement à double tranchant. Après, il faut quand même se dire la réalité. Ils le disent publiquement, et si on leur donne le crédit d'être honnête, je ne sais pas s'ils le sont,
mais
en tout cas, d'être sincère ou authentique, les gens qui font ces modèles disent, ça présente un risque, mais on y trompe travail à les empêcher. Bill Gates dit, il y a le risque que ça tue un milliard de personnes à telle échéance. Ça,
c
'est un chiffre aussi qui est effrayant. Ils avancent des choses, et ce n
'est
pas les gens qui ont le moins réfléchi au sujet quand même, qui disent tout ça. Ce n
'est
pas quelqu'un au hasard sur Twitter. Donc, il faut quand même prendre conscience qu'on a devant nous quelque chose qu'on ne connaît pas très bien et qu
'on
ne maîtrise pas. Moi, je fais toujours un parallèle. Alors, pardon, il peut être un peu inquiétant, mais c'est un peu le parallèle avec la défense. C
'est
-à
-dire
qu'on a vécu la guerre froide avec des risques de se prendre des missiles qui détruiraient l'humanité sur la tête. Ça a été une angoisse, on l
'a
oublié, mais enfin, pendant des décennies, de tout un tas de générations dans tout un tas de pays. Et on a réussi à traverser, jusqu'à présent en tout cas, cette période-là, sans dommage majeur. Donc, on peut peut-être faire le parallèle avec l'IA. Oui, les risques peuvent être absolument colossaux,
mais
on va peut-être être capable aussi de les gérer. Il ne
faut
pas non plus être catastrophiste. Non, non, non, c'est clair. Le message entre les lignes aussi,
pour
ces investisseurs qui lisent les fascicules d'IPO, c'est que
ça
va être un bouleversement. Et nous serons au centre de ça. Nous aurons le narratif. On va être au centre de ça. Venez avec nous. Soyez au centre de ce bouleversement. On aura la main. Enfin voilà, il faut aussi le voir comme ça, je pense. Et pas juste purement de la protection légale qui est aussi nécessaire, bien sûr, face à tout ça. Mais c'est clairement un message un peu alléchant en disant mais voilà, il y
a
le venture capital et l'aventure c'est capital et ça va tout changer, ça va bouleverser, faites en partie. Tu vois, il y a beaucoup de gens, je pense, qui vont le dire comme ça, malheureusement.
–
Bon, juste un mot sur ce milliard d'humains qui pourraient disparaître selon Bill Gates. Je ne
sais
pas si vous avez suivi ce discours. Il n
'est
pas très clair sur comment ce milliard d'humains pourraient disparaître. – Alors au-delà de ce chiffre très punchline finalement, le fait qu'il ne dise pas comment ces humains pourraient disparaître fait un peu dégonfler la dramaturgie finalement de son discours parce qu'on se dit ok mais pourquoi ? Alors il parle de politique, il parle que justement pour éviter tout ça, qui pourrait être le scénario du pire, il faut que les politiques prennent le sujet en main et qu'il y ait forcément une régulation mais cette régulation, on le voit et on en parle régulièrement dans Tech & Co, qui doit réguler ? Est-ce que ce sont les acteurs eux-mêmes qui doivent s'auto-réguler ?
Est-ce qu'il faudrait comme une espèce de gendarme de la régulation qui soit autonome en fait de toutes ces boîtes-là ? – On est clairement en train de l'inventer donc moi je n
'ai
évidemment pas la solution à porter sur ce plateau ce soir mais ce que je remarque c'est qu'on fait des parallèles avec d'autres secteurs extrêmement dangereux, par exemple les biotechnologies et la santé, les biotechnologies et la santé, quoi qu'on en dise, la gouvernance mondiale a jusqu'à présent plutôt, je mets des modérations, mais plutôt bien fonctionné. On n'a pas aujourd'hui, alors on a évidemment des rumeurs que le Covid ou autre aurait pu être créé en laboratoire et s'être échappé, c'est très possible, mais la réalité c'est qu'aujourd'hui il
y
a un consensus y compris entre pays en guerre ou entre pays qui ne sont pas amis, qu'il y a des limites à ne pas franchir et qu'en particulier sur les questions de santé, d'armes biologiques,
d
'armes bactériologiques, de virus génétiquement modifiés, etc., on est une posture responsable mondialisée. Il y a un certain nombre de sujets quand même sur lesquels il y a ce type de consensus, alors évidemment il peut toujours y avoir une brebis galeuse qui fait différemment, mais jusqu'à présent ça a quand même été plutôt, ça a plutôt fonctionné cette gouvernance mondiale. Donc
pourquoi
pas aussi pour l'IA, moi je ne suis pas catastrophiste au point de se dire de toute façon le système géopolitique est tellement complexe en ce moment que ça va être une catastrophe. Encore une fois quand je vois que le premier sujet à l'agenda, mais le premier vraiment, qui est dans toutes les chaînes de télé américaines, enfin européennes aussi, mais principalement américaines, de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump aux Etats-Unis, c'était de mettre en place un téléphone rouge autour de l'IA pour être sûr qu'on puisse éviter vraiment une catastrophe mondiale liée à une IA qui ferait n'importe quoi et qu'on imaginerait, venir attaquer un pays ami ou ennemi.
Donc c'est évidemment très lourd de sens tout ça, mais c'est aussi assez rassurant de se dire qu'ils ont compris qu'il y avait quand même un sujet à traiter. Oui. Ce qui est intéressant aussi c'est que tout à l'heure tu faisais le parallèle avec l'arme nucléaire et la France et notamment l'Europe avaient son mot à dire à l'époque de la dissuasion nucléaire. Aujourd'hui on est totalement hors sujet finalement. On
ne porte pas les modèles de
fondation. On n'est plus dans cette guerre-là nous l'Europe finalement. On se retrouve avec les Etats-Unis et la Chine. On a le DMA quand même. Oui. Non, on a le DMA mais c'est vrai que pour revenir à ce parallèle avec le nucléaire, on avait cette puissance malgré tout nucléaire et de dissuasion. On l'a toujours. Oui, oui, on l'a toujours. Pour ce qui est de l
'arme, on l'a toujours. Sur tout le monde, la
France
reste une
grande puissance nucléaire.
Non, mais on ne l'a pas sur l'IA. C'est ce
que je veux dire. Évidemment, ça je le sais, mais ce que je voulais faire c'était le parallèle avec l'IA,
c
'est-à
-dire
qu
'on
perd cette puissance-là.
Ah,
on n'est nulle part. Voilà. On n'a plus, comment dire, ce joker finalement. À
part Mistral. On avait
auparavant. À part Mistral. À part Mistral.
Ça
reste bien sûr l'espoir. Force à eux. Bon courage. Mais sinon, oui, il est compliqué. On n'est nulle part. Bruno
? Mais
il faut mettre, je reviens sur l'image que Julien disait, la première création de cette ligne rouge entre Washington et Pékin. Ça, c'est bien parce que, j'allais dire, pardon, le lapsus, Washington ne veut pas créer d'encadrement. En tout cas, jusqu'à maintenant. Mais là, on apprenait aujourd'hui que Trump va rencontrer les grands patrons de l'IA pour avoir une discussion sur justement tous les risques qui sont évoqués. Peut-être qu'il va changer d'idée. Mais lors de la rencontre de la semaine dernière entre la Chine et les États-Unis, la seule raison pour laquelle il n
'y a
pas eu de la création d'un début d'unité ou de secrétariat ou de comité international, c'est parce que Trump n'en veut pas. Mais du côté de la Chine, il y a un intérêt pour la chose. Alors, si l'Europe, à un moment donné, décide de pousser dans ce sens-là, il y aura d'autres pays qui vont embarquer là-dedans. Mais si on attend que ça vienne des États-Unis, c'est sûr qu
'il
n'y
aura
absolument rien. Pas pour le moment, en tout cas.
Pendant ce temps-là, j'essaie de suivre un petit peu la conférence OpenAI. Et ça y est, c'est officiel. Donc, OpenAI vient de lancer DOTS. DOTS,
c
'est
le
collègue IA. C'est-à-dire que même quand vous fermez HLGPT, vous avez toujours votre agent qui bosse pour vous. C
'est sa
réponse amuse.
Exactement, c'est ça. Et par exemple, vous lui dites, prépare-moi ma présentation commerciale de demain. Mets l'ajour avec les derniers chiffres et préviens-moi quand elle est prête. Vous fermez votre PC, vous fermez votre truc et tout. Et vous recevez une notif quand il a terminé le travail, en fait. Et bien sûr, alors là, on prend un exemple bien particulier. Mais imaginez un petit peu l'impact que ça peut avoir dans le quotidien, en fait, de millions de gens.
C'est
l'IA agentique pour le très grand public.
Voilà, pour le grand public.
LLM, c'est ça. Pour le très grand public, le succès de HLGPT, absolument mondial. Et là, c'est le step d'après, c'est-à
-dire
avec les agents IA à disposition du très grand public. Et ça va être encore un nouveau phénomène. On ne
va
pas arrêter d'en parler tous les soirs. Non. Mais on n
'est
pas surpris par rapport à ce qu
'on
disait tout à l'heure, où c'est effectivement la réponse amuse à Facebook. Et on voit qu'il y
a
un vrai produit qui rencontre son marché. Et peut-être que dans cette course,
et
tu le disais très justement tout à l'heure, Amuse, le principe, c'est qu'en gros, ça crée un ordinateur virtuel par utilisateur. Une VM, comme on dit, une machine virtuelle. Donc,
c
'est très intensif en compute. Besoin de capacité de calcul. Et donc, on imagine qu'à l'échelle de Facebook, qui n'a lancé qu'aux US, enfin de Meta, qui a lancé qu'aux US, pour l'instant, c'est déjà énorme comme
capacité.
Et pardon, en Amérique du Nord, si on regarde ce que fait OpenAI, et l'échelle qu'a OpenAI sur ces produits, qui est sur l'IA en tout cas largement supérieure à celle qu'avait Meta jusqu'à présent, la capacité nécessaire pour faire tourner tout ça, et donc les coûts derrière pour faire tourner tout ça, sauf s'ils ont trouvé la martingale, ils ont trouvé une façon de le faire, ça va encore éloigner probablement vraiment de façon très très importante la rentabilité de tous ces produits-là. Parce que c'est extrêmement difficile de dédier une capacité de calcul colossale à chaque individu qui utilise ChatGPT, c'est quand même un truc absolument incroyable.
Donc voilà, je suis assez curieux de voir comment ils vont tenir la charge et quel impact ça aura économiquement sur eux. Et je pense qu'on peut prévenir tout le monde ce soir que si vous avez un PC chez vous, prêtez-y beaucoup attention, prenez-en soin, parce que quand il va lâcher et qu'il va falloir en racheter un, du coup, ce sera encore moins le même prix que ce qu'on a pu voir ces derniers mois. Oui,
c
'est vrai,
en
effet. On parlait de DOTS, donc l'annonce qui a été faite par OpenAI, on apprend aussi qu'on va pouvoir faire travailler plusieurs agents en même temps, donc pour améliorer en fait le travail que tu peux avoir. Très intéressant, on y reviendra bien sûr, parce que là on vit ça en temps réel, on passe sans doute à côté d'annonces importantes, et puis j'imagine que cette présentation durera plus d'une heure, on y reviendra demain bien sûr. Dans l'actualité, toujours du côté de l'IA, c'est AMD qui a créé la surprise, avec le rachat de World's Lab pour quand même la coquette somme de 8,2 milliards de dollars. Alors c'est en action, mais bon, c'est quand même, voilà, une coquette somme.
Finalisation attendue d'ici fin 2026, ça va aller très très vite, même si le rachat n'est pas tout à fait bouclé. Et l'idée donc de cette boîte-là, World's Lab, d'après ce que j'ai compris, Stan,
c
'est une boîte qui travaille sur l'IA physique et qui arrive à générer, à reconstruire, à simuler des environnements 3D à partir de textes d'images ou de vidéos, c'est ça
? C
'est exactement ce qu
'on
disait tout à l'heure, où le next step après tout ça, c'est la combinaison de la robotique avec l'IA. C'est ce que semble préparer AMD. Alors, 8 milliards en actions d'AMD, on les prend quand même des actions d'AMD. Surtout en ce moment. Voilà, surtout en ce moment, c'est plutôt intéressant. Donc, c'est un très gros deal, très important.
C
'est un énorme signal envoyé au marché qu'il y a déjà un ou deux coups d'avance chez les gros systémiers comme AMD ou Nvidia qui préparent cette interface avec la robotique, avec la simulation du monde réel pour les voitures, pour les robots, pour les aspirateurs, pour les tracteurs. C'est l'or de demain. Julien ? Oui, c'est exactement ça. Je pense qu'ils s'achètent une place pour le après-LLM finalement. Les World Models,
c
'est potentiellement la frontière d'après. En tout cas, beaucoup de gens y travaillent et développent ça parce que ça va devenir finalement les robots, ça va être les bras et les jambes de l'IA. Donc, ça va être vraiment la représentation dans le monde physique de l'IA. Et donc, ils s'achètent une place autour de la table, place qu'ils n'ont pas totalement eue dans la génération précédente. Et que Nvidia est en train de se faire. Et que Nvidia, c'est largement fait. Et donc, effectivement, c'est un peu ce qu'on appelle en technologie classiquement, en très bon français, le leapfrogging. Donc, en fait, ils passent par-dessus le problème.
Ils se disent, puisque de toute façon, je n'arriverai pas trop avec ça.
Je vais essayer
d'acheter le coup d'après. Meta a essayé de faire ça quand Meta a raté le mobile, puisqu'ils avaient des ambitions à un moment de développer des mobiles. Ils sont allés sur la VR. Ça ne leur a pas totalement réussi encore jusqu'à présent. Quoique, avec les lunettes Meta, ils commencent à s'en sortir. Mais voilà, c'est une tactique finalement assez classique dans le monde de la tech. Bruno, ton point de vue sur ce rachat
?
Moi, ce que je trouve intéressant, c'est qu'elle vient avec l'entreprise, sa créatrice, Faye Faye Lee, qui, elle, baigne dans l'IA depuis très longtemps. Moi, je me souviens, en 2013, je l'avais rencontrée à Stanford. Elle était en charge du Grand Lab de l'IA. Et puis, par la suite, elle est passée chez Google. Entre-temps, elle a démarré cette entreprise-là. Et elle fait vraiment partie... D'ailleurs, on la qualifie de... On parle des grands-pères quand on parle de Lecun, Benjo et compagnie. Elle,
on
la qualifie de grand-mère de l'IA. Et donc, c'est aussi ça dont ils font l'acquisition. C'est cette femme-là qui a énormément de connaissances et surtout beaucoup de vision dans le futur. Et donc, justement, si AMD veut prendre un coup d'avance, c'était la personne à aller chercher.
On reviendra évidemment sur ce rachat qui n'est pas encore acté, bien sûr. Et il nous reste un peu plus de cinq minutes. J'aimerais qu'on évoque aussi quand même le succès de Starship. Première mise en orbite, déploiement de 26 satellites Starlink de nouvelle génération.
C
'était le 28 septembre dernier. Alors, même si tout n'a pas été, on va dire, au poil. Il y
a
eu un petit problème de moteur, je crois, qui a écouté la mission. Mais malgré tout, c'est une réussite. Tu as suivi cet événement. Oui. Est-ce que tu es intéressé par, justement, l'évolution de l'espace, enfin, en tout cas, de la conquête spatiale et la vision de SpaceX ? Moi, ce que je trouve très intéressant, ce n'est pas tant la vision de SpaceX que la synergie incroyable qu'arrive à faire Elon Musk entre son lanceur, SpaceX en général, et Starlink. C'est-à-dire qu'en fait, les deux fonctionnent dans une synergie absolument parfaite où, évidemment, l'un devient meilleur pour lancer plus de charges, plus loin, dans les bonnes orbites, etc.
Et l'autre développe des satellites de plus en plus performants. Et là, en fait, ce qui m'a intéressé, ce n
'est
pas tant ce succès spatial, mais c'est le succès Starlink. C'est-à-dire qu'en fait, ce qui m'a frappé, quand on regarde les chiffres, c'est que la version 3 de Starlink, donc ça, ce sont les premiers satellites de la version 3 qui ont été
lancés. Il y en a 26
qui ont été mis en
jeu.
26. Ils ont ajouté d'un coup, avec ces 26, 26 terabits secondes de capacité dans l'espace. Juste avec ces 26-là. C'est-à-dire que c'est 10 fois plus par satellite que la génération précédente. Donc,
il
arrive à faire x10 en une génération. C'est
d'ailleurs des satellites
beaucoup plus gros.
Beaucoup
plus lourds, beaucoup plus gros, mais qui peuvent du coup être lancés avec ce lanceur-là.
Et
qui permettront de dialoguer avec votre téléphone, parce qu'ils ont été conçus aussi pour pouvoir être assez puissants pour que vous puissiez capter ces satellites depuis votre téléphone. Et à terme, et le terme, il n'est pas dans très longtemps, ce sera 60 satellites par lancement qui pourront être lancés. Oui, ça devient de l'industrie finalement.
Alors, c'est
devenu complètement industriel, et surtout, ils ont un concurrent, clairement, enfin deux, si je veux être gentil, avec Hotelsat OneWeb, enfin, c'est surtout un concurrent qui est Amazon Leo, qui s
'est
lancé beaucoup plus tard. Et quand Amazon Leo... Qui est pénalisé par son lanceur,
qu
'il n'a pas. Exactement, ils ont réussi à lancer à peu près 400 satellites jusqu'à présent. Starlink, ils en ont déjà 11 000. Et donc, s'ils continuent de déployer de la capacité à cette rapidité-là, avec cette puissance-là, je trouve que ça sera très intéressant de voir ce qu'Amazon va essayer ou réussir à faire. Parce que, honnêtement, j'ai l'impression que là,
en
fait, Starlink a pris une avance difficile à rattraper. En tout cas, voilà, cette synergie entre le lanceur et le satellite, pour moi, c'est stratégiquement un coût absolument majeur. Alors, on l'avait vu venir, ce n
'est
pas révolutionnaire de le dire, mais là, quand on a ce niveau de capacité, quand on a cette avance-là, je crois que Starlink, voilà, fait un très, très, très joli coup. Stan ? Alors, il y a énormément de choses à dire. SpaceX, là, avec ce qu
'ils
sont en train de faire, c'est probablement l'asset géopolitique le plus important. C'est-à
-dire
que la guerre en Ukraine, le fait que les drones arrivent à voler aussi loin maintenant, côté ukrainien, ce qui a permis à l'Ukraine, encore aujourd'hui, de ne pas être russe, c'est Starlink.
Il
faut le dire. Chez Parrot, on est bien placé pour le savoir, ce que les drones sont capables de faire grâce à Starlink. Ça a absolument changé. C
'est
un atout dans la défense énorme. Dans les télécommunications, Starlink, c'est la plus belle boîte de télécommunication de tous les temps. Là, ils envoient 50 tonnes par lancement. C'est énorme, en fait. C'est-à-dire que les autres sont en Vespa. Eux, ils ont 32 tonnes.
C
'est vraiment le leapfrog dont tu parlais tout à l'heure. Là, c'est vraiment sur plusieurs secteurs à la fois, hyper bien exécuté. Le fait que nos téléphones, bientôt, aient ce qu'on appelle la technologie directe,
tout
seul, vous allez l'avoir pour les téléphones, toutes les voitures, les drones, beaucoup d'objets connectés autour de vous. Nous, on travaille déjà là-dessus, je peux vous le garantir. C
'est
extraordinaire. C'est extraordinaire. J'ai mal pour les concurrents, là. Aussi bien sur le spatial que sur les télécoms. Ça doit être pénible d'être juste deuxième, parce que le gap entre le premier et le deuxième, là, il devient assez monstrueux. Et c'est extraordinaire. Et la prouesse technique, on n'en parle même pas. Le fait que les satellites Starlink,
et
maintenant chacun aussi des caméras, donc ça va créer une constellation d'observations absolument dingue, en plus du relais télécom que ça représente. Franchement, il mérite.
Oui, et
puis, toi qui as travaillé, Julien, dans les télécoms, tu sais très bien qu'il y a ce débat. Est-ce que les opérateurs télécoms ne sont pas en train de se faire distancer par cet opérateur géant, planétaire ? Qui, en plus, est relativement malin dans son discours, parce qu'il dit pas du tout, pas du tout, moi je vais faire du complément. Je ne
vais
absolument pas venir remplacer.
Oui, et je
passerai toujours par des opérateurs pour proposer mon service, etc. En attendant, si on regarde par exemple les avions, qui sont équipés en Wi-Fi depuis maintenant très très longtemps, qui fonctionnaient sur des systèmes qui marchaient très très mal, qui marchent toujours très mal d'ailleurs de Telsat, avec du Wi-Fi via satellite et puis des stations relais de base sur le sol, Starlink a complètement disrupté ça. D'ailleurs, dans leurs conditions générales, vous l'aurez peut-être remarqué si vous prenez l'avion, c'est toujours gratuit, c'est-à-dire que le Wi-Fi au débit de Starlink est toujours gratuit dans l'avion, parce que c'est
dans des conditions commerciales. Et on a l'impression d'être à la
maison,
en fait. Et
c'est évidemment un produit d'appel absolument incroyable pour les gens qui se disent ce truc-là, mais c'est génial, moi ce que je suis dans l'avion,
en
fait, je le veux partout, tout le temps, etc. Donc oui, ils ont probablement cette vision de venir disrupter les opérateurs de télécom traditionnels. Ce sera probablement pas pour cette génération-là, pour la télécom. Mais quand les opérateurs de télécom vont devoir faire face aux investissements colossaux de la génération d'après ou encore de
la
génération d'après, donc de la 6 ou de la 7G... La question se posera. La question se posera.
Bruno,
pour terminer sur ce sujet.
Par rapport à leur intérêt à faire de la compétition, en Europe, j'en ai aucune idée. Mais aux États-Unis, ils sont déjà en train de faire l'acquisition de fréquences pour justement être capable d'aller faire de la compétition, même dans le terrestre, à l'occasion dans certaines zones des États-Unis. Donc oui, il y
a
un intérêt. Mais j'avoue que moi, d'abord et avant tout, c'est la proesse technologique. Je regardais encore les images ce matin, de voir l'expulsion des satellites de la constellation Starlink, de voir sortir ça du module de la fusée. Je n
'en
revenais pas. C'était presque de regarder un film de cinéma tellement la qualité de l'image était là. C'est vraiment... c'est très fort.
Oui, parce qu'en plus, ils ont le sens du spectacle.
C
'est-à-dire qu'ils mettent des caméras maintenant dans les satellites pour vivre tout ça en direct. Enfin, il y a tout un storytelling qui est magistralement maîtrisé. Eh bien voilà. Merci beaucoup à tous les trois. C'était passionnant tout ça. Merci Julien Villerey. À très vite, Julien. Merci. Directeur d'innovation chez EDF. Merci à Stan Laroque qui a été le fondateur de Lynx et qui est maintenant directeur des opérations chez Parrot. Et un grand merci à toi, mon cher Bruno. Bruno Gugui et Minetti. Suivez-le sur ses réseaux, sur ses podcasts, avec le carnet, mais aussi avec ses 120 secondes de tech quotidienne.
avec ses
20 secondes d
'accord.
Merci.